Chaque 27 juin, les Nations Unies célèbrent la Journée des micro-, petites et moyennes entreprises (MPME). Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 6 avril 2017 par la résolution A/RES/71/279, cette journée met en lumière les entreprises qui constituent l’écrasante majorité du tissu économique mondial : elles représentent environ 90 % des entreprises, 60 à 70 % des emplois et près de 50 % du PIB de la planète.

Derrière ces chiffres se cachent des réalités très concrètes : la boulangerie du village, l’atelier de mécanique, le cabinet de conseil à deux associés, l’artisane textile de Katmandou ou le vendeur ambulant de Lagos. Ces structures partagent une même vulnérabilité — accès au crédit difficile, trésorerie tendue, exposition aux chocs — et une même force : la proximité, la souplesse et l’ancrage territorial. La Journée du 27 juin vise à faire reconnaître leur contribution aux Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 8 (travail décent et croissance économique) et l’ODD 9 (industrie, innovation et infrastructure).
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée des micro-, petites et moyennes entreprises |
| Date | 27 juin, chaque année |
| Créée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution | A/RES/71/279, adoptée le 6 avril 2017 |
| Portée par | Mission permanente de l’Argentine auprès de l’ONU, avec l’appui de l’ICSB |
| Co-parrainage | 54 États membres |
| Première édition | 27 juin 2017 |
| ODD concernés | ODD 8 et ODD 9 (également ODD 1, 5 et 10) |
| Acronyme | MPME (en anglais : MSME) |
C’est quoi une micro-, petite ou moyenne entreprise ?
Il n’existe pas de définition universelle de la MPME. Chaque pays fixe ses propres seuils, généralement à partir de trois critères : l’effectif salarié, le chiffre d’affaires annuel et le total de bilan. C’est précisément cette hétérogénéité qui rend les comparaisons internationales délicates.
La définition européenne
L’Union européenne s’appuie sur la recommandation 2003/361/CE de la Commission, adoptée le 6 mai 2003 et entrée en vigueur le 1er janvier 2005. Elle sert de référence pour l’ensemble des dispositifs d’aides publiques, de financement et d’allègements réglementaires.
| Catégorie | Effectif | Chiffre d’affaires annuel | ou Total de bilan |
|---|---|---|---|
| Microentreprise | < 10 personnes | ≤ 2 M€ | ≤ 2 M€ |
| Petite entreprise | < 50 personnes | ≤ 10 M€ | ≤ 10 M€ |
| Moyenne entreprise | < 250 personnes | ≤ 50 M€ | ≤ 43 M€ |
La déclinaison française
La France applique cette logique via le décret n° 2008-1354, pris en application de la loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008. Elle ajoute une catégorie intermédiaire absente du droit européen, l’ETI :
- Microentreprise (MIC) : moins de 10 personnes, chiffre d’affaires ou bilan ≤ 2 M€
- PME : moins de 250 personnes, chiffre d’affaires ≤ 50 M€ ou bilan ≤ 43 M€
- ETI (entreprise de taille intermédiaire) : moins de 5 000 personnes, chiffre d’affaires ≤ 1 500 M€ ou bilan ≤ 2 000 M€
- Grande entreprise (GE) : au-delà
Attention à une confusion fréquente
En France, le mot « micro-entreprise » recouvre deux réalités distinctes :
- la microentreprise au sens statistique (catégorie de taille définie par la LME) ;
- le régime du micro-entrepreneur (ex-auto-entrepreneur), qui est un régime fiscal et social simplifié réservé aux personnes physiques, créé par la LME de 2008 et entré en vigueur le 1er janvier 2009.
Tous les micro-entrepreneurs dirigent une microentreprise, mais l’inverse n’est pas vrai : une SARL familiale de trois salariés est une microentreprise statistique sans relever du régime micro-entrepreneur.
