Chaque année, le 16 juin, les Nations Unies célèbrent la Journée internationale des envois de fonds familiaux (International Day of Family Remittances, IDFR). Cette journée met en lumière l’argent que les travailleurs migrants envoient à leurs proches restés au pays : un flux financier discret, fractionné en centaines de millions de virements de 200 à 300 dollars, mais dont le total dépasse aujourd’hui l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers réunis.

Proclamée par le Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA) le 16 février 2015, puis adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies le 12 juin 2018 par la résolution A/RES/72/281, cette journée reconnaît la contribution de plus de 200 millions de migrants au bien-être de quelque 800 millions de membres de leur famille.
Journée internationale des envois de fonds familiaux : l’essentiel en un coup d’œil
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 16 juin (date fixe) |
| Nom officiel ONU | Journée internationale des envois de fonds familiaux (aussi « à la famille ») |
| Résolution fondatrice ONU | A/RES/72/281, adoptée le 12 juin 2018 |
| Proclamation initiale | Résolution 189/XXXVIII du Conseil des gouverneurs du FIDA, 16 février 2015 |
| Première célébration | 16 juin 2015, à Milan, lors du Forum mondial sur les envois de fonds |
| Organisme chef de file | FIDA (Fonds international de développement agricole, agence spécialisée de l’ONU) |
| Personnes concernées | ~200 millions d’expéditeurs, ~800 millions de bénéficiaires |
| Montant annuel | 685 milliards USD vers les pays à revenu faible et intermédiaire (2024) |
| Objectif de développement durable rattaché | ODD 10.c (réduire les coûts de transfert sous 3 %) |
| Site de référence | familyremittances.org |
C’est quoi les envois de fonds familiaux ?
Les envois de fonds familiaux — également appelés remises migratoires, transferts de fonds des migrants ou remittances — désignent l’argent qu’une personne travaillant à l’étranger transfère au ménage de son pays d’origine.
Une définition statistique précise
Dans les statistiques internationales, la notion recouvre deux postes distincts de la balance des paiements, définis par le sixième manuel du FMI (BPM6) :
- Les transferts personnels : les sommes envoyées par un ménage résident à un ménage non-résident, sans contrepartie. C’est le cœur de ce que l’on appelle communément « envois de fonds ».
- La rémunération des salariés : les revenus perçus par les travailleurs frontaliers, saisonniers ou en contrat court dans une économie dont ils ne sont pas résidents.
Cette distinction n’est pas anecdotique : selon que l’on additionne ou non ces deux composantes, les montants publiés pour un même pays varient sensiblement. Elle explique une bonne part des écarts que l’on observe entre sources.
Des caractéristiques économiques singulières
Les envois de fonds ne ressemblent à aucun autre flux financier international :
- Ils sont privés. Aucun gouvernement ne les décide, aucune institution ne les alloue. Ce sont des décisions de ménage à ménage.
- Ils sont fractionnés. Le transfert mensuel type se situe entre 200 et 300 dollars.
- Ils sont contracycliques. Quand le pays d’origine traverse une crise, une catastrophe naturelle ou un choc économique, les envois ont tendance à augmenter — l’inverse exact du comportement des investissements étrangers.
- Ils vont directement à la consommation. Environ 75 % des sommes couvrent des besoins immédiats : alimentation, logement, santé, scolarité. Le quart restant — plus de 100 milliards de dollars par an — peut être orienté vers l’épargne, l’investissement ou l’entrepreneuriat.
- Ils sont sous-estimés. Les canaux informels (transport en espèces, réseaux communautaires, systèmes de compensation traditionnels) échappent aux statistiques officielles.
Origine et histoire de la Journée internationale des envois de fonds familiaux
Une idée née du secteur privé
L’histoire de cette journée commence en 2013, lors du Forum mondial sur les envois de fonds organisé par le FIDA à Bangkok. Ce sont des représentants du secteur privé qui suggèrent alors la création d’une journée internationale dédiée, afin de sortir les remises migratoires de l’angle mort du débat sur le financement du développement.
