Chaque 12 juin, la Journée mondiale contre le travail des enfants rappelle qu’environ 138 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont encore astreints au travail dans le monde, dont près de 54 millions dans des activités dangereuses. Lancée en 2002 par l’Organisation internationale du Travail (OIT), cette journée mobilise chaque année gouvernements, organisations d’employeurs et de travailleurs, ONG et société civile autour d’un objectif inscrit dans les Objectifs de développement durable : l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes.

Derrière les chiffres se cache une réalité massive et souvent invisible : des enfants qui remplacent l’école par les champs, les mines, les ateliers ou le travail domestique, et dont l’avenir se trouve durablement compromis. Le 12 juin sert de point de convergence annuel pour mesurer les progrès, dénoncer les reculs et rappeler que le travail des enfants n’est pas une fatalité économique mais le résultat de politiques publiques, de niveaux de pauvreté et de chaînes d’approvisionnement.
Journée mondiale contre le travail des enfants : l’essentiel
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale contre le travail des enfants |
| Date | 12 juin, chaque année |
| Première édition | 2002 |
| Initiateur | Organisation internationale du Travail (OIT) |
| Cadre juridique | Convention n° 138 (1973) et Convention n° 182 (1999) de l’OIT ; Convention relative aux droits de l’enfant (1989) |
| Objectif de référence | Cible 8.7 des ODD : mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes |
| Enfants concernés | ~138 millions (5-17 ans), dont ~54 millions en travaux dangereux |
| Région la plus touchée | Afrique subsaharienne (~87 millions d’enfants) |
| Secteur dominant | Agriculture (61 % des cas) |
C’est quoi le travail des enfants ?
Toutes les activités exercées par un enfant ne relèvent pas du « travail des enfants » au sens international. Aider ses parents à la maison, participer ponctuellement à une entreprise familiale ou gagner un peu d’argent de poche en dehors des heures de classe sont généralement considérés comme positifs : ces activités développent des compétences et préparent à la vie adulte.
Le travail des enfants désigne, selon l’OIT, un travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui nuit à leur développement physique et mental. Concrètement, il s’agit d’un travail qui :
- est mentalement, physiquement, socialement ou moralement dangereux et nocif pour l’enfant ;
- interfère avec sa scolarité, en le privant d’école, en l’obligeant à quitter l’école prématurément, ou en le contraignant à cumuler classe et travail excessivement long et lourd.
Travail dangereux et pires formes de travail des enfants
Le travail dangereux regroupe les tâches qui, par leur nature ou leurs conditions d’exercice, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant : travail souterrain ou subaquatique, hauteurs dangereuses, machines et outils à risque, port de charges lourdes, exposition à des substances toxiques, horaires nocturnes ou excessivement longs.
Les pires formes de travail des enfants, définies par la Convention n° 182 de l’OIT, désignent des situations d’exploitation extrême : esclavage et servitude pour dettes, traite des enfants, recrutement d’enfants dans les conflits armés, exploitation sexuelle commerciale, utilisation d’enfants pour des activités illicites.
Une frontière qui varie selon les pays
La qualification exacte dépend de l’âge de l’enfant, de la nature du travail, du nombre d’heures effectuées, des conditions d’exercice et des seuils fixés par chaque législation nationale. C’est précisément ce que visent à harmoniser les conventions internationales : la Convention n° 138 impose aux États de fixer un âge minimum d’admission à l’emploi, qui ne peut être inférieur à l’âge de fin de scolarité obligatoire ni, en principe, à quinze ans.
Origine et histoire de la Journée mondiale contre le travail des enfants
Création de la journée
La Journée mondiale contre le travail des enfants a été lancée par l’Organisation internationale du Travail en 2002. Elle intervient trois ans après l’adoption de la Convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants (1999) et dix ans après la création du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC, 1992). L’objectif initial était de disposer d’un rendez-vous annuel capable de maintenir la question à l’agenda international entre deux grandes conférences mondiales.
La date du 12 juin ne correspond pas à un anniversaire juridique particulier : elle a été retenue comme point focal de mobilisation, proche de la session annuelle de la Conférence internationale du Travail qui se tient à Genève au mois de juin.
