23 septembre : Journée internationale des langues des signes

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Journée internationale des langues des signes

La Journée internationale des langues des signes est célébrée chaque année le 23 septembre. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 19 décembre 2017 (résolution A/RES/72/161), elle a été observée pour la première fois le 23 septembre 2018, à l’initiative de la Fédération mondiale des sourds (FMS, en anglais WFD).

Cette journée rappelle une réalité souvent méconnue : les langues des signes sont des langues naturelles à part entière, avec leur grammaire, leur lexique et leur culture. Pour les quelque 70 millions de personnes sourdes recensées par la FMS dans le monde, l’accès à la langue des signes conditionne l’accès à l’éducation, à l’information, à l’emploi et, plus largement, à l’ensemble des droits humains.

Qu’est-ce qu’une langue des signes ?

Une langue des signes, telle que la met à l’honneur la journée internationale du 23 septembre, est une langue visuo-gestuelle : elle s’exprime avec les mains, mais aussi avec les expressions du visage, le regard, les mouvements du buste et l’utilisation de l’espace autour du locuteur.

Une langue naturelle, pas un code

Les langues des signes ne sont ni une traduction mot à mot des langues parlées, ni un simple mime. Selon l’ONU, ce sont des langues naturelles structurellement distinctes des langues vocales. Elles présentent plusieurs caractéristiques propres :

  • Une grammaire spatiale : les personnes, objets et lieux sont placés dans l’espace, puis désignés par pointage.
  • Des expressions du visage grammaticales : un froncement de sourcils peut marquer une question, une négation ou une intensité.
  • Une iconicité forte : de nombreux signes évoquent visuellement leur référent, sans que cela suffise à les comprendre sans apprentissage.
  • La dactylologie : un alphabet manuel permet d’épeler les noms propres ou les mots sans signe établi.
  • L’absence de forme écrite standard : la plupart des langues des signes se transmettent en face à face ou par la vidéo.

Les chiffres clés des langues des signes

Indicateur Donnée Source
Personnes sourdes dans le monde environ 70 millions Fédération mondiale des sourds
Part vivant dans des pays en développement 80 % Fédération mondiale des sourds
Nombre de langues des signes plus de 300 ONU / FMS
Associations nationales membres de la FMS 135 ONU
Personnes nécessitant une réadaptation pour perte auditive incapacitante 430 millions (dont 34 millions d’enfants) OMS
Personnes atteintes d’une perte auditive en 2050 (projection) près de 2,5 milliards OMS
Locuteurs de la LSF en France (estimation) entre 100 000 et 300 000 estimations variables selon les sources

La langue des signes française (LSF)

La langue des signes française (LSF) est la langue des signes utilisée par les communautés sourdes de France.

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 l’a reconnue comme « une langue à part entière » et prévoit que tout élève concerné puisse recevoir un enseignement de la LSF.

Elle a aussi joué un rôle historique à l’international : la langue des signes américaine (ASL) en descend en partie, par l’intermédiaire de Laurent Clerc, enseignant sourd formé à Paris.

Origine et histoire de la Journée internationale des langues des signes

La Journée internationale des langues des signes, fixée au 23 septembre, est l’aboutissement d’un plaidoyer mené pendant des décennies par les organisations de personnes sourdes pour faire reconnaître leurs langues comme des droits.

Création de la Journée internationale des langues des signes

Élément Détail
Date de célébration 23 septembre, chaque année
Texte fondateur Résolution A/RES/72/161 de l’Assemblée générale des Nations Unies
Date d’adoption 19 décembre 2017, adoptée sans vote
À l’initiative de Fédération mondiale des sourds (FMS / WFD)
État porteur du projet Antigua-et-Barbuda (Mission permanente auprès de l’ONU)
Coparrainage 97 autres États Membres
Première célébration 23 septembre 2018
Cadre Semaine internationale des personnes sourdes (fin septembre)

La résolution s’appuie sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées (2006), qui reconnaît l’égalité entre langues des signes et langues parlées. Elle insiste sur le principe « Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous » : les communautés sourdes doivent être associées à toutes les décisions qui les concernent.

Pourquoi le 23 septembre ?

Le choix du 23 septembre commémore la fondation de la Fédération mondiale des sourds, le 23 septembre 1951 à Rome, lors du premier Congrès mondial des sourds. La date célèbre donc la naissance d’une organisation dont l’un des objectifs centraux est la préservation des langues des signes et de la culture sourde. La Journée s’inscrit dans la Semaine internationale des personnes sourdes, célébrée pour la première fois en septembre 1958.

