Chaque 12 février, les Nations Unies consacrent une journée entière à une idée simple mais longtemps marginale dans les politiques antiterroristes : on ne réprime pas efficacement ce que l’on n’a pas cherché à prévenir. La Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme place la prévention — éducation, gouvernance, dialogue, inclusion des jeunes — au même rang que les réponses sécuritaires. Créée à l’initiative de l’Iraq, l’un des pays les plus meurtris par le terrorisme contemporain, elle est portée par le Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies (UNOCT).

| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 12 février, chaque année |
| Nom officiel | Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme |
| Résolution fondatrice | A/RES/77/243, adoptée le 20 décembre 2022 |
| Projet de résolution | A/77/L.41, présenté par l’Iraq |
| Vote | 154 voix pour, 0 contre, 4 abstentions (Bélarus, Congo, Madagascar, Fédération de Russie) |
| Organisation coordinatrice | Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies (UNOCT) |
| Première édition | 12 février 2023 |
| Champ | Prévention en amont de la radicalisation violente, coopération internationale, sensibilisation |
Qu’est-ce que l’extrémisme violent « pouvant conduire au terrorisme » ?
Une notion volontairement sans définition universelle
L’extrémisme violent est un phénomène complexe et multiforme qui, comme le rappellent les Nations Unies elles-mêmes, ne dispose pas d’une définition claire et universellement admise. Ce vide n’est pas un oubli : les États membres n’ont jamais réussi à s’accorder sur une définition commune du terrorisme, et l’extrémisme violent, notion plus large encore, échappe pour les mêmes raisons à toute codification juridique internationale.
Dans le langage onusien, l’extrémisme violent désigne un ensemble d’attitudes, de discours et de comportements qui légitiment le recours à la violence pour imposer une vision idéologique, politique ou religieuse. La formule « pouvant conduire au terrorisme » — en anglais as and when conducive to terrorism — est une précaution juridique majeure : elle limite le champ d’application aux situations où l’extrémisme débouche effectivement sur des actes terroristes, afin d’éviter que la notion ne serve à criminaliser l’opposition politique, la contestation sociale ou la liberté d’expression.
Un principe est réaffirmé sans ambiguïté par la résolution 77/243 : le terrorisme et l’extrémisme violent qui y conduit ne peuvent et ne doivent être associés à aucune religion, aucune nationalité, aucune civilisation ni aucun groupe ethnique.
Prévention et répression : deux logiques complémentaires
La prévention de l’extrémisme violent (PEV, ou PVE en anglais) ne se confond pas avec la lutte antiterroriste. Cette dernière relève du renseignement, de la police et de la justice, et intervient face à une menace déjà constituée. La PEV agit en amont, sur les facteurs qui rendent un individu ou une communauté perméables aux discours violents : griefs réels ou perçus, exclusion, violations des droits humains, mauvaise gouvernance, absence de perspectives.
Les Nations Unies insistent sur un point souvent oublié : rien ne justifie l’extrémisme violent, mais celui-ci ne surgit pas du néant. Reconnaître des facteurs favorisants n’est pas excuser, c’est se donner les moyens d’agir avant l’irréparable.
Origine et histoire de la Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent
Du Plan d’action du Secrétaire général à la résolution 77/243
L’histoire de cette journée commence bien avant sa proclamation. Le 24 décembre 2015, le Secrétaire général Ban Ki-moon transmet à l’Assemblée générale son Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent (document A/70/674), accompagné d’une lettre au Président de l’Assemblée générale (A/70/675). Il le présente officiellement aux États membres le 15 janvier 2016.
Ce plan constitue une rupture doctrinale. Pour la première fois, un document onusien de ce niveau affirme que les mesures sécuritaires, indispensables, ne suffisent pas, et qu’il faut s’attaquer méthodiquement aux conditions sous-jacentes de la radicalisation. Il formule plus de 70 recommandations aux États membres et aux entités du système des Nations Unies, articulées autour de sept domaines prioritaires.
Le 12 février 2016, à l’issue d’un débat général, l’Assemblée générale adopte sans vote la résolution 70/254, par laquelle elle se félicite de l’initiative du Secrétaire général et prend note de son Plan d’action. Le débat général se poursuivra jusqu’au 16 février.
Près de sept ans plus tard, le 20 décembre 2022, l’Iraq présente à l’Assemblée générale le projet de résolution A/77/L.41. Son représentant rappelle que son pays figure parmi ceux qui ont le plus souffert des groupes terroristes. Le texte est adopté par 154 voix pour, aucune contre et 4 abstentions (Bélarus, Congo, Madagascar, Fédération de Russie), 35 États ne prenant pas part au vote. Il devient la résolution A/RES/77/243.
| Date | Étape |
|---|---|
| 24 décembre 2015 | Publication du Plan d’action du Secrétaire général (A/70/674) |
| 15 janvier 2016 | Présentation du Plan d’action à l’Assemblée générale |
| 12 février 2016 | Adoption sans vote de la résolution 70/254 prenant note du Plan d’action |
| 7-8 avril 2016 | Conférence de Genève sur la prévention de l’extrémisme violent |
| Juin 2016 | Cinquième examen de la Stratégie antiterroriste mondiale (résolution 70/291) |
| 20 décembre 2022 | Adoption de la résolution 77/243 proclamant le 12 février |
| 12 février 2023 | Première célébration de la Journée internationale |
Pourquoi la date du 12 février ?
Le choix du 12 février n’est pas symbolique au sens commémoratif : il ne renvoie à aucun attentat ni à aucune victime. Il fait référence au 12 février 2016, jour où l’Assemblée générale a adopté la résolution 70/254 accueillant le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent. La journée ancre donc l’anniversaire de l’acte fondateur de la doctrine onusienne de prévention, et non celui d’une tragédie.
Cette caractéristique distingue nettement le 12 février de la Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme, célébrée le 21 août, avec laquelle elle est fréquemment confondue.
Objectifs principaux de la journée
- Sensibiliser l’opinion publique aux menaces liées à l’extrémisme violent lorsqu’il conduit au terrorisme.
- Renforcer la coopération internationale pour prévenir et contrer ce phénomène.
- Rappeler la responsabilité première des États membres et de leurs institutions nationales dans la lutte contre le terrorisme.
- Valoriser le rôle des acteurs non étatiques : organisations intergouvernementales, société civile, monde universitaire, responsables religieux, médias.
- Diffuser les bonnes pratiques, notamment par des activités éducatives et des actions de sensibilisation coordonnées par l’UNOCT avec les entités du Pacte mondial de coordination contre le terrorisme.
Importance et impact : ce que disent les chiffres
Le terrorisme dans le monde en recul, mais plus concentré
Le Global Terrorism Index publié par l’Institute for Economics & Peace, référence internationale en la matière, dresse pour l’année 2025 un tableau contrasté. Le nombre de décès liés au terrorisme et celui des attentats atteignent leur plus bas niveau depuis 2007, mais la violence se concentre sur un nombre réduit de pays.
| Indicateur (année 2025) | Valeur | Évolution |
|---|---|---|
| Décès liés au terrorisme dans le monde | 5 582 | −28 % |
| Nombre d’attentats | 2 944 | −22 % |
| Pays ayant amélioré leur score | 81 | — |
| Pays ayant vu leur situation se dégrader | 19 | — |
| Part des cinq pays les plus touchés dans le total des décès | ≈ 70 % | — |
| Décès imputables aux quatre groupes les plus meurtriers | 3 869 (70 %) | — |
| Décès liés au terrorisme en Occident | 57 | +280 % |
Source : Global Terrorism Index 2026, Institute for Economics & Peace (données portant sur l’année 2025).
Cette concentration est le fait marquant de la période : cinq pays — Pakistan, Burkina Faso, Nigéria, Niger et République démocratique du Congo — rassemblent à eux seuls près de 70 % des décès. Pour la première fois, le Pakistan occupe la tête de l’indice, avec 1 139 morts et 1 045 attentats, son niveau le plus élevé depuis 2013. Quatre organisations concentrent l’essentiel de la létalité : l’État islamique, le JNIM, le Tehrik-e-Taliban Pakistan et les Chabab.