Origine et histoire de la Journée des micro-, petites et moyennes entreprises
Création de la journée
L’initiative est portée par la Mission permanente de l’Argentine auprès des Nations Unies, avec le soutien de l’International Council for Small Business (ICSB). Le texte est négocié avec l’ensemble des États membres, puis co-parrainé par 54 pays représentant plus de cinq milliards d’habitants.
Le 6 avril 2017, l’Assemblée générale adopte la résolution A/RES/71/279, qui désigne le 27 juin comme Journée des micro-, petites et moyennes entreprises. La résolution invite les États membres à faciliter la célébration de cette journée en organisant des débats de politique publique, des ateliers de praticiens et des partages d’expériences, en lien avec les organisations publiques, privées et à but non lucratif.
Un contexte : l’Agenda 2030
La proclamation intervient dix-huit mois après l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (septembre 2015). La logique est explicite : si les MPME concentrent l’essentiel de l’emploi mondial, aucun progrès substantiel sur l’ODD 8 (travail décent et croissance économique) n’est possible sans elles. La journée fonctionne dès lors comme un instrument de plaidoyer et de redevabilité rattaché à l’Agenda 2030.
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 2003 | Recommandation européenne 2003/361/CE définissant les micro, petites et moyennes entreprises |
| 2008 | Loi de modernisation de l’économie (LME) en France : création des quatre catégories d’entreprises et du régime auto-entrepreneur |
| 2015 | Adoption de l’Agenda 2030 et des 17 Objectifs de développement durable |
| 2016 | Résolution A/RES/71/221 des Nations Unies sur l’entrepreneuriat au service du développement durable |
| 6 avril 2017 | Adoption de la résolution A/RES/71/279 instituant la Journée des MPME |
| 27 juin 2017 | Première édition de la Journée |
| 2019 | Loi PACTE en France : simplification des seuils et du financement des PME |
| 2022 | Loi du 14 février 2022 créant un statut unique de l’entrepreneur individuel avec séparation des patrimoines |
Objectifs principaux
- Sensibiliser l’opinion et les décideurs à la contribution réelle des MPME au PIB, à l’emploi et aux moyens de subsistance.
- Documenter les obstacles structurels : accès au financement, formalisation, compétences, accès aux marchés publics et internationaux.
- Encourager des politiques publiques adaptées, différenciées selon la taille des entreprises plutôt que calquées sur les grands groupes.
- Valoriser l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, surreprésentés dans les plus petites structures et les plus exposés aux chocs.
- Ancrer les MPME dans l’Agenda 2030, en particulier les ODD 8 et 9.
Importance et impact des MPME dans l’économie mondiale
Un poids économique décisif
Les données de référence des Nations Unies sont sans ambiguïté sur l’échelle du phénomène.
| Indicateur mondial | Part des MPME |
|---|---|
| Nombre d’entreprises | Environ 90 % |
| Emplois | 60 à 70 % |
| PIB | Environ 50 % |
Ce triptyque révèle une asymétrie : les MPME dominent en nombre et en emploi, mais leur contribution à la valeur ajoutée est proportionnellement plus faible. Cet écart traduit un différentiel de productivité, lui-même largement lié au sous-investissement, au manque d’accès aux technologies et à la difficulté d’atteindre une taille critique.
Un enjeu social autant qu’économique
Les MPME sont le principal débouché professionnel des populations les plus vulnérables : travailleurs pauvres, femmes, jeunes entrants sur le marché du travail, migrants. Dans de nombreuses économies en développement, l’entrepreneuriat de subsistance n’est pas un choix mais la seule alternative au chômage. La qualité des emplois qu’elles offrent — protection sociale, sécurité, formation — devient donc un déterminant majeur du travail décent.
