Chaque 11 septembre, la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme rappelle que les attentats ne se referment jamais le jour où ils se produisent. Née en 2008 à l’initiative d’associations françaises, cette date s’appuie sur le souvenir des attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis pour porter un message de solidarité envers les victimes et de refus de la violence politique. Elle n’a jamais été proclamée par les Nations unies : c’est une journée de mobilisation citoyenne, et non une observance officielle du calendrier onusien.

À savoir avant de lire Le 11 septembre est une journée d’origine associative, sans résolution de l’ONU ni de l’UNESCO. La journée officielle des Nations unies est fixée au 21 août : la Journée internationale du souvenir, en hommage aux victimes du terrorisme, proclamée par la résolution A/RES/72/165 du 19 décembre 2017. Les deux dates poursuivent le même objectif, mais n’ont ni le même statut ni la même portée juridique.
Qu’est-ce que le terrorisme ?
Avant d’aborder la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme du 11 septembre, une précision s’impose : le terrorisme désigne l’usage délibéré de la violence contre des civils dans un but politique, idéologique ou religieux, afin de provoquer la terreur et de contraindre un État ou une société.
Il n’existe pas de définition universelle adoptée par l’ensemble des États membres de l’ONU. Les négociations sur une convention générale contre le terrorisme international butent depuis des décennies sur la qualification des mouvements de libération nationale et des actions des forces armées étatiques. À défaut, le droit international fonctionne par accumulation : une série de conventions sectorielles visent des actes précis, comme les détournements d’aéronefs, les prises d’otages, les attentats à l’explosif ou le financement du terrorisme.
En droit français, le Code pénal retient une définition fonctionnelle : des infractions de droit commun (assassinat, enlèvement, destruction, cyberattaque) deviennent des actes de terrorisme lorsqu’elles sont commises « en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». Cette qualification déclenche un régime spécifique : juridiction centralisée à Paris, règles procédurales dérogatoires, et surtout un accès à l’indemnisation.
L’origine de la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme
La Journée mondiale de lutte contre le terrorisme, célébrée le 11 septembre, est née en 2008 dans le tissu associatif français. Le Mouvement pour la paix et contre le terrorisme (MPCT), association déclarée œuvrant pour la condamnation des attaques délibérées contre les civils et la solidarité avec toutes les victimes sans exception, en est le principal promoteur.
La deuxième édition, en 2009, est documentée par l’Association française des victimes du terrorisme (AfVT) : un rassemblement organisé par le MPCT au jardin du Luxembourg, à Paris, au pied de la réplique de la statue de la Liberté, devant la plaque dédiée à la mémoire des victimes du 11 septembre. Cette continuité confirme 2008 comme année inaugurale.
Pourquoi le 11 septembre ?
Le choix du 11 septembre tient à la portée symbolique des attentats de 2001, qui ont fait 2 977 victimes à New York, en Virginie et en Pennsylvanie, et qui ont durablement reconfiguré les politiques de sécurité, le droit et les relations internationales. La date fonctionne comme un repère mémoriel compréhensible partout dans le monde, ce qui a facilité sa reprise par d’autres associations et par la presse francophone.
Les objectifs de la journée
- Solidarité avec les victimes : faire reconnaître les blessures physiques et psychiques, y compris celles qui apparaissent des années après les faits.
- Mise en réseau associative : relier les associations d’aide aux victimes, en France et à l’international, pour mutualiser écoute, accompagnement juridique et plaidoyer.
- Refus de la hiérarchie des victimes : condamner les attentats sans exclusive, quels qu’en soient les auteurs, les motifs ou le pays touché.
- Prévention et éducation : intervenir auprès des jeunes publics sur la radicalisation, la liberté d’expression et l’esprit critique.
- Défense de l’État de droit : rappeler que les mesures antiterroristes ne valent que si elles respectent les droits fondamentaux.
Pourquoi la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme reste nécessaire
L’intérêt du 11 septembre comme date de mobilisation tient à ce que le terrorisme produit des effets bien au-delà du bilan humain immédiat.
Une atteinte durable aux personnes
Les survivants et les proches vivent des années de reconstruction : troubles de stress post-traumatique, incapacités, perte d’emploi, procédures judiciaires longues. Aux États-Unis, le suivi médical des personnes exposées aux poussières de Ground Zero illustre cette temporalité longue : le programme de santé du World Trade Center est autorisé à fonctionner jusqu’en 2090, précisément parce que certaines pathologies se déclarent des décennies plus tard.
