24 juin : Journée internationale des femmes dans la diplomatie

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Journée internationale des femmes dans la diplomatie — Trois femmes adultes vues de dos autour d'une table de réunion.

Chaque 24 juin, la communauté internationale célèbre la Journée internationale des femmes dans la diplomatie. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2022, cette journée met en lumière la contribution des femmes à la négociation, à la médiation et à la coopération internationale — un domaine où elles restent minoritaires malgré des décennies d’engagements formels en faveur de l’égalité.

Journée internationale des femmes dans la diplomatie — Poignée de main entre deux femmes en tenue sobre.

Derrière la commémoration, un constat statistique tenace : à peine plus d’un ambassadeur sur cinq est une femme à l’échelle mondiale, et la proportion diminue à mesure que l’on gravit les échelons du corps diplomatique. Cette journée sert donc autant d’hommage que de rappel à l’ordre adressé aux États membres.

Élément Information
Nom officiel Journée internationale des femmes dans la diplomatie
Date 24 juin, chaque année
Instituée par Assemblée générale des Nations Unies
Résolution A/RES/76/269
Date d’adoption 20 juin 2022 (76ᵉ session, 84ᵉ séance plénière)
Mode d’adoption Sans vote (consensus)
Projet de résolution A/76/L.66, présenté par les Maldives
Première édition 24 juin 2022
Thématique de rattachement ODD 5 – Égalité entre les sexes

Les femmes dans la diplomatie : de quoi parle-t-on exactement ?

La diplomatie désigne la gestion quotidienne des relations entre États. Elle s’exerce par l’intermédiaire d’un appareil institutionnel — ministères des Affaires étrangères, ambassades, consulats, représentations permanentes auprès des organisations internationales — chargé de négocier des accords, de représenter les intérêts nationaux à l’étranger et de gérer les crises internationales.

Parler des femmes dans la diplomatie, c’est donc s’intéresser à leur place au sein de ce corps professionnel structuré et hiérarchisé, du grade d’attachée jusqu’à celui d’ambassadrice.

Les grades du corps diplomatique

La hiérarchie diplomatique, qui détermine l’ordre de préséance, se décline classiquement en trois niveaux :

Niveau Fonctions
Supérieur Ambassadeur/ambassadrice ou nonce accrédité auprès d’un chef d’État, autres chefs de mission
Intermédiaire Chef de mission adjoint, conseiller de mission, chargé d’affaires, conseiller, premier secrétaire
Premier échelon Deuxième secrétaire, troisième secrétaire, attaché

Cette structure éclaire l’un des constats centraux de la journée : les femmes sont proportionnellement plus nombreuses aux grades d’entrée et dans les fonctions administratives, et leur présence décroît nettement aux échelons intermédiaires et supérieurs. Ce phénomène est décrit par ONU Femmes comme une « fuite » dans le vivier diplomatique.

Une participation longtemps informelle

Avant d’accéder aux fonctions officielles, les femmes ont exercé une influence diplomatique par des voies indirectes : épouses de diplomates en poste, animatrices de réseaux sociaux et transnationaux, responsables économiques d’ambassades. En France, les reines régentes comme Catherine de Médicis, les favorites influentes ou les salonnières ont joué des rôles de négociation qu’aucun statut officiel ne reconnaissait.

Ce n’est qu’au XXᵉ siècle que la participation officielle des femmes au corps diplomatique s’est ouverte — et sous conditions. Dans de nombreux pays, une interdiction du mariage est restée en vigueur jusqu’aux années 1970 : une diplomate qui se mariait devait quitter la carrière.


Origine et histoire de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie

La création de la journée en 2022

Le 20 juin 2022, lors de la 84ᵉ séance plénière de sa 76ᵉ session, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte sans vote la résolution A/RES/76/269, intitulée « Journée internationale des femmes dans la diplomatie ». Le texte est publié deux jours plus tard, le 22 juin 2022.

Le projet de résolution (A/76/L.66), déposé le 16 juin 2022, a été présenté par la délégation des Maldives et coparrainé par une très large majorité d’États membres — 187 selon le compte rendu onusien de la séance. La liste des coauteurs rassemble des pays de toutes les régions du monde, du Salvador à la Lettonie, de Malte au Japon.

