18 juillet : Journée internationale Nelson Mandela

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Journée internationale Nelson Mandela — Mains de bénévoles préparant un panier de denrées sans marque.

Chaque 18 juillet, le monde célèbre la Journée internationale Nelson Mandela, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en novembre 2009. La date n’a rien d’arbitraire : elle correspond au jour de naissance de Nelson Rolihlahla Mandela, né en 1918 dans le village de Mvezo, au Transkei. Avocat, prisonnier politique pendant vingt-sept ans, prix Nobel de la paix et premier président démocratiquement élu d’une Afrique du Sud libre, Mandela est devenu de son vivant l’un des symboles universels de la lutte contre le racisme institutionnel et de la réconciliation politique.

Journée internationale Nelson Mandela — Adultes vus de dos entretenant un jardin partagé.

Cette journée n’est pas une simple commémoration. Elle repose sur un principe d’action : chacun est invité à consacrer 67 minutes de son temps au service des autres, une minute pour chacune des 67 années que Mandela a passées au service de l’humanité. Depuis 2015, sa portée s’est élargie à la question des conditions de détention, un enjeu qui résonne particulièrement en France.

Élément Information
Nom officiel Journée internationale Nelson Mandela (Nelson Mandela International Day)
Date 18 juillet, chaque année (date fixe)
Créée par Assemblée générale des Nations Unies
Résolution fondatrice A/RES/64/13, adoptée le 10 novembre 2009
Première célébration 18 juillet 2010
Extension du mandat A/RES/70/175 (2015) — conditions de détention
Geste symbolique 67 minutes de service à la collectivité
Partenaire principal Fondation Nelson Mandela (Johannesburg)
Distinction associée Prix des Nations Unies Nelson Rolihlahla Mandela (tous les 5 ans)
Hashtags #MandelaDay, #ActionAgainstPoverty

Qui était Nelson Mandela ?

Nelson Rolihlahla Mandela naît le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province du Cap oriental. Issu de la famille royale thembu, il est surnommé Madiba, du nom de son clan — l’appellation la plus affectueuse et la plus répandue en Afrique du Sud.

Devenu avocat, il cofonde le premier cabinet d’avocats noirs du pays et s’engage dans le Congrès national africain (ANC) contre les lois de l’apartheid, système de ségrégation raciale institutionnalisé par le Parti national à partir de 1948. Face au durcissement de la répression, l’ANC abandonne la stratégie exclusivement non violente et crée une branche armée, Umkhonto we Sizwe, en 1961.

Arrêté puis jugé lors du procès de Rivonia, Mandela est condamné en 1964 à la réclusion criminelle à perpétuité. Il passera l’essentiel de sa détention sur l’île de Robben Island, au large du Cap.

Les grandes étapes d’une trajectoire

Année Événement
1918 Naissance à Mvezo, Transkei
1944 Adhésion à l’ANC, cofondation de sa Ligue de la jeunesse
1962 Arrestation
1964 Condamnation à perpétuité au procès de Rivonia
1988 Premier lauréat du prix Sakharov du Parlement européen, alors qu’il est toujours détenu
1990 Libération le 11 février, après 27 ans, 6 mois et 6 jours de détention
1993 Prix Nobel de la paix, conjointement avec Frederik de Klerk
1994 Premières élections multiraciales ; Mandela devient président de la République sud-africaine
1996 Adoption de la nouvelle Constitution sud-africaine
1999 Fin de son mandat présidentiel ; il ne se représente pas
2013 Décès le 5 décembre à Johannesburg, à 95 ans

Ce refus de briguer un second mandat, rare sur le continent à l’époque, contribue autant que sa libération à construire sa stature morale internationale. Sa politique de réconciliation nationale — incarnée par la Commission Vérité et Réconciliation présidée par Desmond Tutu — reste un cas d’école étudié dans le monde entier en matière de justice transitionnelle.

Origine et histoire de la Journée internationale Nelson Mandela

La création par les Nations Unies

Le 10 novembre 2009, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/64/13, qui proclame le 18 juillet « Journée internationale Nelson Mandela ». Le texte reconnaît la contribution de l’ancien président sud-africain à la lutte pour la démocratie et à la promotion d’une culture de paix à l’échelle internationale.

