30 juin : Journée internationale du parlementarisme

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Journée internationale du parlementarisme — Hémicycle vide et sièges disposés en demi-cercle.

Chaque année, le 30 juin, la communauté internationale célèbre la Journée internationale du parlementarisme. Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018, cette journée met à l’honneur les parlements du monde entier : ces assemblées où s’écrivent les lois, où le gouvernement rend des comptes et où la voix des citoyens trouve sa traduction institutionnelle. La date n’a rien d’arbitraire : le 30 juin 1889, à Paris, naissait l’Union interparlementaire (UIP), première organisation politique multilatérale de l’histoire.

Journée internationale du parlementarisme — Mains disposant des dossiers sans inscription sur une table.

Alors que la défiance envers les institutions représentatives progresse partout et que les indicateurs de la démocratie reculent à l’échelle mondiale, cette journée agit comme un rappel : sans parlement fort, transparent et représentatif, il n’y a pas de démocratie qui tienne.

Élément Détail
Nom officiel Journée internationale du parlementarisme
Date 30 juin (date fixe, chaque année)
Instituée par Assemblée générale des Nations Unies
Résolution fondatrice A/RES/72/278, adoptée sans vote le 22 mai 2018 (89ᵉ séance plénière)
Intitulé de la résolution « Interaction entre l’Organisation des Nations Unies, les parlements nationaux et l’Union interparlementaire »
Première édition 30 juin 2018
Origine de la date Fondation de l’Union interparlementaire, le 30 juin 1889 à Paris
Partenaire de référence Union interparlementaire (UIP), siège à Genève
Parlements dans le monde 188 parlements nationaux, 269 chambres, environ 44 000 parlementaires

C’est quoi le parlementarisme ?

Le parlementarisme désigne le système politique dans lequel une assemblée élue — le parlement — détient le pouvoir législatif et exerce un contrôle sur l’exécutif. Il ne s’agit pas seulement d’un mode d’organisation des pouvoirs : c’est le mécanisme par lequel la souveraineté du peuple se traduit concrètement en décisions.

Un parlement remplit classiquement trois fonctions :

  • Légiférer : voter les lois, les amender, en débattre publiquement.
  • Contrôler : surveiller l’action du gouvernement, l’interroger, voter le budget, et selon les régimes, engager sa responsabilité.
  • Représenter : porter la diversité des opinions, des territoires et des groupes sociaux dans le débat public.

À ces missions s’ajoute de plus en plus une quatrième dimension : l’évaluation des politiques publiques, c’est-à-dire la mesure des effets réels des lois votées.

Régime parlementaire et régime présidentiel

Le parlementarisme au sens strict désigne un régime où le gouvernement est responsable devant le parlement, qui peut le renverser (Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne). Dans un régime présidentiel (États-Unis), le parlement et l’exécutif sont issus de scrutins séparés et ne peuvent se révoquer mutuellement. La France relève d’un régime dit semi-présidentiel, combinant un président élu au suffrage universel direct et un gouvernement responsable devant l’Assemblée nationale.

Mais la Journée internationale du parlementarisme ne célèbre pas un modèle institutionnel particulier : elle honore l’institution parlementaire elle-même, sous toutes ses formes.


Origine et histoire de la Journée internationale du parlementarisme

La fondation de l’Union interparlementaire, 30 juin 1889

L’histoire commence avec deux hommes que tout séparait. William Randal Cremer, syndicaliste britannique issu de la classe ouvrière devenu parlementaire, et Frédéric Passy, économiste français d’origine aristocratique élu à la Chambre des députés en 1881. Tous deux partageaient une conviction : les différends entre nations pouvaient se régler par l’arbitrage plutôt que par la guerre.

Une première réunion franco-britannique se tient à Paris le 31 octobre 1888, réunissant neuf parlementaires britanniques et vingt-cinq français. L’année suivante, les 29 et 30 juin 1889, une centaine de parlementaires venus de huit à neuf pays se retrouvent à l’Hôtel Continental, à Paris. Passy préside, Cremer assure la vice-présidence. Le 30 juin, l’assemblée décide de faire de ces conférences une institution permanente : l’Union interparlementaire est née. Elle prendra son nom actuel en 1899.

L’engagement pacifiste de ses fondateurs sera reconnu au plus haut niveau : Frédéric Passy reçoit en 1901 le tout premier prix Nobel de la paix, conjointement avec Henry Dunant.

La création de la Journée par l’ONU

L’idée d’une journée dédiée émerge à la fin des années 2010, portée conjointement par l’UIP et l’Assemblée interparlementaire de la Communauté des États indépendants (AIP CEI).

