26 septembre : Journée mondiale de la contraception

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Journée mondiale de la contraception — Préservatif déroulé en anneau sur une surface claire.

La Journée mondiale de la contraception a lieu chaque année le 26 septembre. Lancée en 2007 par une coalition internationale d’ONG, de sociétés savantes et d’organisations de santé sexuelle et reproductive, avec le parrainage du laboratoire Bayer, cette campagne vise d’abord les jeunes : leur donner une information fiable pour choisir une contraception adaptée, au moment qui leur convient.

Journée mondiale de la contraception — Dispositif intra-utérin au cuivre posé sur une compresse blanche.

Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas d’une journée officielle des Nations Unies : elle ne figure pas dans la liste des journées internationales adoptées par l’Assemblée générale. Son enjeu, lui, est bien mondial. Selon l’Organisation mondiale de la santé, sur 1,1 milliard de femmes de 15 à 49 ans ayant besoin de planification familiale, 164 millions n’avaient pas accès à la contraception dont elles avaient besoin (données 2021).

En bref
Date 26 septembre, chaque année
Première édition 2007
Initiateurs Coalition d’ONG, sociétés scientifiques et médicales, organisations gouvernementales
Parrain Bayer AG (campagne « Your Life »)
Statut ONU Non inscrite parmi les journées internationales de l’ONU
Devise « It’s Your Life, It’s Your Future » (C’est votre vie, c’est votre avenir)
Public prioritaire Adolescents et jeunes adultes

Qu’est-ce que la contraception ?

La contraception, thème central du 26 septembre, désigne l’ensemble des méthodes qui permettent d’éviter une grossesse de façon réversible ou définitive. L’OMS rappelle que toutes les méthodes figurant dans ses lignes directrices ont été testées pour leur innocuité et leur efficacité, et que le choix dépend de l’état de santé, des préférences et des besoins de chaque personne.

Les grandes familles de méthodes contraceptives

  • Méthodes hormonales : pilule (œstroprogestative ou progestative), patch, anneau vaginal, implant, injection, dispositif intra-utérin (DIU) au lévonorgestrel.
  • Méthodes non hormonales de longue durée : DIU au cuivre, souvent appelé stérilet.
  • Méthodes barrières : préservatif masculin, préservatif féminin (interne), diaphragme, cape cervicale.
  • Méthodes définitives : stérilisation féminine (ligature ou obturation des trompes) et vasectomie.
  • Méthodes naturelles : retrait, observation du cycle (symptothermie, méthode des jours fixes…).
  • Contraception d’urgence : pilule du lendemain ou DIU au cuivre posé après un rapport non ou mal protégé.

Le préservatif est la seule méthode qui protège à la fois contre la grossesse et contre les infections sexuellement transmissibles, dont le VIH. La question de la contraception rejoint ainsi celle, plus large, de la santé sexuelle, célébrée le 4 septembre.

Efficacité : pourquoi l’usage compte autant que la méthode

L’efficacité d’une contraception se mesure en nombre de grossesses pour 100 femmes pendant la première année d’utilisation. On distingue l’utilisation optimale (méthode employée parfaitement) de l’utilisation courante (oublis, erreurs, accidents compris). Les chiffres ci-dessous proviennent du tableau OMS repris par la Haute Autorité de santé.

Méthode Grossesses / 100 femmes / an (usage optimal) Grossesses / 100 femmes / an (usage courant)
Implant 0,05 0,05
Vasectomie 0,1 0,15
DIU au lévonorgestrel 0,2 0,2
Stérilisation féminine 0,5 0,5
DIU au cuivre 0,6 0,8
Pilule, patch, anneau 0,3 8
Préservatif masculin 2 15
Préservatif féminin 5 21
Retrait 4 27
Aucune méthode 85 85

L’écart est quasi nul pour l’implant, le DIU et la stérilisation, qui ne dépendent pas d’un geste quotidien. Il devient important pour la pilule et le préservatif. L’Inserm estime qu’environ 8 à 10 % des naissances en France résultent d’un échec de contraception chez les utilisateurs de ces deux méthodes.