La résolution énumère les domaines dans lesquels Mandela s’est engagé : le règlement des conflits armés, la réconciliation, la promotion et la protection des droits humains, les droits de l’enfant et des personnes vulnérables, l’égalité des sexes, la lutte contre la pauvreté et la promotion de la justice sociale.

La première célébration officielle a lieu le 18 juillet 2010. Mandela, alors âgé de 92 ans, est encore vivant : c’est l’une des rares journées internationales des Nations Unies dédiée à une personnalité de son vivant.

L’extension de 2015 : les Règles Nelson Mandela

En décembre 2015, l’Assemblée générale adopte la résolution A/RES/70/175, qui produit deux effets distincts.

D’une part, elle adopte la version révisée de l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, texte de référence datant de 1955, et approuve sa nouvelle dénomination : les Règles Nelson Mandela. Cet hommage renvoie directement aux vingt-sept années de détention de Madiba.

D’autre part, elle élargit la portée de la Journée internationale, désormais consacrée aussi à la promotion de conditions de détention humaines, à la sensibilisation au fait que les personnes détenues font toujours partie de la société, et à la reconnaissance du travail social accompli par le personnel pénitentiaire.

Le Prix des Nations Unies Nelson Rolihlahla Mandela

Institué par la résolution A/RES/68/275 du 6 juin 2014, ses statuts étant approuvés par la résolution A/RES/69/269 du 2 avril 2015, ce prix honorifique récompense des personnes ayant consacré leur vie au service de l’humanité. Il est décerné tous les cinq ans à deux lauréats, une femme et un homme, issus de régions géographiques différentes.

Fidèle à l’humilité revendiquée par Mandela, le prix ne comporte aucune dotation financière : il consiste en une simple plaque gravée. Il est remis par le Secrétaire général au Siège des Nations Unies, à l’occasion du 18 juillet.

Édition Lauréate Lauréat
2015 Helena Ndume (Namibie), ophtalmologiste Jorge Sampaio (Portugal), ancien président
2020 Marianna Vardinoyannis (Grèce) Morissanda Kouyaté (Guinée)
2025 Brenda Reynolds (Canada), travailleuse sociale saulteaux Kennedy Odede (Kenya), entrepreneur social

L’édition 2025 a été attribuée à partir de 331 candidatures émanant de 66 États membres. La prochaine édition est attendue en 2030.

Les objectifs de la journée

  • Transmettre un héritage : faire connaître la vie et le combat de Mandela aux générations qui ne l’ont pas connu.
  • Encourager l’action individuelle : passer de la commémoration au geste concret, selon le principe « It is in your hands ».
  • Lutter contre la pauvreté et les inégalités : axe central retenu par la Fondation Nelson Mandela et repris par les Nations Unies.
  • Promouvoir des conditions de détention dignes : diffuser et faire appliquer les Règles Nelson Mandela.
  • Renforcer la culture de paix : soutenir la réconciliation, le dialogue et la résolution non violente des conflits.

Importance et impact de la Journée internationale Nelson Mandela

Une dimension politique et mémorielle

La Journée internationale Nelson Mandela occupe une place singulière dans le calendrier onusien. La plupart des journées internationales portent sur une thématique — l’eau, l’alphabétisation, la biodiversité. Celle-ci porte sur une personne, et sur ce que son parcours démontre : qu’un système de discrimination légale peut être démantelé, et qu’une transition peut se faire sans guerre civile.

Cette dimension explique la portée du symbole dans les pays confrontés à des fractures raciales, ethniques ou post-coloniales. Elle explique aussi la vigilance de la Fondation Nelson Mandela face aux usages purement décoratifs de la figure de Madiba.

Une dimension pénitentiaire

L’extension de 2015 a fait de cette journée un rendez-vous annuel pour les acteurs de la justice pénale. Les Règles Nelson Mandela couvrent l’ensemble des conditions matérielles et juridiques de la détention : hébergement, hygiène, alimentation, accès aux soins, contacts avec l’extérieur, encadrement du régime disciplinaire, restriction stricte de l’isolement cellulaire, formation du personnel pénitentiaire.