Ce que dit le texte de la résolution

La résolution s’appuie sur plusieurs considérants :

  • Le rappel des résolutions 53/199 (1998) et 61/185 (2006) sur la proclamation d’années internationales, ainsi que de la résolution 1980/67 du Conseil économique et social
  • La réaffirmation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’égalité de genre étant présentée comme une contribution décisive à l’ensemble des ODD
  • La reconnaissance des contributions importantes des femmes à la diplomatie
  • Le constat de leur sous-représentation dans ce domaine
  • La réaffirmation que la participation active des femmes, sur un pied d’égalité avec les hommes et à tous les niveaux de décision, est essentielle à l’égalité, au développement durable, à la paix, à la démocratie et à la diplomatie

Le dispositif comporte quatre paragraphes : la proclamation du 24 juin, l’invitation à célébrer la journée, la précision que les coûts éventuels doivent être couverts par des contributions volontaires, et la demande au Secrétaire général de porter la résolution à la connaissance des États membres.

Objectifs principaux de la journée

  • Célébrer les réalisations des femmes diplomates : rendre visibles des contributions historiquement effacées des récits officiels
  • Promouvoir une participation pleine, égale et véritable des femmes à tous les niveaux de la diplomatie
  • Sensibiliser le grand public par l’éducation et l’information, seuls moyens explicitement cités par la résolution
  • Mobiliser un large éventail d’acteurs : États membres, organismes onusiens, organisations régionales, ONG, établissements universitaires et associations de femmes diplomates
  • Identifier et lever les obstacles structurels qui limitent l’accès des femmes aux plus hautes fonctions diplomatiques

Repères chronologiques

Année Événement
1923 Alexandra Kollontaï prend la tête de la mission soviétique en Norvège, généralement présentée comme la première femme cheffe de mission diplomatique de l’ère moderne
1928 En France, le concours du Quai d’Orsay s’ouvre aux femmes
1930 Suzanne Borel devient la première femme diplomate française
1945 À San Francisco, Bertha Lutz (Brésil) et Minerva Bernardino (République dominicaine) obtiennent l’inscription explicite de l’égalité des droits entre femmes et hommes dans la Charte des Nations Unies
1953 Vijaya Lakshmi Pandit (Inde) devient la première femme à présider l’Assemblée générale de l’ONU
1961 Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, rédigée dans une langue exclusivement masculine
1972 Marcelle Campana est nommée première ambassadrice de France, au Panama
1979 Adoption de la Convention CEDEF, dont l’article 8 porte sur la représentation internationale des femmes
1995 Déclaration et Programme d’action de Pékin
2000 Résolution 1325 du Conseil de sécurité, acte fondateur de l’agenda « Femmes, paix et sécurité »
2022 Proclamation de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie (A/RES/76/269)
2024 Recommandation générale n° 40 du Comité CEDEF sur la représentation équitable des femmes dans les instances décisionnelles
2025 Résolution 58/15 du Conseil des droits de l’homme : « Les femmes, la diplomatie et les droits de l’homme »

Importance et impact : pourquoi cette journée compte

Un plafond de verre mesurable

L’indice Women in Diplomacy, publié par l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, constitue la référence chiffrée la plus utilisée sur le sujet. Son édition 2025 recense les nominations d’ambassadeurs et de représentants permanents auprès de l’ONU dans 164 États.

Indicateur (2025) Valeur
Part mondiale de femmes ambassadrices et représentantes permanentes 22,5 %
Progression par rapport à 2024 +1,5 point
Niveau en 2023 et 2024 21 %
États suivis au-dessus de la moyenne mondiale 76 sur 164
Pays en tête (Belize, Liechtenstein, Nouvelle-Zélande) 50 %
Pays-Bas, Norvège 49 %
Canada (leader 2022-2024, en recul) 48,5 %

La progression est réelle mais lente, et surtout réversible : le recul canadien, passé de 53 % à 48,5 %, illustre la fragilité des acquis en l’absence de mécanismes institutionnels contraignants.

La sous-représentation aux fonctions politiques

Les données de l’Union interparlementaire et d’ONU Femmes replacent la diplomatie dans un contexte plus large.