Chronologie : les grandes étapes de la lutte contre le travail des enfants
| Année | Étape |
|---|---|
| 1919 | Création de l’OIT ; adoption de la première convention sur l’âge minimum dans l’industrie (n° 5) |
| 1973 | Convention n° 138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi |
| 1989 | Convention relative aux droits de l’enfant (Nations Unies) |
| 1992 | Lancement du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) |
| 1997 | Première Conférence mondiale sur le travail des enfants, Oslo |
| 1999 | Convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants |
| 2002 | Première Journée mondiale contre le travail des enfants (12 juin) |
| 2010 | Deuxième Conférence mondiale, La Haye |
| 2013 | Troisième Conférence mondiale, Brasília |
| 2015 | Adoption des ODD, dont la cible 8.7 |
| 2017 | Quatrième Conférence mondiale, Buenos Aires |
| 2020 | Ratification universelle de la Convention n° 182 par les 187 États membres de l’OIT |
| 2021 | Année internationale de l’élimination du travail des enfants (résolution A/RES/73/327) |
| 2022 | Cinquième Conférence mondiale, Durban ; Appel à l’action de Durban |
| 2026 | Sixième Conférence mondiale, Marrakech (11-13 février) ; Cadre d’action mondial de Marrakech |
Le socle juridique international
| Instrument | Année | Portée |
|---|---|---|
| Convention n° 138 de l’OIT (âge minimum) | 1973 | Impose un âge minimum d’admission à l’emploi, en principe 15 ans ; ratifiée par plus de 170 États |
| Convention n° 182 de l’OIT (pires formes) | 1999 | Exige des mesures immédiates contre l’esclavage, la traite, les enfants soldats, l’exploitation sexuelle ; ratification universelle depuis le 4 août 2020 |
| Convention relative aux droits de l’enfant | 1989 | Reconnaît le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique |
| Cible 8.7 des ODD | 2015 | Engage à mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes |
La Convention n° 182 est la convention la plus rapidement ratifiée de l’histoire de l’OIT et la première à atteindre une ratification universelle, après le dépôt des instruments par le Royaume des Tonga le 4 août 2020.
Objectifs de la Journée mondiale contre le travail des enfants
- Sensibiliser : rendre visible l’ampleur d’un phénomène largement informel et difficile à mesurer.
- Mobiliser : réunir gouvernements, employeurs, syndicats et société civile autour d’engagements concrets.
- Évaluer : faire le point sur les progrès et les reculs par rapport à la cible 8.7 des ODD.
- Promouvoir les normes : encourager la ratification et l’application effective des conventions n° 138 et n° 182.
- Agir sur les causes : protection sociale, éducation gratuite et de qualité, travail décent pour les adultes.
Le travail des enfants dans le monde : chiffres et tendances
Les estimations mondiales de référence sont publiées conjointement par l’OIT et l’UNICEF tous les quatre ans. Les données les plus récentes portent sur l’année 2024 et ont été diffusées en juin 2025.
Les chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Enfants astreints au travail (5-17 ans) | ~138 millions, soit 7,8 % de cette tranche d’âge |
| Dont travaux dangereux | ~54 millions |
| Niveau en 2000 | 246 millions |
| Baisse depuis 2020 | Plus de 20 millions d’enfants |
| Accélération nécessaire pour atteindre l’objectif | ×11 par rapport au rythme actuel |
Le travail des enfants a donc quasiment diminué de moitié depuis l’an 2000. Ce recul, réel, masque cependant deux réalités : le monde n’a pas atteint l’objectif d’élimination fixé pour 2025, et la période 2016-2020 avait marqué une remontée du phénomène, la première depuis vingt ans.
Répartition par région
| Région | Situation |
|---|---|
| Afrique subsaharienne | ~87 millions d’enfants, soit près des deux tiers du total mondial ; prévalence en baisse de 24 % à 22 %, mais effectifs stables |
| Asie et Pacifique | Recul le plus marqué depuis 2020 : de 49 à 28 millions d’enfants, prévalence passée de 6 % à 3 % |
| Amérique latine et Caraïbes | De 8 à environ 7 millions d’enfants, prévalence inchangée sur quatre ans |
En Afrique subsaharienne, la stagnation des effectifs s’explique par la conjonction de la croissance démographique, des conflits armés en cours ou émergents, de l’extrême pauvreté et de systèmes de protection sociale sous tension.
Répartition par secteur d’activité
| Secteur | Part des cas | Exemples |
|---|---|---|
| Agriculture | 61 % | Cultures, élevage, pêche, plantations |
| Services | 27 % | Travail domestique, vente sur les marchés |
| Industrie | 13 % | Exploitation minière, fabrication |
L’agriculture reste de loin le premier secteur concerné, ce qui explique le poids des zones rurales dans les statistiques et la difficulté du contrôle : le travail y est souvent familial, saisonnier et hors de portée de l’inspection du travail.
