Chaque année, le 22 mars, la Journée mondiale de l’eau rappelle une évidence trop souvent oubliée dans les pays où le robinet coule sans effort : l’eau douce est une ressource limitée, inégalement répartie et de plus en plus disputée. Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1992 et célébrée pour la première fois en 1993, cette journée internationale est aujourd’hui coordonnée par ONU-Eau, le mécanisme de coordination interinstitutions du système onusien sur l’eau et l’assainissement.

Son objet est double : célébrer l’eau comme bien commun de l’humanité, et accélérer les progrès vers l’objectif de développement durable n° 6 (ODD 6), qui vise l’accès universel à l’eau et à l’assainissement d’ici à 2030. Un objectif dont l’échéance approche alors qu’une personne sur quatre dans le monde n’a toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité.
En bref : l’essentiel sur la Journée mondiale de l’eau
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | 22 mars, chaque année |
| Première édition | 22 mars 1993 |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/47/193 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 22 décembre 1992 |
| Origine de la proposition | Chapitre 18 (« Ressources en eau douce ») d’Action 21, adopté au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en juin 1992 |
| Institution pilote | ONU-Eau (UN-Water) |
| Objectif de développement durable rattaché | ODD 6 – Eau propre et assainissement |
| Publication associée | Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau (WWDR), coordonné par l’UNESCO |
| Hashtag officiel | #JournéeMondialeDeLEau |
Qu’est-ce que la Journée mondiale de l’eau ?
La Journée mondiale de l’eau est une journée internationale officielle des Nations Unies. Elle n’a ni le statut d’un jour férié, ni celui d’une commémoration : c’est une journée de mobilisation, de sensibilisation et de plaidoyer. Chaque année, ONU-Eau retient un thème — l’eau et le climat, l’eau et la paix, les eaux souterraines, les glaciers, l’égalité des sexes… — autour duquel s’organisent conférences, campagnes, expositions et actions éducatives dans le monde entier.
La journée sert de point d’ancrage à l’ODD 6, qui engage la communauté internationale à « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » d’ici 2030. Elle est aussi la date de publication du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, l’analyse de référence du système onusien sur le sujet, qui traite chaque année le même thème que la campagne et formule des recommandations à destination des décideurs.
L’eau douce : une ressource abondante mais très peu accessible
Comprendre l’enjeu suppose de rappeler un ordre de grandeur fondamental. L’eau recouvre l’essentiel de la surface du globe, mais la quasi-totalité de ce volume est salée. L’eau douce ne représente qu’environ 2,5 % de l’eau présente sur Terre, et l’essentiel de cette fraction est immobilisé dans les glaciers, les calottes polaires et les nappes souterraines profondes. Les lacs, rivières et cours d’eau — c’est-à-dire l’eau douce de surface directement mobilisable — n’en constituent qu’une part infime.
Autrement dit, l’humanité, l’agriculture et l’industrie mondiales dépendent d’une réserve utilisable qui représente une fraction très minoritaire des ressources hydriques de la planète. Cette réserve, elle, ne s’agrandit pas : elle se renouvelle par le cycle de l’eau à un rythme fixe, tandis que la population mondiale, elle, a plus que doublé depuis 1970.
Eau potable, assainissement, hygiène : trois notions à distinguer
Les statistiques internationales reposent sur des définitions précises, établies par le Programme commun OMS/UNICEF de suivi (JMP), créé en 1990 :
- Eau potable gérée en toute sécurité : eau provenant d’une source améliorée située sur place, disponible en cas de besoin et exempte de contamination.
- Assainissement géré en toute sécurité : usage de toilettes non partagées dont les déchets sont traités et éliminés de manière sûre.
- Hygiène de base : dispositif de lavage des mains à domicile, avec eau et savon.
Ces distinctions expliquent la variabilité apparente des chiffres cités dans la presse : un même pays peut afficher un taux élevé d’accès « de base » et un taux médiocre d’accès « géré en toute sécurité ».