Un déficit de financement massif
C’est l’obstacle le plus documenté. Une étude conjointe de la Société financière internationale (IFC), de la Banque mondiale, du FMI et du SME Finance Forum a établi que 65 millions d’entreprises, soit 40 % des MPME formelles des pays en développement, ont un besoin de financement non couvert. Le déficit annuel a été estimé à 5 200 milliards de dollars sur 128 pays en développement, l’IFC l’ayant depuis réévalué autour de 5 700 milliards. En y ajoutant le secteur informel, la demande potentielle non satisfaite atteint des ordres de grandeur encore supérieurs.
| Composante | Estimation |
|---|---|
| Demande potentielle de financement des MPME formelles | ≈ 8 900 Mds $ |
| Offre de crédit actuelle | ≈ 3 700 Mds $ |
| Déficit (MPME formelles) | ≈ 5 200 Mds $/an |
| Demande potentielle du secteur informel | ≈ 2 900 Mds $ |
Un moteur d’innovation de proximité
Les MPME innovent différemment des grands groupes : moins par la R&D formalisée que par l’adaptation rapide aux besoins locaux, la recombinaison de savoir-faire et l’expérimentation à petite échelle. Cette innovation « frugale » est particulièrement visible dans les services, l’artisanat, l’agroalimentaire et les circuits courts.
La diversité des MPME à travers le monde
Des seuils qui varient d’un continent à l’autre
Une « moyenne entreprise » européenne de 240 salariés serait considérée comme une grande entreprise dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud, où les seuils sont bien plus bas. Certaines définitions nationales retiennent le seul effectif, d’autres pondèrent par le capital investi ou le chiffre d’affaires. Cette hétérogénéité complique toute agrégation statistique et explique la prudence des organisations internationales sur les fourchettes plutôt que sur les chiffres exacts.
L’Union européenne : 99 % des entreprises
L’Union européenne compte plus de 23 millions de PME, soit 99 % des entreprises et deux emplois sur trois du secteur privé, pour environ 100 millions de personnes employées. Le poids des microentreprises y est particulièrement élevé dans le sud de l’Europe, où le tissu artisanal et commercial de proximité domine.
Économies en développement : le poids de l’informalité
Dans une large part des pays à faible revenu, la majorité des MPME opèrent hors du cadre formel. Cette informalité a des conséquences en chaîne : absence d’accès au crédit bancaire, aucune garantie juridique en cas de litige, exclusion des marchés publics, absence de protection sociale pour les travailleurs, et invisibilité statistique qui fausse les politiques publiques.
Des tissus productifs contrastés
| Zone | Trait dominant |
|---|---|
| Union européenne | Forte densité de microentreprises, cadre réglementaire harmonisé, accès au crédit relativement large |
| Amérique latine | Poids important de l’entrepreneuriat de subsistance, informalité élevée, forte volatilité |
| Afrique subsaharienne | Prédominance du commerce et des services informels, accès au financement très contraint |
| Asie du Sud-Est | Intégration croissante aux chaînes de valeur manufacturières régionales |
| Amérique du Nord | Écosystème de financement privé développé, forte proportion d’entreprises non employeuses |
Défis et enjeux contemporains des MPME
L’accès au financement
C’est le point de blocage structurel. Les petites structures cumulent les handicaps : absence de garanties, historique de crédit court ou inexistant, comptabilité peu formalisée, coût unitaire d’instruction du dossier élevé pour les banques. Les MPME des pays les moins avancés sont les plus pénalisées, l’accès au financement y étant plus souvent cité comme frein majeur à la croissance que dans les pays à revenu intermédiaire.
La fracture numérique et technologique
L’intelligence artificielle et l’automatisation représentent une opportunité de productivité — et un risque de décrochage. Contrairement aux vagues précédentes de numérisation, la diffusion de l’IA suppose des compétences, des données et des infrastructures que la plupart des MPME ne possèdent pas. Sans politique d’accompagnement, l’écart de productivité avec les grandes entreprises pourrait se creuser plutôt que se réduire.
La vulnérabilité aux chocs
Les MPME disposent rarement de plus de quelques semaines de trésorerie d’avance. Elles sont donc les premières touchées par :
- les ruptures de chaînes d’approvisionnement et la volatilité des prix des intrants ;
- la hausse des coûts de l’énergie, des matières premières et du travail ;
- les tensions géopolitiques et les restrictions commerciales ;
- les événements climatiques extrêmes, souvent sans couverture assurantielle suffisante ;
- l’allongement des délais de paiement de leurs donneurs d’ordre.
