Chaque 11 juillet, la communauté internationale marque la Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 23 mai 2024, cette journée honore la mémoire de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans exécutés en juillet 1995 dans une enclave que l’ONU avait pourtant déclarée « zone de sécurité ». La date retenue est celle de la chute de Srebrenica, le 11 juillet 1995.

Au-delà du recueillement, la journée porte une exigence précise : préserver les faits établis par la justice internationale, combattre le négationnisme et prévenir la répétition du crime de génocide.
| Élément | Information |
|---|---|
| Dénomination officielle | Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995 |
| Date | 11 juillet, chaque année |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/78/282 de l’Assemblée générale des Nations unies |
| Date d’adoption | 23 mai 2024 (82ᵉ séance plénière, 78ᵉ session) |
| Projet de résolution | A/78/L.67/Rev.1, point 14 de l’ordre du jour (« Culture de paix ») |
| Résultat du vote | 84 voix pour, 19 contre, 68 abstentions, 22 non-votants |
| États porteurs | Allemagne et Rwanda, avec plus de 30 coauteurs |
| Première édition | 11 juillet 2024 |
| Position de la France | Vote favorable |
Qu’est-ce que la Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica ?
Il s’agit d’une journée internationale officielle des Nations unies, inscrite au calendrier onusien depuis 2024. Elle poursuit trois objectifs indissociables.
- Commémorer : rendre hommage aux victimes du génocide de juillet 1995 et reconnaître la souffrance persistante des survivants et des familles.
- Établir et transmettre les faits : la résolution invite les États membres à préserver les faits judiciairement établis, notamment par leurs systèmes éducatifs et des programmes de mémoire.
- Prévenir : faire du souvenir un outil de prévention des génocides futurs, en s’attaquant au discours de haine et à l’inaction internationale qui l’ont rendu possible.
La résolution A/RES/78/282 condamne « sans réserve » toute négation de l’historicité du génocide de Srebrenica, ainsi que les actes glorifiant les personnes condamnées par les juridictions internationales pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.
Srebrenica, juillet 1995 : que s’est-il passé ?
La guerre qui a suivi l’éclatement de la Yougoslavie a fait plus de 100 000 morts en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995, majoritairement des Bosniaques musulmans, et déplacé plus de deux millions de personnes.
Srebrenica, enclave de l’est de la Bosnie encerclée par les forces serbes de Bosnie, avait été déclarée « zone de sécurité » par la résolution 819 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité le 16 avril 1993. Sa protection était confiée à la Force de protection des Nations unies (FORPRONU), avec sur place le bataillon néerlandais Dutchbat III, fort de moins de 400 casques bleus légèrement armés.
Le 11 juillet 1995, l’armée de la Republika Srpska, commandée par le général Ratko Mladić, s’empare de la ville. Dans les jours qui suivent, les hommes et les adolescents sont séparés des femmes, puis exécutés par milliers sur plusieurs sites, avant d’être enfouis dans des fosses communes ultérieurement déplacées pour dissimuler les preuves. Environ 25 000 femmes, enfants et personnes âgées sont transférés de force hors de l’enclave. Une colonne de plusieurs milliers d’hommes tente de rejoindre à pied le territoire contrôlé par Sarajevo à travers les forêts : la plupart sont capturés ou tués.
Il s’agit du plus grand massacre commis en Europe depuis la Shoah.
Le bilan et l’identification des victimes
Le mémorial de Srebrenica-Potočari recense au moins 8 372 noms de victimes. L’identification, menée par analyse ADN, se poursuit trois décennies après les faits.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Victimes recensées au mémorial | Au moins 8 372 |
| Personnes inhumées au mémorial de Potočari | 6 782 (juillet 2026) |
| Victimes inhumées dans des cimetières locaux | Environ 250 |
| Personnes toujours portées disparues | Plus de 1 000 |
| Civils déplacés de force de l’enclave | Environ 25 000 |
Chaque 11 juillet, les dépouilles identifiées au cours des douze mois écoulés sont inhumées lors de funérailles collectives à Potočari : sept en 2025, dix en 2026. Certaines familles diffèrent l’inhumation dans l’espoir que d’autres ossements de leurs proches soient retrouvés.
