Chaque 20 juillet, la Journée internationale de la Lune commémore le premier alunissage d’êtres humains sur notre satellite naturel, réalisé le 20 juillet 1969 par l’équipage d’Apollo 11. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 2021 dans sa résolution A/RES/76/76 consacrée à la « coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace », cette journée ne célèbre pas la seule prouesse américaine : elle salue les réalisations de tous les États dans l’exploration lunaire et sensibilise le public à une exploration et une utilisation durables de la Lune.

Un demi-siècle après Apollo, la Lune est redevenue la destination prioritaire des grandes puissances spatiales et d’une industrie privée en pleine expansion. La Journée internationale de la Lune arrive donc à un moment charnière : elle interroge autant notre passé que la manière dont l’humanité entend, cette fois, s’installer durablement sur un astre qui n’appartient à personne.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale de la Lune (International Moon Day) |
| Date | 20 juillet, chaque année |
| Instaurée par | Assemblée générale des Nations unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/76/76 du 9 décembre 2021 |
| À l’initiative de | Moon Village Association (MVA), via le COPUOS |
| Première édition | 20 juillet 2022 |
| Coordination ONU | Bureau des affaires spatiales (UNOOSA) |
| Origine de la date | Alunissage d’Apollo 11, 20 juillet 1969 |
| Objectif | Célébrer l’exploration lunaire de tous les États et promouvoir son caractère pacifique et durable |
C’est quoi la Lune ? Fiche d’identité de notre satellite naturel
La Lune est le seul satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand du Système solaire. Formée il y a environ 4,5 milliards d’années — l’hypothèse dominante étant celle d’un impact géant entre la Terre primitive et un corps de la taille de Mars —, elle est le seul astre, hors la Terre, sur lequel des êtres humains ont posé le pied.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Distance moyenne à la Terre | 384 400 km |
| Diamètre équatorial | 3 474 km (≈ 27 % de celui de la Terre) |
| Masse | ≈ 1,2 % de la masse terrestre |
| Gravité de surface | ≈ 1/6 de la gravité terrestre |
| Période de révolution (mois sidéral) | 27,3 jours |
| Durée d’une lunaison | 29,5 jours |
| Températures de surface | de −173 °C à +127 °C environ |
| Éloignement annuel de la Terre | ≈ 3,8 cm par an |
| Atmosphère | Exosphère extrêmement ténue |
Une mécanique céleste qui façonne la Terre
La Lune est en rotation synchrone : elle tourne sur elle-même dans le même temps qu’elle tourne autour de la Terre, ce qui explique qu’elle nous présente toujours la même face. La « face cachée » n’a été photographiée pour la première fois qu’en octobre 1959 par la sonde soviétique Luna 3, et n’a reçu de visite au sol qu’en janvier 2019 avec la mission chinoise Chang’e 4.
Son influence sur notre planète est loin d’être symbolique. La Lune est le principal moteur des marées océaniques, elle stabilise l’inclinaison de l’axe de rotation terrestre — donc la régularité de nos saisons — et son cycle rythme depuis des millénaires les calendriers, les pratiques agricoles et les fêtes religieuses de nombreuses civilisations.
Ce que la Lune conserve
Dépourvue d’atmosphère dense, d’eau liquide et de tectonique des plaques active, la Lune n’efface pas ses cicatrices. Sa surface constitue une archive quasi intacte des quatre premiers milliards d’années du Système solaire, période dont les traces ont été effacées sur Terre par l’érosion. C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles les scientifiques y retournent : comprendre la Lune, c’est reconstituer l’histoire de la Terre elle-même.
Origine et histoire de la Journée internationale de la Lune
Création de la journée
La Journée internationale de la Lune est une observance récente. Elle a été proposée au Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) par la Moon Village Association, organisation non gouvernementale internationale basée à Vienne qui milite pour une exploration lunaire coopérative et durable. Le COPUOS a endossé la proposition, et l’Assemblée générale des Nations unies l’a entérinée le 9 décembre 2021 dans la résolution A/RES/76/76.
