9 septembre : Journée internationale des oursons en peluche

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Journée internationale des oursons en peluche

Chaque 9 septembre, la Journée internationale des oursons en peluche met à l’honneur le jouet le plus universel du XXᵉ siècle. Née aux États-Unis sous le nom de Teddy Bear Day, cette célébration n’est reconnue ni par l’ONU ni par l’UNESCO : elle relève des journées populaires, relayées par les fabricants, les musées du jouet et les associations d’entraide. Son objet, lui, a une histoire parfaitement documentée, qui commence en novembre 1902 sur deux continents à la fois.

C’est quoi un ourson en peluche ?

L’ourson en peluche est une reproduction souple d’un ours, garnie de rembourrage et recouverte d’un textile pelucheux. Trois caractéristiques le distinguent d’une simple figurine :

  • Une matière : à l’origine le mohair (poil de chèvre angora tissé), aujourd’hui majoritairement des fibres synthétiques (polyester).
  • Une articulation : les modèles historiques disposent d’une tête et de membres mobiles, montés à l’origine sur cordelettes puis, à partir de 1905, sur disques de carton reliés par des goupilles métalliques.
  • Une fonction affective : contrairement à la plupart des jouets, il n’a pas de règle d’usage. C’est l’enfant qui lui attribue un rôle.

En français, trois mots coexistent et ne sont pas synonymes. L’ours en peluche désigne l’objet. Le nounours désigne l’ours en peluche dans un registre affectueux et enfantin. Le doudou désigne l’objet d’attachement d’un enfant précis, qui peut être un ours, un lapin, un carré de tissu ou un vêtement.

Le vocabulaire spécialisé a lui aussi son terme : l’arctophilie désigne la collection d’ours en peluche, du grec arktos (ours) et philos (ami).

Origine et histoire de la Journée internationale des oursons en peluche

La Journée internationale des oursons en peluche, célébrée le 9 septembre, commémore un objet dont la naissance est datée de 1902. Attention toutefois à ne pas confondre les deux : la date du 9 septembre n’a aucun lien avec les événements de 1902.

14 novembre 1902 : Roosevelt refuse de tirer

En novembre 1902, le président Theodore Roosevelt séjourne dans le Mississippi, où il participe à l’arbitrage d’un différend frontalier avec la Louisiane. Le gouverneur Andrew H. Longino l’invite à une chasse à l’ours, conduite par le pisteur Holt Collier. Le 14 novembre, après plusieurs jours sans prise pour le président, les guides capturent un vieil ours noir blessé et l’attachent à un arbre pour lui offrir un tir facile. Roosevelt refuse, jugeant le geste contraire à l’éthique de la chasse, et ordonne que l’animal soit achevé pour abréger ses souffrances.

Deux jours plus tard, le 16 novembre 1902, le Washington Post publie une caricature de Clifford K. Berryman intitulée « Drawing the Line in Mississippi ». Le dessin joue sur le double sens de la « ligne » : la frontière entre les deux États et la limite morale que le président refuse de franchir. Berryman reprendra ensuite l’ours dans ses dessins pendant toute la présidence Roosevelt, en l’adoucissant progressivement jusqu’à en faire un ourson rond et attendrissant.

Deux inventeurs, deux continents

L’histoire retient deux créations simultanées et indépendantes, les communications transatlantiques de l’époque ne permettant pas aux uns de connaître les autres.

À New York, Morris Michtom tient une boutique de confiserie et de nouveautés à Brooklyn. Après la parution de la caricature, son épouse Rose coud un ours en tissu que le couple expose en vitrine. Michtom écrit à la Maison-Blanche pour demander l’autorisation d’utiliser le surnom du président. Roosevelt, qui détestait pourtant être appelé « Teddy », accepte. Le succès du « Teddy’s bear » conduira les Michtom à fonder en 1907 l’Ideal Novelty and Toy Company, future géante du jouet américain. Roosevelt n’a jamais touché un centime sur l’exploitation de son nom.

En Allemagne, Richard Steiff, neveu de la fabricante de jouets Margarete Steiff, dessine en 1902 un ours articulé à partir de croquis pris au zoo de Stuttgart. Le prototype porte le code 55 PB : 55 pour 55 cm de hauteur debout, P pour Plüsch (peluche), B pour beweglich (mobile). Il est présenté à la foire du jouet de Leipzig en mars 1903, où Hermann Berg, acheteur de la maison new-yorkaise George Borgfeldt & Co., en commande 3 000 exemplaires.

