Chaque 28 juillet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires célèbrent la Journée mondiale contre l’hépatite. Cette date n’a rien d’arbitraire : elle correspond à l’anniversaire du Dr Baruch Samuel Blumberg, prix Nobel de médecine, découvreur du virus de l’hépatite B et concepteur du premier test de dépistage et du premier vaccin contre ce virus.

Derrière cette journée se cache l’une des plus grandes épidémies silencieuses de la planète. Les hépatites virales tuent chaque année plus de personnes que le paludisme, et la grande majorité des malades ignorent leur infection. La Journée mondiale contre l’hépatite existe pour briser ce silence, accélérer le dépistage et rappeler qu’une cible est fixée : l’élimination des hépatites virales en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030.
| Journée mondiale contre l’hépatite | |
|---|---|
| Date | 28 juillet (date fixe) |
| Organisme porteur | Organisation mondiale de la Santé (OMS) |
| Reconnaissance officielle | Résolution WHA63.18, Assemblée mondiale de la Santé, mai 2010 |
| Initiative fondatrice | World Hepatitis Alliance (2008) |
| Origine de la date | Naissance de Baruch S. Blumberg, prix Nobel de médecine 1976 |
| Objectif mondial | Élimination des hépatites B et C d’ici 2030 |
| Statut | Campagne officielle de santé publique de l’OMS |
C’est quoi l’hépatite virale ?
L’hépatite désigne une inflammation du foie. Elle peut être provoquée par l’alcool, certains médicaments, des maladies auto-immunes ou une surcharge en graisse — mais les hépatites dites virales, causées par des virus spécifiques, constituent le cœur du problème de santé publique mondial.
Les cinq virus de l’hépatite
Cinq souches principales de virus de l’hépatite sont identifiées : A, B, C, D et E. Elles diffèrent par leur mode de transmission, leur gravité et leur potentiel de chronicité.
| Virus | Transmission principale | Chronicité | Vaccin | Traitement |
|---|---|---|---|---|
| Hépatite A (VHA) | Voie oro-fécale (eau, aliments contaminés) | Non | Oui | Guérison spontanée le plus souvent |
| Hépatite B (VHB) | Sang, rapports sexuels, mère-enfant | Oui | Oui (protection > 95 %) | Antiviral au long cours (contrôle, pas guérison) |
| Hépatite C (VHC) | Sang (injections, matériel souillé, transfusions anciennes) | Oui | Non | Antiviraux à action directe, guérison > 95 % en 8 à 12 semaines |
| Hépatite D (VHD) | Sang, uniquement chez les porteurs du VHB | Oui | Indirect via le vaccin VHB | Options thérapeutiques récentes en Europe |
| Hépatite E (VHE) | Voie oro-fécale, viande de porc/gibier peu cuite | Rare (immunodéprimés) | Vaccin existant mais peu diffusé | Guérison spontanée le plus souvent |
Le « tueur silencieux »
Seules les hépatites B, C et D provoquent des infections chroniques susceptibles d’évoluer, souvent après plusieurs décennies, vers une cirrhose, une insuffisance hépatique ou un carcinome hépatocellulaire (cancer primitif du foie). C’est précisément cette lenteur qui rend la maladie redoutable : l’infection ne donne généralement aucun symptôme pendant vingt à trente ans, et le diagnostic tombe souvent au stade des complications.
En juillet 2025, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le virus de l’hépatite D comme cancérogène pour l’être humain, rejoignant ainsi les virus B et C. L’hépatite D, qui ne peut exister qu’en présence du virus B, multiplie par deux à six le risque de cancer du foie par rapport à une infection B seule.
Origine et histoire de la Journée mondiale contre l’hépatite
De l’initiative associative à la reconnaissance de l’OMS
L’histoire de cette journée est celle d’une mobilisation partie des patients eux-mêmes. En 2008, la World Hepatitis Alliance, coalition internationale d’associations de malades, lance une première Journée mondiale de l’hépatite, alors fixée au 19 mai. L’initiative rencontre un écho suffisant pour être portée devant les instances internationales.
En mai 2010, la Soixante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé adopte la résolution WHA63.18 sur l’hépatite virale. Le texte reconnaît la gravité du problème, invite les États membres à mettre en place une approche intégrée de prévention, de dépistage et de prise en charge, et demande à l’OMS d’élaborer une stratégie mondiale. C’est dans ce cadre que la journée est officialisée et déplacée au 28 juillet, en hommage à Baruch Blumberg.
