Deux fois par an, au printemps puis à l’automne, la Journée mondiale des oiseaux migrateurs attire l’attention du monde entier sur ces voyageurs du ciel qui relient les continents. Portée par deux traités des Nations unies — la Convention sur les espèces migratrices (CMS) et l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA) — en partenariat avec l’organisation américaine Environment for the Americas (EFTA), cette campagne mondiale de sensibilisation rappelle une évidence trop souvent oubliée : aucun pays ne peut protéger seul un oiseau qui traverse trente frontières en un seul voyage.

Cette journée n’a pas de date fixe. Elle est célébrée le deuxième samedi de mai, quand les migrateurs remontent vers leurs sites de nidification, et le deuxième samedi d’octobre, quand ils redescendent vers leurs quartiers d’hiver. Ce double rendez-vous reflète une réalité biologique : la migration ne se produit pas au même moment dans l’hémisphère nord et dans l’hémisphère sud.
L’essentiel sur la Journée mondiale des oiseaux migrateurs
| Élément | Information |
|---|---|
| Dates | Deuxième samedi de mai et deuxième samedi d’octobre |
| Première édition | 2006, lancée au Kenya |
| Organisateurs | CMS et AEWA (traités administrés par le PNUE) + Environment for the Americas |
| Partenaires associés | BirdLife International, Wetlands International, EAAFP |
| Portée | Plus de 100 pays, plusieurs milliers d’événements par édition |
| Hashtag officiel | #WorldMigratoryBirdDay / #WMBD |
| Site officiel | worldmigratorybirdday.org |
C’est quoi, la migration des oiseaux ?
La migration désigne un déplacement saisonnier régulier entre une aire de reproduction et une aire d’hivernage. Ce n’est pas le froid qui déclenche le départ, mais la raréfaction des ressources alimentaires : quand les insectes disparaissent en automne, les espèces strictement insectivores comme les hirondelles n’ont d’autre choix que de partir.
Combien d’oiseaux migrent réellement ?
Selon les estimations couramment citées, environ 50 milliards d’oiseaux, représentant près de 19 % des quelque 10 000 espèces d’oiseaux du monde, effectuent chaque année une migration à longue distance. Cette proportion atteint 50 % chez les espèces qui se reproduisent aux hautes latitudes nord.
Les grandes stratégies migratoires
| Stratégie | Principe | Espèces types |
|---|---|---|
| Migrateurs stricts | La totalité de la population quitte l’aire de reproduction | Hirondelle rustique, martinet noir, cigogne blanche |
| Migrateurs partiels | Une partie seulement des individus migre, selon l’origine géographique | Merle noir, rouge-gorge familier |
| Sédentaires | Aucun déplacement saisonnier significatif | Mésange charbonnière, pic vert |
Vol battu et vol à voile
Deux techniques coexistent, avec des conséquences radicalement différentes sur les itinéraires.
- Le vol à voile : les planeurs (rapaces, cigognes) exploitent les ascendances thermiques pour s’élever sans effort, puis planent jusqu’à la suivante. Comme ces ascendances n’existent pas au-dessus de l’eau, ils sont contraints de franchir la Méditerranée par ses parties les plus étroites. Les détroits de Gibraltar, du Bosphore et de Messine deviennent ainsi des goulets d’étranglement où transitent des centaines de milliers d’oiseaux.
- Le vol battu : très coûteux en énergie, il impose de constituer d’importantes réserves de graisse avant le départ et lors des haltes. En contrepartie, il affranchit l’oiseau des contraintes du relief et permet des vols de plusieurs jours consécutifs, y compris au-dessus des océans.
Origine et histoire de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs
Une journée née d’une crise sanitaire
La Journée mondiale des oiseaux migrateurs a été lancée au Kenya en 2006 par la CMS et l’AEWA. Le contexte est particulier : à cette époque, les oiseaux migrateurs subissent une publicité désastreuse à l’échelle mondiale, soupçonnés d’être les vecteurs du virus H5N1 de la grippe aviaire hautement pathogène. La campagne naît donc d’une double intention : rétablir l’image des migrateurs et promouvoir leur conservation.