Année Étape Lieu
14 novembre 1902 Chasse de Roosevelt dans le Mississippi Smedes (Mississippi)
16 novembre 1902 Caricature de Berryman dans le Washington Post Washington
1902 Conception du prototype 55 PB par Richard Steiff Giengen (Allemagne)
Mars 1903 Commande de 3 000 ours à la foire de Leipzig Leipzig
1906 Commercialisation sous le nom « Teddy bear » États-Unis
1907 Fondation de l’Ideal Novelty and Toy Company New York

Curiosité pour collectionneurs : aucun exemplaire du 55 PB n’a jamais été retrouvé. Une légende tenace veut que la cargaison ait fait naufrage, mais cette version n’apparaît dans la littérature qu’en 1953. L’hypothèse la plus solide reste celle d’une fragilité de construction, les membres étant reliés par de simples cordelettes.

Une journée sans fondateur identifié

Contrairement aux journées mondiales instituées par une résolution des Nations unies, la Journée internationale des oursons en peluche ne dispose ni d’acte fondateur, ni de promoteur identifiable, ni de reconnaissance institutionnelle. Elle est apparue aux États-Unis sous le nom de National Teddy Bear Day, fixée au 9 septembre, sans que la raison de ce choix de date soit documentée par une source primaire. Sa diffusion internationale s’est faite par le commerce, la presse et les réseaux sociaux.

Ce statut ne la disqualifie pas, mais il impose une formulation exacte : il s’agit d’une journée d’origine populaire et commerciale, non d’une journée officielle.

Objectifs de la journée

  • Transmettre une mémoire industrielle : rappeler l’origine du jouet et le rôle des maisons Steiff et Ideal.
  • Valoriser la fonction affective du jouet : reconnaître le rôle du doudou dans la construction émotionnelle de l’enfant.
  • Soutenir les collectes solidaires : hôpitaux pédiatriques, services de secours, associations de l’enfance.
  • Encourager la conservation et la réparation : entretien, restauration et transmission des peluches anciennes.

L’importance des oursons en peluche

L’ourson en peluche, célébré le 9 septembre, dépasse de loin le statut de jouet. Son intérêt se lit sur trois plans : psychologique, économique et social.

Le doudou, un « objet transitionnel »

C’est le pédiatre et psychanalyste britannique Donald Winnicott qui, dans un article de 1953 publié dans l’International Journal of Psycho-Analysis, théorise la notion d’objet transitionnel. L’objet transitionnel n’est ni tout à fait l’enfant, ni tout à fait le monde extérieur : il occupe une aire intermédiaire qui permet à l’enfant de supporter la séparation d’avec sa mère.

Selon Winnicott, cet attachement apparaît généralement entre 4 et 12 mois. L’objet est choisi par l’enfant, jamais imposé : il doit pouvoir être malmené, sali, aimé, et surtout ne pas être remplacé ni lavé sans précaution, puisque son odeur fait partie de sa fonction.

Cette lecture explique pourquoi tant d’adultes conservent leur peluche d’enfance : l’objet n’est pas un jouet dont on se lasse, mais un support de sécurité intériorisée.

Un marché industriel né en cinq ans

La demande américaine a provoqué en Allemagne une croissance industrielle spectaculaire :

Année Production annuelle d’ours chez Steiff
1903 Commande initiale de 3 000 exemplaires
1906 Environ 400 000
1907 Près d’un million

L’entreprise est rebaptisée Margarete Steiff GmbH en 1906, année où l’appellation « Teddy bear » s’impose commercialement aux États-Unis. Le marché de la peluche ancienne reste actif : les ours Steiff d’avant 1914 figurent parmi les jouets les plus recherchés en salle des ventes.

Un outil social et humanitaire

La peluche est utilisée depuis des décennies comme outil de médiation par les services de secours, les hôpitaux pédiatriques et les associations. Sa fonction est double : apaiser un enfant en situation de choc et servir de support de parole lorsque l’enfant ne peut pas décrire lui-même ce qu’il a vécu. C’est cette dimension qui justifie l’essentiel des collectes organisées autour du 9 septembre.

Le nounours à travers le monde

La Journée internationale des oursons en peluche du 9 septembre recouvre des traditions très différentes selon les pays.

En France : Nounours et doudou

La France a donné au nounours une figure télévisuelle durable. Dans Bonne nuit les petits, série créée par Claude et Christine Laydu et diffusée à partir du 10 décembre 1962 sur la RTF, l’ours descend chaque soir de son nuage pour souhaiter bonne nuit aux enfants. Le personnage s’appelait initialement « Gros Ours » avant de devenir Nounours, nom sous lequel il est resté à l’antenne, sous diverses formes, jusqu’en 1997. Christine Laydu fabriquait elle-même la marionnette.

