Chaque 7 juillet, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la langue kiswahili. Proclamée par l’UNESCO en novembre 2021, puis consacrée par l’Assemblée générale des Nations Unies en juillet 2024, cette journée honore la première langue africaine à obtenir une journée internationale au sein du système onusien. Langue véhiculaire de l’Afrique de l’Est, centrale et australe, le kiswahili est aussi langue de travail de l’Union africaine et, depuis novembre 2025, septième langue officielle de la Conférence générale de l’UNESCO.

| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale de la langue kiswahili |
| Date | 7 juillet (date fixe) |
| Proclamation UNESCO | 41ᵉ Conférence générale, novembre 2021 — résolution 41 C/61 |
| Consécration ONU | Résolution A/RES/78/312, adoptée le 1ᵉʳ juillet 2024 |
| Première célébration | 7 juillet 2022 |
| Portée | Mondiale |
| Famille linguistique | Bantoue (groupe sabaki, sous-groupe nord-est côtier) |
| Locuteurs | Plus de 200 millions selon l’ONU (voir nuances plus bas) |
| Statuts institutionnels | Union africaine, Communauté d’Afrique de l’Est (CAE/EAC), SADC, UNESCO |
| Objectif | Promouvoir le multilinguisme, la diversité culturelle et l’unité panafricaine |
C’est quoi le kiswahili ?
Le kiswahili — appelé simplement « swahili » en français courant — est une langue bantoue née sur la façade maritime de l’Afrique de l’Est. Son nom dit son origine : il dérive de l’arabe sawāḥil (سواحل), « les côtes, les rivages », auquel s’ajoute le préfixe de classe bantou ki- qui désigne une langue. Kiswahili signifie donc littéralement « la langue de la côte ».
Cette étymologie résume la nature profonde de la langue : une grammaire et une structure entièrement bantoues, enrichies d’un lexique de contact venu de l’arabe, du persan, de l’hindoustani, du portugais, de l’allemand et de l’anglais au fil de siècles d’échanges commerciaux dans l’océan Indien.
Une langue véhiculaire avant tout
Le kiswahili présente une caractéristique rare parmi les grandes langues du monde : la très large majorité de ses locuteurs ne l’ont pas pour langue maternelle. Langue première d’une population côtière relativement restreinte (de la Somalie méridionale au nord du Mozambique, en incluant Zanzibar, Lamu et les Comores), elle s’est diffusée vers l’intérieur du continent au XVIIIᵉ et surtout au XIXᵉ siècle par les routes caravanières, avant d’être adoptée comme langue d’administration, d’école et de politique.
Ce qui la rend accessible
- Orthographe phonétique : ce qui s’écrit se prononce, sans exception notable
- Accent tonique régulier : toujours sur l’avant-dernière syllabe
- Absence de tons lexicaux, contrairement à de nombreuses langues africaines
- Structure agglutinante et régulière : les classes nominales et les accords fonctionnent selon des règles systématiques
- Pas de genre grammatical au sens européen
Ces propriétés expliquent que le kiswahili soit régulièrement présenté comme l’une des langues africaines les plus abordables pour un débutant.
Quelques mots passés dans l’usage mondial
| Mot kiswahili | Sens | Diffusion |
|---|---|---|
| safari | voyage, expédition | Passé tel quel en français et en anglais |
| hakuna matata | « il n’y a pas de problèmes » | Popularisé par le cinéma d’animation |
| simba | lion | Connu du grand public |
| rafiki | ami | Idem |
| uhuru | liberté | Slogan des indépendances est-africaines |
| harambee | « tirons ensemble » | Devise nationale du Kenya |
| jambo / karibu | bonjour / bienvenue | Formules touristiques |
Origine et histoire de la Journée mondiale de la langue kiswahili
Pourquoi le 7 juillet ?
La date n’est pas arbitraire. Le 7 juillet 1954, la Tanganyika African National Union (TANU), parti indépendantiste fondé par Julius Nyerere, adopte le kiswahili comme langue du mouvement et outil de la lutte pour l’indépendance du Tanganyika, alors sous tutelle britannique. Ce choix stratégique a été déterminant : dans un territoire comptant plus de cent langues, le kiswahili offrait un dénominateur commun échappant à la langue du colonisateur.
