Chaque 25 juillet, les Nations Unies célèbrent la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine. Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2024, cette journée reconnaît la contribution des femmes et des filles afrodescendantes au développement des sociétés et met en lumière les discriminations croisées — racistes, sexistes et socio-économiques — auxquelles elles restent exposées partout dans le monde.

Loin d’être une simple date symbolique, cette journée s’inscrit dans un mouvement historique parti d’Amérique latine et des Caraïbes au début des années 1990, avant d’être reprise par la communauté internationale. Elle prolonge le combat pour la reconnaissance, la justice et le développement porté par les Décennies internationales des personnes d’ascendance africaine.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 25 juillet, chaque année |
| Intitulé officiel | Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/78/323, adoptée le 13 août 2024 |
| Porteur du projet de résolution | Colombie |
| Première commémoration | 25 juillet 2025 |
| Cadre général | Deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2025-2034) |
| Objet | Reconnaissance des contributions ; lutte contre le racisme et la discrimination de genre |
Qu’entend-on par « femmes et filles d’ascendance africaine » ?
L’expression « personnes d’ascendance africaine » désigne, dans le vocabulaire onusien, les descendants des populations africaines déportées lors de la traite transatlantique et de la traite dans l’océan Indien, ainsi que, plus largement, les personnes issues des migrations africaines contemporaines et leurs descendants. Elle recouvre donc des réalités extrêmement diverses : afro-brésiliennes, afro-colombiennes, afro-caribéennes, afro-américaines, afro-européennes, afro-descendantes d’Asie ou du Moyen-Orient.
Cette catégorie n’est pas une identité imposée mais une notion juridique et politique forgée dans le cadre des Nations Unies, notamment lors de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban en 2001. Elle permet de nommer un groupe qui, dans de très nombreux pays, subit un racisme structurel hérité de l’esclavage et de la colonisation, tout en restant statistiquement invisible.
Une approche intersectionnelle
La spécificité de cette journée tient à son approche intersectionnelle : les femmes et les filles d’ascendance africaine ne subissent pas séparément le sexisme et le racisme, mais une combinaison des deux, à laquelle s’ajoutent fréquemment des inégalités de classe. Les Nations Unies soulignent que cette intersection des discriminations raciales, sexistes et socio-économiques les place parmi les groupes les plus marginalisés au monde.
Concrètement, cette imbrication se traduit par :
- un accès restreint à une éducation et à des soins de santé de qualité ;
- une sur-représentation dans les emplois précaires, informels et le travail domestique ;
- une sous-représentation dans les instances politiques, judiciaires et économiques ;
- une exposition accrue aux violences de genre et aux violences institutionnelles ;
- une quasi-absence dans les statistiques publiques, qui rend ces inégalités difficiles à mesurer et à corriger.
Origine et histoire de la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine
Une date née à Saint-Domingue en 1992
Le choix du 25 juillet n’est pas le fruit d’une décision administrative onusienne : il consacre une date déjà militante. Du 19 au 25 juillet 1992, environ 200 femmes noires venues de tout le continent américain se réunissent à Saint-Domingue, en République dominicaine, pour la première Rencontre des femmes noires d’Amérique latine et des Caraïbes. Le moment est choisi symboliquement, dans le contexte du cinquième centenaire de la conquête des Amériques, point de départ de la plus vaste déportation d’êtres humains réduits en esclavage de l’histoire.
De cette rencontre naît le Réseau des femmes afro-latino-américaines, afro-caribéennes et de la diaspora, présent dans une vingtaine de pays. Le 25 juillet devient dès lors la Journée internationale de la femme afro-latino-américaine, afro-caribéenne et de la diaspora, célébrée chaque année par les mouvements afroféministes de la région.
Une reconnaissance nationale avant l’internationale
Plusieurs États ont institutionnalisé cette date avant l’ONU. Le Brésil, en particulier, fait du 25 juillet la Journée nationale de Tereza de Benguela et de la femme noire par la loi fédérale n° 12 987 de 2014, en hommage à cette figure de la résistance quilombola du XVIIIe siècle.
L’adoption de la résolution onusienne
Le 13 août 2024, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/78/323, présentée par la Colombie, proclamant le 25 juillet Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine. Le texte reconnaît la contribution majeure de toutes les femmes et filles d’ascendance africaine au développement des sociétés et l’importance d’assurer leur participation pleine, égale et véritable à la prise de décisions dans toutes les sphères de la société. Il engage les États membres et les entités du système onusien à prendre des mesures concrètes pour combattre la discrimination raciale et la discrimination fondée sur le genre, et à éliminer toutes les formes de violence à leur égard.