La charge administrative
La complexité réglementaire pèse mécaniquement plus lourd sur une entreprise de trois personnes que sur un groupe doté d’une direction juridique. Cette asymétrie est au cœur des politiques de simplification européennes, qui cherchent à moduler les obligations déclaratives, environnementales et comptables en fonction de la taille de l’entreprise.
La transmission et la formalisation
Deux enjeux moins visibles mais déterminants : la transmission des entreprises de dirigeants vieillissants, faute de repreneurs, et la formalisation des activités informelles, qui suppose de rendre l’enregistrement plus simple et plus attractif que le statu quo.

Comment célébrer la Journée des micro-, petites et moyennes entreprises
Les événements officiels des Nations Unies
Chaque année, un forum international est organisé au Siège des Nations Unies à New York, généralement dans la salle de l’ECOSOC, réunissant décideurs publics, institutions financières, réseaux d’entrepreneurs et organisations internationales. Un événement parallèle au Forum politique de haut niveau sur le développement durable prolonge souvent la discussion en juillet.
Plusieurs agences et organisations du système onusien s’associent à la journée : l’ONUDI, l’Organisation internationale du Travail (OIT), le Centre du commerce international (ITC), la CNUCED et le PNUD.
Thème de l’édition 2026 : « Renforcer le rôle des MPME grâce à l’innovation et au développement industriel durable ». Le forum international du 26 juin 2026 était pour sa part consacré à « L’entrepreneuriat centré sur l’humain dans un avenir dominé par l’IA ».
Initiatives institutionnelles et professionnelles
- Conférences et tables rondes organisées par les chambres de commerce, les chambres de métiers et les organisations patronales.
- Publications de données et de baromètres sur la santé économique des petites entreprises.
- Ateliers de formation : financement, numérisation, exportation, transition écologique.
- Remises de prix et distinctions valorisant des parcours d’entrepreneurs.
Actions communautaires et locales
- Portes ouvertes d’ateliers, de fermes, de laboratoires artisanaux.
- Marchés de producteurs et d’artisans mettant en avant les circuits courts.
- Rencontres de mise en relation entre porteurs de projets et financeurs locaux.
- Opérations de parrainage entre entrepreneurs installés et créateurs.
Comment participer à titre individuel
- Acheter local : privilégier un commerce indépendant, un artisan ou un producteur plutôt qu’une enseigne nationale, ne serait-ce que pour une journée.
- Payer ses fournisseurs à l’heure : pour une entreprise cliente, respecter les délais de paiement est le soutien le plus direct qui soit à la trésorerie d’une petite structure.
- Laisser un avis en ligne : la visibilité numérique conditionne aujourd’hui une part importante du chiffre d’affaires des commerces de proximité.
- Relayer les campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux.
- Se former à l’entrepreneuriat via les dispositifs d’accompagnement gratuits proposés par les réseaux consulaires.
Focus France : les MPME, colonne vertébrale du tissu productif
Un tissu économique dominé par les très petites structures
Selon l’Insee (dispositif Ésane, données 2023), la France compte 5,18 millions d’entreprises marchandes hors secteurs agricoles et financiers. La concentration est saisissante : quelques centaines de grandes entreprises pèsent autant que plusieurs millions de microentreprises.
| Catégorie | Nombre d’entreprises | Salariés (ETP, milliers) | Valeur ajoutée HT (Mds €) |
|---|---|---|---|
| Microentreprises | 4 995 894 | 2 706,3 | 281,5 |
| PME hors microentreprises | 174 614 | 4 637,9 | 335,8 |
| ETI | 7 442 | 4 104,1 | 377,0 |
| Grandes entreprises | 333 | 4 418,6 | 478,4 |
| Ensemble | 5 178 283 | 15 866,8 | 1 472,7 |
Source : Insee, Ésane 2023 (Insee Focus n° 372, décembre 2025). Champ : entreprises marchandes hors secteurs agricoles et financiers.
