18 novembre : Journée mondiale pour la prévention et la guérison de l’exploitation, des atteintes et des violences sexuelles visant les enfants

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Journée mondiale pour la prévention et la guérison de l'exploitation, des atteintes et des violences sexuelles visant les enfants — Petite maison en bois et peluche sur une table claire.

Chaque 18 novembre, les Nations unies consacrent une journée à un sujet longtemps tenu hors du débat public : l’exploitation, les atteintes et les violences sexuelles visant les enfants. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 7 novembre 2022 par la résolution A/RES/77/8, cette Journée mondiale poursuit un double objectif inscrit dans son intitulé même : prévenir ces violences, et accompagner la guérison des personnes qui les ont subies. Elle coïncide avec la Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, instaurée par le Conseil de l’Europe en 2015.

Journée mondiale pour la prévention et la guérison de l'exploitation, des atteintes et des violences sexuelles visant les enfants — Deux chaises de tailles différentes dans une pièce calme.
Élément Information
Date 18 novembre, chaque année
Nom officiel Journée mondiale pour la prévention et la guérison de l’exploitation, des atteintes et des violences sexuelles visant les enfants
Instituée par Assemblée générale des Nations unies
Résolution A/RES/77/8, adoptée par consensus le 7 novembre 2022
À l’initiative de Sierra Leone (résolution présentée par la Première Dame Fatima Maada Bio), avec plus de 120 pays coauteurs
Première édition 18 novembre 2023
Journée européenne liée Journée du Conseil de l’Europe pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (depuis 2015)
Mot-dièse international #EndChildSexualAbuseDay
Objectif de développement durable ODD 16 (sociétés pacifiques, accès à la justice) et cible 16.2

Qu’est-ce que la Journée mondiale du 18 novembre ?

La Journée mondiale du 18 novembre est une journée internationale officielle des Nations unies. Elle ne se limite pas à la dénonciation : elle articule trois exigences que la résolution fondatrice place sur le même plan.

  • Prévenir et éliminer toutes les formes d’exploitation, d’atteintes et de violences sexuelles visant les enfants, en ligne comme hors ligne.
  • Faire répondre les auteurs de leurs actes, en garantissant aux victimes et aux personnes rescapées l’accès à la justice et à des voies de recours.
  • Favoriser la guérison : lever la stigmatisation, affirmer la dignité des survivants, protéger leurs droits et reconnaître les conséquences durables des violences subies dans l’enfance.

Les Nations unies définissent ces violences comme une violation des droits humains et un problème mondial de santé publique. Cette double qualification est essentielle : elle justifie qu’on y réponde non seulement par le droit pénal, mais aussi par le repérage médical, le soin du psychotraumatisme et l’éducation.

Les termes employés recouvrent des réalités distinctes : l’exploitation sexuelle (prostitution des mineurs, traite, production de contenus), les atteintes et agressions sexuelles, l’inceste (violences commises au sein de la famille) et les violences dites sans contact (exposition forcée, sollicitation en ligne, sextorsion, diffusion non consentie d’images).

Origine et histoire de la Journée mondiale du 18 novembre

Une première impulsion européenne en 2015

La date du 18 novembre n’a pas été choisie au hasard. Elle existait déjà à l’échelle du continent européen. En 2015, dans le prolongement de sa campagne « UN sur CINQ » destinée à mettre fin à la violence sexuelle contre les enfants, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe institue la Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, fixée au 18 novembre. Cette campagne s’appuyait elle-même sur la Convention de Lanzarote, ouverte à la signature en 2007.

L’adoption de la résolution A/RES/77/8

Le 7 novembre 2022, l’Assemblée générale des Nations unies adopte par consensus la résolution A/RES/77/8. Le texte est présenté par la Première Dame de Sierra Leone, Fatima Maada Bio, qui souligne devant l’Assemblée que les conséquences sanitaires chroniques associées à l’exploitation sexuelle des enfants pèsent sur la croissance économique et le développement social, en particulier dans les pays en développement. Plus de 120 pays se portent coauteurs. Depuis, le 18 novembre est célébré à la fois comme journée européenne et comme journée mondiale, sous le mot-dièse commun #EndChildSexualAbuseDay.

