4 juin : Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression

Écouter l’article ≈ 22 min
Initialisation du lecteur vocal…
Journée internationale des enfants victimes innocentes de l'agression — Petites chaussures et jouet en bois dans une pièce lumineuse.

Chaque 4 juin, les Nations Unies consacrent une journée aux enfants dont l’enfance a été brisée par la violence : ceux qui vivent sous les bombes, ceux qui sont enrôlés de force, mais aussi, plus largement, tous ceux qui subissent des sévices physiques, mentaux ou émotionnels. Instituée en 1982 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression est née d’une guerre précise, celle du Liban, avant de devenir un rendez-vous universel de la protection de l’enfance.

Journée internationale des enfants victimes innocentes de l'agression — Main d'un adulte tenant celle d'un enfant dans un lieu calme.
Élément Information
Nom officiel Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression
Date 4 juin, chaque année (date fixe)
Instaurée par Assemblée générale des Nations Unies
Texte fondateur Résolution A/RES/ES-7/8, adoptée le 19 août 1982 (7ᵉ session extraordinaire d’urgence, 31ᵉ séance plénière)
Première édition 4 juin 1983
Cadre juridique de référence Convention relative aux droits de l’enfant (1989) et son protocole facultatif sur l’implication d’enfants dans les conflits armés
Objectif de développement durable associé ODD 16, cible 16.2
Organismes mobilisés ONU, UNICEF, Bureau de la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés

C’est quoi la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression ?

La Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression est une journée de commémoration et de sensibilisation instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle poursuit un double objectif : reconnaître la souffrance des enfants victimes de violences physiques, mentales et émotionnelles partout dans le monde, et réaffirmer l’engagement de l’ONU en faveur de la protection des droits de l’enfant.

Le mot « agression » doit ici être compris dans son acception la plus large. Le texte fondateur vise l’agression armée au sens du droit international — l’usage de la force par un État contre un autre —, mais la journée a progressivement élargi sa portée à toutes les formes de violence subies par les mineurs.

Deux cercles concentriques

  • Le cercle des conflits armés : enfants tués, mutilés, enlevés, recrutés par des forces ou groupes armés, victimes de violences sexuelles, privés d’école, d’hôpital et d’aide humanitaire.
  • Le cercle des violences ordinaires : maltraitance intrafamiliale, violences sexuelles, négligence, exploitation, harcèlement — un phénomène massif y compris dans les pays en paix.

Les six violations graves

Le Conseil de sécurité a défini six violations graves commises contre les enfants en temps de conflit, qui structurent aujourd’hui l’ensemble du dispositif onusien de surveillance :

N° Violation grave
1 Meurtres et mutilations d’enfants
2 Recrutement et utilisation d’enfants par des forces ou groupes armés
3 Violences sexuelles à l’encontre d’enfants
4 Enlèvements d’enfants
5 Attaques contre les écoles et les hôpitaux
6 Refus d’accès humanitaire aux enfants

Origine et histoire de la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression

Création de la journée : l’été 1982

La journée naît dans un contexte de guerre. À l’été 1982, l’invasion du Liban par Israël provoque la convocation de la septième session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale consacrée à la question de Palestine.

Le 19 août 1982, lors de sa 31ᵉ séance plénière, l’Assemblée générale adopte la résolution A/RES/ES-7/8. Se déclarant « consternée par le grand nombre d’enfants palestiniens et libanais innocents victimes des actes d’agression d’Israël », elle décide de faire du 4 juin de chaque année la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression.

Le choix du 4 juin renvoie directement au calendrier du conflit israélo-libanais de cette année-là. La journée conserve donc une origine géopolitique explicite, tout en ayant acquis, au fil des décennies, une portée pleinement universelle.

Le tournant du rapport Graça Machel

Le véritable basculement institutionnel intervient au milieu des années 1990. Nommée experte du Secrétaire général en 1994, l’ancienne ministre mozambicaine de l’Éducation Graça Machel remet une étude pionnière sur l’impact des conflits armés sur les enfants (document A/51/306).

