Chaque 17 juin, la communauté internationale observe la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution A/RES/49/115 du 19 décembre 1994. La date n’a rien d’arbitraire : elle commémore l’adoption, à Paris le 17 juin 1994, de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), seul accord international juridiquement contraignant reliant environnement, développement et gestion durable des terres.

Derrière un intitulé technique se cache l’un des dérèglements les plus lourds et les moins médiatisés de la planète : jusqu’à 40 % des terres émergées sont aujourd’hui dégradées, une situation qui affecte directement la moitié de l’humanité. La journée, coordonnée par le secrétariat de la CNULCD basé à Bonn, vise à rappeler que la neutralité en matière de dégradation des terres reste un objectif atteignable, inscrit dans la cible 15.3 des Objectifs de développement durable.
L’essentiel sur la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 17 juin, chaque année |
| Nom officiel (ONU) | Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse |
| Autre appellation | Journée de la désertification et de la sécheresse (Desertification and Drought Day) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations unies |
| Résolution fondatrice | A/RES/49/115, adoptée le 19 décembre 1994 |
| Première édition | 17 juin 1995 |
| Organisme pilote | Secrétariat de la CNULCD (Bonn, Allemagne) |
| Origine de la date | Adoption de la CNULCD à Paris, le 17 juin 1994 |
| Nombre de Parties à la Convention | 197 (196 États + Union européenne) |
| ODD associé | ODD 15 « Vie terrestre », cible 15.3 |
C’est quoi la désertification ?
Contrairement à une idée reçue tenace, la désertification ne désigne pas l’avancée des déserts existants. La CNULCD la définit comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, résultant de facteurs variés incluant les variations climatiques et les activités humaines.
Il s’agit donc d’un processus de perte de productivité biologique et économique des sols, qui peut survenir à des milliers de kilomètres de tout désert. Le phénomène est progressif, silencieux, et souvent irréversible à l’échelle d’une vie humaine : un centimètre de sol fertile met plusieurs siècles à se former.
Les mécanismes en cause
- Agriculture non durable : épuisement des nutriments, monoculture, travail excessif du sol, salinisation des terres irriguées.
- Surpâturage : les animaux consomment les graminées plus vite qu’elles ne se régénèrent et compactent la terre végétale.
- Déforestation et défrichement : la suppression du couvert végétal, pour le bois de feu ou la mise en culture, prive le sol de son maintien.
- Extraction minière et artificialisation : destruction directe et irréversible de l’horizon fertile.
- Érosion éolienne et hydrique : elle emporte la couche arable et ne laisse qu’un mélange stérile de poussière et de sable.
- Changement climatique : il intensifie les sécheresses, allonge les épisodes secs et accélère l’ensemble des processus ci-dessus.
Désertification et sécheresse : deux phénomènes distincts
La sécheresse est un déficit temporaire de précipitations, un aléa climatique. La désertification est une dégradation durable du sol, largement d’origine humaine. Les deux s’alimentent mutuellement : un sol dégradé retient moins l’eau, ce qui aggrave l’impact de la sécheresse suivante, laquelle accélère à son tour la dégradation. C’est précisément cette spirale que la journée du 17 juin entend rendre visible.
Origine et histoire de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification
Du Sommet de la Terre à la Convention de Paris
La désertification a été identifiée, aux côtés du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, comme l’un des trois grands défis du développement durable lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. La conférence a demandé à l’Assemblée générale de créer un comité intergouvernemental de négociation, ce qu’elle a fait par la résolution 47/188 de décembre 1992.
Le comité a bouclé ses travaux en cinq sessions seulement. Le texte de la Convention, accompagné de quatre annexes régionales de mise en œuvre, a été adopté le 17 juin 1994 au siège de l’UNESCO à Paris. Six mois plus tard, l’Assemblée générale consacrait cette date comme journée mondiale.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| Juin 1992 | Sommet de la Terre de Rio : la désertification reconnue comme défi majeur |
| Décembre 1992 | Résolution 47/188 créant le comité intergouvernemental de négociation |
| 17 juin 1994 | Adoption de la CNULCD à Paris, au siège de l’UNESCO |
| 14-15 octobre 1994 | Ouverture à la signature de la Convention, à Paris |
| 19 décembre 1994 | Résolution A/RES/49/115 proclamant le 17 juin journée mondiale |
| 17 juin 1995 | Première célébration de la journée |
| 26 décembre 1996 | Entrée en vigueur de la Convention, 90 jours après la 50ᵉ ratification |
| 1997 | Première Conférence des Parties (COP1), à Rome |
| 2007 | Lancement de l’initiative africaine de la Grande Muraille Verte |
| 2007 | Proclamation de la Décennie des Nations unies pour les déserts et la lutte contre la désertification (2010-2020) |
| 2015 | Adoption de l’ODD 15.3 : neutralité en matière de dégradation des terres |
| 2024 | COP16 à Riyad, centrée sur la résilience à la sécheresse |
| 2026 | COP17 à Oulan-Bator (Mongolie), du 17 au 28 août |
Les objectifs de la journée
- Sensibiliser l’opinion publique à un phénomène lent, peu spectaculaire et donc largement sous-estimé.
