Chaque année, le 8 juin, la Journée mondiale de l’océan invite les citoyens, les scientifiques, les associations, les entreprises et les gouvernements à mieux comprendre l’importance des milieux marins. Cette journée internationale rappelle que l’océan est indispensable à la vie sur Terre, mais qu’il reste fragilisé par la pollution, la surpêche, le réchauffement climatique et la destruction de nombreux habitats naturels.
L’eau couvre plus de 70 % de la surface de notre planète, et l’océan contribue à la production d’au moins la moitié de l’oxygène que nous respirons, régule le climat et fournit de la nourriture ainsi que des revenus à des milliards de personnes. La Journée mondiale de l’océan constitue donc un rendez-vous essentiel pour sensibiliser le public et encourager des actions concrètes en faveur de sa protection.
Pourquoi célèbre-t-on la Journée mondiale de l’océan le 8 juin ?
L’idée d’organiser une journée consacrée aux océans a été proposée en 1992, à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, plus connue sous le nom de Sommet de la Terre de Rio.
Plusieurs pays et organisations ont ensuite commencé à célébrer cette journée chaque année. Le 5 décembre 2008, l’Assemblée générale des Nations Unies a officiellement désigné le 8 juin comme Journée mondiale de l’océan, par l’adoption de la résolution 63/111. La première célébration officielle organisée sous l’égide des Nations Unies a ainsi eu lieu le 8 juin 2009.
Les principaux objectifs de cette journée sont de :
- faire connaître le rôle essentiel de l’océan dans le fonctionnement de la planète ;
- informer le public sur les conséquences des activités humaines sur les milieux marins ;
- mobiliser les citoyens autour de la protection de l’océan ;
- encourager une gestion durable des ressources marines ;
- soutenir la recherche scientifique et la coopération internationale.
Quel est le thème de la Journée mondiale de l’océan 2026 ?
La Journée mondiale de l’océan 2026 est placée sous le mot d’ordre « Reimagine », que l’on peut traduire en français par « Réinventer » ou « Repenser ».
Ce thème invite l’humanité à repenser sa relation avec l’océan. Pendant longtemps, celui-ci a été considéré comme un espace immense, lointain et presque inépuisable. Pourtant, il est directement lié à l’air que nous respirons, aux aliments que nous consommons, au climat et à l’équilibre des écosystèmes.
La campagne 2026 encourage ainsi chacun à passer du rôle de simple bénéficiaire des richesses marines à celui de gardien actif de l’avenir de l’océan. Elle souligne également la nécessité d’améliorer la coopération entre les États, notamment pour protéger les espaces marins situés au-delà des juridictions nationales.
Pourquoi l’océan est-il indispensable à la vie sur Terre ?
Un régulateur majeur du climat
L’océan joue un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Il absorbe environ 90 % de l’excès de chaleur emprisonné par les gaz à effet de serre. Sans cette capacité naturelle, l’augmentation des températures atmosphériques serait encore plus rapide.
Il absorbe également près d’un quart des émissions de dioxyde de carbone produites par les activités humaines. Ce service naturel contribue à ralentir le changement climatique, mais il entraîne aussi une acidification progressive des eaux marines.
Une source essentielle d’oxygène
Une grande partie de l’oxygène présent dans l’atmosphère est produite par les organismes marins microscopiques, notamment le phytoplancton. Ces organismes réalisent la photosynthèse, comme les plantes terrestres, et participent au renouvellement de l’oxygène indispensable à la vie.
Protéger la santé de l’océan revient donc aussi à préserver les grands mécanismes naturels qui permettent aux êtres vivants de respirer.
Un immense réservoir de biodiversité
Des récifs coralliens aux grandes profondeurs, l’océan abrite une extraordinaire diversité d’espèces animales, végétales et microscopiques. Poissons, mammifères marins, tortues, crustacés, mollusques, algues et coraux forment des écosystèmes complexes et interdépendants.