Le 22 mai 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte par consensus, sans vote, la résolution A/RES/72/278 intitulée « Interaction entre l’Organisation des Nations Unies, les parlements nationaux et l’Union interparlementaire ». Le texte rappelle le rôle et la responsabilité des parlements nationaux dans l’élaboration des plans et stratégies nationaux ainsi que dans le renforcement de la transparence et de la responsabilité aux échelons mondial et national. Il décide de célébrer chaque 30 juin la Journée internationale du parlementarisme.

La première édition est célébrée cinq semaines plus tard, le 30 juin 2018.

Repères chronologiques

Année Événement
1888 31 octobre : première réunion parlementaire franco-britannique à Paris
1889 29-30 juin : première Conférence interparlementaire à l’Hôtel Continental, Paris — naissance de l’UIP
1899 L’organisation adopte le nom d’« Union interparlementaire »
1901 Frédéric Passy, cofondateur, reçoit le premier prix Nobel de la paix
2002 Résolution 57/32 du 19 novembre : l’UIP est invitée à participer aux travaux de l’Assemblée générale en qualité d’observateur
2016 Résolution 70/298 du 25 juillet : renforcement des modalités de coopération ONU-UIP
2018 22 mai : adoption de la résolution A/RES/72/278 — 30 juin : première célébration

Les objectifs de la Journée

  • Valoriser le rôle des parlements comme institutions centrales de la démocratie, du contrôle de l’exécutif et de la mise en œuvre des engagements internationaux.
  • Dresser un état des lieux des progrès accomplis par les parlements en matière de représentativité, notamment par des auto-évaluations.
  • Promouvoir l’inclusion de davantage de femmes et de jeunes parlementaires.
  • Encourager la modernisation des assemblées, en particulier leur adaptation aux nouvelles technologies.
  • Renforcer le lien entre l’ONU et les parlements nationaux, pour que les traités et accords internationaux se traduisent en législations nationales.

L’importance des parlements : quelques chiffres

Le paysage parlementaire mondial

Presque tous les pays du monde disposent d’une assemblée représentative. Les données de l’UIP donnent la mesure du phénomène.

Indicateur Valeur
Parlements nationaux dans le monde 188
Parlements bicaméraux 81 (soit 162 chambres)
Parlements monocaméraux 107
Total des chambres parlementaires 269
Nombre approximatif de parlementaires environ 44 000
Parlements membres de l’UIP 183, plus 15 membres associés

Source : Union interparlementaire.

La représentation des femmes

C’est l’indicateur le plus suivi — et celui qui marque le pas.

Indicateur Valeur
Part des femmes dans les parlements nationaux (1ᵉʳ janvier 2026) 27,5 %
Progression sur un an + 0,3 point
Région la plus avancée : les Amériques 35,6 %
Région la moins avancée : Moyen-Orient et Afrique du Nord 16,2 %
Chambres avec dispositif législatif de parité (élections 2025) 31 % de femmes en moyenne
Chambres sans quota (élections 2025) 23 % de femmes en moyenne
Femmes élues à la présidence d’un parlement en 2025 12 sur 75 nominations

Source : UIP, rapport « Les femmes au parlement 2025 ».

Cette progression est la plus lente observée depuis près d’une décennie. Trois pays — Oman, Tuvalu et le Yémen — ne comptent encore aucune femme dans leur chambre basse ou unique.

La représentation des jeunes

Le déficit est encore plus marqué. Alors que la moitié de la population mondiale a moins de 30 ans :

Tranche d’âge Part des parlementaires
30 ans ou moins 2,8 %
40 ans ou moins 18,8 %
45 ans ou moins 32,1 %

Source : UIP, rapport sur la représentation des jeunes dans les parlements (2023).

L’UIP relève par ailleurs une corrélation intéressante : les chambres où siègent des jeunes parlementaires sont généralement plus équilibrées en matière de représentation des sexes. Dans la tranche 21-30 ans, le rapport hommes/femmes est d’environ 60/40 ; il passe à 76/24 chez les 45 ans et plus.

Le lien avec le développement durable

Les parlements constituent le maillon indispensable entre les engagements internationaux et le droit national. Ce sont eux qui transposent les traités, votent les budgets qui financent les politiques publiques et contrôlent leur exécution. Sans ratification et sans crédits votés, un accord international reste lettre morte. C’est particulièrement vrai pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses 17 objectifs, dont la mise en œuvre repose largement sur l’action législative nationale.

Dans les pays sortant d’un conflit, un parlement robuste joue un rôle supplémentaire : celui d’espace de dialogue permettant d’apaiser les fractures d’une société divisée.