Date Étape
25 octobre 2007 Ouverture à la signature de la Convention de Lanzarote (Conseil de l’Europe)
1er juillet 2010 Entrée en vigueur de la Convention de Lanzarote
2010-2015 Campagne « UN sur CINQ » du Conseil de l’Europe
2015 Création de la Journée européenne du 18 novembre
7 novembre 2022 Adoption de la résolution A/RES/77/8 par l’Assemblée générale de l’ONU
18 novembre 2023 Première édition de la Journée mondiale

À qui s’adresse l’appel des Nations unies ?

La résolution invite les États membres, les entités du système onusien, les organisations internationales, les dirigeants politiques, les acteurs confessionnels, la société civile, les universités et le secteur privé à marquer cette journée « de la manière qu’ils jugeront la plus appropriée ». Cette formulation ouverte explique la grande diversité des initiatives observées chaque année : colloques scientifiques, campagnes de sensibilisation, formations de professionnels, expositions, témoignages publics de personnes survivantes.

L’ampleur du phénomène : ce que disent les chiffres

Dans le monde

Les estimations mondiales ont considérablement progressé depuis 2022, mais restent fragmentaires, en particulier pour les garçons.

Source Estimation
Nations unies Environ 120 millions de filles ont subi une forme de contact sexuel forcé avant l’âge de 20 ans
Données de 24 pays à revenu élevé et intermédiaire (ONU) Prévalence de 8 % à 31 % chez les filles et de 3 % à 17 % chez les garçons de moins de 18 ans
UNICEF (octobre 2024) Plus de 370 millions de filles et de femmes, soit 1 sur 8, ont subi un viol ou une agression sexuelle avant 18 ans ; 650 millions (1 sur 5) en incluant les violences sans contact
UNICEF (octobre 2024) 240 à 310 millions de garçons et d’hommes, soit environ 1 sur 11, concernés
The Lancet (mai 2025, étude sur 204 pays) Environ 1 femme sur 5 et 1 homme sur 7 ont subi des violences sexuelles avant 18 ans

Deux données rappelées par les Nations unies éclairent l’enjeu de prévention. D’une part, les adultes ayant vécu au moins quatre expériences négatives durant l’enfance — dont les abus physiques, sexuels et émotionnels — sont sept fois plus susceptibles d’être impliqués dans des violences interpersonnelles et trente fois plus susceptibles de faire une tentative de suicide. D’autre part, un homme sur vingt a admis avoir eu un comportement sexualisé en ligne à l’égard d’enfants de moins de 12 ans : la demande n’est pas marginale.

En France

La France dispose depuis 2023 d’un état des lieux d’ampleur inédite, produit par la CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), installée en mars 2021 et qui a recueilli plus de 30 000 témoignages en trois ans.

Indicateur Donnée (CIIVISE, rapport de novembre 2023)
Enfants victimes chaque année 160 000, soit un enfant victime d’un viol ou d’une agression sexuelle toutes les 3 minutes
Adultes ayant été victimes durant leur enfance 5,4 millions de femmes et d’hommes
Âge moyen au début des violences 8 ans et demi
Victimes portant plainte 19 % (12 % en cas d’inceste)
Plaintes aboutissant à une condamnation 1 sur 6 (1 sur 10 en cas d’inceste)
Coût annuel pour les finances publiques 9,7 milliards d’euros, dont deux tiers liés aux conséquences sanitaires de long terme

Les statistiques policières confirment une hausse continue des faits enregistrés, qui traduit d’abord une libération de la parole : selon les données du ministère de l’Intérieur reprises par l’UNICEF France, le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles recensées est passé de 29 727 en 2016 à 71 085 en 2024, dont 21 704 dans le cadre intrafamilial. L’écart avec l’estimation de 160 000 mesure ce qui reste hors du champ judiciaire.