Indicateur Valeur
Femmes cheffes d’État ou de gouvernement (1ᵉʳ janvier 2026) 28 pays
Pays n’ayant jamais eu de femme à leur tête 101
Part de femmes ministres 22,4 %
Part de femmes ministres des Affaires étrangères 18 %
Part de femmes parlementaires 27,4 %
Femmes présidentes de parlement 54, soit 19,9 %

Le portefeuille des Affaires étrangères fait partie des ministères dits régaliens — avec la défense, l’intérieur, la justice et les finances — que les données de l’UIP identifient comme durablement attribués aux hommes. À l’inverse, les femmes ministres se voient plus souvent confier l’égalité de genre, les droits humains, la famille et l’action sociale.

Un enjeu de paix et de sécurité

C’est probablement dans les processus de paix que l’écart est le plus visible.

Indicateur Valeur
Femmes négociatrices dans les processus de paix officiels (2024) 7 %
Femmes médiatrices (2024) 14 %
Femmes négociatrices ou déléguées dans les processus menés ou soutenus par l’ONU (2024) 18 %
Femmes négociatrices, moyenne 1992-2019 13 %
Femmes médiatrices et signataires, moyenne 1992-2019 6 %
Processus de paix sans aucune médiatrice ni signataire femme 7 sur 10

Or la participation significative des femmes à la médiation et à la consolidation de la paix est associée à des accords plus inclusifs et plus durables. L’agenda « Femmes, paix et sécurité », lancé par la résolution 1325 du Conseil de sécurité en 2000, repose précisément sur ce constat.

Une lacune persistante au sommet de l’ONU

En quatre-vingts sessions, l’Assemblée générale des Nations Unies n’a été présidée que par cinq femmes :

  • Vijaya Lakshmi Pandit (Inde), 8ᵉ session, 1953
  • Angie Brooks (Libéria), 24ᵉ session, 1969
  • Sheikha Haya Rashed Al Khalifa (Bahreïn), 61ᵉ session, 2006
  • María Fernanda Espinosa Garcés (Équateur), 73ᵉ session, 2018
  • Annalena Baerbock (Allemagne), 80ᵉ session, 2025

À ce jour, aucune femme n’a occupé le poste de Secrétaire général des Nations Unies.


Le cadre juridique international

La Convention CEDEF et son article 8

Adoptée le 18 décembre 1979, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF, ou CEDAW) constitue le socle juridique le plus solide en la matière. Ratifiée par 189 États parties, elle est d’application quasi universelle.

Son article 8 oblige les États à prendre toutes les mesures appropriées pour que les femmes aient, dans des conditions d’égalité et sans discrimination, la possibilité de représenter leur gouvernement à l’échelon international et de participer aux travaux des organisations internationales. Fait notable : aucune réserve n’a été émise à l’égard de cet article.

L’application reste pourtant inégale. Entre 2000 et 2025, le Comité CEDEF a demandé à 86 États parties (45,5 %) des informations complémentaires au titre de l’article 8. Et 62 % des rapports examinés ne fournissaient pas de données comparables permettant de mesurer la proportion réelle de femmes dans le corps diplomatique.

Les autres instruments de référence

  • Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques : principal instrument régissant la pratique diplomatique, elle n’interdit nullement l’accès des femmes, mais son texte est rédigé au masculin (« chef de mission », « agent diplomatique » désignés par des pronoms masculins), avec la présomption implicite d’un diplomate accompagné de son épouse.
  • Recommandation générale n° 23 (1997) du Comité CEDEF : elle recommande que les critères d’entrée dans la carrière diplomatique et d’affectation à l’étranger tiennent compte des biais sexistes et de la discrimination indirecte.
  • Recommandation générale n° 40 (2024) : elle précise la portée de l’article 8 et introduit une approche intersectionnelle (âge, origine ethnique, handicap, situation socio-économique).
  • Déclaration et Programme d’action de Pékin (1995) : il identifie l’accès inégal au pouvoir décisionnel comme domaine critique de préoccupation.
  • Résolution 58/15 du Conseil des droits de l’homme (2025), intitulée « Les femmes, la diplomatie et les droits de l’homme », adoptée par consensus : elle établit un lien explicite entre participation des femmes à la diplomatie et droits humains.