La diversité des parlements à travers le monde

Monocamérisme et bicamérisme

Le choix entre une ou deux chambres n’est pas anodin. Le monocamérisme (107 parlements) privilégie la rapidité de décision et la lisibilité : une seule assemblée, une seule légitimité. Il domine dans les États de taille modeste et dans les pays à structure unitaire (Suède, Danemark, Portugal, Grèce, Nouvelle-Zélande).

Le bicamérisme (81 parlements) répond à deux logiques distinctes selon les pays :

  • Une logique fédérale : la seconde chambre représente les entités fédérées (Sénat américain, Bundesrat allemand, Conseil des États suisse).
  • Une logique de tempérament : la seconde chambre assure une réflexion supplémentaire et représente les collectivités territoriales (Sénat français, Chambre des Lords britannique).

Des modes de désignation très variés

Élection au scrutin majoritaire uninominal (Royaume-Uni, France pour l’Assemblée nationale), scrutin proportionnel de liste (Espagne, Pays-Bas, Israël), système mixte (Allemagne), suffrage indirect (Sénat français), désignation ou nomination pour tout ou partie des membres (Chambre des Lords, Sénat canadien) : la façon dont un parlement se compose détermine largement sa physionomie politique et sa représentativité.

Les quotas de genre illustrent bien cet effet : les chambres dotées d’un mécanisme légal de parité comptent en moyenne huit points de femmes de plus que les autres.

Des cultures parlementaires contrastées

L’architecture même des hémicycles raconte des traditions différentes : le face-à-face des bancs de Westminster matérialise l’affrontement majorité/opposition, quand l’hémicycle circulaire à la française organise un continuum de la gauche à la droite. Le rapport au temps varie aussi énormément — sessions permanentes ou brèves, procédure d’urgence encadrée ou non, place des commissions dans le travail législatif.


Défis et enjeux contemporains du parlementarisme

Une crise de confiance profonde

Le premier défi est celui de la légitimité perçue. Partout, les institutions représentatives nationales concentrent la défiance, tandis que les échelons locaux résistent mieux. Cette érosion nourrit les discours qui présentent le parlement comme un obstacle plutôt que comme un rouage démocratique.

Un recul démocratique global

Les indicateurs internationaux convergent. Le rapport 2026 du V-Dem Institute (université de Göteborg) estime que le niveau moyen de démocratie dans le monde est revenu à celui de la fin des années 1970. Selon ce rapport, environ 74 % de la population mondiale vit sous un régime autocratique fin 2025, et seulement 7 % dans une démocratie libérale. Le rapport recense 44 pays en cours d’autocratisation contre 18 en voie de démocratisation, la censure des médias et la répression de la société civile figurant parmi les tactiques les plus fréquentes.

Ce contexte pèse directement sur les parlements : réduction du temps de débat, contournement par voie réglementaire, affaiblissement des pouvoirs de contrôle, marginalisation de l’opposition.

La protection des parlementaires eux-mêmes

Le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’UIP, créé en 1976, documente ce phénomène depuis un demi-siècle. Ses chiffres sont éloquents :

Indicateur Valeur
Cas individuels examinés en 2025 1 027 (chiffre record)
Pays concernés 58
Part des cas visant des parlementaires de l’opposition 83 %
Évolution du nombre de femmes parlementaires persécutées en 10 ans multiplié par 6

Source : Union interparlementaire.

Ce comité de douze membres élus, paritaire et équilibré géographiquement, agit en mobilisant le soutien international, en dialoguant avec les autorités, en rendant visite aux législateurs en danger et en observant les procédures judiciaires.

Les violences faites aux femmes en politique

Selon l’UIP, 76 % des femmes parlementaires interrogées déclarent avoir subi des violences ou des intimidations, contre 68 % des hommes. Attaques en ligne, campagnes de harcèlement, menaces dans l’espace public : ces violences constituent un frein direct à l’engagement politique féminin. Plusieurs pays commencent à légiférer — la Bolivie en 2025, la Tunisie, première en Afrique à adopter une législation spécifique, suivie par la Tanzanie.

Numérique, intelligence artificielle et désinformation

Les parlements affrontent une double transformation. D’un côté, ils doivent légiférer sur des sujets techniques en évolution rapide (intelligence artificielle, données personnelles, plateformes numériques) avec des moyens d’expertise souvent limités. De l’autre, ils doivent moderniser leur propre fonctionnement : vote électronique, séances à distance, ouverture des données parlementaires, pétitions en ligne.


Journée internationale du parlementarisme — Adultes vus de dos réunis dans une salle de discussion.

