Chaque 6 juillet, la Journée mondiale du développement rural rappelle une réalité que l’urbanisation croissante tend à faire oublier : près de la moitié de l’humanité vit encore hors des villes, et c’est là que se concentrent la pauvreté extrême, la faim et les plus fortes inégalités d’accès aux services essentiels. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 6 septembre 2024 par la résolution A/RES/78/326, cette journée internationale est l’une des plus récentes du calendrier onusien. Elle place le monde rural non pas au rang de périphérie à rattraper, mais de condition même de la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.

| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale du développement rural |
| Date | 6 juillet (date fixe) |
| Instance créatrice | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution | A/RES/78/326, adoptée sans vote le 6 septembre 2024 |
| Projet de résolution | A/78/L.84/Rev.2, présenté par le Bangladesh |
| Première édition | 6 juillet 2025 |
| Coordination | Département des affaires économiques et sociales (DESA) |
| Financement | Contributions volontaires exclusivement |
| ODD concernés | ODD 1 (pauvreté), 2 (faim), 5 (égalité des sexes), 10 (inégalités) |
C’est quoi le développement rural ?
Le développement rural désigne l’ensemble des politiques, investissements et dynamiques visant à améliorer durablement les conditions de vie et les perspectives économiques des populations vivant en dehors des espaces urbains. Il ne se confond ni avec l’agriculture, ni avec l’aménagement du territoire, même s’il croise l’un et l’autre.
La résolution A/RES/78/326 insiste sur son caractère intégré : le développement rural doit être poursuivi selon une approche qui embrasse simultanément trois dimensions.
- Dimension économique : création d’emplois productifs, soutien aux entreprises et coopératives rurales, inclusion financière numérique, diversification au-delà de la seule production agricole.
- Dimension sociale : accès à la santé, à l’éducation, à l’eau potable, à l’électricité, aux services publics et à la protection sociale.
- Dimension environnementale : gestion durable des sols, de l’eau et de la biodiversité, adaptation au changement climatique, préservation des savoirs traditionnels.
Rural n’est pas agricole
Une confusion fréquente consiste à assimiler population rurale et population agricole. Dans les pays du Sud, le recouvrement est effectivement fort. Dans les économies développées, il est devenu marginal : en France, l’agriculture ne représente qu’une part minoritaire de l’emploi des communes rurales, où dominent les services, l’artisanat, l’industrie diffuse et le tourisme. Le développement rural englobe donc bien davantage que la politique agricole.
Les populations au cœur du texte onusien
La résolution nomme explicitement trois groupes qui subissent de façon disproportionnée la pauvreté, la faim et l’exclusion en milieu rural : les femmes, les peuples autochtones et communautés locales, et les jeunes. Elle souligne le rôle décisif des femmes rurales — petites exploitantes, agricultrices, pêcheuses, femmes autochtones détentrices de savoirs traditionnels — dans le développement agricole, la sécurité alimentaire et l’éradication de la pauvreté, et appelle à leur autonomisation économique : accès plein à la propriété foncière, au travail décent et à la participation aux décisions.
Origine et histoire de la Journée mondiale du développement rural
Création de la journée
La Journée mondiale du développement rural a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies lors de sa 107ᵉ séance plénière, le 6 septembre 2024, à la fin de sa soixante-dix-huitième session. Le texte, inscrit au point 13 de l’ordre du jour (« Application et suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées par les Nations Unies dans les domaines économique et social et dans les domaines connexes »), a été présenté par le Bangladesh et adopté par consensus, sans vote et sans renvoi à une grande commission, sur la base du projet A/78/L.84/Rev.2. La résolution a été publiée le 11 septembre 2024.
Pourquoi le 6 juillet ?
Le choix de la date n’est pas symbolique au sens abstrait : le 6 juillet 1979 est la date de fondation du CIRDAP (Centre on Integrated Rural Development for Asia and the Pacific), organisation intergouvernementale créée à l’initiative des pays de la région Asie-Pacifique et de la FAO, avec le soutien d’autres organismes des Nations Unies et de bailleurs. Son siège est à Dacca, au Bangladesh — pays porteur de la résolution. Le préambule du texte onusien mentionne d’ailleurs expressément les efforts des organisations régionales, « notamment le CIRDAP », en matière de développement rural intégré. Partie de six membres fondateurs, l’organisation en compte aujourd’hui quinze.