L’idée mûrit rapidement. Le 16 février 2015, les 176 États membres du Conseil des gouverneurs du FIDA adoptent à l’unanimité la résolution 189/XXXVIII, proclamant le 16 juin Journée internationale des envois de fonds familiaux. La première célébration a lieu quatre mois plus tard, le 16 juin 2015, à Milan, à l’ouverture du Forum mondial sur les envois de fonds et le développement organisé en marge de l’Exposition universelle. La reine Máxima des Pays-Bas, mandataire spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la finance inclusive, en est la marraine.
La consécration onusienne de 2018
Il faut trois années supplémentaires pour que l’Assemblée générale des Nations Unies s’en saisisse. Quatre États membres — l’Algérie, le Guatemala, Madagascar et les Philippines — pilotent la soumission du texte. La résolution A/RES/72/281 est adoptée à l’unanimité le 12 juin 2018, coparrainée par une quarantaine de pays représentant tous les continents.
La même année, l’objectif 20 du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières cite explicitement cette journée parmi les initiatives clés, et engage les États à réduire les coûts de transfert et à renforcer l’inclusion financière des familles bénéficiaires.
Chronologie
| Année | Étape |
|---|---|
| 2013 | Appel du secteur privé lors du Forum mondial sur les envois de fonds (Bangkok) |
| 16 février 2015 | Résolution 189/XXXVIII du Conseil des gouverneurs du FIDA : proclamation du 16 juin |
| 16 juin 2015 | Première célébration, à Milan, lors du Forum mondial sur les envois de fonds et le développement |
| 2015 | Le Programme d’action d’Addis-Abeba reconnaît les envois de fonds comme flux de financement du développement |
| 12 juin 2018 | Résolution A/RES/72/281 : adoption unanime par l’Assemblée générale de l’ONU |
| Décembre 2018 | Le Pacte mondial pour les migrations (objectif 20) intègre la journée et les objectifs de réduction des coûts |
| 2020 | Lancement de la campagne décennale #FamilyRemittances 2020-2030 |
| 2020-2022 | Task Force communautaire sur les envois de fonds (FIDA, Union africaine, Banque mondiale) face à la crise sanitaire |
| 2025 | Dixième anniversaire de la journée ; lancement de la plateforme de données RemitSCOPE par le FIDA |
Les objectifs de la journée
- Reconnaître la contribution des travailleurs migrants : sortir de l’invisibilité statistique et politique un effort individuel consenti au prix de la séparation familiale.
- Réduire le coût des transferts : faire converger les pratiques du marché vers la cible de 3 % fixée par l’ODD 10.c.
- Promouvoir l’inclusion financière : connecter les familles bénéficiaires à des comptes, à l’épargne, à l’assurance et au crédit.
- Maximiser l’impact développemental : orienter une part croissante des flux vers l’investissement productif, l’entrepreneuriat et le logement.
- Mobiliser tous les acteurs : gouvernements, banques centrales, opérateurs de transfert, fintechs, organisations de diaspora et société civile.
L’importance mondiale des envois de fonds familiaux en chiffres
Un flux qui a dépassé l’aide et l’investissement
En 2024, les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) ont atteint 685 milliards de dollars, en progression de 5,8 % sur un an. À l’échelle mondiale, tous pays de destination confondus, le total s’établit à 905 milliards de dollars.
| Milliards USD | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays à revenu faible et intermédiaire | 536 | 530 | 587 | 640 | 647 | 685 |
| Asie du Sud | 140 | 147 | 157 | 177 | 185 | 207 |
| Amérique latine et Caraïbes | 96 | 104 | 131 | 144 | 155 | 163 |
| Asie de l’Est et Pacifique | 143 | 132 | 128 | 132 | 135 | 136 |
| Europe et Asie centrale | 49 | 46 | 55 | 68 | 62 | 64 |
| Moyen-Orient et Afrique du Nord | 57 | 59 | 67 | 65 | 55 | 58 |
| Afrique subsaharienne | 50 | 43 | 49 | 54 | 55 | 56 |
| Monde | 729 | 721 | 795 | 844 | 865 | 905 |
Source : Banque mondiale / KNOMAD, estimations décembre 2024.
