Chaque 25 juillet, la Journée mondiale de prévention de la noyade rappelle une réalité que les chiffres peinent à faire entendre : la noyade tue plus de 300 000 personnes par an dans le monde, soit environ trente décès par heure, et près d’un quart des victimes ont moins de cinq ans. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en avril 2021 et coordonnée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette journée internationale poursuit un objectif simple : faire reconnaître la noyade comme un problème de santé publique évitable, et non comme une fatalité estivale.

| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale de prévention de la noyade |
| Date | 25 juillet, chaque année |
| Créée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/75/273 « Prévention mondiale de la noyade » |
| Date d’adoption | 28 avril 2021 (adoptée sans vote) |
| Première édition | 25 juillet 2021 |
| Agence coordinatrice | Organisation mondiale de la Santé (OMS) |
| Décès annuels dans le monde | Plus de 300 000 |
| Décès annuels en France | Environ 1 000 (noyades accidentelles) |
Qu’est-ce que la noyade ?
L’OMS définit la noyade comme le processus d’altération de la fonction respiratoire résultant d’une submersion ou d’une immersion dans un liquide. Cette définition, adoptée en 2002 et devenue la référence internationale, présente une caractéristique importante : elle décrit un processus, non un résultat. Une noyade peut donc être suivie de trois issues distinctes.
- Le décès, immédiat ou différé après prise en charge.
- La survie avec séquelles : les lésions cérébrales anoxiques peuvent entraîner des handicaps neurologiques définitifs, particulièrement chez l’enfant.
- La survie sans séquelle, qui reste heureusement l’issue la plus fréquente lorsque le secours est rapide.
Cette distinction explique pourquoi les statistiques de noyade se lisent toujours en deux temps : le nombre total de noyades, et le nombre de noyades suivies de décès. En France, la surveillance épidémiologique retient précisément ces deux indicateurs.
Contrairement à une représentation solidement ancrée, la noyade est un phénomène rapide et silencieux. Elle ne s’accompagne généralement ni de cris ni de grands mouvements de bras : une victime en détresse dispose souvent de quelques dizaines de secondes seulement avant la submersion, et son système respiratoire est mobilisé par la tentative de reprendre de l’air, non par l’appel au secours. Cette méconnaissance est l’un des ressorts majeurs des campagnes de prévention.
Deux idées fausses supplémentaires méritent d’être écartées. D’abord, savoir nager ne protège pas d’une noyade : en France, l’incapacité à nager n’est en cause que dans une minorité de cas, les autres relevant du malaise, de l’épuisement, de l’alcool, du courant ou de la sous-estimation du danger. Ensuite, la noyade ne se produit pas seulement en mer : dans le monde, plus de 90 % des décès surviennent dans les rivières, les lacs, les puits, les réservoirs domestiques et les piscines.
Origine et histoire de la Journée mondiale de prévention de la noyade
Une « épidémie silencieuse » longtemps ignorée
Pendant des décennies, la noyade a occupé une place marginale dans les priorités sanitaires internationales, malgré une mortalité comparable à celle de certaines maladies faisant l’objet de programmes mondiaux. L’OMS avait bien publié un premier Rapport mondial sur la noyade en 2014, puis un guide pratique de prévention en 2017, mais aucun instrument politique de haut niveau ne portait le sujet.
Le tournant vient du Bangladesh, pays où la noyade constitue l’une des premières causes de mortalité infantile en raison de l’omniprésence des plans d’eau en zone rurale. Sa mission permanente auprès des Nations Unies travaille à partir de 2018 à faire inscrire la question à l’agenda de l’Assemblée générale.
La résolution A/RES/75/273 (2021)
Le 28 avril 2021, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte sans vote la résolution A/RES/75/273, intitulée « Prévention mondiale de la noyade ». Présentée par l’ambassadrice du Bangladesh Rabab Fatima et co-portée par l’Irlande, elle est parrainée par une large coalition d’États membres. C’est la première résolution de l’histoire de l’Organisation entièrement consacrée à ce sujet.