Comment célébrer la Journée internationale du parlementarisme

Du côté des institutions

L’UIP encourage ses Parlements membres à marquer la journée et recense chaque année les initiatives prises. Les formats les plus courants :

  • Portes ouvertes et visites guidées des hémicycles et bâtiments parlementaires.
  • Séances solennelles ou débats thématiques consacrés au rôle du parlement.
  • Parlements de jeunes et simulations : sessions où des lycéens ou étudiants occupent les bancs et votent des textes fictifs.
  • Expositions et publications historiques sur l’histoire de l’institution.
  • Lancement de projets d’ouverture : plateformes de données ouvertes, dispositifs de participation citoyenne.

Thèmes des éditions passées

Année Thème
2019 130ᵉ anniversaire de l’UIP
2021 « Je dis oui à plus de jeunes au parlement ! »
2022 L’engagement public et l’association du public aux travaux du parlement
2023 Parlements pour la planète
2024 Diplomatie parlementaire : tisser des liens pour promouvoir la paix et la compréhension
2025 Atteindre l’égalité des sexes, action par action
2026 Mettre en lumière les droits de l’homme

Du côté des citoyens

Participer ne demande ni carte de parti ni mandat électif :

  • Visiter le Parlement. L’Assemblée nationale et le Sénat proposent des visites tout au long de l’année.
  • Suivre une séance publique. Les débats sont diffusés en direct et archivés ; les comptes rendus sont librement consultables.
  • Consulter le travail de son député ou de son sénateur : interventions, amendements déposés, votes, questions au gouvernement.
  • Écrire à son parlementaire ou solliciter une permanence.
  • Signer ou déposer une pétition sur les plateformes des assemblées.
  • Se former. Les sites institutionnels proposent des ressources pédagogiques sur la fabrique de la loi et la navette parlementaire.

Focus France : le Parlement, entre héritage révolutionnaire et défiance contemporaine

La France, berceau de l’Union interparlementaire

La coïncidence mérite d’être soulignée : la Journée internationale du parlementarisme commémore un événement parisien. C’est à l’Hôtel Continental, à Paris, que fut fondée l’UIP les 29 et 30 juin 1889, sous la présidence du député français Frédéric Passy. Sur la centaine de participants, cinquante-cinq étaient français. Le prix Cremer-Passy, décerné chaque année par l’UIP à des parlementaires en exercice, porte encore le nom du cofondateur français.

Un Parlement bicaméral

Chambre Effectif maximal Durée du mandat Mode d’élection
Assemblée nationale 577 députés 5 ans Suffrage universel direct, scrutin majoritaire uninominal à deux tours
Sénat 348 sénateurs 6 ans Suffrage universel indirect, renouvellement par moitié tous les 3 ans

L’article 24 de la Constitution du 4 octobre 1958 énonce la triple mission du Parlement : voter la loi, contrôler l’action du Gouvernement, évaluer les politiques publiques. Cette dernière mission a été ajoutée par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, qui a également partagé l’ordre du jour entre le Gouvernement et les assemblées et renforcé les droits de l’opposition.

Repères de l’histoire parlementaire française

Date Événement
17 juin 1789 Les députés du Tiers état se constituent en « Assemblée nationale »
20 juin 1789 Serment du Jeu de paume
1875 Lois constitutionnelles de la IIIᵉ République : instauration durable du bicamérisme
21 avril 1944 Ordonnance du Gouvernement provisoire : « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes »
21 octobre 1945 33 femmes élues à la première Assemblée nationale constituante
4 octobre 1958 Constitution de la Vᵉ République
8 juillet 1999 Révision constitutionnelle sur l’égal accès aux mandats électoraux
6 juin 2000 Loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux
14 février 2014 Lois sur le non-cumul des mandats, applicables à partir de 2017
23 juillet 2008 Révision constitutionnelle renforçant les pouvoirs du Parlement

La parité, un chantier qui recule

Indicateur Valeur
Députées à l’Assemblée nationale (élections de 2024) 208 sur 577, soit 36,1 %
Record historique 38,8 % en 2017 (224 députées)
Part des femmes au Sénat (2023) 36,2 %
Part des femmes parmi les députées en 1958-1997 inférieure à 6 % pendant des décennies

Sources : ministère de l’Intérieur, LCP, Observatoire des inégalités.

Fait notable : pour la première fois depuis un demi-siècle, la proportion de femmes est légèrement inférieure à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Le scrutin majoritaire uninominal, qui échappe aux contraintes de liste alternée, explique en grande partie cette stagnation — les partis préférant souvent acquitter les pénalités financières plutôt que d’investir autant de femmes que d’hommes dans les circonscriptions gagnables.