Le contraste avec les autres flux est saisissant : au cours de la dernière décennie, les remises migratoires ont progressé de 57 %, tandis que les investissements directs étrangers vers ces mêmes pays reculaient de 41 %. En 2020, année de récession mondiale, les envois de fonds n’ont baissé que de 0,9 % — une résilience qu’aucun autre flux de capitaux n’a affichée.
Sur la décennie écoulée, les migrants ont envoyé 5 000 milliards de dollars vers les pays à revenu faible et intermédiaire. D’ici 2030, le FIDA estime que 4 400 milliards de dollars supplémentaires suivront le même chemin.
Les principaux pays bénéficiaires
| En volume (2024, milliards USD) | En part du PIB (2024) | ||
|---|---|---|---|
| Inde | 129 | Tadjikistan | 45 % |
| Mexique | 68 | Tonga | 38 % |
| Chine | 48 | Nicaragua | 27 % |
| Philippines | 40 | Liban | 27 % |
| Pakistan | 33 | Samoa | 26 % |
Source : Banque mondiale / KNOMAD.
Plus de 80 pays dépendent des envois de fonds pour au moins 3 % de leur produit intérieur brut ; pour près d’un tiers d’entre eux, la proportion atteint 10 %.
Une portée rurale décisive
Les envois de fonds ne se dirigent pas prioritairement vers les capitales. Selon les Nations Unies, environ un tiers de ces flux parviennent dans les zones rurales, où se concentrent la pauvreté extrême et l’insécurité alimentaire. Les territoires ruraux abritent 44 % de la population mondiale et près de 80 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté : c’est précisément là que quelques dizaines d’euros mensuels changent la trajectoire d’un ménage.
Au total, en additionnant expéditeurs et bénéficiaires, les envois de fonds familiaux touchent directement la vie d’environ un milliard de personnes — soit une personne sur huit dans le monde.
Le coût des transferts : le combat central de la Journée internationale des envois de fonds familiaux
Un objectif de développement durable encore hors d’atteinte
La cible 10.c des Objectifs de développement durable est explicite : d’ici 2030, ramener le coût moyen des transferts de fonds à moins de 3 % du montant envoyé, et éliminer les corridors dont le coût dépasse 5 %.
La réalité reste éloignée. Au troisième trimestre 2025, envoyer 200 dollars coûtait en moyenne 6,36 % du montant transféré dans le monde. Le chiffre a certes reculé — il s’élevait à 9,67 % en 2009 — mais il stagne sous la barre des 7 % depuis 2019.
| Indicateur (T3 2025, envoi de 200 USD) | Coût moyen |
|---|---|
| Moyenne mondiale | 6,36 % |
| Envois numériques | 4,59 % |
| Envois non numériques | 7,30 % |
| Banques | 14,99 % |
| Opérateurs de transfert d’argent | 4,72 % |
| Indicateur SmaRT (trois services les moins chers par corridor) | 3,29 % |
| Cible ODD 10.c | < 3 % |
Source : Banque mondiale, Remittance Prices Worldwide, numéro 54.
De fortes disparités régionales
| Région de destination | Coût moyen (T3 2025) |
|---|---|
| Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan | 5,11 % |
| Asie du Sud | 5,30 % |
| Amérique latine et Caraïbes | 5,64 % |
| Asie de l’Est et Pacifique | 5,83 % |
| Europe et Asie centrale | 6,80 % |
| Afrique subsaharienne | 8,46 % |
L’Afrique subsaharienne demeure la région la plus chère du monde à desservir — sur les treize corridors affichant un coût supérieur à 20 %, neuf partent d’un pays africain. Un point de pourcentage économisé sur les frais représenterait plusieurs milliards de dollars supplémentaires dans les mains des familles.
