Chaque 11 juillet, la Journée mondiale du cheval rend hommage à l’un des plus anciens partenariats entre l’être humain et l’animal. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 3 juin 2025 par la résolution A/RES/79/291, cette journée internationale est née d’une initiative de la Mongolie, pays où l’on compte davantage de chevaux que d’habitants. Elle invite les gouvernements, les écoles, les entreprises et les particuliers à célébrer le rôle du cheval dans l’histoire, l’économie et la culture, mais aussi à répondre aux difficultés que rencontre la filière équine : recul des effectifs, pressions économiques, stress climatique et enjeux de bien-être animal.

Longtemps moteur des transports, de l’agriculture et des armées, le cheval reste aujourd’hui un acteur discret mais massif du développement rural, du sport, du tourisme, de l’éducation et des thérapies assistées par l’animal. La Journée mondiale du cheval offre à cette réalité une visibilité internationale qui lui manquait.
| Informations essentielles | Détail |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale du cheval (World Horse Day) |
| Date | 11 juillet, chaque année (date fixe) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/79/291, adoptée le 3 juin 2025 (projet A/79/L.89) |
| Pays porteur | Mongolie, à l’initiative du président Ukhnaagiin Khürelsükh |
| Vote | 169 voix pour, 1 contre, 0 abstention |
| Coauteurs | 56 États membres |
| Première édition | 11 juillet 2025 |
| Objet | Reconnaître l’apport du cheval au développement socioéconomique, culturel et environnemental |
C’est quoi la Journée mondiale du cheval ?
La Journée mondiale du cheval est une journée internationale officielle des Nations Unies, au même titre que la Journée mondiale de l’environnement ou la Journée mondiale de la vie sauvage. Elle ne relève ni d’une marque, ni d’une fédération sportive, ni d’une initiative associative privée : elle procède d’une décision de l’Assemblée générale, l’organe où siègent l’ensemble des États membres de l’ONU.
Son objet est double. Il s’agit d’abord de célébrer : reconnaître ce que les sociétés humaines doivent au cheval, à l’âne et au mulet, depuis la traction agricole jusqu’au sport de haut niveau. Il s’agit ensuite d’alerter : la résolution constate explicitement que les effectifs équins et le secteur équin sont, dans une certaine mesure, en recul à l’échelle mondiale, sous l’effet de l’évolution des modes de vie, des fluctuations économiques, du changement climatique et des pressions environnementales.
Cheval, équidé, équin : de quoi parle-t-on ?
Le vocabulaire mérite d’être précisé, car la journée dépasse le seul cheval de selle.
- Le cheval domestique (Equus caballus) : l’ensemble des chevaux et poneys issus de la domestication, soit plus de 600 races dans le monde.
- Les équidés : famille qui regroupe les chevaux, les ânes, les mulets et bardots, ainsi que les espèces sauvages (zèbres, hémiones, ânes sauvages).
- Le cheval de Przewalski (Equus przewalskii) : seul cheval n’ayant jamais connu de domestication continue, éteint à l’état sauvage dans les années 1960 puis réintroduit en Asie centrale.
- La filière équine : l’ensemble des activités économiques liées aux équidés — élevage, courses, sport et loisir, travail, tourisme, artisanat, santé animale.
Un animal aux usages multiples
Le cheval occupe simultanément des positions que peu d’espèces cumulent : animal de travail, athlète de compétition, partenaire thérapeutique, animal de compagnie, support touristique, et, dans certains pays, animal de production alimentaire. Cette polyvalence explique la difficulté à traiter le cheval sous un statut juridique unique, et nourrit une part des débats contemporains sur son bien-être.
Origine et histoire de la Journée mondiale du cheval
La création de la journée en 2025
L’initiative revient à la Mongolie, où le cheval structure l’identité nationale, l’économie pastorale et le calendrier festif. Le président mongol Ukhnaagiin Khürelsükh a porté le projet de résolution devant la 79ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Le texte, enregistré sous la cote A/79/L.89, a été présenté par le représentant permanent de la Mongolie auprès de l’ONU, qui a décrit le cheval comme l’un des animaux les plus importants de l’histoire de l’humanité, en insistant sur son rôle dans les transports, l’agriculture, l’élevage, les industries extractives, les courses et le tourisme.