En Afrique de l’Est, le 7 juillet est connu sous le nom de Saba Saba — « sept sept » en kiswahili. La date est fériée en Tanzanie ; au Kenya, elle est associée aux manifestations pro-démocratiques du 7 juillet 1990.
Création de la journée
La proclamation s’inscrit dans un cadre onusien préexistant : la résolution 71/328 de l’Assemblée générale, du 11 septembre 2017, consacrée au multilinguisme, invitait à étendre la logique des journées linguistiques au-delà des seules langues officielles de l’ONU, afin de mieux faire connaître leur histoire, leur culture et leurs usages.
C’est sur cette base que la 41ᵉ session de la Conférence générale de l’UNESCO, en novembre 2021, adopte la résolution 41 C/61, à la demande de la Tanzanie. Le texte reconnaît le rôle du kiswahili dans la promotion de la diversité culturelle, la sensibilisation et le dialogue entre les civilisations, et proclame le 7 juillet de chaque année Journée mondiale de la langue kiswahili. Le kiswahili devient la première langue africaine à bénéficier d’une telle reconnaissance dans le système des Nations Unies.
La consécration par l’Assemblée générale
Le 1ᵉʳ juillet 2024, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte par consensus la résolution A/RES/78/312, présentée par la Tanzanie et le Kenya au nom du Groupe africain, sans renvoi en grande commission (document A/78/L.83), au titre du point 124 de l’ordre du jour « Multilinguisme ». Le texte s’appuie explicitement sur l’Agenda 2030 pour le développement durable, sur le multilinguisme comme valeur fondamentale de l’Organisation, et sur la résolution 76/268 du 10 juin 2022. Il affirme l’importance du kiswahili dans la promotion de la solidarité, de la paix et de l’unité panafricaine.
Chronologie des étapes clés
| Année | Étape |
|---|---|
| 100–500 apr. J.-C. (est.) | Émergence du proto-swahili sur la côte est-africaine |
| XVIIIᵉ siècle | Premiers textes littéraires attestés, en caractères arabes |
| XIXᵉ siècle | Diffusion vers l’intérieur par les routes caravanières ; adoption progressive de l’alphabet latin |
| 1930 | Création de l’East African Swahili Committee : normalisation à partir du dialecte kiunguja de Zanzibar |
| 7 juillet 1954 | La TANU de Julius Nyerere adopte le kiswahili comme langue de la lutte pour l’indépendance |
| Années 1950 | Création du service en kiswahili de la Radio des Nations Unies |
| 1961–1964 | Indépendance du Tanganyika puis union avec Zanzibar : naissance de la Tanzanie |
| 11 septembre 2017 | Résolution 71/328 de l’AGNU sur le multilinguisme |
| Février 2022 | L’Union africaine adopte le kiswahili comme langue de travail (35ᵉ sommet, Addis-Abeba) |
| Novembre 2021 | Résolution 41 C/61 de l’UNESCO : proclamation du 7 juillet |
| 7 juillet 2022 | Première célébration mondiale |
| 1ᵉʳ juillet 2024 | Résolution A/RES/78/312 de l’Assemblée générale des Nations Unies |
| 11 novembre 2025 | Le kiswahili devient la 7ᵉ langue officielle de la Conférence générale de l’UNESCO (43ᵉ session, Samarcande) |
Objectifs de la journée
- Promouvoir le multilinguisme comme valeur fondamentale des Nations Unies et facteur de communication harmonieuse entre les peuples
- Valoriser le patrimoine linguistique africain dans les institutions internationales, longtemps dominées par les langues européennes
- Soutenir l’intégration régionale en Afrique de l’Est, centrale et australe
- Encourager l’apprentissage et l’enseignement du kiswahili hors de son aire d’origine
- Réduire la fracture numérique linguistique en favorisant la présence du kiswahili dans les technologies et les contenus en ligne
Importance et impact du kiswahili
Un poids démographique considérable — mais discuté
L’ONU et l’UNESCO créditent le kiswahili de plus de 200 millions de locuteurs, ce qui le placerait parmi les dix langues les plus parlées au monde et en ferait la langue la plus parlée d’Afrique subsaharienne.