Une défiance record envers les institutions nationales

Le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF (Sciences Po / OpinionWay), enquête de référence menée depuis 2009, livre en février 2026 des résultats sévères.

Institution Niveau de confiance
Assemblée nationale 20 % (– 4 points en un an)
Sénat 26 %
Gouvernement 17 %
Son propre député 34 % (– 6 points)
Son maire 60 %
Son conseil municipal 58 %
Les partis politiques 15 %

Source : CEVIPOF, Baromètre de la confiance politique, vague 17, février 2026.

Le paradoxe français est net : la confiance dans l’Assemblée nationale atteint son niveau le plus bas depuis la création du baromètre, mais 65 % des Français estiment dans le même temps que le pouvoir du Parlement devrait être durablement renforcé par rapport à celui du gouvernement. Autrement dit, ce n’est pas l’institution parlementaire qui est rejetée, mais son fonctionnement et son personnel.


Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 30 juin.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée des Nations Unies pour la fonction publique, Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix.

Foire aux questions sur la Journée internationale du parlementarisme

Quand a lieu la Journée internationale du parlementarisme ?

La Journée internationale du parlementarisme a lieu le 30 juin de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années ni selon les pays. Elle a été célébrée pour la première fois le 30 juin 2018.

Pourquoi la Journée internationale du parlementarisme est-elle célébrée le 30 juin ?

La Journée internationale du parlementarisme est célébrée le 30 juin parce que cette date correspond à la fondation de l’Union interparlementaire, le 30 juin 1889 à Paris. Ce jour-là, à l’issue de la première Conférence interparlementaire réunie à l’Hôtel Continental, les participants décidèrent de faire de ces rencontres une institution permanente. L’UIP est ainsi la première organisation politique multilatérale de l’histoire.

Qui a créé la Journée internationale du parlementarisme ?

La Journée internationale du parlementarisme a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a adopté sans vote, le 22 mai 2018, la résolution A/RES/72/278 intitulée « Interaction entre l’Organisation des Nations Unies, les parlements nationaux et l’Union interparlementaire ». La proposition avait été portée conjointement par l’Union interparlementaire et l’Assemblée interparlementaire de la Communauté des États indépendants.

Qu’est-ce que l’Union interparlementaire ?

L’Union interparlementaire (UIP) est l’organisation mondiale des parlements nationaux, fondée le 30 juin 1889 par le Français Frédéric Passy et le Britannique William Randal Cremer. Basée à Genève, elle réunit 183 Parlements membres et 15 membres associés. Elle facilite la diplomatie parlementaire, produit les données de référence sur les parlements du monde (plateforme Parline) et défend les droits des parlementaires menacés à travers son Comité des droits de l’homme des parlementaires. L’UIP dispose du statut d’observateur auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies depuis 2002.

Combien y a-t-il de parlements et de parlementaires dans le monde ?

Selon l’Union interparlementaire, le monde compte 188 parlements nationaux, dont 81 bicaméraux et 107 monocaméraux, soit un total de 269 chambres parlementaires rassemblant environ 44 000 parlementaires. Les femmes occupent 27,5 % des sièges au 1ᵉʳ janvier 2026, et les moins de 30 ans à peine 2,8 %.

Quelle est la différence entre la Journée internationale du parlementarisme et la Journée internationale de la démocratie ?

La Journée internationale du parlementarisme, le 30 juin, se concentre sur les parlements en tant qu’institutions : leur rôle législatif, leur fonction de contrôle et leur représentativité. La Journée internationale de la démocratie, célébrée le 15 septembre depuis sa proclamation par l’ONU en 2007, porte sur la démocratie dans son ensemble : élections, libertés fondamentales, société civile, État de droit. Les deux journées sont complémentaires et l’UIP est associée à l’une comme à l’autre.


Un hémicycle vaut mieux qu’un décret

Deux parlementaires que tout opposait — un ouvrier anglais, un économiste français — se sont assis autour d’une table à Paris en 1889 parce qu’ils croyaient qu’un désaccord se règle mieux par la parole que par les armes. Cent trente-cinq ans plus tard, l’idée reste d’une actualité brûlante : à mesure que les régimes autoritaires progressent, ce sont d’abord les assemblées que l’on vide de leur substance.

Le 30 juin, la Journée internationale du parlementarisme ne demande pas d’applaudir les parlements. Elle invite à les regarder pour ce qu’ils sont : des lieux imparfaits, lents, bruyants — et irremplaçables. Poussez la porte de votre assemblée, lisez un compte rendu de séance, écrivez à votre député. La démocratie représentative ne survit pas à l’indifférence de ceux qu’elle représente.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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