- Rappeler l’existence de solutions : la neutralité en matière de dégradation des terres n’est pas un vœu pieux mais un objectif technique documenté.
- Mobiliser les financements publics et privés en faveur de la restauration des sols.
- Valoriser les acteurs de terrain : agriculteurs, éleveurs, peuples autochtones, collectivités locales.
- Faire le lien entre les conventions de Rio : climat, biodiversité et terres relèvent des mêmes équilibres.
Un enjeu mondial : les chiffres de la dégradation des terres
L’état des sols de la planète
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Part des terres émergées dégradées | Jusqu’à 40 % |
| Population affectée par la dégradation des terres | Environ la moitié de l’humanité |
| Terres saines perdues chaque année (2015-2019) | Plus de 100 millions d’hectares |
| Superficie à restaurer d’ici 2030 pour atteindre la neutralité | 1,5 milliard d’hectares |
| Population dépendant des écosystèmes de zones sèches | Environ 2 milliards de personnes, dont 90 % dans les pays en développement |
| Rythme de dégradation des terres arables | 30 à 35 fois le taux historique |
| Déplacements liés à la désertification (projection décennale, ONU) | Jusqu’à 50 millions de personnes |
Les données compilées par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères précisent l’ampleur du phénomène : plus de 3,2 milliards de personnes vivent sur environ 2 milliards d’hectares de terres dégradées, et 500 millions habitent des zones déjà touchées par la désertification. Les zones sèches abritent par ailleurs 50 % du cheptel mondial et près de la moitié des terres cultivées de la planète.
La sécheresse, catastrophe silencieuse
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Augmentation de la fréquence et de la durée des sécheresses depuis 2000 | + 29 % |
| Coût annuel mondial des sécheresses | Plus de 307 milliards de dollars |
| Part de la population mondiale potentiellement touchée d’ici 2050 | Plus des trois quarts |
| Personnes vivant en zone de pénurie d’eau au moins un mois par an (2050) | 4,8 à 5,7 milliards, contre 3,6 milliards aujourd’hui |
| Migrations potentielles d’ici 2050, sécheresse et facteurs associés | Jusqu’à 216 millions de personnes |
| Terres cultivées de l’UE touchées en moyenne par la sécheresse (2000-2022) | Environ 73 000 km², soit près de 5 % |
Le secrétaire exécutif de la CNULCD résume l’enjeu de communication : à la différence des séismes ou des cyclones, les sécheresses s’installent en silence et ne déclenchent pas de réaction politique immédiate. D’où l’utilité d’une journée dédiée.
La désertification à travers le monde
Afrique : l’épicentre du phénomène
Le continent africain concentre les situations les plus critiques. Environ 336 millions d’hectares y sont dégradés, et les deux tiers des terres du continent sont plus ou moins atteintes. En Afrique subsaharienne, 163 millions d’hectares ont basculé dans la dégradation depuis 2015 — un rythme nettement supérieur à la moyenne mondiale.
La réponse emblématique est la Grande Muraille Verte, initiative panafricaine lancée en 2007 : une bande de restauration de 8 000 km reliant Dakar à Djibouti, avec un objectif de 100 millions d’hectares restaurés d’ici 2030. Le bilan reste très en deçà des ambitions initiales, ce qui a conduit à une relance à Paris lors du One Planet Summit de janvier 2021, avec la création de l’Accélérateur de la Grande Muraille Verte confié au secrétariat de la CNULCD et l’annonce de 19,6 milliards de dollars de financements pour la période 2021-2025.
Amériques, Asie, Europe
- Amérique latine et Caraïbes : 108 millions d’hectares dégradés depuis 2015 ; selon certaines projections, la moitié des terres agricoles de la région pourrait être menacée de désertification à l’horizon 2050.
- Asie centrale et Mongolie : dégradation massive des steppes et des parcours pastoraux, sous l’effet combiné du surpâturage et du réchauffement.
- Bassin méditerranéen : ce sont les pays du pourtour méditerranéen qui sont les plus exposés en Europe. Le sud du Portugal (Alentejo) et le sud-est de l’Espagne (Almería, Murcie, Alicante) présentent déjà des signes avancés de dégradation ; le sud de la France et l’Italie sont concernés à leur tour.