Une filiation juridique et politique ancienne
La Journée s’inscrit dans une lignée de textes internationaux que la résolution réaffirme ou rappelle explicitement.
| Année | Texte de référence | Apport |
|---|---|---|
| 1948 | Déclaration universelle des droits de l’homme | Socle des droits invoqués par la résolution |
| 1979 | Fondation du CIRDAP (6 juillet) | Origine de la date retenue |
| 1980 | Résolution 1980/67 du Conseil économique et social | Critères d’établissement des années et journées internationales |
| 1986 | Déclaration sur le droit au développement (rés. 41/128) | Cadre normatif du développement comme droit |
| 2015 | Programme de développement durable à l’horizon 2030 (rés. 70/1) | 17 ODD, éradication de la pauvreté |
| 2015 | Programme d’action d’Addis-Abeba (rés. 69/313) | Financement du développement |
| 2018 | Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (rés. 73/165) | Reconnaissance des droits spécifiques des ruraux |
| 2024 | Résolution A/RES/78/326 (6 septembre) | Proclamation de la Journée mondiale du développement rural |
| 2025 | Première célébration (6 juillet) | Entrée dans le calendrier onusien |
Objectifs principaux de la Journée mondiale du développement rural
Le dispositif de la résolution fixe des objectifs opérationnels précis.
- Mettre en lumière l’importance cruciale du développement et de la transformation des zones rurales pour l’atteinte des Objectifs de développement durable.
- Créer une plateforme d’évaluation permettant d’examiner de façon globale les obstacles et les possibilités du développement rural.
- Encourager des activités concrètes, adaptées aux contextes nationaux et régionaux, en faveur du développement durable des zones et communautés rurales.
- Promouvoir le partage des approches locales, la résolution reconnaissant l’importance de diffuser les solutions élaborées à l’échelle des territoires plutôt que des modèles descendants uniformes.
- Mobiliser un très large éventail d’acteurs : États membres, organismes des Nations Unies, organisations internationales et régionales, ONG, société civile, organisations d’agriculteurs, peuples autochtones, communautés locales, secteur privé, milieux universitaires et écoles.
Point important pour comprendre la portée réelle de la Journée : la résolution précise que le coût de toutes les activités découlant de sa mise en œuvre doit être couvert par des contributions volontaires. Aucun budget onusien dédié n’est prévu.
Importance et impact du développement rural
Pauvreté et inégalités : le monde rural en première ligne
Les données rassemblées par les Nations Unies dessinent un déséquilibre massif entre espaces ruraux et urbains.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Part des plus pauvres du monde vivant en zone rurale | 80 % (moins de 2,15 $ par jour) | Nations Unies |
| Personnes en pauvreté multidimensionnelle aiguë | Plus d’1 milliard, dont plus de la moitié d’enfants | PNUD, 2024 |
| Population rurale sans couverture médicale | 50 % (contre 22 % en zone urbaine) | DESA, 2021 |
| Utilisation d’Internet en 2024 | Moins de 50 % en zone rurale, contre 83 % en zone urbaine | UIT, 2024 |
L’écart de couverture santé et l’écart numérique se cumulent : dans les territoires où l’offre de soins est la plus faible, les solutions de télémédecine sont aussi les moins accessibles faute de connexion fiable.
Une contribution alimentaire décisive
Le monde rural n’est pas seulement un espace de vulnérabilité, c’est aussi la base productive de l’alimentation mondiale.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Part de la nourriture mondiale produite par les exploitations familiales | 80 % | FAO |
| Part des femmes dans la main-d’œuvre agricole | 43 % | Nations Unies |
Ce second chiffre porte en lui l’un des principaux leviers identifiés par la résolution : les femmes assurent une part considérable du travail agricole tout en se heurtant à des obstacles persistants d’accès à la terre, au crédit et aux technologies. Réduire cet écart d’accès aux ressources productives figure parmi les recommandations les plus constantes des agences onusiennes.