La première commémoration officielle a eu lieu le 25 juillet 2025.
Chronologie de la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine
| Année | Événement |
|---|---|
| 1979 | Adoption de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), le 18 décembre |
| 1992 | Première Rencontre des femmes noires d’Amérique latine et des Caraïbes à Saint-Domingue (19-25 juillet) ; création du Réseau des femmes afro-latino-américaines, afro-caribéennes et de la diaspora |
| 2001 | Conférence mondiale contre le racisme de Durban : la notion de « personnes d’ascendance africaine » entre dans le vocabulaire onusien |
| 2013 | L’Assemblée générale proclame la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine 2015-2024 (résolution A/RES/68/237) |
| 2014 | Le Brésil institue le 25 juillet Journée nationale de Tereza de Benguela et de la femme noire (loi n° 12 987) |
| 2020 | Le Conseil des droits de l’homme adopte, après la mort de George Floyd, une résolution sur les droits des Africains et des personnes d’ascendance africaine face à l’usage excessif de la force |
| 2024 | Adoption de la résolution A/RES/78/323 instituant la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine (13 août) |
| 2024 | Proclamation de la deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine 2025-2034 (17 décembre) |
| 2025 | Première commémoration officielle du 25 juillet |
Les objectifs de la journée
- Reconnaître les contributions : mettre en visibilité l’apport des femmes et des filles d’ascendance africaine aux sciences, aux arts, à l’économie, à la politique et aux mouvements sociaux.
- Documenter les inégalités : encourager la collecte de données ventilées par origine et par sexe, condition d’une politique publique efficace.
- Combattre les discriminations croisées : agir simultanément contre le racisme et le sexisme, plutôt que de les traiter séparément.
- Garantir la représentation : favoriser l’accès aux postes de décision politiques, juridiques et économiques.
- Protéger les défenseures des droits : assurer la sécurité des militantes et responsables communautaires menacées.
Importance et impact : pourquoi cette journée compte
Un poids démographique considérable
L’Amérique latine et les Caraïbes concentrent à elles seules environ 134 millions d’afrodescendants, soit près de 21 % de la population régionale, avec une répartition très inégale selon les pays. Le Brésil et la Colombie abritent les plus grandes populations afrodescendantes du sous-continent. À l’échelle mondiale, les diasporas africaines sont présentes sur tous les continents, en Amérique du Nord, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.
Des inégalités de santé documentées
La santé maternelle constitue l’un des indicateurs les plus révélateurs. L’Organisation panaméricaine de la santé a mis en évidence des écarts considérables entre les taux de mortalité maternelle des femmes d’ascendance africaine et les moyennes nationales.
| Pays | Mortalité maternelle des femmes d’ascendance africaine |
|---|---|
| Brésil | 1,4 fois le taux national |
| Colombie | 2,3 fois le taux national |
| Équateur | Près de 4 fois le taux national |
Source : Organisation panaméricaine de la santé, données reprises par les Nations Unies.
Une analyse conjointe pilotée par le Fonds des Nations Unies pour la population a par ailleurs établi que, dans l’ensemble des Amériques, les femmes et les filles d’ascendance africaine sont désavantagées avant, pendant et après la grossesse.
Le point aveugle des données
L’obstacle central reste statistique. La collecte limitée de données ventilées par origine raciale ou ethnique laisse une part importante des inégalités dans l’ombre, et donc hors du champ des politiques publiques. C’est la raison pour laquelle la résolution onusienne insiste sur la production de données désagrégées : sans mesure, pas de diagnostic ; sans diagnostic, pas de correction.
Une dimension culturelle et intellectuelle
Les femmes d’ascendance africaine ont produit des cadres théoriques qui ont renouvelé la pensée féministe mondiale. La juriste américaine Kimberlé Crenshaw a forgé en 1991 le concept d’intersectionnalité, aujourd’hui central dans les sciences sociales et repris par les institutions internationales. Au Brésil, l’anthropologue et militante Lélia Gonzalez a élaboré la notion d’« améfricanité » pour penser l’expérience noire dans les Amériques. En France, les sœurs Paulette et Jane Nardal ont joué un rôle décisif dans l’émergence du mouvement de la Négritude dans les années 1930.
La Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine à travers le monde
Amériques : un ancrage militant ancien
C’est en Amérique latine et dans les Caraïbes que la date possède la plus grande profondeur historique. Le 25 juillet y est célébré depuis 1992 sous le nom de Journée internationale de la femme afro-latino-américaine, afro-caribéenne et de la diaspora. Au Brésil, la journée se double d’une commémoration nationale légale. En Colombie, initiatrice de la résolution onusienne, l’événement s’inscrit dans un contexte de reconnaissance constitutionnelle des communautés afrocolombiennes.
Afrique : une articulation avec les célébrations panafricaines
Le 25 juillet ne doit pas être confondu avec la Journée internationale de la femme africaine, célébrée le 31 juillet et portée par l’Organisation panafricaine des femmes. La première concerne les diasporas d’ascendance africaine dans le monde ; la seconde honore les femmes du continent africain lui-même. Les deux dates, proches dans le calendrier, sont souvent commémorées de façon complémentaire.
Europe : une visibilité récente
En Europe, où les populations afrodescendantes sont issues à la fois des empires coloniaux et des migrations postérieures, la journée reste peu institutionnalisée. Elle est relayée principalement par le tissu associatif, les organismes de lutte contre les discriminations et certaines collectivités locales. L’absence quasi générale de statistiques ethniques dans plusieurs pays européens, dont la France, complique la mesure des inégalités.
Amérique du Nord
Aux États-Unis et au Canada, la journée s’insère dans un paysage commémoratif déjà dense, structuré autour du Mois de l’histoire des Noirs (février) et de dates comme le Juneteenth. Elle y est surtout portée par des organisations de la société civile et des réseaux universitaires.
Défis et enjeux contemporains
L’invisibilité statistique
C’est le premier obstacle. Sans données ventilées par origine et par sexe, il devient impossible d’objectiver les écarts d’accès à l’emploi, au logement, à la santé ou à la justice. Les Nations Unies en font une priorité explicite, tout en se heurtant aux traditions juridiques nationales — le modèle républicain français en constitue l’exemple le plus discuté en Europe.
Le plafond de verre redoublé
Les femmes d’ascendance africaine se heurtent à une double barrière dans les carrières : celle du genre, partagée avec l’ensemble des femmes, et celle de l’origine. Les recherches menées en France comme ailleurs montrent que ces deux mécanismes se combinent et se renforcent, produisant un cumul de dévalorisation professionnelle particulièrement difficile à démontrer juridiquement.
La question mémorielle et réparatrice
Le débat sur les réparations liées à la traite transatlantique s’est intensifié ces dernières années. En mars 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de crime le plus grave contre l’humanité, malgré l’opposition des États-Unis et les réserves juridiques exprimées par plusieurs États européens. La deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2025-2034) place explicitement la justice réparatrice parmi ses axes.
La protection des militantes
Les défenseures des droits humains d’ascendance africaine, notamment en Amérique latine, figurent parmi les catégories les plus exposées aux menaces, aux poursuites abusives et aux violences. La résolution onusienne appelle expressément à les protéger.
Les stéréotypes dans les médias et l’éducation
Les représentations médiatiques et les contenus scolaires continuent de véhiculer des stéréotypes raciaux et sexistes qui marginalisent les voix des femmes d’ascendance africaine. Les Nations Unies en font un axe d’action prioritaire, aux côtés de l’investissement dans l’éducation et le mentorat.

Comment participer à la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine
Les initiatives institutionnelles
- Forums et tables rondes organisés par les agences onusiennes, notamment ONU Femmes et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.
- Déclarations d’experts indépendants des Nations Unies, publiées chaque année à l’approche du 25 juillet.
- Programmes de formation et de mentorat, à l’image de l’initiative « Les jeunes Africaines savent coder », lancée en 2018 par ONU Femmes et la Commission de l’Union africaine avec l’Union internationale des télécommunications et la Commission économique pour l’Afrique.
Les mobilisations associatives
- Rencontres et ateliers organisés par les réseaux afroféministes, particulièrement actifs en Amérique latine et dans les Caraïbes.
- Expositions, projections et cycles de conférences dans les centres culturels, bibliothèques et universités.
- Actions de plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour l’amélioration de la collecte de données.
À l’échelle individuelle
- S’informer sur l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs héritages contemporains.
- Lire et faire connaître les autrices et penseuses afrodescendantes, souvent absentes des programmes scolaires.
- Soutenir les associations de lutte contre le racisme et les discriminations.
