3 mars : Journée mondiale de la vie sauvage

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Journée mondiale de la vie sauvage — Renard roux dans une clairière.

Chaque 3 mars, la Journée mondiale de la vie sauvage invite la planète entière à célébrer la faune et la flore sauvages et à mesurer ce que l’humanité leur doit. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 décembre 2013, elle n’a pas été placée au hasard dans le calendrier : le 3 mars est l’anniversaire exact de l’adoption, à Washington en 1973, de la CITES, la convention qui encadre le commerce international des espèces menacées d’extinction.

Journée mondiale de la vie sauvage — Pangolin marchant sur le sol d’un sous-bois.

Derrière la célébration, un constat brutal : sur les 175 909 espèces évaluées par l’Union internationale pour la conservation de la nature, près de 49 500 sont classées menacées. La Journée mondiale de la vie sauvage sert donc autant à s’émerveiller qu’à alerter.

Élément Détail
Nom officiel Journée mondiale de la vie sauvage (World Wildlife Day)
Date 3 mars, chaque année (date fixe)
Instituée par Assemblée générale des Nations unies
Résolution fondatrice A/RES/68/205, adoptée sans vote le 20 décembre 2013
Première édition 3 mars 2014
Origine du choix de la date Adoption de la CITES le 3 mars 1973 à Washington D.C.
Organisme chef de file Secrétariat de la CITES (Genève)
Portée Mondiale — faune et flore sauvages

C’est quoi la vie sauvage ?

L’expression « vie sauvage » traduit l’anglais wildlife, et c’est là que se joue un contresens fréquent. En français, on entend spontanément « animaux sauvages ». Or l’intitulé onusien couvre explicitement la faune et la flore sauvages : mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, insectes, mais aussi arbres, plantes, champignons et algues.

Cette précision n’est pas cosmétique. Dans les annexes de la CITES, les végétaux sont largement majoritaires : environ 34 310 espèces de plantes contre 6 610 espèces animales protégées à des degrés divers, sur un total dépassant les 40 900 espèces (données de janvier 2026). L’orchidée sauvage, le bois de rose ou l’aloès sont donc, au regard du droit international, aussi « sauvages » que l’éléphant ou le pangolin.

On distingue habituellement trois niveaux d’approche :

  • L’espèce : l’unité de base de la conservation, évaluée individuellement selon son risque d’extinction.
  • La population : un groupe d’individus d’une même espèce sur un territoire donné, dont l’effondrement peut précéder de loin la disparition de l’espèce entière.
  • L’écosystème : le réseau d’interactions sans lequel les deux premiers niveaux n’ont plus de sens fonctionnel.

Une espèce peut ainsi rester officiellement « non menacée » tout en ayant perdu l’essentiel de ses effectifs et donc de son rôle écologique — ce que les spécialistes appellent l’extinction fonctionnelle.


Origine et histoire de la Journée mondiale de la vie sauvage

Du traité de Washington de 1973 à la résolution onusienne

L’histoire commence en 1963, quand l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) appelle à un traité international encadrant le commerce des espèces sauvages. Un premier projet est rédigé en 1964. Il faudra près de dix ans de négociations pour aboutir : le 3 mars 1973, à Washington D.C., les représentants de 80 pays finalisent le texte de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Vingt et un États la signent dans la foulée. Ouverte à signature jusqu’au 31 décembre 1974, elle entre en vigueur le 1er juillet 1975, après la dixième ratification.

Quarante ans plus tard, la 16e Conférence des Parties à la CITES (CoP16) se réunit à Bangkok du 3 au 14 mars 2013 — une date d’ouverture choisie pour coïncider avec l’anniversaire du traité. La Thaïlande, pays hôte, y dépose une proposition invitant à faire du 3 mars la Journée mondiale de la vie sauvage. Elle est adoptée par consensus (résolution Conf. 16.1) et transmise à New York.

À l’ONU, le projet de résolution est présenté en Deuxième Commission par les Fidji, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, le 31 octobre 2013 (document A/C.2/68/L.23). Le texte définitif est adopté sans vote le 20 décembre 2013, lors de la 71e séance plénière de la 68e session, au titre du point 19 de l’ordre du jour consacré au développement durable. La première édition se tient le 3 mars 2014.

