18 juin : Journée de la gastronomie durable

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Journée de la gastronomie durable — Légumes de saison dans un panier et sur une table.

Chaque 18 juin, les Nations Unies célèbrent la Journée de la gastronomie durable. Instituée par l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2016, cette journée internationale reconnaît la gastronomie comme une expression culturelle liée à la diversité naturelle et culturelle du monde, et rappelle que la manière dont nous produisons, cuisinons et consommons nos aliments engage directement l’environnement, l’économie locale et la santé publique. Sa mise en œuvre est confiée à deux agences onusiennes : l’UNESCO et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Journée de la gastronomie durable — Mains coupant des légumes frais sur une planche en bois.

Derrière le mot « gastronomie », souvent associé au raffinement des tables étoilées, se cache une question beaucoup plus large : celle de la soutenabilité de nos systèmes alimentaires. Ceux-ci représentent aujourd’hui environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tandis qu’un cinquième des aliments disponibles finit à la poubelle.

L’essentiel sur la Journée de la gastronomie durable

Élément Information
Date 18 juin (date fixe, chaque année)
Nom officiel Journée de la gastronomie durable
Institution Organisation des Nations Unies (Assemblée générale)
Texte fondateur Résolution A/RES/71/246
Date d’adoption 21 décembre 2016 (66ᵉ séance plénière, sans vote)
Adoption en commission 23 novembre 2016 (Deuxième Commission, A/C.2/71/L.28/Rev.1)
À l’initiative de Le Pérou, accompagné de 37 États co-auteurs
Agences chargées de la célébration UNESCO et FAO
Première édition 18 juin 2017
ODD concernés ODD 2 (Faim zéro), ODD 12 (Consommation et production responsables), ODD 13, 14 et 15
Mot-dièse #JournéedelaGastronomieDurable

C’est quoi la gastronomie durable ?

La FAO propose une définition en deux temps. La gastronomie désigne à la fois « l’art de la table » et le style culinaire propre à une région : elle renvoie donc le plus souvent à la cuisine et aux produits locaux. La durabilité, elle, qualifie une pratique — agriculture, pêche, préparation des aliments — menée sans épuiser les ressources naturelles et susceptible d’être poursuivie sans nuire à l’environnement ni à la santé.

La gastronomie durable est donc une cuisine qui tient compte de la provenance des ingrédients, de la façon dont les aliments sont cultivés ou élevés, et du chemin qu’ils parcourent jusqu’au marché puis jusqu’à l’assiette.

Les principes concrets de la gastronomie durable

  • Saisonnalité : privilégier les produits récoltés à leur période naturelle, sans serre chauffée ni transport longue distance.
  • Proximité : soutenir les producteurs du territoire et raccourcir les chaînes d’approvisionnement.
  • Diversité cultivée : réintroduire les espèces négligées ou sous-utilisées (légumineuses, mils, céréales anciennes, variétés locales) plutôt que de dépendre d’une poignée d’espèces mondialisées.
  • Anti-gaspillage : utiliser l’intégralité du produit, cuisiner les restes, calibrer les portions, comprendre les dates de consommation.
  • Transmission : préserver les savoir-faire et les recettes traditionnelles, souvent durables par construction.

Il ne s’agit donc ni d’un label, ni d’un style de cuisine, mais d’une manière d’arbitrer les choix alimentaires — du producteur au consommateur, en passant par le chef et le gestionnaire de cantine.

Origine et histoire de la Journée de la gastronomie durable

La création de la journée en 2016

L’initiative revient au Pérou, pays dont la diplomatie culinaire est particulièrement active depuis les années 2000, rejoint par 37 États co-auteurs. Le projet de résolution, référencé A/C.2/71/L.28/Rev.1, a d’abord été adopté par consensus le 23 novembre 2016 au sein de la Deuxième Commission de l’Assemblée générale (commission économique et financière), au titre du point de l’ordre du jour consacré au développement agricole, à la sécurité alimentaire et à la nutrition.

L’Assemblée générale plénière a ensuite adopté la résolution A/RES/71/246 le 21 décembre 2016, sans vote, lors de sa 66ᵉ séance plénière. Le texte désigne le 18 juin comme Journée de la gastronomie durable et invite l’UNESCO et la FAO à en faciliter la célébration, en collaboration avec les autres organisations du système des Nations Unies. La résolution précise que le coût des activités découlant de sa mise en œuvre doit être couvert par des contributions volontaires — ce qui explique le caractère décentralisé et variable des célébrations d’une année à l’autre.

La première édition a été célébrée le 18 juin 2017.

Chronologie repère

Année Étape
2004 Création du Réseau des villes créatives de l’UNESCO, avec la gastronomie parmi les domaines reconnus
2010 Inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO du repas gastronomique des Français, de la cuisine traditionnelle mexicaine et du régime méditerranéen
2015 Adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des 17 ODD
23 novembre 2016 Adoption par consensus du projet de résolution en Deuxième Commission
21 décembre 2016 Adoption de la résolution A/RES/71/246 par l’Assemblée générale
18 juin 2017 Première Journée de la gastronomie durable
2021 Publication du premier Food Waste Index Report du PNUE
2024 Le Food Waste Index Report établit à 1,05 milliard de tonnes le gaspillage alimentaire mondial de 2022

Les objectifs de la Journée de la gastronomie durable

La résolution fondatrice et les documents de la FAO assignent à cette journée plusieurs finalités :

  • Reconnaître la gastronomie comme expression culturelle : affirmer que toutes les cultures et civilisations contribuent au développement durable et en sont des éléments indispensables.
  • Relier alimentation et développement durable : mettre en évidence les liens entre gastronomie et les trois dimensions du développement durable (économique, sociale, environnementale).
  • Soutenir la production alimentaire durable : promouvoir le développement agricole, la sécurité alimentaire, la nutrition et la conservation de la biodiversité.
  • Réduire les pertes et le gaspillage : sensibiliser à la valeur réelle des aliments à chaque étape de la chaîne.
  • Valoriser les producteurs locaux : soutenir les petits exploitants, les pêcheurs et les agriculteurs familiaux par des choix de consommation orientés.

Importance mondiale : ce que disent les chiffres

Le poids climatique de l’assiette

Les systèmes alimentaires mondiaux — du changement d’affectation des terres à la production agricole, du conditionnement au transport, jusqu’à la gestion des déchets — représentent une part majeure des émissions humaines de gaz à effet de serre. L’étude publiée en 2021 dans Nature Food, co-signée par la FAO et le Centre commun de recherche de la Commission européenne (base EDGAR-FOOD), les évalue à 18 milliards de tonnes d’équivalent CO₂ en 2015, soit 34 % du total mondial.

Le gaspillage alimentaire, un gouffre mesurable

Indicateur Valeur Source
Aliments gaspillés dans le monde (2022) 1,05 milliard de tonnes PNUE, Food Waste Index Report 2024
Part des aliments disponibles pour les consommateurs gaspillée 19 % PNUE, 2024
Gaspillage moyen par habitant 132 kg/an PNUE, 2024
Répartition : ménages / restauration / distribution 60 % / 28 % / 12 % PNUE, 2024
Pertes supplémentaires en amont (post-récolte à la vente) 13 % FAO
Repas jetés chaque jour dans le monde (ménages) ≈ 1 milliard PNUE, 2024
Part des pertes et gaspillages dans les émissions mondiales de GES 8 à 10 % PNUE, 2024
Terres agricoles mobilisées pour des aliments jamais consommés 28 % PNUE, 2024

Le paradoxe de la faim et de l’abondance

Ces montagnes d’aliments perdus coexistent avec une insécurité alimentaire persistante. Selon les rapports L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI), publiés conjointement par la FAO, le FIDA, l’UNICEF, le PAM et l’OMS :

  • 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025, soit environ 7,8 % de la population mondiale — en recul par rapport aux 673 millions de 2024.
  • 2,3 milliards de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2024.
  • 2,6 milliards de personnes n’avaient toujours pas les moyens financiers d’une alimentation saine.
  • Les projections situent à environ 512 millions le nombre de personnes encore sous-alimentées en 2030, dont près de 60 % en Afrique.