Le texte produit trois effets majeurs :
- il proclame le 25 juillet Journée mondiale de prévention de la noyade ;
- il invite l’OMS à coordonner l’action du système des Nations Unies en matière de prévention de la noyade ;
- il encourage les États membres à désigner un point focal national, à élaborer des plans et programmes de prévention, à légiférer, à sensibiliser le public et à soutenir la coopération et la recherche internationales.
La résolution relie explicitement la noyade au développement durable, à l’équité sociale, à la santé urbaine, au changement climatique, à la réduction des risques de catastrophe et à la santé de l’enfant.
Les étapes suivantes
| Année | Étape |
|---|---|
| 2014 | Publication du premier Rapport mondial sur la noyade de l’OMS |
| 2017 | Publication du guide Prévention de la noyade : guide pratique (10 interventions recommandées) |
| 28 avril 2021 | Adoption de la résolution A/RES/75/273 par l’Assemblée générale de l’ONU |
| 25 juillet 2021 | Première Journée mondiale de prévention de la noyade |
| Mai 2023 | La 76ᵉ Assemblée mondiale de la Santé adopte sa première résolution sur la prévention de la noyade, avec un horizon d’action fixé à 2029 |
| 2023-2024 | Création de l’Alliance mondiale pour la prévention de la noyade |
| Décembre 2024 | Publication du premier Rapport de situation mondial sur la prévention de la noyade |
| 2026 | Lancement de la Stratégie mondiale de prévention de la noyade et de l’objectif « -35 % d’ici 2035 » |
Les objectifs de la journée
- Faire reconnaître la noyade comme un enjeu de santé publique, au même titre que les autres causes majeures de traumatismes non intentionnels.
- Diffuser les interventions éprouvées : barrières d’accès à l’eau, structures d’accueil pour les jeunes enfants, apprentissage de la natation et de la sécurité aquatique, formation au secourisme.
- Mobiliser les décideurs politiques autour de législations contraignantes (sécurité des piscines, navigation, transport de passagers).
- Rompre l’isolement des familles endeuillées, en donnant une visibilité collective à des drames vécus comme individuels.
- Susciter des engagements nationaux mesurables, points focaux et plans d’action à l’appui.
Importance et impact : ce que disent les chiffres
Une mortalité massive et très inégalement répartie
| Indicateur mondial | Valeur |
|---|---|
| Décès par noyade chaque année | Plus de 300 000 |
| Décès par heure | Environ 30 |
| Part des enfants de moins de 5 ans | Près d’un quart des décès |
| Part des 0-29 ans | 57 % des décès |
| Part des pays à revenu faible ou intermédiaire | 92 % des décès |
| Rang comme cause de décès chez les 1-4 ans | 4ᵉ |
| Rang comme cause de décès chez les 5-14 ans | 3ᵉ |
| Baisse du taux mondial depuis 2000 | −38 % (de 6,1 à 3,8 pour 100 000 habitants) |
Cette baisse de 38 % en un quart de siècle est réelle, mais l’OMS souligne qu’elle reste inférieure au rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de développement durable auxquels la prévention de la noyade contribue.
Des facteurs de risque bien identifiés
- L’âge. Les taux de noyade les plus élevés concernent les 0-4 ans. Dans la Région OMS du Pacifique occidental, les enfants de 5 à 14 ans meurent plus souvent par noyade que de toute autre cause.
- Le sexe. Le taux de mortalité par noyade est plus de deux fois supérieur chez les hommes, en raison d’une exposition plus fréquente à l’eau et de comportements plus risqués (nager seul, consommer de l’alcool avant la baignade).
- La pauvreté. L’usage quotidien des étangs, rivières et puits à ciel ouvert pour la lessive ou la collecte d’eau multiplie l’exposition dans les pays à faible revenu.
- L’exposition professionnelle. La FAO estime que plus de 32 000 pêcheurs meurent chaque année dans l’exercice de leur métier.