Chronologie de la Journée mondiale de la vie sauvage

Date Étape
1963 L’UICN appelle à une convention internationale sur le commerce des espèces sauvages
3 mars 1973 Adoption du texte de la CITES à Washington D.C. par 80 délégations ; 21 États signataires
1er juillet 1975 Entrée en vigueur de la CITES après la 10e ratification
9 août 1978 Entrée en vigueur de la CITES pour la France (ratification du 11 mai 1978)
3–14 mars 2013 CoP16 à Bangkok : la Thaïlande fait adopter la résolution Conf. 16.1
31 octobre 2013 Projet de résolution déposé à l’ONU par les Fidji au nom du G77 et de la Chine
20 décembre 2013 Adoption sans vote de la résolution A/RES/68/205
3 mars 2014 Première Journée mondiale de la vie sauvage
24 nov.–5 déc. 2025 CoP20 à Samarcande (Ouzbékistan), 50 ans après l’entrée en vigueur de la convention

Les objectifs de la Journée mondiale de la vie sauvage

La résolution de 2013 et les campagnes annuelles qui en découlent poursuivent quatre finalités :

  • Célébrer la diversité du vivant : faire connaître la variété des formes de faune et de flore sauvages, au-delà des seules espèces emblématiques.
  • Sensibiliser aux bénéfices de la conservation : rappeler que la protection des espèces sert aussi les sociétés humaines, sur les plans alimentaire, sanitaire et économique.
  • Combattre la criminalité liée aux espèces sauvages : intensifier la lutte contre un trafic dont les impacts économiques, environnementaux et sociaux sont massifs.
  • Mobiliser au-delà des États : associer collectivités, entreprises, ONG, écoles et particuliers à une cause longtemps réservée aux diplomates et aux scientifiques.

Importance et impact : pourquoi la vie sauvage nous concerne

Une dépendance humaine directe et sous-estimée

En 2022, l’IPBES — la plateforme scientifique intergouvernementale sur la biodiversité — a publié la première évaluation mondiale de l’usage humain des espèces sauvages. Ses conclusions déplacent le sujet du registre de la contemplation vers celui de la subsistance.

Indicateur (IPBES, 2022) Valeur
Espèces sauvages directement utilisées par l’humanité ~50 000
Dont plantes sauvages 31 400 (dont 7 400 arbres)
Dont espèces aquatiques (poissons, invertébrés) 7 500
Dont amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères 7 500
Dont champignons 1 500
Espèces récoltées pour l’alimentation humaine plus de 10 000
Part des populations pauvres dépendant directement d’espèces sauvages 70 %
Personnes tirant nourriture ou revenus de plantes, algues et champignons sauvages 1 sur 5
Personnes dépendant du bois pour cuisiner 2,4 milliards

Le rapport rappelle aussi que le tourisme en aires protégées générait, avant la pandémie de Covid-19, environ 600 milliards de dollars par an. La vie sauvage n’est pas un décor : c’est une infrastructure économique.

Un état de conservation qui continue de se dégrader

La Liste rouge mondiale de l’UICN constitue l’inventaire de référence. Dans sa version 2026.1, elle livre le tableau suivant.

Groupe Part d’espèces menacées d’extinction
Coraux constructeurs de récifs 44 %
Amphibiens 41 %
Requins et raies 38 %
Arbres 38 %
Mammifères 26 %
Oiseaux 11 %

Sur 175 909 espèces évaluées, 49 505 sont classées menacées, soit environ 28 %. Ce chiffre progresse à chaque mise à jour, en partie parce que de nouveaux groupes taxonomiques sont évalués — les arbres notamment, entrés massivement dans la Liste rouge à partir de 2024 — et en partie parce que la situation de nombreuses espèces s’aggrave réellement.