Les objectifs principaux de la journée

  • Sensibiliser le grand public : faire connaître l’importance des langues des signes pour la pleine réalisation des droits humains des personnes sourdes.
  • Protéger la diversité linguistique : préserver les langues des signes comme éléments de la diversité linguistique et culturelle mondiale.
  • Garantir un accès précoce : favoriser l’accès des enfants sourds à la langue des signes dès le plus jeune âge, condition de leur développement.
  • Promouvoir une éducation de qualité : encourager l’enseignement en langue des signes et l’accès aux services publics dans ces langues.
  • Associer les communautés sourdes : appliquer le principe « Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous ».

Pourquoi les langues des signes sont essentielles

La Journée internationale des langues des signes du 23 septembre met en lumière des enjeux qui dépassent la seule communication : identité, droits fondamentaux, cohésion sociale et coûts économiques de l’exclusion.

Une dimension culturelle : la culture sourde

Les langues des signes portent une culture à part entière, souvent désignée par l’expression « culture sourde ». Elle se manifeste par un humour propre, une poésie visuelle, un théâtre (en France, l’International Visual Theatre à Paris), des médias en langue des signes et des rituels communautaires, comme les banquets organisés depuis le XIXe siècle en hommage à l’abbé de l’Épée. Pour de nombreuses personnes sourdes, la langue des signes n’est pas une compensation mais une langue maternelle et un marqueur d’identité.

Un enjeu de droits humains

Journée internationale des langues des signesPour l’ONU, les droits liés à la langue des signes sont indispensables à la jouissance des droits humains des personnes sourdes. Sans langue accessible, l’accès à l’école, à la justice, aux soins ou au vote devient incertain.

La Convention relative aux droits des personnes handicapées engage d’ailleurs les États parties à faciliter l’apprentissage et l’usage des langues des signes.

Les langues des signes ne sont pas le seul outil de communication reconnu par l’ONU au nom des droits humains.

Le braille, système d’écriture tactile à six points inventé par le Français Louis Braille, a lui aussi sa journée : la Journée mondiale du braille, célébrée le 4 janvier, jour de naissance de son inventeur en 1809. Proclamée par la résolution A/RES/73/161 en décembre 2018, un an après celle consacrée aux langues des signes, elle a été portée par le même État, Antigua-et-Barbuda. Les deux journées partagent un même objectif : garantir aux personnes sourdes comme aux personnes aveugles ou malvoyantes un accès égal à l’éducation, à l’information et à la vie citoyenne.

Un impact social et économique

L’OMS estime que la déficience auditive non prise en charge représente un coût mondial annuel de près de 1 000 milliards de dollars. L’agence rappelle aussi que près de 80 % des personnes atteintes d’une perte auditive incapacitante vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. L’apprentissage des signes par l’entourage (famille, enseignants, soignants, employeurs) fait partie des leviers recommandés par l’OMS pour réduire l’isolement des personnes sourdes.

La diversité des langues des signes à travers le monde 🌍

La Journée internationale des langues des signes, le 23 septembre, célèbre au pluriel des langues très différentes : on en compte plus de 300 dans le monde, et elles ne suivent pas les frontières des langues parlées.

Des familles de langues qui ne suivent pas les langues parlées

La langue des signes n’est pas universelle. Un Américain et un Britannique parlent la même langue vocale, mais leurs langues des signes (ASL et BSL) sont très différentes. À l’inverse, l’ASL est historiquement apparentée à la LSF, grâce à l’école fondée en 1817 à Hartford (États-Unis) par Laurent Clerc et Thomas Hopkins Gallaudet.

Famille ou langue Pays principaux Particularité
LSF (langue des signes française) France Langue « mère » de plusieurs langues des signes
ASL (American Sign Language) États-Unis, Canada anglophone Issue en partie de la LSF via Laurent Clerc
BSL, Auslan, NZSL Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande Famille distincte, sans lien avec l’ASL
LSFB Belgique (Fédération Wallonie-Bruxelles) Langue des signes francophone de Belgique
LSQ (langue des signes québécoise) Québec Proche de l’ASL, avec des influences de la LSF
Langue des signes nicaraguayenne Nicaragua Apparue dans les années 1970-1980 au sein d’écoles pour sourds, étudiée comme exemple de naissance d’une langue

La langue des signes internationale

Pour les rencontres entre personnes sourdes de pays différents, il existe une langue des signes internationale (LSI, ou « International Sign »). L’ONU la décrit comme un pidgin : un système de communication de contact, au lexique plus limité que celui des langues naturelles, utilisé lors des congrès, des compétitions sportives ou en voyage.