Les sources académiques avancent des chiffres nettement plus prudents. Les estimations linguistiques usuelles retiennent environ 5 à 16 millions de locuteurs de langue première et 80 à 100 millions de locuteurs en langue seconde. L’écart tient à la définition retenue : compte-t-on toute personne capable d’échanger quelques phrases dans un marché de Kisangani ou de Kampala, ou seulement les locuteurs compétents ? Le chiffre onusien relève d’une acception large et volontariste ; les chiffres académiques d’une acception restrictive.
| Source | Locuteurs L1 | Total (L1 + L2) |
|---|---|---|
| ONU / UNESCO | non détaillé | plus de 200 millions |
| Estimations linguistiques usuelles | 5 à 16 millions | 80 à 100 millions |
Une langue institutionnelle de premier plan
Peu de langues africaines disposent d’un tel ancrage institutionnel :
- Union africaine : langue de travail depuis février 2022
- Communauté d’Afrique de l’Est (CAE/EAC) : langue officielle, aux côtés de l’anglais
- SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) : langue officielle
- UNESCO : septième langue officielle de la Conférence générale depuis le 11 novembre 2025
- Nations Unies : seule langue africaine dotée d’un service d’information au sein du Département de la communication globale
Une langue d’État
| Pays | Statut du kiswahili |
|---|---|
| Tanzanie | Langue nationale et officielle ; langue d’enseignement au primaire |
| Kenya | Langue nationale et officielle (avec l’anglais) |
| Ouganda | Langue officielle |
| Rwanda | Langue officielle (avec le kinyarwanda, l’anglais et le français) |
| RD Congo | Langue nationale reconnue, dominante dans l’Est du pays |
| Burundi, Soudan du Sud, Comores, Mozambique, Malawi, Zambie, Somalie | Présence significative comme langue véhiculaire ou seconde |
Une force d’unité politique
Le kiswahili occupe une place singulière dans l’histoire politique africaine. Langue des mouvements de libération, il a été porté par Julius Nyerere — surnommé Mwalimu, « le maître » — comme instrument d’une identité nationale tanzanienne non ethnique. Le philosophe sénégalais Cheikh Anta Diop plaidait dès la fin des années 1940 pour son adoption comme langue transafricaine, considérant qu’aucun peuple ne peut se développer durablement à partir d’une langue étrangère.
Cette dimension explique la charge symbolique de la reconnaissance onusienne : elle ne consacre pas seulement une langue, mais un projet panafricain.
Un patrimoine littéraire ancien
La tradition écrite en kiswahili remonte au XVIIIᵉ siècle, d’abord en caractères arabes (ajami), puis en alphabet latin à partir de la fin du XIXᵉ siècle.
- Poésie classique : les tenzi (longs poèmes narratifs) et les mashairi. L’Utendi wa Mwana Kupona, composé vers 1858 par Mwana Kupona binti Mshamu, est l’un des rares textes classiques attribués à une femme.
- Shaaban Robert (1909-1962) : considéré comme le père de la littérature swahilie moderne. Poète et prosateur, membre de l’East African Swahili Committee, il a produit une œuvre d’une vingtaine de titres.
- Euphrase Kezilahabi (1944-2020) : romancier et poète tanzanien, il introduit le vers libre en kiswahili à partir de 1974 et fait évoluer le roman du réalisme social vers le postmodernisme.
- Abdilatif Abdalla, Shafi Adam Shafi, Said Ahmed Mohamed : figures majeures de la génération suivante, souvent politiques.
- Le taarab : genre musical swahili de la côte, mêlant influences arabes, indiennes et africaines, où la poésie chantée joue un rôle central.