Un second indicateur, l’Indice Planète Vivante publié par le WWF et la Société zoologique de Londres, mesure l’évolution de l’abondance des populations. Son édition 2024, portant sur 34 836 populations de 5 495 espèces de vertébrés, établit un déclin moyen de 73 % entre 1970 et 2020 : −85 % pour les populations d’eau douce, −69 % pour les terrestres, −56 % pour les marines. Cet indice fait l’objet de discussions méthodologiques dans la communauté scientifique — des travaux publiés en 2024 estiment qu’il surévalue les déclins en raison de biais de calcul. Il indique une tendance robuste, pas une comptabilité d’individus disparus.

Une valeur économique double : légale et criminelle

Le commerce d’espèces sauvages est massif et parfaitement légal dans sa plus grande partie. Sur la période documentée par l’ONUDC, le commerce légal des espèces inscrites à la CITES représentait en moyenne environ 1,8 milliard de dollars par an pour les espèces animales et 9,3 milliards de dollars pour les espèces végétales.

En face, le commerce illicite est estimé à environ 20 milliards de dollars par an, soit à peu près le double du commerce légal. La fourchette historique de référence, issue d’un rapport PNUE-INTERPOL de 2016, allait de 7 à 23 milliards ; le consensus s’établit aujourd’hui autour de 20 milliards. Toute estimation reste par nature imprécise : la valeur d’une saisie varie fortement selon l’endroit de la chaîne où elle intervient.


La vie sauvage à travers le monde : des situations très inégales

Des déclins à géométrie variable

L’Indice Planète Vivante 2024 met en évidence des écarts régionaux considérables :

Région Déclin moyen des populations suivies (1970-2020)
Amérique latine et Caraïbes −95 %
Afrique −76 %
Asie-Pacifique −60 %
Amérique du Nord −39 %
Europe et Asie centrale −35 %

Ces contrastes se lisent mal au premier regard. Les chiffres européens et nord-américains, moins spectaculaires, ne traduisent pas une meilleure santé du vivant mais un effondrement antérieur à 1970 : la déforestation, l’assèchement des zones humides et l’éradication des grands prédateurs y étaient largement accomplis avant que la mesure ne commence. Dans l’hémisphère Sud, la courbe est en train de se produire sous nos yeux.

Des espèces trafiquées différentes selon les continents

Le rapport mondial de l’ONUDC sur la criminalité liée aux espèces sauvages, publié en mai 2024 sur la base des saisies de 2015 à 2021, montre un trafic éclaté : aucune espèce ne représente à elle seule une part dominante des saisies. Les grands blocs sont néanmoins identifiables — bois précieux et plantes ornementales pour l’Asie du Sud-Est, ivoire et corne de rhinocéros pour l’Afrique subsaharienne, reptiles et perroquets pour l’Amérique latine, anguilles et civelles pour l’Europe occidentale.

Des instruments juridiques inégalement appliqués

La CITES compte 185 Parties : 184 États plus l’Union européenne, qui y a adhéré en 2015. Mais la convention n’est pas une loi nationale — c’est un cadre que chaque Partie doit transposer dans son propre droit. Les États membres de l’UE, par exemple, n’appliquent pas directement la CITES mais les règlements européens 338/97 et 865/2006, qui répartissent les espèces en quatre annexes (A, B, C et D) et vont sur certains points au-delà des exigences internationales.


Les défis contemporains de la vie sauvage

Le trafic d’espèces sauvages, une criminalité en expansion

C’est le sujet que la Journée mondiale de la vie sauvage porte le plus explicitement. Les chiffres de l’ONUDC pour 2015-2021 donnent la mesure du phénomène.

Indicateur (ONUDC, rapport 2024) Valeur
Espèces sauvages concernées par le trafic ~4 000
Dont espèces inscrites aux annexes CITES ~3 250
Pays et territoires ayant enregistré des saisies 162
Spécimens et articles saisis (2015-2021) ~13 millions
Volume saisi plus de 16 000 tonnes
Moyenne annuelle ~1,84 million de spécimens

Ces données ne mesurent que la partie émergée : elles reposent sur les saisies déclarées par les États, dont le nombre dépend autant des moyens de contrôle que de l’ampleur réelle des flux.