Le mot doudou, lui, s’est imposé dans le vocabulaire éducatif français et se retrouve aujourd’hui dans les documents des crèches et des maternités.

En Allemagne : le berceau industriel

Giengen an der Brenz, siège de Steiff, abrite le musée de l’entreprise. L’Allemagne conserve la mémoire technique du jouet : matériaux, brevets, bouton dans l’oreille (Knopf im Ohr), marque déposée qui sert encore aujourd’hui à authentifier les pièces.

Au Royaume-Uni : la littérature avant l’industrie

Le monde anglo-saxon a donné à l’ours en peluche ses personnages majeurs, de Winnie l’ourson à Paddington. Le premier musée entièrement consacré à l’ours en peluche, le Teddy Bear Museum, y ouvre en 1984, à Petersfield dans le Hampshire.

En Asie : le musée et le collectionneur

La Corée du Sud accueille sur l’île de Jeju un musée de l’ours en peluche qui conserve plusieurs pièces de record mondial. Le Japon et la Chine sont aujourd’hui des marchés majeurs de la peluche de collection et du personnage sous licence.

Défis et enjeux contemporains

La Journée internationale des oursons en peluche, le 9 septembre, ne se limite pas à la nostalgie. Le secteur affronte trois séries de contraintes.

Sécurité et normes

En Europe, les jouets sont soumis à la directive 2009/48/CE et à la série de normes harmonisées EN 71 (propriétés mécaniques, inflammabilité, migration de substances chimiques). Pour les peluches destinées aux moins de 3 ans, les points de vigilance portent sur les petits éléments détachables, en particulier les yeux et le nez, ainsi que sur la solidité des coutures. Une peluche ancienne, aussi précieuse soit-elle, ne répond pas aux normes actuelles et ne doit pas être laissée à un nourrisson.

Matériaux et empreinte environnementale

Le mohair d’origine a cédé la place au polyester, dérivé du pétrole, à la fois pour le pelage et pour le rembourrage. Cette évolution pose la question du recyclage en fin de vie : une peluche mêle textiles, plastiques et parfois composants électroniques, ce qui rend le tri difficile. Les filières de réemploi, de nettoyage professionnel et de restauration constituent la réponse la plus directe.

Surproduction et transmission

Le nombre de peluches par enfant a fortement augmenté avec le jouet promotionnel et le personnage sous licence. Or l’attachement, lui, reste par nature exclusif : un enfant a un doudou, pas quinze. Le décalage entre le volume produit et la fonction affective réellement occupée est le principal angle mort du secteur.

Comment célébrer la Journée internationale des oursons en peluche

Autour de la mémoire familiale

  • Ressortir sa propre peluche d’enfance et en raconter l’histoire aux plus jeunes.
  • Photographier et documenter les peluches anciennes de la famille : fabricant, date approximative, provenance.
  • Vérifier la présence d’un bouton dans l’oreille ou d’une étiquette de fabricant, indices d’une pièce de collection.

Autour de l’entretien

  • Dépoussiérer une peluche ancienne à la brosse douce plutôt qu’en machine.
  • Recoudre les coutures fragilisées avant qu’elles ne s’ouvrent.
  • Conserver à l’abri de la lumière directe et de l’humidité, qui altèrent le mohair.

Autour de la solidarité

  • Donner des peluches neuves aux services pédiatriques et aux associations : la plupart des structures hospitalières refusent les peluches d’occasion pour des raisons d’hygiène.
  • Se renseigner auprès des collectivités locales sur les collectes organisées en septembre.

En ligne

  • Partager une photo de sa peluche avec les mots-clics #TeddyBearDay, #JournéeDuNounours ou #NounoursDay.
  • Publier un souvenir d’enfance associé à l’objet, format qui fonctionne bien sur les réseaux le 9 septembre.

Les oursons en peluche dans la culture populaire

Personnage Créateur Première apparition Origine
Winnie l’ourson A. A. Milne (texte) et E. H. Shepard (illustrations) 1926 Royaume-Uni
Paddington Michael Bond 1958 Royaume-Uni
Nounours Claude et Christine Laydu 1962 France
Corduroy Don Freeman 1968 États-Unis

Winnie l’ourson naît en 1926 sous la plume d’A. A. Milne. Le personnage doit son nom à une ourse noire baptisée Winnipeg, hébergée au zoo de Londres, que le fils de l’auteur, Christopher Robin, allait régulièrement voir.

Paddington, créé par Michael Bond en 1958, arrive du « Pérou le plus profond » et se retrouve seul sur un quai de la gare londonienne de Paddington, une étiquette autour du cou. Le personnage a été explicitement conçu à partir du souvenir des enfants évacués pendant la Seconde Guerre mondiale.