Une dimension économique et sociale
Le terrorisme détruit des capacités productives : tourisme, investissement, commerce transfrontalier, scolarisation. Dans les régions les plus touchées, les attaques contre les écoles, les marchés et les axes routiers désorganisent l’économie locale et déplacent des populations entières. Les coûts de sécurisation pèsent ensuite durablement sur les budgets publics.
Un enjeu démocratique
La réponse antiterroriste met les démocraties à l’épreuve : surveillance, états d’urgence, régimes dérogatoires. La Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies, adoptée par consensus le 8 septembre 2006 (résolution A/RES/60/288), repose sur quatre piliers, dont le dernier affirme que le respect des droits humains et de l’État de droit est la base même d’une lutte antiterroriste efficace. Ce n’est pas une clause de style : une politique sécuritaire perçue comme injuste alimente les griefs dont se nourrissent les groupes violents.
Le terrorisme dans le monde : les chiffres
Les données mobilisables le 11 septembre proviennent principalement du Global Terrorism Index (GTI), publié chaque année en mars par l’Institute for Economics & Peace, qui classe 163 pays à partir du nombre d’attentats, de morts, de blessés et d’otages.
| Indicateur (édition 2026, données 2025) | Valeur | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Décès liés au terrorisme dans le monde | 5 582 | -28 % |
| Attentats recensés | 2 944 | -22 % |
| Décès au Sahel | environ 2 700 | soit près de la moitié du total mondial |
| Décès en Occident | 57 | +280 % |
| Pays le plus touché | Pakistan (1 139 décès) | 1re place pour la première fois |
Deux enseignements ressortent. D’abord, le recul global : le nombre de morts est au plus bas depuis 2007, début de la série statistique. Ensuite, la concentration : cinq pays (Pakistan, Burkina Faso, Nigeria, Niger, République démocratique du Congo) rassemblent près de 70 % des décès. L’épicentre s’est déplacé du Moyen-Orient vers l’Afrique subsaharienne, et particulièrement le Sahel, qui pesait 1 % des victimes mondiales en 2007.
Les défis contemporains de la lutte contre le terrorisme
La Journée mondiale de lutte contre le terrorisme du 11 septembre se heurte aujourd’hui à trois obstacles structurels, très éloignés de ceux de 2001.
La bascule sahélienne
Les groupes actifs au Sahel et en Afrique de l’Ouest opèrent en réseaux décentralisés, sur des territoires vastes et faiblement administrés. Au Nigeria, deux organisations concentrent l’essentiel des décès liés au terrorisme. En République démocratique du Congo, les attaques visent délibérément des civils rassemblés : églises, hôpitaux, funérailles. Les dispositifs de coopération régionale y sont fragilisés par les crises politiques successives.
La radicalisation en ligne et le profil des auteurs
Les enquêtes portant sur des mineurs et des jeunes majeurs se sont multipliées depuis le début des années 2020 dans les pays occidentaux. Le schéma dominant n’est plus la cellule structurée et financée, mais l’individu isolé, radicalisé rapidement par des contenus en ligne, passant à l’acte avec des moyens rudimentaires. Ce format complique la détection et déplace l’enjeu vers la prévention, l’éducation aux médias et la modération des plateformes.
Les nouveaux moyens d’action
L’usage de drones commerciaux à des fins d’attaque, observé dans plusieurs théâtres, abaisse le coût d’entrée de la violence armée et brouille la frontière entre terrorisme, criminalité organisée et conflit armé. Le financement, lui, passe désormais par des circuits fragmentés : petites sommes, cagnottes, actifs numériques, difficiles à tracer par les dispositifs conçus pour les flux bancaires classiques.

Comment marquer la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme
Le 11 septembre donne lieu à des initiatives de nature très différente, du recueillement institutionnel à l’engagement individuel.
Commémorations et hommages
- Dépôts de gerbes et minutes de silence devant les plaques et monuments dédiés aux victimes.
- Lectures publiques de noms, un format adopté par de nombreuses associations de victimes.
- Conférences et tables rondes sur la prévention de la radicalisation et le droit des victimes.
Actions associatives et solidarité
- Soutien aux associations d’aide aux victimes, par le don, le bénévolat ou le relais d’information.
- Interventions en milieu scolaire, portées par des témoins et des associations agréées.
- Accompagnement juridique des personnes qui ignorent leurs droits à indemnisation.
Sensibilisation en ligne
- Partage de ressources fiables plutôt que d’images d’attentats, dont la rediffusion peut retraumatiser les victimes.