- Signaler les situations de discrimination auprès des institutions compétentes, en France le Défenseur des droits.
- Relayer la journée sur les réseaux sociaux pour élargir l’audience d’une date encore peu connue du grand public.
Focus France : les femmes d’ascendance africaine face aux discriminations
Un cadre juridique qui interdit le comptage ethnique
La France est l’un des pays où la mesure des inégalités raciales est la plus contrainte. Par sa décision n° 2007-557 DC du 15 novembre 2007, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition législative qui aurait autorisé les traitements de données faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques des personnes. Les études sur la mesure de la diversité restent possibles, mais elles ne peuvent reposer sur un référentiel ethno-racial défini a priori : elles s’appuient sur des données objectives comme le pays de naissance, la nationalité antérieure ou l’ascendance migratoire.
Conséquence directe : il n’existe pas, en France, de statistique publique sur les « femmes d’ascendance africaine ». Les données disponibles portent sur les immigrées nées en Afrique et sur leurs descendantes nées en France.
Les chiffres disponibles
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Immigrés nés en Afrique vivant en France (2023) | 3,5 millions, soit 48 % des immigrés |
| Part née hors Maghreb parmi les immigrés africains | 4 sur 10 |
| Descendants d’immigrés nés en France (2024) | 8,0 millions, soit 12 % de la population |
| Part de femmes parmi la population immigrée (2024) | 52 % |
Sources : Insee, France portrait social et Insee Première.
Ce que révèle l’enquête Trajectoires et Origines 2
L’enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2), menée par l’Ined et l’Insee en 2019-2020, fournit les données les plus fines disponibles. Elle montre que l’expérience des discriminations a augmenté depuis la première édition de 2008 et qu’elle touche particulièrement les personnes dont l’origine et la couleur de peau exposent à la stigmatisation.
Parmi les descendants d’immigrés déclarant avoir subi une discrimination, ceux originaires d’Afrique subsaharienne l’attribuent à leur origine, leur nationalité ou leur couleur de peau dans 89 % des cas — la proportion la plus élevée de tous les groupes.
Le déclassement professionnel des diplômées
Une étude publiée par le Défenseur des droits en février 2026, exploitant les données de TeO2, documente précisément la situation des femmes concernées, parmi les diplômées de l’enseignement supérieur âgées de 20 à 50 ans.
| Indicateur (diplômées du supérieur) | Descendantes d’immigrés d’Afrique subsaharienne | Femmes sans ascendance migratoire |
|---|---|---|
| Insertion professionnelle discontinue ou instable | 54 % | 32 % |
| Déclassement professionnel objectif | 42 % | — |
| Discriminations déclarées sur 5 ans | 54 % | 24 % |
| Difficultés à trouver un stage | 41 % (hommes et femmes) | 23 % |
Source : Défenseur des droits, « Trajectoires et expériences professionnelles des descendants d’immigrés diplômés du supérieur », février 2026, d’après TeO2 (Ined-Insee, 2019-2020).
À caractéristiques comparables — diplôme, âge, nombre d’enfants —, la probabilité d’avoir une trajectoire professionnelle discontinue est de 18 points de pourcentage plus élevée pour les descendantes d’immigrés d’Afrique subsaharienne que pour les femmes sans ascendance migratoire. L’étude relève également que 58 % des descendants d’immigrés d’Afrique subsaharienne déclarent avoir été confrontés au racisme au cours de leur vie.
Les entretiens qualitatifs mettent en évidence un phénomène spécifique : les descendantes d’immigrés d’Afrique subsaharienne rapportent des expériences conjointes de racisme et de sexisme, perçues comme la cause de leur plafond de verre. Cette imbrication, décrite dans les secteurs hospitalier et de l’entreprise privée, correspond exactement à l’approche intersectionnelle défendue par les Nations Unies.
Enfin, le recours au droit reste marginal : parmi les descendants d’immigrés d’Afrique subsaharienne ayant déclaré une discrimination, 47 % disent avoir contesté ou s’être indignés, mais seulement 4 % ont porté plainte.
Un paradoxe éducatif
Ces obstacles professionnels ne s’expliquent pas par un déficit de qualification. Entre 42 et 46 % des femmes dont au moins un parent est originaire d’Afrique sont diplômées du supérieur, et à origine sociale équivalente, leurs résultats rejoignent voire dépassent ceux de la population majoritaire. Les descendantes d’immigrés d’Afrique subsaharienne s’orientent d’ailleurs plus souvent que leurs homologues masculins vers les classes préparatoires et les grandes écoles. La réussite scolaire ne protège donc pas des discriminations.
