Chaque 5 septembre, la Journée internationale de la charité invite les États, les organisations et les citoyens à reconnaître le rôle de la générosité dans la lutte contre la pauvreté et les souffrances humaines. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2012, cette journée n’a pas été placée au hasard dans le calendrier : elle correspond à l’anniversaire de la mort de Mère Teresa de Calcutta, survenue le 5 septembre 1997.
Derrière un mot parfois jugé désuet – la charité – se cache une réalité massive et mesurable : des milliards d’euros de dons, des millions de bénévoles, des associations qui prennent le relais là où les services publics manquent. La Journée internationale de la charité rappelle que la solidarité n’est pas un supplément d’âme, mais un pilier reconnu des Objectifs de développement durable.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale de la charité |
| Date | 5 septembre (date fixe) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/67/105 du 17 décembre 2012 |
| Point de l’ordre du jour | Culture de la paix |
| Première célébration | 5 septembre 2013 |
| Origine de la date | Anniversaire du décès de Mère Teresa (5 septembre 1997) |
| Initiative | Société civile hongroise, soutenue par le Parlement et le gouvernement hongrois (2011) |
| Objectif de développement durable associé | ODD 1 — Pas de pauvreté |
| Thème annuel | Aucun thème officiel reconduit chaque année |
C’est quoi la charité ?
Le mot charité vient du latin caritas, lui-même traduction du grec agapè, qui désigne l’amour désintéressé porté à autrui. Dans son acception contemporaine, la charité recouvre l’ensemble des actes volontaires et gratuits destinés à soulager la détresse d’autrui : dons d’argent, dons en nature, dons de temps, aide directe à des inconnus.
Les Nations Unies retiennent une définition large et non confessionnelle. La charité y est présentée comme une expression de la solidarité mondiale, au même titre que le bénévolat et la philanthropie, qui crée du lien social et contribue à bâtir des sociétés plus inclusives et plus résilientes.
Charité, philanthropie, solidarité : quelles différences ?
Trois notions voisines sont souvent confondues. Leurs logiques diffèrent pourtant nettement.
| Notion | Logique dominante | Horizon | Exemple typique |
|---|---|---|---|
| Charité | Soulager une souffrance immédiate | Court terme | Distribution alimentaire, maraude |
| Philanthropie | Financer des solutions structurelles | Moyen et long terme | Fondation finançant la recherche médicale |
| Solidarité | Réciprocité et droits sociaux | Structurel et collectif | Protection sociale, mutualisation |
| Bénévolat | Don de temps et de compétences | Variable | Accompagnement scolaire, secourisme |
Ces catégories se recoupent dans la pratique : une même association peut distribuer des repas le matin et financer un programme d’insertion professionnelle l’après-midi.
Une valeur présente dans toutes les cultures
La charité n’appartient à aucune tradition en propre. Elle figure comme obligation ou vertu majeure dans la plupart des systèmes de pensée : la zakât et la sadaqa dans l’islam, la tsedaka dans le judaïsme, le dāna dans l’hindouisme et le bouddhisme, la caritas dans le christianisme, mais aussi la philanthropie laïque héritée des Lumières et l’entraide mutualiste née des sociétés ouvrières du XIXe siècle.
Origine et histoire de la Journée internationale de la charité
Une initiative venue de Hongrie
Contrairement à beaucoup de journées onusiennes portées par une agence spécialisée, celle-ci est née d’une initiative de la société civile hongroise, soutenue par le Parlement et le gouvernement hongrois à partir de 2011. La Hongrie a ensuite porté le projet de résolution devant l’Assemblée générale des Nations Unies.
Le projet de résolution A/67/L.45, complété par un additif, a réuni au total 44 États coauteurs, parmi lesquels l’Australie, le Chili, la Croatie, l’Inde, l’Irlande, l’Italie, le Liban, le Luxembourg, Madagascar, la Pologne, la République de Corée, la Roumanie, Singapour ou encore la Thaïlande.
L’adoption de la résolution A/RES/67/105
La résolution a été adoptée sans vote, par consensus, le 17 décembre 2012, au titre du point de l’ordre du jour consacré à la culture de la paix. Elle invite l’ensemble des États membres, les organismes des Nations Unies, les organisations internationales et régionales, ainsi que la société civile, à célébrer la journée par des activités de sensibilisation et d’éducation. La première édition a été célébrée le 5 septembre 2013.