Le vote s’est tenu le 3 juin 2025. La résolution a été adoptée par 169 voix pour, une contre et aucune abstention. Fait notable pour une journée internationale, généralement adoptée par consensus, la mise aux voix a été demandée par les États-Unis, seul État à s’y opposer, en raison des références au changement climatique et au Programme de développement durable à l’horizon 2030 contenues dans le texte. Cinquante-six États s’étaient portés coauteurs, parmi lesquels l’Allemagne, l’Autriche, le Brésil, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Portugal, le Qatar, la Russie, la Thaïlande et le Venezuela.
| Étape | Date | Contenu |
|---|---|---|
| Dépôt du projet | Printemps 2025 | Projet de résolution A/79/L.89 porté par la Mongolie |
| Adoption | 3 juin 2025 | 169 voix pour, 1 contre, 0 abstention |
| Publication | 2025 | Résolution A/RES/79/291 |
| Première célébration | 11 juillet 2025 | Cérémonie d’ouverture à Khui Doloon Khudag (Mongolie) |
Pourquoi le 11 juillet ?
La date n’a pas été choisie au hasard. Le 11 juillet correspond à l’ouverture du Naadam, la grande fête nationale mongole inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui se déroule chaque année autour du 10 au 13 juillet. Le Naadam repose sur trois disciplines traditionnelles — la lutte, le tir à l’arc et les courses de chevaux —, ces dernières mobilisant des milliers de montures et de jeunes cavaliers sur de longues distances en terrain naturel. En ancrant la Journée mondiale du cheval sur cette date, la Mongolie a inscrit l’observance internationale dans le calendrier festif équestre le plus emblématique du monde nomade.
Les objectifs de la journée
- Reconnaître la contribution historique du cheval au développement des civilisations, des échanges commerciaux, de l’agriculture et de la mobilité.
- Valoriser le poids socioéconomique du secteur équin, en particulier pour l’émancipation économique des populations rurales et locales.
- Sensibiliser au bien-être équin, alors que les standards de soin sont révisés face aux vagues de chaleur et aux conditions de transport.
- Soutenir la sauvegarde du patrimoine équestre et des modes de vie pastoraux nomades, menacés par l’urbanisation et la sédentarisation.
- Encourager l’action concrète des gouvernements, des écoles, des entreprises et des particuliers, expressément visés par la résolution.
Importance et impact : ce que le cheval pèse réellement
Un poids économique largement sous-estimé
Le secteur équin échappe souvent aux statistiques agricoles classiques, réparti qu’il est entre l’élevage, le sport, le jeu, le tourisme et les services. Les ordres de grandeur disponibles montrent pourtant une réalité économique de premier plan.
| Indicateur | Valeur | Périmètre |
|---|---|---|
| Chevaux dans le monde | Plus de 60 millions | Données FAO 2023 |
| Effectif retenu par la résolution ONU | Plus de 57 millions | Préambule A/RES/79/291 |
| Équidés dans l’Union européenne | Environ 7 millions | UE |
| Poids économique de la filière européenne | Environ 100 milliards d’euros | UE |
| Emplois de la filière européenne | 800 000 | Élevage, sport, tourisme |
| Chevaux et poneys aux États-Unis | 2,41 millions sur plus de 63 000 exploitations | Recensement USDA 2022 |
| Chevaux en Mongolie | 3,4 millions pour 3,3 millions d’habitants | Mongolie |
Une infrastructure vitale pour les pays du Sud
C’est peut-être la donnée la plus frappante de la Journée mondiale du cheval : selon une étude conjointe de l’Organisation mondiale de la santé animale et de la FAO, 112 millions d’équidés de travail — chevaux, ânes et mulets — soutiennent les moyens de subsistance d’environ 600 millions de personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Ces animaux transportent l’eau et le bois, acheminent les récoltes vers les marchés, alimentent les briqueteries, desservent les quartiers non carrossables et permettent la scolarisation des enfants en libérant du temps de travail domestique. Ils constituent, dans des économies où le carburant et les véhicules sont hors de portée, une infrastructure de transport à part entière — dont la défaillance se traduit immédiatement par une perte de revenu pour le foyer.