Dans le même temps, la prévalence du surpoids et de l’obésité progresse sur tous les continents. C’est cette double charge — carences d’un côté, excès de l’autre — qui donne à la gastronomie durable sa dimension de santé publique autant qu’environnementale.

La gastronomie durable à travers le monde

Le Réseau des villes créatives de l’UNESCO

Créé en 2004, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO (RVCU) distingue les villes qui font de la créativité un levier de développement urbain durable. La gastronomie y constitue l’un des domaines reconnus, aux côtés de l’artisanat et des arts populaires, du design, du cinéma, de la littérature, des arts numériques, de la musique et — depuis 2025 — de l’architecture.

Après la désignation de 58 nouvelles villes le 31 octobre 2025, le réseau compte 408 villes réparties dans plus de 100 pays, dont une soixantaine dans le champ de la gastronomie. Les villes créatives de gastronomie s’engagent à préserver leurs traditions culinaires, à soutenir les filières alimentaires locales et à faire de la cuisine un vecteur d’échange culturel.

Le patrimoine culinaire immatériel de l’humanité

L’UNESCO a progressivement reconnu les pratiques alimentaires comme un patrimoine à part entière. Quelques inscriptions marquantes sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

Élément inscrit Pays Année
Le repas gastronomique des Français France 2010
La cuisine traditionnelle mexicaine Mexique 2010
Le régime méditerranéen Plusieurs pays méditerranéens 2010 (élargi en 2013)
Le washoku, traditions culinaires des Japonais Japon 2013
Le kimjang, préparation et partage du kimchi République de Corée 2013
L’art du pizzaiuolo napolitain Italie 2017
Les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain France 2022

Des traditions durables par construction

La FAO insiste sur un point souvent négligé : de nombreuses traditions culinaires sont intrinsèquement durables, parce qu’elles ont été façonnées par la disponibilité locale des ressources. Les légumineuses, faciles à cultiver, nutritives et fixatrices d’azote, en sont l’illustration la plus nette. Il en va de même de cultures longtemps délaissées comme le quinoa andin, le figuier de Barbarie ou les différentes espèces de mils, riches en vitamines et minéraux et adaptées aux climats secs. Réhabiliter ces ingrédients, c’est à la fois diversifier les régimes alimentaires et réduire la dépendance à un petit nombre d’espèces cultivées.

La Journée de la gastronomie durable en France

La France occupe une place singulière dans ce débat : première destination touristique mondiale, pays du repas gastronomique inscrit à l’UNESCO, elle affiche aussi des performances contrastées en matière de gaspillage alimentaire.

Un patrimoine gastronomique reconnu

Le 16 novembre 2010, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni à Nairobi, inscrivait le repas gastronomique des Français sur la Liste représentative — une première mondiale pour une pratique alimentaire nationale. Le dossier avait été porté par la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires (MFPCA). Le 30 novembre 2022, ce sont les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain qui rejoignaient la même liste.

L’inscription de 2010 s’accompagnait d’un plan de gestion dont la mesure phare était la création de Cités de la gastronomie. Quatre villes ont été retenues en juin 2013 : Dijon, Lyon, Paris-Rungis et Tours, le réseau étant officiellement lancé le 19 juin 2013. Leur destin a été inégal : Lyon a ouvert en 2019 à l’Hôtel-Dieu avant de fermer, Dijon a inauguré sa Cité internationale de la gastronomie et du vin en mai 2022, tandis que le projet de Paris-Rungis, orienté vers l’alimentation durable, est attendu à plus long terme.

Enfin, Rouen est, à ce jour, la seule ville française membre du Réseau des villes créatives de l’UNESCO au titre de la gastronomie, désignée en novembre 2021.

Le gaspillage alimentaire en France : l’état des lieux

Indicateur (2023) France Union européenne
Déchets alimentaires totaux 9,7 millions de tonnes ≈ 60 millions de tonnes
Par habitant 142 kg 130 kg
Dont parties non comestibles 5,9 Mt (87 kg/hab.) –
Dont gaspillage à proprement parler 3,8 Mt (55 kg/hab.), soit ≈ 40 % –

Source : SDES / Eurostat, données 2023.

La France se situe donc au-dessus de la moyenne européenne, loin derrière l’Espagne (65 kg/hab.) ou la Slovénie (78 kg/hab.), mais bien en deçà de Chypre (286 kg/hab.) ou du Danemark (261 kg/hab.). Le ministère de la Transition écologique évalue par ailleurs les émissions liées au gaspillage alimentaire à environ 4,2 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, et le coût moyen du gaspillage à une centaine d’euros par habitant et par an.

Un arsenal législatif dense

La France a construit, en une décennie, l’un des cadres réglementaires les plus complets d’Europe en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Texte Année Apport principal
Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire 2013 Engagement volontaire de l’ensemble de la chaîne alimentaire
Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) 2015 Premières dispositions structurantes
Loi Garot (11 février 2016) 2016 Hiérarchie des actions ; interdiction faite aux grandes surfaces de plus de 400 m² de jeter des denrées consommables, obligation de convention de don
Loi EGalim 2018 Extension à la restauration collective ; obligation de diagnostic ; « doggy bag »
Loi AGEC (10 février 2020) 2020 Objectifs chiffrés nationaux ; label « anti-gaspillage alimentaire » ; extension au commerce de gros
Loi Climat et résilience 2021 Élargissement des obligations à toute la restauration collective, menu végétarien hebdomadaire en restauration scolaire
Loi d’orientation agricole 2025 Objectif de 21 % de la surface agricole en bio à l’horizon 2030

Les objectifs nationaux fixés par la loi AGEC sont clairs : réduire de 50 % le gaspillage alimentaire entre 2015 et 2025 dans la distribution alimentaire et la restauration collective, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans la consommation, la production, la transformation et la restauration commerciale.

Les cantines, laboratoire de la gastronomie durable

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, la loi EGalim impose à la restauration collective publique 50 % de produits durables et de qualité, dont au moins 20 % issus de l’agriculture biologique, calculés en valeur d’achat. La loi Climat et résilience a étendu cette obligation à l’ensemble de la restauration collective, publique comme privée, au 1ᵉʳ janvier 2024, en y ajoutant un sous-objectif de 60 % pour les viandes et produits de la pêche — porté à 100 % pour les restaurants de l’État et de ses établissements publics.

Les résultats restent en retrait. D’après les télédéclarations sur la plateforme gouvernementale « ma cantine », les taux d’approvisionnement s’établissaient en 2024 à 25,3 % de produits durables et de qualité, dont 12,1 % de produits bio — soit la moitié de l’objectif légal. Sur un panel constant d’établissements déclarants, la progression est réelle mais lente : de 28,6 % à 32,3 % pour les produits durables et de 13,5 % à 15,3 % pour le bio entre 2022 et 2024.

Produits de terroir et agriculture biologique

La France compte plus de 1 200 produits sous signe officiel de la qualité et de l’origine (SIQO) — AOP, AOC, IGP, STG, Label Rouge, agriculture biologique — recensés par l’INAO. C’est l’un des socles concrets d’une gastronomie ancrée dans les territoires.