Deux coûts, pas un seul
Le prix affiché ne dit pas tout. Le coût total d’un transfert se décompose en :
- Les frais explicites, facturés à l’envoi ou au retrait ;
- La marge de change, prélevée silencieusement sur le taux appliqué à la conversion.
Un service annonçant « zéro frais » peut ainsi se révéler plus onéreux qu’un concurrent affichant une commission fixe mais appliquant un taux proche du marché interbancaire. Comparer le montant net effectivement reçu reste la seule méthode fiable.
La France et les envois de fonds familiaux
Un des premiers pays émetteurs d’Europe
La France occupe une place structurelle dans la géographie mondiale des envois de fonds. En 2025, l’INSEE dénombre 8,0 millions d’immigrés résidant en France, soit 11,6 % de la population totale ; en 2024, 48 % des immigrés vivant en France sont nés en Afrique, dont 29 % originaires du Maghreb. Ces communautés alimentent des corridors financiers anciens et denses vers le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest, l’océan Indien et l’Asie du Sud-Est.
À l’échelle européenne, les ménages résidant dans l’Union ont envoyé 52,1 milliards d’euros de transferts personnels hors UE en 2024, contre 14,8 milliards d’euros reçus — soit un solde négatif de 37,3 milliards d’euros. La France figure parmi les pays affichant les déficits de transferts personnels les plus élevés en proportion de leur économie : -0,5 % du PIB en 2024, au même niveau que la Grèce et l’Espagne, derrière Malte (-2,8 %), Chypre (-0,9 %) et la Belgique (-0,6 %).
Les destinations reflètent la carte migratoire. En 2023, les sorties de transferts personnels de l’Union européenne se répartissaient à parts presque égales entre l’Asie hors Proche et Moyen-Orient (21 %, 10,7 milliards d’euros), les pays européens non membres de l’UE (21 %, 10,6 milliards d’euros) et l’Afrique du Nord (20 %, 9,8 milliards d’euros).
Un coût d’envoi parmi les plus bas du G20 — mais des angles morts
Au troisième trimestre 2025, envoyer 200 dollars depuis la France coûtait en moyenne 5,23 %, un niveau inférieur à la moyenne du G20 (6,39 %) et à la moyenne mondiale (6,36 %). Pour un envoi de 500 dollars, le coût tombe à 3,40 %, plaçant la France au troisième rang des pays du G20 les moins chers, derrière la Corée du Sud et l’Allemagne.
Ces moyennes masquent toutefois de fortes disparités selon la destination. Le corridor France-Algérie figure parmi les vingt corridors mondiaux ne comptant, au troisième trimestre 2025, aucun service répondant aux critères de l’indicateur SmaRT de la Banque mondiale — c’est-à-dire aucune offre à la fois transparente, accessible, rapide et abordable. Sur ce corridor, les familles n’ont tout simplement pas accès à une alternative qualifiée.
Une politique publique française ancienne
La France s’intéresse au sujet depuis longtemps. À la suite d’une décision du Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement du 18 juin 2006, l’Agence française de développement (AFD) a mis en place en novembre 2007 un Observatoire des coûts d’envoi d’argent à l’étranger, accessible via le site envoidargent.fr, destiné à comparer les tarifs des opérateurs corridor par corridor et à encourager la transparence. La France s’était par ailleurs engagée, lors du sommet du G8 de L’Aquila en juillet 2009, à réduire de moitié en cinq ans le coût des transferts.
Côté supervision, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publie la liste des établissements de paiement et établissements de monnaie électronique agréés pour opérer en France. Vérifier cet agrément avant tout envoi est la précaution élémentaire face à la multiplication des plateformes et des tentatives de fraude.
Enfin, la France est régulièrement associée aux événements de haut niveau organisés par le FIDA à Rome à l’occasion du 16 juin, aux côtés de banques centrales et de partenaires du développement.