Un poids démographique encore considérable
Selon les données de la Banque mondiale, environ 3,44 milliards de personnes — près de 44 % de la population mondiale — vivaient hors des villes en 2024. Le basculement d’un monde majoritairement rural vers un monde majoritairement urbain est intervenu vers 2008. La tendance à l’urbanisation est générale, mais deux grandes régions restent majoritairement rurales : l’Afrique subsaharienne, qui devrait devenir majoritairement urbaine vers 2036, et l’Asie du Sud, vers 2046.
Climat : les zones rurales en première ligne
Sécheresses, inondations, chaleurs extrêmes : les territoires ruraux subissent directement les effets du dérèglement climatique, avec des économies souvent dépendantes de ressources naturelles sensibles. Ils sont aussi les espaces où se joue l’essentiel de la gestion des sols, de l’eau, des forêts et de la biodiversité — donc une partie décisive de l’atténuation.
Le développement rural à travers le monde
Asie-Pacifique : le modèle du développement rural intégré
C’est dans cette région qu’est né le concept de développement rural intégré, dans les années 1970, en réaction à des programmes trop sectoriels. Le CIRDAP, dont les quinze pays membres vont de l’Afghanistan aux Fidji, fonctionne comme centre de recherche, de formation et de partage de bonnes pratiques entre instituts nationaux de développement rural. La plupart de ses pays membres disposent de leur propre institut national dédié.
Afrique subsaharienne : la ruralité majoritaire
L’Afrique subsaharienne concentre la plus forte proportion de population rurale au monde. Les enjeux y sont d’abord infrastructurels — accès à l’eau potable, à l’électricité, aux routes praticables toute l’année — et fonciers, la sécurisation des droits sur la terre conditionnant l’investissement des exploitants.
Amérique latine : peuples autochtones et transition numérique
La résolution accorde une place explicite aux peuples autochtones. Les Nations Unies mettent en avant des projets tels que celui mené au Panama, où de jeunes autochtones, accompagnés par la FAO, ont pris en charge la connectivité et la formation aux compétences numériques au sein d’organisations de producteurs de la région de Ngäbe-Buglé.
Europe : une ruralité de services plus que d’agriculture
Dans l’Union européenne, le développement rural constitue le second pilier de la Politique agricole commune, financé par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). L’enjeu européen n’est plus la pauvreté extrême mais le maintien des services, la démographie médicale, la mobilité, l’accès au numérique et la transition écologique des exploitations. La démarche LEADER y incarne l’approche ascendante défendue par la résolution onusienne : des groupes d’action locale définissent eux-mêmes leur stratégie de développement.
Défis et enjeux contemporains
La fracture numérique
L’écart entre 83 % d’utilisateurs d’Internet en ville et moins de 50 % dans les campagnes constitue aujourd’hui l’une des inégalités structurantes du monde rural. Elle affecte l’accès aux services publics dématérialisés, à la formation, aux informations de marché pour les producteurs, aux services financiers et à la télémédecine. La résolution mentionne explicitement l’inclusion financière numérique comme levier prioritaire.
La question foncière
L’accès à la terre et la sécurité juridique des droits fonciers reviennent à plusieurs reprises dans le texte onusien, en particulier pour les femmes et les peuples autochtones. Sans droits stables, l’investissement dans la fertilité des sols, l’irrigation ou la plantation d’arbres devient irrationnel du point de vue de l’exploitant.
Le vieillissement et le renouvellement des générations
La transmission des exploitations et l’installation des jeunes constituent un point de tension commun aux pays du Nord comme du Sud. La résolution insiste sur la nécessité de créer des emplois productifs et des perspectives économiques pour la jeunesse rurale, faute de quoi l’exode se poursuit mécaniquement.