Origine et histoire de la Journée mondiale de la contraception

Création de la journée en 2007

La Journée mondiale de la contraception est née le 26 septembre 2007. Elle a été lancée par une coalition d’organisations non gouvernementales, d’organisations gouvernementales et de sociétés scientifiques et médicales engagées en santé sexuelle et reproductive. Le laboratoire allemand Bayer, fabricant de contraceptifs, en est le sponsor : il présente lui-même la journée comme cofondée avec ses partenaires, en lien avec la campagne éducative « Your Life » et le site your-life.com.

Lors de la première édition, en Irlande, l’Irish Family Planning Association pilotait la campagne avec le soutien de la Société européenne de contraception, en ciblant les 17-25 ans. Aucune source officielle consultée n’explique le choix précis du 26 septembre.

Le nombre de partenaires fondateurs varie selon les sources : 14, 15 ou 17 organisations sont citées. La constante est l’ancrage associatif et médical, sans résolution onusienne.

Objectifs principaux

La coalition affiche une vision : un monde où chaque grossesse est désirée. Elle se décline en quatre axes.

  • Éducation sexuelle : développer une éducation complète et adaptée à l’âge.
  • Accès aux services : rendre les services de santé sexuelle et la contraception accessibles aux jeunes.
  • Levée des tabous : aborder sans jugement la sexualité des jeunes.
  • Choix éclairé : aider chacun à comparer les méthodes (efficacité, protection contre les IST, confort d’usage) avec un professionnel de santé.

La contraception en France : les dates clés

L’histoire de la contraception en France éclaire pourquoi la Journée mondiale de la contraception garde tout son sens le 26 septembre : ce droit est récent.

Date Étape
31 juillet 1920 Loi réprimant la « propagande anticonceptionnelle » et la provocation à l’avortement
1956 Création de la Maternité heureuse, future association du Planning familial
1960 Première pilule contraceptive autorisée aux États-Unis
28 décembre 1967 Loi Neuwirth : la contraception devient légale, sur ordonnance, avec autorisation parentale pour les mineures
25 juillet 1968 Encyclique Humanae vitae du pape Paul VI, qui condamne la contraception artificielle
1969-1972 Parution échelonnée des décrets d’application
4 décembre 1974 Remboursement par la Sécurité sociale et accès gratuit et confidentiel des mineures dans les centres de planification
13 décembre 2000 Loi relative à la contraception d’urgence
4 juillet 2001 Fin de l’autorisation parentale pour la prescription de la pilule aux mineures
9 août 2004 Les sages-femmes peuvent prescrire une contraception
2013 Contraception gratuite et confidentielle pour les mineures de 15 à 18 ans
1er janvier 2022 Gratuité étendue aux femmes de moins de 26 ans
1er janvier 2023 Pilule d’urgence gratuite et sans ordonnance pour toutes, préservatifs gratuits pour les moins de 26 ans

Pour l’historienne Bibia Pavard, citée par la Fondation Jean-Jaurès, c’est la loi du 4 décembre 1974, portée par Simone Veil, qui banalise réellement la contraception en France.

Pourquoi la Journée mondiale de la contraception compte 🌍

Un enjeu de santé publique

La Journée mondiale de la contraception, chaque 26 septembre, rappelle un chiffre du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) : près de la moitié des grossesses dans le monde ne sont pas intentionnelles, soit 121 millions par an. Plus de 60 % d’entre elles se terminent par un avortement ; environ 45 % des avortements sont pratiqués dans des conditions non sécurisées et causent 5 à 13 % des décès maternels.

En permettant d’espacer et de planifier les naissances, la contraception réduit les risques liés à la grossesse, en particulier chez les adolescentes.

Une dimension sociale et économique

Selon l’OMS, la planification familiale permet aux femmes de poursuivre leurs études et d’accéder à l’emploi. Elle contribue ainsi à l’égalité entre les sexes et au développement économique. Elle figure dans la cible 3.7 des objectifs de développement durable, qui vise l’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive d’ici 2030.

Un droit fondamental

L’OMS définit l’accès à la contraception comme un moyen de garantir le droit de chacun à décider librement du nombre et de l’espacement de ses enfants. Cette logique de choix s’applique aussi aux étapes ultérieures de la vie reproductive, jusqu’à la ménopause, abordée chaque 18 octobre.