L’exemple marocain
Le Maroc offre l’illustration la plus lisible du poids de ces flux pour un pays partenaire de la France. Selon l’Office des changes marocain, les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger ont atteint plus de 122 milliards de dirhams en 2025, contre 118,9 milliards en 2024, soit une progression de 2,6 %. Ces envois constituent, avec les recettes touristiques, l’une des deux principales sources de devises du Royaume et une composante déterminante de ses réserves de change.
Les défis contemporains des envois de fonds familiaux
Le coût, toujours le coût
Trois obstacles structurels expliquent la persistance de tarifs élevés :
- La concurrence insuffisante sur de nombreux corridors, en particulier vers les zones rurales et les pays à faible bancarisation ;
- Les exigences réglementaires de conformité (lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme), qui conduisent certaines banques correspondantes à se retirer de marchés jugés peu rentables — phénomène dit du de-risking ;
- L’interopérabilité limitée des systèmes de paiement transfrontaliers.
La fracture numérique
La moitié des envois de fonds mondiaux transitent désormais par des canaux numériques, et ces derniers coûtent en moyenne près de trois points de pourcentage de moins que les canaux physiques. Mais l’accès au numérique n’est pas universel : la plupart des corridors dépourvus d’offre qualifiée présentent une faible pénétration d’Internet ou un faible taux de détention de comptes de transaction. Le passage au numérique ne réduira les coûts que s’il s’accompagne d’un effort sur l’accès aux comptes et à la connectivité.
La dépendance macroéconomique
Pour une économie où les envois de fonds pèsent le quart ou le tiers du PIB, la question de la soutenabilité se pose. L’Organisation internationale pour les migrations souligne que ces flux peuvent déstabiliser les économies bénéficiaires en cas de variation brutale des montants ou des taux de change. Les effets sur l’offre de travail locale et sur l’investissement productif font l’objet de débats économiques nourris et non tranchés.
La volatilité du contexte migratoire
Les envois de fonds suivent les cycles de l’emploi dans les pays d’accueil, avec un décalage d’un à deux ans par rapport aux flux migratoires eux-mêmes. Durcissement des politiques migratoires, ralentissement des marchés du travail, taxation des transferts sortants envisagée dans certains pays : autant de facteurs susceptibles de peser sur la trajectoire de ces flux.

Comment participer à la Journée internationale des envois de fonds familiaux
Événements institutionnels
Chaque 16 juin, le FIDA organise depuis Rome un événement mondial de haut niveau, généralement en format hybride, réunissant gouvernements, banques centrales, opérateurs et organisations de diaspora. Des événements régionaux se tiennent en parallèle dans plusieurs pays, du Sénégal au Kirghizistan en passant par le Maroc, le Kenya ou le Tadjikistan. Le programme complet est publié sur familyremittances.org.
Le Forum mondial sur les envois de fonds, l’investissement et le développement (GFRID), également piloté par le FIDA, constitue le rendez-vous international de référence entre deux célébrations.
Actions individuelles et associatives
- Comparer avant d’envoyer : utiliser un comparateur indépendant, examiner le montant net reçu plutôt que les frais affichés, privilégier les envois groupés plutôt que multipliés.
- Vérifier l’agrément de l’opérateur auprès de l’autorité de supervision compétente.
- Explorer les canaux numériques, sensiblement moins coûteux, lorsque le bénéficiaire dispose d’un compte ou d’un portefeuille mobile.
- Relayer la campagne sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #FamilyRemittances.
- Soutenir les associations de diaspora engagées dans l’investissement productif ou les projets collectifs dans les régions d’origine.
Pour les institutions et les entreprises
- Publier des grilles tarifaires lisibles, frais et marge de change séparés.
- Développer des produits financiers adossés aux envois de fonds : comptes d’épargne, microassurance, crédit à l’habitat, financement de petites exploitations agricoles.
- Étendre la couverture aux zones rurales, via le mobile money et les réseaux d’agents de proximité.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 16 juin.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale des familles.