Filles, garçons et travail domestique
Les garçons sont plus souvent concernés que les filles par le travail des enfants, et ce à tous les âges. Mais l’écart s’inverse dès lors que l’on intègre les tâches ménagères non rémunérées d’au moins 21 heures par semaine. Cette nuance méthodologique est importante : les estimations mondiales reposent sur une définition principalement économique du travail, qui laisse dans l’ombre une part significative des activités domestiques assumées par les filles. Les travaux de l’INED sur cette question soulignent le volume horaire considérable que ces tâches représentent dans la vie des enfants.
Une charge concentrée sur les plus jeunes
Les enfants les plus jeunes ne sont pas épargnés : en 2024, environ 79 millions d’enfants de 5 à 11 ans étaient astreints au travail. Cette proportion est restée stable depuis 2012, alors que le travail des enfants reculait chez les tranches d’âge supérieures.
Le travail des enfants en France : cadre légal et histoire
Une conquête sociale de deux siècles
La France a été l’un des premiers pays à légiférer sur le travail des enfants, dans un contexte de révolution industrielle où des enfants de huit ans travaillaient en usine.
| Texte | Contenu |
|---|---|
| Loi du 22 mars 1841 | Première loi française sur le travail des enfants : interdiction avant 8 ans, 8 heures par jour maximum de 8 à 12 ans, 12 heures de 12 à 16 ans, interdiction du travail de nuit avant 13 ans. Applicable aux seules manufactures à moteur mécanique ou de plus de vingt ouvriers, elle reste largement inappliquée faute d’inspection réelle |
| Loi du 19 mai 1874 | Relève l’âge minimum à 12 ans dans l’industrie (avec dérogations à 10 ans) et crée un corps de quinze inspecteurs divisionnaires |
| Lois Ferry (1881-1882) | Gratuité puis obligation de l’instruction primaire, qui retire mécaniquement les enfants du marché du travail |
| Loi du 2 novembre 1892 | Porte l’âge légal à 13 ans (12 ans avec le certificat d’études) et fait de l’inspection du travail une institution d’État |
| Ordonnance du 6 janvier 1959 | Porte progressivement la scolarité obligatoire à 16 ans |
Le droit français aujourd’hui
En France, l’âge minimum d’admission à l’emploi est fixé à 16 ans, en cohérence avec l’âge de fin de scolarité obligatoire. En deçà, le travail des enfants est interdit, sauf dans des cas dérogatoires strictement encadrés.
| Situation | Règle |
|---|---|
| Moins de 14 ans | Aucun emploi salarié, hors régimes spécifiques du spectacle, du mannequinat et de l’audiovisuel |
| 14-15 ans | Travaux légers pendant les vacances scolaires uniquement, sur autorisation de l’inspection du travail, pour des vacances d’au moins 14 jours et avec un repos continu d’au moins la moitié de la période ; 7 heures par jour et 35 heures par semaine maximum |
| 15 ans | Contrat d’apprentissage possible sous conditions |
| 16-17 ans | Emploi possible toute l’année ; 8 heures par jour et 35 heures par semaine maximum |
| Moins de 18 ans | Travail de nuit interdit, repos quotidien de 12 heures (14 heures avant 16 ans), repos hebdomadaire de deux jours consécutifs |
Sont interdits aux mineurs, quel que soit leur âge, les travaux dangereux, le service dans les débits de boissons et les activités présentant un risque pour leur santé ou leur sécurité. Le non-respect des règles d’âge d’admission constitue une contravention de 5e classe.
Spectacle, mannequinat et enfants influenceurs
Le régime dérogatoire le plus visible concerne les enfants employés dans le cinéma, la radio, la télévision, les enregistrements sonores ou audiovisuels, la publicité et la mode. L’emploi d’un enfant de moins de 16 ans y suppose une autorisation individuelle préalable du préfet ou un agrément, délivré après avis d’une commission départementale. Une part de la rémunération est consignée à la Caisse des dépôts jusqu’à la majorité de l’enfant.
Depuis la loi n° 2020-1266 du 19 octobre 2020, dite loi Studer, ce régime s’étend aux vidéos diffusées à titre lucratif sur les plateformes de partage lorsque le sujet principal est un enfant de moins de seize ans. Le texte, entré en vigueur en avril 2021, place l’enfant « influenceur » au même niveau qu’un enfant artiste ou mannequin, impose une déclaration au-delà de certains seuils de durée, de nombre de vidéos ou de revenus, et ouvre au mineur un droit à l’effacement de ses données personnelles qu’il peut exercer sans l’accord de ses parents. La France fait à ce jour figure de pionnière sur ce sujet en Europe.