Des trajectoires réversibles
La dégradation n’est pas une fatalité. Le Botswana a ramené la part de son territoire dégradé de 36 % à 17 %, en combinant prévention de nouvelles dégradations et restauration ciblée. À l’échelle mondiale, 128 pays ont formellement exprimé leur volonté d’atteindre ou de dépasser la neutralité en matière de dégradation des terres.
La France face à la désertification et à la sécheresse
Un pays partie prenante, et directement concerné
La France est Partie à la CNULCD depuis son origine — la Convention porte d’ailleurs la marque de Paris, où elle a été adoptée et ouverte à la signature. Elle est également le siège du Comité scientifique français de la désertification (CSFD), installé à Montpellier au sein d’Agropolis International, qui produit depuis plus de vingt ans des synthèses de référence en français sur la dégradation des terres.
Longtemps perçu comme un sujet lointain, le problème s’invite désormais sur le territoire métropolitain. Le Muséum national d’Histoire naturelle rappelle que la désertification peut survenir en dehors des déserts, dans des zones de climat méditerranéen soumises aux pressions agricoles et à l’artificialisation — configuration qui menace directement le sud de la France.
Le retrait-gonflement des argiles, visage français de la sécheresse
En France, la sécheresse se manifeste d’abord par un phénomène géotechnique : le retrait-gonflement des argiles (RGA). Les sols argileux se rétractent lors des épisodes secs puis gonflent au retour des pluies ; ce mouvement fissure les maisons individuelles, dont les fondations superficielles n’ont pas été dimensionnées pour cela.
| Indicateur (France) | Donnée |
|---|---|
| Maisons individuelles en zone d’exposition moyenne ou forte | 12,1 millions |
| Maisons individuelles en zone d’exposition forte | Plus de 3 à 4 millions |
| Part du RGA dans le coût des indemnisations CatNat liées aux bâtiments (5 dernières années) | 70 % |
| Coût estimé de la seule sécheresse 2022 pour les assureurs | 3,5 milliards d’euros |
| Départements retenus pour l’expérimentation du fonds de prévention argile | 11 |
L’État a lancé, par le décret n° 2025-920 du 6 septembre 2025, une expérimentation d’aide à la prévention dans onze départements particulièrement exposés : les propriétaires occupants éligibles peuvent y financer un diagnostic de vulnérabilité et des travaux préventifs. Ce dispositif est distinct du fonds Barnier, qui ne couvre pas le RGA.
L’artificialisation des sols, une dégradation irréversible
Au-delà de la sécheresse, la France perd chaque année du sol vivant par bétonnage. Sur la décennie 2011-2021, 24 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés en moyenne chaque année, soit près de cinq terrains de football par heure. La loi Climat et résilience d’août 2021, complétée par la loi du 20 juillet 2023, fixe l’objectif de zéro artificialisation nette en 2050, avec une réduction de moitié de la consommation d’espaces sur la décennie 2021-2031.
La coopération française à l’international
L’Agence française de développement (AFD) finance de longue date des projets contribuant aux objectifs de la Grande Muraille Verte dans les onze pays concernés. Ces programmes portent sur la gestion durable des terres et du foncier, la conversion agroécologique des exploitations familiales et la structuration des filières agricoles sahéliennes. La France a par ailleurs mis à jour son cadre d’intervention international sur la désertification, articulé autour de la sécurité alimentaire, de la stabilité des populations rurales et de la préservation de la biodiversité.
Les défis contemporains de la lutte contre la désertification
Un problème systémique, des politiques cloisonnées
Climat, biodiversité et terres relèvent de trois conventions distinctes issues de Rio, avec trois calendriers, trois secrétariats et trois COP. Or un sol dégradé émet du carbone, perd sa biodiversité et retient moins l’eau : les trois crises sont une seule crise. L’articulation entre les conventions reste un chantier ouvert.
Le déficit de financement
La restauration des terres reste le parent pauvre du financement climatique international. Les engagements pris pour la Grande Muraille Verte ne représentaient qu’environ 30 % des besoins estimés pour atteindre les objectifs de 2030, et les décaissements effectifs progressent plus lentement que les annonces.
La pression foncière et alimentaire
Nourrir une population mondiale croissante suppose davantage de production sur des sols en voie d’appauvrissement. La tentation d’étendre les surfaces cultivées sur des terres marginales alimente précisément la spirale de dégradation qu’il s’agit d’enrayer. L’enjeu est donc d’augmenter la productivité sans ouvrir de nouvelles terres fragiles.
La marginalisation du pastoralisme
Les parcours pastoraux couvrent plus de la moitié de la surface terrestre et font vivre environ deux milliards de personnes, mais restent largement absents des grandes négociations internationales. Près de la moitié de ces pâturages sont dégradés ou menacés, alors même que les savoirs des éleveurs constituent l’un des meilleurs outils de gestion durable de ces milieux.