Le financement
L’absence de budget onusien dédié — les activités reposent sur des contributions volontaires — illustre une difficulté plus large : le développement rural mobilise des investissements longs, peu rentables à court terme et dispersés géographiquement, ce qui le rend structurellement moins attractif pour les financeurs que les projets urbains concentrés.

Comment participer à la Journée mondiale du développement rural
Événements institutionnels
Le Département des affaires économiques et sociales (DESA) coordonne la sensibilisation à l’échelle mondiale et met en avant les expériences de transformation rurale réussies. Le CIRDAP, dont la journée coïncide avec l’anniversaire de fondation, organise chaque année à Dacca une célébration conjointe réunissant ses pays membres et des partenaires comme la FAO. Le FIDA (Fonds international de développement agricole), institution spécialisée des Nations Unies entièrement dédiée à l’éradication de la pauvreté rurale, est un acteur central de la journée.
Ce que la résolution recommande à chaque catégorie d’acteurs
- Gouvernements : développer des tableaux de bord de données rurales et allouer des ressources aux infrastructures essentielles pour combler les écarts avec les zones reculées.
- Agences onusiennes et banques de développement : organiser des forums sur les solutions de financement et la gouvernance foncière inclusive.
- Société civile et organisations d’agriculteurs : organiser des événements communautaires de terrain, des campagnes de sensibilisation et intégrer les perspectives rurales aux débats politiques.
- Universités : proposer conférences, défis lancés à la jeunesse et laboratoires d’innovation consacrés aux problématiques rurales.
- Secteur privé : développer des modèles d’entreprise inclusifs et des fonds d’investissement soutenant l’entrepreneuriat rural.
À l’échelle individuelle
- Privilégier les circuits courts et les produits issus d’exploitations familiales locales.
- Soutenir les commerces, cafés et services de proximité des bourgs ruraux, dont la survie conditionne l’attractivité des villages.
- Faire connaître les initiatives locales de revitalisation : tiers-lieux, ateliers partagés, épiceries associatives, maisons de santé pluriprofessionnelles.
- S’informer sur les dispositifs de soutien existants dans son territoire et les relayer auprès de ceux qui pourraient en bénéficier.
Focus France : ruralité et développement rural
Un tiers des Français vit en commune rurale
La France a profondément modifié sa définition statistique du rural. Depuis novembre 2020, l’INSEE ne définit plus le rural par opposition aux unités urbaines mais par la grille communale de densité, méthode harmonisée à l’échelle européenne fondée sur la population répartie dans des carreaux d’un kilomètre carré. Est rurale toute commune peu dense ou très peu dense.
| Indicateur | Ancienne définition | Définition depuis 2020 |
|---|---|---|
| Part des communes classées rurales | — | 88 % (30 775 communes) |
| Part de la population rurale | 22,4 % | 32,8 % |
| Densité moyenne des communes peu denses | — | environ 52 hab./km² |
| Densité moyenne des communes très peu denses | — | environ 13 hab./km² |
Source : INSEE, « Une nouvelle définition du rural », données du recensement 2017.
L’INSEE croise ce critère de densité avec un gradient de ruralité fondé sur l’influence des pôles d’emploi, distinguant les communes rurales sous forte influence d’un pôle (au moins 30 % des actifs y travaillent), sous faible influence (entre 15 et 30 %) et hors influence de toute aire de 50 000 habitants ou plus.
Une dynamique démographique contrastée
Contrairement à une idée répandue depuis la crise sanitaire, il n’y a pas eu de basculement massif vers les campagnes. Entre 2017 et 2022, la population a augmenté environ deux fois et demie plus vite dans l’espace urbain (+0,5 % par an) que dans l’espace rural pris dans son ensemble (+0,2 % par an). La croissance démographique des espaces ruraux repose désormais exclusivement sur le solde migratoire — l’arrivée de nouveaux habitants — le solde naturel n’y assurant plus le renouvellement. Les communes rurales périurbaines et les petites villes captent l’essentiel de ces flux ; les communes très peu denses et éloignées des pôles continuent, elles, de perdre des habitants.