La France face aux chaînes d’approvisionnement
Le travail des enfants ne concerne pas seulement le territoire national : il se retrouve en amont des chaînes d’approvisionnement des entreprises françaises, notamment dans l’agriculture, le textile et l’extraction minière. Deux leviers juridiques structurent la réponse :
- La loi n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre, qui impose aux grandes entreprises un plan de vigilance couvrant les atteintes aux droits humains chez leurs fournisseurs et sous-traitants.
- Le règlement (UE) 2024/3015 du 27 novembre 2024, qui interdira la mise sur le marché de l’Union, la mise à disposition et l’exportation de produits issus du travail forcé. Entré en vigueur en décembre 2024, il sera pleinement applicable à partir du 14 décembre 2027.
Défis et enjeux contemporains
Un objectif manqué et un calendrier à reconstruire
La cible 8.7 des ODD fixait l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes à l’horizon 2025. Cet objectif n’a pas été atteint. Au rythme actuel, il faudrait multiplier par onze la vitesse des progrès pour y parvenir en cinq ans. La question centrale devient donc celle de l’après-2030 : maintenir le sujet dans les cadres internationaux de développement durable, sécuriser les financements et instaurer une véritable redevabilité.
Pauvreté, conflits et coupes budgétaires
Le travail des enfants entretient un cercle vicieux : il prive l’enfant des compétences et de l’éducation qui lui permettraient d’échapper à la pauvreté, et reproduit ainsi les conditions de sa propre perpétuation. Trois facteurs aggravants dominent la période récente :
- Les conflits armés, qui détruisent les systèmes scolaires et multiplient les situations de vulnérabilité extrême.
- La croissance démographique dans les régions les plus touchées, qui neutralise les baisses de prévalence.
- Les coupes dans les budgets d’aide au développement et de protection sociale, qui menacent des acquis obtenus de longue lutte.
Mesurer l’invisible
Les estimations mondiales reposent sur une définition économique du travail. Le travail domestique intensif, la mendicité forcée, l’exploitation dans l’économie informelle et les situations de traite échappent en partie aux enquêtes ménages. Améliorer la mesure est un enjeu en soi : ce qui n’est pas compté n’est pas combattu.
Chaînes de valeur mondialisées
Une part importante du travail des enfants se situe en amont des chaînes d’approvisionnement, à des niveaux où la traçabilité est faible : petites exploitations agricoles, mines artisanales, ateliers de sous-traitance. Les réponses réglementaires — devoir de vigilance, interdiction des produits issus du travail forcé, obligations de diligence raisonnée — visent précisément ces angles morts, mais leur efficacité dépendra des moyens de contrôle effectivement déployés.

Comment participer à la Journée mondiale contre le travail des enfants
Les actions institutionnelles du 12 juin
- Événement de haut niveau de l’OIT, réunissant représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, généralement retransmis sur UN Web TV.
- Publication de rapports et d’estimations par l’OIT, l’UNICEF et leurs partenaires.
- Déclarations et engagements nationaux, souvent adossés aux plans d’action issus des conférences mondiales.
Les campagnes de sensibilisation
L’OIT structure sa communication autour de campagnes annuelles thématiques. La campagne lancée pour 2026, sous le mot d’ordre « Carton rouge au travail des enfants : une enfance protégée, un travail décent pour les adultes », s’appuie sur le symbole sportif du carton rouge pour appeler à l’action, à la protection sociale et à une éducation de qualité. Le thème et le slogan évoluant d’une année à l’autre, il est utile de consulter la page officielle de l’ONU avant chaque édition.
Ce que chacun peut faire
- S’informer sur les estimations mondiales et sur les secteurs les plus exposés.
- Relayer les publications de l’OIT et de l’UNICEF, en utilisant les mots-dièse officiels de la campagne en cours.
- Interroger sa consommation : privilégier les filières certifiées et les marques transparentes sur leur chaîne d’approvisionnement, notamment pour le cacao, le café, le textile et l’électronique.
- Soutenir les organisations actives sur l’accès à l’éducation et la protection de l’enfance.
- En milieu scolaire, aborder le sujet en histoire, en géographie ou en enseignement moral et civique, à partir de l’exemple français du XIXᵉ siècle.