Le choix du 20 juillet n’a rien d’arbitraire : c’est la date de l’alunissage du module Eagle de la mission Apollo 11, au cours de laquelle Neil Armstrong et Edwin « Buzz » Aldrin sont devenus les premiers êtres humains à fouler un autre corps céleste, tandis que Michael Collins les attendait en orbite lunaire à bord du module de commande Columbia.
Un point mérite d’être souligné : le texte onusien prend soin de dissocier la commémoration d’un drapeau national. La journée a été proclamée pour célébrer les réalisations de tous les États dans l’exploration de la Lune — l’Union soviétique y a envoyé le premier engin, la Chine y a rapporté les premiers échantillons de la face cachée, l’Inde a atteint la première la région polaire sud.
Les grandes dates de l’exploration lunaire
| Date | Événement |
|---|---|
| 1609-1610 | Galilée observe et dessine la Lune à la lunette astronomique |
| 14 septembre 1959 | Luna 2 (URSS) : premier objet humain à atteindre le sol lunaire |
| 7 octobre 1959 | Luna 3 : premières images de la face cachée |
| 3 février 1966 | Luna 9 : premier alunissage en douceur |
| 10 octobre 1967 | Entrée en vigueur du Traité sur l’espace extra-atmosphérique |
| 20 juillet 1969 | Apollo 11 : premiers pas humains sur la Lune |
| 1969-1972 | Six missions Apollo se posent ; douze hommes marchent sur la Lune |
| Décembre 1972 | Apollo 17 : dernière mission habitée à ce jour vers la surface |
| 5 décembre 1979 | Adoption de l’Accord sur la Lune (en vigueur le 11 juillet 1984) |
| 2007-2008 | Kaguya (Japon), Chang’e 1 (Chine), Chandrayaan-1 (Inde) |
| 9 octobre 2009 | LCROSS : confirmation de glace d’eau dans un cratère polaire |
| 3 janvier 2019 | Chang’e 4 : premier alunissage sur la face cachée |
| Décembre 2020 | Chang’e 5 : retour de 1 731 g d’échantillons |
| 9 décembre 2021 | Résolution A/RES/76/76 instituant la Journée internationale de la Lune |
| 20 juillet 2022 | Première édition de la Journée internationale de la Lune |
| 23 août 2023 | Chandrayaan-3 (Inde) se pose près du pôle sud |
| 22 février 2024 | IM-1 Odysseus : premier alunissage d’un engin privé |
| Juin 2024 | Chang’e 6 : premiers échantillons rapportés de la face cachée |
| 2 mars 2025 | Blue Ghost 1 (Firefly) : premier alunissage privé pleinement réussi |
| 1er-10 avril 2026 | Artemis II : premier vol habité autour de la Lune depuis 1972 |
Objectifs principaux de la Journée internationale de la Lune
- Commémorer : rappeler l’un des accomplissements techniques et humains les plus marquants du XXe siècle.
- Reconnaître la contribution de tous les États : l’exploration lunaire n’est pas l’affaire d’une nation, mais d’une succession d’apports scientifiques venus des cinq continents.
- Sensibiliser à la durabilité : alerter sur la nécessité de préserver l’environnement lunaire — sites historiques, régions polaires, orbites — face à la multiplication des missions.
- Promouvoir l’usage pacifique de l’espace : réaffirmer les principes du Traité sur l’espace de 1967, notamment la non-appropriation des corps célestes.
- Inspirer : susciter des vocations scientifiques et techniques, particulièrement chez les jeunes et dans les pays émergents dans le domaine spatial.