Sur le champ plus restreint des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers, 96 % des entreprises sont des microentreprises, dont environ 1,6 million relèvent du régime du micro-entrepreneur. Elles ne réalisent que 12 % du chiffre d’affaires et 16 % de la valeur ajoutée de l’ensemble.
Le talon d’Achille : l’export
C’est la faiblesse structurelle du modèle français. Les microentreprises ne réalisent que 2 % des exportations et les PME hors microentreprises 10,4 %, quand les ETI et grandes entreprises en concentrent 88 %. Le taux d’exportation atteint 3,2 % pour les microentreprises et 9,4 % pour les PME, contre 30 % pour les grandes entreprises.
| Catégorie | Part des exportations françaises | Taux d’exportation |
|---|---|---|
| Microentreprises | 2,0 % | 3,2 % |
| PME hors microentreprises | 10,4 % | 9,4 % |
| ETI | 29,9 % | 19,4 % |
| Grandes entreprises | 57,7 % | 30,0 % |
Source : Insee, Ésane 2023. Champ : secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers.
Une vitalité entrepreneuriale record
L’année 2025 a battu un nouveau record avec 1 165 800 créations d’entreprises, en hausse de 5 % sur un an. Les immatriculations de micro-entrepreneurs atteignent 758 600, leur plus haut niveau depuis la création du régime, tandis que les entreprises individuelles classiques poursuivent leur repli.
| Type de création (2025) | Nombre | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneurs | 758 600 | +6 % |
| Sociétés | ≈ 301 000 | +6 % |
| Entreprises individuelles classiques | ≈ 106 000 | −4 % |
| Total | 1 165 800 | +5 % |
Source : Insee Première n° 2092, « Les créations d’entreprises en 2025 », janvier 2026.
Ce dynamisme masque toutefois une réalité plus nuancée : une part importante des micro-entrepreneurs administrativement inscrits ne déclare pas de chiffre d’affaires positif sur un trimestre donné, l’activité étant parfois complémentaire d’un emploi salarié.
Défaillances : un niveau élevé qui se stabilise
À fin décembre 2025, la Banque de France recensait 68 564 défaillances d’entreprises en cumul sur douze mois, en hausse de 3,5 % en rythme annuel — un mouvement de décélération après plusieurs années de forte progression post-Covid. La grande majorité de ces défaillances concerne des TPE et microentreprises.
Le cadre juridique français
- Loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 : définit les quatre catégories d’entreprises (décret n° 2008-1354), crée le régime auto-entrepreneur et plafonne les délais de paiement interentreprises à 60 jours à compter de la facture (ou 45 jours fin de mois).
- Loi PACTE du 22 mai 2019 : relèvement et simplification des seuils sociaux, facilitation de l’accès au financement, épargne salariale.
- Loi du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante : création d’un statut unique de l’entrepreneur individuel avec séparation automatique du patrimoine personnel et professionnel, protection majeure pour les plus petites structures.
Les acteurs de l’écosystème français
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| Bpifrance | Financement, garanties, accompagnement à l’innovation et à l’export |
| CCI France | Réseau consulaire d’accompagnement des commerces et services |
| CMA France | Chambres de métiers et de l’artisanat |
| CPME | Représentation patronale des PME |
| U2P | Représentation des entreprises de proximité et de l’artisanat |
| Médiateur des entreprises | Résolution amiable des litiges, notamment sur les délais de paiement |
| Adie | Microcrédit pour les créateurs exclus du système bancaire |
| Initiative France / Réseau Entreprendre | Prêts d’honneur et parrainage de créateurs |
| France Active | Financement solidaire et accompagnement de l’entrepreneuriat social |
L’ancrage territorial : un enjeu français spécifique
La microentreprise française est massivement tournée vers un marché de proximité : 57 % d’entre elles exercent dans les services et 17 % dans le commerce. Boulangeries, coiffeurs, garages, cafés et cabinets libéraux structurent la vie des centres-bourgs et des quartiers. Leur disparition ne se traduit pas seulement par une perte d’activité mais par un affaiblissement du lien social, ce qui explique la place croissante de ce sujet dans les politiques d’aménagement du territoire et de revitalisation des centres-villes.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 27 juin.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la propriété intellectuelle, Journée mondiale de la créativité et de l’innovation.