Ces règles ne sont pas juridiquement contraignantes, mais elles constituent la référence internationale utilisée par les mécanismes de contrôle : Comité européen pour la prévention de la torture, Sous-Comité des Nations Unies pour la prévention de la torture, contrôleurs nationaux.

Une dimension sociale : la logique des 67 minutes

Le geste des 67 minutes est probablement le dispositif le plus efficace jamais conçu pour une journée internationale, parce qu’il transforme une abstraction en une unité de temps mesurable. Il abaisse considérablement le seuil d’entrée dans l’engagement : nul besoin d’adhérer à une association ou de s’engager sur la durée.

Chiffre Signification
67 Années de service public et militant de Nelson Mandela (1942-2009 environ)
67 minutes Durée symbolique de service demandée à chaque participant
27 Années passées en détention
18 juillet Date de naissance de Mandela (1918)
5 ans Périodicité du Prix des Nations Unies Nelson Rolihlahla Mandela

La Journée internationale Nelson Mandela à travers le monde

En Afrique du Sud : le Mois Mandela

L’Afrique du Sud ne se limite pas à une journée : tout le mois de juillet est déclaré Nelson Mandela Month. Les administrations, entreprises et écoles organisent des actions de service — distribution alimentaire, rénovation d’écoles, plantations de jardins potagers, dons de chaussures scolaires. La Fondation Nelson Mandela organise également une marche-course annuelle qui rassemble plusieurs milliers de participants.

Aux Nations Unies

L’Assemblée générale tient chaque 18 juillet une séance plénière informelle consacrée à la journée. Elle donne lieu au message du Secrétaire général, aux déclarations des présidents des groupes régionaux, et, les années concernées, à la remise du Prix Nelson Mandela. Le personnel des Nations Unies participe traditionnellement à des activités bénévoles à New York et dans les bureaux régionaux.

À l’UNESCO

Nelson Mandela fut ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO et lauréat du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix en 1991, décerné à Paris. L’Organisation associe régulièrement cette journée à ses programmes d’éducation à la citoyenneté mondiale et de lutte contre le racisme.

Ailleurs dans le monde

Le réseau des centres d’information des Nations Unies relaie l’événement dans des dizaines de pays. Les formes varient : concerts caritatifs, conférences universitaires, opérations de nettoyage urbain, collectes de sang, actions en milieu carcéral. Des centaines de rues, parcs, écoles et équipements sportifs portent le nom de Mandela sur les cinq continents.

Défis et enjeux contemporains

Le risque de l’icône désincarnée

Le principal reproche adressé à la mémoire de Mandela est celui d’une sanctification qui neutralise le propos politique. Réduit à un sage souriant prônant le pardon, le personnage perd sa dimension de militant radical, condamné pour sabotage, longtemps inscrit sur des listes internationales de terroristes, et resté jusqu’à sa mort critique de l’ordre économique international.

En Afrique du Sud même, une partie de la jeunesse conteste le compromis de 1994, jugé trop favorable au statu quo économique. Le pays demeure l’un des plus inégalitaires du monde en termes de distribution des revenus, trente ans après la fin de l’apartheid.

La stagnation de la lutte contre la pauvreté

Le thème retenu ces dernières années par la Fondation Nelson Mandela et les Nations Unies — « Il est encore entre nos mains de combattre la pauvreté et l’iniquité » — répond à un constat mesurable : les progrès mondiaux se sont enrayés.

En juin 2025, la Banque mondiale a réévalué son seuil international d’extrême pauvreté, porté de 2,15 à 3 dollars par personne et par jour (en parité de pouvoir d’achat 2021). Sur cette base actualisée, environ 838 millions de personnes vivaient dans l’extrême pauvreté en 2022. Les seuils intermédiaires ont également été relevés, à 4,20 et 8,30 dollars par jour.