Ce rapport établit un constat qui fondera trois décennies de politiques publiques : les enfants ne sont pas des dommages collatéraux, ils sont visés. Comme le résume Graça Machel, des millions d’enfants sont impliqués dans les conflits non pas seulement comme spectateurs, mais comme cibles.

Dans son sillage, l’Assemblée générale adopte en 1997 la résolution 51/77 sur les droits de l’enfant, qui crée le mandat de Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.

Chronologie de la protection internationale de l’enfance en conflit

Année Étape
1959 Déclaration des droits de l’enfant (Assemblée générale)
1982 Résolution A/RES/ES-7/8 : création de la journée du 4 juin
1989 Adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant (20 novembre)
1994 Nomination de Graça Machel comme experte du Secrétaire général
1996 Remise du rapport Machel sur l’impact des conflits armés sur les enfants (A/51/306)
1997 Résolution 51/77 : création du mandat de Représentant spécial
1999 Le Conseil de sécurité inscrit la question des enfants et des conflits armés à son ordre du jour (résolution 1261)
2002 Entrée en vigueur du protocole facultatif sur l’implication d’enfants dans les conflits armés
2004-2005 Résolutions 1539 et 1612 : création du mécanisme de surveillance et de communication de l’information
2007 Principes et Engagements de Paris (5 février), adoptés à Paris
2015 Déclaration sur la sécurité dans les écoles, ouverte à signature à Oslo (mai)
2015 Programme 2030 : la cible 16.2 vise la fin de toutes les violences faites aux enfants
2018 Résolution 2427 du Conseil de sécurité sur la protection de l’éducation

Objectifs principaux de la journée

  • Reconnaître la souffrance : donner une visibilité publique aux enfants victimes de violences physiques, mentales et émotionnelles, y compris lorsque les conflits qui les frappent sortent de l’actualité.
  • Documenter et alerter : appuyer le travail de vérification des violations graves mené par les Nations Unies et l’UNICEF.
  • Lutter contre l’impunité : rappeler l’obligation d’enquêter et de poursuivre les auteurs de violations des droits de l’enfant.
  • Promouvoir le droit international humanitaire : réaffirmer les principes de distinction et de proportionnalité, ainsi que la protection spéciale due aux enfants.
  • Soutenir la réinsertion : mobiliser des moyens pour la libération, la démobilisation et la réintégration des enfants associés à des forces ou groupes armés.

Importance et impact : ce que disent les chiffres

L’ampleur du phénomène

Selon l’UNICEF, plus de 473 millions d’enfants, soit plus d’un enfant sur six dans le monde, vivent dans une zone touchée par un conflit. La proportion d’enfants concernés est passée d’environ 10 % dans les années 1990 à près de 19 % au milieu des années 2020, dans un monde qui n’avait pas connu autant de conflits simultanés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les violations graves vérifiées

Le rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés constitue la source de référence. Il ne recense que les cas vérifiés : les chiffres réels sont donc supérieurs.

Indicateur (année 2025) Chiffre vérifié
Violations graves vérifiées 38 558
Enfants touchés 24 174
Enfants tués 6 266 (+34 % sur un an)
Enfants mutilés 7 958 (+10 % sur un an)
Refus d’accès humanitaire (incidents) 8 322
Enfants recrutés ou utilisés 6 607
Enfants enlevés 5 129
Enfants privés de liberté 1 667
Part de filles parmi les victimes environ un tiers

Source : rapport annuel du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés (S/2026/357), publié en juin 2026.

Le nombre d’enfants touchés en 2025 constitue le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis la création du mandat, trois décennies plus tôt.

Où les violations sont-elles les plus nombreuses ?