- Signalement des contenus faisant l’apologie du terrorisme, via la plateforme PHAROS en France.
- Vigilance face aux rumeurs et aux fausses informations qui circulent après chaque attaque.
Et en France ?
Le dispositif français d’aide aux victimes est l’un des plus anciens d’Europe. Le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), créé en 1986 après la vague d’attentats des années 1980, indemnise les victimes d’attentats survenus en France depuis le 1er janvier 1985, ainsi que les victimes françaises d’attentats commis à l’étranger. La démarche n’incombe pas à la victime : le procureur de la République, ou le ministère des Affaires étrangères pour les faits survenus hors de France, transmet au FGTI les circonstances et l’identité des personnes concernées, et le Fonds prend contact directement. L’indemnisation couvre les préjudices physiques, psychologiques et économiques, ainsi qu’un préjudice exceptionnel spécifique propre aux victimes du terrorisme.
Vingt-cinq ans après les attentats de 2001, un bilan qui continue de s’alourdir
Le 11 septembre 2026 marque le vingt-cinquième anniversaire des attaques de 2001, et le décompte des victimes n’est toujours pas clos. Aux 2 977 morts du jour même s’ajoutent les personnes atteintes de pathologies liées à l’exposition aux poussières toxiques du site, dont plus de 60 types de cancers reconnus.
Les ordres de grandeur sont vertigineux : les autorités sanitaires américaines estiment que plus de 400 000 personnes ont été exposées, entre secouristes, ouvriers du déblaiement, riverains, élèves et salariés du quartier. Le programme de suivi médical dédié comptait environ 152 500 membres au printemps 2026, contre 101 900 en 2019, et son financement fait l’objet d’alertes récurrentes. Le fonds d’indemnisation, de son côté, a enregistré plus de 112 300 demandes.
Cette trajectoire dit quelque chose d’essentiel sur la lutte contre le terrorisme : le coût humain d’un attentat se mesure sur des générations, pas sur un bilan publié le soir même.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 11 septembre.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme, Journée internationale de la paix.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme
Quand a lieu la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme ?
La Journée mondiale de lutte contre le terrorisme a lieu le 11 septembre de chaque année, en référence aux attentats commis aux États-Unis le 11 septembre 2001.
La Journée mondiale de lutte contre le terrorisme est-elle reconnue par l’ONU ?
Non, la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme n’est pas reconnue par l’ONU. Aucune résolution des Nations unies ni de l’UNESCO ne proclame le 11 septembre. Il s’agit d’une initiative associative, relayée depuis 2008 par des organisations de la société civile et par la presse francophone.
Qui a créé la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme ?
La Journée mondiale de lutte contre le terrorisme a été créée en 2008 à l’initiative d’associations françaises, au premier rang desquelles le Mouvement pour la paix et contre le terrorisme (MPCT), dont le rassemblement commémoratif de 2009 au jardin du Luxembourg est documenté par l’AfVT.
Quelle différence entre le 11 septembre et le 21 août ?
La différence entre le 11 septembre et le 21 août tient au statut : le 21 août est la Journée internationale du souvenir, en hommage aux victimes du terrorisme, proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution A/RES/72/165 du 19 décembre 2017, tandis que le 11 septembre relève d’une mobilisation associative sans reconnaissance officielle.
Combien de personnes meurent du terrorisme chaque année dans le monde ?
Le nombre de personnes qui meurent du terrorisme chaque année dans le monde s’établissait à 5 582 en 2025, selon l’édition 2026 du Global Terrorism Index, soit une baisse de 28 % sur un an et le niveau le plus bas depuis 2007.
Comment les victimes du terrorisme sont-elles indemnisées en France ?
Les victimes du terrorisme sont indemnisées en France par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), créé en 1986. Il couvre les attentats survenus en France depuis le 1er janvier 1985 et les victimes françaises d’attentats à l’étranger, sans démarche préalable de leur part.
Se souvenir, comprendre, agir
Une journée de commémoration ne désarme personne. Ce qu’elle permet, en revanche, c’est de maintenir l’attention là où elle se relâche : sur les victimes des années d’après, sur les régions dont les attentats ne font plus les gros titres, sur la tentation de sacrifier l’État de droit au nom de la sécurité. Que ce soit le 11 septembre ou le 21 août, la date compte moins que le geste : écouter ceux qui ont survécu, refuser toute hiérarchie entre les victimes, et transmettre aux plus jeunes les outils qui rendent les discours de haine moins efficaces.