Origine et histoire de la Journée mondiale de l’eau
De Rio à New York : la naissance d’une journée internationale
L’histoire de la Journée mondiale de l’eau commence à Rio de Janeiro, en juin 1992, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), plus connue sous le nom de Sommet de la Terre. Les États y adoptent Action 21, un vaste programme d’action pour le XXIe siècle. Son chapitre 18, consacré à la protection des ressources en eau douce et de leur qualité, recommande explicitement l’organisation d’une journée internationale dédiée à l’eau douce.
La recommandation est transformée en décision six mois plus tard. Le 22 décembre 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/47/193, qui proclame le 22 mars de chaque année « Journée mondiale de l’eau », à compter de 1993. Le texte invite les États à consacrer cette journée, selon leur contexte national, à des actions concrètes de sensibilisation : publications, documentaires, conférences, tables rondes, séminaires et expositions liés à la conservation et à la mise en valeur des ressources en eau.
La première Journée mondiale de l’eau est donc célébrée le 22 mars 1993.
Objectifs principaux de la Journée mondiale de l’eau
La journée poursuit cinq objectifs, complémentaires et durables dans le temps :
- Sensibiliser le grand public au caractère fini et vulnérable de la ressource en eau douce, y compris dans les pays où l’accès semble acquis.
- Accélérer la réalisation de l’ODD 6, en mesurant publiquement, chaque année, l’écart entre les engagements pris et les progrès réels.
- Documenter et diffuser la connaissance, notamment via la publication du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.
- Mobiliser les décideurs politiques et les financeurs, en donnant une visibilité médiatique annuelle à un sujet structurellement sous-financé.
- Faire converger les acteurs — agences onusiennes, États, collectivités, ONG, entreprises, chercheurs — autour d’un agenda commun.
Les grandes dates de la gouvernance mondiale de l’eau
| Année | Événement |
|---|---|
| 1977 | Première Conférence des Nations Unies sur l’eau, à Mar del Plata (Argentine) |
| 1990 | Création du Programme commun OMS/UNICEF de suivi (JMP) |
| Juin 1992 | Sommet de la Terre de Rio : Action 21, chapitre 18 sur les ressources en eau douce |
| 22 décembre 1992 | Adoption de la résolution A/RES/47/193 instituant la Journée mondiale de l’eau |
| 22 mars 1993 | Première Journée mondiale de l’eau |
| 2003 | Publication du premier Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau |
| 2005-2015 | Décennie internationale d’action « L’eau, source de vie » |
| 28 juillet 2010 | Résolution A/RES/64/292 reconnaissant le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit humain |
| 2015 | Adoption du Programme 2030 et de l’ODD 6 |
| 2018-2028 | Décennie internationale d’action « L’eau et le développement durable » |
| 22-24 mars 2023 | Conférence des Nations Unies sur l’eau à New York, première du genre depuis 1977 |
La Conférence de 2023, coorganisée par le Tadjikistan et les Pays-Bas, s’est ouverte le jour même de la Journée mondiale de l’eau. Elle marquait l’examen à mi-parcours de la Décennie d’action 2018-2028 et a mis fin à une éclipse diplomatique de 46 ans sur ce sujet.
Importance et impact : pourquoi l’eau conditionne tout le reste
Un enjeu sanitaire de première ampleur
Le rapport JMP de l’OMS et de l’UNICEF publié en août 2025, qui couvre les données 2000-2024, dresse un état des lieux sans ambiguïté.
| Indicateur (données 2024) | Population concernée |
|---|---|
| Personnes sans eau potable gérée en toute sécurité | 2,1 milliards (1 personne sur 4) |
| … dont contraintes de boire des eaux de surface non traitées | 106 millions |
| Personnes sans assainissement géré en toute sécurité | 3,4 milliards |
| … dont pratiquant la défécation à l’air libre | 354 millions |
| Personnes sans service d’hygiène de base à domicile | 1,7 milliard |
| … dont sans aucune installation de lavage des mains | 611 millions |
Les conséquences sanitaires sont directes et massives. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’insalubrité de l’eau, les déficiences de l’assainissement et le manque d’hygiène causent chaque jour la mort d’un millier d’enfants de moins de cinq ans, principalement par maladies diarrhéiques. Les habitants des pays les moins avancés sont deux fois plus susceptibles que les autres d’être privés d’eau potable et d’assainissement de base, et trois fois plus susceptibles de ne pas disposer d’hygiène de base.
