Chaque 14 novembre, la Journée mondiale du diabète rappelle qu’une maladie chronique longtemps silencieuse touche aujourd’hui près d’un adulte sur neuf dans le monde. Créée en 1991 par la Fédération internationale du diabète (FID) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), puis reconnue comme journée officielle des Nations unies en 2006, elle constitue la plus vaste campagne de sensibilisation au diabète de la planète : plus de 160 pays mobilisés et une audience estimée à plus d’un milliard de personnes. La date n’a rien d’arbitraire : elle correspond à l’anniversaire de Frederick Banting, le médecin canadien qui, avec Charles Best, a rendu possible l’usage thérapeutique de l’insuline.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale du diabète (JMD) |
| Date | 14 novembre, chaque année |
| Création | 1991, à l’initiative de la FID et de l’OMS |
| Reconnaissance ONU | Résolution A/RES/61/225, adoptée le 20 décembre 2006 (observée depuis 2007) |
| Symbole | Le cercle bleu |
| Thème 2026-2027 | « Agir tôt contre le diabète » |
| Portée | Plus de 160 pays, plus d’un milliard de personnes touchées par la campagne |
| Site officiel | worlddiabetesday.org |
C’est quoi le diabète ?
Le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d’insuline — l’hormone qui régule le taux de sucre dans le sang — ou lorsque l’organisme utilise mal l’insuline qu’il produit. Le glucose s’accumule alors dans le sang : c’est l’hyperglycémie chronique, qui abîme progressivement les vaisseaux et les nerfs.
On distingue trois formes principales :
- Le diabète de type 1 : d’origine auto-immune, il se caractérise par une absence de production d’insuline. Il impose un traitement par insuline à vie. Environ 9,1 millions de personnes vivent avec un diabète de type 1 dans le monde, dont 69 % ont entre 20 et 59 ans.
- Le diabète de type 2 : lié à une utilisation inefficace de l’insuline par l’organisme, souvent associé au surpoids, à la sédentarité et à l’âge. Il représente plus de 90 % des cas.
- Le diabète gestationnel : hyperglycémie diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse. Une naissance sur cinq est concernée par une hyperglycémie durant la grossesse.
Les complications sont la véritable gravité de la maladie : cécité, insuffisance rénale, infarctus, accident vasculaire cérébral, amputation des membres inférieurs. Un régime alimentaire adapté, l’activité physique, les traitements médicamenteux et un dépistage régulier permettent de vivre avec un diabète et de retarder — voire d’éviter — ces conséquences.
Les signes qui doivent alerter
Le diabète de type 2 progresse souvent sans symptôme pendant des années : jusqu’à la moitié des personnes concernées présentent déjà des complications au moment du diagnostic. Les signaux à connaître sont une soif inhabituelle, des urines fréquentes et abondantes, une fatigue persistante, un amaigrissement inexpliqué, une vision floue, une cicatrisation lente ou des infections à répétition. Dans le diabète de type 1, ces signes apparaissent rapidement et nécessitent une consultation sans délai.
Origine et histoire de la Journée mondiale du diabète
Une date choisie en hommage à Frederick Banting
Le 14 novembre 1891 naît à Alliston, en Ontario, Frederick Grant Banting (1891-1941). Chirurgien devenu chercheur, il conduit à l’université de Toronto, à partir de l’été 1921 et avec l’aide de l’étudiant Charles Best, les expériences qui aboutissent à l’extraction d’un principe actif pancréatique. Le 11 janvier 1922, Leonard Thompson, un adolescent de 14 ans mourant d’un diabète de type 1, reçoit la première injection d’insuline administrée à un être humain. Banting et John Macleod reçoivent le prix Nobel de physiologie ou médecine dès 1923 ; Banting partage sa récompense avec Best. En moins de deux ans, une maladie jusque-là mortelle à court terme devient une maladie que l’on peut traiter.
