Chaque 10 juin, la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations invite les États, les institutions éducatives et la société civile à reconnaître la valeur de la diversité des civilisations et à promouvoir le respect mutuel, la tolérance et la solidarité mondiale. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 7 juin 2024, elle est l’une des plus récentes journées internationales du calendrier onusien — et l’une des plus directement liées à la question de la paix.

| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations |
| Date | 10 juin, chaque année |
| Instauration | Résolution A/RES/78/286 de l’Assemblée générale des Nations Unies |
| Date d’adoption | 7 juin 2024, par consensus |
| Initiateur | Chine, avec plus de 80 pays coauteurs |
| Organisation cheffe de file | Nations Unies ; UNESCO et Alliance des civilisations (UNAOC) pour la mise en œuvre |
| Objet | Sensibiliser à la valeur de la diversité des civilisations, promouvoir le dialogue, le respect mutuel, la tolérance et la solidarité mondiale |
| Textes de référence | Charte des Nations Unies (1945), Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations (2001) |
Qu’est-ce que le dialogue entre les civilisations ?
Une notion volontairement ouverte
Le mot « civilisation » n’a pas de définition juridique établie en droit international, ce qui en fait une notion débattue. L’UNESCO le comprend comme un phénomène universel et pluriel, qui n’implique aucune hiérarchie : les civilisations sont interculturelles par essence, façonnées par les échanges, tout en conservant des identités singulières. Autrement dit, il n’existe pas de civilisation « pure » : chacune s’est construite par emprunt, traduction, circulation des techniques, des récits et des croyances.
Le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations, adopté par l’Assemblée générale le 9 novembre 2001 (résolution 56/6), en donne la définition la plus complète à ce jour. Il décrit le dialogue entre les civilisations comme un processus engagé entre les civilisations et en leur sein, fondé sur l’ouverture, et répondant à un désir commun d’apprendre, de découvrir, d’examiner des hypothèses, de mettre en évidence des valeurs fondamentales partagées et de confronter des perspectives diverses.
Dialogue entre civilisations, interculturel, interreligieux
Trois expressions voisines circulent, avec des périmètres distincts :
- Le dialogue entre les civilisations relève du registre politique et diplomatique. Il désigne le rapport entre grands ensembles culturels et historiques et s’adresse d’abord aux États.
- Le dialogue interculturel est le terme opérationnel privilégié par l’UNESCO. Il se mesure, se finance et s’applique à l’échelle d’une école, d’un quartier, d’une ville ou d’un pays.
- Le dialogue interreligieux porte spécifiquement sur les convictions religieuses et les institutions qui les portent. Il constitue un sous-ensemble des deux précédents.
La Journée du 10 juin mobilise les trois, mais son texte fondateur retient explicitement le vocabulaire des civilisations.
Les objectifs du dialogue selon les Nations Unies
Le Programme mondial de 2001 énumère les finalités qui restent la référence de la Journée :
- Promouvoir l’ouverture, l’équité, l’égalité, la justice et la tolérance dans les rapports entre les êtres humains.
- Renforcer la compréhension et le respect mutuels par l’interaction entre les civilisations.
- Faire reconnaître les réalisations civilisationnelles comme patrimoine commun de l’humanité, sans hiérarchie entre elles.
- Prévenir les conflits en substituant l’échange à l’affrontement.
- Associer la génération suivante, que le texte désigne comme la véritable cible du dialogue.
Origine et histoire de la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations
Une réponse au « choc des civilisations »
L’expression « dialogue entre les civilisations » s’est imposée dans le vocabulaire onusien en réaction directe à une thèse académique. En 1993, le politologue américain Samuel Huntington publie dans Foreign Affairs un article intitulé « The Clash of Civilizations? », développé en livre en 1996, qui annonce que les conflits de l’après-guerre froide opposeront des ensembles civilisationnels plutôt que des idéologies ou des États.
Le 21 septembre 1998, devant la 53ᵉ session de l’Assemblée générale, le président iranien Mohammad Khatami propose la contre-thèse : institutionnaliser le dialogue et remplacer l’hostilité et l’affrontement par l’échange et la compréhension. Le 4 novembre 1998, l’Assemblée générale adopte la résolution 53/22 et proclame 2001 Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations.