Le rythme de réduction observé entre 1990 et 2015 ne s’est pas maintenu : depuis la fin des années 2010, les courbes se sont aplaties, sous l’effet combiné de la crise sanitaire, des conflits armés et des chocs climatiques.

La question carcérale, dix ans après les Règles Mandela

L’adoption des Règles Nelson Mandela n’a pas enrayé la surpopulation carcérale, qui progresse dans de nombreux pays européens. La France en fournit l’illustration la plus documentée (voir ci-dessous). Le décalage entre la norme internationale et la réalité des établissements constitue le principal angle mort de cette journée.

Le bénévolat sous tension

Le geste des 67 minutes s’inscrit dans un contexte où l’engagement bénévole régulier recule dans plusieurs pays occidentaux. La question posée est celle de l’articulation entre l’action ponctuelle — facile à mobiliser, très visible — et l’engagement durable, dont dépend réellement le fonctionnement du tissu associatif.

Journée internationale Nelson Mandela — Mains d'adultes transmettant un panier sans inscription.

Comment participer à la Journée internationale Nelson Mandela

Le principe des 67 minutes

Il n’existe aucune procédure d’inscription ni de labellisation. Le principe est ouvert : consacrer au moins 67 minutes, le 18 juillet, à une action utile aux autres.

Actions individuelles

  • Donner du temps à une association locale : maraude, distribution alimentaire, aide aux devoirs, accompagnement de personnes isolées.
  • Faire la lecture à une personne malvoyante ou à un résident en EHPAD.
  • Participer à une opération de nettoyage d’un espace public ou d’un cours d’eau.
  • Donner son sang ou s’inscrire sur le registre des donneurs de moelle osseuse.
  • Trier et donner vêtements, livres ou matériel scolaire à une structure de réemploi.
  • Écrire à une personne détenue via une association d’accompagnement, ou soutenir une bibliothèque de prison.

Actions collectives et institutionnelles

  • Établissements scolaires : séquence pédagogique sur l’apartheid, la ségrégation et la justice transitionnelle ; débat sur la réconciliation.
  • Collectivités : opération citoyenne encadrée, plantation, chantier participatif.
  • Entreprises : mise à disposition de temps salarié pour du mécénat de compétences.
  • Associations : journée portes ouvertes et recrutement de nouveaux bénévoles.

Actions numériques

Les campagnes s’appuient sur les mots-clés #MandelaDay et #ActionAgainstPoverty. Les Nations Unies relaient également leur campagne d’action individuelle ActNow, centrée sur le climat et la durabilité. Le partage d’une action réalisée a une fonction précise : produire un effet d’entraînement.

Focus France : la Journée internationale Nelson Mandela vue de l’Hexagone

Une relation franco-sud-africaine ambivalente

L’attitude française face à l’apartheid n’a rien d’un long fleuve tranquille. Dans les années 1960 et 1970, la France a entretenu des relations commerciales et militaires étroites avec le régime de Pretoria, devenant même son principal fournisseur d’armement. Ce n’est qu’à la fin des années 1970, sous la pression internationale, que Paris prend ses distances.

La société civile, elle, s’est mobilisée plus tôt. Le Mouvement anti-apartheid (MAA), fondé en 1975 et structuré autour d’environ 80 groupes locaux, mène campagne pour le boycott des oranges Outspan, contre les prêts bancaires français à l’Afrique du Sud et pour le retrait de Total du pays. Il se dissout en 1992, sa raison d’être ayant disparu.

Mandela en France : juin 1990

Libéré le 11 février 1990, Nelson Mandela effectue une tournée internationale. La France est le premier pays occidental à le recevoir officiellement. Le 7 juin 1990, accompagné de Winnie Mandela, il est reçu à l’Hôtel de Ville de Paris par Jacques Chirac, puis à l’Élysée et à Matignon. Le soir, une cérémonie est organisée sur le parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, en présence de François et Danielle Mitterrand. Cent violons y interprètent Nkosi Sikelel’ iAfrika, hymne de l’ANC devenu depuis celui de l’Afrique du Sud.