Situation Violations graves vérifiées (2025)
Territoire palestinien occupé et Israël 12 445
République démocratique du Congo 4 114
Nigéria 2 560
Myanmar 2 203
Somalie 2 195

Un basculement inédit

Pour la première fois depuis le début de la documentation onusienne, les forces armées gouvernementales ont été responsables de davantage de violations graves que les groupes armés non étatiques. Elles concentrent notamment une large part des meurtres et mutilations, des attaques contre les écoles et les hôpitaux, et des entraves à l’aide humanitaire. Ce renversement est interprété par les Nations Unies comme le signe d’une érosion du respect du droit international par des acteurs censés en être les garants.

Un impact qui dépasse le champ de bataille

  • Santé mentale : troubles du sommeil, cauchemars, syndromes de stress post-traumatique, dépression.
  • Éducation : la destruction et l’occupation militaire des écoles privent durablement des millions d’enfants de scolarité.
  • Santé physique : mines et restes explosifs de guerre continuent de tuer et mutiler longtemps après les cessez-le-feu ; les enfants amputés vivent avec un handicap à vie.
  • Économie : la prise en charge tardive des traumatismes de l’enfance représente un coût public considérable, y compris dans les pays riches.

La diversité des situations à travers le monde

La journée du 4 juin recouvre des réalités très différentes selon les régions, ce qui explique la variété des campagnes menées.

Les enfants sous les bombes

Dans les conflits urbains de haute intensité, la première cause de mort et de mutilation reste l’usage d’armes explosives en zone peuplée : bombardements aériens, artillerie, engins explosifs improvisés, restes explosifs de guerre. Les Nations Unies alertent également sur le recours croissant à l’intelligence artificielle dans les processus de ciblage militaire, qui soulève des questions inédites de responsabilité.

Les enfants enrôlés

Dans plusieurs conflits d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine, la violation dominante est le recrutement, souvent lié à l’enlèvement. Ces enfants remplissent des fonctions de combat mais aussi de porteurs, de cuisiniers, d’espions ou d’esclaves sexuels. Les Principes de Paris rappellent qu’ils doivent être traités avant tout comme des victimes, et non comme des criminels.

Les enfants pris dans la violence des gangs

Certaines situations récentes échappent au schéma classique du conflit armé interétatique : la violence des groupes criminels, notamment en Haïti, produit des violations comparables à celles des zones de guerre — recrutements, enlèvements, violences sexuelles, écoles fermées.

Les enfants victimes en temps de paix

Enfin, dans les pays qui ne connaissent pas la guerre, l’agression prend la forme de la maltraitance domestique, des violences sexuelles intrafamiliales, du harcèlement scolaire et des cyberviolences. La journée du 4 juin est, dans ces pays, largement mobilisée sur ce registre.


Défis et enjeux contemporains

L’impunité

Le premier défi reste la responsabilisation. La vérification des violations progresse, mais les poursuites demeurent rares. L’inscription des parties responsables dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général — souvent qualifiée de « liste de la honte » — constitue l’un des rares leviers de pression, et fait chaque année l’objet d’intenses négociations diplomatiques.

L’érosion des normes

Le fait que des forces étatiques deviennent les premiers auteurs de violations graves signale un affaiblissement du droit international humanitaire. Les principes de distinction entre civils et combattants, de proportionnalité et de précaution sont de plus en plus ouvertement contournés.

Le financement de la protection

Les programmes de démobilisation, de prise en charge psychosociale et de réintégration sont structurellement sous-financés. Or c’est précisément la réintégration qui détermine si un enfant sorti d’un groupe armé reconstruira une vie civile ou basculera à nouveau dans la violence.

Les nouvelles technologies

Drones, systèmes autonomes, algorithmes de ciblage : l’évolution des technologies militaires modifie la nature de l’exposition des enfants au danger et brouille les chaînes de responsabilité juridique.

Le sous-signalement

Les violences sexuelles restent massivement sous-déclarées, en raison de la stigmatisation, de la peur des représailles, de l’absence de services et des craintes pour la sécurité des survivants. Ce biais concerne autant les zones de conflit que les sociétés en paix.