Origine et histoire de la Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica
Une reconnaissance judiciaire avant la reconnaissance mémorielle
Peu d’événements ont été qualifiés de génocide par des organes judiciaires compétents. Srebrenica en fait partie. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a rendu huit jugements comportant des condamnations pour le crime de génocide commis à Srebrenica, et la Cour internationale de justice a conclu, le 26 février 2007, que les actes commis à Srebrenica constituaient des actes de génocide.
Une première tentative de reconnaissance mémorielle par le Conseil de sécurité avait échoué le 8 juillet 2015 : la Russie avait opposé son veto au projet britannique présenté pour le vingtième anniversaire, avec 10 voix pour, 1 contre et 4 abstentions.
L’adoption de la résolution de 2024
Le 23 mai 2024, l’Assemblée générale adopte la résolution 78/282, portée par l’Allemagne et le Rwanda — deux pays marqués par des génocides du XXᵉ siècle — et coparrainée par plus de trente États. Le texte est adopté par 84 voix pour, 19 contre et 68 abstentions, sur 193 États membres.
Le vote reflète des lignes de fracture nettes : la Serbie a activement fait campagne contre le texte, invoquant le risque d’une « culpabilité collective » imposée au peuple serbe. Trois membres permanents du Conseil de sécurité — États-Unis, Royaume-Uni et France — ont voté pour ; la Russie et la Chine ont voté contre. Pour désamorcer cette objection, la résolution rappelle explicitement que la responsabilité pénale du crime de génocide est individuelle et ne peut être transférée à un groupe ethnique, religieux ou à une communauté dans son ensemble.
La résolution demande également au Secrétaire général de mettre en place un programme d’activités de sensibilisation intitulé « Le génocide de Srebrenica et l’Organisation des Nations Unies ».
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| Mars 1993 | Le général français Philippe Morillon, commandant de la FORPRONU, se rend dans l’enclave assiégée |
| 16 avril 1993 | Résolution 819 : Srebrenica déclarée « zone de sécurité » de l’ONU |
| 11 juillet 1995 | Chute de Srebrenica ; les jours suivants, exécutions de masse |
| Novembre 1999 | Rapport du Secrétaire général « La chute de Srebrenica » (A/54/549) |
| 22 novembre 2001 | Rapport d’information de l’Assemblée nationale française sur les événements de Srebrenica |
| Avril 2002 | Démission du gouvernement néerlandais après la publication du rapport du NIOD |
| 19 avril 2004 | Arrêt de la Chambre d’appel du TPIY dans l’affaire Krstić : qualification de génocide |
| 26 février 2007 | Arrêt de la Cour internationale de justice |
| 8 juillet 2015 | Veto russe au Conseil de sécurité sur le projet du vingtième anniversaire |
| 20 mars 2019 | Arrêt d’appel du Mécanisme international dans l’affaire Karadžić |
| 19 juillet 2019 | La Cour suprême des Pays-Bas fixe à 10 % la responsabilité de l’État néerlandais |
| 8 juin 2021 | Arrêt d’appel du Mécanisme international dans l’affaire Mladić |
| 23 mai 2024 | Proclamation de la Journée internationale (A/RES/78/282) |
| 11 juillet 2024 | Première édition de la Journée |
| 11 juillet 2025 | Trentième anniversaire du génocide |
Importance et impact de la Journée du 11 juillet
Une portée juridique : la lutte contre l’impunité
La résolution réaffirme l’opposition de l’Assemblée générale à l’impunité pour le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Elle appelle à poursuivre les auteurs du génocide de Srebrenica qui n’ont pas encore été jugés, et rappelle aux États leurs obligations au titre de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Elle souligne aussi le rôle des juridictions nationales, dont la Cour de Bosnie-Herzégovine, et l’importance d’une coopération régionale entre parquets pour bâtir paix, justice, vérité et réconciliation.