Comprendre : le cercle de confiance et la loi du silence

Le principal contresens collectif consiste à imaginer l’agresseur comme un inconnu. Le Conseil de l’Europe rappelle que la majorité des violences sexuelles sur enfants sont commises dans le cercle de confiance de l’enfant : famille, entourage proche, institutions éducatives, sportives ou religieuses. Les travaux parlementaires français relèvent que dans environ 90 % des cas l’agresseur est un homme, et que dans la moitié des cas il s’agit d’un membre de la famille.

Ce contexte explique le silence. Les Nations unies soulignent que de nombreuses victimes ne révèlent jamais ce qu’elles ont subi et ne cherchent ni justice ni soutien, en raison de la honte. S’y ajoutent des mécanismes cliniques documentés : l’amnésie traumatique, la sidération, le sentiment de culpabilité, la dépendance affective ou matérielle à l’agresseur. C’est précisément la raison pour laquelle les rapports de victimes surviennent souvent des décennies après les faits — et pourquoi la question des délais de prescription est devenue centrale dans le débat public français.

Les conséquences : une atteinte durable à la santé

Les Nations unies décrivent des effets négatifs durables sur la santé et le développement physique, mental et sexuel des enfants concernés, allant jusqu’à des traumatismes qui peuvent s’apparenter à de la torture ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Les conséquences documentées à l’âge adulte incluent :

  • des troubles psychotraumatiques : état de stress post-traumatique, dépression, troubles anxieux, troubles dissociatifs ;
  • une surexposition aux conduites addictives et aux tentatives de suicide ;
  • des troubles du sommeil, de l’alimentation et de la sexualité ;
  • des pathologies somatiques chroniques et une espérance de vie réduite ;
  • des ruptures de parcours scolaire et professionnel, avec un coût social direct.

C’est ce que la CIIVISE appelle « le coût du déni » : sur les 9,7 milliards d’euros annuels estimés, les deux tiers résultent des conséquences sanitaires de long terme, et non de la réponse pénale.

Défis contemporains : la bascule numérique

C’est le terrain qui a le plus changé depuis la création de la journée. La résolution A/RES/77/8 vise expressément les violences « en ligne et hors ligne ».

En France, le 3018, numéro national contre les violences numériques faites aux mineurs, a reçu près de 124 500 sollicitations en 2025, dont 44 028 ont pu donner lieu à un accompagnement. Près d’un signalement sur quatre porte sur des faits à caractère sexuel impliquant des mineurs : pédocriminalité, sextorsion, sollicitation en ligne, incitation à envoyer des contenus intimes ou diffusion non consentie de contenus sexuels. Plus d’un tiers de ces situations relèvent de la sextorsion, et un cas sur dix de la diffusion non consentie d’images. Une victime sur quatre a moins de 11 ans.

Le schéma décrit par l’association e-Enfance est constant : prise de contact sur une plateforme publique, puis bascule vers une messagerie privée moins régulée, où se poursuivent les faits. Trois défis en découlent :

  • La régulation des plateformes. Le Digital Services Act européen impose des obligations de modération et institue des « signaleurs de confiance », mais les écarts entre plateformes restent considérables.
  • La détection dans les espaces chiffrés. L’équilibre entre protection des enfants et confidentialité des communications fait l’objet d’un débat européen non tranché.
  • Les technologies émergentes. Le Comité de Lanzarote a spécifiquement alerté sur l’exploitation des enfants facilitée par les technologies émergentes, dont les contenus générés par intelligence artificielle.

Le cadre juridique : Europe et France

La Convention de Lanzarote

Adoptée par le Conseil de l’Europe et ouverte à la signature le 25 octobre 2007 à Lanzarote, la Convention sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels est entrée en vigueur le 1er juillet 2010. Elle est l’instrument juridique le plus complet en la matière : elle impose la pénalisation des abus, la formation et l’éducation des enfants, le contrôle des personnes travaillant au contact de mineurs et le suivi des auteurs. Ratifiée par l’ensemble des États membres du Conseil de l’Europe, dont la France, elle est ouverte à l’adhésion de tout État du monde. Un Comité de Lanzarote en contrôle la mise en œuvre.