La diversité des situations à travers le monde

Des écarts régionaux considérables

Région Part de femmes ambassadrices (2025)
Amériques 29 %
Europe 29 %
Union européenne 29 % (contre 30 % en 2024)
Afrique (hors MENA) 22 %
Asie 13 %
Moyen-Orient et Afrique du Nord 11 %

En 2025, la progression a touché toutes les régions sauf l’Asie, seule zone en recul (–1 point).

Des politiques nationales contrastées

Plusieurs États ont adopté des dispositifs explicitement destinés à corriger le déséquilibre :

  • Mexique : face à un corps diplomatique composé à 66 % d’hommes, une politique annoncée en 2024 prévoit d’admettre deux femmes qualifiées pour un candidat masculin au concours d’entrée. La réforme constitutionnelle « Parité partout » de 2019 impose déjà la parité dans les trois pouvoirs, y compris la représentation diplomatique.
  • Autriche : la modification de 2011 du Code de la fonction publique fédérale a porté le quota de femmes de 40 % à 45 % en 2010, puis à 50 % en 2012. Entre 2011 et 2016, le nombre de femmes aux postes de direction du corps diplomatique autrichien a progressé d’environ 20 %.
  • Équateur : premier pays des Amériques à inscrire une norme constitutionnelle de parité, en 2009.
  • Australie : stratégie « Women in Leadership » lancée en 2015, ambassadrice chargée de l’égalité de genre, 43 % de femmes parmi les ambassadeurs en 2025.
  • Émirats arabes unis : 30 % du corps diplomatique composé de femmes en juin 2024, dans le cadre de la Stratégie nationale pour l’autonomisation des femmes.
  • Ukraine : deuxième audit de genre du ministère des Affaires étrangères publié en 2024 ; 30 % de femmes aux postes de direction du service diplomatique, 22 % parmi les cheffes de mission.
  • Honduras : après un protocole d’accord signé en 2024 avec la Commission interaméricaine des femmes, la part d’ambassadrices est passée de 25 % à 37 % en un an.
  • Vietnam : la proportion de femmes à la tête des missions diplomatiques a doublé entre 2015 et 2019, passant de 8,1 % à 16 %.

Plus largement, 93 pays sur 193 se sont engagés à promouvoir la parité dans leurs institutions publiques par le biais de quotas de genre — mais ces engagements ciblent rarement les ministères des Affaires étrangères et s’accompagnent presque jamais de lignes directrices opérationnelles propres à la diplomatie.

L’essor des politiques étrangères féministes

La Suède a été pionnière en la matière avant que plusieurs États ne suivent : la France (2019), l’Espagne, le Mexique, le Chili, la Colombie, le Canada ou l’Allemagne. Ces approches font de l’égalité de genre un objectif explicite de la politique extérieure, avec des retombées documentées sur le recrutement et la promotion internes — l’argument de cohérence étant difficile à contourner : on ne peut promouvoir l’égalité à l’extérieur sans l’appliquer chez soi.


Défis et enjeux contemporains

Le plafond de verre et la « fuite » du vivier

Les lois ouvertement discriminatoires ont été largement supprimées. Ce sont désormais des mécanismes indirects, opérant sous le couvert de l’égalité formelle, qui produisent des résultats inégaux :

  • La stratification par grade : les femmes sont surreprésentées parmi les attachées, troisièmes secrétaires et personnels administratifs, sous-représentées aux échelons supérieurs
  • L’attrition en milieu de carrière : ouvrir les concours d’entrée ne suffit pas si les mécanismes de promotion, d’affectation et d’accès au mentorat restent biaisés
  • La « logique de la convenance » masculine : fermeté, maîtrise de soi et disponibilité à une mobilité constante sont valorisées, tandis que les compétences de collaboration et d’établissement de relations sont dévalorisées

La ségrégation des portefeuilles

Les femmes diplomates sont plus souvent affectées aux dossiers de développement, de santé, de droits humains et d’action humanitaire, et restent sous-représentées sur la défense, les sanctions et la stratégie économique. Or ce sont précisément ces derniers domaines qui constituent les « expériences déterminantes » ouvrant l’accès aux postes de direction. Quand elles accèdent au rang d’ambassadrice, elles sont par ailleurs nettement moins souvent affectées dans des pays jugés géopolitiquement stratégiques.