Une empreinte culturelle et symbolique universelle
Le cheval est présent dans l’art humain avant même sa domestication : les grottes ornées de Chauvet et de Lascaux lui consacrent certains de leurs panneaux les plus célèbres. Il structure ensuite la mythologie (Pégase, les chevaux du Soleil, Sleipnir), l’épopée (Bucéphale, Marengo), la peinture équestre, la statuaire du pouvoir, la langue courante — « prendre le mors aux dents », « monter sur ses grands chevaux » — et jusqu’aux systèmes de mesure, la puissance mécanique s’exprimant encore en chevaux-vapeur.
Une contribution environnementale méconnue
Le pâturage équin entretient des milieux ouverts et participe à la gestion de prairies permanentes, à condition d’un chargement adapté. Les équidés sont également mobilisés dans des usages dits de « cheval territorial » : débardage forestier sur sols fragiles, collecte de déchets en centre ancien, travail de la vigne, entretien d’espaces naturels. Ces usages, marginaux en volume, présentent l’intérêt de combiner faible impact au sol, absence d’émissions directes et acceptabilité sociale forte.
La diversité des cultures équestres à travers le monde
Le monde nomade : le cheval comme mode de vie
En Mongolie, au Kazakhstan, au Kirghizistan ou en Yakoutie, le cheval demeure une base de l’économie pastorale : monture, force de travail, source de lait fermenté (airag, koumis) et de viande. Les jeux équestres traditionnels — courses de fond du Naadam, kokpar et buzkashi d’Asie centrale — sont des institutions sociales autant que des compétitions.
Le monde arabe et le cheval de désert
L’élevage du pur-sang arabe, l’un des plus anciens stud-books du monde, structure une culture équestre allant du Maghreb à la péninsule Arabique, où les courses d’endurance et les concours de modèles et allures mobilisent des investissements considérables. Le cheval barbe et l’art de la fantasia occupent une place centrale au Maroc et en Algérie.
L’Europe : art équestre et sport de compétition
L’Europe a développé une tradition d’école, née des académies de la Renaissance italienne puis codifiée en France, en Autriche (École espagnole de Vienne), au Portugal et en Espagne. Elle a aussi donné naissance au sport équestre moderne — saut d’obstacles, dressage, concours complet — seule discipline olympique où hommes et femmes concourent ensemble, et où l’athlète est un binôme interspécifique.
Les Amériques : du cheval de travail au rodéo
Réintroduit sur le continent américain au XVIᵉ siècle, le cheval y a produit des cultures spécifiques : gaucho argentin, huaso chilien, charro mexicain, cowboy nord-américain, avec leurs équipements, leurs disciplines et leurs controverses propres. Les traditions équestres des peuples autochtones des Grandes Plaines constituent l’un des exemples historiques les plus rapides d’appropriation culturelle d’une espèce animale.
L’Asie du Sud et le rôle des équidés de travail
En Inde, au Pakistan, au Népal ou en Éthiopie, ce sont majoritairement des ânes et des mulets qui assurent le transport quotidien. Leur invisibilité statistique et leur faible statut social constituent l’un des angles morts que la Journée mondiale du cheval entend corriger.
Défis et enjeux contemporains de la filière équine
Le stress climatique
La résolution onusienne inscrit explicitement le changement climatique parmi les pressions subies par le secteur. L’année 2024 a été, selon l’Organisation météorologique mondiale, la première année civile complète dont la température moyenne mondiale a dépassé de 1,5 °C le niveau préindustriel. Pour les équidés, dont la thermorégulation dépend fortement de la sudation et de l’accès à l’ombre et à l’eau, la conséquence est directe : allongement des périodes à risque, adaptation des horaires de travail et de compétition, révision des protocoles de refroidissement.
Les fédérations sportives internationales ont progressivement intégré ces contraintes : suivi des indices de température et d’humidité, zones de refroidissement obligatoires, modification des horaires d’épreuve, voire annulation. Le sujet dépasse le sport : ce sont les équidés de trait et de transport, dans les zones les plus chaudes et les moins équipées, qui sont les plus exposés.
Le bien-être animal et la « licence sociale » d’exploiter
L’acceptabilité sociale de l’usage du cheval s’est resserrée. Les controverses portent sur les conditions d’entraînement, l’usage du matériel coercitif, la fin de carrière des chevaux de course, le transport d’animaux vivants sur longue distance, le devenir des équidés en fin de vie et la présence du cheval dans certains spectacles. Le secteur y répond par des chartes de bien-être équin, des labels, des obligations de formation et des dispositifs de traçabilité — avec des résultats inégaux et un débat public qui ne se referme pas.