La fusion de 2018 et le passage à deux dates
Pendant plus de dix ans, deux campagnes distinctes coexistent de part et d’autre de l’Atlantique : la Journée mondiale des oiseaux migrateurs (CMS/AEWA) en Europe, en Afrique et en Asie, et l’International Migratory Bird Day (IMBD), coordonné dans les Amériques par Environment for the Americas. En 2018, les deux initiatives fusionnent en une campagne unifiée. C’est de cette fusion que naît le calendrier actuel à deux dates annuelles, mieux adapté aux pics de migration des différentes régions du globe.
Chronologie de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs
| Année | Étape |
|---|---|
| 1979 | Adoption de la Convention de Bonn (CMS) sur les espèces migratrices |
| 1995 | Adoption de l’Accord AEWA sur les oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie |
| 2006 | Lancement de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs au Kenya |
| 2018 | Fusion avec l’International Migratory Bird Day et adoption de deux dates annuelles |
| 2024 | Publication du premier rapport mondial State of the World’s Migratory Species |
Objectifs principaux
- Sensibiliser le grand public : faire connaître les oiseaux migrateurs, leurs itinéraires et les menaces qui pèsent sur eux.
- Promouvoir la coopération internationale : rappeler qu’une espèce migratrice ne peut être sauvée que si tous les pays de son parcours agissent de concert.
- Protéger les habitats critiques : zones humides, vasières, haltes migratoires, corridors écologiques.
- Mobiliser les acteurs locaux : associations, écoles, collectivités, réserves naturelles.
- Alimenter la connaissance scientifique : encourager les comptages, le baguage et les sciences participatives.
Pourquoi les oiseaux migrateurs comptent
Un rôle écologique irremplaçable
Les oiseaux migrateurs assurent des fonctions écologiques que peu d’autres groupes peuvent remplir à une telle échelle géographique : régulation des populations d’insectes, dispersion de graines sur des milliers de kilomètres, pollinisation, transfert de nutriments entre écosystèmes distants. Un héron qui hiverne au Sahel et niche en Camargue relie fonctionnellement deux mondes.
Des indicateurs de la santé des écosystèmes
Largement répartis, occupant des niches écologiques variées et présentant des régimes alimentaires diversifiés, les oiseaux constituent d’excellents indicateurs de l’état de santé des écosystèmes. C’est précisément pourquoi leur suivi mobilise depuis plus de trente ans des réseaux d’observateurs sur tous les continents.
Des chiffres qui inquiètent
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Espèces migratrices inscrites à la CMS en déclin | 49 % (contre 44 % deux ans plus tôt) |
| Espèces migratrices menacées d’extinction | 24 % (contre 22 % précédemment) |
| Espèces d’oiseaux inscrites à la CMS en tendance négative | 48 % |
| Espèces d’oiseaux inscrites à la CMS en progression | 13 % |
| Sites suivis importants pour les espèces CMS menacés par les activités humaines | 58 % |
Ces données proviennent du rapport State of the World’s Migratory Species et de sa mise à jour intermédiaire, publiés par la CMS. Elles portent sur les espèces inscrites aux annexes de la Convention, pas sur l’ensemble de la faune migratrice mondiale.
Les grandes voies de migration à travers le monde
Les oiseaux ne se déplacent pas au hasard. Ils empruntent des corridors ancestraux appelés voies de migration (flyways), jalonnés de haltes indispensables où ils reconstituent leurs réserves.
| Voie de migration | Zone couverte | Sites emblématiques |
|---|---|---|
| Est-atlantique | De l’Arctique à l’Afrique de l’Ouest | Mer des Wadden, Doñana, Banc d’Arguin |
| Afrique-Eurasie (continentale) | Europe, Moyen-Orient, Afrique | Bosphore, vallée du Rift, delta du Nil |
| Amériques | De l’Alaska et du Canada à la Patagonie | Golfe du Mexique, Delaware Bay, Patagonie |
| Asie orientale – Australasie | De la Sibérie à l’Australie | Mer Jaune, delta du Bohai, Kakadu |
À ces voies terrestres et côtières s’ajoutent désormais les voies de migration marines. Des travaux de BirdLife International ont permis d’identifier six grands corridors océaniques, reliant plus de 50 pays et concernant plus de 150 espèces d’oiseaux marins — un cadre nouveau pour la conservation en haute mer.