L’agriculture française : une transformation structurelle
| Indicateur (recensement agricole 2020) | Valeur | Évolution sur dix ans |
|---|---|---|
| Exploitations agricoles (France métropolitaine) | 389 800 | environ −100 000 (−21 %) |
| Surface agricole utilisée | 26,7 millions d’hectares | −0,8 % |
| Part du territoire métropolitain en SAU | près de 50 % | stable |
| SAU moyenne par exploitation | 69 hectares | +14 ha (55 ha en 2010) |
| Exploitations dans les DOM | environ 27 000 | en baisse |
La concentration est le fait marquant : moins d’exploitations, plus grandes, avec une baisse nettement plus prononcée en élevage (−31 %) qu’en production végétale (−9 %).
Le cadre européen : le FEADER
Le développement rural français est financé par le second pilier de la PAC. Pour la programmation 2023-2027, l’enveloppe totale s’établit autour de 10 milliards d’euros, composée d’une dotation FEADER de 7,297 milliards d’euros abondée par un transfert de 2,74 milliards depuis les aides directes du premier pilier. La gestion est partagée : l’État, autorité de gestion du Plan stratégique national, conserve les mesures surfaciques — dont l’Indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), qui mobilise à elle seule environ 36 % des crédits FEADER — tandis que les Régions gèrent les mesures non surfaciques, dont le programme LEADER.
Le plan France Ruralités et le zonage FRR
Annoncé le 15 juin 2023, le plan France Ruralités structure l’action de l’État en direction des territoires ruraux. Son quatrième volet a réformé les anciennes zones de revitalisation rurale (ZRR), créées par la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire du 4 février 1995.
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, le zonage France Ruralités Revitalisation (FRR), institué par l’article 73 de la loi de finances pour 2024 et l’arrêté du 19 juin 2024, remplace les ZRR ainsi que les bassins d’emploi à redynamiser et les zones de revitalisation des commerces en milieu rural.
- Environ 17 800 communes sont classées en zone FRR, et 13 départements le sont intégralement.
- Deux critères de classement : la densité de population et le revenu disponible par habitant.
- Un niveau renforcé, FRR « plus », concerne depuis 2025 le quart des communes les plus fragiles.
- La loi de finances pour 2025 a maintenu le bénéfice du dispositif à environ 2 200 communes « sortantes » de l’ancien zonage ZRR.
- Le zonage sera révisé tous les six ans.
- Outre les exonérations fiscales et sociales pour les entreprises, les collectivités concernées bénéficient d’une bonification de 30 % de la fraction bourg-centre et de 20 % de la fraction péréquation de la dotation de solidarité rurale.
L’accès aux services publics : le réseau France services
Lancé fin 2019 et piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), le réseau France services regroupe en un lieu unique les démarches de premier niveau d’au moins douze opérateurs : France Travail, France Titres, Assurance Maladie, Finances publiques, point-justice, France Rénov’, chèque énergie, Assurance Retraite, MSA, La Poste, CAF et Urssaf.
Le réseau comptait plus de 2 700 espaces en 2024, avec un objectif de 3 000 structures labellisées d’ici début 2027. Près de 1 000 France services sont implantées en zone France Ruralités Revitalisation. Le maillage inclut des lieux fixes, des antennes et des bus itinérants desservant les communes les plus isolées, avec un objectif d’accès à moins de vingt minutes de route.
Le point noir : l’accès aux soins
C’est le sujet le plus sensible de la ruralité française. Selon les chiffres avancés par le gouvernement, six millions de Français n’avaient pas de médecin traitant en 2024 et 87 % du territoire national était classé en désert médical. Un pacte gouvernemental de lutte contre les déserts médicaux a été annoncé le 25 avril 2025. Les délais d’accès aux spécialistes illustrent l’écart territorial : selon la DREES, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste passe d’environ un mois à Paris à plus de trois mois dans les communes hors influence des pôles urbains.
À noter cependant, pour éviter un raccourci fréquent : la désertification médicale n’est pas exclusivement rurale. Les quartiers prioritaires des grandes agglomérations et certaines villes moyennes connaissent des tensions comparables.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 6 juillet.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de la santé des végétaux, Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, Journée des micro-, petites et moyennes entreprises.