Un enjeu économique et alimentaire
L’eau est le premier intrant de l’agriculture mondiale. Selon le portail de données de la FAO sur les indicateurs des ODD, l’agriculture représentait 81 % des prélèvements mondiaux d’eau douce en 2023, devant les services (14 %) et l’industrie (5 %). Les publications plus anciennes retiennent fréquemment un ordre de grandeur de 70 % ; l’écart tient aux périmètres et aux méthodes de calcul, mais la hiérarchie, elle, ne varie pas.
Cette dépendance rend la sécurité alimentaire mondiale directement exposée au stress hydrique. Là où l’eau se raréfie, l’irrigation devient plus coûteuse, les rendements chutent, les revenus agricoles se contractent et les tensions sociales augmentent. La compétition entre agriculture, industrie, production d’énergie et eau potable devient alors un arbitrage politique, et non plus une simple question technique.
Un enjeu écologique et climatique
Le changement climatique s’exprime d’abord par l’eau : sécheresses prolongées, inondations, fonte des glaciers, salinisation des nappes côtières, modification du régime des précipitations. Les écosystèmes aquatiques — zones humides, rivières, lacs — comptent parmi les milieux les plus dégradés de la planète, alors qu’ils assurent des fonctions essentielles d’épuration, de régulation des crues et de stockage de carbone.
Le niveau de stress hydrique (indicateur ODD 6.4.2, rapport entre prélèvements et ressources renouvelables disponibles après prise en compte des débits écologiques) offre une mesure synthétique de cette pression.
| Région | Niveau de stress hydrique |
|---|---|
| Moyenne mondiale (2023) | 17,6 % |
| Europe | Faible (de l’ordre de 8 %) |
| Asie de l’Est et Asie de l’Ouest | 45 à 70 % |
| Asie centrale et Asie du Sud | Supérieur à 70 % |
| Afrique du Nord | Supérieur à 100 % |
Un ratio supérieur à 100 % signifie que les prélèvements excèdent le renouvellement naturel : la ressource est consommée sur son capital, par surexploitation des nappes ou recours au dessalement. La moyenne mondiale, relativement stable, masque donc des situations régionales critiques : le stress hydrique a progressé d’environ 6 % en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord depuis 2015.
Un enjeu d’égalité
La crise de l’eau ne frappe pas au hasard. Dans la majorité des pays pour lesquels des données existent, la collecte de l’eau incombe principalement aux femmes et aux filles, et nombre d’entre elles, en Afrique subsaharienne comme en Asie centrale et du Sud, y consacrent plus de trente minutes par jour. Ce temps est soustrait à l’école, au travail rémunéré et au repos. À cela s’ajoutent des risques de harcèlement sur les trajets et des difficultés spécifiques liées à la santé menstruelle en l’absence d’installations privées et sûres.
Cette dimension est à ce point structurante qu’ONU-Eau en a fait le thème d’une campagne annuelle entière, coordonnée par l’UNICEF et ONU-Femmes.
L’eau à travers le monde : des réalités très inégales
Afrique subsaharienne et contextes fragiles
C’est dans les contextes fragiles — au sens de l’OCDE : cumul d’une exposition au risque et d’une insuffisance des capacités étatiques — que les écarts sont les plus violents. La couverture en eau potable y est inférieure de près de 38 % à celle des autres pays. En Afrique subsaharienne, la croissance démographique rapide absorbe une part importante des progrès réalisés en valeur absolue.
Afrique du Nord et Asie occidentale
Ces régions cumulent aridité structurelle, croissance urbaine et agriculture irriguée intensive. Plusieurs pays de la péninsule Arabique disposent de ressources renouvelables extrêmement faibles par habitant et dépendent massivement du dessalement, une technologie efficace mais énergivore, coûteuse et productrice de saumures dont le rejet pose des problèmes environnementaux.