Du côté du bio, la dynamique s’est retournée. En 2025, les surfaces certifiées reculaient pour la troisième année consécutive (−1,1 %) pour s’établir autour de 2,69 millions d’hectares, soit environ 10 % de la surface agricole utile française. Le nombre de fermes bio baissait pour la première fois (−1,3 %, à 61 159 exploitations), un recul toutefois moins marqué que celui de l’ensemble des exploitations agricoles françaises (−3,6 %) : la part des fermes bio atteint désormais 17,3 % du total. La consommation, elle, repartait à la hausse.

Une date à double mémoire

En France, le 18 juin reste d’abord associé à l’Appel du 18 Juin 1940 du général de Gaulle. La coexistence des deux commémorations explique la visibilité relativement modeste de la Journée de la gastronomie durable dans les médias français, malgré la mobilisation régulière de chefs et de réseaux professionnels.

Les défis contemporains de la gastronomie durable

Le prix de la durabilité

C’est l’obstacle le plus fréquemment cité. Les gestionnaires de restauration collective placent les contraintes budgétaires en tête des freins à l’atteinte des objectifs EGalim. À l’échelle des ménages, l’inflation alimentaire des années récentes a mécaniquement orienté les arbitrages vers le prix plutôt que vers la qualité ou l’origine — un phénomène visible dans le recul de la consommation bio entre 2021 et 2024.

Le piège du « local » mal calibré

Consommer local réduit les émissions liées au transport et soutient les économies de proximité, comme le souligne la FAO. Mais le transport ne représente qu’une fraction de l’empreinte d’un aliment : une tomate produite sous serre chauffée à proximité peut émettre davantage qu’une tomate de plein champ importée en saison. La gastronomie durable suppose donc de croiser proximité et saisonnalité, et non de substituer l’une à l’autre.

L’érosion de la diversité cultivée

Une part très majoritaire de l’alimentation mondiale repose sur un nombre restreint d’espèces végétales. Cette concentration fragilise les systèmes alimentaires face aux ravageurs, aux maladies et aux aléas climatiques. La réhabilitation des cultures traditionnelles — mils, légumineuses, tubercules locaux — constitue à ce titre un enjeu de résilience autant que de patrimoine.

La tension entre excellence et sobriété

La haute gastronomie mobilise volontiers des produits rares, hors saison ou transportés sur de longues distances. Plusieurs chefs, en France comme ailleurs, ont engagé une réflexion sur ce point : réduction de la carte, valorisation des parties habituellement écartées, végétalisation partielle des menus, approvisionnement contractualisé auprès de producteurs identifiés. Cette évolution reste toutefois minoritaire à l’échelle du secteur.

Journée de la gastronomie durable — Restes de légumes cuisinés dans un contenant en verre sans étiquette.

Comment célébrer la Journée de la gastronomie durable

Les quatre gestes recommandés par la FAO

  • Soutenir les agriculteurs : acheter sur les marchés locaux, auprès de petits producteurs ou d’exploitants familiaux, pour consolider leurs moyens d’existence et renforcer les communautés.
  • Goûter les produits locaux en voyage : découvrir des poissons ou des fruits inconnus, c’est comprendre la culture d’un lieu et soutenir son économie.
  • Faire vivre les traditions culinaires : préparer des recettes à base d’ingrédients autochtones de sa région, à commencer par les légumineuses.
  • Éviter le gaspillage : doser les portions, conserver et réutiliser les restes, savoir lire les dates de consommation.

Côté professionnels

  • Réaliser ou actualiser un diagnostic des pertes alimentaires à chaque étape (achat, préparation, service, consommation).
  • Nouer des conventions de don avec des associations d’aide alimentaire.
  • Introduire des alternatives végétales et diversifier les sources de protéines.
  • Communiquer sur l’origine des produits auprès des convives.

Côté collectivités et établissements scolaires

  • Organiser des repas thématiques autour de produits locaux et de saison.
  • Mettre en place des pesées de restes en cantine, dispositif qui produit des résultats mesurables et pédagogiques.
  • Ouvrir les cuisines aux élèves, inviter des producteurs du territoire.
  • Soutenir les marchés de producteurs et les projets alimentaires territoriaux.