Les cinq priorités portées par l’OIT et l’UNICEF
Pour accélérer les progrès, les deux agences appellent les gouvernements à :
- Investir dans la protection sociale des ménages vulnérables, notamment via des allocations familiales universelles, pour que les familles ne recourent pas au travail des enfants.
- Renforcer les systèmes de protection de l’enfance, afin d’identifier et d’accompagner les enfants exposés aux pires formes de travail.
- Garantir un accès universel à une éducation de qualité, en particulier en zone rurale et dans les régions en crise.
- Assurer un travail décent aux adultes et aux jeunes, y compris le droit de s’organiser collectivement.
- Faire respecter la loi et la responsabilité des entreprises tout au long des chaînes d’approvisionnement.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 12 juin.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de l’éducation, Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale contre le travail des enfants
Quand a lieu la Journée mondiale contre le travail des enfants ?
La Journée mondiale contre le travail des enfants a lieu le 12 juin de chaque année. Instaurée par l’Organisation internationale du Travail, elle est observée pour la première fois en 2002 et se tient depuis à date fixe, indépendamment du jour de la semaine.
Combien d’enfants sont concernés par le travail des enfants dans le monde ?
Environ 138 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont astreints au travail des enfants, soit 7,8 % de cette tranche d’âge, selon les estimations mondiales publiées conjointement par l’OIT et l’UNICEF en juin 2025 pour l’année 2024. Parmi eux, près de 54 millions effectuent des travaux dangereux. Ce nombre a quasiment diminué de moitié depuis l’an 2000, où il atteignait 246 millions.
Qu’est-ce que le travail des enfants selon l’OIT ?
Le travail des enfants est défini par l’OIT comme un travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui nuit à leur développement physique et mental. Il s’agit d’un travail dangereux ou nocif sur le plan mental, physique, social ou moral, ou d’un travail qui empêche l’enfant d’aller à l’école, le pousse à l’abandonner prématurément ou l’oblige à cumuler scolarité et journées de travail excessives. Aider ses parents à la maison ou travailler ponctuellement en dehors des heures de classe n’entre pas dans cette définition.
Quel est l’âge minimum légal pour travailler en France ?
L’âge minimum légal pour travailler en France est de 16 ans, âge qui correspond à la fin de la scolarité obligatoire. Des dérogations existent : les jeunes de 14 à 16 ans peuvent effectuer des travaux légers pendant les vacances scolaires sur autorisation de l’inspection du travail, l’apprentissage est accessible dès 15 ans sous conditions, et les secteurs du spectacle, du mannequinat, de l’audiovisuel et des vidéos en ligne à but lucratif relèvent d’un régime d’autorisation préfectorale préalable.
Quels secteurs emploient le plus d’enfants dans le monde ?
L’agriculture est de loin le premier secteur concerné, avec 61 % des cas de travail des enfants : cultures, élevage, pêche et plantations. Viennent ensuite les services (27 %), qui recouvrent notamment le travail domestique et la vente sur les marchés, puis l’industrie (13 %), incluant l’exploitation minière et la fabrication.
Quelle est la différence entre travail des enfants et petit boulot d’adolescent ?
La différence entre travail des enfants et petit boulot d’adolescent tient à l’âge, aux conditions d’exercice et à l’impact sur la scolarité. Un job de vacances encadré par la loi, compatible avec l’école, exempt de tâches dangereuses et limité en durée relève d’une activité légale et formatrice. Le travail des enfants, à l’inverse, se caractérise par un âge inférieur au minimum légal, des horaires ou des tâches nuisibles à la santé, ou une incompatibilité avec la fréquentation scolaire.
Une enfance n’est pas une main-d’œuvre
Cent millions d’enfants sont sortis du travail depuis l’an 2000. C’est la preuve que le phénomène n’a rien d’inéluctable : là où l’école est gratuite et accessible, là où les familles disposent d’un filet de sécurité, là où les adultes trouvent un emploi décent, le travail des enfants recule. Le 12 juin ne commémore donc pas une fatalité, mais rappelle une politique publique inachevée.
Les 138 millions d’enfants restants ne relèvent pas d’un problème technique mais d’un choix collectif : celui d’investir ou non dans la protection sociale, l’éducation et le contrôle des chaînes d’approvisionnement. Chaque 12 juin, la question posée est la même — et elle s’adresse autant aux États qu’aux entreprises et aux consommateurs.