Le commerce des peaux d’ânes
Le cas le plus documenté d’exploitation destructrice d’équidés concerne l’âne. La demande d’ejiao, gélatine issue de la peau d’âne utilisée en médecine traditionnelle et en cosmétique, entraîne l’abattage de plusieurs millions d’animaux par an. En février 2024, l’Union africaine a adopté un moratoire de quinze ans sur l’abattage commercial des ânes pour leur peau, mesure historique dont la mise en œuvre effective reste à construire pays par pays.
Le recul des effectifs et la transmission des savoir-faire
Le déclin structurel du cheval de travail dans les pays industrialisés s’accompagne d’une érosion des métiers associés : maréchalerie, sellerie-bourrellerie, cochers, meneurs, écuyers. La conservation de races locales à faibles effectifs pose des questions génétiques (consanguinité) et économiques (absence de débouché). La Journée mondiale du cheval fait explicitement référence à la sauvegarde du patrimoine équin et des modes de vie pastoraux.
La pression économique sur les structures
Coût de l’alimentation et du fourrage, prix de l’énergie, accès au foncier, difficultés de recrutement : les structures équestres et les élevages subissent des tensions de coûts que la fréquentation ne compense pas toujours. La question du renouvellement des générations d’exploitants s’y ajoute.

Comment célébrer la Journée mondiale du cheval le 11 juillet
Les événements officiels
En Mongolie, pays initiateur, la Journée mondiale du cheval est célébrée dans le cadre du Naadam, sur le site de Khui Doloon Khudag, à proximité d’Oulan-Bator, avec cérémonie d’ouverture, courses traditionnelles et démonstrations de savoir-faire équestres.
Ailleurs, les célébrations reposent sur les fédérations équestres nationales, les organisations de courses, les ONG de protection des équidés et les collectivités territoriales. La journée étant récente, le format n’est pas encore stabilisé et varie fortement d’un pays à l’autre.
Les initiatives portées par les structures équestres
- Portes ouvertes dans les centres équestres, haras, écuries de course et refuges.
- Baptêmes de poney et séances d’initiation gratuites ou à tarif réduit.
- Démonstrations d’attelage, de traction animale, de maréchalerie ou d’art équestre.
- Visites de coulisses : soins, alimentation, travail du sabot, physiologie de l’effort.
- Collectes au profit d’associations de sauvegarde et de retraite des équidés.
Les actions éducatives
La résolution mentionne expressément les écoles. Plusieurs entrées pédagogiques se prêtent à la date : histoire de la domestication et des grandes migrations, rôle du cheval dans les conflits et l’agriculture, biologie et éthologie équines, géographie des cultures pastorales, éducation au bien-être animal.
La sensibilisation en ligne
Les mots-clés #JournéeMondialeDuCheval et #WorldHorseDay fédèrent les publications du 11 juillet. Au-delà de la photographie, les contenus les plus utiles restent ceux qui documentent le quotidien réel de la filière : soins vétérinaires, réforme et reconversion des chevaux, conditions de travail des équidés dans les pays du Sud.
Comment participer à titre individuel
- Rendre visite à une association de protection ou de retraite des équidés et s’informer sur ses besoins concrets.
- Parrainer un équidé réformé plutôt que d’en acquérir un sans capacité d’accueil.
- Se renseigner, avant tout achat, sur le coût réel de la détention d’un équidé sur vingt à trente ans.
- Privilégier des prestataires de tourisme équestre respectant des standards de charge, de repos et d’accès à l’eau.
- Soutenir les organisations agissant en faveur des équidés de travail dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Focus France : un pays de tradition équestre face à la Journée mondiale du cheval
La France est l’un des grands pays équins du monde et l’une des rares nations à disposer d’un opérateur public dédié, l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), héritier des Haras nationaux et de l’École nationale d’équitation.
Les chiffres clés de la filière équine française
| Indicateur | Valeur | Année |
|---|---|---|
| Équidés présents en France | 995 700 | Fin 2024 |
| Part de chevaux de selle et poneys | 70 % de l’effectif | 2024 |
| Détenteurs d’équidés (estimation) | 100 000, dont deux tiers de particuliers | 2024 |
| Surfaces en herbe valorisées | 800 000 ha, plus 350 000 ha de fourrages | 2023-2024 |
| Lieux d’élevage | 21 331 | 2024 |
| Immatriculations de poulains | 55 692 | 2024 |
| Emplois liés à la filière | 120 400, dont 54 328 en lien direct avec l’usage du cheval | 2022-2023 |
| Entreprises équines spécialisées | Environ 28 800 | 2023 |
| Chiffre d’affaires des entreprises équines | 6,2 milliards d’euros | 2023 |
| Licenciés de la Fédération française d’équitation | 648 254 | Saison 2024 |
| Établissements équestres affiliés | 9 682 | 2024 |
| Enjeux des paris hippiques | 9,68 milliards d’euros | 2024 |
| Hippodromes en activité | 233 | 2024 |
| Courses organisées | 17 989, pour 2 245 réunions | 2024 |
Source : IFCE — Observatoire économique et social du cheval, annuaire ÉCUS 2025.
L’équitation, quatrième sport national
Avec plus de 648 000 licenciés en 2024, l’équitation demeure le quatrième sport national par le nombre de licences et le premier sport féminin en France. Le réseau des clubs — près de 5 450 structures dispensant l’enseignement — irrigue le territoire rural, y compris dans des zones peu dotées en équipements sportifs. Les effectifs sont toutefois orientés à la baisse depuis plusieurs saisons, tendance que la filière suit de près.
Les courses, un modèle de financement singulier
La France est l’un des rares pays où l’ensemble de la filière hippique est financée par les paris. Avec près de 9,7 milliards d’euros d’enjeux en 2024 et 233 hippodromes actifs — un maillage sans équivalent en Europe —, le secteur des courses redistribue les encouragements aux propriétaires, éleveurs et entraîneurs. L’érosion tendancielle des enjeux, malgré la progression des mises en ligne, constitue un enjeu structurel pour l’ensemble de l’écosystème.
Un patrimoine reconnu par l’UNESCO
L’équitation de tradition française est inscrite depuis 2011 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Le dossier, porté par l’École nationale d’équitation et le ministère de la Culture, définit une pratique fondée sur l’absence de contrainte, l’harmonie de la relation homme-cheval et la recherche de la « légèreté ». Le Cadre noir de Saumur en est reconnu comme la communauté la plus représentative, dans la filiation des écuyers Pluvinel, La Guérinière, Baucher et L’Hotte.
La France conserve par ailleurs neuf races de chevaux de trait — Ardennais, Auxois, Boulonnais, Breton, Cob normand, Comtois, Percheron, Poitevin mulassier et Trait du Nord — un patrimoine génétique parmi les mieux préservés au monde, mais dont plusieurs races font l’objet de plans de sauvegarde en raison de la faiblesse de leurs effectifs.
Le cadre juridique du bien-être équin
La loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale a introduit plusieurs dispositions propres aux équidés. La principale est le certificat d’engagement et de connaissance, obligatoire depuis le 31 décembre 2022 pour tout détenteur non professionnel d’un équidé, précisé par le décret n° 2022-1012 du 18 juillet 2022. Ce document atteste que le détenteur connaît les besoins physiologiques, comportementaux et médicaux de l’espèce, ainsi que les implications financières et logistiques d’une détention qui peut durer trente ans. La loi a également renforcé les obligations de déclaration des névrectomies et les dispositifs de lutte contre le dopage.
La conservation : le cheval de Przewalski élevé en Lozère
Un exemple français fait le lien direct avec le pays initiateur de la journée. Sur le causse Méjean, en Lozère, l’association TAKH, créée en 1990, élève depuis le début des années 1990 des chevaux de Przewalski sur un site de 400 hectares, dans des conditions proches de la vie sauvage. Une vingtaine de chevaux nés sur le causse ont rejoint la Mongolie en 2004 et 2005, où ils ont fondé une population réintroduite dans la région de Khomyn Tal, suivie quotidiennement depuis lors. Le dernier cheval sauvage au monde, disparu de son milieu naturel dans les années 1960, doit ainsi une partie de son retour à un plateau calcaire du sud du Massif central.
Une contribution scientifique française majeure
L’origine du cheval domestique moderne a été élucidée par une équipe internationale dirigée par le paléogénéticien Ludovic Orlando (CNRS, université Toulouse III – Paul Sabatier), dans une étude publiée dans Nature le 20 octobre 2021. Le séquençage de 273 génomes de chevaux anciens d’Eurasie a établi que tous les chevaux domestiques actuels descendent d’une lignée unique, dite DOM2, apparue dans les steppes pontiques-caspiennes, au nord du Caucase. Cette lignée s’est diffusée d’un bout à l’autre de l’Eurasie entre 2200 et 2000 avant notre ère, en quelques siècles, concomitamment à l’apparition des chars à roues à rayons. Les chevaux du site de Botaï, au Kazakhstan, domestiqués plus anciennement, ne sont donc pas les ancêtres des chevaux modernes : leur descendance conduit au cheval de Przewalski.
La viande chevaline, un usage en recul
La France reste un pays consommateur de viande chevaline, mais l’usage s’efface : 4 727 tonnes consommées en 2024, contre plus de 7 600 tonnes en 2019, pour 5,5 % de foyers acheteurs et 3 984 équidés abattus sur le territoire. Plus des trois quarts de la viande consommée sont importés. Ce recul, à la fois culturel et générationnel, illustre le glissement du statut du cheval en France : d’animal de production, il est devenu, dans la représentation dominante, un animal de sport, de loisir et de compagnie.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 11 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale du développement rural, Journée internationale de la diversité biologique.
Foire aux questions sur la Journée mondiale du cheval
Quand a lieu la Journée mondiale du cheval ?
La Journée mondiale du cheval a lieu chaque année le 11 juillet. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années. Elle a été célébrée pour la première fois le 11 juillet 2025, quelques semaines après l’adoption de la résolution qui l’a instituée.
Qui a créé la Journée mondiale du cheval ?
La Journée mondiale du cheval a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, sur une initiative de la Mongolie portée par son président Ukhnaagiin Khürelsükh. La résolution A/RES/79/291 a été adoptée le 3 juin 2025 par 169 voix pour, une contre et aucune abstention, avec 56 États coauteurs.
Pourquoi la Journée mondiale du cheval est-elle célébrée le 11 juillet ?
Le 11 juillet coïncide avec l’ouverture du Naadam, la fête nationale mongole dont les courses de chevaux constituent l’une des trois épreuves traditionnelles. En retenant cette date, la Mongolie, pays initiateur de la Journée mondiale du cheval, a inscrit l’observance internationale dans le calendrier équestre le plus emblématique du monde nomade.
Combien y a-t-il de chevaux dans le monde ?
Le monde compte plus de 60 millions de chevaux selon les données de la FAO pour 2023, le préambule de la résolution des Nations Unies retenant pour sa part un effectif supérieur à 57 millions. Si l’on élargit aux équidés de travail, chevaux, ânes et mulets confondus, on dénombre environ 112 millions d’animaux, qui soutiennent les moyens de subsistance de quelque 600 millions de personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Combien la France compte-t-elle de chevaux ?
La France comptait 995 700 équidés fin 2024, selon l’Observatoire économique et social du cheval de l’IFCE. Sept équidés sur dix sont des chevaux de selle ou des poneys. Ce cheptel est réparti entre environ 100 000 détenteurs, dont deux tiers de particuliers, et valorise 800 000 hectares de surfaces en herbe.
Comment participer à la Journée mondiale du cheval ?
Participer à la Journée mondiale du cheval peut prendre plusieurs formes : visiter un centre équestre ou un haras lors d’une journée portes ouvertes, soutenir une association de protection ou de retraite des équidés, s’informer sur les conditions de vie des équidés de travail dans le monde, ou relayer la journée en ligne avec les mots-clés #JournéeMondialeDuCheval et #WorldHorseDay. Les établissements scolaires peuvent également consacrer une séance à l’histoire de la domestication ou à l’éthologie équine.
Peu d’animaux ont accompagné l’humanité d’aussi près et d’aussi loin. Le cheval a porté ses armées, labouré ses champs, tiré ses diligences, transporté son courrier, puis, quand la machine l’a remplacé, s’est réinventé en partenaire de sport, de loisir et de soin. Là où il continue de travailler — et ils sont plus de cent millions à le faire —, il demeure l’infrastructure de subsistance de centaines de millions de personnes. La Journée mondiale du cheval du 11 juillet ne célèbre donc pas une relique : elle rappelle qu’un partenariat vieux de quatre mille ans reste, aujourd’hui encore, une affaire de responsabilité partagée.