Des variations régionales marquées
En Europe et en Afrique, la migration s’organise autour des grands isthmes et des zones humides. Dans les Amériques, elle suit les axes nord-sud du continent avec des concentrations spectaculaires sur les côtes du golfe du Mexique. En Asie orientale, elle dépend de manière critique des vasières intertidales de la mer Jaune, dont la disparition progressive constitue l’une des menaces les plus documentées au monde pour les limicoles.
Les défis contemporains des oiseaux migrateurs
La destruction et la fragmentation des habitats
La perte des habitats, principalement liée à l’agriculture intensive, à l’urbanisation et au drainage des zones humides, reste la première cause de déclin de l’avifaune migratrice. Un migrateur peut trouver son site de reproduction intact et son site d’hivernage préservé : si la halte intermédiaire a disparu, le voyage devient impossible.
Le prélèvement illégal
C’est la deuxième cause d’extinction à l’échelle mondiale. Une enquête de référence de BirdLife International a estimé à environ 25 millions le nombre d’oiseaux tués illégalement chaque année dans le pourtour méditerranéen : abattus, piégés au filet ou à la glu, empoisonnés. Le pinson des arbres, la fauvette à tête noire, la caille et la grive musicienne figurent parmi les espèces les plus touchées.
Un rapport ultérieur, The Killing 3.0, publié par BirdLife International et EuroNatur, dresse un bilan sévère : sur 46 pays évalués, 38 — dont la France — ne sont pas en bonne voie pour atteindre l’objectif de réduction de moitié du braconnage d’ici 2030, fixé par le Plan stratégique de Rome de la CMS.
Les infrastructures et la pollution lumineuse
Lignes électriques, éoliennes mal implantées, tours de télécommunication, baies vitrées : les obstacles artificiels provoquent des collisions massives, particulièrement chez les migrateurs nocturnes désorientés par l’éclairage urbain.
Le décalage phénologique
Le changement climatique modifie les calendriers. Les migrateurs transsahariens reviennent globalement plus tôt sur leurs sites de reproduction. Mais si les insectes émergent encore plus tôt qu’eux, les oiseaux arrivent après le pic de nourriture nécessaire à l’élevage des jeunes — un décalage aux conséquences démographiques lourdes.
La grippe aviaire
Paradoxe de l’histoire : la journée est née d’une accusation portée contre les migrateurs en pleine crise du H5N1. Vingt ans plus tard, la grippe aviaire hautement pathogène est redevenue une menace majeure pour les populations d’oiseaux sauvages elles-mêmes, avec des mortalités de masse documentées chez plusieurs espèces coloniales.

Comment participer à la Journée mondiale des oiseaux migrateurs
Rejoindre un événement de terrain
Partout dans le monde, la journée donne lieu à des sorties d’observation guidées, des festivals ornithologiques, des séances de baguage démonstratif, des expositions et des ateliers scolaires. En France, les associations naturalistes et les réserves naturelles organisent régulièrement des animations autour de ces dates.
Contribuer aux sciences participatives
C’est sans doute la contribution la plus directe. Chaque observation transmise alimente des bases de données qui servent ensuite aux décisions de conservation.
- Saisir ses observations sur les portails naturalistes nationaux
- Participer aux comptages coordonnés (oiseaux des jardins, oiseaux d’eau hivernants)
- Rejoindre un site de suivi de la migration comme observateur bénévole
- Signaler les oiseaux bagués observés
Agir chez soi
- Installer des dispositifs anti-collision sur les grandes surfaces vitrées
- Réduire l’éclairage extérieur nocturne pendant les pics de migration
- Planter des espèces végétales indigènes produisant baies et insectes
- Laisser un point d’eau accessible et propre
- Bannir les pesticides du jardin
Relayer la campagne en ligne
Les partenaires diffusent chaque année une affiche officielle, des supports pédagogiques multilingues et une carte mondiale des événements enregistrés. Le relais sur les réseaux sociaux se fait avec les mots-clés #WorldMigratoryBirdDay et #WMBD.
