Chaque année, le 11 juillet, la Journée mondiale de la population invite la communauté internationale à regarder en face une question que l’on croit connaître et que l’on mesure mal : combien sommes-nous, où vivons-nous, et à quelles conditions chacun peut-il décider librement de fonder — ou non — une famille ? Née du choc symbolique du cap des cinq milliards d’êtres humains franchi en 1987, portée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) puis consacrée par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette journée est aujourd’hui coordonnée par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP/UNFPA).

Loin des slogans alarmistes sur la « bombe démographique » ou, à l’inverse, sur l’« effondrement des populations », la Journée mondiale de la population rappelle une évidence trop souvent oubliée : derrière chaque statistique se trouvent des vies, des droits et des choix.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale de la population |
| Date | 11 juillet (date fixe) |
| Instaurée par | Conseil d’administration du PNUD, en 1989 |
| Consacrée par | Assemblée générale de l’ONU, résolution A/RES/45/216 du 21 décembre 1990 |
| Première célébration | 11 juillet 1990, dans plus de 90 pays |
| Origine de la date | « Journée des cinq milliards », 11 juillet 1987 |
| Agence chef de file | FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population) |
| Thème 2026 | « Concrétiser les espoirs et les aspirations des jeunes, aujourd’hui et pour l’avenir » |
| Population mondiale | ≈ 8,3 milliards d’habitants (estimation ONU, révision 2024) |
| Population de la France | 69,1 millions d’habitants au 1ᵉʳ janvier 2026 (Insee) |
C’est quoi, la « question de population » ?
Le terme de « population » recouvre, dans le vocabulaire onusien, bien plus qu’un simple décompte d’habitants. Il désigne l’ensemble des dynamiques qui font varier les effectifs humains et leur composition : la fécondité, la mortalité, les migrations, la structure par âge et la répartition sur le territoire.
Trois indicateurs structurent l’essentiel des débats :
- L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) : nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme au cours de sa vie si les taux de fécondité observés une année donnée restaient inchangés. Le seuil de renouvellement des générations se situe autour de 2,1 enfants par femme dans les pays à faible mortalité.
- L’espérance de vie à la naissance : durée de vie moyenne d’une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l’année considérée.
- Le solde migratoire : différence entre les entrées et les sorties du territoire sur une période donnée.
À ces mesures s’ajoute une notion centrale dans la doctrine du FNUAP depuis la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) du Caire en 1994 : celle d’autonomie procréative, c’est-à-dire le droit de chaque personne à décider librement du nombre de ses enfants, de l’espacement des naissances et du moment où les avoir.
La transition démographique — passage d’un régime de forte natalité et forte mortalité à un régime de faible natalité et faible mortalité — constitue le cadre d’analyse commun. Tous les pays y sont engagés, mais à des rythmes très différents, ce qui explique la coexistence, sur la même planète, de sociétés extrêmement jeunes et de sociétés très âgées.
Origine et histoire de la Journée mondiale de la population
La Journée des cinq milliards, point de départ
Le 11 juillet 1987, les Nations Unies estiment que la population mondiale franchit le seuil des cinq milliards d’habitants. L’événement est mis en scène à Zagreb, alors en Yougoslavie, où se tient l’Universiade d’été : un nouveau-né, Matej Gašpar, est symboliquement désigné cinq-milliardième habitant de la planète et reçoit la visite du Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Javier Pérez de Cuéllar. Cette « Journée des cinq milliards » suscite un intérêt public considérable pour les questions démographiques.
La création de la journée
Deux ans plus tard, en 1989, le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) recommande que la communauté internationale fasse du 11 juillet la Journée mondiale de la population, afin d’appeler l’attention sur l’urgence et l’importance des questions démographiques. La première célébration a lieu le 11 juillet 1990, dans plus de quatre-vingt-dix pays.