La « falaise de verre » diplomatique

Un phénomène documenté veut que les femmes accèdent de manière disproportionnée à des postes de direction en période de crise ou de pénurie de ressources : des fonctions où le pouvoir réel est réduit, où les risques d’échec sont élevés et où les critiques sont amplifiées.

La charge des soins et la mobilité

L’évolution de carrière diplomatique repose sur une mobilité constante, des rotations fréquentes entre le siège et l’étranger, et des horaires longs et irréguliers. Ces attentes entrent frontalement en conflit avec les responsabilités familiales, que les femmes assument à hauteur de 2,5 fois plus d’heures quotidiennes que les hommes. Les indemnités de garde d’enfants versées par les ministères sont fréquemment inférieures au coût réel sur place.

Le déficit de données

La majorité des rapports nationaux ne présentent pas de données ventilées par sexe, grade, type de mission ou spécialisation. Sans ces données, les goulots d’étranglement structurels restent invisibles et les progrès impossibles à mesurer dans le temps. Les ministères collectent encore plus rarement des données sur les inégalités croisées liées à l’origine, à la religion, au handicap ou à la classe sociale.


Journée internationale des femmes dans la diplomatie — Table ronde et sièges dans une salle sans emblème.

Comment participer à la Journée internationale des femmes dans la diplomatie

La résolution A/RES/76/269 laisse à chaque acteur le soin de célébrer la journée « de la manière qu’il jugera la plus appropriée », en citant explicitement l’éducation et la sensibilisation du public.

Initiatives institutionnelles

  • Publication de bilans et d’audits de genre : le ministère ukrainien des Affaires étrangères a ainsi choisi le 24 juin 2024 pour présenter les résultats de son deuxième audit sur l’égalité de genre
  • Conférences et tables rondes organisées par les académies diplomatiques, les universités et les instituts de relations internationales
  • Publication de données actualisées : l’indice Women in Diplomacy et les cartes « Femmes en politique » de l’UIP et d’ONU Femmes servent de supports d’analyse
  • Cérémonies de reconnaissance honorant les parcours de diplomates en poste ou retraitées

Actions associatives et communautaires

  • Réseaux et associations de femmes diplomates, qui organisent dialogues stratégiques, ateliers de compétences et forums de soutien entre pairs
  • Programmes de mentorat intergénérationnel animés par des diplomates en activité ou anciennes
  • Interventions en milieu scolaire et universitaire pour susciter des vocations

Sensibilisation en ligne

  • Portraits de diplomates historiques et contemporaines relayés sur les réseaux sociaux
  • Hashtags de rassemblement : #WomenInDiplomacy, #FemmesDansLaDiplomatie
  • Frises interactives et ressources pédagogiques mises en ligne par ONU Femmes et les Nations Unies

À l’échelle individuelle

  • Découvrir les parcours de pionnières longtemps absentes des manuels : Bertha von Suttner, Bertha Lutz, Minerva Bernardino, Alexandra Kollontaï, Vijaya Lakshmi Pandit, Suzanne Borel, Marcelle Campana
  • Consulter les données publiques sur la composition du corps diplomatique de son pays
  • Relayer les travaux de recherche universitaire sur le genre et la diplomatie

Focus France : où en est la diplomatie française ?

Une ouverture tardive et progressive

L’accès des Françaises à la carrière diplomatique s’est fait par étapes, chacune séparée de la précédente par plusieurs décennies.

