Chaque 15 juillet, la Journée mondiale des compétences des jeunes rappelle une évidence trop souvent négligée : sans compétences reconnues, il n’y a ni emploi décent, ni autonomie, ni projet de vie. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2014 sur une initiative du Sri Lanka, cette journée internationale met à l’honneur l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) comme voie d’accès au monde du travail. Elle est portée conjointement par l’UNESCO — via son centre international UNESCO-UNEVOC installé à Bonn — l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse.

Derrière la date, un constat chiffré : en 2025, 67 millions de jeunes de 15 à 24 ans étaient au chômage dans le monde, et un jeune sur cinq ne se trouvait ni en emploi, ni en études, ni en formation. En France, le taux de chômage des 15-24 ans atteignait 21,6 % au deuxième trimestre 2026. La Journée mondiale des compétences des jeunes n’est donc pas une célébration symbolique : c’est un rendez-vous de mobilisation.
| Repère | Information |
|---|---|
| Date | 15 juillet (date fixe) |
| Nom officiel | Journée mondiale des compétences des jeunes |
| Nom anglais | World Youth Skills Day (WYSD) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution | A/RES/69/145, adoptée le 18 décembre 2014 |
| État initiateur | Sri Lanka (avec le soutien du Portugal) |
| Première édition | 15 juillet 2015 |
| Chefs de file | UNESCO / UNESCO-UNEVOC, OIT, Bureau des Nations Unies pour la jeunesse |
| Objectifs de développement durable | ODD 4 (éducation de qualité, cible 4.4) et ODD 8 (travail décent) |
| Mot-clé réseaux sociaux | #WYSD |
C’est quoi, les « compétences des jeunes » ?
L’expression recouvre bien davantage qu’un diplôme. Dans le vocabulaire des Nations Unies, les compétences désignent l’ensemble des savoirs, savoir-faire et savoir-être qui permettent à une personne d’accéder à un emploi décent, de créer son activité et de participer à la vie de la société.
Les organisations internationales distinguent classiquement plusieurs familles de compétences :
- Compétences techniques et professionnelles : maîtrise d’un métier, d’un geste, d’un outil ou d’un procédé (soudure, cuisine, comptabilité, électricité, coiffure, mécanique…).
- Compétences numériques : usage courant des outils informatiques, culture des données, cybersécurité de base, et désormais compréhension des systèmes d’intelligence artificielle.
- Compétences vertes : aptitudes liées à la transition écologique, aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique, à l’économie circulaire.
- Compétences socio-émotionnelles et transversales : communication, travail en équipe, résolution de problèmes, capacité d’adaptation, esprit critique.
- Compétences entrepreneuriales et civiques : capacité à monter un projet, à gérer un budget, à s’engager dans la vie collective.
L’EFTP, colonne vertébrale de la Journée mondiale des compétences des jeunes
L’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) — TVET en anglais — désigne l’ensemble des dispositifs qui préparent directement à l’exercice d’un métier : lycées professionnels, centres d’apprentissage, formations en alternance, formation en situation de travail, certification des acquis. C’est le pilier opérationnel de la journée.
Son intérêt tient à trois propriétés que les Nations Unies mettent régulièrement en avant : l’EFTP réduit les obstacles d’accès au marché du travail grâce à la formation en situation réelle ; il permet la reconnaissance et la certification des compétences acquises ; et il s’adresse aussi aux publics les plus éloignés de l’emploi — jeunes déscolarisés, personnes peu qualifiées, jeunes en situation de NEET.
Origine et histoire de la Journée mondiale des compétences des jeunes
La création de la journée en 2014
Le 18 décembre 2014, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte par consensus la résolution A/RES/69/145, qui proclame le 15 juillet Journée mondiale des compétences des jeunes. Le texte est porté par le Sri Lanka, qui en a été l’initiateur et le principal artisan diplomatique, avec l’appui d’un large groupe d’États coauteurs. Depuis, le Portugal et le Sri Lanka coprésident traditionnellement les événements organisés au siège des Nations Unies à New York.