Foire aux questions sur la Journée mondiale du développement rural
Quand a lieu la Journée mondiale du développement rural ?
La Journée mondiale du développement rural a lieu chaque année le 6 juillet. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie donc pas d’une année à l’autre. La première édition s’est tenue le 6 juillet 2025, moins d’un an après la proclamation de la journée par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Pourquoi la Journée mondiale du développement rural est-elle célébrée le 6 juillet ?
La Journée mondiale du développement rural est célébrée le 6 juillet parce que cette date correspond à la fondation, le 6 juillet 1979, du CIRDAP (Centre on Integrated Rural Development for Asia and the Pacific), organisation intergouvernementale créée à l’initiative des pays d’Asie-Pacifique et de la FAO, dont le siège se trouve à Dacca, au Bangladesh. Le préambule de la résolution onusienne salue explicitement le rôle de cette organisation régionale dans la promotion du développement rural intégré, et c’est le Bangladesh qui a porté le texte devant l’Assemblée générale.
Qui a créé la Journée mondiale du développement rural ?
La Journée mondiale du développement rural a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui l’a proclamée le 6 septembre 2024 par la résolution A/RES/78/326, adoptée par consensus sans mise aux voix lors de la 107ᵉ séance plénière de sa soixante-dix-huitième session. Le projet de résolution (A/78/L.84/Rev.2) avait été présenté par le Bangladesh. La mise en œuvre de la journée est confiée au Département des affaires économiques et sociales (DESA), et son financement repose exclusivement sur des contributions volontaires.
Qu’est-ce que le développement rural ?
Le développement rural désigne l’ensemble des politiques et actions visant à améliorer durablement les conditions de vie, les revenus et les perspectives des habitants des zones rurales. Selon la résolution des Nations Unies, il doit être conduit selon une approche intégrée combinant trois dimensions : économique (emploi, entreprises, inclusion financière), sociale (santé, éducation, services publics, protection sociale) et environnementale (gestion des ressources naturelles, adaptation climatique). Il ne se limite donc pas à la politique agricole, même s’il l’inclut.
Combien de personnes vivent en zone rurale dans le monde ?
Environ 3,44 milliards de personnes vivaient en zone rurale en 2024, soit près de 44 % de la population mondiale, selon la Banque mondiale. Le basculement vers un monde majoritairement urbain est intervenu autour de 2008. Deux grandes régions restent aujourd’hui majoritairement rurales : l’Afrique subsaharienne, dont le basculement urbain est attendu vers 2036, et l’Asie du Sud, vers 2046. C’est dans ces zones rurales que vivent 80 % des personnes les plus pauvres du monde.
Qu’est-ce qu’une commune rurale en France ?
En France, une commune rurale est, depuis la nouvelle définition adoptée par l’INSEE en novembre 2020, une commune peu dense ou très peu dense au sens de la grille communale de densité, méthode européenne fondée sur la répartition de la population dans des carreaux d’un kilomètre carré. Cette définition a remplacé l’ancienne approche par unités urbaines. Selon ce critère, 88 % des communes françaises sont rurales et elles regroupent environ 33 % de la population, contre 22,4 % avec l’ancienne définition.
Le 6 juillet ne célèbre pas une nostalgie de la campagne, mais une évidence économique et morale : tant qu’un tiers de la population française et près de la moitié de l’humanité vivront hors des villes, aucun progrès durable ne pourra se construire en les traitant comme un arrière-pays. La résolution onusienne parle de « ne laisser personne pour compte » — formule usée à force d’être répétée, sauf lorsqu’on la rapporte aux 80 % de personnes en extrême pauvreté qui vivent précisément dans ces territoires. Cette journée, encore jeune et sans budget propre, vaudra ce qu’en feront ceux qui s’en saisiront : élus locaux, associations, agriculteurs, enseignants, entrepreneurs. Partout où un village retrouve une épicerie, une maison de santé ou une connexion fiable, le développement rural cesse d’être un concept pour redevenir une adresse.