Foire aux questions sur la Journée des micro-, petites et moyennes entreprises
Quand a lieu la Journée des micro-, petites et moyennes entreprises ?
La Journée des micro-, petites et moyennes entreprises a lieu chaque année le 27 juin. Il s’agit d’une date fixe, sans variation d’une année sur l’autre. La première édition s’est tenue le 27 juin 2017, quelques semaines après l’adoption de la résolution fondatrice.
Qui a créé la Journée des micro-, petites et moyennes entreprises ?
La Journée des micro-, petites et moyennes entreprises a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 6 avril 2017, par la résolution A/RES/71/279. Le texte a été rédigé et porté par la Mission permanente de l’Argentine auprès des Nations Unies, avec le soutien de l’International Council for Small Business (ICSB), et co-parrainé par 54 États membres.
Quelle est la différence entre une microentreprise et une PME ?
La différence entre une microentreprise et une PME tient aux seuils d’effectif et de taille financière. Selon la définition européenne, une microentreprise emploie moins de 10 personnes avec un chiffre d’affaires ou un bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. Une PME emploie moins de 250 personnes, avec un chiffre d’affaires n’excédant pas 50 millions d’euros ou un bilan n’excédant pas 43 millions d’euros. La microentreprise est donc une sous-catégorie de la PME, et non une catégorie distincte.
Combien de MPME existe-t-il dans le monde ?
Il n’existe pas de recensement exhaustif des MPME dans le monde, notamment en raison de l’ampleur du secteur informel et de la diversité des définitions nationales. Les Nations Unies retiennent que les MPME représentent environ 90 % des entreprises mondiales, génèrent 60 à 70 % des emplois et contribuent à environ 50 % du PIB mondial. Pour la seule Union européenne, on dénombre plus de 23 millions de PME.
Pourquoi les MPME ont-elles du mal à se financer ?
Les MPME ont du mal à se financer parce qu’elles cumulent plusieurs handicaps aux yeux des prêteurs : absence de garanties suffisantes, historique de crédit limité, comptabilité peu formalisée et coût d’instruction du dossier disproportionné au regard des montants demandés. Une étude de l’IFC et du SME Finance Forum a chiffré ce déficit à environ 5 200 milliards de dollars par an pour les MPME formelles des pays en développement, l’IFC l’ayant depuis réévalué autour de 5 700 milliards.
Combien de microentreprises compte la France ?
La France compte près de 5 millions de microentreprises sur un total de 5,18 millions d’entreprises marchandes hors secteurs agricoles et financiers, selon les données Insee 2023. Elles emploient 2,7 millions de salariés en équivalent temps plein et génèrent 281,5 milliards d’euros de valeur ajoutée. Environ 1,6 million d’entre elles relèvent du régime du micro-entrepreneur.
Neuf entreprises sur dix dans le monde sont des micro-, petites ou moyennes entreprises. Elles ne font pas la une des pages économiques, ne publient pas de résultats trimestriels et ne pèsent presque rien dans les statistiques d’exportation. Elles font simplement vivre la majorité de l’humanité qui travaille. Le 27 juin est l’occasion de rappeler que soutenir ces entreprises n’est pas une politique de compassion mais un choix économique rationnel : dans une rue commerçante comme dans une chaîne d’approvisionnement mondiale, la résilience se construit par le bas. Ce jour-là, le geste le plus utile reste peut-être le plus simple — pousser la porte du commerçant d’à côté.