Importance et impact : pourquoi la Lune compte
Une valeur scientifique irremplaçable
Les échantillons lunaires constituent l’un des trésors scientifiques les mieux gardés de la planète. Les six missions Apollo ont rapporté 382 kg de matériaux, répartis en quelque 2 200 échantillons distincts. Les sondes soviétiques Luna 16, 20 et 24 ont ajouté environ 300 grammes. Plus récemment, la Chine a rapporté 1 731 g avec Chang’e 5 (2020) puis 1 935,3 g avec Chang’e 6 (2024), ces derniers provenant pour la première fois de la face cachée, dans le bassin Pôle Sud-Aitken.
| Mission | Année | Masse rapportée | Provenance |
|---|---|---|---|
| Apollo (6 missions) | 1969-1972 | 382 kg | Face visible |
| Luna 16, 20, 24 | 1970-1976 | ≈ 300 g | Face visible |
| Chang’e 5 | 2020 | 1 731 g | Océan des Tempêtes |
| Chang’e 6 | 2024 | 1 935,3 g | Bassin Pôle Sud-Aitken (face cachée) |
Ces matériaux continuent de livrer des résultats inédits des décennies après leur collecte : datation du volcanisme lunaire, chronologie des impacts, indices sur la formation du Système solaire interne.
Un enjeu économique en construction
L’économie lunaire est passée du fantasme au plan d’affaires. Dans son Lunar Market Assessment de deuxième édition, publié en janvier 2026 par ses équipes Espace en France et au Japon, le cabinet PwC modélise le marché lunaire sur la période 2026-2050. Ses conclusions donnent la mesure du chantier :
| Indicateur | Estimation PwC (2026-2050) |
|---|---|
| Revenus cumulés des activités lunaires | 93,9 à 127,3 milliards de dollars |
| Investissements cumulés en infrastructures | 72,7 à 88,5 milliards de dollars |
| Part du transport dans les coûts d’infrastructure (2026-2035) | 70 à 80 % |
| Piliers d’infrastructure identifiés | Mobilité, communication, habitat, énergie, eau |
Le message est clair : tant que le coût du transport Terre-Lune dominera à ce point l’équation, la viabilité commerciale restera contrainte. Plusieurs experts estiment d’ailleurs que le véritable goulot d’étranglement ne sera pas le transport mais l’approvisionnement énergétique de surface — la nuit lunaire durant environ quatorze jours terrestres, le solaire seul ne suffira pas.
Une importance culturelle universelle
Aucun objet céleste n’a autant nourri l’imaginaire humain. La Lune structure les calendriers luni-solaires (chinois, hébraïque, musulman), fixe la date de Pâques dans le christianisme, marque le début du ramadan. Elle irrigue la littérature — de L’Autre Monde de Cyrano de Bergerac (1657) à De la Terre à la Lune de Jules Verne (1865) —, le cinéma avec Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902), la musique avec le Clair de lune de Debussy.
L’alunissage de 1969 constitue en outre l’un des rares événements planétaires vécus simultanément : environ 600 millions de téléspectateurs ont suivi les premiers pas en direct, ce qui en fait l’une des premières expériences véritablement mondiales de l’histoire des médias.
Un impact direct sur la vie terrestre
L’influence gravitationnelle lunaire gouverne le rythme des marées, qui conditionne des écosystèmes littoraux entiers, la navigation, la pêche et, de plus en plus, la production d’énergie marémotrice. À plus long terme, la présence de la Lune stabilise l’obliquité de l’axe terrestre : sans elle, les variations climatiques de notre planète seraient probablement bien plus chaotiques.
La course à la Lune à travers le monde
Cinq nations seulement se sont posées en douceur
Atteindre la Lune est une chose ; s’y poser intact en est une autre. À ce jour, cinq États ont réussi un alunissage en douceur, auxquels s’ajoute désormais un acteur commercial.
| Acteur | Première réussite | Mission |
|---|---|---|
| URSS / Russie | 1966 | Luna 9 |
| États-Unis | 1966 | Surveyor 1 |
| Chine | 2013 | Chang’e 3 |
| Inde | 2023 | Chandrayaan-3 |
| Japon | 2024 | SLIM |
| Secteur privé (États-Unis) | 2025 | Blue Ghost 1 (Firefly Aerospace) |
Deux architectures concurrentes
Le retour vers la Lune s’organise aujourd’hui autour de deux ensembles distincts.