La diversité du kiswahili à travers le monde
Un continuum de variétés
Le kiswahili standard, normalisé à partir de 1930 sur la base du kiunguja (dialecte de Zanzibar), coexiste avec de nombreuses variétés régionales :
- Kiunguja — Zanzibar ; socle du standard
- Kimvita — Mombasa (Kenya) ; berceau d’une importante tradition poétique
- Kiamu — archipel de Lamu (Kenya) ; variété classique de la poésie ancienne
- Kingwana — Est de la RD Congo ; variété fortement remaniée, marquée par le contact avec le français et les langues locales
- Kimwani, Kingazija et variétés comoriennes — franges méridionale et insulaire
Les parlers urbains
Dans les grandes villes, le kiswahili se recompose en permanence. Le sheng, né dans les quartiers populaires de Nairobi, mêle kiswahili, anglais et langues kényanes ; il est devenu le vecteur d’une culture urbaine jeune, de la musique au marketing. Ces parlers hybrides suscitent des débats récurrents : menace pour la norme selon les puristes, preuve de vitalité selon les linguistes.
Une présence hors du continent
Le kiswahili est parlé par des communautés diasporiques et des locuteurs de longue date à Oman et au Yémen, héritage des liens historiques entre la côte est-africaine et la péninsule Arabique. Il est enseigné dans de nombreuses universités d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, et diffusé par les grands médias internationaux : BBC, Voice of America, Deutsche Welle, RFI, Radio Chine Internationale, entre autres.
Défis et enjeux contemporains du kiswahili
La fracture numérique linguistique
C’est aujourd’hui l’enjeu majeur. Malgré ses dizaines de millions de locuteurs, le kiswahili reste une langue peu dotée en ressources numériques. Les corpus disponibles pour entraîner les modèles de traitement automatique du langage sont sans commune mesure avec ceux des langues européennes de taille démographique comparable : le déséquilibre se compte en ordres de grandeur, tant en publications scientifiques qu’en volumes de données annotées.
Les conséquences sont concrètes : reconnaissance vocale imparfaite, traduction automatique approximative, faible disponibilité de terminologies techniques et scientifiques, sous-représentation dans les grands modèles de langue.
Des initiatives émergent pour combler ce retard, portées notamment par des collectifs de recherche africains travaillant sur des modèles multilingues entraînés sur des données en kiswahili et autres langues du continent. L’UNESCO a de son côté mis en ligne un dictionnaire anglais-kiswahili consacré au vocabulaire de l’intelligence artificielle, après avoir traduit en kiswahili ses supports pédagogiques sur l’IA.
Un enjeu de fond demeure : celui de la captation de la valeur. Si le continent se limite à fournir des données linguistiques pour des modèles conçus et hébergés ailleurs, la richesse générée par le kiswahili numérique lui échappera largement.
La concurrence de l’anglais
Dans l’enseignement supérieur et les milieux économiques d’Afrique de l’Est, l’anglais reste souvent la langue du prestige et de l’ascension sociale. En Tanzanie, le kiswahili est langue d’enseignement au primaire mais cède la place à l’anglais dans le secondaire et le supérieur — une rupture pédagogique dont les effets sur les apprentissages sont régulièrement documentés.
La standardisation contre la diversité
L’imposition d’un standard fondé sur le kiunguja a marginalisé des variétés porteuses de traditions littéraires anciennes, notamment le kiamu et le kimvita. Les locuteurs des variétés côtières historiques expriment parfois le sentiment que la langue « officielle » n’est plus tout à fait la leur.
Les moyens de la diffusion
L’ambition d’un kiswahili langue transafricaine se heurte à des réalités matérielles : formation d’enseignants, production de manuels, financement des institutions de normalisation, volonté politique dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord où la langue est peu ou pas présente. La reconnaissance internationale ne remplace pas l’investissement éducatif.