Histoire de la langue des signes française en dates

La Journée internationale des langues des signes du 23 septembre prend un relief particulier en France, où la LSF a connu un âge d’or, un siècle d’interdiction dans l’éducation, puis une reconnaissance progressive.

Année Événement
Vers 1760 L’abbé Charles-Michel de l’Épée ouvre à Paris une école pour enfants sourds et s’appuie sur leurs signes pour enseigner
1791 Fondation de l’Institution des sourds de naissance de Paris, devenue l’Institut national de jeunes sourds (INJS)
1817 Laurent Clerc, ancien élève de l’institution parisienne, cofonde la première école américaine pour sourds à Hartford
1880 Congrès de Milan : la majorité des participants, presque tous entendants, impose la méthode orale et exclut les signes de l’enseignement
1951 Fondation de la Fédération mondiale des sourds à Rome, le 23 septembre
Années 1970-1980 « Réveil sourd » : mouvement culturel et militant de réappropriation de la LSF
1991 Loi dite Fabius : liberté de choix d’une éducation bilingue (LSF et français) pour les jeunes sourds
2005 Loi du 11 février 2005 : la LSF est reconnue comme « une langue à part entière »
2008 Création d’une épreuve facultative de LSF au baccalauréat
2010 Première session du CAPES de langue des signes française
2017 L’ONU proclame la Journée internationale des langues des signes
2018 Première célébration mondiale, le 23 septembre

Défis et enjeux contemporains des langues des signes

La Journée internationale des langues des signes, célébrée le 23 septembre, rappelle que les progrès restent inégaux d’un pays à l’autre et que plusieurs obstacles freinent encore l’égalité.

Une reconnaissance juridique inégale

Le niveau de reconnaissance varie fortement : inscription dans la Constitution (Finlande, Autriche, Portugal, Hongrie, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande…), loi spécifique ou simple mention dans les textes éducatifs. En France, la LSF est reconnue par la loi de 2005 et le Code de l’éducation, mais pas par la Constitution, ce que réclament régulièrement des associations et des parlementaires. Selon la FMS, citée par le média Média’Pi, 77 pays disposaient d’une reconnaissance légale de leur langue des signes nationale.

L’accès précoce à la langue et l’éducation

La résolution de l’ONU souligne que l’accès précoce à la langue des signes est vital pour le développement de l’enfant sourd. Or la grande majorité des enfants sourds naissent de parents entendants, qui ne connaissent pas les signes. En France, l’enseignement de la LSF reste fragile : le CAPES de LSF, qui ne propose que très peu de postes, a failli ne pas ouvrir à la session 2026 avant que le ministère ne revienne sur sa décision fin octobre 2025.

L’accessibilité au quotidien

Le manque d’interprètes qualifiés, l’absence de sous-titrage ou d’interprétation dans certains services publics, à l’hôpital ou dans les médias, et les situations d’urgence restent des difficultés concrètes. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où vivent 80 % des personnes sourdes selon la FMS, l’accès à l’éducation en langue des signes est souvent le principal obstacle.

Comment célébrer la Journée internationale des langues des signes

La Journée internationale des langues des signes du 23 septembre se vit à la fois dans les institutions, dans les associations locales et en ligne.

Les événements officiels

  • Le défi des dirigeants (Global Leaders Challenge) : la FMS invite chefs d’État, parlementaires et élus locaux à signer un message de soutien dans la langue des signes de leur pays.
  • Les monuments en bleu : la FMS appelle les bâtiments publics, mairies et monuments à s’illuminer en bleu, couleur associée aux communautés sourdes.
  • La Semaine internationale des personnes sourdes : fin septembre, chaque journée de la semaine est consacrée à un thème défini par la FMS.

Les activités communautaires

  • Ateliers d’initiation à la LSF proposés par les associations de sourds et les écoles de langue des signes.
  • Cafés signes, rencontres entre sourds et entendants, visites guidées en LSF dans les musées.
  • Spectacles, projections et lectures en langue des signes (théâtre visuel, chansigne, poésie signée).

Les actions numériques

  • Partage de vidéos de signes de base et de messages de soutien avec les hashtags #IDSL et #JournéeInternationaleDesLanguesDesSignes.
  • Sous-titrage systématique de ses propres vidéos, geste simple d’accessibilité.
  • Relais des contenus produits par des créateurs et médias sourds.