Une grande partie de cette biodiversité reste encore à découvrir. Selon l’UNESCO, seulement environ 10 % de l’océan a été exploré de manière détaillée. Les profondeurs marines pourraient ainsi abriter de nombreuses espèces encore inconnues de la science.
Une ressource vitale pour les populations
La pêche et l’aquaculture contribuent à l’alimentation de milliards de personnes. Les activités liées à la mer soutiennent également de nombreux emplois dans le transport maritime, le tourisme, la recherche, la construction navale, les énergies marines et les métiers portuaires.
Les écosystèmes côtiers, comme les mangroves, les récifs coralliens et les herbiers marins, protègent aussi certaines populations contre les tempêtes, les vagues et l’érosion.
Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur l’océan ?
La pollution plastique
Les déchets plastiques constituent l’une des formes les plus visibles de pollution marine. Des emballages, des sacs, des bouteilles, des filets de pêche et de minuscules particules de plastique se retrouvent dans toutes les régions du globe, jusque dans les fosses océaniques les plus profondes.
Selon les Nations Unies, le plastique représente environ 85 % des déchets marins. Près de 11 millions de tonnes de plastique pénétreraient chaque année dans les océans. Ces déchets peuvent être avalés par les animaux, provoquer des blessures ou se décomposer en microplastiques qui entrent ensuite dans la chaîne alimentaire.
La surpêche
La pêche excessive fragilise les populations de poissons et perturbe l’équilibre des écosystèmes. D’après le rapport 2025 des Nations Unies sur l’Objectif de développement durable numéro 14, environ 35,5 % des stocks mondiaux de poissons marins évalués étaient surexploités en 2021.
La pêche illégale, non déclarée et non réglementée aggrave également le problème. Elle nuit à la biodiversité, aux économies locales et aux communautés qui dépendent directement des ressources marines.
Le réchauffement et l’acidification de l’océan
En absorbant la chaleur produite par le changement climatique, l’océan se réchauffe. Cette hausse des températures favorise les vagues de chaleur marines, modifie la répartition des espèces et provoque le blanchissement des coraux.
L’absorption du dioxyde de carbone entraîne parallèlement une diminution du pH de l’eau. Cette acidification rend plus difficile la formation des coquilles et des squelettes calcaires de nombreux organismes, notamment les coraux, les mollusques et certains éléments du plancton.
La destruction des habitats marins
L’urbanisation du littoral, certaines méthodes de pêche, les pollutions chimiques, les aménagements portuaires et l’exploitation des ressources naturelles peuvent détruire ou dégrader des habitats essentiels.
Les mangroves, les herbiers marins, les récifs coralliens et les zones humides côtières jouent pourtant un rôle majeur pour la reproduction des espèces, le stockage du carbone et la protection des côtes.
Quelle part de l’océan est aujourd’hui protégée ?
La création d’aires marines protégées permet de préserver certains habitats, de limiter les activités les plus destructrices et d’aider les populations animales à se reconstituer.
Malgré les progrès réalisés, seulement 8,4 % de l’océan était classé en aire marine protégée en 2025, selon les Nations Unies. Ce chiffre reste très éloigné de l’objectif international consistant à protéger 30 % des espaces terrestres et marins d’ici à 2030.
La superficie officiellement protégée ne suffit pas, à elle seule, à mesurer l’efficacité de la conservation. Les zones concernées doivent aussi disposer de règles claires, de moyens de surveillance suffisants et d’une gestion réellement adaptée aux enjeux locaux.
La Décennie des sciences océaniques 2021-2030
Les Nations Unies ont proclamé la période 2021-2030 Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable. Cette initiative est coordonnée par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO.
Son ambition est résumée par la formule : « La science dont nous avons besoin pour l’océan que nous voulons ».