Année Étape
1928 Le concours du Quai d’Orsay s’ouvre aux femmes, à l’initiative de Suzanne Grinberg et Luce Camuzet. Un décret restreint toutefois leur affectation aux emplois d’administration centrale et services annexes
1930 Suzanne Borel devient attachée d’ambassade puis secrétaire d’ambassade : première femme diplomate française. Elle n’accédera jamais à une carrière consulaire
1972 Marcelle Campana, entrée au ministère en 1935 comme secrétaire, devient consule générale à Toronto puis première ambassadrice de France, au Panama — quarante-deux ans après Suzanne Borel
1986 Isabelle Renouard est la première femme à diriger une administration centrale du ministère
2010-2011 Michèle Alliot-Marie est la première femme à diriger la diplomatie française
2022-2024 Catherine Colonna, diplomate de carrière, devient la deuxième femme ministre des Affaires étrangères

Les chiffres actuels du Quai d’Orsay

Indicateur Valeur
Ambassadrices françaises en poste (2026) 61
Postes d’ambassadeur actifs 177
Part de femmes cheffes d’ambassade (2026) 34 %
Part de postes d’ambassadeur occupés par des femmes (2024, périmètre MEAE) 36 %
Primo-nominations de femmes parmi les nouveaux ambassadeurs (2024) 52 %
Primo-nominations de femmes sur emplois supérieurs 34 % (2022), 40 % (2023), 46 % (2024)
Femmes dans le haut encadrement en administration centrale 45 %

Le plan gouvernemental 2021-2024 visait 40 % de femmes sur les postes d’ambassadeur et de consul général — objectif non atteint à son terme, mais dont la trajectoire reste ascendante.

La diplomatie féministe française

La France a formalisé en 2019 une politique de diplomatie féministe, annoncée par le président de la République lors de la conférence des ambassadeurs. Elle vise à intégrer l’égalité de genre à l’ensemble des champs de l’action extérieure : sécurité, santé, climat, économie, développement.

Étapes marquantes :

  • 2019 : lancement de la diplomatie féministe française
  • 2023 : le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères obtient le label AFNOR « Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes »
  • 2023 : lancement d’un programme d’accompagnement destiné à étoffer le vivier de femmes susceptibles d’occuper des fonctions supérieures, à raison d’une vingtaine de bénéficiaires par an
  • 2024-2026 : nouveau plan d’action en faveur de l’égalité professionnelle au sein du ministère
  • 7 mars 2025 : lancement de la Stratégie internationale de la France pour une diplomatie féministe 2025-2030
  • 16 septembre 2025 : signature de la charte #JamaisSansElles par la secrétaire générale du ministère, engageant les agents à refuser de participer aux manifestations ne respectant pas la parité ou, a minima, la mixité

ONU Femmes cite par ailleurs la France parmi les pays ayant érigé la formation interne à l’égalité de genre en priorité, en cohérence avec sa politique étrangère féministe.

Des angles morts persistants

La progression française reste inégale selon les postes. En 2023, seules trois Françaises étaient ambassadrices dans des pays du G20, contre sept ambassadrices britanniques. Des travaux de sociologie française portant sur six cents diplomates ont par ailleurs documenté la dimension genrée des pratiques d’affectation à l’étranger, notamment en matière de distance géographique et de durée des postes.


Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 24 juin.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale des droits des femmes, Journée internationale des femmes dans le multilatéralisme, Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix.

FAQ : Journée internationale des femmes dans la diplomatie

C’est quand la Journée internationale des femmes dans la diplomatie ?

La Journée internationale des femmes dans la diplomatie est célébrée chaque année le 24 juin, à date fixe. Elle a été observée pour la première fois le 24 juin 2022, quelques jours seulement après l’adoption de la résolution qui l’a instituée. La date ne varie pas d’une année sur l’autre et ne dépend pas du jour de la semaine.

Qui a créé la Journée internationale des femmes dans la diplomatie ?

La Journée internationale des femmes dans la diplomatie a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a adopté sans vote la résolution A/RES/76/269 le 20 juin 2022, lors de la 84ᵉ séance plénière de sa soixante-seizième session. Le projet de résolution, référencé A/76/L.66, a été présenté par les Maldives et coparrainé par 187 États membres, ce qui en fait l’une des journées internationales les plus largement soutenues au moment de sa proclamation.

Pourquoi célèbre-t-on la Journée internationale des femmes dans la diplomatie ?