Pourquoi le 5 septembre est la Journée internationale de la charité ?
La date retient l’anniversaire de la mort de Mère Teresa de Calcutta, décédée le 5 septembre 1997. L’Assemblée générale a explicitement reconnu son travail parmi les efforts des organisations caritatives et des personnes qui contribuent à atténuer les crises humanitaires. En 2012, la proclamation coïncidait avec les quinze ans de sa disparition.
Repères chronologiques de la Journée internationale de la charité
| Année | Événement |
|---|---|
| 1910 | Naissance d’Anjezë Gonxhe Bojaxhiu, future Mère Teresa, à Skopje |
| 1950 | Fondation de la congrégation des Missionnaires de la Charité à Calcutta (7 octobre) |
| 1979 | Prix Nobel de la paix décerné à Mère Teresa |
| 1997 | Mort de Mère Teresa à Calcutta, le 5 septembre |
| 2003 | Béatification de Mère Teresa par Jean-Paul II |
| 2011 | Lancement de l’initiative par la société civile hongroise |
| 2012 | Adoption de la résolution A/RES/67/105 le 17 décembre |
| 2013 | Première Journée internationale de la charité, le 5 septembre |
| 2015 | Adoption de l’Agenda 2030 et des 17 Objectifs de développement durable |
| 2016 | Canonisation de Mère Teresa par le pape François |
Les objectifs principaux de la journée
- Sensibiliser : faire connaître le rôle de la charité dans l’atténuation des crises humanitaires et de la pauvreté.
- Mobiliser : encourager les particuliers, les ONG, les entreprises et les pouvoirs publics à s’engager par le don et le bénévolat.
- Reconnaître : saluer le travail des organisations caritatives et des bénévoles, souvent invisible.
- Relier la charité aux ODD : inscrire la générosité privée dans la réalisation des Objectifs de développement durable, à commencer par l’ODD 1 (élimination de la pauvreté).
- Créer une plateforme commune : offrir une date de référence internationale aux collectes, campagnes et événements caritatifs.
Mère Teresa, figure tutélaire et contestée
Née le 26 août 1910 à Skopje, dans l’Empire ottoman, d’une famille albanaise, Anjezë Gonxhe Bojaxhiu rejoint les sœurs de Lorette et part pour l’Inde en 1929. En 1948, elle quitte son couvent pour vivre auprès des plus démunis de Calcutta. Le 7 octobre 1950, elle fonde la congrégation des Missionnaires de la Charité, dont les religieuses portent le sari blanc bordé de bleu et prononcent un quatrième vœu : se consacrer gratuitement au service des plus pauvres parmi les pauvres.
Lauréate du prix Nobel de la paix en 1979, elle meurt le 5 septembre 1997. Elle est béatifiée en 2003 puis canonisée le 4 septembre 2016. Sa congrégation revendiquait en 2025, lors de ses 75 ans, plus de 5 000 religieuses réparties dans quelque 754 maisons et 138 pays — les estimations varient selon les sources et les branches prises en compte.
Sa figure n’est pas exempte de critiques. Des journalistes et des chercheurs ont mis en cause la qualité des soins prodigués dans certains de ses établissements, l’origine de certains dons ou son opposition à la contraception. La Journée internationale de la charité, portée par une résolution laïque, ne canonise pas un modèle particulier d’action : elle retient une date symbolique, non un cahier des charges.

Importance et impact mondial de la charité
Un phénomène qui concerne la majorité de l’humanité
Les enquêtes internationales montrent l’ampleur du geste de don. Selon le World Giving Report de la Charities Aid Foundation, six personnes sur dix dans le monde ont donné de l’argent à une cause en 2025, que ce soit directement à des personnes dans le besoin, à une association ou pour des motifs religieux, pour une moyenne de 1 % de leurs revenus.
| Indicateur mondial (données 2025, CAF) | Valeur |
|---|---|
| Part des personnes ayant donné de l’argent | Environ 60 % |
| Part moyenne du revenu donnée | 1,0 % |
| Continent le plus généreux (part du revenu) | Afrique — 1,6 % |
| Continent le moins généreux (part du revenu) | Europe — 0,6 % |
| Don direct à des personnes dans le besoin | 36 % des personnes |
| Don à une association | 34 % des personnes |
| Don religieux | 23 % des personnes |
La répartition de la valeur des dons est tout aussi éclairante : à l’échelle mondiale, 41 % de la valeur des dons va directement aux personnes dans le besoin, 38 % aux associations et 21 % aux organisations religieuses. Autrement dit, la part de la générosité qui transite par des structures formelles est minoritaire.