Une donnée éclaire particulièrement la logique préventive : la majorité des attentats se produisent à proximité des frontières, là où le contrôle étatique est le plus faible. Environ 41 % surviennent dans un rayon de 50 kilomètres d’une frontière internationale, et les deux tiers dans un rayon de 100 kilomètres.
Les sept domaines prioritaires du Plan d’action
Le Plan d’action du Secrétaire général structure la prévention autour de sept axes, qui constituent aujourd’hui le cadre de référence des plans d’action nationaux et régionaux.
| Domaine prioritaire | Logique d’action |
|---|---|
| Dialogue et prévention des conflits | Traiter les conflits prolongés qui nourrissent les recrutements |
| Bonne gouvernance, droits humains et état de droit | Réduire les griefs liés à l’arbitraire et à l’impunité |
| Implication des populations | Associer les communautés locales à la détection et à la prise en charge |
| Mobilisation et autonomisation des jeunes | Mobiliser l’idéalisme et l’énergie de ceux qui se sentent exclus |
| Égalité des sexes et autonomisation des femmes | Reconnaître le rôle des femmes comme actrices de prévention |
| Éducation, compétences et accès à l’emploi | Renforcer la résilience et offrir des perspectives concrètes |
| Communication stratégique, Internet et réseaux sociaux | Contrer la propagande sur ses propres terrains |
L’UNESCO intervient principalement sur les volets éducatifs et communicationnels, en considérant l’école comme le premier lieu de construction de la résilience face aux discours de haine.
L’extrémisme violent selon les régions du monde
Afrique subsaharienne : l’épicentre
Six des dix pays les plus touchés par le terrorisme se situent en Afrique subsaharienne, qui demeure l’épicentre mondial du phénomène. Le Sahel concentre l’essentiel de la violence, avec l’ancrage du JNIM, affilié à Al-Qaïda, et de l’État islamique au Sahel dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le Burkina Faso a toutefois enregistré en 2025 la plus forte baisse mondiale du nombre de morts liés au terrorisme, de près de 45 %, tout en restant le deuxième pays le plus affecté. Hors Sahel, les décès en Afrique subsaharienne sont au plus bas depuis 2016.
Europe : moins d’attentats, plus d’interpellations
Le rapport annuel d’Europol sur la situation et les tendances du terrorisme dans l’Union européenne (EU TE-SAT) offre le tableau le plus précis pour l’Europe.
| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Attentats recensés (aboutis, échoués, déjoués) | 58 (14 États membres) | 45 (10 États membres) |
| Dont attentats aboutis | 34 | 22 |
| Attentats attribués au djihadisme | 24 | 24 |
| Interpellations liées au terrorisme | 449 (20 États membres) | 486 (21 États membres) |
| Part des interpellations liées au djihadisme | 289 | 347 (71 %) |
| Suspects arrêtés âgés de 18 ans ou moins | — | 130 |
Sources : Europol, EU TE-SAT 2025 et EU TE-SAT 2026.
L’écart entre la baisse du nombre d’attentats et la hausse des interpellations traduit moins un apaisement qu’une capacité de détection accrue. En 2025, l’attentat le plus meurtrier dans l’Union a été l’attaque à la voiture-bélier de Munich, en février, qui a fait deux morts et 57 blessés.
Asie du Sud et zones de conflit
Le basculement du Pakistan en tête de l’indice mondial illustre la porosité entre conflits armés et terrorisme. La résurgence du Tehrik-e-Taliban Pakistan, qui enregistre la plus forte progression des décès attribués parmi les grands groupes, est directement liée à la recomposition régionale postérieure à 2021. Plus largement, le conflit armé reste le premier moteur du terrorisme dans le monde : là où l’État s’effondre, les groupes extrémistes prospèrent.
Les défis contemporains de la prévention de l’extrémisme violent
Le rajeunissement des profils
C’est la transformation la plus documentée et la plus préoccupante. En Europe, 130 suspects interpellés pour des faits de terrorisme en 2025 avaient 18 ans ou moins, le plus jeune étant âgé de 12 ans. Les enquêtes pour terrorisme impliquant des jeunes ont triplé depuis 2021 dans les pays occidentaux.