Asie du Sud et Asie centrale
L’Asie du Sud combine forte densité de population, dépendance à la mousson et surexploitation des nappes pour l’irrigation. L’Asie centrale porte encore l’héritage de la gestion soviétique des grands fleuves : l’assèchement de la mer d’Aral reste le cas d’école mondial de la catastrophe hydrologique d’origine humaine.
Europe et pays à revenu élevé
L’Europe présente un stress hydrique globalement faible, mais cette moyenne est trompeuse. Le pourtour méditerranéen connaît des étés de plus en plus tendus, la qualité des eaux souterraines se dégrade sous l’effet des pollutions diffuses (nitrates, pesticides et leurs métabolites), et le vieillissement des réseaux entraîne des pertes considérables. En zone urbaine, la couverture en eau potable et en hygiène a même stagné à l’échelle mondiale entre 2015 et 2024, alors que la couverture rurale progressait de 50 % à 60 %.
Les défis contemporains de la ressource en eau
Le climat, accélérateur de crise
Le réchauffement intensifie simultanément les excès et les manques : épisodes de précipitations extrêmes, crues soudaines, mais aussi sécheresses plus longues et plus fréquentes. La fonte des glaciers de montagne, qui alimentent des fleuves dont dépendent des centaines de millions de personnes, modifie durablement les régimes hydrologiques : abondance temporaire, puis déficit structurel.
Pollution et qualité de l’eau
La disponibilité physique de l’eau ne garantit pas sa potabilité. Rejets industriels non traités, ruissellements agricoles chargés en nitrates et en pesticides, absence de stations d’épuration, contaminants émergents (résidus médicamenteux, substances per- et polyfluoroalkylées) : la question de la qualité devient dans de nombreux territoires plus contraignante que celle de la quantité.
Financement, gouvernance et données
Les infrastructures d’eau et d’assainissement sont capitalistiques, peu visibles et politiquement peu rentables à court terme — d’où un sous-investissement chronique. S’y ajoutent des lacunes de gouvernance : environ 14 % des pays ne disposent toujours d’aucun mécanisme permettant une participation égalitaire des femmes à la prise de décision et à la gestion de l’eau. Enfin, dans de nombreux pays, l’absence de données fiables sur les prélèvements et sur l’état des ressources rend toute politique publique difficile à calibrer.

Comment participer à la Journée mondiale de l’eau ?
Les événements institutionnels
Dans les jours qui précèdent le 22 mars, agences onusiennes, ministères, agences de l’eau, universités et ONG organisent conférences, tables rondes et rencontres professionnelles. Le moment fort du calendrier reste la publication du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, dont chaque édition fournit une synthèse actualisée et des recommandations politiques.
Les initiatives locales et scolaires
L’échelon local est celui où la journée prend le plus de consistance concrète :
- Visites d’installations : stations de traitement d’eau potable, stations d’épuration, réservoirs, ouvrages hydrauliques ouvrent souvent leurs portes au public.
- Interventions scolaires : ateliers sur le cycle de l’eau, expériences de filtration, calcul de l’empreinte hydrique d’un repas ou d’un vêtement.
- Chantiers citoyens : nettoyage de berges, de rivières et de plages, restauration de zones humides.
- Expositions et projections : documentaires, expositions photographiques, rencontres avec des professionnels du secteur.
Les actions numériques
La campagne mondiale s’appuie largement sur les réseaux sociaux, avec le mot-clé officiel #JournéeMondialeDeLEau (#WorldWaterDay en anglais). ONU-Eau met à disposition des kits de communication librement téléchargeables : visuels, fiches d’information, éléments de langage, adaptés aux écoles, aux collectivités, aux entreprises et aux associations.
Passer à l’acte au quotidien
La journée peut aussi servir de déclencheur pour des changements domestiques mesurables :
- Rechercher et réparer les fuites : un robinet qui goutte ou une chasse d’eau défectueuse représentent des dizaines de mètres cubes perdus par an.
- Installer des équipements hydro-économes (mousseurs, pommeaux à faible débit, chasses d’eau à double commande).
- Privilégier la douche courte au bain et remplir complètement lave-linge et lave-vaisselle.