D’un côté, le programme Artemis, piloté par la NASA avec l’ESA, l’Agence spatiale canadienne, la JAXA et de nombreux partenaires. Après le succès d’Artemis II — premier vol habité autour de la Lune depuis Apollo 17, lancé le 1er avril 2026 et conclu par l’amerrissage d’Orion au large de San Diego le 10 avril —, la NASA a réorganisé son calendrier : Artemis III doit valider en orbite terrestre le rendez-vous avec l’atterrisseur, Artemis IV visant le premier alunissage de cette nouvelle phase.
De l’autre, l’International Lunar Research Station (ILRS), projet sino-russe visant l’établissement d’une base au pôle sud lunaire à l’horizon 2030, préparé par les missions Chang’e 7 et Chang’e 8.
Le nouvel âge commercial
Le programme CLPS de la NASA (Commercial Lunar Payload Services) a ouvert la surface lunaire à des entreprises privées : Astrobotic, Intuitive Machines, Firefly Aerospace, Blue Origin. Les débuts ont été rudes — atterrisseurs basculés sur le flanc, panne de propulsion — jusqu’au succès complet de Blue Ghost 1 en mars 2025. Ce modèle change la nature même de l’exploration lunaire : la Lune n’est plus seulement un objectif d’État, elle devient un marché de services.
Une convergence vers le pôle sud
Toutes les grandes ambitions actuelles se concentrent sur la même zone : le pôle sud lunaire et ses cratères en ombre permanente, où la glace d’eau se serait accumulée. Cette eau représente à la fois une ressource pour la consommation humaine et, par électrolyse, une source d’hydrogène et d’oxygène — donc de carburant. La concentration des convoitises sur quelques kilomètres carrés soulève une question juridique inédite : que se passe-t-il lorsque plusieurs acteurs visent le même cratère ?
Défis et enjeux contemporains de la Journée internationale de la Lune
Un droit spatial en décalage avec la réalité
Le Traité sur l’espace de 1967, socle du droit spatial, interdit l’appropriation nationale des corps célestes. Mais il reste silencieux ou ambigu sur l’exploitation commerciale des ressources. L’Accord sur la Lune de 1979, qui déclare la Lune et ses ressources « patrimoine commun de l’humanité » et appelle à un régime international d’exploitation, n’a jamais décollé : il ne compte que 17 États parties et 11 signataires, et aucune puissance spatiale majeure ne l’a ratifié.
Dans ce vide, deux dynamiques se sont installées. D’abord des législations nationales autorisant l’appropriation des ressources extraites — le SPACE Act américain de 2015, puis des textes au Luxembourg (2017), aux Émirats arabes unis (2019) et au Japon (2021). Ensuite les Accords Artemis, série d’engagements bilatéraux non contraignants proposés par les États-Unis en octobre 2020, qui comptaient 70 signataires en juillet 2026.
| Instrument | Nature | Portée |
|---|---|---|
| Traité sur l’espace (1967) | Traité contraignant | 114 États parties ; interdit l’appropriation nationale |
| Accord sur la Lune (1979) | Traité contraignant | 17 États parties ; « patrimoine commun de l’humanité » |
| Accords Artemis (2020) | Engagements politiques bilatéraux | 70 signataires (juillet 2026) ; encadrent l’exploitation |
Le débat porte notamment sur deux points des Accords Artemis : l’affirmation que l’extraction de ressources ne constitue pas en soi une appropriation nationale, et la notion de « zones de sécurité » temporaires autour des sites d’activité, dont ni la durée maximale ni la résolution des conflits d’usage ne sont précisées. Leurs partisans y voient une clarification pragmatique indispensable ; leurs détracteurs, un contournement du multilatéralisme onusien.
Préserver un environnement fragile
L’idée d’une pollution lunaire paraissait absurde il y a vingt ans ; elle est désormais un sujet de travail du COPUOS. Plusieurs préoccupations émergent :
- Le patrimoine historique : les sites d’alunissage d’Apollo, de Luna et des Lunokhod ne bénéficient d’aucune protection juridique internationale contraignante.
- Les débris : chaque mission abandonne étages de descente, atterrisseurs et rovers hors service.