L’ONUDC observe que la criminalité liée aux espèces sauvages est majoritairement opportuniste — logisticiens et hommes d’affaires faiblement connectés entre eux, qui exploitent indifféremment les circuits légaux et illégaux — plutôt que structurée en organisations hiérarchisées. Mais des groupes criminels lourds y participent aussi, au Mexique ou en Afrique du Sud notamment, où des organisations de trafic de drogue se sont diversifiées vers le bois et les produits de la faune.

Un risque sanitaire de premier plan

C’est l’enjeu le moins visible et sans doute le plus préoccupant. Environ 60 % des maladies infectieuses affectant l’humain sont d’origine animale, et 70 % des maladies émergentes proviennent de la faune sauvage. Les émergences du SARS-CoV-1 et 2, du VIH, d’Ebola ou du mpox sont toutes liées à des contacts avec des animaux sauvages ou à la consommation de leur viande.

Or les produits circulant dans les circuits illégaux échappent par définition à toute chaîne de contrôle vétérinaire ou de quarantaine. Le trafic n’est donc pas seulement un problème de conservation : c’est un problème de sécurité sanitaire.

La perte d’habitat, moteur premier

Le trafic est spectaculaire, mais il n’est pas la cause principale du déclin. La destruction et la fragmentation des habitats — agriculture non durable, exploitation forestière, infrastructures de transport, artificialisation des sols, barrages sur les rivières — restent le facteur dominant, devant la surexploitation, les espèces exotiques envahissantes, la pollution et le changement climatique. Ce dernier agit surtout comme un multiplicateur : il aggrave des pressions préexistantes plutôt qu’il ne les crée.

Une gouvernance internationale sous tension

La CoP20 de la CITES, réunie à Samarcande du 24 novembre au 5 décembre 2025, a illustré les avancées et les blocages du système. Les Parties y ont adopté un renforcement sans précédent de la protection des requins et des raies, avec le passage du requin océanique, du requin-baleine et de l’ensemble des raies manta et diable à l’Annexe I — le niveau le plus strict, qui interdit le commerce international. C’était la première fois qu’un requin atteignait ce statut. L’okapi y a également été inscrit à l’Annexe I, et la proposition d’affaiblir la protection des girafes a été rejetée.

À l’inverse, les propositions européennes sur l’anguille et les concombres de mer ont été écartées, et la protection de l’antilope saïga du Kazakhstan a été assouplie. Les annexes révisées sont entrées en application le 5 mars 2026.


Journée mondiale de la vie sauvage — Ruisseau bordé de fougères dans un milieu forestier préservé.

Comment participer à la Journée mondiale de la vie sauvage

Les initiatives institutionnelles

Le Secrétariat de la CITES coordonne la campagne mondiale depuis Genève, en lien avec le PNUE, le PNUD et l’ONUDC. Chaque année, la journée s’articule autour d’un thème annoncé quelques semaines à l’avance et donne lieu à une cérémonie officielle, à des messages du Secrétaire général des Nations unies et à un concours international d’affiches destiné aux jeunes. Les États membres, muséums, jardins botaniques, parcs zoologiques et aires protégées organisent leurs propres événements et les recensent sur la plateforme wildlifeday.org.

Les actions locales et associatives

  • Sorties naturalistes : sorties ornithologiques, inventaires participatifs, chantiers de restauration de milieux, souvent portés par les associations naturalistes locales.
  • Ateliers pédagogiques : interventions en milieu scolaire sur les chaînes alimentaires, les espèces locales menacées ou le fonctionnement de la CITES.
  • Portes ouvertes : centres de sauvegarde de la faune sauvage, conservatoires botaniques et réserves naturelles ouvrent fréquemment leurs portes autour du 3 mars.
  • Expositions : muséums d’histoire naturelle et jardins botaniques programment des expositions temporaires consacrées aux espèces menacées.