Le 21 décembre 1990, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/45/216, intitulée « Population et développement ». Ce texte décide de poursuivre la célébration de la Journée mondiale de la population et réaffirme l’engagement des États en faveur des programmes de population, en insistant sur le droit souverain de chaque pays à définir ses propres politiques démographiques et sur la mobilisation des ressources nécessaires aux activités en matière de population.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 11 juillet 1987 | Journée des cinq milliards ; naissance symbolique de Matej Gašpar à Zagreb |
| 1989 | Le Conseil d’administration du PNUD recommande d’instituer le 11 juillet |
| 11 juillet 1990 | Première célébration de la Journée mondiale de la population, dans plus de 90 pays |
| 21 décembre 1990 | Résolution A/RES/45/216 de l’Assemblée générale de l’ONU |
| 5-13 septembre 1994 | Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), Le Caire |
| 12 octobre 1999 | Jour des six milliards |
| 31 octobre 2011 | Jour des sept milliards |
| 15 novembre 2022 | Jour des huit milliards |
| 2023 | L’Inde devient le pays le plus peuplé du monde, devant la Chine |
| 11 juillet 2024 | Publication de la révision 2024 des Perspectives de la population mondiale : pic mondial attendu au milieu des années 2080 |
Les objectifs principaux de la Journée mondiale de la population
- Sensibiliser aux dynamiques démographiques : faire comprendre la croissance, le vieillissement, l’urbanisation et les migrations, ainsi que leurs conséquences sur le développement.
- Promouvoir la santé sexuelle et reproductive : garantir l’accès universel à l’information, à la contraception et à des soins maternels de qualité.
- Défendre l’autonomie procréative : permettre à chacun de décider s’il souhaite avoir un enfant, quand et avec qui, sans contrainte ni pression.
- Éclairer les politiques publiques : fournir aux décideurs des données fiables sur les effectifs, l’âge et la localisation des populations.
- Relier population, environnement et développement : articuler les questions démographiques avec les objectifs de développement durable.
Importance et impact des questions de population
Une croissance historique en voie de ralentissement
Il a fallu des centaines de milliers d’années à l’humanité pour atteindre le premier milliard d’habitants ; deux siècles ont suffi pour multiplier ce chiffre par sept. La population mondiale a franchi les 7 milliards le 31 octobre 2011 et les 8 milliards le 15 novembre 2022.
| Seuil | Année (estimations ONU) |
|---|---|
| 1 milliard | vers 1804 |
| 2 milliards | 1927 |
| 3 milliards | 1960 |
| 4 milliards | 1974 |
| 5 milliards | 1987 |
| 6 milliards | 1999 |
| 7 milliards | 2011 |
| 8 milliards | 2022 |
| 9 milliards | 2037 (projection) |
| 10 milliards | vers 2061 (projection) |
Selon la révision 2024 des Perspectives de la population mondiale (ONU/DAES), la population mondiale atteindrait environ 9,7 milliards en 2050, culminerait autour de 10,3 milliards au milieu des années 2080, puis refluerait vers 10,2 milliards en 2100. C’est la première fois qu’un pic démographique mondial est projeté avec une telle netteté à l’intérieur du siècle en cours.
Le basculement de la fécondité
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Fécondité mondiale (révision 2024) | 2,25 enfant par femme |
| Fécondité mondiale au début des années 1970 | environ 4,5 enfants par femme |
| Part de la population mondiale vivant dans une région où la fécondité est inférieure à 2,1 | environ deux tiers |
| Pays et territoires ayant déjà atteint leur pic de population | 63, soit environ 28 % de la population mondiale |
| Pays en fécondité « ultra-basse » (moins de 1,4 enfant par femme) | près d’un cinquième des pays et territoires |
À l’échelle mondiale, les femmes ont aujourd’hui en moyenne un enfant de moins qu’au début des années 1990. Ce recul, plus rapide qu’anticipé dans plusieurs des pays les plus peuplés — la Chine au premier chef —, explique l’avancée et l’abaissement du pic démographique mondial par rapport aux projections antérieures.
Un impact économique et social majeur
Les dynamiques de population conditionnent directement le développement économique, l’emploi, la répartition des revenus, la pauvreté et les systèmes de protection sociale. Elles déterminent aussi la capacité des États à garantir l’accès universel aux soins, à l’éducation, au logement, à l’assainissement, à l’eau, à l’alimentation et à l’énergie.
Deux configurations opposées coexistent :
- Dans les pays où la population jeune est nombreuse, l’enjeu est celui du dividende démographique : la baisse de la fécondité libère temporairement des ressources et gonfle la part des actifs, à condition d’investir massivement dans l’éducation, la santé et l’emploi.
- Dans les pays vieillissants, l’enjeu devient celui du financement de la protection sociale, du grand âge et de la main-d’œuvre.
Une dimension éthique et juridique
Le rapport du FNUAP sur l’état de la population mondiale 2025, intitulé « La véritable crise de la fécondité », a marqué une inflexion de doctrine. S’appuyant sur une enquête conduite dans quatorze pays représentant plus d’un tiers de la population mondiale, il conclut qu’une personne sur cinq déclare ne pas pouvoir avoir le nombre d’enfants qu’elle désire — que ce soit davantage, moins ou aucun. Les obstacles cités sont d’abord économiques : coût de la parentalité, précarité de l’emploi, logement, absence de partenaire, inquiétude sur l’état du monde.
La conclusion du FNUAP est explicite : la crise n’est ni la surpopulation ni la dépopulation, mais la restriction du libre arbitre en matière de procréation.
La diversité démographique à travers le monde
Parler de « la » population mondiale masque des trajectoires profondément divergentes. La Journée mondiale de la population sert précisément à rappeler cette hétérogénéité.
Afrique subsaharienne : la jeunesse comme moteur
C’est la région où la fécondité reste la plus élevée et où la population continuera de croître le plus vite au cours des prochaines décennies. La structure par âge y est très jeune, ce qui pose des défis considérables en matière de scolarisation, de formation et de création d’emplois — mais ouvre aussi la perspective d’un dividende démographique substantiel.
Asie : le basculement du centre de gravité
L’Asie concentre la majorité de l’humanité. En 2023, l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde, dépassant la Chine, dont la population a entamé un déclin. Plusieurs pays d’Asie de l’Est — Chine, République de Corée, Japon — figurent aujourd’hui parmi les territoires à fécondité ultra-basse.
Europe : vieillissement et dépendance au solde migratoire
L’Union européenne présente la structure par âge la plus vieillie du monde développé. En 2024, les personnes de 65 ans ou plus y représentent 21,6 % de la population, l’Italie affichant la proportion la plus élevée (24,3 %). Dans une majorité de pays européens, la croissance démographique — lorsqu’elle subsiste — repose exclusivement sur le solde migratoire.
Amériques et Océanie : des situations contrastées
L’Amérique du Nord connaît une croissance lente mais continue, largement portée par l’immigration. L’Amérique latine a achevé sa transition démographique en une génération, avec des fécondités désormais inférieures au seuil de renouvellement dans plusieurs grands pays.
Une humanité de plus en plus urbaine et mobile
| Phénomène | Donnée |
|---|---|
| Première année où la population urbaine dépasse la population rurale | 2007 |
| Part de la population mondiale vivant en ville à l’horizon 2050 | environ 66 % |
| Migrants internationaux (2024) | 304 millions, soit 3,7 % de la population mondiale |
| Migrants internationaux en 1990 | environ 154 millions |
| Part des femmes parmi les migrants internationaux | 48 % |
Défis et enjeux contemporains
Le défi de l’autonomie et des droits
L’accès à la contraception, à l’éducation complète à la sexualité et à des soins maternels sûrs demeure inégal. Le FNUAP défend neuf normes fondant le droit humain à la planification familiale : non-discrimination, disponibilité, accessibilité, acceptabilité, qualité, prise de décision éclairée, vie privée et confidentialité, participation, responsabilité. Ces principes sont directement menacés lorsque des politiques natalistes ou anti-natalistes exercent une pression sur les choix individuels.
Le défi du vieillissement
L’allongement de l’espérance de vie est un progrès sans précédent, mais il transforme les équilibres sociaux. Financement des retraites, prise en charge de la dépendance, pénurie de personnels soignants, adaptation du logement et des transports : les sociétés vieillissantes doivent reconstruire des institutions conçues à une époque où les pyramides des âges avaient une base large.
Le défi environnemental
Le rapport entre effectifs humains et pression sur les écosystèmes n’est pas mécanique : les niveaux de consommation et les modes de production pèsent davantage que le seul nombre d’habitants. Ramener toute la question climatique à la démographie constitue un raccourci que le FNUAP et la Division de la population des Nations Unies récusent explicitement. Il reste que la répartition des populations — urbanisation littorale, zones arides, deltas — détermine l’exposition aux risques climatiques.
Le défi des données
La qualité des politiques publiques dépend de la qualité des recensements et des systèmes d’état civil. Or de nombreux pays ne disposent pas d’un enregistrement fiable des naissances et des décès. La raréfaction de certains dispositifs d’enquête internationaux fragilise en outre la production de données démographiques comparables, ce que la Division de la population des Nations Unies a récemment souligné.
Le défi de l’information
Les questions démographiques sont devenues un terrain de bataille idéologique. Discours sur le « grand remplacement », prophéties d’« effondrement de la population », instrumentalisation des courbes de natalité : la Journée mondiale de la population a aussi pour fonction de réintroduire des chiffres vérifiés dans un débat saturé d’affirmations invérifiées.

Comment la Journée mondiale de la population est-elle célébrée ?
Événements institutionnels
Les bureaux de pays du FNUAP organisent, en partenariat avec les gouvernements et la société civile, des conférences, des lancements de rapports nationaux et des tables rondes. La journée sert fréquemment de date de publication à des travaux de référence : c’est un 11 juillet, en 2024, qu’a été rendue publique la révision 2024 des Perspectives de la population mondiale.
Le Secrétaire général des Nations Unies et la direction du FNUAP publient chaque année un message officiel qui fixe la tonalité du thème retenu.
Mobilisations locales et associatives
- Campagnes d’information sur la santé sexuelle et reproductive dans les centres de santé et les établissements scolaires.
- Ateliers et forums de jeunes sur les droits, les choix de vie et les projets familiaux.
- Journées portes ouvertes des instituts de statistique et de démographie.
- Expositions et projections consacrées aux migrations, à l’urbanisation ou au vieillissement.
Actions numériques
Le FNUAP met à disposition un tableau de bord de la population mondiale (World Population Dashboard) regroupant les données de fécondité, de scolarisation, d’égalité entre les sexes et de santé reproductive, actualisé chaque année. Les campagnes en ligne s’appuient sur les mots-clés #JournéeMondialeDeLaPopulation et #WorldPopulationDay.
Comment participer à la Journée mondiale de la population
- Consulter les données officielles plutôt que les chiffres relayés sans source : le portail de la Division de la population des Nations Unies et le tableau de bord du FNUAP sont librement accessibles.
- Lire le rapport annuel sur l’état de la population mondiale, disponible en français.
- Répondre au recensement lorsqu’on est sollicité : en France, la collecte annuelle de l’Insee repose sur la participation des ménages tirés au sort.
- Soutenir les associations agissant sur la santé sexuelle et reproductive, l’accès à la contraception ou l’accompagnement des personnes âgées.
- Interroger les idées reçues : la démographie est l’un des domaines où l’écart entre perception et réalité statistique est le plus large.
Focus France : une bascule démographique historique
Les chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population au 1ᵉʳ janvier 2026 | 69,1 millions (66,8 M en métropole, 2,3 M dans les DOM) |
| Évolution sur un an | + 0,25 % |
| Naissances en 2025 | 645 000 |
| Décès en 2025 | 651 000 |
| Solde naturel 2025 | − 6 000 |
| Solde migratoire 2025 (provisoire) | + 176 000 |
| Indicateur conjoncturel de fécondité 2025 | 1,56 enfant par femme |
| Espérance de vie à la naissance 2025 | 85,9 ans (femmes) / 80,3 ans (hommes) |
| Âge moyen à l’accouchement | 31,2 ans |
| Taux de mortalité infantile | 4,0 ‰ |
| Part des 65 ans ou plus | 22,2 % |
| Part des moins de 20 ans | 22,5 % |
| Part des 75 ans ou plus | 11,1 % |
| Mariages célébrés en 2025 | 251 000 |
| Immigrés (2025) | 8,0 millions, soit 11,6 % de la population |
Source : Insee, Bilan démographique 2025 (janvier 2026) ; Insee, population immigrée et étrangère.
Un basculement sans précédent depuis 1945
En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel de la France est devenu négatif : 651 000 décès pour 645 000 naissances, soit − 6 000. Le solde naturel diminuait régulièrement depuis 2007 ; il était déjà négatif en 2024 pour la seule France métropolitaine. La croissance de la population repose désormais exclusivement sur le solde migratoire.
Le nombre de naissances est le plus bas observé depuis 1942. Il est inférieur de 23,6 % à son niveau de 2010, dernier point haut. Fait notable : cette baisse ne s’explique pas par une diminution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants — leur effectif est stable, voire en légère hausse depuis 2016 — mais uniquement par le recul de la fécondité.
L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,56 enfant par femme en 2025, contre 1,61 en 2024 et 2,02 en 2010 (France métropolitaine). Il faut remonter à 1918 pour retrouver un niveau aussi bas. La France conserve pourtant l’une des fécondités les plus élevées de l’Union européenne, où la moyenne s’établissait à 1,38 enfant par femme en 2023.
Un vieillissement qui s’accélère
Au 1ᵉʳ janvier 2026, les 65 ans ou plus (22,2 %) sont presque aussi nombreux que les moins de 20 ans (22,5 %). En 2006, l’écart était de près de neuf points en faveur des jeunes (16,4 % contre 25,1 %). Les générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1946 et 1974, atteignent les âges élevés : les plus anciennes ont 80 ans en 2026.
Les projections à l’horizon 2070
Selon les projections de population publiées par l’Insee en juin 2026, si les tendances démographiques récentes se prolongeaient :
| Horizon | Population projetée (scénario central) |
|---|---|
| 2026 | 69,1 millions |
| 2037 (pic) | 69,8 millions |
| 2070 | 65,9 millions |
La population diminuerait donc à partir de 2037, moment où le solde migratoire cesserait de compenser le déficit naturel. D’ici 2070, le nombre d’habitants de moins de 45 ans reculerait de 8,9 millions, celui des 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions, dont 4,6 millions pour les seuls 80 ans ou plus. Le nombre de centenaires pourrait être multiplié par quatre.
Ces projections marquent une révision sensible par rapport à celles publiées en 2021, qui situaient le pic à 69,3 millions en 2044.
Les acteurs institutionnels français
- L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) produit les estimations de population, les statistiques d’état civil et le recensement de la population, organisé en collecte annuelle par échantillonnage depuis 2004.
- L’Ined (Institut national d’études démographiques), créé en 1945, est l’organisme public de recherche dédié à la démographie. Sa revue Population et Sociétés diffuse chaque mois une synthèse accessible des travaux en cours.
- La Drees et Santé publique France documentent les déterminants sanitaires de la mortalité, dont la surmortalité liée aux épidémies de grippe et aux épisodes de forte chaleur — deux facteurs cités par l’Insee pour expliquer la hausse des décès en 2025.