Ces jeunes profils présentent une caractéristique déroutante pour les dispositifs classiques : ils affichent souvent une compréhension très superficielle des idéologies auxquelles ils se réclament, mêlant plusieurs influences contradictoires. La violence y fonctionne moins comme un moyen au service d’une cause que comme une identité en soi.
La radicalisation en ligne et la « gamification »
Les écosystèmes numériques ont transformé les mécanismes de recrutement. Europol identifie la gamification des contenus extrémistes — compétition, classements, systèmes de récompense empruntés à la culture du jeu vidéo — comme un abaissement massif du seuil de passage à l’acte. À cela s’ajoutent les algorithmes de recommandation, qui renforcent l’exposition aux contenus radicaux, le chiffrement des communications et, désormais, le recours à l’intelligence artificielle générative pour produire et diffuser de la propagande.
Le respect des droits humains
Le principal risque de dérive de la prévention est bien identifié : sous couvert de lutte contre l’extrémisme, certains dispositifs peuvent servir à réprimer la dissidence, à stigmatiser des communautés entières ou à instaurer une surveillance généralisée. C’est précisément la raison d’être de la restriction « pouvant conduire au terrorisme » inscrite dans l’intitulé de la journée, et de l’existence d’une Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme et la lutte antiterroriste. Une prévention qui violerait les droits humains alimenterait les griefs qu’elle prétend traiter.
L’évaluation des dispositifs
La prévention souffre d’un problème structurel de mesure : comment évaluer un attentat qui n’a pas eu lieu ? Cette difficulté fragilise le financement des programmes, souvent portés par des associations de terrain aux ressources précaires, et alimente les controverses académiques sur la validité même du concept de radicalisation.

Comment participer à la Journée du 12 février
Dans les institutions internationales
Le Bureau de lutte contre le terrorisme, en collaboration avec les entités du Pacte mondial de coordination contre le terrorisme, organise chaque année un événement commémoratif au Siège des Nations Unies à New York, associant États membres, société civile, chercheurs et représentants de victimes.
Dans les établissements scolaires et universitaires
- Organiser un débat encadré sur les mécanismes de la propagande en ligne et l’esprit critique.
- Exploiter les ressources pédagogiques de l’UNESCO, notamment le Guide du personnel enseignant pour la prévention de l’extrémisme violent, disponible en français.
- Travailler l’éducation aux médias et à l’information : reconnaître une source, identifier une manipulation émotionnelle, comprendre le fonctionnement d’un algorithme de recommandation.
- Inviter un intervenant associatif ou un référent institutionnel pour présenter les signaux d’alerte et les recours existants.
Dans la société civile et les collectivités
- Relayer les campagnes de sensibilisation officielles auprès des familles et des professionnels de terrain.
- Soutenir les associations de victimes du terrorisme, dont le témoignage constitue l’un des contre-discours les plus efficaces.
- Former les acteurs de première ligne — enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux, animateurs sportifs, bailleurs — à la détection et à l’orientation.
En ligne
Les Nations Unies utilisent les mots-clés #PVEDay et #PreventViolentExtremism pour fédérer les publications. Une participation utile consiste moins à multiplier les messages qu’à diffuser des ressources vérifiées et à signaler les contenus incitant à la violence sur les plateformes.
La France face à l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme
Un dispositif de prévention structuré depuis 2014
La France n’organise pas de célébration officielle du 12 février, mais elle dispose de l’un des dispositifs de prévention les plus institutionnalisés d’Europe. La prévention de la radicalisation a été confiée en 2014 au Comité interministériel de prévention de la délinquance, devenu Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).
Les piliers du dispositif :
- Le CNAPR, Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation, joignable par un numéro vert (0 800 005 696), destiné aux familles et aux proches inquiets.
- Le FSPRT, fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, qui centralise les signalements.
- Les CPRAF, cellules préfectorales de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles, qui assurent la prise en charge pluridisciplinaire au niveau départemental.
- Le plan « Prévenir pour protéger », présenté le 23 février 2018, structuré en 60 mesures réparties en 5 axes, de la prémunition des esprits à l’accompagnement du désengagement.
Une menace endogène et de plus en plus jeune
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Attentats déjoués en France depuis 2017 | 55 (bilan officiel de mars 2025) |
| Attentats déjoués en 2024 | 9 |
| Part des mineurs en suivi actif au FSPRT | 5,6 %, contre 1,7 % en 2020 |
| Mis en cause dans des projets d’attentats depuis 2023 | Plus des deux tiers ont moins de 21 ans |
| Mineurs poursuivis pour infractions terroristes en 2024 | 18, soit environ 20 % des affaires (contre 2 en 2022) |
| Interpellations liées au terrorisme en France en 2024 | 69 (deuxième rang de l’Union européenne) |
Le profil de la menace a profondément changé depuis les attentats de 2015. La disparition des filières de départ vers la Syrie et l’Irak n’a pas fait reculer le danger : elle l’a intériorisé. La menace est désormais majoritairement endogène, portée par des individus isolés, radicalisés rapidement en ligne, difficilement détectables par les méthodes classiques du renseignement. Les signalements de l’Éducation nationale ont connu des hausses marquées après l’assassinat de Samuel Paty en 2020 et celui de Dominique Bernard en 2023.
Foire aux questions
Quand a lieu la Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme ?
La Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme a lieu le 12 février de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, sans variation d’une année sur l’autre. La première édition s’est tenue le 12 février 2023.
Quelle résolution a créé la Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent ?
La Journée internationale pour la prévention de l’extrémisme violent a été créée par la résolution A/RES/77/243 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 20 décembre 2022. Le projet de résolution, référencé A/77/L.41, avait été présenté par l’Iraq. Il a recueilli 154 voix pour, aucune voix contre et 4 abstentions.
Pourquoi la date du 12 février a-t-elle été retenue ?
La date du 12 février a été retenue en référence au 12 février 2016, jour où l’Assemblée générale a adopté la résolution 70/254 prenant note du Plan d’action du Secrétaire général pour la prévention de l’extrémisme violent. Cette date ne commémore donc pas un attentat mais l’acte fondateur de la doctrine onusienne de prévention.
Quelle est la différence entre extrémisme violent et terrorisme ?
La différence entre extrémisme violent et terrorisme tient à leur nature respective : le terrorisme désigne des actes de violence caractérisés et pénalement définis, tandis que l’extrémisme violent renvoie à un ensemble plus large d’attitudes, de discours et de comportements légitimant la violence. Tout extrémisme violent ne débouche pas sur le terrorisme, ce qui explique la formule restrictive « pouvant conduire au terrorisme » retenue par les Nations Unies pour éviter toute criminalisation de l’opposition politique.
Combien de personnes le terrorisme tue-t-il chaque année dans le monde ?
Le terrorisme a causé 5 582 décès dans le monde en 2025, selon le Global Terrorism Index 2026, soit une baisse de 28 % par rapport à l’année précédente et le niveau le plus faible depuis 2007. Cinq pays — Pakistan, Burkina Faso, Nigéria, Niger et République démocratique du Congo — concentrent à eux seuls près de 70 % de ces décès.
Comment signaler une situation de radicalisation en France ?
Pour signaler une situation de radicalisation en France, il est possible de contacter le Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR) au numéro vert 0 800 005 696, ouvert du lundi au vendredi. Les appels sont confidentiels. Le signalement est ensuite orienté vers la cellule préfectorale de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF) du département concerné, dont la vocation première est l’accompagnement et non la sanction.
Le 12 février ne porte le nom d’aucune victime et ne fixe la mémoire d’aucun attentat. C’est ce qui en fait une date singulière dans le calendrier onusien : elle ne regarde pas en arrière, elle mise sur ce qui n’arrivera pas. Prévenir, c’est accepter de travailler sans preuve visible du succès, sur des années, dans des salles de classe, des quartiers, des prisons et des espaces numériques où rien ne garantit le résultat. À l’heure où les auteurs d’attentats déjoués ont parfois quinze ans et se radicalisent en quelques semaines derrière un écran, cette patience n’est plus une option morale : c’est la seule stratégie qui puisse encore prendre de vitesse la propagande.
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