- L’exosphère : la ténue atmosphère lunaire peut être durablement altérée par les gaz d’échappement des atterrisseurs, compromettant des mesures scientifiques que l’instrumentation actuelle vient à peine de commencer.
- La face cachée : elle constitue le seul endroit du Système solaire proche totalement protégé des interférences radio terrestres, un site unique pour la radioastronomie basse fréquence — que la multiplication des relais de télécommunications lunaires menace directement.
Des obstacles techniques toujours ouverts
La poussière lunaire (régolithe) reste l’ennemi numéro un : abrasive, électrostatiquement chargée, elle s’infiltre partout et a dégradé les combinaisons Apollo en quelques heures d’activité. À cela s’ajoutent la nuit lunaire de quatorze jours, les écarts thermiques de près de 300 °C et l’absence de protection contre le rayonnement cosmique.

Comment célébrer la Journée internationale de la Lune
Événements institutionnels
La Moon Village Association, à l’origine de la proposition, coordonne chaque année un programme mondial d’événements sous l’égide de l’UNOOSA : tables rondes, conférences scientifiques, webinaires réunissant agences spatiales, universités et industriels. Les agences nationales, les planétariums et les musées de sciences y participent avec des expositions temporaires et des cycles de conférences.
Initiatives éducatives et communautaires
- Soirées d’observation organisées par les clubs et associations d’astronomie, souvent gratuites et ouvertes à tous.
- Ateliers scolaires autour de l’exploration spatiale, du calcul des phases lunaires ou de la fabrication de maquettes.
- Projections de documentaires et d’archives sur Apollo 11 et les missions contemporaines.
- Rencontres avec des chercheurs dans les universités et laboratoires travaillant sur la planétologie.
Participer chez soi
- Observer la Lune à l’œil nu, aux jumelles ou au télescope : les cratères sont paradoxalement plus lisibles au premier ou au dernier quartier qu’à la pleine Lune, l’éclairage rasant faisant ressortir les reliefs le long du terminateur.
- Consulter les archives : la NASA et l’ESA mettent en ligne les images, les transcriptions audio et les vidéos restaurées des missions Apollo.
- Suivre les missions en cours via les sites des agences spatiales, dont le CNES en français.
- Partager sur les réseaux sociaux avec les mots-clés associés à l’événement, notamment #InternationalMoonDay et #MoonDay.
- Lire ou relire les grands textes qui ont anticipé le voyage lunaire, de Cyrano de Bergerac à Jules Verne.
Focus France : la Lune vue de l’Hexagone
La France mesure la Lune depuis les Alpes-Maritimes
C’est l’un des secrets les mieux gardés de la science française. Sur le plateau de Calern, à Caussols dans l’arrière-pays grassois, la station MéO de l’Observatoire de la Côte d’Azur envoie chaque nuit favorable des impulsions laser vers les rétroréflecteurs déposés sur la Lune par les missions Apollo et par les rovers soviétiques Lunokhod. Équipée d’un télescope de 1,54 m, elle mesure la distance Terre-Lune avec une précision inférieure au centimètre.
MéO est l’une des cinq stations au monde capables de réaliser ces mesures, et elle fournit à elle seule environ 80 % des données de télémétrie laser lunaire utilisées par le CNES, l’ESA et la NASA. Ces données ont notamment permis de mettre en évidence l’existence d’un noyau lunaire liquide, de quantifier l’éloignement progressif de la Lune et de tester la relativité générale. En mars 2025, l’équipe du laboratoire Géoazur a réussi une première mondiale en localisant en 27 heures le nouveau réflecteur NGLR-1 déposé par l’atterrisseur Blue Ghost.
DORN : le premier instrument français actif sur le sol lunaire
En juin 2024, un instrument conçu et réalisé à l’IRAP de Toulouse (CNRS / Université Toulouse III – Paul Sabatier / CNES), sous maîtrise d’ouvrage CNES, s’est posé sur la face cachée de la Lune à bord de Chang’e 6. Baptisé DORN (Detection of Outgassing RadoN) et placé sous la responsabilité scientifique de Pierre-Yves Meslin, il a fonctionné 23 heures à la surface, mesurant le radon et le polonium afin d’étudier le dégazage du régolithe, la dynamique de l’exosphère et, indirectement, la teneur en uranium du sol lunaire.