Conseils pratiques pour participer

  • Apprendre l’alphabet dactylologique pour savoir épeler son prénom.
  • Mémoriser quelques signes du quotidien : bonjour, merci, s’il vous plaît, au revoir.
  • Suivre un cours d’initiation auprès d’une association ou d’un enseignant sourd.
  • Découvrir la culture sourde : pièce de théâtre visuel, documentaire, média en LSF.
  • Adopter les bons réflexes : se placer face à la personne, ne pas crier, ne pas couvrir sa bouche, écrire si besoin.

Questions fréquentes sur la Journée internationale des langues des signes

Pourquoi la Journée internationale des langues des signes est-elle le 23 septembre ?

La Journée internationale des langues des signes est le 23 septembre parce que la Fédération mondiale des sourds a été fondée ce jour-là, en 1951, à Rome. C’est cette fédération qui a proposé la création de la journée, proclamée par l’ONU en 2017.

La langue des signes est-elle universelle ?

La langue des signes n’est pas universelle : il existe plus de 300 langues des signes dans le monde, chacune avec son vocabulaire et sa grammaire. Une langue des signes internationale sert de langue de contact lors des rencontres entre pays, mais elle ne remplace pas les langues nationales.

Combien existe-t-il de langues des signes dans le monde ?

Il existe plus de 300 langues des signes dans le monde, selon l’ONU et la Fédération mondiale des sourds. Leur nombre exact reste difficile à établir, car beaucoup de langues des signes locales sont encore peu documentées.

Combien de personnes parlent la LSF en France ?

Le nombre de personnes qui parlent la LSF en France n’est pas connu avec précision : les estimations vont de 100 000 à 300 000 locuteurs, sourds et entendants confondus. Aucun recensement officiel ne mesure l’usage de la langue des signes.

La langue des signes française est-elle une langue officielle ?

La langue des signes française n’est pas une langue officielle au sens constitutionnel, mais la loi du 11 février 2005 l’a reconnue comme « une langue à part entière ». Elle peut être enseignée à l’école, présentée au baccalauréat et sa diffusion dans l’administration doit être facilitée.

Pourquoi la langue des signes a-t-elle été interdite en France ?

La langue des signes a été exclue de l’enseignement en France après le congrès de Milan de 1880, qui a imposé la méthode orale pour éduquer les enfants sourds. Il a fallu attendre la loi de 1991 pour que l’éducation bilingue soit de nouveau permise, puis 2005 pour une reconnaissance légale de la LSF.

Signer pour l’égalité, le 23 septembre et toute l’année

La Journée internationale des langues des signes, chaque 23 septembre, rappelle qu’une langue est bien plus qu’un outil : c’est un droit, une culture et un lien. Apprendre un signe, sous-titrer une vidéo ou soutenir une association sourde sont autant de gestes concrets pour que 70 millions de personnes puissent communiquer partout, avec tout le monde. Parce qu’il n’y a pas de droits humains sans droits linguistiques, levons les mains pour les langues des signes. 🤟 #IDSL


Sébastien LETT

A propos de l'auteur

Entrepreneur web et e-commerce, fondateur de l’agence Alcaweb et de la société de vente en ligne Cookam, je suis également le créateur d’Ephéméride du jour, un site éditorial consacré aux dates, à l’histoire quotidienne, aux saints du jour, aux journées mondiales, aux événements marquants et aux anecdotes qui accompagnent chaque jour de l’année. À travers ce projet, j’ai souhaité créer un rendez-vous quotidien accessible, clair et vivant, pour permettre à chacun de découvrir ce qui s’est passé un jour précis : naissances célèbres, décès marquants, faits historiques, traditions, citations, records, curiosités et repères culturels. Passionné à la fois par le web et par l’histoire, mon objectif est simple : faire de chaque date une porte d’entrée vers l’histoire, la culture générale et la mémoire collective, en mêlant grands événements, petites histoires et anecdotes qui donnent du sens à chaque journée. Pour la préparation et l’enrichissement des contenus, j’utilise également l’intelligence artificielle comme outil d’assistance à la recherche, à la structuration, à la rédaction et à la relecture. Elle ne constitue toutefois pas une source en elle-même : les informations publiées sont vérifiées et recoupées à partir de différentes références documentaires. L’objectif est de proposer des contenus aussi fiables, documentés et accessibles que possible, tout en poursuivant régulièrement la mise à jour et l’amélioration des articles déjà publiés.

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