Création de la journée puis reconnaissance par l’ONU
La Journée mondiale du diabète naît en 1991, à l’initiative conjointe de la Fédération internationale du diabète et de l’OMS, face à la progression alarmante de la maladie. Elle change de dimension le 20 décembre 2006 : l’Assemblée générale des Nations unies adopte sans vote la résolution 61/225, qui désigne le 14 novembre comme journée officielle de l’ONU à compter de 2007. Le texte invite les États membres à élaborer des politiques nationales de prévention, de traitement et de prise en charge du diabète, compatibles avec le développement durable de leurs systèmes de santé. Le diabète devient ainsi la première maladie non transmissible à recevoir une telle reconnaissance onusienne.
| Année | Étape |
|---|---|
| 1848-1855 | Claude Bernard établit la fonction glycogénique du foie et la régulation du glucose sanguin |
| 1877 | Étienne Lancereaux rattache le « diabète maigre » à une atteinte du pancréas et distingue diabète maigre et diabète gras |
| 1889 | Oscar Minkowski et Joseph von Mering démontrent le rôle du pancréas par pancréatectomie |
| 1921-1922 | Banting et Best isolent l’insuline à Toronto ; première injection humaine le 11 janvier 1922 |
| 1923 | Prix Nobel de médecine attribué à Banting et Macleod |
| 1991 | Création de la Journée mondiale du diabète par la FID et l’OMS |
| 2006 | Le cercle bleu est lancé dans le cadre de la campagne « Unis pour le diabète » ; adoption de la résolution 61/225 le 20 décembre |
| 2007 | Première célébration en tant que journée officielle des Nations unies |
| 2021 | Centenaire des travaux ayant conduit à la découverte de l’insuline |
| 2024-2026 | Thème triennal de la FID : « Diabète et bien-être » |
| 2026-2027 | Thème de campagne : « Agir tôt contre le diabète » |
Le cercle bleu, symbole mondial
Le logo de la Journée mondiale du diabète est un cercle bleu, développé en 2006 pour la campagne « Unis pour le diabète » qui a porté la résolution onusienne. Le cercle évoque l’unité et la totalité — l’unité de la communauté mondiale du diabète face à l’épidémie ; le bleu renvoie au ciel qui réunit toutes les nations et à la couleur du drapeau des Nations unies. Chaque 14 novembre, des centaines de monuments s’illuminent en bleu à travers le monde.
Objectifs principaux de la Journée mondiale du diabète
- Sensibiliser : faire connaître l’ampleur réelle de la maladie, ses facteurs de risque et ses complications.
- Favoriser le diagnostic précoce : 252 millions d’adultes vivent avec un diabète sans le savoir, soit plus de 4 sur 10.
- Promouvoir la prévention : 635 millions d’adultes présentent une intolérance au glucose et un risque élevé de diabète de type 2, largement évitable.
- Défendre l’accès aux soins : plus de la moitié des adultes vivant avec un diabète ne reçoivent aucun traitement.
- Combattre la stigmatisation : la culpabilisation des personnes diabétiques est fréquente, néfaste et évitable.

Importance et impact du diabète : les chiffres
Un impact sanitaire mondial
| Indicateur (FID, Atlas du diabète, 11ᵉ édition, 2025) | Valeur |
|---|---|
| Adultes de 20 à 79 ans vivant avec un diabète | 589 millions, soit 11,1 % (1 sur 9) |
| Projection à 2050 | 853 millions (1 sur 8) |
| Personnes non diagnostiquées | 252 millions (43 %) |
| Décès liés au diabète en 2024 | 3,4 millions, soit 9,3 % de la mortalité mondiale |
| Adultes à risque (intolérance au glucose) | 635 millions |
| Personnes vivant avec un diabète de type 1 | 9,1 millions |
| Part vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire | 81 % |
| Personnes diabétiques âgées de plus de 65 ans | 158 millions (1 sur 4) |
Le nombre de personnes atteintes de diabète a pratiquement quadruplé depuis 1980. Tandis que la population mondiale devrait croître de 25 % d’ici 2050, le nombre de diabétiques progresserait, lui, de 45 %.
Un impact économique majeur
Le diabète a représenté plus de 1 000 milliards de dollars de dépenses de santé en 2024, soit environ 12 % des dépenses mondiales de santé et une progression de 338 % en dix-sept ans. Le coût est double : celui du traitement quotidien, et celui — bien supérieur — des complications. En France, l’Assurance maladie estimait les dépenses annuelles d’un patient au stade des complications sévères à environ 60 000 euros, contre 3 800 euros pour un patient sans complication.
Un impact social et professionnel
Sept personnes sur dix vivant avec un diabète dans le monde sont en âge de travailler. La maladie impose une gestion permanente — surveillance glycémique, traitements, repas, activité physique — qui pèse sur le quotidien, l’emploi et la santé mentale. La stigmatisation reste répandue : le diabète de type 2 est encore fréquemment présenté comme la conséquence d’une faute individuelle, alors que génétique, âge, hérédité et environnement social jouent un rôle déterminant.