DORN constitue la première coopération franco-chinoise en exploration planétaire, officialisée en novembre 2019. Il est aussi le premier instrument scientifique français actif déployé à la surface de la Lune depuis les rétroréflecteurs des missions Lunokhod. Lors de la visite d’État d’avril 2023 à Pékin, la Chine avait par ailleurs remis à la France 1,5 gramme d’échantillons de Chang’e 5.
La contribution française au programme Artemis
Sans le module de service européen d’Orion, aucune mission Artemis ne pourrait quitter l’orbite terrestre. La France y contribue par plusieurs industriels : Safran fournit notamment les systèmes de filtration des gaz du circuit de propulsion, ArianeGroup les réservoirs d’ergols et d’hélium, et une partie de l’avionique comme du réseau de câblage est développée sur le territoire.
| Contribution française | Acteur | Nature |
|---|---|---|
| Module de service d’Orion | Safran, ArianeGroup | Filtration, réservoirs, avionique, câblage |
| Suivi de trajectoire d’Artemis II | Observatoire de Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor) | Seule station française parmi les 34 retenues par la NASA |
| Suivi médical des équipages | CNES / ESA | Application EveryWear, testée par Thomas Pesquet en 2016 |
| Sismomètre SPSS | CNES | Instrument de très haute précision destiné à une future mission Artemis |
| Préparation des bases lunaires | CNES, Toulouse | Projet Spaceship FR (eau, énergie, recyclage, santé) |
| Simulation de gravité lunaire | Novespace (filiale CNES) | Vols paraboliques Air Zero G |
Un débat français sur le droit lunaire
La France a signé les Accords Artemis le 7 juin 2022, devenant le vingtième signataire par la signature de Philippe Baptiste, alors président du CNES. Elle a par ailleurs signé l’Accord sur la Lune le 29 janvier 1980 sans jamais le ratifier.
Cette situation fait débat. Le 14 janvier 2026, une proposition de résolution (n° 2348, XVIIe législature) déposée à l’Assemblée nationale par des députés du groupe La France insoumise invitait le gouvernement à ratifier le traité sur la Lune, au motif que la France, « grande puissance spatiale », devrait réaffirmer une vision de l’espace comme bien commun. Ses auteurs contestent également la portée juridique de la signature des Accords Artemis par le dirigeant d’un établissement public. À l’inverse, les partisans de la démarche Artemis soulignent que sans coopération avec la NASA, ni la France ni l’Europe n’ont les moyens d’envoyer seules un astronaute sur la Lune, et que l’adhésion sert des intérêts scientifiques et industriels concrets. Le débat reste ouvert.
Une génération d’astronautes français
La France compte onze astronautes depuis Jean-Loup Chrétien, premier Français dans l’espace en 1982. Claudie Haigneré est devenue la première Française à voler en 1996, avant une seconde mission en 2001. Thomas Pesquet a réalisé deux séjours de longue durée à bord de l’ISS. Le 13 février 2026, Sophie Adenot, colonelle de l’armée de l’Air et de l’Espace et ancienne pilote d’essai, a décollé pour la mission εpsilon — le premier vol d’un spationaute français depuis 2021, et le plus long séjour jamais programmé pour un astronaute européen.
Aucun Français n’a jamais marché sur la Lune. Le programme Artemis, auquel l’Europe participe en échange de sièges d’équipage, ouvre pour la première fois cette perspective.
La Lune dans la culture française
De L’Autre Monde ou les États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac (1657) à De la Terre à la Lune de Jules Verne (1865) — dont le canon Columbiad tire depuis la Floride, comme les fusées américaines un siècle plus tard —, la France a nourri l’imaginaire lunaire bien avant la conquête spatiale. En 1902, Georges Méliès signait avec Le Voyage dans la Lune l’un des premiers films de science-fiction de l’histoire du cinéma, dont l’obus planté dans l’œil de la Lune reste une image universellement reconnue.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 20 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale du vol spatial habité, Journée internationale des astéroïdes, Journée internationale de la lumière.