Journée internationale des enfants victimes innocentes de l'agression — Cahiers vierges et crayons sur une table d'école.

Comment participer à la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression

Dans les institutions et les organisations

  • Débats publics et séances thématiques au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale.
  • Publication et diffusion de rapports par l’UNICEF, le CICR et les ONG de protection de l’enfance.
  • Cérémonies de commémoration et minutes de silence.
  • Plaidoyer pour l’endossement des Principes et Engagements de Paris et de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles par de nouveaux États.

Dans les écoles et les établissements éducatifs

  • Séquences pédagogiques sur les droits de l’enfant et le droit international humanitaire.
  • Travail sur la Convention relative aux droits de l’enfant, adaptée à l’âge des élèves.
  • Ateliers d’expression artistique : dessin, écriture, poésie — plusieurs campagnes internationales donnent la parole aux enfants vivant en zone de conflit.
  • Rencontres avec des associations de protection de l’enfance.

À titre individuel

  • S’informer à partir de sources primaires : rapports des Nations Unies, publications de l’UNICEF, travaux du CICR.
  • Relayer les campagnes de sensibilisation officielles plutôt que des contenus non vérifiés, particulièrement sensibles sur ce sujet.
  • Soutenir financièrement ou bénévolement les organisations engagées dans la protection et la réinsertion des enfants.
  • Signaler toute situation d’enfant en danger dans son entourage : en France, le 119, gratuit et joignable 24 h/24.

Focus France : un engagement diplomatique et une réalité intérieure

Le rôle de la France dans la protection internationale de l’enfance

La France occupe une place singulière dans ce dossier. Elle a joué un rôle moteur dans l’adoption des résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) du Conseil de sécurité, qui ont mis en place le mécanisme de surveillance et de communication des violations graves — le dispositif qui alimente aujourd’hui le rapport annuel du Secrétaire général.

Surtout, la France a accueilli les Principes et Engagements de Paris, adoptés le 5 février 2007 lors de la conférence internationale « Libérer les enfants de la guerre », organisée avec l’UNICEF en présence de représentants de 58 États. Ces deux textes visent à prévenir le recrutement illicite d’enfants, à faciliter leur libération, à promouvoir leur réinsertion et à lutter contre l’impunité des recruteurs. Ils avaient été endossés par plus de 112 États au début des années 2020.

Sur le plan conventionnel, la France a signé la Convention relative aux droits de l’enfant le 26 janvier 1990, l’a ratifiée le 7 août 1990, et le texte est entré en vigueur pour elle le 6 septembre 1990.

Les violences faites aux enfants en France

L’agression n’est pas qu’une réalité lointaine. Les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) dessinent une tendance nette.

Indicateur (année 2025, France) Chiffre
Victimes de violences physiques enregistrées 473 000, dont 114 500 mineures (24 %)
Victimes de violences sexuelles enregistrées 132 300, dont 76 200 mineures (58 %)
Évolution des violences physiques sur mineurs +10 % en un an (contre +4 % pour les majeurs)
Part des violences physiques sur mineurs commises dans le cadre familial 55 %
Part des violences sexuelles sur mineurs commises hors cadre familial 70 %

Source : SSMSI, publication du 27 février 2026.

Sur dix ans, la progression est spectaculaire : entre 2016 et 2025, le nombre de mineurs enregistrés comme victimes par la police et la gendarmerie a augmenté de 77 %, passant d’environ 164 000 à 290 000, toutes infractions confondues. La part des mineurs parmi l’ensemble des victimes enregistrées est passée de 6 % à 9 %.

Ces chiffres traduisent à la fois une aggravation et une libération de la parole, dans un contexte d’amélioration de l’accueil des victimes. Ils restent très en deçà de la réalité : la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) estime que 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, soit un enfant toutes les trois minutes, et que 5,4 millions d’adultes en ont été victimes durant leur enfance. Dans les cas d’inceste, la CIIVISE relève qu’environ 1 % seulement des agresseurs sont condamnés.