Le diabète en France : état des lieux
La France dispose de plusieurs sources statistiques qui ne mesurent pas exactement la même chose, ce qui explique des chiffres différents selon les publications.
| Source et méthode | Indicateur | Valeur |
|---|---|---|
| Santé publique France (diabète traité pharmacologiquement) | Prévalence 2023 | 5,6 % de la population, soit plus de 3,8 millions de personnes |
| Santé publique France (Baromètre 2024, déclaratif) | Adultes de 18 à 79 ans déclarant un diabète | 7,1 % |
| Assurance maladie (Data pathologies, algorithmes ALD/PMSI/remboursements) | Personnes prises en charge en 2023 | Environ 4,36 millions |
| FID (Atlas 2025, estimation modélisée) | Adultes de 20 à 79 ans, données 2024 | 4,1 millions, soit 6,5 % (prévalence standardisée) |
| Assurance maladie | Dépenses remboursées liées au diabète en 2023 | Plus de 10 milliards d’euros |
La progression est continue depuis les premières estimations de l’année 2000. L’incidence du diabète de type 1 chez l’enfant augmente en moyenne de 4 % par an.
De fortes inégalités territoriales et sociales
Les disparités françaises sont massives. La prévalence est nettement plus élevée dans les départements et régions d’outre-mer — à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique notamment — ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-France et en Bourgogne-Franche-Comté. À l’inverse, l’ouest de l’Hexagone, et particulièrement la Bretagne, enregistre les fréquences les plus faibles. La maladie frappe davantage les personnes ayant un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat, les ouvriers et les habitants des communes les plus défavorisées.
Des complications encore trop fréquentes
Chez les personnes de 45 ans et plus traitées pour un diabète, Santé publique France relevait en 2023 les taux suivants pour 100 000 personnes :
| Complication | Taux d’hospitalisation (pour 100 000) |
|---|---|
| Plaies du pied | 981 |
| Amputation d’un membre inférieur | 286 |
| Accident vasculaire cérébral | 589 |
| Infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST | 223 |
Les défis contemporains du diabète
Le retard au diagnostic
C’est l’enjeu central du thème 2026-2027. Plus de quatre personnes diabétiques sur dix ignorent leur état, et jusqu’à la moitié des personnes atteintes d’un diabète de type 2 présentent déjà des complications lorsqu’elles apprennent leur maladie. Chez l’adulte, le diabète de type 1 est par ailleurs souvent confondu avec un diabète de type 2, ce qui retarde la mise sous insuline et expose à l’acidocétose diabétique, complication potentiellement mortelle.
L’accès inégal aux traitements
Quatre adultes diabétiques sur cinq vivent dans un pays à revenu faible ou intermédiaire, et près de 90 % des cas non diagnostiqués s’y concentrent. L’insuline, découverte il y a plus d’un siècle et dont le brevet fut cédé pour une somme symbolique, demeure inaccessible ou hors de prix pour des millions de patients.
Prévenir sans stigmatiser
Réduire le risque de diabète de type 2 suppose d’agir sur des déterminants collectifs : accès à une alimentation saine et abordable, espaces publics sûrs pour l’activité physique, lutte contre les inégalités sociales de santé. Faire porter la responsabilité sur les seuls comportements individuels s’avère à la fois inexact et contre-productif.
Comment participer à la Journée mondiale du diabète
Événements institutionnels et associatifs
- Illuminations en bleu : monuments, mairies, hôpitaux et ponts s’éclairent en bleu le 14 novembre dans le monde entier.
- Dépistages gratuits : de nombreux hôpitaux, pharmacies et associations proposent mesures de glycémie capillaire et tests de risque.
- Conférences et ateliers d’éducation thérapeutique organisés par les services de diabétologie et les réseaux de santé.
- Marches et courses solidaires organisées par les associations de patients, souvent tout au long du mois de novembre.
En France
La Fédération française des diabétiques, ses associations locales et les sociétés savantes mobilisent chaque année autour de cette date, avec des actions de dépistage, d’information sur les facteurs de risque et de plaidoyer sur la prise en charge et le remboursement des dispositifs de mesure continue du glucose.
Participer à titre individuel
- Évaluer son risque grâce au test de risque de diabète de type 2 proposé par la FID sur le site officiel de la journée.
- Connaître et diffuser les signes du diabète de type 1 et de type 2 auprès de son entourage.
- Porter du bleu ou le cercle bleu et relayer la campagne avec le mot-clé #AgirTôtContreLeDiabète.