La France et les oiseaux migrateurs
Un carrefour migratoire majeur
La France occupe une position stratégique : elle se situe à l’intersection de la voie est-atlantique et des routes continentales vers l’Afrique. Sur les 350 à 400 espèces d’oiseaux régulièrement recensées sur le territoire, au moins 319 sont migratrices, selon l’Atlas des oiseaux migrateurs de France publié par le Muséum national d’Histoire naturelle et la LPO. Autrement dit, la grande majorité de l’avifaune française effectue un déplacement saisonnier, total ou partiel.
Le constat national reste préoccupant : le programme de Suivi temporel des oiseaux communs (STOC), mené depuis 1989 par un réseau d’ornithologues bénévoles sur les 123 espèces les plus communes, a mis en évidence un déclin marqué de nombreuses espèces sur trois décennies, avec une chute particulièrement forte des oiseaux liés au milieu bâti.
Un cadre juridique européen et international
| Instrument | Portée |
|---|---|
| Directive Oiseaux 2009/147/CE | Conservation de toutes les espèces d’oiseaux sauvages européens ; vise 617 espèces |
| Zones de protection spéciale (ZPS) | 403 sites désignés en France au titre de la directive Oiseaux |
| Convention de Berne (1979) | Protection de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe |
| CMS / Convention de Bonn | Coopération internationale sur les espèces migratrices |
| Accord AEWA | Oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie |
La directive Oiseaux interdit explicitement les méthodes de capture massive ou non sélective. C’est sur ce fondement que le Conseil d’État a jugé illégale la chasse à la glu en France, par trois décisions du 28 juin 2021, après que la Cour de justice de l’Union européenne eut tranché le 17 mars de la même année à l’issue d’un recours porté par la LPO et One Voice.
Les grands sites français d’observation de la migration
| Site | Département | Période de suivi | Type de migration |
|---|---|---|---|
| Col d’Organbidexka | Pyrénées-Atlantiques | 15 juillet – 15 novembre | Postnuptiale |
| Pointe de Grave | Gironde | 1er mars – 31 mai | Prénuptiale |
| Cap Ferret | Gironde | 1er septembre – 15 novembre | Postnuptiale |
| Défilé de l’Écluse | Ain / Haute-Savoie | Automne | Postnuptiale |
| Col de l’Escrinet | Ardèche | Printemps | Prénuptiale |
| Pointe de l’Aiguillon | Vendée | Variable | Limicoles |
Le suivi d’Organbidexka, engagé dès 1979, a notamment permis de quantifier l’effondrement de la population européenne de Milan royal — un exemple concret de ce que les comptages bénévoles apportent à la décision publique.
Des pionniers français de la protection des migrateurs
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a été fondée en 1912 précisément pour mettre fin au massacre des Macareux moines en Bretagne. Dès le 28 août 1912, l’association obtenait du préfet des Côtes-du-Nord un arrêté d’interdiction de la chasse sur l’archipel des Sept-Îles, créant de fait la première réserve ornithologique française. Reconnue d’utilité publique en 1986, la LPO est aujourd’hui le partenaire français de BirdLife International.
Les méthodes d’étude ont considérablement évolué : au baguage historique se sont ajoutés le suivi acoustique nocturne, les balises satellitaires et GSM, et les plateformes de données en flux continu. La contribution française à l’EuroBirdPortal, base européenne agrégeant les données de 29 pays, est fournie par la démarche multi-associative Faune-France, animée par la LPO.
Records et faits remarquables 🐦
- 13 560 km sans escale : en octobre 2022, une jeune Barge rousse équipée d’une balise GPS a relié l’Alaska à la Tasmanie en onze jours et onze nuits, sans se poser, sans boire ni manger, à une vitesse moyenne d’environ 50 km/h. Le record a été homologué par le Guinness World Records.
- Près de 100 000 km par an : la Sterne arctique effectue chaque année un aller-retour entre l’Arctique et l’Antarctique, l’un des plus longs trajets migratoires connus du règne animal.