Un héritage démographique singulier
La France occupe une place particulière dans l’histoire de la démographie. Elle est le premier pays au monde à avoir amorcé sa transition démographique, dès la fin du XVIIIᵉ siècle, avec près d’un siècle d’avance sur ses voisins. Cette précocité a nourri, au XIXᵉ et au XXᵉ siècle, une inquiétude nationale récurrente sur la « dénatalité » et fondé une politique familiale parmi les plus développées d’Europe. Le mot « démographie » lui-même a été forgé en 1855 par le statisticien français Achille Guillard.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 11 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale des familles, Journée mondiale des parents.
Foire aux questions sur la Journée mondiale de la population
Quand a lieu la Journée mondiale de la population ?
La Journée mondiale de la population a lieu chaque année le 11 juillet. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années ni selon les pays. Elle est commémorée dans de nombreux États par les bureaux du Fonds des Nations Unies pour la population, en partenariat avec les gouvernements et la société civile.
Pourquoi la Journée mondiale de la population est-elle célébrée le 11 juillet ?
La Journée mondiale de la population est célébrée le 11 juillet en référence à la « Journée des cinq milliards » : le 11 juillet 1987, les Nations Unies ont estimé que la population mondiale franchissait le seuil des cinq milliards d’habitants. L’événement, marqué à Zagreb par la naissance symbolique de Matej Gašpar, avait suscité un intérêt public considérable pour les questions démographiques et inspiré, deux ans plus tard, la création de la journée.
Qui a créé la Journée mondiale de la population ?
La Journée mondiale de la population a été créée en 1989 sur recommandation du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Elle a été célébrée pour la première fois le 11 juillet 1990 dans plus de quatre-vingt-dix pays, puis consacrée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution A/RES/45/216 du 21 décembre 1990. Sa mise en œuvre est aujourd’hui coordonnée par le FNUAP.
Quel est le thème de la Journée mondiale de la population ?
Le thème de la Journée mondiale de la population change chaque année. En 2026, il s’intitule « Concrétiser les espoirs et les aspirations des jeunes, aujourd’hui et pour l’avenir ». Il s’appuie sur les résultats du sondage Avenirs démographiques du FNUAP, mené auprès de plus de 100 000 personnes âgées de 18 à 39 ans dans 73 pays, qui montre que la plupart des jeunes adultes souhaitent toujours former un couple et devenir parents, mais doutent de pouvoir y parvenir.
Combien d’habitants compte la Terre ?
La Terre compte environ 8,3 milliards d’habitants, selon les estimations de la Division de la population des Nations Unies (révision 2024 des Perspectives de la population mondiale). Le cap des 8 milliards a été officiellement franchi le 15 novembre 2022. La population mondiale atteindrait 9,7 milliards en 2050 et culminerait autour de 10,3 milliards au milieu des années 2080, avant de refluer. Le taux de croissance annuel est aujourd’hui inférieur à 1 %, contre plus de 2 % au milieu des années 1960.
Quelle est la population de la France ?
La population de la France est estimée à 69,1 millions d’habitants au 1ᵉʳ janvier 2026 : 66,8 millions en France métropolitaine et 2,3 millions dans les départements d’outre-mer. En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel français est devenu négatif (− 6 000), avec 645 000 naissances pour 651 000 décès. La croissance démographique du pays repose désormais entièrement sur le solde migratoire.
Le 11 juillet ne célèbre ni un chiffre ni une inquiétude. Il célèbre une exigence : celle de compter les êtres humains avec rigueur, et de leur reconnaître le droit de décider par eux-mêmes. Entre les pays qui redoutent d’être trop nombreux et ceux qui redoutent de ne plus l’être assez, la Journée mondiale de la population trace une voie plus sobre — celle des données vérifiées et des choix libres. Une planète de 8,3 milliards d’habitants n’est pas un problème à résoudre : c’est 8,3 milliards de trajectoires singulières, dont la somme dessine notre avenir commun.