Comment participer à la Journée mondiale de la langue kiswahili
Les événements institutionnels
Le Siège de l’UNESCO, à Paris, accueille chaque année la commémoration officielle, organisée par les délégations permanentes des États d’Afrique de l’Est en lien avec le Secrétariat. Le programme associe généralement :
- Une cérémonie officielle avec des interventions de haut niveau (Groupe Afrique, UNESCO, Tanzanie)
- Des tables rondes thématiques (éducation, technologies, diplomatie linguistique, jeunesse)
- Une exposition consacrée à la langue, à la culture et aux outils numériques kiswahili
- Des prestations culturelles, défilés de mode swahili et remises de prix
En Afrique de l’Est, la journée donne lieu à des manifestations nationales : concours de poésie et d’éloquence, foires du livre, émissions spéciales, colloques universitaires.
Les initiatives locales et associatives
- Ateliers d’initiation à la langue dans les centres culturels et les universités
- Concours de tenzi et de mashairi dans les établissements scolaires
- Concerts de taarab et de musiques est-africaines
- Projections de films tanzaniens et kenyans, rencontres avec des traducteurs
En ligne
Les campagnes de sensibilisation s’appuient sur les mots-clés dédiés à la journée et sur la production de contenus pédagogiques : mini-leçons de vocabulaire, capsules sur l’histoire de la langue, mises en avant d’auteurs swahiliphones. Le service d’information des Nations Unies en kiswahili publie une couverture spécifique.
Comment célébrer à titre individuel
- Apprendre dix mots : jambo (bonjour), asante (merci), karibu (bienvenue), tafadhali (s’il vous plaît), pole (désolé), ndiyo / hapana (oui / non), kwaheri (au revoir), rafiki (ami), chakula (nourriture)
- Lire un auteur swahiliphone en traduction française
- Écouter une radio en kiswahili : les services internationaux sont accessibles en ligne
- Découvrir le taarab ou la scène musicale contemporaine est-africaine (bongo flava)
- S’inscrire à un cours : plusieurs formations existent en France (voir ci-dessous)
Focus France : le kiswahili dans l’Hexagone
Un enseignement concentré à l’INALCO
L’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), à Paris, est le seul établissement en France à proposer un cursus complet de langue et de littérature swahili intégré au schéma licence-master-doctorat. La formation, accessible aux grands débutants, s’inscrit dans le parcours « Afrique et océan Indien » et combine enseignement linguistique, littérature, histoire et anthropologie de l’aire est-africaine.
L’établissement a développé des dispositifs d’apprentissage hybrides et des partenariats pédagogiques avec l’Université de Dar es Salaam. Ses enseignants-chercheurs participent régulièrement aux célébrations organisées au Siège de l’UNESCO.
Le swahili au baccalauréat
Le swahili figure parmi les langues vivantes pouvant faire l’objet d’une épreuve facultative écrite au baccalauréat général, aux côtés d’autres langues dites « rares » (bambara, haoussa, peul, malgache, amharique…). Il est également recevable aux concours de Conseiller et de Secrétaire des affaires étrangères (cadre d’Orient).
Les conditions d’inscription dans ces disciplines rares ayant évolué, les candidats doivent se renseigner auprès de leur établissement.
Un cousin linguistique en territoire français
C’est un point souvent ignoré : les langues parlées à Mayotte — le shimaoré en particulier — et dans l’archipel des Comores appartiennent au même sous-groupe bantou côtier que le kiswahili. Le comorien et le swahili sont des langues distinctes, mais étroitement apparentées, issues d’un fonds commun sabaki. La France compte donc, sur son territoire, des locuteurs d’une langue cousine du kiswahili, dans un département où la question du plurilinguisme scolaire est un enjeu quotidien.
Une présence médiatique
RFI figure parmi les radios internationales diffusant en kiswahili, aux côtés de la BBC, de la Deutsche Welle et de la Voix de l’Amérique. Cette présence francophone dans l’espace médiatique swahiliphone constitue un point de contact durable entre la France et l’Afrique de l’Est.
Une littérature encore peu traduite
C’est une lacune du paysage éditorial français : la littérature swahilie reste très marginalement traduite. L’autobiographie de Shaaban Robert, publiée chez Karthala, fait figure d’exception pour un auteur pourtant fondateur. Les traductions disponibles passent le plus souvent par l’anglais. La Journée mondiale de la langue kiswahili offre à cet égard une occasion de sensibilisation à destination des éditeurs et des traducteurs francophones.