Pourquoi le 28 juillet ?
Baruch Samuel Blumberg (1925-2011), médecin et généticien américain, identifie en 1965 un antigène sanguin qui se révélera être un marqueur du virus de l’hépatite B. Cette découverte débouche sur le premier test de dépistage, puis sur le premier vaccin contre le VHB. Elle lui vaut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1976. Choisir son anniversaire, c’est rappeler que les outils de la lutte contre l’hépatite existent déjà : le problème n’est plus scientifique, il est d’accès et de volonté politique.
Les grandes étapes de la mobilisation internationale
| Année | Étape |
|---|---|
| 1965 | Baruch Blumberg identifie l’antigène associé au virus de l’hépatite B |
| 1976 | Prix Nobel de médecine décerné à Baruch Blumberg |
| 1989 | Identification du virus de l’hépatite C |
| 2008 | Première Journée mondiale de l’hépatite portée par la World Hepatitis Alliance |
| 2010 | Résolution WHA63.18 : reconnaissance officielle par l’OMS, date fixée au 28 juillet |
| 2012 | Cadre pour l’action mondiale de prévention et de lutte contre l’hépatite virale |
| 2014 | Résolution de suivi WHA67.6, appelant à étudier la faisabilité de l’élimination |
| 2016 | Première Stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale : objectif d’élimination fixé à 2030, adopté par 194 États |
| 2025 | Le CIRC classe le virus de l’hépatite D comme cancérogène pour l’être humain |
Les objectifs de la journée
- Sensibiliser le grand public à une maladie largement méconnue, alors qu’elle touche des centaines de millions de personnes.
- Promouvoir le dépistage, principal goulet d’étranglement de la riposte mondiale.
- Étendre la vaccination contre l’hépatite B, en particulier la dose administrée dans les 24 heures suivant la naissance.
- Élargir l’accès au traitement, notamment aux antiviraux à action directe contre l’hépatite C.
- Lutter contre la stigmatisation, qui éloigne durablement les personnes concernées du système de santé.
Importance et impact de la lutte contre l’hépatite
Une charge sanitaire mondiale considérable
Les chiffres publiés par l’OMS dans son rapport mondial sur l’hépatite donnent la mesure du phénomène. Sur la base des dernières estimations disponibles (données 2024) :
| Indicateur mondial | Valeur |
|---|---|
| Personnes vivant avec une hépatite B ou C chronique | 287 millions |
| Dont hépatite B chronique | 240 millions |
| Décès annuels liés aux hépatites B et C | 1,34 million |
| Décès liés à l’hépatite B | 1,1 million |
| Décès liés à l’hépatite C | 240 000 |
| Nouvelles infections par jour | plus de 4 900 (soit 1,8 million par an) |
| Part des décès mondiaux liés à l’hépatite imputable aux virus B et C | 95 % |
| Personnes atteintes d’hépatite B chronique sous traitement | moins de 5 % |
| Personnes atteintes d’hépatite C traitées depuis 2015 | 20 % |
Autrement dit : une personne meurt environ toutes les trente secondes d’une maladie hépatique grave ou d’un cancer du foie lié à une hépatite.
Un impact économique et social sous-estimé
L’hépatite chronique frappe massivement les adultes en âge de travailler. Elle génère des coûts hospitaliers lourds — greffes hépatiques, chimiothérapies, prise en charge des cirrhoses décompensées — alors que la prévention (un vaccin) et le traitement curatif (douze semaines de comprimés pour l’hépatite C) coûtent une fraction de ces sommes. L’OMS estime qu’atteindre les objectifs fixés pour 2030 permettrait de sauver 2,8 millions de vies et d’éviter 9,8 millions de nouvelles infections.
Des progrès réels, mais insuffisants
Le tableau n’est pas uniformément sombre. Depuis 2015, année de référence de la stratégie mondiale, l’OMS enregistre :
- une baisse de 32 % du nombre annuel de nouvelles infections par le virus de l’hépatite B ;
- une baisse de 12 % des décès liés à l’hépatite C ;
- une prévalence de l’hépatite B chez les enfants de moins de cinq ans tombée à 0,6 %, avec 85 pays ayant atteint ou dépassé la cible de 0,1 % fixée pour 2030.
Ces résultats démontrent que la stratégie fonctionne là où elle est appliquée. Le problème tient au rythme : au train actuel, plusieurs cibles de 2030 ne seront pas atteintes.