- Le climat. La noyade est responsable de 75 % des décès dus aux inondations, et les vagues de chaleur accroissent mécaniquement la fréquentation des points d’eau.
- Le transport par voie d’eau et les migrations. Embarcations surchargées, absence d’équipement de sécurité et équipages non formés caractérisent une part importante des traversées, régulières comme irrégulières.
Un investissement rentable
L’argumentaire économique établi par l’OMS chiffre les bénéfices d’une montée en charge de deux interventions seulement — les structures d’accueil pour enfants d’âge préscolaire et l’apprentissage des bases de la natation — à l’horizon 2050 :
| Effet modélisé d’ici 2050 | Estimation |
|---|---|
| Noyades d’enfants évitées | 774 000 |
| Traumatismes graves évités (noyades non mortelles) | 178 000 |
| Économies générées | Plus de 400 milliards USD |
| Retour sur investissement | Environ 9 fois le coût initial |
La prévention de la noyade à travers le monde
Des réalités régionales très contrastées
Plus de la moitié des noyades mondiales surviennent dans les Régions OMS du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est, où la densité de population riveraine, la saisonnalité des crues et l’absence de barrières physiques cumulent leurs effets. La Région OMS de la Méditerranée orientale enregistre pour sa part les taux les plus élevés chez les 0-4 ans, à 16,8 décès pour 100 000 habitants.
Dans les pays à revenu élevé, le profil est différent : les victimes sont plus âgées, les circonstances relèvent davantage du loisir (baignade, navigation de plaisance, sports nautiques), et la mortalité se concentre sur la saison estivale. C’est le cas de la France.
Trois modèles de réponse nationale
| Approche | Principe | Exemple |
|---|---|---|
| Communautaire | Recensement local des points d’eau dangereux, clôtures, équipes de bénévoles, formation des familles à la réanimation | Thaïlande |
| Réglementaire | Obligation légale d’équipement de sécurité, normes techniques, sanctions | France (loi sur la sécurité des piscines) |
| Institutionnel et associatif | Corps de sauveteurs formés, surveillance organisée des plages, campagnes nationales | France, Irlande, Royaume-Uni, Australie |
Le cas thaïlandais fait figure de référence dans les documents de l’OMS. En 2006, la noyade y était la première cause de décès chez les moins de 15 ans, avec environ 1 500 morts par an, souvent de très jeunes enfants tombés dans des seaux ou des réservoirs domestiques. Le pays a misé sur un maillage de plus de 5 000 équipes communautaires réparties dans chaque province, combinant clôtures, cours de natation et formation au secourisme. En 2022, les décès par noyade d’enfants avaient reculé de 57 %.
Défis et enjeux contemporains
Le changement climatique, facteur aggravant
Deux mécanismes distincts sont à l’œuvre. D’un côté, l’intensification des inondations multiplie les situations de submersion brutale, particulièrement dans les pays dépourvus de systèmes d’alerte précoce. De l’autre, les vagues de chaleur allongent la saison de baignade et poussent vers l’eau des populations qui s’y aventurent hors des zones surveillées, avant même l’ouverture des postes de secours. La France a directement observé ce second effet lors de l’été 2025.
Le déficit d’encadrement
La surveillance des baignades repose sur des professionnels et des bénévoles dont le recrutement se tend dans de nombreux pays. En France, la question du nombre de maîtres-nageurs sauveteurs disponibles revient régulièrement dans les débats parlementaires, en lien direct avec la capacité des collectivités à assurer à la fois l’apprentissage scolaire de la natation et la surveillance des bassins.
L’inégalité d’accès à l’apprentissage
Apprendre à nager suppose un bassin accessible, un encadrement qualifié et un coût supportable. Ces trois conditions ne sont réunies ni dans les zones rurales des pays à faible revenu, ni dans certains territoires des pays riches. L’apprentissage de la natation reproduit ainsi, d’une génération à l’autre, les inégalités sociales et territoriales.
La sous-déclaration des données
Les estimations mondiales reposent sur des systèmes d’enregistrement des décès de qualité très inégale. Les noyades liées aux catastrophes naturelles, aux naufrages d’embarcations de migrants ou survenues loin des structures de soins échappent largement au comptage. Le premier rapport de situation mondial publié fin 2024 vise précisément à combler ce déficit d’information.

Comment participer à la Journée mondiale de prévention de la noyade
Les temps forts institutionnels
- L’événement de lancement mondial organisé par l’OMS, accompagné de la publication de ressources techniques et de bilans nationaux.
- L’illumination en bleu de monuments emblématiques le soir du 25 juillet, geste symbolique proposé dès la première édition en 2021 et repris chaque année par de nombreuses villes.
- La diffusion d’une boîte à outils de campagne par l’OMS, contenant messages clés, visuels et contenus prêts à l’emploi pour les partenaires et les communicants.
Les actions locales
- Sessions gratuites d’initiation à la natation et à l’aisance aquatique.
- Formations aux gestes qui sauvent et à la réanimation cardio-pulmonaire ouvertes au grand public.
- Opérations de sensibilisation sur les plages, autour des lacs et dans les centres aquatiques.
- Recensement participatif des points d’eau dangereux à l’échelle d’une commune.
Ce que chacun peut faire
Selon le rôle de chacun, l’OMS identifie des actions concrètes :
- Parents et proches : surveiller activement les enfants près de l’eau, clôturer les piscines, couvrir les réservoirs domestiques, apprendre aux enfants à nager, se former à la réanimation.
- Enseignants et écoles : intégrer la sécurité aquatique aux programmes et transmettre des ressources aux familles.
- Travailleurs à proximité de l’eau : porter systématiquement un gilet de sauvetage, exiger formation et équipement, signaler les conditions dangereuses.
- Employeurs et exploitants : instaurer une culture de sécurité et respecter les normes internationales.
- Élus et responsables associatifs : cartographier les risques locaux, organiser des formations, renforcer les systèmes d’alerte aux crues.
- Décideurs publics : légiférer, financer les interventions éprouvées, coordonner les secteurs.
Le thème annuel
L’OMS retient chaque année un thème pour la Journée mondiale de prévention de la noyade.
| Année | Thème / slogan |
|---|---|
| 2021-2024 | « Tout le monde peut se noyer, personne ne le devrait » (Anyone can drown, no one should) |
| 2025 | « Votre histoire peut sauver une vie : prévenir la noyade par le partage d’expériences » |
| 2026 | « S’unir pour inverser la tendance » (Unite to Turn the Tide) |
Le thème 2026 accompagne le lancement de la Stratégie mondiale de prévention de la noyade, qui fixe un objectif chiffré unique : réduire de 35 % les noyades d’ici 2035.
Focus France : la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans
L’ampleur du phénomène
En France, les noyades accidentelles provoquent environ 1 000 décès par an, dont près de la moitié pendant la seule période estivale. Elles constituent la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans.
Santé publique France pilote, avec le Système national d’observation de la sécurité des activités nautiques (Snosan), une surveillance estivale des noyades accidentelles à partir des passages aux urgences et des décès survenus sur le lieu de la noyade. Les résultats du dernier bilan complet sont éloquents.
| Bilan estival (1ᵉʳ juin – 30 septembre) | 2024 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Noyades recensées | 1 246 | 1 418 | +14 % |
| Noyades suivies de décès | 350 | 409 | +16 % |
| Part de décès parmi les noyades | 28 % | 29 % | — |
L’été 2025 illustre parfaitement le lien entre chaleur et noyade : sur la seule période du 19 juin au 8 juillet, marquée par une vigilance canicule orange à rouge, 355 noyades ont été recensées, soit une hausse de 135 % par rapport à la même période de 2024. Face à l’allongement de la période propice à la baignade, Santé publique France a avancé le démarrage de sa surveillance au 1ᵉʳ mai.
Qui se noie en France ?
| Classe d’âge | Part des noyades (été 2025) | Létalité |
|---|---|---|
| Adultes (18 ans et plus) | 57 % | 43 % |
| Moins de 6 ans | 27 % | 6 % |
| 6-17 ans | 16 % | — |
Ce tableau met en évidence un paradoxe essentiel : les jeunes enfants représentent une part importante des noyades, mais neuf noyades mortelles sur dix concernent des adultes. Autrement dit, la noyade de l’enfant est fréquente et souvent réversible grâce à une surveillance rapprochée ; celle de l’adulte est plus rare, mais nettement plus létale.
Les décès en cours d’eau ou en plan d’eau représentent environ la moitié des décès par noyade, quel que soit l’âge. Pour les autres lieux, les mineurs se noient davantage en piscine privée, les adultes en mer.
Une géographie très concentrée
Quatre régions ont rassemblé 59 % des noyades de l’été 2025 et près de la moitié des noyades mortelles :
| Région | Noyades (été 2025) |
|---|---|
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 332 |
| Nouvelle-Aquitaine | 203 |
| Occitanie | 194 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 114 |
La loi française sur la sécurité des piscines
La loi n° 2003-9 du 3 janvier 2003 relative à la sécurité des piscines constitue le principal outil réglementaire français. Elle impose à toute piscine enterrée ou semi-enterrée non close, privative à usage individuel ou collectif, d’être équipée d’au moins un dispositif de sécurité normalisé :
| Dispositif | Norme |
|---|---|
| Barrière de protection | NF P90-306 |
| Système d’alarme | NF P90-307 |
| Couverture de sécurité | NF P90-308 |
| Abri de piscine | NF P90-309 |
L’obligation s’applique depuis le 1ᵉʳ janvier 2004 pour les bassins neufs et depuis le 1ᵉʳ janvier 2006 pour les bassins existants. Le manquement est passible d’une amende pouvant atteindre 45 000 euros.
Apprendre à nager : les dispositifs publics
Le ministère chargé des Sports pilote un plan interministériel « Aisance aquatique » qui articule plusieurs dispositifs :
- Stages d’aisance aquatique pour les 4-6 ans, souvent adossés à l’école ou aux temps périscolaires ;
- « J’apprends à nager », cours gratuits pour les 6-12 ans, prioritairement dans les territoires carencés ;
- l’attestation du savoir nager en sécurité (ASNS), validée en milieu scolaire ;
- des campagnes nationales de prévention ciblant les parents de jeunes enfants et les plus de 65 ans, déployées autour des week-ends les plus accidentogènes de l’été.
La France a par ailleurs institué une Journée nationale de prévention des noyades, dont les éditions se sont tenues à Toulon (2019), Lacanau (2021) puis Aix-les-Bains (2022), réunissant administrations, collectivités, chercheurs et associations de sauvetage.
Les Sauveteurs en Mer
La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), association reconnue d’utilité publique, mobilise environ 10 000 bénévoles répartis dans près de 190 stations. Chaque été, quelque 1 500 nageurs sauveteurs formés par l’association arment plus de 200 postes de secours et veillent sur environ un tiers des plages surveillées de France, sous la responsabilité des communes du littoral. En 2025, les Sauveteurs en Mer ont réalisé près de 9 000 interventions et pris en charge environ 26 000 personnes.
Savoir nager en France : un acquis inégal
L’incapacité à nager n’explique qu’une minorité des noyades — l’enquête NOYADES 2021 de Santé publique France l’associe à 13 % des noyades accidentelles et à 10 % des décès —, mais elle reste un déterminant social majeur. Les enquêtes déclaratives montrent un écart générationnel marqué : la proportion de personnes capables de parcourir 50 mètres à la nage est nettement plus élevée chez les 15-24 ans que chez les 65-75 ans, et les femmes âgées figurent parmi les publics les moins à l’aise dans l’eau. C’est précisément ce que les dispositifs d’apprentissage tout au long de la vie cherchent à corriger.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 25 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la santé, Journée internationale du sport au service du développement et de la paix.
Foire aux questions sur la Journée mondiale de prévention de la noyade
Quand a lieu la Journée mondiale de prévention de la noyade ?
La Journée mondiale de prévention de la noyade a lieu le 25 juillet de chaque année. Cette date fixe a été proclamée par la résolution A/RES/75/273 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 28 avril 2021. La première édition s’est tenue le 25 juillet 2021.
Qui a créé la Journée mondiale de prévention de la noyade ?
La Journée mondiale de prévention de la noyade a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, sur une initiative portée par le Bangladesh et co-menée par l’Irlande, et soutenue par une large coalition d’États membres. La résolution invite l’Organisation mondiale de la Santé à coordonner l’action de prévention de la noyade au sein du système des Nations Unies : c’est donc l’OMS qui organise chaque année la journée, produit les supports de campagne et appuie les initiatives nationales et locales.
Combien de personnes meurent noyées chaque année dans le monde ?
Selon l’OMS, plus de 300 000 personnes meurent noyées chaque année dans le monde, soit environ trente décès par heure. Les enfants de moins de cinq ans représentent près d’un quart de ces décès, et 92 % d’entre eux surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Le taux mondial de mortalité par noyade a toutefois reculé de 38 % depuis 2000.
Combien de noyades recense-t-on en France chaque année ?
En France, les noyades accidentelles causent environ 1 000 décès par an, dont près de la moitié durant l’été. Lors de la saison de surveillance 2025 (1ᵉʳ juin – 30 septembre), Santé publique France a recensé 1 418 noyades dont 409 suivies de décès, en hausse respective de 14 % et 16 % par rapport à 2024. La noyade constitue la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans.
Quel est le thème de la Journée mondiale de prévention de la noyade ?
Le thème de la Journée mondiale de prévention de la noyade est fixé chaque année par l’OMS. De 2021 à 2024, la campagne s’est déployée autour du slogan « Tout le monde peut se noyer, personne ne le devrait ». En 2025, le thème invitait à partager les témoignages pour sauver des vies. En 2026, il est « S’unir pour inverser la tendance », en appui de la Stratégie mondiale de prévention de la noyade, qui vise une réduction de 35 % des noyades d’ici 2035.
Comment prévenir la noyade au quotidien ?
Prévenir la noyade au quotidien repose sur des gestes simples et documentés : surveiller activement et sans interruption les jeunes enfants près de l’eau, y compris à faible profondeur ; équiper les piscines privées d’un dispositif de sécurité conforme ; se baigner exclusivement dans les zones surveillées et respecter les drapeaux et interdictions ; renoncer à la baignade après consommation d’alcool ou en cas de fatigue ; entrer progressivement dans l’eau après une exposition prolongée au soleil ; apprendre à nager le plus tôt possible ; et se former aux gestes de premiers secours et à la réanimation cardio-pulmonaire.
Une mortalité évitable, à condition de le décider
La noyade appartient à cette catégorie de fléaux dont on connaît parfaitement les remèdes : des barrières, des cours de natation, des postes de secours, des lois appliquées, des adultes attentifs. Rien de spectaculaire, rien d’inaccessible. C’est précisément ce qui rend ces 300 000 décès annuels si difficiles à accepter — et ce qui donne son sens au 25 juillet.
Chaque année, l’été ramène en France les mêmes drames dans les mêmes lieux, souvent à quelques mètres d’un secours possible. Marquer la Journée mondiale de prévention de la noyade, c’est refuser d’y voir une fatalité saisonnière : apprendre à nager à un enfant, vérifier la conformité d’un bassin, choisir une plage surveillée, suivre une formation aux gestes qui sauvent. Autant de décisions minuscules dont la somme, à l’échelle d’un pays, se compte en vies.