On célèbre la Journée internationale des femmes dans la diplomatie pour deux raisons complémentaires. D’abord pour rendre hommage aux contributions des femmes à la négociation, à la médiation, à la résolution des conflits et à la coopération internationale — des contributions longtemps effacées des récits historiques officiels. Ensuite pour rappeler l’ampleur du chemin restant : la résolution fondatrice constate explicitement la sous-représentation des femmes dans la diplomatie et invite les États à promouvoir leur participation pleine et égale à tous les niveaux.

Quel est le pourcentage de femmes ambassadrices dans le monde ?

Selon l’indice Women in Diplomacy 2025 de l’Académie diplomatique Anwar Gargash, les femmes représentent 22,5 % des ambassadeurs et représentants permanents auprès de l’ONU dans les 164 États suivis, contre 21 % en 2023 et 2024. Ce pourcentage de femmes ambassadrices varie fortement selon les régions : 29 % dans les Amériques et en Europe, 22 % en Afrique hors MENA, 13 % en Asie et 11 % dans la région Moyen-Orient-Afrique du Nord. Trois pays seulement atteignent la parité stricte : le Belize, le Liechtenstein et la Nouvelle-Zélande.

Qui a été la première ambassadrice de France ?

La première ambassadrice de France a été Marcelle Campana, nommée au Panama en 1972. Fille d’un diplomate, entrée au ministère des Affaires étrangères en 1935 comme secrétaire, elle devient diplomate après la Libération, puis consule générale à Toronto avant sa nomination au Panama. Il aura fallu attendre quarante-deux ans après l’entrée de Suzanne Borel, première femme diplomate française en 1930, pour qu’une femme accède au rang d’ambassadrice.

Qu’est-ce que la diplomatie féministe ?

La diplomatie féministe désigne une approche de la politique étrangère qui fait de l’égalité entre les femmes et les hommes un objectif explicite et transversal de l’action extérieure d’un État. Concrètement, la diplomatie féministe se traduit par deux volets : un volet externe, qui intègre la dimension de genre à tous les champs — sécurité, santé, climat, commerce, développement — et un volet interne, qui vise l’exemplarité de l’administration diplomatique elle-même (recrutement, promotion, lutte contre le harcèlement, articulation des temps de vie). La Suède a été pionnière ; la France a adopté cette approche en 2019, suivie ou accompagnée par l’Espagne, le Mexique, le Chili, la Colombie, le Canada et l’Allemagne.


Célébrer le 24 juin, ce n’est pas seulement saluer les pionnières qui ont forcé les portes des chancelleries — Alexandra Kollontaï en Norvège, Suzanne Borel au Quai d’Orsay, Bertha Lutz et Minerva Bernardino à San Francisco. C’est constater qu’un siècle plus tard, quatre ambassadeurs sur cinq restent des hommes, et que les décisions engageant la paix et la sécurité du monde se prennent encore très majoritairement sans la moitié de l’humanité.

Les leviers sont pourtant identifiés : données ventilées, critères de promotion révisés, politiques familiales adaptées à la mobilité, mentorat, responsabilisation des dirigeants. Reste à les actionner. Chaque 24 juin offre l’occasion de mesurer l’écart entre les engagements pris et les nominations effectivement signées.


Sources

  • Nations Unies, résolution A/RES/76/269, « Journée internationale des femmes dans la diplomatie », adoptée le 20 juin 2022
  • ONU, page officielle de l’observance : un.org/fr/observances/women-in-diplomacy-day
  • ONU Femmes, Les femmes dans le corps diplomatique : cadres normatifs, obstacles structurels et recommandations politiques, document d’orientation, 2026
  • ONU Femmes / Union interparlementaire, carte « Les femmes en politique : 2026 » et communiqué du 11 mars 2026
  • ONU Femmes, Faits et chiffres : le leadership et la participation des femmes à la vie politique
  • ONU Femmes, Faits et chiffres : les femmes, la paix et la sécurité
  • Anwar Gargash Diplomatic Academy, Women in Diplomacy Index 2025
  • Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, L’égalité femmes-hommes au ministère et Diplomatie féministe
  • Lepetitjournal.com, La féminisation de la diplomatie, où en est-on en France en 2026 ?
  • Bibliothèque numérique des Nations Unies, notice du document A/RES/76/269
Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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