Foire aux questions sur la Journée internationale des envois de fonds familiaux
Quand a lieu la Journée internationale des envois de fonds familiaux ?
La Journée internationale des envois de fonds familiaux a lieu le 16 juin de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années. Elle a été célébrée pour la première fois le 16 juin 2015, à Milan, avant d’être officiellement adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018.
Qui a créé la Journée internationale des envois de fonds familiaux ?
La Journée internationale des envois de fonds familiaux a été créée par le Fonds international de développement agricole (FIDA), agence spécialisée des Nations Unies. Son Conseil des gouverneurs, réunissant 176 États membres, l’a proclamée à l’unanimité le 16 février 2015 par la résolution 189/XXXVIII. L’Assemblée générale des Nations Unies l’a ensuite adoptée le 12 juin 2018 par la résolution A/RES/72/281, sur l’initiative de l’Algérie, du Guatemala, de Madagascar et des Philippines.
Qu’est-ce qu’un envoi de fonds familial ?
Un envoi de fonds familial est une somme d’argent transférée par une personne travaillant à l’étranger vers le ménage de son pays d’origine. Dans les statistiques de balance des paiements, cette notion recouvre les transferts personnels entre ménages résidents et non-résidents, auxquels on ajoute parfois la rémunération des travailleurs frontaliers ou saisonniers. Le montant type d’un envoi de fonds familial se situe entre 200 et 300 dollars par mois.
Combien représentent les envois de fonds dans le monde ?
Les envois de fonds ont représenté 685 milliards de dollars vers les pays à revenu faible et intermédiaire en 2024, et 905 milliards de dollars à l’échelle mondiale toutes destinations confondues. Ce montant dépasse le total cumulé des investissements directs étrangers et de l’aide publique au développement reçus par ces mêmes pays. Sur la dernière décennie, les migrants ont envoyé 5 000 milliards de dollars vers les pays à revenu faible et intermédiaire.
Combien coûte un envoi d’argent à l’étranger ?
Au troisième trimestre 2025, le coût moyen mondial d’un envoi de 200 dollars s’élevait à 6,36 % du montant transféré, soit plus du double de la cible de 3 % fixée par l’objectif de développement durable 10.c pour 2030. Depuis la France, ce coût moyen était de 5,23 %. Les écarts restent considérables selon le canal utilisé : 14,99 % en moyenne via une banque, 4,72 % via un opérateur de transfert d’argent, 4,59 % pour un envoi entièrement numérique.
Pourquoi les envois de fonds sont-ils importants pour le développement ?
Les envois de fonds sont importants pour le développement parce qu’ils constituent le flux financier extérieur le plus stable et le mieux réparti dont bénéficient les pays à revenu faible et intermédiaire. Contrairement aux investissements étrangers, concentrés sur quelques grandes économies, ils irriguent directement des centaines de millions de ménages et financent l’alimentation, la santé, l’éducation et le logement. Environ un tiers d’entre eux atteignent les zones rurales, où la pauvreté est la plus intense. Plus de 80 pays en dépendent pour au moins 3 % de leur PIB.
Un virement de 200 euros, une famille debout
Derrière les 685 milliards de dollars, il n’y a pas de plan de financement ni de conférence des donateurs : il y a une caissière à Marseille, un ouvrier du bâtiment à Lyon, une aide-soignante à Paris qui, chaque mois, mettent de côté une part de leur salaire pour une mère, une sœur, un enfant à des milliers de kilomètres. La Journée internationale des envois de fonds familiaux ne célèbre pas un flux financier : elle reconnaît une somme de sacrifices individuels que la statistique agrège sans jamais en épuiser le sens.
Réduire de trois points le coût de ces transferts rendrait chaque année des dizaines de milliards de dollars aux familles qui en ont le plus besoin. C’est l’un des rares objectifs de développement dont l’atteinte ne dépend ni de nouveaux budgets ni de nouvelles promesses — seulement de plus de concurrence, de plus de transparence et de plus d’accès. Le 16 juin sert précisément à le rappeler.