Migrations et sécurité
L’accaparement et la raréfaction des terres sont des facteurs reconnus de conflit, en particulier au Sahel, où les tensions entre agriculteurs et éleveurs se durcissent à mesure que les ressources se raréfient. La dégradation des terres est ainsi devenue un sujet de sécurité autant qu’un sujet d’environnement.

Comment participer à la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse
Événements officiels
Chaque année, la CNULCD organise une commémoration mondiale accueillie par un pays hôte, doublée d’une carte virtuelle des événements recensant les initiatives organisées partout dans le monde. Un kit de campagne multilingue — visuels, logos, éléments de langage — est mis à disposition gratuitement par le secrétariat de la Convention.
Actions accessibles à chacun
- Se documenter sur l’état des sols de son territoire : en France, le portail Géorisques permet de vérifier l’exposition d’une adresse au retrait-gonflement des argiles.
- Soutenir une agriculture préservant les sols : couverts végétaux permanents, agroforesterie, rotations longues, réduction du travail du sol.
- Végétaliser et désimperméabiliser : jardins, cours d’école, parkings, toitures — chaque mètre carré rendu perméable améliore l’infiltration et limite le ruissellement.
- Économiser l’eau : récupération des eaux de pluie, réutilisation des eaux traitées, arrosage raisonné.
- Relayer la campagne en ligne : les publications de la journée circulent notamment sous les mots-dièse #DesertificationAndDroughtDay et #UNCCD.
Pour les établissements scolaires et les collectivités
- Organiser une plantation d’arbres ou de haies adaptées au bilan hydrique local.
- Mettre en place un atelier de découverte du sol vivant : profil pédologique, faune du sol, test à la bêche.
- Programmer une projection-débat sur la Grande Muraille Verte ou sur les sécheresses méditerranéennes.
- Inscrire l’événement sur la carte mondiale de la CNULCD pour lui donner de la visibilité.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 17 juin.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de l’eau, Journée internationale des forêts, Journée mondiale de l’environnement.
Foire aux questions sur la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse
Quand a lieu la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse ?
La Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse a lieu le 17 juin de chaque année, à date fixe. Cette date commémore l’adoption de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, signée à Paris le 17 juin 1994.
Qui a créé la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse ?
La Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, par la résolution A/RES/49/115 adoptée le 19 décembre 1994. Sa mise en œuvre est coordonnée par le secrétariat de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), installé à Bonn, en Allemagne. La première édition a été célébrée le 17 juin 1995.
C’est quoi la désertification exactement ?
La désertification est la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, sous l’effet combiné des variations climatiques et des activités humaines. Elle ne désigne pas l’avancée des déserts existants, mais la perte progressive de la productivité biologique et économique des sols. Agriculture non durable, surpâturage, déforestation, extraction minière et érosion en sont les principaux moteurs.
Quelle différence entre désertification et sécheresse ?
La différence entre désertification et sécheresse tient à leur nature : la sécheresse est un déficit temporaire de précipitations, donc un aléa climatique réversible ; la désertification est une dégradation durable, souvent irréversible, de la structure et de la fertilité du sol, principalement causée par les activités humaines. Les deux phénomènes s’aggravent mutuellement, un sol dégradé retenant beaucoup moins l’eau.
La France est-elle concernée par la désertification ?
La France est concernée par la désertification à double titre. Sur son territoire, le pourtour méditerranéen présente des facteurs de risque avérés — sécheresses répétées, érosion, artificialisation — et le retrait-gonflement des argiles expose 12,1 millions de maisons individuelles à des dommages structurels, dont plus de 3 millions en zone d’aléa fort. À l’international, la France est Partie à la CNULCD, accueille le Comité scientifique français de la désertification à Montpellier et finance, via l’AFD, des programmes de restauration des terres au Sahel.
Comment participer à la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse ?
Pour participer à la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, il est possible de rejoindre un événement local recensé sur la carte mondiale de la CNULCD, de télécharger et relayer le matériel de campagne officiel, ou d’organiser sa propre action : plantation, atelier pédagogique sur le sol vivant, projection-débat, opération de désimperméabilisation. À titre individuel, adopter des pratiques préservant le sol et l’eau constitue la contribution la plus directe.
Le sol, cette ressource que l’on croyait infinie
Un sol fertile met des siècles à se constituer et quelques années à disparaître. C’est tout le paradoxe de la désertification : un désastre qui avance sans bruit, sans image spectaculaire, et dont les victimes — éleveurs sahéliens, agriculteurs méditerranéens, propriétaires de maisons fissurées — se comptent pourtant par centaines de millions. Le 17 juin ne demande pas de compassion, mais de l’attention : celle que l’on accorde d’ordinaire à ce qui semble solide et permanent, et qui ne l’est pas. Regarder le sol sous nos pieds comme une ressource vivante, limitée et réparable, c’est déjà participer à la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse.