Cette mobilisation internationale vise notamment à :
- améliorer les connaissances sur les écosystèmes marins ;
- développer les systèmes d’observation de l’océan ;
- anticiper les risques liés aux tempêtes, aux tsunamis et à la montée des eaux ;
- concevoir des solutions pour lutter contre la pollution ;
- favoriser une gestion durable des ressources marines ;
- renforcer la coopération entre les scientifiques, les gouvernements et les citoyens.
Les observations et les recherches océaniques sont essentielles pour prévoir les conséquences du changement climatique, orienter les politiques publiques et améliorer la protection des populations côtières.
Comment participer à la Journée mondiale de l’océan ?
La protection de l’océan ne concerne pas uniquement les habitants du littoral. Les déchets abandonnés dans les rues, les produits rejetés dans les canalisations et les pollutions transportées par les rivières peuvent finir leur parcours dans la mer.
À l’occasion du 8 juin, chacun peut agir à son échelle :
- réduire l’utilisation des emballages et des objets en plastique jetable ;
- utiliser une gourde, des sacs réutilisables et des contenants durables ;
- participer au nettoyage d’une plage, d’une rivière ou d’un espace naturel ;
- ne jamais abandonner de déchets dans la nature ;
- choisir des produits de la mer provenant de filières responsables ;
- limiter l’utilisation de produits chimiques susceptibles de polluer les eaux ;
- économiser l’eau et éviter de jeter des médicaments dans les canalisations ;
- visiter un musée maritime, un aquarium ou un centre de découverte de l’environnement ;
- sensibiliser les enfants à la biodiversité marine ;
- soutenir une association engagée dans la protection de l’océan.
Pourquoi parle-t-on de l’océan au singulier ?
On distingue traditionnellement cinq grands océans : l’Atlantique, le Pacifique, l’Indien, l’Arctique et l’océan Austral. Ces différentes étendues d’eau ne sont toutefois pas séparées. Elles communiquent entre elles et forment un océan mondial unique, parcouru par de grands courants.
Employer le mot « océan » au singulier permet donc de rappeler son unité. Une pollution apparue dans une région peut voyager sur de longues distances et affecter des écosystèmes situés à plusieurs milliers de kilomètres.
Une journée pour agir au-delà du 8 juin
La Journée mondiale de l’océan ne doit pas se limiter à une prise de conscience annuelle. Elle rappelle que les choix effectués sur terre ont des conséquences directes sur les mers et les océans.
Réduire nos déchets, consommer de manière plus responsable, soutenir la recherche scientifique et préserver les espaces naturels sont autant de moyens de contribuer à la protection des milieux marins.
Protéger l’océan, c’est préserver le climat, la biodiversité, les ressources alimentaires et l’avenir des générations futures. Le 8 juin est une invitation à réinventer notre relation avec cet immense patrimoine naturel, mais aussi à agir tout au long de l’année.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale de l’océan
Quelle est la date de la Journée mondiale de l’océan ?
La Journée mondiale de l’océan est célébrée chaque année le 8 juin dans de nombreux pays.
Qui a créé la Journée mondiale de l’océan ?
L’idée a été proposée en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio. L’Assemblée générale des Nations Unies a officiellement désigné le 8 juin comme Journée mondiale de l’océan en décembre 2008.
Quel est le thème de la Journée mondiale de l’océan 2026 ?
Le mot d’ordre de l’édition 2026 est « Reimagine ». Il invite à repenser notre relation avec l’océan et à devenir des acteurs de sa protection.
Pourquoi l’océan est-il important pour le climat ?
L’océan absorbe une grande partie de l’excès de chaleur lié aux gaz à effet de serre ainsi qu’une partie du dioxyde de carbone émis par les activités humaines. Il participe ainsi à la régulation du climat mondial.
Comment protéger l’océan au quotidien ?
Il est possible de réduire les plastiques jetables, de trier ses déchets, de consommer des produits de la mer issus de filières responsables, de limiter les produits polluants et de participer à des opérations de nettoyage.