- Accompagner un proche concerné : la charge mentale liée à la gestion quotidienne de la maladie est réelle et le soutien compte.
Les Français dans l’histoire du diabète
Longtemps avant Toronto, la recherche française a posé des jalons décisifs. Apollinaire Bouchardat (1809-1886), pharmacien-chef de l’Hôtel-Dieu de Paris puis professeur d’hygiène, consacre vingt années à la maladie : il identifie le sucre urinaire comme du glucose, publie en 1875 De la glycosurie ou diabète sucré, son traitement hygiénique, et fait de la restriction glucidique et de l’exercice physique un traitement — approche qui reste, un siècle et demi plus tard, le socle de la prise en charge du diabète de type 2.
Claude Bernard (1813-1878), fondateur de la médecine expérimentale, démontre dans les années 1850 le rôle du foie dans le stockage du glucose sous forme de glycogène et la remarquable constance de la glycémie, quelle que soit l’alimentation.
Étienne Lancereaux (1829-1910), médecin des hôpitaux de Paris et président de l’Académie nationale de médecine, franchit une étape supplémentaire : dès 1877, il attribue le « diabète maigre » à une atteinte du pancréas et distingue cliniquement le diabète maigre du diabète gras — une intuition qui préfigure la distinction moderne entre type 1 et type 2, formulée douze ans avant les travaux de Minkowski. Son élève, le Roumain Nicolae Paulescu, sera l’un des premiers à isoler un extrait pancréatique hypoglycémiant.
Foire aux questions sur la Journée mondiale du diabète
Quand a lieu la Journée mondiale du diabète ?
La Journée mondiale du diabète a lieu le 14 novembre de chaque année, quel que soit le jour de la semaine. Elle est célébrée dans plus de 160 pays et de nombreuses actions se déroulent tout au long du mois de novembre.
Pourquoi la Journée mondiale du diabète est-elle le 14 novembre ?
La Journée mondiale du diabète est fixée au 14 novembre parce que c’est la date de naissance de Frederick Banting, né le 14 novembre 1891. Ce médecin canadien a isolé l’insuline avec Charles Best à l’université de Toronto, permettant en janvier 1922 la première injection à un patient diabétique et transformant une maladie mortelle en maladie traitable.
Qui a créé la Journée mondiale du diabète ?
La Journée mondiale du diabète a été créée en 1991 par la Fédération internationale du diabète (FID) et l’Organisation mondiale de la Santé, en réaction à la progression rapide de la maladie. Elle est devenue une journée officielle des Nations unies en 2006, avec l’adoption de la résolution 61/225 par l’Assemblée générale le 20 décembre.
Quel est le thème de la Journée mondiale du diabète ?
Le thème de la Journée mondiale du diabète pour la période 2026-2027 est « Agir tôt contre le diabète ». La campagne met l’accent sur le diagnostic précoce et la réduction des facteurs de risque. Il succède au thème triennal 2024-2026, « Diabète et bien-être ». Les thèmes sont définis par la FID pour plusieurs années consécutives.
Que symbolise le cercle bleu de la Journée mondiale du diabète ?
Le cercle bleu de la Journée mondiale du diabète symbolise l’unité de la communauté mondiale du diabète face à l’épidémie. Créé en 2006 pour la campagne « Unis pour le diabète », il associe la forme du cercle — image d’unité et de totalité — au bleu du ciel et du drapeau des Nations unies. Il est aujourd’hui le symbole universel du diabète.
Combien de personnes vivent avec un diabète en France et dans le monde ?
Dans le monde, 589 millions d’adultes de 20 à 79 ans vivent avec un diabète, soit un sur neuf, un chiffre qui pourrait atteindre 853 millions en 2050. En France, plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées par médicament pour un diabète en 2023 selon Santé publique France, et l’Assurance maladie recensait environ 4,36 millions de personnes prises en charge à ce titre.
Une journée pour agir tôt
Le diabète n’est ni une fatalité ni une affaire strictement individuelle. Chaque 14 novembre rappelle qu’un dépistage réalisé à temps évite des années de complications, qu’une insuline découverte il y a un siècle reste inaccessible à des millions de personnes, et que 252 millions d’adultes ignorent aujourd’hui qu’ils sont concernés. Connaître les signes, évaluer son risque, en parler autour de soi : ce sont des gestes simples, et le cercle bleu du 14 novembre n’existe que pour les rendre évidents.
Pour prolonger la lecture : 14 novembre.