- 5 000 km en 5 jours : le Courlis corlieu, hivernant sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, peut rejoindre son Islande natale d’une seule traite.
- Un juvénile sans guide : la Barge rousse recordwoman de 2022 n’avait que cinq mois. Chez de nombreuses espèces, les jeunes accomplissent leur premier voyage sans accompagnement adulte, guidés par une information héritée.
En 2027, les deuxièmes samedis de mai et d’octobre tombent le 8 mai et le 9 octobre. Cette journée possède deux rendez-vous annuels mobiles.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de la diversité biologique, Journée mondiale de la vie sauvage, Journée mondiale du moineau.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale des oiseaux migrateurs
Quand a lieu la Journée mondiale des oiseaux migrateurs ?
La Journée mondiale des oiseaux migrateurs a lieu deux fois par an : le deuxième samedi de mai et le deuxième samedi d’octobre. Sa date change donc chaque année. Ce double rendez-vous correspond aux deux grands pics migratoires, la remontée printanière vers les sites de nidification et la descente automnale vers les zones d’hivernage, et tient compte du fait que la migration ne se déroule pas simultanément dans les deux hémisphères.
Qui a créé la Journée mondiale des oiseaux migrateurs ?
La Journée mondiale des oiseaux migrateurs a été créée en 2006 au Kenya par la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) et l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), deux traités administrés par le Programme des Nations unies pour l’environnement. Depuis la fusion de 2018 avec l’International Migratory Bird Day, la campagne est co-organisée avec l’organisation à but non lucratif Environment for the Americas.
Pourquoi la Journée mondiale des oiseaux migrateurs est-elle célébrée deux fois par an ?
La Journée mondiale des oiseaux migrateurs est célébrée deux fois par an parce que la migration est un cycle annuel qui ne culmine pas au même moment selon les régions du monde. Le deuxième samedi de mai correspond au passage prénuptial dans l’hémisphère nord ; le deuxième samedi d’octobre correspond au retour postnuptial. Ce calendrier à deux dates a été adopté en 2018 lors de l’unification des campagnes européenne et américaine.
Combien d’espèces d’oiseaux migrent dans le monde ?
Selon les estimations couramment retenues, environ 19 % des quelque 10 000 espèces d’oiseaux du monde migrent sur de longues distances, soit environ 50 milliards d’individus chaque année. Cette proportion grimpe jusqu’à 50 % chez les espèces qui se reproduisent aux hautes latitudes de l’hémisphère nord, où la saison favorable est la plus courte.
Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les oiseaux migrateurs ?
Les principales menaces qui pèsent sur les oiseaux migrateurs sont, par ordre d’importance, la destruction et la fragmentation des habitats — en particulier des zones humides et des haltes migratoires —, la surexploitation directe dont le braconnage, les collisions avec les infrastructures humaines, la pollution lumineuse, le changement climatique et ses décalages phénologiques, ainsi que la grippe aviaire hautement pathogène.
Combien d’espèces migratrices la France accueille-t-elle ?
La France accueille au moins 319 espèces d’oiseaux migrateurs, sur les 350 à 400 espèces régulièrement recensées sur le territoire, d’après l’Atlas des oiseaux migrateurs de France du Muséum national d’Histoire naturelle et de la LPO. Le pays constitue un carrefour migratoire majeur, situé à l’intersection de la voie est-atlantique et des routes continentales vers l’Afrique.
Chaque battement d’aile relie le monde
Un oiseau ne connaît ni douane ni passeport. En franchissant les frontières, il rappelle à chaque printemps et à chaque automne que les écosystèmes de la planète forment un ensemble continu, et que protéger une hirondelle en France n’a de sens que si le Sahel où elle hiverne reste habitable.
La Journée mondiale des oiseaux migrateurs n’est pas une commémoration : c’est une convocation. Le deuxième samedi de mai et le deuxième samedi d’octobre, il suffit d’une paire de jumelles, d’un carnet et d’un peu de patience pour rejoindre les millions d’observateurs qui, partout dans le monde, transforment un regard vers le ciel en donnée scientifique. Levez les yeux : ils sont déjà en route.