En ligne

La FAO met à disposition des supports numériques gratuits et invite à rejoindre la campagne avec le mot-dièse #JournéedelaGastronomieDurable.

Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 18 juin.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale du zéro déchet, Journée internationale de la santé des végétaux, Journée internationale de la diversité biologique.

Foire aux questions sur la Journée de la gastronomie durable

Quelle est la date de la Journée de la gastronomie durable ?

La Journée de la gastronomie durable a lieu le 18 juin de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, établie par la résolution A/RES/71/246 de l’Assemblée générale des Nations Unies. La première édition s’est tenue le 18 juin 2017.

Qui a créé la Journée de la gastronomie durable ?

La Journée de la gastronomie durable a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a adopté sans vote la résolution A/RES/71/246 le 21 décembre 2016. Le projet de résolution avait été porté par le Pérou et 37 États co-auteurs, puis adopté par consensus en Deuxième Commission le 23 novembre 2016. La résolution invite l’UNESCO et la FAO à faciliter la célébration de cette journée.

C’est quoi la gastronomie durable ?

La gastronomie durable est une cuisine qui tient compte de la provenance des ingrédients, de la façon dont les aliments sont cultivés et du chemin qu’ils parcourent jusqu’à l’assiette. Selon la FAO, elle articule la gastronomie — l’art de la table et les styles culinaires régionaux — avec la durabilité, c’est-à-dire des pratiques qui ne gaspillent pas les ressources naturelles et peuvent être poursuivies sans nuire à l’environnement ni à la santé.

Quels sont les objectifs de la Journée de la gastronomie durable ?

Les objectifs de la Journée de la gastronomie durable sont de reconnaître la gastronomie comme une expression culturelle liée à la diversité naturelle et culturelle du monde, et de mettre en évidence son rôle dans la réalisation des Objectifs de développement durable. Le texte onusien cite explicitement cinq leviers : le développement agricole, la sécurité alimentaire, la nutrition, la production alimentaire durable et la conservation de la biodiversité.

Comment célébrer la Journée de la gastronomie durable ?

Pour célébrer la Journée de la gastronomie durable, la FAO recommande quatre actions simples : acheter auprès de producteurs locaux, goûter les spécialités du territoire lors de ses voyages, cuisiner des recettes traditionnelles à base d’ingrédients de sa région, et éviter le gaspillage en utilisant l’intégralité des aliments. Restaurants, cantines et collectivités peuvent organiser des repas de saison, des pesées de restes ou des rencontres avec des producteurs.

Quel est le lien entre gastronomie durable et gaspillage alimentaire en France ?

Le lien entre gastronomie durable et gaspillage alimentaire est direct : en France, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites en 2023, dont 3,8 millions de tonnes encore comestibles, soit 55 kg par habitant. La loi AGEC fixe un objectif de réduction de 50 % du gaspillage entre 2015 et 2025 dans la distribution et la restauration collective, et entre 2015 et 2030 pour les autres maillons de la chaîne. Cuisiner durable, c’est donc d’abord cuisiner sans jeter.

Manger mieux, jeter moins

La Journée de la gastronomie durable ne demande pas de renoncer au plaisir de la table — elle propose exactement l’inverse. Reconnaître la valeur d’un aliment, c’est comprendre le travail, la terre, l’eau et l’énergie qu’il a mobilisés, et refuser qu’il finisse à la poubelle. Chaque 18 juin rappelle que ce lien entre la culture culinaire et les ressources de la planète n’est ni abstrait ni réservé aux experts : il se joue dans un panier de marché, dans une carte de restaurant, dans un plateau de cantine. Cuisiner de saison, acheter à ceux qui produisent près de chez soi, transmettre une recette de famille et finir ses restes constituent, mises bout à bout, une contribution modeste mais parfaitement réelle à un système alimentaire soutenable.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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