Un cadre onusien à Paris
Enfin, la France accueille la commémoration internationale elle-même : le Siège de l’UNESCO, place de Fontenoy à Paris, est le lieu de la célébration officielle depuis les premières éditions.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 7 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la langue portugaise, Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement.
FAQ : Journée mondiale de la langue kiswahili
Quand a lieu la Journée mondiale de la langue kiswahili ?
La Journée mondiale de la langue kiswahili a lieu le 7 juillet de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années. La première célébration mondiale s’est tenue le 7 juillet 2022, après la proclamation par l’UNESCO en novembre 2021.
Pourquoi la Journée mondiale de la langue kiswahili est-elle célébrée le 7 juillet ?
La Journée mondiale de la langue kiswahili est célébrée le 7 juillet en référence au 7 juillet 1954, date à laquelle la Tanganyika African National Union (TANU), dirigée par Julius Nyerere, a adopté le kiswahili comme langue de la lutte pour l’indépendance du Tanganyika. En Afrique de l’Est, cette date est connue sous le nom de Saba Saba, « sept sept » en kiswahili, et constitue un jour férié en Tanzanie.
Qui a créé la Journée mondiale de la langue kiswahili ?
La Journée mondiale de la langue kiswahili a été créée par l’UNESCO, lors de la 41ᵉ session de sa Conférence générale en novembre 2021, par la résolution 41 C/61, à la demande de la Tanzanie. L’Assemblée générale des Nations Unies l’a ensuite consacrée le 1ᵉʳ juillet 2024 par la résolution A/RES/78/312, présentée par la Tanzanie et le Kenya au nom du Groupe africain. Le kiswahili est la première langue africaine à bénéficier d’une journée internationale dans le système onusien.
Combien de personnes parlent le kiswahili dans le monde ?
Les Nations Unies et l’UNESCO estiment que plus de 200 millions de personnes parlent le kiswahili, ce qui en ferait l’une des dix langues les plus parlées au monde et la première d’Afrique subsaharienne. Les estimations académiques sont plus restrictives : elles retiennent généralement 5 à 16 millions de locuteurs de langue maternelle et 80 à 100 millions de locuteurs au total. L’écart s’explique par la définition retenue du niveau de compétence linguistique.
Quelle est la différence entre swahili et kiswahili ?
Il n’y a aucune différence de fond entre swahili et kiswahili : il s’agit de la même langue. Kiswahili est le nom de la langue dans la langue elle-même, où le préfixe de classe ki- sert à désigner les langues, tandis que swahili est la forme francisée et anglicisée. Les institutions internationales privilégient aujourd’hui la forme kiswahili, par respect de l’autodésignation. En français, les deux formes coexistent dans l’usage.
Où apprendre le kiswahili en France ?
Pour apprendre le kiswahili en France, l’INALCO à Paris est le seul établissement à proposer un cursus complet de langue et de littérature swahili, du niveau grand débutant jusqu’au doctorat, dans le cadre du parcours « Afrique et océan Indien ». Le swahili peut par ailleurs être présenté en épreuve facultative écrite au baccalauréat général, ainsi qu’aux concours du cadre d’Orient du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Une langue qui construit des ponts
Lugha ni uti wa mgongo wa utamaduni — « la langue est la colonne vertébrale de la culture », dit un adage swahili. Le parcours du kiswahili en offre une démonstration rare : né du contact entre des communautés bantoues et des marchands venus de l’océan Indien, devenu langue de la libération puis de l’intégration régionale, il siège aujourd’hui parmi les langues officielles de la Conférence générale de l’UNESCO.
Ce 7 juillet ne célèbre donc pas seulement une langue, mais une démonstration : celle qu’une langue africaine peut occuper toute sa place dans les enceintes internationales, sans renoncer à ce qu’elle porte. Karibu — bienvenue — est peut-être le mot qui la résume le mieux.