- Récupérer les eaux de pluie pour l’arrosage et arroser en soirée pour limiter l’évaporation.
- Réduire l’usage de produits polluants qui finiront dans les eaux usées.
- Boire l’eau du robinet là où elle est potable : c’est l’un des produits alimentaires les plus contrôlés, et de loin le moins cher.
La Journée mondiale de l’eau en France : où en est-on ?
Les prélèvements français par usage
Selon les données du Service des données et études statistiques (SDES), établies à partir de la Banque nationale des prélèvements en eau, 29,4 milliards de m³ d’eau douce ont été prélevés en France en 2023, hors production hydroélectrique. 81 % proviennent des eaux de surface, 19 % des eaux souterraines.
| Usage | Part des prélèvements (2023) |
|---|---|
| Refroidissement des centrales électriques | 45 % |
| Alimentation des canaux de navigation | 20 % |
| Production d’eau potable | 18 % |
| Agriculture | 10 % |
| Autres activités économiques | 7 % |
Ce tableau doit être lu avec précaution : prélever n’est pas consommer. Le refroidissement des centrales et l’alimentation des canaux restituent la quasi-totalité de l’eau au milieu naturel. Si l’on raisonne en eau consommée — c’est-à-dire nette des restitutions — la hiérarchie s’inverse complètement : l’agriculture représente alors 61 % du total, devant l’eau potable (24 %), le refroidissement des centrales (11 %) et l’industrie (4 %).
À l’échelle de la métropole, les prélèvements ont baissé de 16 % depuis 2008, principalement sous l’effet du recul des usages industriels et du refroidissement des centrales.
Consommation domestique et prix de l’eau
Le rapport 2025 de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement (SISPEA), piloté par l’Office français de la biodiversité et le ministère de la Transition écologique, porte sur les données 2023.
| Indicateur | Valeur (données 2023) |
|---|---|
| Consommation domestique moyenne | 53 m³ par habitant et par an, soit environ 145 litres par jour |
| Prix moyen de l’eau TTC au 1er janvier 2024 | 4,69 €/m³ (2,32 € eau potable + 2,37 € assainissement collectif) |
| Facture annuelle moyenne (base 120 m³) | 562,80 €, soit 46,90 €/mois |
| Évolution du prix entre 2022 et 2023 | + 3,8 % |
| Rendement moyen des réseaux d’eau potable | 81 % (soit 19 % de pertes par fuites) |
| Nombre de collectivités compétentes | 13 071 |
La consommation domestique est en légère baisse (54 m³ en 2022), mais les écarts territoriaux sont considérables : les Alpes-Maritimes affichent la moyenne départementale la plus élevée de l’Hexagone avec 81 m³ par habitant, tandis que La Réunion (85 m³), la Guadeloupe (75 m³) et la Martinique (63 m³) dépassent nettement la moyenne nationale, sous l’effet conjugué de l’arrosage extérieur, de la pression démographique et de fuites élevées sur certains réseaux.
Le chiffre le plus commenté reste celui du rendement : avec 81 % de rendement moyen, près d’un litre d’eau potable sur cinq est perdu avant d’arriver au robinet.
Le Plan eau et l’objectif 2030
Le 30 mars 2023, le président de la République a présenté un plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau, composé de 53 mesures. Ses principaux objectifs chiffrés :
- – 10 % de prélèvements d’eau d’ici à 2030 (par rapport à l’année de référence 2019), via des plans de sobriété déclinés par filière.
- 10 % des eaux usées réutilisées d’ici à 2030, contre moins de 1 % au moment de l’annonce.
- Résorption des fuites sur les réseaux les plus dégradés et sécurisation de l’approvisionnement des communes ayant connu des tensions.
- Généralisation d’une tarification progressive, les premiers mètres cubes étant facturés au plus près du coût.
- Renforcement des plans d’adaptation au changement climatique à l’échelle de chaque grand bassin versant.
La France dispose par ailleurs d’une architecture de gestion ancienne et originale, structurée autour de six agences de l’eau organisées par grand bassin hydrographique, financées par des redevances et appliquant le principe « l’eau paie l’eau ».
Foire aux questions sur la Journée mondiale de l’eau
Quand a lieu la Journée mondiale de l’eau ?
La Journée mondiale de l’eau a lieu le 22 mars de chaque année. Cette date est fixe : elle ne varie pas selon les années et ne dépend d’aucun jour de la semaine. Elle a été retenue par la résolution A/RES/47/193 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 22 décembre 1992, et la première édition s’est tenue le 22 mars 1993.
Qui a créé la Journée mondiale de l’eau et pourquoi ?
La Journée mondiale de l’eau a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, sur recommandation de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement tenue à Rio de Janeiro en juin 1992. Le chapitre 18 d’Action 21, consacré aux ressources en eau douce, proposait explicitement l’institution d’une journée internationale. La résolution A/RES/47/193 a traduit cette recommandation en décision six mois plus tard. Sa coordination est aujourd’hui assurée par ONU-Eau, qui en définit le thème annuel avec un groupe d’experts.
Quel est l’objectif de la Journée mondiale de l’eau ?
L’objectif de la Journée mondiale de l’eau est de sensibiliser à la crise mondiale de l’eau et d’accélérer la réalisation de l’objectif de développement durable n° 6, qui vise l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement d’ici à 2030. Elle sert également de date de publication au Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, et de point de convergence annuel pour les États, les agences onusiennes, les collectivités, les ONG et les entreprises du secteur.
Combien de personnes n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde ?
Selon le rapport 2025 du Programme commun OMS/UNICEF de suivi, qui porte sur les données 2024, 2,1 milliards de personnes — soit une sur quatre — n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, dont 106 millions contraintes de consommer directement des eaux de surface non traitées. Par ailleurs, 3,4 milliards de personnes ne disposent pas d’un assainissement géré en toute sécurité et 1,7 milliard n’ont pas de service d’hygiène de base à domicile.
Quel est le thème de la Journée mondiale de l’eau ?
Le thème de la Journée mondiale de l’eau change chaque année : il est défini par ONU-Eau, en concertation avec un groupe d’experts réunissant une trentaine d’organisations internationales. Les éditions successives ont porté notamment sur l’eau et le climat, l’eau et la paix, les eaux souterraines, la valeur de l’eau, les glaciers ou encore l’égalité des sexes. Le thème retenu est également celui du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau publié la même année.
Comment participer à la Journée mondiale de l’eau en France ?
Pour participer à la Journée mondiale de l’eau en France, plusieurs voies existent : suivre les événements organisés par les agences de l’eau et les collectivités (portes ouvertes de stations d’épuration, conférences, expositions), rejoindre un chantier de nettoyage de berges ou de rivière, relayer la campagne officielle avec le mot-clé #JournéeMondialeDeLEau, ou utiliser les ressources pédagogiques d’ONU-Eau en milieu scolaire. À l’échelle individuelle, la journée est aussi un bon moment pour traquer les fuites domestiques, installer des équipements hydro-économes et vérifier sa consommation réelle.
L’eau, un bien commun qui ne se négocie pas
L’eau ne se remplace pas, ne s’invente pas et ne se fabrique pas. Elle circule, se dégrade, se raréfie — et se partage. Derrière chaque robinet ouvert sans y penser se tiennent des kilomètres de réseau, des décennies d’investissements publics et un écosystème qui, lui, ne dispose d’aucune facture pour se faire entendre.
Le 22 mars ne changera pas à lui seul les 2,1 milliards de personnes privées d’eau potable sûre en une statistique du passé. Mais il rappelle chaque année, avec méthode et données à l’appui, que la crise de l’eau n’est pas une fatalité climatique : c’est d’abord une question d’investissement, de gouvernance et de choix collectifs. Ce 22 mars, prenez cinq minutes pour regarder votre compteur d’eau — et parlez-en autour de vous.
Pour prolonger la lecture, découvrez aussi Journée mondiale des zones humides, Journée mondiale des glaciers.
Retrouvez les événements, anniversaires et fêtes de cette date dans l’éphéméride du 22 mars.