L’année 2001 sera précisément celle des attentats du 11 septembre. Le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations est adopté deux mois plus tard, le 9 novembre 2001, dans un contexte de polarisation extrême — ce qui explique la solennité de son article premier.
De l’Alliance des civilisations à la résolution 78/286
Le 14 juillet 2005, le Secrétaire général Kofi Annan lance l’Alliance des civilisations, initiative coparrainée par l’Espagne et la Turquie à partir d’une proposition du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero. Un Groupe de haut niveau est constitué, coprésidé par l’ancien directeur général de l’UNESCO Federico Mayor Zaragoza et le ministre d’État turc Mehmet Aydın ; il réunit notamment Mohammad Khatami, Desmond Tutu, l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine et le conseiller royal marocain André Azoulay. L’Alliance devient en 2009 une entité onusienne à part entière (résolution 64/14), dotée d’un Haut Représentant et soutenue par un « Groupe des Amis » réunissant plus de cent pays et organisations internationales.
C’est sur cet héritage que s’appuie la proposition chinoise de 2024. Le 7 juin 2024, l’Assemblée générale adopte par consensus la résolution A/RES/78/286 (projet A/78/L.75), présentée par la Chine et coparrainée par plus de 80 États. Le texte proclame le 10 juin Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations et invite les États membres et les parties prenantes à la commémorer, notamment par des activités éducatives et de sensibilisation, et à partager leurs bonnes pratiques.
La résolution affirme que toutes les réalisations des civilisations constituent l’héritage collectif de l’humanité, souligne l’importance de respecter la diversité des civilisations et met en avant le rôle du dialogue dans le maintien de la paix mondiale, la promotion du développement partagé, l’amélioration du bien-être humain et la réalisation du progrès collectif.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 1993-1996 | Samuel Huntington formule la thèse du « choc des civilisations » |
| 21 septembre 1998 | Mohammad Khatami propose le dialogue entre les civilisations devant l’Assemblée générale |
| 4 novembre 1998 | Résolution 53/22 : 2001 proclamée Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations |
| 2 novembre 2001 | Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle |
| 9 novembre 2001 | Résolution 56/6 : Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations |
| 14 juillet 2005 | Lancement de l’Alliance des civilisations par Kofi Annan |
| 20 octobre 2005 | Adoption de la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles |
| 2009 | Résolution 64/14 : reconnaissance du mandat de l’Alliance des civilisations |
| 2013-2022 | Décennie internationale du rapprochement des cultures, pilotée par l’UNESCO |
| Septembre 2022 | Lancement du Cadre de l’UNESCO pour favoriser le dialogue interculturel |
| 7 juin 2024 | Résolution 78/286 : proclamation de la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations |
L’importance mondiale du dialogue entre les civilisations
Le dialogue, variable de la paix
L’argument le plus fort en faveur de cette Journée n’est pas moral mais statistique. Selon l’UNESCO, 89 % des conflits actuels se déroulent dans des pays où le dialogue interculturel est faible. La corrélation ne prouve pas à elle seule la causalité, mais elle a suffi à faire du dialogue un objet de politique publique mesurable, et non un simple vœu diplomatique.
Le Cadre de l’UNESCO pour favoriser le dialogue interculturel, lancé en septembre 2022 avec le rapport Parlons-en : mesurer le dialogue interculturel pour la paix et l’inclusion, élaboré avec l’Institute for Economics and Peace, s’appuie sur des données issues de 160 pays. Il identifie les conditions structurelles qui rendent le dialogue possible — inclusion et représentation, liberté d’expression, cohésion sociale, gouvernance — plutôt que les seules bonnes intentions.