La lutte contre l’hépatite à travers le monde
Une géographie très inégale
La charge de morbidité est extrêmement concentrée. En 2024, 69 % des décès liés à l’hépatite B sont survenus dans dix pays seulement : Afrique du Sud, Bangladesh, Chine, Éthiopie, Ghana, Inde, Indonésie, Nigéria, Philippines et Viet Nam. Les décès liés à l’hépatite C sont plus dispersés, mais 58 % d’entre eux se concentrent également dans dix pays, dont les États-Unis, la Fédération de Russie, le Japon et le Pakistan.
La Région africaine de l’OMS concentre à elle seule 68 % des nouvelles infections par le virus de l’hépatite B — alors que seuls 17 % des nouveau-nés y reçoivent une dose de vaccin à la naissance. Ce décalage résume l’enjeu : la transmission mère-enfant reste la principale voie de perpétuation de l’épidémie.
Des modes de transmission différenciés selon les régions
- Afrique subsaharienne et Asie de l’Est : dominance de l’hépatite B, transmission périnatale et durant la petite enfance.
- Europe et Amérique du Nord : dominance de l’hépatite C, transmission liée à l’usage de drogues injectables et, historiquement, aux transfusions antérieures aux années 1990.
- Méditerranée orientale : forte prévalence de l’hépatite C liée à des campagnes d’injections médicales mal sécurisées au XXe siècle.
- Asie du Sud et régions à faible accès à l’eau potable : circulation importante des hépatites A et E.
À l’échelle mondiale, les consommateurs de drogues injectables représentent 44 % des nouvelles infections par le virus de l’hépatite C, ce qui fait de la réduction des risques un levier majeur.
Des pays qui montrent la voie
L’élimination n’est pas une abstraction. L’OMS cite les progrès de l’Égypte, de la Géorgie, du Royaume-Uni et du Rwanda comme preuves qu’un engagement politique durable, adossé à un financement national fiable, permet d’inverser la courbe. L’Égypte, longtemps pays le plus touché au monde par l’hépatite C, a mené un dépistage de masse et un traitement généralisé qui font aujourd’hui référence.
Défis et enjeux contemporains
Le diagnostic, principal maillon faible
C’est le constat central de l’OMS : le problème n’est plus l’absence d’outils, mais leur non-utilisation. Un vaccin protège plus de 95 % des personnes vaccinées contre l’hépatite B. Une cure de huit à douze semaines guérit plus de 95 % des hépatites C. Pourtant, la majorité des personnes infectées n’ont jamais été testées. Chaque diagnostic manqué, souligne l’OMS, représente un décès évitable.
La stigmatisation
Les hépatites virales restent associées à des représentations dévalorisantes — usage de drogues, migration, sexualité — qui découragent le dépistage et pèsent sur la vie professionnelle et affective des personnes diagnostiquées. La lutte contre cette stigmatisation figure explicitement parmi les priorités de la riposte.
Le financement et la fragilité des systèmes de santé
L’élimination suppose d’intégrer les services liés aux hépatites dans les soins primaires, plutôt que de les cantonner à des services hospitaliers spécialisés. Cela exige une formation large des professionnels et un financement pérenne, à un moment où l’aide internationale à la santé se contracte.
La sécurité des injections
Le renforcement de la sécurité des injections, dans les établissements de soins comme dans la communauté, demeure une priorité, tout comme le développement des services de réduction des risques destinés aux usagers de drogues injectables.

Comment participer à la Journée mondiale contre l’hépatite
Les actions institutionnelles
- Campagnes nationales de dépistage organisées par les ministères de la santé et les agences sanitaires.
- Opérations de dépistage gratuit en centres de santé sexuelle, structures d’addictologie, associations et parfois pharmacies.
- Publication de données : l’OMS et les agences nationales profitent traditionnellement de cette date pour diffuser leurs rapports et bulletins épidémiologiques.
- Colloques et journées de formation à destination des professionnels de santé.
Les actions associatives et communautaires
- Stands d’information dans les lieux publics, gares, universités.
- Actions « d’aller-vers » en direction des publics éloignés du système de soins : personnes en situation de précarité, usagers de drogues, personnes migrantes, personnes détenues.
- Témoignages de patients destinés à démonter les préjugés associés à la maladie.
Ce que chacun peut faire
- Vérifier son statut vaccinal contre l’hépatite B, en particulier si l’on est né avant la généralisation de la vaccination du nourrisson.
- Se faire dépister au moins une fois dans sa vie pour les hépatites B et C : un simple prélèvement sanguin suffit, et des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) existent.
- Relayer l’information dans son entourage, notamment auprès des personnes nées dans des zones de forte endémicité.
- Ne pas partager le matériel susceptible de véhiculer du sang : rasoirs, coupe-ongles, brosses à dents, matériel d’injection, de tatouage ou de piercing.
Focus France : où en est la lutte contre l’hépatite ?
Une prévalence contenue mais un déficit de diagnostic
La France est un pays de faible endémicité, mais l’infection y reste largement méconnue de ceux qui la portent. Les données du volet virologique « BaroTest » du Baromètre santé 2016, dernière estimation en population générale adulte, restent la référence :
| Indicateur (France, adultes 18-75 ans, 2016) | Valeur |
|---|---|
| Prévalence de l’antigène HBs (hépatite B chronique) | 0,30 %, soit environ 135 700 personnes |
| Part de ces personnes connaissant leur statut | 17,5 % |
| Prévalence des anticorps anti-HBc (contact antérieur avec le VHB) | 7,3 %, soit environ 3,1 millions de personnes |
| Personnes vivant avec une hépatite C chronique | environ 135 000 |
Certaines populations sont nettement plus exposées. L’enquête AfroBaromètre, menée en 2016 en Île-de-France, a mesuré une prévalence de l’antigène HBs de 5,1 %, atteignant 7,0 % chez les personnes nées en Afrique subsaharienne — et seules 23 % d’entre elles connaissaient leur statut. Chez les femmes enceintes, la prévalence de l’hépatite B chronique est estimée à 0,8 % au niveau national, mais grimpe à 5,6 % pour celles nées dans un pays de forte endémicité.
Un dépistage en forte progression
L’activité de dépistage augmente nettement. Selon Santé publique France, le nombre de personnes testées pour l’antigène HBs est passé de 2,851 millions en 2014 à 4,858 millions en 2024, soit une hausse de 70 %. En 2024, le taux national s’établissait à 83 tests pour 1 000 habitants, avec de fortes disparités territoriales : 137 pour 1 000 dans les départements et régions d’outre-mer, contre 81 pour 1 000 en France hexagonale, l’Île-de-France atteignant 105 pour 1 000.
Les grandes étapes françaises
| Année | Mesure |
|---|---|
| 1er mars 1990 | Dépistage systématique des anticorps anti-VHC rendu obligatoire sur tous les dons de sang |
| 1999 | Lancement du premier plan national de lutte contre l’hépatite C |
| 2014 | Arrivée des antiviraux à action directe (AAD), qui guérissent l’hépatite C |
| 2017 | Suppression de la participation financière des patients pour le dépistage du VHC et les traitements AAD |
| 1er janvier 2018 | Vaccination contre l’hépatite B rendue obligatoire pour tous les nourrissons (extension des obligations vaccinales) |
| 2019 | Recommandation d’un dépistage universel du VHC chez l’adulte ; ouverture de la prescription des AAD à tous les médecins dans le cadre d’un parcours simplifié validé par la HAS |
| 2018-2025 | Objectif national d’élimination de l’hépatite C fixé à 2025 dans le cadre du programme « Priorité prévention » |
La vaccination du nourrisson : un rattrapage réussi
Longtemps freinée par une controverse sur une hypothétique association avec la sclérose en plaques, la vaccination contre l’hépatite B affichait des couvertures médiocres en France. L’extension des obligations vaccinales au 1er janvier 2018 a changé la donne : la couverture à trois doses chez les nourrissons, mesurée à 84,1 % pour la cohorte 2017, atteignait 91,4 % pour la cohorte 2022. La vaccination est administrée dès l’âge de deux mois, et dès la naissance en Guyane, à Mayotte et pour les nouveau-nés de mères porteuses de l’antigène HBs.
L’objectif 2025 : un rendez-vous manqué, une échéance repoussée
La France s’était fixé une cible ambitieuse : éliminer l’hépatite C dès 2025, soit cinq ans avant l’échéance mondiale. L’élimination y était définie comme une diminution de 90 % des nouvelles infections associée à une réduction de 65 % de la mortalité liée au VHC. Malgré des atouts réels — accès quasi universel aux traitements, gratuité, parcours simplifié —, cet objectif n’a pas été atteint : plusieurs milliers de personnes infectées demeurent non diagnostiquées ou non traitées, en particulier parmi les publics les plus éloignés du système de santé. L’horizon a été recentré sur 2030, avec un élargissement aux hépatites B et Delta.