Le dispositif français de protection

  • Le 119 – Allô enfance en danger : créé par la loi du 10 juillet 1989, ce service national d’accueil téléphonique est gratuit, accessible jour et nuit depuis la métropole et les Outre-mer. Il transmet les informations préoccupantes aux cellules départementales de recueil des informations préoccupantes (CRIP).
  • La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, dite « loi Taquet », qui renforce la coordination nationale, la protection des enfants placés et la lutte contre les violences.
  • Les unités d’accueil pédiatriques enfants en danger (UAPED), qui permettent le recueil de la parole de l’enfant et l’examen médico-légal en un lieu unique.
  • Le 3018 pour les violences numériques et le cyberharcèlement.

Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 4 juin.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats, Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques.

Foire aux questions

Pourquoi la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression est-elle célébrée le 4 juin ? La Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression est célébrée le 4 juin parce que l’Assemblée générale des Nations Unies en a décidé ainsi le 19 août 1982, par la résolution A/RES/ES-7/8, adoptée lors de sa septième session extraordinaire d’urgence sur la question de Palestine. La date renvoie au conflit israélo-libanais de 1982, qui avait fait de très nombreuses victimes parmi les enfants palestiniens et libanais.

Qui a créé la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression ? La Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, et non par l’UNESCO ou l’UNICEF. La décision figure dans la résolution A/RES/ES-7/8, adoptée le 19 août 1982 à la 31ᵉ séance plénière de la septième session extraordinaire d’urgence. La première édition a eu lieu le 4 juin 1983.

Quelles sont les six violations graves commises contre les enfants en temps de conflit ? Les six violations graves commises contre les enfants en temps de conflit, définies par le Conseil de sécurité des Nations Unies, sont : les meurtres et mutilations, le recrutement et l’utilisation d’enfants par des forces ou groupes armés, les violences sexuelles, les enlèvements, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, et le refus d’accès humanitaire. Elles constituent la grille de lecture du mécanisme onusien de surveillance mis en place par les résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005).

Combien d’enfants vivent dans des zones de conflit dans le monde ? Plus de 473 millions d’enfants vivent dans des zones de conflit dans le monde, selon les estimations de l’UNICEF, soit plus d’un enfant sur six. Cette proportion est passée d’environ 10 % dans les années 1990 à près de 19 % au milieu des années 2020. Le rapport annuel du Secrétaire général des Nations Unies a par ailleurs vérifié 38 558 violations graves touchant 24 174 enfants pour la seule année 2025.

Quel est le rôle de la France dans la protection des enfants dans les conflits armés ? Le rôle de la France dans la protection des enfants dans les conflits armés est à la fois normatif et diplomatique. Elle a contribué de manière déterminante à l’adoption des résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) créant le mécanisme onusien de surveillance, et elle a accueilli l’adoption des Principes et Engagements de Paris, le 5 février 2007, lors de la conférence internationale « Libérer les enfants de la guerre » co-organisée avec l’UNICEF.

Comment signaler un enfant en danger en France ? Pour signaler un enfant en danger en France, il faut composer le 119 – Allô enfance en danger, numéro national gratuit, confidentiel et accessible 24 heures sur 24, depuis la métropole comme depuis les Outre-mer. L’appel est traité par des écoutants professionnels, qui transmettent si nécessaire une information préoccupante à la cellule départementale compétente (CRIP). En cas d’urgence immédiate, il convient d’appeler le 17 ou le 112.


Ne pas détourner le regard

Une journée internationale ne protège aucun enfant à elle seule. Mais elle oblige à regarder ce que l’on préférerait ignorer : que la guerre ne fait pas de victimes innocentes par accident, et que la maltraitance ne se cache pas seulement dans les zones de conflit. Protéger les enfants n’est pas une aspiration généreuse, c’est une obligation juridique — inscrite dans une convention ratifiée par presque tous les États du monde. Le 4 juin est le jour où l’on rappelle que cette obligation n’a pas de frontière.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *