Chaque année, le 23 juin, la Journée internationale des veuves attire l’attention du monde sur une population immense et pourtant largement invisible : les femmes qui, après la perte de leur conjoint, basculent dans la pauvreté, perdent leurs biens, subissent des rites dégradants ou disparaissent tout simplement des statistiques publiques. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2010, cette journée rappelle que le veuvage n’est pas seulement une épreuve intime : c’est un révélateur brutal des inégalités entre les femmes et les hommes, dans les pays du Sud comme dans les sociétés les plus riches.

| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale des veuves |
| Date | 23 juin (date fixe) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/65/189 du 21 décembre 2010 |
| Première édition | 23 juin 2011 |
| À l’initiative de | Le Gabon, avec le soutien de la Loomba Foundation |
| Estimation mondiale | Environ 258 millions de veuves |
| Objectif de développement durable associé | ODD 5 (égalité entre les sexes) et ODD 1 (pas de pauvreté) |
C’est quoi le veuvage ? Comprendre le sujet de la Journée internationale des veuves
Le veuvage désigne, au sens juridique, la situation d’une personne dont le conjoint marié est décédé. C’est un état matrimonial reconnu par l’état civil, qui ouvre — ou ferme — l’accès à toute une série de droits : succession, protection sociale, pension, logement, garde des enfants.
Mais cette définition légale ne recouvre qu’une partie de la réalité. Les démographes distinguent :
- Le veuvage légal : la personne était mariée, elle porte officiellement le statut de veuve ou de veuf.
- Le veuvage de fait : la personne vivait en union libre ou était liée par un partenariat civil (Pacs en France). Elle vit exactement la même perte, mais sans le statut ni, très souvent, les droits associés.
Cette distinction n’a rien d’anecdotique : dans la plupart des systèmes de protection sociale, seul le mariage ouvre droit aux pensions de survivants, alors que les formes d’union se diversifient partout dans le monde.
Un phénomène très majoritairement féminin
Le veuvage est un fait démographique profondément asymétrique, pour trois raisons cumulatives :
- L’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes dans la quasi-totalité des pays ;
- L’écart d’âge dans les couples : les femmes sont en moyenne plus jeunes que leur conjoint ;
- Le remariage : les hommes veufs se remarient nettement plus souvent que les femmes veuves.
Résultat : partout, les veuves sont beaucoup plus nombreuses que les veufs, et elles restent veuves plus longtemps.
Pourquoi le veuvage est un sujet de droits humains
Dans de nombreuses sociétés, la perte du conjoint ne provoque pas seulement un deuil : elle déclenche une perte de statut social. La veuve peut être dépossédée de ses terres, chassée du domicile conjugal, contrainte à des rites de deuil humiliants, accusée d’être responsable de la mort de son mari, ou « héritée » par un parent du défunt. Ces atteintes relèvent directement du droit international des droits humains, notamment de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW).
Origine et histoire de la Journée internationale des veuves
Création de la Journée internationale des veuves
L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 23 juin Journée internationale des veuves par sa résolution 65/189, adoptée le 21 décembre 2010. La première édition a été célébrée le 23 juin 2011.
Le projet de résolution a été porté aux Nations Unies par le Gabon, à la suite d’un plaidoyer mené par la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille, qui avait engagé un travail de terrain auprès des veuves gabonaises (cellule d’accueil et d’écoute, numéro vert). De nombreux États, en particulier africains, se sont associés à l’initiative.
En amont, la Loomba Foundation, organisation britannique fondée en 1997 par Lord Raj Loomba en mémoire de sa mère devenue veuve à 37 ans, avait mené pendant plus d’une décennie une campagne internationale de sensibilisation à la condition des veuves, à l’origine directe de la reconnaissance onusienne.
Chronologie de la reconnaissance des droits des veuves
| Année | Étape |
|---|---|
| 1979 | Adoption de la CEDEF : les droits des veuves y sont garantis de façon indirecte (égalité dans le mariage, succession, propriété) |
| 1989 | Convention relative aux droits de l’enfant : protection des enfants de veuves |
| 1997 | Création de la Loomba Foundation au Royaume-Uni |
| 2000 | Publication par les Nations Unies du rapport Veuvage : femmes invisibles, isolées ou exclues |
| 2010 | 21 décembre : adoption de la résolution A/RES/65/189 proclamant le 23 juin Journée internationale des veuves |
| 2011 | 23 juin : première Journée internationale des veuves |
| 2015 | Adoption des Objectifs de développement durable : les veuves sont concernées au premier chef par les ODD 1 et 5 |
| 2016 | Publication du World Widows Report, première compilation mondiale pays par pays sur le veuvage |
Objectifs principaux de la journée
- Rendre visible une population invisible : faire exister les veuves dans les statistiques, les politiques publiques et les budgets.
- Garantir l’accès aux droits patrimoniaux : succession, terres, logement, ressources productives.
- Réformer les systèmes de protection sociale : pensions et prestations qui ne dépendent pas uniquement de l’état matrimonial.
- Éliminer les pratiques dégradantes liées aux rites de deuil et d’inhumation.
- Soutenir les enfants de veuves, pour briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté.
- Inclure les veuves dans les processus de paix, notamment dans les sociétés post-conflit.
Importance et impact : pourquoi la Journée internationale des veuves compte
Une réalité économique massive
Les données mondiales restent parcellaires, mais l’ordre de grandeur est établi. Selon le World Widows Report de la Loomba Foundation, référence citée par les Nations Unies :
| Indicateur mondial | Estimation |
|---|---|
| Nombre de veuves | environ 258 millions |
| Enfants concernés (y compris adultes) | environ 585 millions |
| Veuves vivant dans l’extrême pauvreté | environ 38 millions |
| Évolution du nombre de veuves entre 2010 et 2015 | +9 % |
| Région ayant connu la plus forte hausse | Moyen-Orient et Afrique du Nord (+24,3 %) |
| Pays comptant au moins un million de veuves | 39 pays |
| Pays où les veuves représentent ≥ 10 % des femmes en âge d’être mariées | 58 pays |
L’Inde et la Chine concentrent à elles seules une part considérable de ce total, avec respectivement environ 46,5 et 44,6 millions de veuves lors du dernier recensement mondial de ces données.
Une vulnérabilité économique en cascade
La perte du conjoint enclenche un enchaînement bien identifié :
- Perte de revenu principal, souvent le seul du foyer ;
- Absence de droit à hériter dans les systèmes coutumiers, ce qui prive la veuve des terres et du logement ;
- Accès limité au crédit et parfois impossibilité d’ouvrir ou de conserver un compte bancaire ;
- Reprise des dettes du mari défunt dans certains pays ;
- Déscolarisation des enfants, faute de ressources, ce qui reproduit la pauvreté à la génération suivante.
Un impact sanitaire documenté
La malnutrition, un logement inadapté, l’exposition répétée aux violences et l’absence d’accès aux soins dégradent la santé physique et mentale des veuves. Leurs besoins en santé sexuelle et reproductive sont rarement pris en compte, ce qui accroît leur vulnérabilité face au VIH, notamment lorsque le veuvage résulte lui-même de l’épidémie.
Un enjeu de droit et de justice
Lorsque des législations nationales protectrices existent, leur application se heurte à la faiblesse des systèmes judiciaires, au coût des procédures et parfois à la discrimination des professionnels du droit eux-mêmes. Beaucoup de veuves renoncent alors à faire valoir leurs droits.
Les veuves à travers le monde : diversité des situations
Afrique subsaharienne : la question foncière et les rites de deuil
C’est en Afrique subsaharienne que la dépossession des veuves est la plus documentée. Le droit coutumier prime souvent sur le droit écrit : les terres et le bétail reviennent à la famille du défunt, la veuve étant considérée comme faisant partie de la succession plutôt que comme héritière.
Plusieurs pratiques persistent malgré les législations :
- Le lévirat : la veuve est « héritée » par un frère ou un parent du défunt ;
- Les rites de purification, incluant dans certaines régions l’obligation de boire l’eau ayant servi à laver le corps du défunt, le rasage de la tête ou la scarification ;
- Les accusations de sorcellerie, utilisées pour justifier l’expulsion de la veuve.
Le Nigeria illustre à la fois l’ampleur du problème et les tentatives de réponse : plusieurs États fédérés ont légiféré contre les pratiques dégradantes envers les veuves — l’État d’Enugu dès 2001, celui de Cross River en 2005 — sans que cela suffise à faire reculer les coutumes.
Asie du Sud : stigmate social et exclusion rituelle
En Asie du Sud, le veuvage a longtemps été associé à un statut d’infériorité rituelle : restrictions vestimentaires et alimentaires, exclusion des cérémonies familiales, interdiction implicite du remariage dans certaines communautés. Des villes indiennes accueillent depuis des générations des veuves rejetées par leur belle-famille. Les réformes juridiques successives ont considérablement fait évoluer le droit, mais les normes sociales résistent, surtout en milieu rural.
Zones de conflit : le veuvage de masse
Les guerres produisent des cohortes entières de veuves, très jeunes, souvent déplacées ou réfugiées, seules responsables de leurs enfants. Les Nations Unies citent des situations extrêmes : dans certaines zones de l’est de la République démocratique du Congo, environ la moitié des femmes seraient veuves ; l’Irak compterait environ trois millions de veuves ; plus de 70 000 vivraient à Kaboul. Ces femmes cumulent le deuil, le déplacement forcé, l’absence de titres de propriété et, fréquemment, l’exposition aux violences sexuelles.
Pays à haut revenu : une pauvreté plus discrète
Dans les pays riches, la brutalité des rites disparaît, mais la vulnérabilité économique demeure. Elle prend la forme d’un décrochage de niveau de vie : pensions personnelles plus faibles pour les femmes, dépendance aux pensions de survivants, isolement social prolongé, et exclusion des personnes non mariées des dispositifs de réversion.
Défis et enjeux contemporains
Le trou noir statistique
C’est l’obstacle le plus structurant. L’absence de données fiables, ventilées par statut matrimonial, sexe et âge, empêche de mesurer la pauvreté et les violences subies par les veuves — et donc de concevoir des politiques adaptées. Les Nations Unies en font une priorité explicite : sans chiffres, pas de budget ; sans budget, pas de programme.
L’écart entre la loi et la coutume
De nombreux pays ont réformé leur droit de la famille et des successions pour reconnaître à la veuve un droit d’héritage. Mais la coutume continue de s’appliquer localement, faute d’information des intéressées, de moyens judiciaires et de volonté politique.
L’inadaptation des systèmes de protection sociale
Partout, les pensions de survivants ont été conçues pour un modèle familial qui recule : un couple marié, un homme pourvoyeur, une femme sans carrière propre. Trois questions se posent désormais dans presque tous les pays développés :
- Faut-il ouvrir la réversion aux couples non mariés ?
- Faut-il maintenir des conditions d’âge et de ressources ?
- Comment financer ces droits dans un contexte de tension budgétaire sur les retraites ?
Le veuvage précoce, angle mort des politiques publiques
Le veuvage est presque toujours pensé comme un phénomène du grand âge. Or des centaines de milliers de personnes perdent leur conjoint avant 55 ans, souvent avec des enfants à charge, et se retrouvent dans un angle mort : trop jeunes pour les pensions de survivants, trop chargées pour reprendre immédiatement une activité à temps plein.
Les crises multiplicatrices
Conflits armés, épidémies, catastrophes climatiques : chaque crise majeure produit sa vague de veuvage, généralement dans des populations déjà fragiles et dans des contextes où les services publics sont défaillants.

Comment participer à la Journée internationale des veuves
Actions institutionnelles et associatives
- Colloques et tables rondes organisés par les agences onusiennes, les ONG et les fondations spécialisées ;
- Publications de rapports et de données actualisées sur la situation des veuves ;
- Campagnes de plaidoyer auprès des parlements pour réformer les droits successoraux et les pensions de survivants ;
- Formations juridiques gratuites destinées aux veuves pour leur permettre de faire valoir leurs droits.
Mobilisation locale
- Groupes de parole et permanences d’accueil pour les personnes en situation de veuvage ;
- Ateliers d’aide administrative : succession, démarches auprès des caisses de retraite, banques, assurances ;
- Actions d’autonomisation économique : microcrédit, formation professionnelle, coopératives de veuves.
Sensibilisation en ligne
Les organisations engagées relaient chaque 23 juin des témoignages, des chiffres et des contenus pédagogiques. Les mots-clés les plus utilisés sont #InternationalWidowsDay et #JournéeInternationaleDesVeuves.
Ce que chacun peut faire
- Vérifier ses propres droits et ceux de ses proches : de nombreuses prestations ne sont versées que sur demande et se perdent faute de démarche ;
- Rompre l’isolement d’une personne veuve de son entourage, dont la solitude s’installe souvent plusieurs mois après le décès, quand l’attention retombe ;
- Soutenir une association de conjoints survivants ou une ONG internationale travaillant sur les droits des veuves ;
- Anticiper : rédiger un testament, souscrire une garantie prévoyance, clarifier le régime matrimonial — autant de gestes qui protègent concrètement le conjoint survivant.
Focus France : le veuvage, une réalité massive et sous-estimée
Combien de veuves et de veufs en France ?
Le veuvage concerne en France plusieurs millions de personnes, mais les chiffres varient selon la définition retenue.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Veufs et veuves au sens légal de 60 ans et plus (2020) | environ 3,6 millions, dont 81 % de femmes (Ined) |
| Part des femmes de 60 ans et plus qui sont veuves | environ une sur trois |
| Part des femmes de 75 ans et plus qui sont veuves | environ une sur deux |
| Personnes en veuvage précoce (perte du conjoint avant 55 ans) | environ 500 000 (Dialogue & Solidarité) |
| Bénéficiaires d’une pension de réversion | environ 4,4 millions, dont 87 à 88 % de femmes (Drees) |
| Coût des pensions de réversion (2024) | 38,7 milliards d’euros, soit 1,3 % du PIB |
Treize ans de veuvage en moyenne pour les femmes
Une étude de l’Institut national d’études démographiques publiée en décembre 2025 a mesuré pour la première fois la durée du veuvage en France. Ses résultats sont frappants :
- 70 % des femmes en couple à 60 ans connaîtront le décès de leur conjoint ;
- La durée moyenne de ce veuvage est de 13 ans, soit 46 % du temps qu’il leur reste à vivre ;
- Cette part était de 59 % en 1962 : elle a diminué grâce aux gains d’espérance de vie ;
- D’ici 2070, la durée moyenne pourrait revenir à 11 ans, sous l’effet du rapprochement des espérances de vie entre femmes et hommes.
Une inégalité sociale marquée
| Niveau de vie du couple | Durée moyenne de veuvage | Part du temps restant à vivre après 60 ans |
|---|---|---|
| Ménages les plus modestes | 14,1 ans | 57 % |
| Ménages les plus aisés | 11,4 ans | 38 % |
Les femmes les plus modestes vivent donc un veuvage plus long et avec des ressources plus faibles : le risque de pauvreté dure plus longtemps là où il est le plus élevé. À l’échelle européenne, la France se situe en position médiane avec 12,7 ans de veuvage moyen, entre l’Islande (10,9 ans) et la Lituanie (14 ans).
Les dispositifs français : réversion et allocation veuvage
Deux dispositifs principaux protègent le conjoint survivant. Tous deux exigent d’avoir été marié : le Pacs et le concubinage n’ouvrent aucun droit.
| Critère | Pension de réversion (régime général) | Allocation veuvage |
|---|---|---|
| Âge du bénéficiaire | 55 ans minimum | moins de 55 ans |
| Statut requis | avoir été marié (ex-époux divorcé assimilé) | avoir été marié, ne pas vivre en couple |
| Taux ou montant | 54 % de la retraite de base du défunt | 719,58 € nets par mois |
| Plafond de ressources | 25 001,60 €/an seul ; 40 002,56 €/an en couple | 2 698,43 € sur 3 mois (899,48 €/mois) |
| Montant minimum | 334,92 €/mois si 60 trimestres validés par le défunt | — |
| Durée | viagère | 2 ans maximum |
Montants applicables en 2026, revalorisés chaque 1er janvier.
Le taux de réversion varie fortement selon les régimes, ce qui est l’une des principales sources de complexité du système :
| Régime | Taux de réversion | Condition de ressources |
|---|---|---|
| Régime général (Cnav) | 54 % | Oui |
| Agirc-Arrco (complémentaire du privé) | 60 % | Non |
| Fonction publique | 50 % | Non |
Des majorations existent au régime général : +11,1 % à partir de 67 ans sous condition de ressources, +10 % pour trois enfants ou plus, et une majoration forfaitaire de 113,59 € par mois et par enfant à charge sous conditions.
Un débat français ouvert sur l’avenir de la réversion
Le Conseil d’orientation des retraites a remis au gouvernement, en novembre 2025, un ensemble de préconisations sur les pensions de réversion. Les pistes examinées portent sur l’unification des taux entre régimes, l’harmonisation ou la suppression des conditions d’âge et de ressources, et l’éventuelle ouverture du droit aux couples pacsés. À ce jour, aucune réforme n’a été adoptée : ces travaux restent au stade de la réflexion.
L’enjeu est réel : les femmes perçoivent une pension de droit direct inférieure de 38 % à celle des hommes, écart ramené à 25 % une fois la réversion prise en compte. La réversion est donc, en France, le principal instrument de correction des inégalités de retraite entre les sexes.
Une histoire française du veuvage
La France a construit progressivement un droit des conjoints survivants, largement sous l’effet des guerres :
| Année | Étape |
|---|---|
| 1919 | La loi du 31 mars ouvre un droit à pension aux veuves de guerre : la Première Guerre mondiale a laissé près de 600 000 veuves et 986 000 orphelins |
| 1949 | Création à Paris de l’Association nationale des veuves civiles chefs de famille, future FAVEC |
| 1956 | La FAVEC est reconnue d’utilité publique |
| 1980 | La loi du 17 juillet institue l’assurance veuvage : le veuvage devient un risque social à part entière |
| 2004 | Réforme des retraites : refonte du dispositif veuvage. La même année, le délai de viduité, qui interdisait à une veuve de se remarier pendant plusieurs mois, est supprimé du Code civil |
Où trouver de l’aide en France
- La FAVEC (Fédération des associations de conjoints survivants et parents d’orphelins), créée en 1949, apolitique et non confessionnelle, présente par ses associations départementales : accueil, information juridique, défense des droits, groupes de soutien.
- Dialogue & Solidarité, association fondée par l’OCIRP, propose des espaces d’accueil, des groupes de parole animés par des psychologues et des entretiens individuels dans les grandes villes.
- L’Assurance retraite et la MSA pour les démarches de réversion et d’allocation veuvage, avec une demande unique en ligne valable pour l’ensemble des régimes de base.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 23 juin.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale des droits des femmes, Journée internationale des familles.
Foire aux questions sur la Journée internationale des veuves
Quand a lieu la Journée internationale des veuves ?
La Journée internationale des veuves a lieu chaque année le 23 juin. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre. Elle a été célébrée pour la première fois le 23 juin 2011, après son adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2010.
Pourquoi la Journée internationale des veuves a-t-elle été créée ?
La Journée internationale des veuves a été créée pour rendre visible une population historiquement laissée dans l’ombre des politiques publiques. Les Nations Unies ont adopté la résolution A/RES/65/189 le 21 décembre 2010 afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la marginalisation des veuves : privation du droit d’hériter, spoliation des biens, exposition aux violences, pratiques de deuil dégradantes et absence de protection sociale. L’initiative a été portée par le Gabon, avec le soutien de nombreux États et de la Loomba Foundation.
Combien y a-t-il de veuves dans le monde ?
On estime qu’il y a environ 258 millions de veuves dans le monde, ayant à leur charge quelque 585 millions d’enfants, y compris adultes. Ce chiffre provient du World Widows Report de la Loomba Foundation, la référence citée par les Nations Unies. Les données restent toutefois fragiles : l’absence de statistiques ventilées par statut matrimonial dans de nombreux pays est précisément l’un des obstacles que la Journée internationale des veuves cherche à lever.
Combien de personnes sont veuves en France ?
En France, on comptait environ 3,6 millions de veufs et veuves au sens légal parmi les personnes de 60 ans et plus en 2020, dont 81 % de femmes. Près d’une femme de plus de 60 ans sur trois est veuve, et une sur deux au-delà de 75 ans. À ces chiffres s’ajoutent environ 500 000 personnes en situation de veuvage précoce, ayant perdu leur conjoint avant 55 ans, ainsi que les personnes pacsées ou en union libre, qui vivent la même perte sans statut légal de veuve ou de veuf.
Qui a droit à la pension de réversion en France ?
La pension de réversion est réservée aux personnes ayant été mariées avec le défunt : le Pacs et le concubinage n’ouvrent aucun droit, quelle que soit la durée de vie commune. Au régime général, il faut avoir au moins 55 ans et disposer de ressources annuelles inférieures à 25 001,60 € pour une personne seule ou 40 002,56 € pour un couple en 2026. La pension représente alors 54 % de la retraite de base du défunt. L’ex-époux divorcé est assimilé à un époux survivant et conserve ses droits, même s’il vit de nouveau en couple.
Quelle est la différence entre l’allocation veuvage et la pension de réversion ?
L’allocation veuvage et la pension de réversion se distinguent principalement par l’âge du bénéficiaire et la durée du versement. L’allocation veuvage s’adresse au conjoint survivant de moins de 55 ans, qui ne peut pas encore prétendre à la réversion : elle s’élève à 719,58 € nets par mois en 2026 et est versée pendant deux ans au maximum, sous condition de ressources. La pension de réversion, elle, est accessible à partir de 55 ans, correspond à une fraction de la retraite du défunt et est versée à vie. Les deux dispositifs ne sont pas cumulables : l’allocation veuvage cesse dès l’ouverture des droits à la réversion.
Faire des veuves des femmes visibles
Deux cent cinquante-huit millions de femmes dans le monde. Treize années de veuvage en moyenne pour une Française de 60 ans. Ces chiffres disent une même chose : le veuvage n’est pas un accident marginal, c’est une étape de vie que traverse la majorité des femmes qui atteignent le grand âge, et une bascule violente pour des dizaines de millions d’autres, beaucoup plus jeunes, dans les zones de conflit et de pauvreté.
Le 23 juin ne demande pas de compassion. Il demande des données, des droits successoraux effectifs, des pensions qui ne dépendent pas d’un certificat de mariage, et des mains tendues à celles dont le téléphone cesse de sonner trois mois après l’enterrement. Rendre les veuves visibles, c’est déjà commencer à les protéger.