Agir à son échelle

  • Ne rien rapporter de ses voyages : coquillages, coraux, ivoire, écaille de tortue, plumes, peaux, bois exotiques, remèdes traditionnels à base d’espèces protégées. Beaucoup de touristes commettent l’infraction sans le savoir.
  • Vérifier avant d’acheter un animal ou une plante exotique : la légalité dépend de l’origine, du permis et du transport, jamais de la seule bonne foi du vendeur.
  • Signaler les annonces suspectes sur les plateformes de vente en ligne et les réseaux sociaux, devenus un canal majeur du trafic.
  • Participer aux sciences participatives : les programmes d’observation naturaliste alimentent directement les bases de données qui servent aux évaluations de la Liste rouge.
  • Agir sur son jardin ou son balcon : haies, points d’eau, absence de pesticides, tonte tardive — les micro-habitats comptent, surtout pour les insectes et les oiseaux communs.

La Journée mondiale de la vie sauvage en France

Une responsabilité mondiale

La France figure parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées au niveau mondial : 2 565 espèces menacées à l’échelle planétaire sont présentes sur son territoire, métropole et outre-mer confondus. Cette position tient presque entièrement à l’outre-mer, qui concentre des points chauds de biodiversité mondiale — Guyane, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Antilles.

La Liste rouge nationale, établie par le Comité français de l’UICN et PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), donne le détail territoire par territoire.

Groupe France métropolitaine
Oiseaux nicheurs 32 % menacés
Crustacés d’eau douce 28 %
Reptiles 24 %
Amphibiens 23 %
Poissons d’eau douce 19 %
Orchidées 15 %
Mammifères 14 %

En outre-mer, la situation est plus critique encore : 47 % des reptiles de Martinique sont menacés, 43 % des fougères et plantes à fleurs de Mayotte, 41 % de celles de La Réunion, et plus d’un tiers des oiseaux de La Réunion sont menacés ou déjà éteints.

La France, plaque tournante du trafic

C’est le constat central du rapport d’information sénatorial adopté à l’unanimité le 24 septembre 2025 par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Position géographique, hubs aéroportuaires et maritimes, liens historiques avec l’Afrique et l’Asie : la France est simultanément pays de destination, de transit et de départ.

Indicateur Donnée
Constatations douanières CITES (2024) 560, en hausse de 4 % sur 2023
Spécimens saisis (2024) plus de 98 000, dont 3 508 d’origine animale
Espèces les plus saisies végétaux, puis coraux et coquillages
Contentieux lors de l’opération Thunder en France 55 en 2025, contre 40 en 2024, 45 en 2023 et 26 en 2022
Réseau CITES de l’OFB près de 200 inspecteurs de l’environnement qualifiés
Saisies annuelles moyennes de viandes (depuis 2018) ~2 500 infractions, 22 tonnes

Le rapport sénatorial pointe deux angles morts. Le premier concerne la viande de brousse : une étude conduite avec la douane estime que le volume transitant par le terminal 2E de Paris-Charles de Gaulle a augmenté de 74 % entre 2009 et 2024, pour atteindre environ 475 tonnes par an — dont seulement 0,6 % serait saisi. Le second concerne le commerce en ligne, colis postaux et réseaux sociaux, que les moyens de détection actuels ne couvrent pas.

L’affaire des civelles illustre la valeur de ces trafics : Europol estime que quelque 300 millions d’anguilles européennes sont exportées illégalement chaque année vers l’Asie, pour des profits annuels de 2 à 3 milliards d’euros, avec des prix atteignant 6 000 euros le kilo sur le marché noir.

Qui fait quoi en France

  • Organe de gestion CITES : la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (ministère chargé de l’écologie).
  • Délivrance des permis : les DREAL, après instruction des dossiers d’importation et d’exportation.
  • Contrôle en frontière : la Direction générale des douanes et droits indirects, appuyée par la DNRED pour les enquêtes.
  • Contrôle sur le territoire : les inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité, via le réseau CITES.
  • Expertise scientifique : le Muséum national d’Histoire naturelle et le Comité français de l’UICN.

Foire aux questions sur la Journée mondiale de la vie sauvage

Pourquoi la Journée mondiale de la vie sauvage est-elle le 3 mars ?