Une portée mémorielle : la question des disparus
Le texte insiste sur la nécessité d’achever la localisation et l’identification des victimes restantes et de leur offrir une sépulture digne. Le Comité international de la Croix-Rouge, présent en Bosnie-Herzégovine depuis 1992, participe à cette recherche. Au mémorial de Potočari, des emplacements sont laissés vacants entre les tombes existantes pour permettre d’inhumer les disparus aux côtés de leurs proches lorsqu’ils seront retrouvés.
Une portée institutionnelle : l’ONU face à son propre échec
Srebrenica est tombée alors que la ville était placée sous protection onusienne. Le rapport commandé par l’Assemblée générale en 1999, La chute de Srebrenica, a documenté les défaillances du système. La création d’un programme d’activités de sensibilisation intitulé « Le génocide de Srebrenica et l’Organisation des Nations Unies » inscrit explicitement cette autocritique dans le dispositif commémoratif.
Une journée observée diversement à travers le monde
En Bosnie-Herzégovine
La commémoration centrale se tient au Centre mémoriel de Srebrenica-Potočari, où se rassemblent chaque année des dizaines de milliers de personnes : familles, survivants, responsables politiques étrangers, chefs religieux. Elle est précédée de la Marche de la paix (Marš mira), qui parcourt en trois jours la centaine de kilomètres séparant Nezuk de Srebrenica, en sens inverse de la route de fuite empruntée par la colonne d’hommes en juillet 1995.
Aux Nations unies
L’Assemblée générale organise une cérémonie annuelle dans sa salle de New York, retransmise sur UN WebTV. Le mémorial permanent « La fleur de Srebrenica », installé dans le jardin des Nations unies au Siège, sert de lieu de recueillement tout au long de l’année. Des expositions temporaires accompagnent régulièrement la journée.
Dans les États membres
Les gouvernements ayant coparrainé ou soutenu la résolution publient des déclarations officielles ; des cérémonies sont organisées par les diasporas bosniennes, les universités et les associations mémorielles.
Une commémoration contestée
L’observation de la journée est loin d’être universelle. Les dirigeants serbes de Bosnie ont annoncé qu’ils ne la commémoreraient pas et qu’elle ne figurerait pas dans les programmes scolaires de la Republika Srpska. En Serbie, les rassemblements commémoratifs ont fait l’objet d’intimidations : en juillet 2025, un écrivain organisateur d’une commémoration à Belgrade a été agressé physiquement avant le rassemblement, annulé à la suite de cette agression.
Défis et enjeux contemporains
Le négationnisme et le révisionnisme
C’est l’enjeu central de la journée. Les conseillers spéciaux des Nations unies ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude face aux actes de révisionnisme concernant les atrocités de 1992-1995, en particulier la négation du génocide de Srebrenica et la glorification de criminels de guerre condamnés. La résolution répond directement à ces deux phénomènes, qu’elle condamne séparément.
Les disparus et la course contre le temps
Le nombre de victimes identifiées chaque année diminue inexorablement : elles se comptaient autrefois par centaines, elles se comptent aujourd’hui en unités. Plus d’un millier de personnes restent portées disparues. Certaines identifications ADN ne peuvent être formellement validées faute de restes suffisants.
La réconciliation dans une Bosnie divisée
Le vote de 2024 a mis en lumière une crainte largement exprimée, y compris parmi les 68 États abstentionnistes : celle qu’une résolution mémorielle attise les divisions plutôt qu’elle ne les apaise. La résolution réaffirme l’attachement de l’Assemblée générale à l’intégrité territoriale et à l’unité de la Bosnie-Herzégovine, ainsi qu’à la promotion de l’unité dans la diversité.
La responsabilité des forces de maintien de la paix
L’arrêt rendu le 19 juillet 2019 par la Cour suprême des Pays-Bas illustre la difficulté juridique. La juridiction a reconnu que Dutchbat avait agi illégalement en faisant sortir 350 hommes de son enceinte, mais a limité la responsabilité de l’État néerlandais à 10 % du préjudice, estimant faible la probabilité que ces hommes échappent à la mort. Un précédent rare — un État tenu pour responsable de la conduite de ses casques bleus — mais reçu comme une humiliation par les familles.