L’objet de sa visite est politique et précis : obtenir le maintien des sanctions économiques contre Pretoria tant que les changements ne sont pas irréversibles.

L’étape de Strasbourg

Le même mois, Mandela se rend à Strasbourg pour recevoir en personne le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit que le Parlement européen lui avait décerné en 1988 — il était alors encore détenu — conjointement avec le dissident soviétique Anatoli Martchenko. Il s’agit du tout premier prix Sakharov de l’histoire. Devant les députés européens, Mandela plaide pour une Afrique du Sud « unie, démocratique et non raciale ». Catherine Trautmann, alors maire de Strasbourg, le reçoit à l’hôtel de ville.

La réciproque : Le Cap, juillet 1994

Les 4 et 5 juillet 1994, François Mitterrand se rend au Cap. Il est le premier chef d’État étranger reçu en visite officielle par la nouvelle Afrique du Sud, à l’invitation expresse de Mandela. Interrogé sur ce choix, celui-ci évoque le rôle historique de la France depuis 1789 et le soutien apporté à la lutte anti-apartheid. Dans son allocution du 4 juillet, Mitterrand relève déjà que de nombreux lycées, écoles, avenues et places portent le nom de Mandela en France.

Une empreinte toponymique durable

Cette empreinte s’est encore renforcée après 2013 :

Lieu Élément
Paris 1ᵉʳ Jardin des Halles rebaptisé jardin Nelson-Mandela ; plaque dévoilée le 19 décembre 2013, réaménagement de 4,3 hectares inauguré le 19 mai 2018
Nantes Lycée Nelson-Mandela, ouvert en 2014, baptisé en accord avec l’ambassade d’Afrique du Sud
Poitiers Lycée Nelson-Mandela (ex-lycée Louis-Armand), rebaptisé en 2015
Partout en France Collèges, écoles primaires, gymnases, médiathèques et places dans des dizaines de communes

Le miroir carcéral français

C’est sans doute sur le volet des Règles Nelson Mandela que la journée prend en France sa résonance la plus directe — et la plus inconfortable.

Indicateur Situation
Personnes détenues (1ᵉʳ juillet 2026) 89 446, niveau record
Places opérationnelles 63 289
Évolution sur un an +5,3 % de détenus, +1,2 % de places
Matelas posés au sol 7 890, en hausse de 35,4 % sur un an
Densité en maison d’arrêt 174,5 %

Le constat est partagé par l’ensemble des mécanismes de contrôle. Dans son rapport annuel publié au printemps 2026, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dénonce une « catastrophe pénitentiaire » et l’absence de mesure d’envergure nationale depuis près de trois ans. En janvier 2026, le Conseil de l’Europe a alerté sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». En mai 2026, le Sous-Comité des Nations Unies pour la prévention de la torture a estimé que la situation pourrait constituer un traitement inhumain ou dégradant. La Cour européenne des droits de l’homme a déjà condamné la France pour ses conditions de détention.

Sur les 15 000 places prévues par le plan lancé en 2018, environ un tiers ont été livrées. Le ministère de la Justice annonce 3 000 places supplémentaires en établissements modulaires, dont la moitié à horizon 2027.

Le bénévolat français, terrain d’atterrissage des 67 minutes

L’appel de la Journée internationale Nelson Mandela rencontre en France un tissu associatif dense, mais fragilisé.

Indicateur (2026) Donnée
Français de 15 ans et plus bénévoles en association 25 %
Nombre estimé de bénévoles 13 à 13,5 millions
Bénévoles tout au long de l’année environ 10 millions
Bénévoles ponctuels environ 3 millions
Bénévoles chaque semaine 10 % des Français

Source : Recherches & Solidarités, « La France bénévole 2026 » (enquête IFOP janvier 2026 et Baromètre d’opinion des bénévoles mars-avril 2026).

L’étude relève une érosion du bénévolat régulier — la « colonne vertébrale » des associations — alors que le taux global reste stable. Les motivations déclarées restent nettement altruistes : « être utile et agir pour les autres » est cité par 85 % des bénévoles interrogés, devant la cause défendue par l’association (61 %).

C’est précisément l’intérêt du dispositif des 67 minutes : il constitue une porte d’entrée à très faible engagement, susceptible de convertir une action ponctuelle en engagement durable.

Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 18 juillet.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée zéro discrimination, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, Journée internationale du vivre-ensemble en paix.

Foire aux questions sur la Journée internationale Nelson Mandela

Quand a lieu la Journée internationale Nelson Mandela ?

La Journée internationale Nelson Mandela a lieu le 18 juillet de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années : elle correspond au jour de naissance de Nelson Mandela, né le 18 juillet 1918 à Mvezo, en Afrique du Sud. La première célébration officielle s’est tenue le 18 juillet 2010.

Pourquoi consacre-t-on 67 minutes lors de la Journée internationale Nelson Mandela ?

On consacre 67 minutes lors de la Journée internationale Nelson Mandela parce que Nelson Mandela a passé 67 années de sa vie au service de l’humanité, comme avocat des droits humains, prisonnier de conscience, négociateur de paix puis président. Chaque minute représente symboliquement une année de cet engagement. Le geste, imaginé par la Fondation Nelson Mandela, consiste à donner au moins 67 minutes de son temps à une action utile à la collectivité.

Qui a créé la Journée internationale Nelson Mandela ?

La Journée internationale Nelson Mandela a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, par la résolution A/RES/64/13 adoptée le 10 novembre 2009. Elle est mise en œuvre chaque année en partenariat avec la Fondation Nelson Mandela, basée à Johannesburg. Contrairement à une confusion fréquente, elle n’a pas été proclamée par l’UNESCO, même si l’Organisation y participe activement.

Que sont les Règles Nelson Mandela ?

Les Règles Nelson Mandela sont le nom donné en 2015 à l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dans sa version révisée adoptée par la résolution A/RES/70/175. Ce texte fixe les standards internationaux en matière d’hébergement, d’hygiène, d’accès aux soins, de discipline, d’encadrement de l’isolement et de formation du personnel pénitentiaire. Cette dénomination rend hommage aux vingt-sept années de détention de Nelson Mandela, et la même résolution a élargi la portée de la Journée internationale à la promotion de conditions de détention humaines.

Qu’est-ce que le Prix des Nations Unies Nelson Rolihlahla Mandela ?

Le Prix des Nations Unies Nelson Rolihlahla Mandela est une distinction honorifique instituée en 2014, décernée tous les cinq ans à deux personnes, une femme et un homme issus de régions géographiques différentes, ayant consacré leur vie au service de l’humanité. Sans dotation financière, il consiste en une plaque gravée remise par le Secrétaire général le 18 juillet. Ses lauréats successifs ont été désignés en 2015, 2020 et 2025 ; la prochaine édition est attendue en 2030.

Comment participer à la Journée internationale Nelson Mandela en France ?

Pour participer à la Journée internationale Nelson Mandela en France, il n’existe ni inscription ni structure officielle : il suffit de consacrer 67 minutes à une action utile aux autres le 18 juillet. Concrètement, cela peut prendre la forme d’un don de temps à une association locale, d’une collecte alimentaire, d’un don du sang, d’une opération de nettoyage d’un espace public, d’un accompagnement de personnes isolées ou d’un soutien à une association intervenant en milieu carcéral. Des établissements scolaires et des collectivités organisent également des actions pédagogiques autour de l’apartheid et de la réconciliation.

Il est encore entre nos mains

Nelson Mandela n’a jamais demandé qu’on l’admire. Il a demandé qu’on agisse. Sa formule la plus reprise — « It is in your hands » — n’est pas une citation inspirante à afficher, c’est une assignation de responsabilité : le monde ne change pas par la vertu de ceux qui le déplorent, mais par celle de ceux qui font quelque chose, même modeste, même bref.

Soixante-sept minutes, c’est un peu plus d’une heure. C’est le temps d’un trajet, d’un déjeuner, d’un épisode de série. Le 18 juillet, la question n’est pas de savoir si l’on dispose de ce temps : elle est de savoir ce qu’on en fait.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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