La Journée mondiale de la vie sauvage est fixée au 3 mars parce que c’est la date d’adoption de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, signée à Washington D.C. le 3 mars 1973. La proposition de retenir cette date est née lors de la CoP16 de la CITES à Bangkok, en mars 2013, année du quarantième anniversaire du traité. L’Assemblée générale des Nations unies l’a entérinée par sa résolution A/RES/68/205 du 20 décembre 2013.

Qui a créé la Journée mondiale de la vie sauvage ?

La Journée mondiale de la vie sauvage a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, sur une initiative en deux temps. La Thaïlande, pays hôte de la CoP16 de la CITES, a d’abord fait adopter par consensus une résolution déclarant le 3 mars Journée mondiale de la vie sauvage. Le texte a ensuite été porté à l’ONU par les Fidji, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, et adopté sans vote le 20 décembre 2013. Ce n’est donc ni l’UNESCO ni le WWF qui en sont à l’origine, contrairement à ce qu’on lit parfois.

Quelle est la différence entre la CITES et la Journée mondiale de la vie sauvage ?

La différence entre la CITES et la Journée mondiale de la vie sauvage est de nature juridique. La CITES est un traité international contraignant, en vigueur depuis 1975, qui réglemente le commerce de plus de 40 900 espèces via un système de permis, et qui lie aujourd’hui 185 Parties. La Journée mondiale de la vie sauvage est une journée internationale de sensibilisation, sans portée juridique, dont le Secrétariat de la CITES assure la coordination. L’une impose des obligations aux États, l’autre mobilise l’opinion.

Combien d’espèces sont menacées d’extinction dans le monde ?

Selon la version 2026.1 de la Liste rouge mondiale de l’UICN, 49 505 espèces sont classées menacées d’extinction sur 175 909 espèces évaluées, soit environ 28 %. Ce total ne couvre qu’une fraction du vivant : l’UICN vise à évaluer au moins 260 000 espèces à long terme. Les groupes les plus touchés sont les coraux constructeurs de récifs (44 %), les amphibiens (41 %), les requins et raies (38 %) et les arbres (38 %).

Que peut-on faire concrètement pour la Journée mondiale de la vie sauvage ?

Pour la Journée mondiale de la vie sauvage, on peut agir à plusieurs niveaux. Le geste le plus efficace pour un particulier reste de ne rapporter aucun souvenir issu d’espèces sauvages de ses voyages — coquillages, coraux, ivoire, écaille, peaux, remèdes traditionnels — et de vérifier systématiquement l’origine d’un animal ou d’une plante exotique avant tout achat. On peut aussi signaler les annonces suspectes en ligne, participer à un programme de sciences participatives, rejoindre une sortie naturaliste ou visiter un centre de sauvegarde de la faune sauvage ouvert pour l’occasion.

La France est-elle concernée par le trafic d’espèces sauvages ?

La France est directement concernée par le trafic d’espèces sauvages, en tant que pays de destination, de transit et de départ. Un rapport sénatorial de septembre 2025 la décrit comme un carrefour de premier plan pour ce commerce illicite, en raison de ses hubs aéroportuaires et maritimes. En 2024, les douanes françaises ont réalisé 560 constatations CITES et saisi plus de 98 000 spécimens. Le trafic de viande de brousse transitant par Paris-Charles de Gaulle est estimé à environ 475 tonnes par an, dont moins de 1 % serait intercepté.


Le 3 mars n’a pas été choisi pour sa poésie, mais pour sa précision juridique : c’est le jour où quatre-vingts délégations ont accepté, en 1973, que le commerce des espèces sauvages ne soit plus une affaire strictement nationale. Un demi-siècle plus tard, l’anniversaire d’un traité douanier est devenu la seule date du calendrier onusien qui célèbre le vivant sauvage pour lui-même — les orchidées comme les rhinocéros, les champignons comme les baleines. C’est une réussite discrète et une alerte permanente. Célébrer la vie sauvage, un 3 mars, revient à admettre que nous ne savons pas encore vivre à côté d’elle sans la faire reculer.

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Retrouvez les événements, anniversaires et fêtes de cette date dans l’éphéméride du 3 mars.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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