Diversité culturelle et linguistique : l’état des lieux
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Langues documentées dans le monde | environ 7 000 | UNESCO |
| Langues menacées d’extinction | près de la moitié | UNESCO |
| Part des conflits dans des pays à faible dialogue interculturel | 89 % | UNESCO |
| Pays couverts par le Cadre de l’UNESCO sur le dialogue interculturel | 160 | UNESCO |
| Parties à la Convention de 2005 sur la diversité des expressions culturelles | plus de 150 (États et Union européenne) | UNESCO |
| Musées recensés dans le monde | environ 90 000 | UNESCO |
La Décennie internationale des langues autochtones (2022-2032), proclamée par la résolution 74/135 et pilotée par l’UNESCO, prolonge cette préoccupation : la disparition d’une langue ne retire pas seulement un outil de communication, elle efface un système de représentation du monde et, avec lui, une part du patrimoine dialogique de l’humanité.
Le poids économique de la culture
Le dialogue entre les civilisations passe par des biens et des services qui circulent. Le secteur culturel et créatif représente 3,1 % du PIB mondial et 6,2 % de l’emploi mondial, soit près de 50 millions d’emplois, dont environ la moitié occupés par des femmes. Ces flux — cinéma, édition, musique, patrimoine, jeu vidéo — constituent le canal le plus quotidien par lequel les sociétés se découvrent mutuellement. L’UNESCO alerte cependant sur la persistance de fortes asymétries : les échanges culturels restent très déséquilibrés entre pays développés et pays en développement, ce qui limite l’exposition réelle des populations à la diversité mondiale.
Le dialogue entre les civilisations à travers le monde
L’Alliance des civilisations, bras opérationnel de l’ONU
Basée à New York, l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC) est la principale plateforme onusienne de dialogue interculturel. Elle structure son action autour de cinq domaines : jeunesse, médias, éducation, migration et femmes. Elle organise des Forums mondiaux, des programmes de bourses et des dispositifs de médiation destinés à désamorcer les tensions culturelles et religieuses en mobilisant chefs religieux, associations de terrain et responsables de jeunesse.
L’UNESCO et les instruments normatifs
L’UNESCO agit par le droit autant que par les programmes. La Déclaration universelle sur la diversité culturelle (2001) puis la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005, entrée en vigueur en 2007) ont établi que les biens culturels ne sont pas des marchandises comme les autres et que les États ont le droit souverain de soutenir leurs expressions culturelles. La conférence MONDIACULT 2022, à Mexico, a réuni 150 États et affirmé pour la première fois la culture comme bien public mondial.
Des approches régionales contrastées
- Europe : le Conseil de l’Europe a fait du dialogue interculturel un axe de sa politique dès son Livre blanc de 2008 ; la Fondation Anna Lindh anime le dialogue euro-méditerranéen depuis Alexandrie.
- Monde arabe et Méditerranée : le Cadre de l’UNESCO y a été décliné régionalement dès 2023, dans une zone où les indicateurs de dialogue sont particulièrement dégradés.
- Asie : la Chine, initiatrice de la résolution, inscrit la Journée dans son Initiative pour la civilisation mondiale, annoncée en mars 2023, qui appelle au respect de la diversité des civilisations et au dialogue d’égal à égal.
- Afrique et Amérique latine : la question se pose souvent sous l’angle des langues autochtones, de la restitution du patrimoine et de la reconnaissance des cultures minoritaires.
Le dialogue entre les civilisations en France
Paris, capitale d’un multilatéralisme culturel
La France occupe une position singulière dans ce dossier : le siège de l’UNESCO est installé à Paris, place de Fontenoy, depuis 1958. C’est à Paris qu’ont été adoptées la Déclaration universelle sur la diversité culturelle en 2001 et la Convention sur la diversité des expressions culturelles en 2005 — texte dont la France a été, avec le Canada et la Francophonie, l’un des principaux artisans, dans le prolongement direct de la doctrine dite de l’« exception culturelle ». La France était également représentée au Groupe de haut niveau de l’Alliance des civilisations, par Hubert Védrine.
Le premier réseau culturel du monde
La diplomatie culturelle française constitue le maillage le plus dense de la planète, et un instrument concret de dialogue entre les civilisations.
| Composante | Effectif |
|---|---|
| Services de coopération et d’action culturelle (SCAC) | 137 |
| Instituts français pluridisciplinaires | 96, complétés par 135 antennes |
| Centres culturels binationaux | 6 |
| Alliances françaises dans le monde | 832, dont plus de 380 conventionnées par le ministère |
| Établissements scolaires à programmes français | 540 dans 138 pays |
Source : ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
À ce dispositif s’ajoute l’Organisation internationale de la Francophonie, dont le siège est à Paris et qui réunit 90 États et gouvernements autour de la promotion du plurilinguisme et de la diversité culturelle.
Une société façonnée par les circulations
Le dialogue entre les civilisations n’est pas seulement un sujet de politique étrangère pour la France : c’est une réalité intérieure. Selon l’Insee, les immigrés représentent 11,6 % de la population en 2025. Surtout, parmi les personnes de moins de 60 ans vivant en France métropolitaine, un tiers a une ascendance immigrée en remontant jusqu’aux grands-parents. Les origines se sont diversifiées : 48 % des immigrés sont nés en Afrique, un peu moins d’un tiers en Europe — une part deux fois plus faible qu’en 1975 — et 15 % en Asie.
Le cadre juridique français de la coexistence repose sur la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, qui garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes tout en instaurant la neutralité de l’État. Ce modèle, régulièrement discuté, constitue la contribution propre de la France au débat international sur la manière d’organiser la pluralité des convictions.
Des lieux dédiés au dialogue
Plusieurs institutions françaises incarnent cette vocation et offrent des points d’ancrage naturels pour marquer le 10 juin :
- L’Institut du monde arabe à Paris, fondé en 1980 et inauguré en 1987, conçu comme un lieu de rencontre entre la France et le monde arabe.
- Le musée du quai Branly – Jacques Chirac, ouvert en 2006, consacré aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.
- Le Musée national de l’histoire de l’immigration, au Palais de la Porte Dorée, ouvert en 2007 et entièrement rénové depuis.
- Le Collège de France, le Musée Guimet ou l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), qui enseigne plus d’une centaine de langues.
Défis et enjeux contemporains
Une notion contestée
La Journée n’a pas fait l’unanimité intellectuelle, même adoptée par consensus. Lors de l’adoption, la délégation des États-Unis a salué l’appel aux échanges interculturels tout en relevant que le mot « civilisation » n’a pas de sens clairement défini en droit international ni dans le système des Nations Unies. La critique est de fond : raisonner par blocs civilisationnels risque de reconduire la géographie mentale du « choc des civilisations » que la Journée entend précisément combattre. C’est pourquoi l’UNESCO privilégie, dans ses programmes, le vocabulaire du dialogue interculturel.
S’y ajoute une lecture géopolitique : la Journée procède d’une initiative chinoise explicitement rattachée à l’Initiative pour la civilisation mondiale. Certains observateurs y voient l’inscription d’un cadre conceptuel national dans l’agenda multilatéral ; d’autres soulignent que le très large coparrainage — plus de 80 États — et l’adoption sans vote traduisent une convergence réelle.
Polarisation numérique et discours de haine
Les plateformes numériques ont démultiplié la portée du discours de haine et la vitesse de propagation des représentations hostiles. Les Nations Unies ont fait de la lutte contre les discours de haine une priorité transversale, avec une stratégie et un plan d’action dédiés. Le défi est structurel : les mécanismes d’amplification algorithmique favorisent les contenus clivants, tandis que les espaces de dialogue patient, lents par nature, ne trouvent guère de public.
Patrimoine et mémoire sous tension
La destruction délibérée de sites, de bibliothèques et de lieux de culte lors des conflits contemporains constitue une attaque directe contre la possibilité même du dialogue : elle vise à effacer les traces matérielles des cohabitations passées. À l’inverse, les questions de restitution des biens culturels et de reconnaissance des mémoires coloniales sont devenues, en France comme ailleurs, un terrain concret — et parfois conflictuel — où se joue la crédibilité du discours sur l’égale dignité des civilisations.

Comment participer à la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations
La résolution 78/286 invite explicitement les États membres et les parties prenantes à commémorer la Journée par des activités éducatives et de sensibilisation, et à partager leurs bonnes pratiques.
Dans les institutions
- Un événement de haut niveau est organisé chaque 10 juin au Siège des Nations Unies à New York, complété par des célébrations à l’Office des Nations Unies à Genève.
- Les Instituts français, Alliances françaises et centres culturels binationaux peuvent programmer rencontres, expositions ou débats sur la circulation des savoirs entre aires culturelles.
- Les universités et centres de recherche organisent conférences et tables rondes, notamment autour des études aréales et de l’histoire connectée.
Dans les établissements scolaires
- Travailler sur les emprunts linguistiques : montrer combien de mots du français quotidien viennent de l’arabe, du persan, de l’italien, du néerlandais ou des langues d’Afrique de l’Ouest.
- Retracer la trajectoire d’un objet, d’une technique ou d’un aliment (le papier, le zéro, le café, la boussole) à travers les civilisations qui l’ont transmis et transformé.
- Étudier une période de contact intense : al-Andalus, la route de la soie, l’école de traduction de Tolède, les échanges méditerranéens.
À titre individuel
- Visiter un musée de civilisations, une exposition ou un lieu de culte ouvert au public.
- Lire un ouvrage traduit d’une langue peu représentée dans l’édition française.
- Assister à une rencontre interculturelle ou interreligieuse locale.
- Relayer la Journée sur les réseaux sociaux, notamment avec le mot-clé #DialogueAmongCivilizations.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 10 juin.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, Journée internationale du vivre-ensemble en paix.
Foire aux questions
Quand a lieu la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations ?
La Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations a lieu le 10 juin de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années ni selon les pays.
Qui a créé la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations ?
La Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui l’a proclamée le 7 juin 2024 par la résolution A/RES/78/286, adoptée par consensus. Le projet de texte avait été présenté par la Chine et coparrainé par plus de 80 États membres.
Pourquoi la date du 10 juin a-t-elle été retenue ?
La date du 10 juin ne fait l’objet d’aucune justification historique explicite, ni dans la résolution 78/286 ni sur la page officielle des Nations Unies consacrée à la Journée. Elle ne commémore donc pas un anniversaire particulier, contrairement à d’autres journées internationales. On observe seulement qu’elle suit de trois jours l’adoption de la résolution, le 7 juin 2024.
Quelle est la différence entre dialogue entre les civilisations et dialogue interculturel ?
La différence entre dialogue entre les civilisations et dialogue interculturel tient au niveau d’analyse. Le dialogue entre les civilisations relève du langage diplomatique et met en rapport de grands ensembles culturels et historiques, avec les États comme interlocuteurs principaux. Le dialogue interculturel est le terme opérationnel de l’UNESCO : il s’applique à des groupes concrets, se mesure au moyen d’indicateurs et se déploie dans les écoles, les médias, les villes et les politiques publiques.
Que dit exactement la résolution 78/286 ?
La résolution 78/286 affirme que toutes les réalisations des civilisations constituent l’héritage collectif de l’humanité, souligne l’importance de respecter la diversité des civilisations et reconnaît le rôle essentiel du dialogue dans la promotion des valeurs universelles énoncées dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle proclame le 10 juin Journée internationale et invite les États membres et les autres parties prenantes à la célébrer, notamment par des activités éducatives et de sensibilisation.
Comment participer à la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations ?
Pour participer à la Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations, il est possible d’assister aux événements organisés par les Nations Unies, l’UNESCO ou les réseaux culturels nationaux, de visiter un musée de civilisations, de mener en classe un travail sur les emprunts linguistiques et les circulations de techniques, de lire une œuvre traduite d’une langue peu diffusée, ou de participer à une rencontre interculturelle locale. Les Nations Unies encouragent particulièrement les initiatives éducatives et le partage de bonnes pratiques entre organisations.
Aucune civilisation ne s’est construite seule. Le papier, le chiffre zéro, la boussole, l’imprimerie, les textes de l’Antiquité grecque revenus en Europe par les traducteurs de Bagdad, de Cordoue et de Tolède : tout ce qui compose notre présent est le produit de mains successives qui ne parlaient pas la même langue. Le 10 juin ne demande pas de renoncer à ce que l’on est, mais de reconnaître ce que l’on doit aux autres. C’est une exigence modeste, et sans doute la plus difficile à tenir.