La contraception à travers le monde

Des méthodes dominantes selon les régions

La Journée mondiale de la contraception du 26 septembre met en lumière des usages très contrastés d’un continent à l’autre. D’après l’Inserm :

Région Méthode la plus utilisée
Europe et Amérique du Nord Pilule (18 %), puis préservatif masculin (15 %)
Asie de l’Est et du Sud-Est DIU (19 %), puis préservatif masculin (17 %)
Asie centrale et du Sud Stérilisation féminine (22 %)
Océanie Pilule (17 %)
Amérique latine et Caraïbes Stérilisation féminine (16 %) et pilule (15 %)

À l’échelle mondiale, 874 millions de femmes utilisaient une méthode moderne en 2021, selon les données de l’ONU reprises par l’OMS.

En France, le stérilet dépasse la pilule

En France, la Journée mondiale de la contraception s’inscrit dans un paysage qui a profondément changé. L’enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), menée par l’Inserm, donne ces résultats pour les femmes de 18 à 49 ans concernées :

Indicateur (2023) Valeur
Femmes utilisant une contraception 91,0 %
DIU (stérilet) 27,7 %
Pilule 26,8 %
Préservatif 18,6 %
Aucune méthode 9,0 %

Chez les 15-17 ans, la pilule reste en tête (48,4 %), devant le préservatif (30,0 %) ; 13,0 % d’entre elles n’ont aucune couverture contraceptive. Le recul de la pilule a commencé dès la fin des années 2000 : 45 % des femmes de 15 à 49 ans l’utilisaient en 2010, 36,5 % en 2016 (enquêtes Fécond et Baromètre santé).

Une histoire contrastée selon les pays

La légalisation n’a pas suivi le même calendrier partout. Aux États-Unis, la pilule est autorisée dès 1960 ; en France, il faut attendre la loi Neuwirth de 1967. Ces décalages expliquent la variété des méthodes et des niveaux d’accès observés aujourd’hui.

Défis et enjeux contemporains

Des obstacles d’accès qui persistent

La Journée mondiale de la contraception, fixée au 26 septembre, se heurte à des obstacles que l’OMS résume ainsi :

  • Disponibilité limitée de certaines méthodes, surtout en zone rurale ou à faibles ressources.
  • Barrières liées à l’âge, aux revenus ou à la situation matrimoniale.
  • Crainte des effets secondaires et désinformation.
  • Désapprobation sociale ou religieuse.
  • Inégalités entre les sexes, avec parfois l’obligation d’obtenir l’accord du partenaire. Ce contrôle sur les choix reproductifs rejoint les enjeux de la lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre.

Défiance envers les hormones et désinformation

En France, la crise des pilules de 3e et 4e génération, fin 2012, a entraîné leur déremboursement en mars 2013. Une partie des professionnels évoque depuis une « hormonophobie » entretenue par les réseaux sociaux, même si le recul de la pilule avait commencé avant cette crise, comme le rappelle The Conversation.

Des inégalités sociales, même avec le remboursement

Une étude de l’Ined portant sur 14,8 millions de femmes (données 2019) montre que 36 % des femmes à faible revenu utilisent un contraceptif remboursé, contre 46 % des femmes aux revenus moyens ou élevés. Le coût n’est donc pas le seul frein.

Une charge encore très féminine

L’offre masculine reste limitée pour l’essentiel au préservatif, au retrait et à la vasectomie. Le partage de la responsabilité contraceptive est l’un des sujets que la journée cherche à porter, en écho à la Journée internationale de l’homme du 19 novembre.

Journée mondiale de la contraception — Mains d’un soignant et d’une patiente lors d’un échange en consultation.

Initiatives et modalités de célébration

Dans les institutions

Le 26 septembre, la Journée mondiale de la contraception mobilise les pouvoirs publics. Le ministère chargé de la Santé l’inscrit dans la stratégie nationale de santé sexuelle et reproductive.

  • Conseils départementaux : actions de la semaine autour du 26 septembre dans les centres de santé sexuelle.
  • Établissements scolaires et universités : interventions des infirmiers et services de santé étudiante.
  • Pharmacies : information sur la contraception d’urgence et la gratuité des préservatifs.

Dans les associations et les centres de santé sexuelle

  • Stands et permanences d’information sans rendez-vous.
  • Ateliers de présentation des différentes méthodes contraceptives.
  • Orientation vers les consultations de contraception et de dépistage.

Sur les réseaux sociaux

  • Campagnes éducatives des partenaires de la coalition, centrées sur les jeunes.
  • Ressources publiques : le site Question Sexualité de Santé publique France présente toutes les méthodes disponibles en France.
  • Relais des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, pharmaciens).

Comment participer

  • Faire le point sur sa contraception avec un médecin, une sage-femme ou un centre de santé sexuelle.
  • Vérifier ses droits à la gratuité (voir le tableau ci-dessous).
  • Parler contraception en couple pour partager la décision et la charge.
  • Relayer une source fiable plutôt qu’un témoignage non vérifié.

Contraception gratuite en France : ce qu’il faut savoir

Autour de la Journée mondiale de la contraception du 26 septembre, la question la plus recherchée en France porte sur la gratuité. Voici les principaux dispositifs, selon l’Assurance maladie et les textes en vigueur.

Dispositif Pour qui Conditions
Contraception remboursable (pilules de 1re et 2e génération, implant, DIU…) Moins de 26 ans Prise en charge à 100 %, sans avance de frais, sur prescription
Consultation contraception Moins de 26 ans Une consultation par an prise en charge
Pilule d’urgence Toutes, mineures et majeures Gratuite et sans ordonnance en pharmacie depuis le 1er janvier 2023
Préservatifs de marques remboursables Moins de 26 ans Gratuits en pharmacie, sans ordonnance
Confidentialité Mineures Secret de la délivrance et de la facturation

Les pilules de 3e et 4e génération ne sont pas remboursées. À partir de 26 ans, les contraceptifs remboursables sont pris en charge au taux habituel de l’Assurance maladie.

Pour estimer une date de terme en cas de grossesse, le site propose aussi un calculateur de grossesse.

Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 26 septembre.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale des pharmaciens.

Questions fréquentes sur la Journée mondiale de la contraception

Quand a lieu la Journée mondiale de la contraception ?

La Journée mondiale de la contraception a lieu chaque année le 26 septembre, depuis sa première édition en 2007.

Qui a créé la Journée mondiale de la contraception ?

La Journée mondiale de la contraception a été créée en 2007 par une coalition d’ONG, de sociétés scientifiques et médicales et d’organisations gouvernementales, avec le parrainage du laboratoire Bayer.

La Journée mondiale de la contraception est-elle reconnue par l’ONU ?

Non, la Journée mondiale de la contraception n’est pas une journée internationale adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est une campagne portée par une coalition d’organisations de santé.

Quelle est la méthode de contraception la plus efficace ?

La méthode de contraception la plus efficace est l’implant, avec 0,05 grossesse pour 100 femmes par an, suivi de la vasectomie et du DIU au lévonorgestrel, selon le tableau OMS repris par la HAS.

La contraception est-elle gratuite en France ?

Oui, la contraception est gratuite en France pour les moins de 26 ans depuis le 1er janvier 2022, pour les méthodes remboursables et une consultation par an.

Où obtenir la pilule du lendemain gratuitement ?

La pilule du lendemain s’obtient gratuitement et sans ordonnance en pharmacie depuis le 1er janvier 2023, pour toutes les femmes, mineures ou majeures, ainsi qu’auprès des infirmiers scolaires et des centres de santé sexuelle.

Choisir sa vie, choisir son avenir

Le 26 septembre, la Journée mondiale de la contraception rappelle qu’un droit acquis en France il y a moins de soixante ans reste hors de portée pour 164 millions de femmes dans le monde. S’informer, en parler et consulter sont les gestes les plus simples pour faire vivre ce droit. Retrouvez les autres dates du jour dans l’éphéméride du 26 septembre et parcourez le calendrier des journées mondiales, dont la Journée internationale de la jeunesse du 12 août.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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