Le contexte de 2014 explique largement la démarche. L’année 2015 devait marquer l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le développement et l’adoption de l’Agenda 2030. La scolarisation avait progressé partout dans le monde, mais sans se traduire mécaniquement par un accès à l’emploi : des millions de jeunes diplômés se retrouvaient sans perspective professionnelle. La création de la journée répond à ce décalage entre l’élévation des niveaux d’éducation et la stagnation de l’insertion.
La première célébration a lieu le 15 juillet 2015, sur le thème des compétences des jeunes pour le travail et la vie dans le programme de développement pour l’après-2015.
Les objectifs de la Journée mondiale des compétences des jeunes
- Sensibiliser aux besoins de formation : convaincre gouvernements, entreprises et sociétés civiles que l’investissement dans les compétences est une priorité stratégique, et non une dépense.
- Revaloriser l’EFTP : rompre avec la hiérarchie implicite qui place la formation professionnelle en dessous des filières générales.
- Favoriser la transition école-travail : réduire la durée et la brutalité du passage entre le système éducatif et le premier emploi durable.
- Promouvoir le travail décent : rappeler que l’accès à un emploi ne suffit pas si celui-ci est informel, précaire ou sous-rémunéré.
- Donner la parole aux jeunes : associer directement les intéressés à la définition des politiques de formation qui les concernent.
Chronologie repère
| Date | Étape |
|---|---|
| Décembre 2014 | Adoption par consensus de la résolution A/RES/69/145 par l’Assemblée générale de l’ONU |
| 15 juillet 2015 | Première Journée mondiale des compétences des jeunes |
| Septembre 2015 | Adoption de l’Agenda 2030 ; la cible 4.4 de l’ODD 4 consacre les compétences techniques et professionnelles |
| 2020 | Création de l’Académie mondiale des compétences de l’UNESCO ; l’édition se tient à distance en contexte de pandémie |
| 2024 | Dixième anniversaire de la résolution ; thème consacré aux compétences des jeunes au service de la paix et du développement |
| 15 juillet 2025 | Dixième édition de la journée ; thème centré sur l’autonomisation des jeunes par l’intelligence artificielle et les compétences numériques |
| 15 juillet 2026 | Édition placée sous le thème « Des compétences pour un avenir commun », avec un webinaire international organisé par UNESCO-UNEVOC depuis Bonn |
Importance et impact : ce que disent les chiffres
Un chômage des jeunes qui repart à la hausse
Le rapport de l’OIT Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026 : retours vers le futur, publié le 11 août 2026, marque un tournant. Après le reflux post-pandémie, la dégradation reprend.
| Indicateur mondial | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Taux de chômage des 15-24 ans (2025) | 12,4 % (contre 12,3 % en 2024) | OIT, 2026 |
| Nombre de jeunes chômeurs | 67 millions | OIT, 2026 |
| Part des jeunes NEET | 20 %, soit plus de 257 millions de personnes | OIT, 2026 |
| Sous-régions en hausse (2023-2025) | 8 sur 11 | OIT, 2026 |
| Taux le plus élevé : États arabes | 26,2 % | OIT, 2026 |
| Taux le plus élevé : Afrique du Nord | 22,6 % | OIT, 2026 |
| Prévision 2026 et 2027 | 12,3 % (stabilisation) | OIT, 2026 |
Le signal d’alarme tient moins au niveau absolu qu’à la simultanéité : quand le chômage des jeunes et la proportion de NEET progressent ensemble, c’est que le problème n’est plus seulement conjoncturel. Les États arabes et l’Afrique du Nord concentrent les situations les plus dégradées, avec au moins un jeune sur trois en situation de NEET.
Une inadéquation croissante entre formation et marché du travail
Les données rassemblées par les Nations Unies dessinent un écart structurel entre ce que les jeunes apprennent et ce que les employeurs recherchent.
| Constat | Chiffre |
|---|---|
| Enfants et jeunes non scolarisés dans le monde | 273 millions |
| Compétences actuelles ne correspondant plus aux besoins du marché du travail | 40 % |
| Emplois qui auront changé d’ici 2030 sous l’effet des bouleversements technologiques | 22 % |
| Étudiants ne se sentant pas préparés à un monde du travail structuré par l’IA | 86 % |
| Jeunes économiquement exclus faute de compétences adaptées | 70 %, soit 450 millions |
| Emplois pour les jeunes potentiellement créés par les secteurs verts et bleus d’ici 2030 | 8,4 millions |
L’intelligence artificielle, variable d’incertitude
L’OIT estime que 6,1 % des emplois occupés par les 15-29 ans relèvent de professions fortement exposées aux transformations liées à l’intelligence artificielle. Il s’agit notamment des emplois administratifs et de bureau, historiquement utilisés comme portes d’entrée dans la vie active. Or ces postes déclinent déjà, de même que certains emplois de vente et de production industrielle. Le mécanisme est préoccupant : ce ne sont pas seulement des emplois qui disparaissent, mais des marches de l’escalier professionnel.
Un enjeu de cohésion sociale, pas seulement économique
Une génération privée d’accès au travail décent ne perd pas uniquement du revenu. Elle perd de la capacité à se projeter, à s’installer, à fonder un foyer, à s’engager. Les pays, eux, perdent des talents, de la productivité et de la cohésion sociale. C’est le raisonnement défendu par l’OIT : créer des emplois décents pour les jeunes relève autant de l’impératif social que de l’investissement économique rationnel.
Les compétences des jeunes à travers le monde
Des modèles de formation professionnelle très contrastés
Il n’existe pas un modèle unique d’EFTP. Les systèmes nationaux se répartissent schématiquement en trois familles.
- Le modèle dual germanique (Allemagne, Autriche, Suisse) repose sur une alternance forte entre entreprise et centre de formation, pilotée conjointement par l’État, les branches professionnelles et les partenaires sociaux. Il produit des taux de chômage des jeunes parmi les plus bas d’Europe.
- Le modèle scolaire (France, Italie, Espagne, une partie de l’Amérique latine) confie l’essentiel de la formation professionnelle à des établissements scolaires, l’entreprise intervenant par des stages ou une alternance plus tardive.
- Les systèmes à dominante informelle (nombreux pays d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud) reposent largement sur l’apprentissage traditionnel auprès d’un maître artisan, souvent hors de tout cadre certifiant.
Des inégalités régionales et de genre persistantes
Les écarts régionaux sont considérables : là où plusieurs économies d’Asie de l’Est affichent des taux de chômage des jeunes modérés, les États arabes dépassent les 26 %. La dimension de genre reste un angle mort majeur. À l’échelle mondiale, la situation de NEET touche nettement plus les jeunes femmes que les jeunes hommes, en raison notamment des charges familiales non partagées et des normes sociales limitant l’accès des filles à la formation technique. Les Nations Unies rappellent que, dans de nombreux pays, moins de 1 % des femmes pauvres vivant en milieu rural achèvent leurs études secondaires.
Le réseau UNEVOC, infrastructure mondiale de l’EFTP
Le Centre international UNESCO-UNEVOC, basé à Bonn, anime un réseau de centres nationaux répartis sur les cinq continents. Il produit des référentiels, documente les systèmes nationaux, organise des formations de formateurs et coordonne chaque année les activités du 15 juillet. C’est l’opérateur technique principal de la journée.
Défis et enjeux contemporains
La double transition numérique et écologique
Les jeunes entrent sur un marché du travail traversé par deux transformations simultanées. L’automatisation et l’IA reconfigurent les métiers de service et de bureau ; la transition écologique fait émerger des besoins massifs dans la rénovation énergétique, les réseaux électriques, la maintenance d’équipements renouvelables ou la gestion de l’eau. Le risque n’est pas la disparition du travail, mais un décalage temporel : les compétences vertes manquent au moment précis où les compétences administratives deviennent surabondantes.
La qualité de l’emploi, angle mort du débat
Réduire le chômage ne suffit pas. Plus de la moitié des jeunes travailleurs dans le monde occupent un emploi informel, et dans les pays à faible revenu, trois sur quatre ne disposent que du travail indépendant de subsistance ou d’emplois temporaires. Les Nations Unies insistent sur le fait que les emplois créés par les secteurs verts doivent s’accompagner de conditions décentes : égalité salariale, négociation collective, protection contre le harcèlement.
Le déficit de reconnaissance des qualifications
Un apprentissage acquis sur le tas ou dans un cadre informel n’ouvre aucune porte s’il n’est pas certifié. La validation des acquis et la portabilité des qualifications entre pays restent des chantiers largement inaboutis, alors même que les mobilités professionnelles des jeunes s’intensifient.
Le déficit d’image de la voie professionnelle
Dans de nombreux pays, dont la France, l’orientation vers la filière professionnelle demeure perçue comme un choix par défaut plutôt que comme un projet. Cette hiérarchie symbolique décourage des vocations et prive des secteurs entiers — bâtiment, industrie, soin, artisanat — de la main-d’œuvre qualifiée dont ils manquent.

Comment participer à la Journée mondiale des compétences des jeunes
Les événements institutionnels
Le 15 juillet donne lieu chaque année à un événement phare organisé par UNESCO-UNEVOC depuis Bonn, généralement sous forme de webinaire international réunissant représentants gouvernementaux, éducateurs, employeurs, réseaux de jeunes et partenaires de développement. Un débat de haut niveau se tient parallèlement au siège des Nations Unies à New York, coprésidé par les missions permanentes du Portugal et du Sri Lanka, en lien avec l’UNESCO, l’OIT et le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse.
Édition 2026 : le webinaire se tient le 15 juillet 2026, de 10 h 00 à 12 h 30 (heure de Bonn), sous le thème « Des compétences pour un avenir commun ».
Les initiatives des établissements et des entreprises
- Journées portes ouvertes dans les lycées professionnels, CFA et centres de formation.
- Ateliers de découverte des métiers animés par des professionnels en exercice.
- Job dating et forums de l’alternance organisés par les branches professionnelles.
- Témoignages d’anciens apprentis dans les collèges, pour agir sur l’orientation en amont.
- Consultations de jeunes : l’UNESCO recueille régulièrement les visions, priorités et attentes de jeunes de 15 à 29 ans pour alimenter les débats du 15 juillet.
Agir à son échelle
- Proposer un stage ou une alternance dans sa structure, même petite.
- Devenir maître d’apprentissage ou tuteur et transmettre un savoir-faire.
- Parrainer un jeune via une mission locale, une association d’insertion ou un réseau professionnel.
- Relayer la journée en ligne avec le mot-clé #WYSD.
- Valoriser un métier manuel ou technique auprès des jeunes de son entourage, en parlant concrètement du geste, du salaire et des perspectives.
Focus France : la formation professionnelle des jeunes en question
Un marché du travail qui se referme sur les jeunes
La situation française est plus dégradée que la moyenne mondiale et se détériore rapidement.
| Indicateur France | Valeur | Période |
|---|---|---|
| Taux de chômage des 15-24 ans | 21,6 % (+2,5 points sur un an) | T2 2026, INSEE |
| Taux de chômage, toutes classes d’âge | 8,3 % | T2 2026, INSEE |
| Taux de chômage des 15-24 ans, moyenne annuelle | 19,8 % | 2025, INSEE |
| Part des 15-29 ans NEET | 13,3 % | T2 2026, INSEE |
| Taux de chômage des 25-49 ans | 7,5 % | T2 2026, INSEE |
L’écart est frappant : le chômage des jeunes français dépasse de près de neuf points la moyenne mondiale calculée par l’OIT. L’INSEE relève par ailleurs que, depuis l’entrée en vigueur de la loi pour le plein emploi en janvier 2025, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans inscrits à France Travail contribuent pour près de la moitié à la hausse du taux de chômage — un effet en partie statistique lié à l’élargissement de l’inscription obligatoire.
L’apprentissage : après l’envolée, le retournement
L’apprentissage a été le grand levier français de la décennie 2015-2024, porté par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui a libéralisé l’ouverture des centres de formation d’apprentis et créé France compétences. Les aides massives à l’embauche ont fait exploser les effectifs.
L’année 2025 marque une inflexion nette :
| Donnée | 2025 |
|---|---|
| Contrats d’apprentissage débutés (privé + public) | 846 700 (-5 % sur un an) |
| Contrats en cours au 31 décembre | 1 017 500 (-3 % sur un an) |
| Part des contrats concernant des hommes | 55 % |
| Recul dans l’enseignement supérieur | -7,8 % |
Source : DARES, estimations publiées le 27 février 2026.
C’est la première baisse des entrées depuis une décennie. Le seuil symbolique du million d’apprentis reste franchi, mais la dynamique s’inverse, principalement sous l’effet de la réduction des aides à l’embauche et de la participation obligatoire de 750 euros demandée aux employeurs depuis le 1er juillet 2025 pour les formations de niveau bac+3 et au-delà. La dépendance du modèle français aux subventions publiques apparaît au grand jour.
Le lycée professionnel, une filière qui se redresse
Contre-courant intéressant : alors que les effectifs du second degré reculent globalement, la voie professionnelle progresse. À la rentrée 2025, les établissements publics et privés sous contrat accueillent 5,621 millions d’élèves dans le second degré (-0,3 %), mais les formations professionnelles gagnent 11 500 élèves (+1,8 %), une hausse renforcée par le recul des sorties en cours de formation. La réforme du lycée professionnel engagée en 2023 — gratification des périodes de stage, parcours différenciés en terminale, bureaux des entreprises — semble avoir amélioré l’attractivité et la persévérance scolaire.
La France compte plus de 550 diplômes professionnels gérés par l’Éducation nationale, du CAP au BTS, préparables par voie scolaire, par apprentissage, en formation continue ou par validation des acquis de l’expérience.
Les dispositifs d’accompagnement
- Le Contrat d’engagement jeune (CEJ), créé le 1er mars 2022 en remplacement de la Garantie jeunes, s’adresse aux 16-25 ans (29 ans pour les travailleurs handicapés) en difficulté d’insertion. Il propose un accompagnement intensif de 15 à 20 heures hebdomadaires sur 6 à 12 mois, assorti d’une allocation pouvant atteindre 561,68 euros par mois. 289 500 entrées ont été enregistrées en 2025, dont 201 000 en missions locales et 88 600 à France Travail.
- Le réseau des missions locales constitue le maillage territorial de proximité pour l’accompagnement des jeunes éloignés de l’emploi.
- La plateforme « 1 jeune, 1 solution » oriente vers les offres d’alternance, de formation et d’accompagnement.
WorldSkills France, la vitrine de l’excellence professionnelle
Anciennement Olympiades des métiers, la compétition WorldSkills met en scène le savoir-faire de jeunes professionnels de moins de 23 ans dans plus de 60 métiers : maçonnerie, bijouterie, pâtisserie, électronique, peinture automobile, art floral, solutions logicielles… Le parcours se déroule en trois temps — sélections régionales, finales nationales, compétition internationale.
Les finales nationales de la 48e édition se sont tenues à Marseille en octobre 2025. 36 champions de France, issus de 10 régions, représentent la France à la compétition mondiale de Shanghai en septembre 2026. La 49e édition est lancée, avec des finales nationales prévues à Orléans en octobre 2027 et une compétition mondiale à Aichi (Japon) en novembre 2028. Le dispositif Parcours+ / Abilympics ouvre par ailleurs la compétition aux personnes en situation de handicap, sans limite d’âge.
Cette compétition constitue le meilleur outil français de revalorisation symbolique des métiers techniques : elle donne à voir le geste professionnel comme une performance, et non comme un pis-aller.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 15 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de l’éducation, Journée des micro-, petites et moyennes entreprises, Journée internationale de l’apprentissage numérique.
Foire aux questions sur la Journée mondiale des compétences des jeunes
Quand a lieu la Journée mondiale des compétences des jeunes ?
La Journée mondiale des compétences des jeunes a lieu chaque année le 15 juillet. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années ni selon les pays. Elle a été célébrée pour la première fois le 15 juillet 2015.
Qui a créé la Journée mondiale des compétences des jeunes et pourquoi ?
La Journée mondiale des compétences des jeunes a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a adopté par consensus la résolution A/RES/69/145 le 18 décembre 2014. L’initiative a été portée par le Sri Lanka, avec le soutien du Portugal et d’un large groupe d’États. L’objectif est de célébrer l’importance stratégique de doter les jeunes des compétences nécessaires à l’emploi, au travail décent et à l’entrepreneuriat, à un moment où l’élévation générale du niveau d’éducation ne se traduisait pas par une amélioration de l’insertion professionnelle.
Qu’est-ce que l’EFTP mis à l’honneur par la Journée mondiale des compétences des jeunes ?
L’EFTP — enseignement et formation techniques et professionnels — désigne l’ensemble des dispositifs préparant directement à l’exercice d’un métier : lycées professionnels, centres de formation d’apprentis, alternance, formation en situation de travail. C’est le cœur de la Journée mondiale des compétences des jeunes. L’EFTP permet de réduire les obstacles d’accès au marché du travail, de faire reconnaître et certifier les compétences acquises, et de toucher des publics éloignés de l’emploi : jeunes déscolarisés, personnes peu qualifiées, jeunes en situation de NEET.
Que signifie « NEET » et combien de jeunes sont concernés ?
NEET est l’acronyme anglais de Neither in Employment, nor in Education or Training : ni en emploi, ni en études, ni en formation. À l’échelle mondiale, la part des jeunes NEET atteint 20 % en 2025, soit plus de 257 millions de personnes, selon l’OIT. En France, la part des 15-29 ans en situation de NEET s’établit à 13,3 % au deuxième trimestre 2026 selon l’INSEE, un niveau supérieur à la moyenne de l’Union européenne.
Quel est le taux de chômage des jeunes en France et dans le monde ?
Le taux de chômage des jeunes atteint 12,4 % dans le monde en 2025, soit environ 67 millions de personnes de 15 à 24 ans, d’après le rapport de l’OIT Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026. En France, le taux de chômage des 15-24 ans s’établit à 21,6 % au deuxième trimestre 2026 selon l’INSEE, en hausse de 2,5 points sur un an. L’écart entre la France et la moyenne mondiale approche donc neuf points, ce qui fait de l’insertion professionnelle des jeunes un enjeu national de premier plan.
Comment participer à la Journée mondiale des compétences des jeunes ?
Il est possible de participer à la Journée mondiale des compétences des jeunes en s’inscrivant au webinaire international organisé par UNESCO-UNEVOC depuis Bonn, en rejoignant les journées portes ouvertes des lycées professionnels et centres de formation d’apprentis, ou en participant aux forums de l’alternance. À titre individuel, les leviers les plus efficaces restent concrets : proposer un stage ou une alternance, devenir maître d’apprentissage, parrainer un jeune via une mission locale, ou simplement relayer la journée sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #WYSD.
Les compétences, première monnaie de l’autonomie
Il y a quelque chose de profondément juste dans l’intuition qui a présidé à la création de cette journée : une compétence, contrairement à un emploi, ne se perd pas. Elle se transporte, se transmet, se réactualise. C’est le seul capital qu’un jeune emporte partout avec lui, y compris lorsque le marché du travail se dérobe.
Le 15 juillet ne réglera pas le chômage des jeunes. Mais il rappelle à qui veut l’entendre que derrière chaque statistique se trouve un geste à apprendre, un métier à transmettre, un tuteur à trouver. Ouvrir une porte d’atelier, signer un contrat d’apprentissage, expliquer son métier à un collégien : c’est à cette échelle-là que la Journée mondiale des compétences des jeunes se joue vraiment.