Corduroy, album de Don Freeman paru en 1968, raconte l’histoire d’un ours de grand magasin auquel il manque un bouton, et qui attend qu’on l’emmène chez lui.

Records et pièces d’exception

  • L’ours en peluche le plus cher : un Steiff habillé par Louis Vuitton, de 45 cm, adjugé 213 720 euros chez Christie’s à Monaco le 14 octobre 2000, au profit d’une association monégasque. Il est aujourd’hui conservé au musée de l’ours en peluche de Jeju, en Corée du Sud. Attention : de nombreux sites francophones annoncent près de 2 millions d’euros pour cette vente. Le chiffre homologué par le Guinness World Records est bien de 213 720 euros.
  • La plus grande collection d’ours en peluche : 20 367 pièces, réunies par Arnóczki Istvánné, record homologué le 27 avril 2019 à Harsány, en Hongrie.
  • Le prototype introuvable : aucun des 3 000 exemplaires du Steiff 55 PB produits en 1903 n’a jamais refait surface.

Foire aux questions

Quand a lieu la Journée internationale des oursons en peluche ? La Journée internationale des oursons en peluche a lieu le 9 septembre, à date fixe chaque année. Elle est connue dans les pays anglophones sous le nom de Teddy Bear Day.

La Journée internationale des oursons en peluche est-elle reconnue par l’ONU ? Non, la Journée internationale des oursons en peluche n’est reconnue ni par l’ONU ni par l’UNESCO. Il s’agit d’une journée d’origine américaine, sans résolution fondatrice, relayée par les fabricants, les musées du jouet et les associations.

Pourquoi l’ours en peluche s’appelle-t-il « teddy bear » ? L’ours en peluche s’appelle « teddy bear » en référence à Theodore « Teddy » Roosevelt, président des États-Unis, qui refusa le 14 novembre 1902 de tirer sur un ours attaché lors d’une chasse dans le Mississippi. Le commerçant Morris Michtom obtint son autorisation pour baptiser sa peluche « Teddy’s bear ». L’appellation s’impose commercialement à partir de 1906.

Qui a inventé le premier ours en peluche ? Deux inventions simultanées et indépendantes se disputent la paternité du premier ours en peluche : celle de Morris et Rose Michtom à Brooklyn, et celle de Richard Steiff en Allemagne, dont le prototype 55 PB, conçu en 1902, fut présenté à la foire de Leipzig en mars 1903. Le modèle Steiff est le premier ours en peluche articulé.

Pourquoi dit-on « nounours » en français ? On dit « nounours » en français par redoublement affectueux du mot « ours », sur le modèle des mots enfantins. Le personnage de Nounours, ours de la série télévisée Bonne nuit les petits diffusée à partir de décembre 1962, a durablement ancré le terme dans le langage courant.

À quel âge un enfant s’attache-t-il à son doudou ? Un enfant s’attache généralement à son doudou entre 4 et 12 mois, selon les travaux du pédiatre Donald Winnicott sur l’objet transitionnel. Cet objet est choisi par l’enfant lui-même et ne peut pas être remplacé par un adulte : c’est précisément son unicité qui lui donne sa fonction rassurante.

Un jouet qui n’a jamais cessé d’être utile

En un peu plus d’un siècle, l’ourson en peluche est passé du statut de nouveauté commerciale à celui d’objet de première nécessité affective. Il accompagne les premières nuits, les hospitalisations, les déménagements et parfois les deuils. Ce 9 septembre, la meilleure façon de célébrer les oursons en peluche tient sans doute en deux gestes simples : ressortir le sien, et en offrir un neuf à un enfant qui n’en a pas.

Sébastien LETT

A propos de l'auteur

Entrepreneur web et e-commerce, fondateur de l'agence Alcaweb, de la société de vente en ligne Cookam, je suis également le créateur d’Ephéméride du jour, un site éditorial consacré aux dates, à l’histoire quotidienne, aux saints du jour, aux journées mondiales, aux événements marquants et aux anecdotes qui accompagnent chaque jour de l’année. À travers ce projet, j’ai souhaité créer un rendez-vous quotidien accessible, clair et vivant, pour permettre à chacun de découvrir ce qui s’est passé un jour précis : naissances célèbres, décès marquants, faits historiques, traditions, citations, records, curiosités et repères culturels. Passionné à la fois par le web et par l'histoire, mon objectif est simple : faire de chaque date une porte d’entrée vers l’histoire, la culture générale et la mémoire collective, en mêlant grands événements, petites histoires et anecdotes qui donnent du sens à chaque journée.

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