Ce que la charité finance réellement
L’action caritative ne se limite pas à l’urgence alimentaire. Elle intervient dans :
- La santé : dispensaires, recherche médicale, accès aux traitements ;
- L’éducation : soutien scolaire, bourses, alphabétisation ;
- L’hébergement et le logement : accueil de nuit, réinsertion, lutte contre le sans-abrisme ;
- L’humanitaire d’urgence : catastrophes naturelles, conflits, déplacements de population ;
- La protection de l’enfance et l’accompagnement des personnes âgées isolées ;
- L’environnement et la protection animale, secteurs très dépendants de la générosité privée ;
- La culture et le patrimoine, via le mécénat et les fondations.
Un levier face à une pauvreté qui ne recule plus
L’enjeu reste considérable. Après avoir révisé son seuil international de pauvreté en juin 2025, la Banque mondiale estime qu’environ 838 millions de personnes vivaient dans l’extrême pauvreté en 2022, avec moins de 3 dollars par jour – une révision à la hausse d’environ 125 millions par rapport à l’estimation précédente de 713 millions établie avec un seuil de 2,15 dollars.
| Repère mondial sur la pauvreté | Donnée |
|---|---|
| Seuil international d’extrême pauvreté | 3,00 $/jour (dollars internationaux 2021) |
| Personnes en extrême pauvreté (2022) | ≈ 838 millions |
| Seuil pour les pays à revenu intermédiaire inférieur | 4,20 $/jour |
| Seuil pour les pays à revenu intermédiaire supérieur | 8,40 $/jour |
| Concentration géographique | Majoritairement en Afrique subsaharienne |
La confiance, moteur de la générosité
Les données de la CAF font apparaître un mécanisme peu intuitif mais déterminant : la générosité dépend moins du niveau de richesse que du sentiment d’appartenance et de la visibilité de l’impact. Les pays où plus de 80 % de la population déclare un fort sentiment d’appartenance à sa communauté locale donnent en moyenne 1,7 % de leurs revenus, contre 0,6 % dans les pays où moins de la moitié de la population partage ce sentiment. De même, les personnes qui perçoivent un impact positif des associations dans leur territoire sont deux fois plus susceptibles de donner et trois fois plus généreuses en proportion de leur revenu.
La diversité de la charité à travers le monde
Des modèles sociaux qui façonnent la générosité
La forme que prend la charité dépend étroitement du rôle de l’État. Dans les pays où la protection sociale est étendue, le don privé occupe une place plus modeste : c’est le cas de l’Europe, région où la part du revenu donnée est la plus faible au monde. À l’inverse, là où les services publics sont défaillants, le don direct et l’aide religieuse deviennent des filets de sécurité essentiels.
| Région | Trait dominant de la générosité |
|---|---|
| Afrique | Part du revenu donnée la plus élevée ; poids fort du don direct et religieux |
| Asie | Taux de donateurs élevé ; forte structuration religieuse du don |
| Europe | Part du revenu donnée la plus faible ; générosité relayée par l’État social |
| Océanie | Don à des associations formelles particulièrement répandu |
| Amérique du Sud | Taux de donateurs le plus bas des continents étudiés |
| Amérique du Nord | Culture du don structurée par les fondations et l’incitation fiscale |
Des cadres religieux et culturels distincts
- Zakât : aumône obligatoire en islam, l’un des cinq piliers, généralement fixée à 2,5 % du patrimoine annuel éligible.
- Sadaqa : don volontaire islamique, sans montant imposé.
- Tsedaka : dans le judaïsme, don compris comme un acte de justice plutôt que de compassion.
- Dāna : générosité rituelle et spirituelle dans l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme.
- Dîme et denier de l’Église : contributions traditionnelles du christianisme.
- Potlatch, tontines, entraide villageoise : formes non monétaires ou communautaires de redistribution.
Le poids croissant du numérique
Le don a changé de canal. Plateformes de financement participatif, dons par téléphone mobile, collectes en direct sur les réseaux sociaux et streams caritatifs ont abaissé le seuil d’entrée du don et rajeuni le profil des donateurs. Les Nations Unies soulignent que ces outils rendent les dons plus accessibles et plus transparents, tout en posant de nouvelles questions de traçabilité.
Les défis contemporains de la charité
Une base de donateurs qui se rétrécit et vieillit
Le paradoxe est bien documenté en France : les montants collectés progressent, mais grâce à des donateurs de plus en plus généreux et de moins en moins nombreux. La concentration est frappante — selon France générosités, 1 % des donateurs les plus généreux représentaient 22 % de la collecte en 2021, tandis que la moitié des donateurs ne contribuait qu’à hauteur de 12 %.
La disparition des petits dons
Les dons de moins de 150 euros représentaient 39 % de la collecte en 2024, contre 69 % en 2005. Ce glissement structurel fragilise les associations : il rend leur modèle économique dépendant d’un petit nombre de contributeurs, donc plus vulnérable aux retournements de conjoncture.
Charité ou justice sociale ?
Une critique récurrente vise le principe même de la charité : en soulageant les symptômes, ne dispenserait-elle pas de traiter les causes ? L’ONU a partiellement intégré cette objection en insistant sur une charité qui s’attaque aux causes profondes de la pauvreté et des inégalités, influence les politiques publiques et finance l’innovation sociale, plutôt qu’une générosité purement compensatoire. Le débat reste ouvert entre défenseurs d’une redistribution par l’impôt et partisans d’une philanthropie privée agile.
Transparence, éthique et redevabilité
À mesure que les montants collectés augmentent, la responsabilité éthique croît. Les Nations Unies plaident pour une charité transparente, pilotée par les communautés bénéficiaires et fondée sur l’humilité et la collaboration, par opposition à une aide descendante. En France, la Cour des comptes contrôle l’emploi des dons issus d’appels à la générosité publique, et des labels comme celui du Comité de la Charte / Don en confiance encadrent les pratiques.
Climat, conflits et effet ciseaux
Les crises se cumulent : dérèglement climatique, conflits armés, inflation, réduction de l’aide publique au développement dans plusieurs pays donateurs. Les besoins augmentent au moment même où les ressources se tendent — un effet ciseaux que les organisations humanitaires signalent année après année.
Comment célébrer la Journée internationale de la charité
Agir à titre individuel
- Faire un don ponctuel ou régulier à une association d’intérêt général de son choix ;
- Mettre en place un prélèvement automatique, qui permet aux associations de planifier leurs actions dans la durée ;
- Donner en nature : vêtements, denrées non périssables, matériel informatique, mobilier ;
- Donner son sang ou s’inscrire sur le registre des donneurs de moelle osseuse ;
- Consacrer quelques heures à une maraude, une collecte alimentaire ou un accompagnement scolaire ;
- Vérifier la fiabilité de l’organisme avant de donner (comptes publiés, label, rapport d’activité).
S’engager dans la durée
Le bénévolat régulier reste la ressource la plus précieuse et la plus difficile à sécuriser pour les associations. Une mission d’une heure par semaine, tenue sur l’année, pèse davantage qu’un engagement ponctuel. Les plateformes publiques et associatives permettent de trouver une mission adaptée à ses disponibilités et à ses compétences.
Mobiliser autour de soi
- Organiser une collecte dans son entreprise, son école ou son immeuble ;
- Lancer une cagnotte solidaire à l’occasion d’un anniversaire ou d’un événement sportif ;
- Proposer du mécénat de compétences : mettre son expertise professionnelle au service d’une structure ;
- Parler du don : les études montrent que la disposition à évoquer sa générosité avec son entourage augmente la générosité collective.
Sensibiliser et transmettre
Les Nations Unies encouragent les activités éducatives et de sensibilisation. Établissements scolaires, collectivités et entreprises peuvent organiser des conférences, des expositions, des rencontres avec des bénévoles ou des ateliers sur la pauvreté et les Objectifs de développement durable. Le hashtag #InternationalDayOfCharity fédère les publications sur les réseaux sociaux.
La Journée internationale de la charité en France
Une générosité de 9,2 milliards d’euros
Le Panorama national des générosités, réalisé par France générosités avec l’Observatoire Philanthropie & Société de la Fondation de France, estime la générosité française à 9,2 milliards d’euros en 2022, dernière année entièrement documentée.
| Composante de la générosité française (2022) | Montant | Part |
|---|---|---|
| Dons des particuliers | 5,4 Md€ | 58 % |
| — dont dons déclarés | 3,641 Md€ | — |
| — dont dons non déclarés | 456 M€ | — |
| — dont legs, donations et assurances-vie | 1,271 Md€ | — |
| Mécénat des entreprises | 3,8 Md€ | 42 % |
| — dont mécénat déclaré | 2,650 Md€ | — |
| Total | 9,2 Md€ | 100 % |
Ces dons déclarés émanaient de 5,5 millions de foyers fiscaux donateurs et le mécénat déclaré de 142 500 entreprises mécènes.
Une dynamique récente redevenue positive
Le Baromètre de la générosité de Novos pour France générosités suit chaque année l’évolution des dons des particuliers sur un panel d’associations et de fondations.
| Année | Évolution des dons (euros courants, hors urgences médiatisées) |
|---|---|
| 2022 | +1,0 % |
| 2023 | +2,1 % |
| 2024 | +1,9 % |
| 2025 | +3,6 % |
Après trois années de progression très modeste, souvent absorbée par l’inflation, l’édition 2025 marque une nette reprise. La saisonnalité, elle, ne bouge pas : le dernier trimestre concentre 41 % de la collecte annuelle, dont 23 % pour le seul mois de décembre.
Un profil de donateur qui se transforme
- 72 % des Français se déclarent donateurs ponctuels ou réguliers ; 48 % se déclarent donateurs réguliers.
- Les dons en ligne représentaient 33 % de la collecte en dons ponctuels en 2024, contre 20 % en 2019.
- Le prélèvement automatique pesait 45 % de la collecte en 2024, contre 20 % en 2005.
- Les causes préférées des Français en 2025 : l’aide et la protection de l’enfance (27 %), la protection des animaux (26 %), le soutien à la recherche médicale (25 %), l’aide aux personnes âgées (23 %), l’aide aux personnes malades (19 %).
Le bénévolat, l’autre visage de la charité
Selon Recherches & Solidarités, 21 % des Français déclaraient en 2025 donner de leur temps à une association tout au long de l’année, et 11 % chaque semaine, soit environ 5 millions de personnes — une progression de deux points en deux ans. À l’échelle du pays, le réseau évalue à environ 13 millions le nombre de bénévoles associatifs et à 5,5 millions ceux qui s’engagent chaque semaine, dans un tissu d’environ 1,6 million d’associations actives.
Le CAF relève par ailleurs que les bénévoles français sont peu nombreux mais très engagés : 40 heures de bénévolat en moyenne par bénévole en 2024, et 18 % d’entre eux ayant donné de leur temps plus de trente fois dans l’année, soit le double de la moyenne européenne.
Une pauvreté française au plus haut depuis trente ans
La journée résonne d’autant plus en France que la pauvreté monétaire y a atteint un niveau record. Selon l’Insee, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023 en France métropolitaine, soit 15,4 % de la population — le niveau le plus élevé depuis le début de la série en 1996, avec 650 000 personnes supplémentaires en un an. Le taux s’est stabilisé à 15,4 % en 2024. Le seuil correspondait en 2023 à un revenu disponible de 1 288 euros par mois pour une personne seule.
Le cadre fiscal du don en France
Le don aux organismes d’intérêt général ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu au titre de l’article 200 du Code général des impôts.
| Type de don | Taux de réduction | Plafond |
|---|---|---|
| Organisme d’intérêt général ou reconnu d’utilité publique | 66 % | Dans la limite de 20 % du revenu imposable |
| Organisme d’aide aux personnes en difficulté (dispositif « Coluche ») | 75 % | Versements retenus dans la limite de 2 000 € depuis le 14 octobre 2025 |
| Fraction au-delà du plafond « Coluche » | 66 % | Dans la limite de 20 % du revenu imposable |
Le plafond du dispositif « Coluche » a été porté de 1 000 à 2 000 euros par la loi de finances pour 2026, pour les versements effectués à compter du 14 octobre 2025. L’excédent au-delà de la limite de 20 % du revenu imposable est reportable sur les cinq années suivantes.
Une seconde journée internationale le 5 septembre
Le 5 septembre porte depuis 2025 une deuxième observance onusienne : la Journée internationale des femmes et des filles autochtones, proclamée par la résolution A/RES/80/10 en mémoire de Bartolina Sisa, cheffe aymara exécutée à La Paz le 5 septembre 1782. La coexistence des deux dates n’est pas qu’une coïncidence de calendrier : les peuples autochtones représentent moins de 6 % de la population mondiale mais près de 19 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, et les femmes autochtones cumulent discriminations de genre, exclusion économique et invisibilité statistique. Elles figurent parmi les populations que les organisations caritatives et les mécanismes de solidarité internationale peinent le plus à atteindre.
Foire aux questions sur la Journée internationale de la charité
Quand a lieu la Journée internationale de la charité ?
La Journée internationale de la charité a lieu chaque année le 5 septembre. C’est une date fixe, quel que soit le jour de la semaine. Elle a été célébrée pour la première fois le 5 septembre 2013, l’année suivant l’adoption de la résolution qui l’a instituée.
Pourquoi la Journée internationale de la charité est-elle le 5 septembre ?
La Journée internationale de la charité est fixée au 5 septembre parce que cette date correspond à l’anniversaire de la mort de Mère Teresa de Calcutta, décédée le 5 septembre 1997. L’Assemblée générale des Nations Unies a voulu reconnaître son travail auprès des plus démunis, ainsi que celui de l’ensemble des organisations caritatives et des personnes engagées dans l’atténuation des crises humanitaires.
Qui a créé la Journée internationale de la charité ?
La Journée internationale de la charité a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies par la résolution A/RES/67/105, adoptée sans vote le 17 décembre 2012. Le projet est né d’une initiative de la société civile hongroise, soutenue par le Parlement et le gouvernement hongrois en 2011, puis porté devant l’Assemblée générale par la Hongrie avec 44 États coauteurs au total.
Quelle est la différence entre charité et philanthropie ?
La différence entre charité et philanthropie tient à l’horizon de l’action. La charité vise à soulager une souffrance immédiate — nourrir, soigner, héberger. La philanthropie cherche à financer des solutions structurelles et durables — recherche, éducation, plaidoyer, innovation sociale. Les deux démarches sont complémentaires et coexistent souvent au sein d’une même organisation.
Quelle réduction d’impôt pour un don à une association en France ?
En France, un don à un organisme d’intérêt général ouvre droit à une réduction d’impôt de 66 % du montant versé, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Pour les organismes venant en aide aux personnes en difficulté (dispositif dit « Coluche »), le taux monte à 75 %, pour des versements retenus dans la limite de 2 000 euros depuis le 14 octobre 2025. La fraction excédant ce plafond bénéficie du taux de 66 %.
Comment participer à la Journée internationale de la charité ?
Pour participer à la Journée internationale de la charité, plusieurs voies sont possibles : faire un don ponctuel ou régulier à une association, donner en nature, s’engager comme bénévole, organiser une collecte dans son entreprise ou son école, proposer du mécénat de compétences, ou simplement sensibiliser son entourage. Les Nations Unies encouragent particulièrement les activités éducatives et de sensibilisation menées ce jour-là.
La charité n’a jamais prétendu remplacer la justice sociale, et les chiffres rappellent l’écart entre les besoins et les moyens : 838 millions de personnes en extrême pauvreté dans le monde, près de 10 millions sous le seuil de pauvreté en France. Mais les mêmes données disent autre chose : six habitants de la planète sur dix ont donné cette année, 13 millions de Français consacrent du temps à une association, et la générosité progresse partout où les gens perçoivent l’impact concret de leur geste. Ce 5 septembre, la meilleure façon de marquer la Journée internationale de la charité n’est ni spectaculaire ni coûteuse : choisir une cause, vérifier l’organisme, et transformer une intention en engagement qui dure au-delà de la date. #InternationalDayOfCharity