Les acteurs français de la lutte
- Santé publique France : surveillance épidémiologique, données de dépistage et de couverture vaccinale, Bulletin épidémiologique hebdomadaire.
- Haute Autorité de Santé (HAS) : recommandations de prise en charge, place des TROD dans la stratégie de dépistage.
- AFEF (Association française pour l’étude du foie) : recommandations professionnelles, plaidoyer pour l’élimination.
- SOS Hépatites : fédération d’associations de patients, information et défense des malades.
- ANRS-MIE : recherche sur les maladies infectieuses émergentes, dont les hépatites virales.
- CeGIDD, CAARUD et CSAPA : structures de dépistage gratuit et de réduction des risques au plus près des publics exposés.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 28 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Dernière semaine d’avril : Semaine mondiale de la vaccination, Journée mondiale de la santé, Journée mondiale contre le cancer.
Foire aux questions sur la Journée mondiale contre l’hépatite
Quelle est la date de la Journée mondiale contre l’hépatite ?
La Journée mondiale contre l’hépatite a lieu chaque année le 28 juillet. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre. Elle fait partie des campagnes officielles de santé publique de l’Organisation mondiale de la Santé.
Pourquoi la Journée mondiale contre l’hépatite est-elle le 28 juillet ?
La Journée mondiale contre l’hépatite est fixée au 28 juillet parce que cette date correspond à l’anniversaire de la naissance du Dr Baruch Samuel Blumberg, en 1925. Ce chercheur américain a découvert le virus de l’hépatite B, puis mis au point le test de dépistage et le vaccin qui en découlent, travaux couronnés par le prix Nobel de médecine en 1976.
Qui a créé la Journée mondiale contre l’hépatite ?
La Journée mondiale contre l’hépatite a d’abord été créée en 2008 par la World Hepatitis Alliance, une coalition internationale d’associations de patients, qui la célébrait alors le 19 mai. Elle a ensuite été officiellement reconnue par l’Organisation mondiale de la Santé via la résolution WHA63.18, adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2010, qui l’a déplacée au 28 juillet.
Quelle est la différence entre l’hépatite A, B et C ?
La différence entre l’hépatite A, B et C tient au mode de transmission et au risque de chronicité. L’hépatite A se transmet par voie oro-fécale (eau ou aliments contaminés), guérit spontanément et ne devient jamais chronique ; un vaccin existe. L’hépatite B se transmet par le sang, les rapports sexuels et de la mère à l’enfant ; elle peut devenir chronique et un vaccin très efficace est disponible. L’hépatite C se transmet essentiellement par le sang ; elle devient chronique dans la majorité des cas, il n’existe pas de vaccin, mais elle se guérit désormais dans plus de 95 % des cas grâce aux antiviraux à action directe.
Combien de personnes sont touchées par l’hépatite dans le monde ?
Dans le monde, 287 millions de personnes vivaient avec une hépatite B ou C chronique en 2024, dont 240 millions pour la seule hépatite B, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Les hépatites B et C ont causé 1,34 million de décès cette même année, et l’on compte plus de 4 900 nouvelles infections chaque jour, soit environ 1,8 million par an.
Comment se faire dépister pour l’hépatite B ou C en France ?
Pour se faire dépister de l’hépatite B ou C en France, il suffit d’une prise de sang prescrite par un médecin, remboursée intégralement par l’Assurance maladie s’agissant de l’hépatite C. Le dépistage est également proposé gratuitement et sans ordonnance dans les CeGIDD (centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic), ainsi que dans les structures d’addictologie de type CAARUD et CSAPA. Des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD), réalisables en quelques minutes sur une goutte de sang au bout du doigt, sont proposés par de nombreuses associations, notamment lors des actions organisées autour du 28 juillet.
Un rendez-vous qui n’a rien de symbolique
L’hépatite virale a ceci de particulier qu’elle est l’une des rares grandes causes de mortalité mondiale pour lesquelles la science a déjà gagné. Le vaccin existe. Le traitement curatif existe. Le test existe, il coûte quelques euros et prend quelques minutes. Ce qui manque, c’est que les personnes concernées sachent qu’elles doivent le faire.
C’est exactement le sens du 28 juillet. Une date choisie pour honorer un chercheur, mais dont l’enjeu réel est ailleurs : dans les millions de personnes qui vivent aujourd’hui avec un virus qu’un simple dépistage suffirait à révéler, et souvent à faire disparaître. Se faire tester une fois dans sa vie : le geste tient en une phrase, et c’est le seul que cette journée demande vraiment.