Foire aux questions sur la Journée internationale de la Lune
Quand a lieu la Journée internationale de la Lune ?
La Journée internationale de la Lune a lieu le 20 juillet de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, sans variation d’une année sur l’autre. La première édition officielle s’est tenue le 20 juillet 2022, quelques mois après la proclamation de la journée par l’Assemblée générale des Nations unies.
Pourquoi la Journée internationale de la Lune est-elle célébrée le 20 juillet ?
La Journée internationale de la Lune est célébrée le 20 juillet parce que c’est la date anniversaire du premier alunissage d’êtres humains, le 20 juillet 1969. Ce jour-là, le module lunaire Eagle de la mission Apollo 11 s’est posé dans la mer de la Tranquillité, permettant à Neil Armstrong puis à Buzz Aldrin de fouler le sol lunaire, tandis que Michael Collins restait en orbite à bord du module de commande Columbia.
Qui a créé la Journée internationale de la Lune ?
La Journée internationale de la Lune a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, dans sa résolution A/RES/76/76 adoptée le 9 décembre 2021 et consacrée à la coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace. L’initiative revient toutefois à la Moon Village Association, une organisation non gouvernementale internationale qui a soumis la proposition au Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS), lequel l’a recommandée à l’Assemblée générale.
Combien d’hommes ont marché sur la Lune ?
Douze hommes ont marché sur la Lune, tous américains, au cours des six missions Apollo qui se sont posées avec succès entre juillet 1969 et décembre 1972 : Apollo 11, 12, 14, 15, 16 et 17. Au total, vingt-quatre personnes ont voyagé jusqu’à la Lune, les douze autres étant restées en orbite lunaire à bord du module de commande. Aucune femme n’a à ce jour marché sur la Lune, et personne n’y est retourné depuis Eugene Cernan et Harrison Schmitt en décembre 1972.
À qui appartient la Lune ?
La Lune n’appartient à personne. Le Traité sur l’espace de 1967, ratifié par 114 États dont la France, interdit explicitement toute appropriation nationale des corps célestes, que ce soit par proclamation de souveraineté, par occupation ou par tout autre moyen. Les certificats de propriété lunaire vendus en ligne n’ont donc aucune valeur juridique. En revanche, le statut des ressources extraites du sol lunaire fait l’objet d’un débat non tranché : l’Accord sur la Lune de 1979 les qualifie de patrimoine commun de l’humanité mais n’a été ratifié que par 17 États, tandis que plusieurs législations nationales et les Accords Artemis considèrent que leur exploitation ne constitue pas une appropriation interdite.
Comment participer à la Journée internationale de la Lune ?
Pour participer à la Journée internationale de la Lune, plusieurs options s’offrent à chacun : assister aux conférences, expositions et webinaires organisés par les planétariums, musées de sciences et agences spatiales ; rejoindre une soirée d’observation proposée par un club d’astronomie local ; observer soi-même la Lune aux jumelles ou au télescope, de préférence près d’un quartier lorsque les reliefs ressortent le mieux ; explorer les archives en ligne des missions Apollo ; ou relayer l’événement sur les réseaux sociaux avec les mots-clés #InternationalMoonDay et #MoonDay.
Chaque 20 juillet, la Lune cesse d’être un décor pour redevenir une destination. La Journée internationale de la Lune ne se contente pas de célébrer une empreinte laissée dans la poussière il y a plus d’un demi-siècle : elle nous rappelle que le prochain chapitre s’écrit maintenant, avec des atterrisseurs privés, des bases envisagées au pôle sud et un droit spatial encore à inventer. Ce soir, levez les yeux : le même astre que contemplaient Galilée et Armstrong est aussi celui sur lequel des Français mesurent des millimètres au laser depuis un plateau des Alpes-Maritimes. La Lune n’a jamais été aussi proche.