Mémoire et reconnaissance en France
La France dispose d’un cadre mémoriel construit depuis le début des années 2000 :
- Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001, dite loi Taubira, reconnaissant la traite négrière transatlantique et l’esclavage comme crimes contre l’humanité ;
- 10 mai : Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions ;
- 23 mai : journée en hommage aux victimes de l’esclavage colonial.
Ce cadre mémoriel n’a toutefois pas d’équivalent en matière de politique de données : la mémoire de l’esclavage est reconnue, mais les héritages statistiques de cette histoire restent difficiles à objectiver.
Des figures françaises à connaître
Parmi les femmes d’ascendance africaine ayant marqué l’histoire française : Solitude (vers 1772-1802), figure de la résistance à la réinstauration de l’esclavage en Guadeloupe ; Paulette et Jane Nardal, intellectuelles martiniquaises et actrices majeures du mouvement de la Négritude ; Suzanne Roussi-Césaire, essayiste et cofondatrice de la revue Tropiques ; Gerty Archimède, première avocate de Guadeloupe et deuxième femme noire élue à l’Assemblée nationale ; Eugénie Éboué-Tell et Jane Vialle, premières femmes noires à siéger au Parlement français.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 25 juillet.
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Foire aux questions sur la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine
Quand a lieu la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine ?
La Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine a lieu le 25 juillet de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année à l’autre. La première commémoration officielle sous l’égide des Nations Unies s’est tenue le 25 juillet 2025.
Qui a créé la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine ?
La Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a adopté le 13 août 2024 la résolution A/RES/78/323. Le projet de texte a été présenté par la Colombie. La date célébrée était toutefois déjà commémorée depuis 1992 par les mouvements afroféministes d’Amérique latine et des Caraïbes.
Pourquoi la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine est-elle célébrée le 25 juillet ?
Si la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine est célébrée le 25 juillet, c’est en référence à la première Rencontre des femmes noires d’Amérique latine et des Caraïbes, tenue à Saint-Domingue du 19 au 25 juillet 1992. Environ 200 déléguées y ont fondé le Réseau des femmes afro-latino-américaines, afro-caribéennes et de la diaspora. Le 25 juillet est depuis lors la date de référence du mouvement afroféministe latino-américain.
Quelle différence avec la Journée internationale de la femme africaine du 31 juillet ?
La différence entre la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine et la Journée internationale de la femme africaine tient à leur périmètre. Le 25 juillet concerne les femmes et les filles d’ascendance africaine dans le monde entier, diasporas comprises, et relève d’une résolution des Nations Unies. Le 31 juillet honore les femmes du continent africain lui-même et relève d’une initiative panafricaine portée par l’Organisation panafricaine des femmes. Ces deux journées sont distinctes, tout comme la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.
Que signifie l’expression « personne d’ascendance africaine » ?
L’expression « personne d’ascendance africaine » désigne, dans le vocabulaire des Nations Unies, les descendants des populations africaines déportées lors de la traite transatlantique, ainsi que les personnes issues des migrations africaines contemporaines et leurs descendants. Consacrée par la Conférence mondiale de Durban en 2001, cette notion sert de base juridique aux Décennies internationales des personnes d’ascendance africaine, dont la seconde couvre la période 2025-2034.
Comment participer à la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine ?
Pour participer à la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine, il est possible d’assister aux conférences et forums organisés par les agences onusiennes et le tissu associatif, de faire connaître les autrices et penseuses afrodescendantes, de soutenir les organisations de lutte contre les discriminations, ou encore de relayer la journée sur les réseaux sociaux. En France, toute situation de discrimination peut être signalée au Défenseur des droits.
Une journée récente, un combat ancien
Instituée en 2024, la Journée internationale des femmes et des filles d’ascendance africaine est l’une des plus jeunes du calendrier onusien. Mais la date qu’elle consacre porte trente ans de mobilisation partie de Saint-Domingue, et bien davantage si l’on remonte aux résistances à l’esclavage. Sa reconnaissance internationale ne clôt rien : elle ouvre une exigence de résultats mesurables, sur l’éducation, la santé, l’emploi et la représentation.
Le 25 juillet rappelle une chose simple, souvent oubliée dans les discours sur le développement : les femmes et les filles d’ascendance africaine n’en sont pas les bénéficiaires, elles en sont les actrices.