Comment participer à la Journée du 11 juillet
La résolution invite les États membres, les organismes du système des Nations unies, les organisations internationales et régionales et la société civile — ONG, institutions académiques, autres parties prenantes — à marquer la journée. Plusieurs formes de participation sont possibles.
S’informer aux sources primaires
- Consulter le texte de la résolution A/RES/78/282, court et directement lisible.
- Lire le rapport La chute de Srebrenica (A/54/549), document de référence sur les défaillances onusiennes.
- Se reporter aux arrêts du TPIY et du Mécanisme international, qui constituent le socle factuel établi contradictoirement.
Participer aux temps forts
- Suivre la cérémonie annuelle de l’Assemblée générale, retransmise en ligne.
- Assister aux commémorations organisées par les associations mémorielles et les diasporas.
- Visiter le Centre mémoriel de Srebrenica-Potočari, qui accueille des visiteurs toute l’année.
Transmettre
- Intégrer Srebrenica aux enseignements sur les génocides du XXᵉ siècle, comme y invite explicitement la résolution.
- Relayer des contenus documentés issus de sources judiciaires ou institutionnelles.
- Signaler et contredire les contenus négationnistes plutôt que de les ignorer.
Focus France : Srebrenica et la responsabilité française
Le général Philippe Morillon et la promesse de mars 1993
Commandant de la FORPRONU en Bosnie-Herzégovine de septembre 1992 à juillet 1993, le général français Philippe Morillon se rend en mars 1993 dans l’enclave assiégée de Srebrenica, où la population l’empêche de repartir. Il déclare alors publiquement aux habitants qu’ils sont désormais sous protection des Nations unies et qu’il ne les abandonnera pas. Cette prise de position, largement médiatisée, contribue directement à l’adoption de la résolution 819 le mois suivant.
Deux ans plus tard, la FORPRONU, contrainte par un mandat limité à la légitime défense, ne peut empêcher le massacre. La phrase de Morillon reste dès lors doublement lue : comme une alerte courageuse hors de Bosnie, comme le symbole d’un abandon occidental à Srebrenica même. Le général Morillon est mort le 29 janvier 2026, à 90 ans ; la présidence de la République lui a rendu hommage le 31 janvier 2026.
Le général Bernard Janvier et la question des frappes aériennes
En juillet 1995, la FORPRONU est commandée par un autre officier général français, Bernard Janvier. Son refus des frappes aériennes demandées par le bataillon néerlandais chargé de défendre l’enclave a constitué le point le plus sensible du débat français sur Srebrenica.
Le rapport de l’Assemblée nationale (2001)
L’Assemblée nationale a créé une mission d’information commune sur les événements de Srebrenica, présidée par le député François Loncle, avec pour rapporteurs René André et François Lamy. Son rapport d’information n° 3413, déposé le 22 novembre 2001, porte en couverture le titre Srebrenica : rapport sur un massacre.
Le document examine les responsabilités de l’ONU et de la France dans la protection des zones de sécurité et analyse les dysfonctionnements de la force onusienne. Les travaux ont été marqués par des désaccords internes — les auditions des généraux Janvier et Morillon se sont tenues à huis clos, à la demande du ministère de la Défense — et par des divergences d’appréciation entre membres de la mission sur la mise en cause du général Janvier.
Un enquêteur français au cœur de l’établissement des faits
L’officier de police français Jean-René Ruez a dirigé pendant plusieurs années l’équipe d’enquête du TPIY sur Srebrenica, contribuant à localiser les fosses communes et à réunir les preuves ayant permis les poursuites contre Radovan Karadžić et Ratko Mladić. Son travail a inspiré le téléfilm franco-italo-polonais Résolution 819 (2008), réalisé par Giacomo Battiato, dans lequel Benoît Magimel interprète un personnage directement inspiré de lui.
La position diplomatique française
La France a voté en faveur de la résolution de 2024. Son représentant permanent auprès des Nations unies, Nicolas de Rivière, a présenté la journée comme une invitation au devoir de mémoire et une responsabilité collective, en rappelant qu’il ne peut y avoir de place pour le négationnisme, le révisionnisme historique ou la glorification de criminels de guerre condamnés.
Cette position s’inscrit dans la continuité : en 2015, la France avait soutenu le projet de résolution du Conseil de sécurité et regretté publiquement le veto russe, par la voix de son représentant permanent d’alors, François Delattre.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 11 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, Journée internationale pour le droit à la vérité en ce qui concerne les violations flagrantes des droits de l’homme et pour la dignité des victimes, Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture.
Foire aux questions
Pourquoi la Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica est-elle fixée au 11 juillet ?
La Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica est fixée au 11 juillet parce que c’est la date de la chute de la ville, en 1995. Ce jour-là, l’armée des Serbes de Bosnie a pris le contrôle de l’enclave, pourtant déclarée « zone de sécurité » par le Conseil de sécurité des Nations unies. Les exécutions de masse ont eu lieu dans les jours qui ont immédiatement suivi.
Qui a créé la Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica ?
La Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, qui l’a proclamée le 23 mai 2024 par la résolution A/RES/78/282. Le texte a été porté par l’Allemagne et le Rwanda, et coparrainé par plus de trente autres États. Il a été adopté par 84 voix pour, 19 contre et 68 abstentions.
Combien de personnes ont été tuées lors du génocide de Srebrenica ?
Lors du génocide de Srebrenica, plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans ont été tués. Le mémorial de Srebrenica-Potočari recense au moins 8 372 noms de victimes. En juillet 2026, 6 782 personnes y avaient été inhumées après identification par analyse ADN, environ 250 ont été enterrées dans des cimetières locaux, et plus d’un millier demeurent portées disparues.
Pourquoi parle-t-on de génocide et non de massacre à propos de Srebrenica ?
On parle de génocide à propos de Srebrenica parce que cette qualification a été retenue par des juridictions internationales, et non par une décision politique. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a rendu huit jugements comportant des condamnations pour le crime de génocide, dont l’arrêt d’appel Krstić du 19 avril 2004. La Cour internationale de justice a conclu dans le même sens le 26 février 2007.
Quel a été le rôle de la France dans les événements de Srebrenica ?
Le rôle de la France dans les événements de Srebrenica s’est exercé au sein de la FORPRONU, dont deux commandants successifs étaient des officiers généraux français : Philippe Morillon, dont la venue dans l’enclave en mars 1993 a précipité l’adoption de la résolution 819, puis Bernard Janvier, en poste lors de la chute de la ville en 1995 et dont le refus des frappes aériennes a été contesté. L’Assemblée nationale a consacré à ces questions une mission d’information dont le rapport a été déposé le 22 novembre 2001.
La Journée internationale du 11 juillet est-elle commémorée partout ?
La Journée internationale du 11 juillet n’est pas commémorée partout. La résolution de 2024 a été adoptée par 84 voix sur 193 États membres, avec 19 votes contre et 68 abstentions. Les autorités de la Republika Srpska ont annoncé qu’elles ne la commémoreraient pas et qu’elle ne serait pas intégrée aux programmes scolaires. En Serbie, des rassemblements commémoratifs ont fait l’objet d’intimidations.
Se souvenir pour ne pas recommencer
Trente ans après, des familles enterrent encore leurs morts. Chaque 11 juillet, quelques cercueils de plus rejoignent les rangées blanches de Potočari, et des emplacements restent vides, réservés à celles et ceux que l’on cherche toujours. C’est la mesure la plus concrète de ce que fut Srebrenica : un crime dont les conséquences ne sont pas achevées.
La Journée internationale du 11 juillet ne demande rien d’extraordinaire. Elle demande de connaître les faits, de les nommer correctement, et de ne pas laisser le mensonge occuper le terrain. C’est peu, et c’est exactement ce que réclament les survivants.