Le droit français

La loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l’inceste, dite « loi Billon », a fixé un seuil d’âge de non-consentement : toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans est un viol, sans qu’il soit nécessaire d’établir la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. Ce seuil est porté à 18 ans en cas d’inceste. La loi a également étendu le périmètre de l’inceste aux grands-oncles et grandes-tantes, intégré les actes bucco-génitaux à la définition du viol et créé une « prescription glissante ».

Le délai de prescription des crimes sexuels commis sur mineurs reste, depuis la loi du 3 août 2018, de 30 ans à compter de la majorité de la victime, soit jusqu’à ses 48 ans. C’est ce délai que le débat parlementaire remet en cause : la CIIVISE en préconise la suppression, et un projet de loi relatif à la protection des enfants, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 21 juillet 2026, prévoit l’imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs ainsi que la réclusion à perpétuité pour les viols sériels sur mineurs de quinze ans. Ce texte doit encore être examiné par le Sénat : à ce jour, les règles rappelées ci-dessus demeurent en vigueur.

Journée mondiale pour la prévention et la guérison de l'exploitation, des atteintes et des violences sexuelles visant les enfants — Livre aux pages vierges et jouet en bois dans une pièce calme.

Comment participer à la Journée mondiale du 18 novembre

Repérer et écouter

La CIIVISE fait du repérage par le questionnement systématique l’une de ses préconisations centrales : poser la question, à tous les enfants et à tous les adultes, par tous les professionnels. Un enfant révèle rarement les faits spontanément et complètement ; il teste souvent la réaction de l’adulte par une allusion. Trois principes structurent l’accueil de la parole :

  • Croire l’enfant et le lui dire explicitement.
  • Ne pas mener d’interrogatoire : les questions détaillées relèvent des enquêteurs et peuvent fragiliser la procédure.
  • Signaler sans attendre d’être certain : le doute suffit à justifier un appel.

Des signaux d’alerte peuvent apparaître sans être spécifiques : changement brutal de comportement, troubles du sommeil ou de l’alimentation, chute des résultats scolaires, régressions, refus soudain de voir une personne ou de se rendre dans un lieu, connaissances sexuelles inadaptées à l’âge.

Les numéros et dispositifs en France

Dispositif Numéro / accès Objet
Allô Enfance en danger 119 (24h/24, 7j/7, gratuit) Signaler la situation d’un enfant en danger
3018 3018 et application 3018 Violences numériques faites aux mineurs : sextorsion, diffusion d’images, harcèlement
Police / gendarmerie 17 ou 112 (urgence) Danger immédiat, dépôt de plainte
PHAROS internet-signalement.gouv.fr Signalement de contenus illicites en ligne
France Victimes 116 006 Aide aux victimes, information juridique, orientation
STOP (FFCRIAVS) 0 806 23 10 63 Orientation des personnes préoccupées par leurs pulsions sexuelles envers des mineurs

Se mobiliser le 18 novembre

  • Relayer les campagnes officielles avec le mot-dièse #EndChildSexualAbuseDay.
  • Participer aux événements organisés par le Conseil de l’Europe, l’UNICEF, les associations de protection de l’enfance et les collectivités.
  • Suivre une formation de sensibilisation : l’UNICEF propose notamment un cours en ligne sur l’exploitation et les abus sexuels visant les enfants.
  • Aborder le sujet avec les enfants dans un langage adapté : nommer les parties du corps, poser le principe du secret qui ne se garde jamais, rappeler qu’un adulte peut toujours être contredit.
  • Soutenir les associations qui accompagnent les personnes victimes et survivantes.

Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 18 novembre.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de l’enfance, Journée internationale des familles.

Foire aux questions sur la Journée mondiale du 18 novembre

Pourquoi la Journée mondiale pour la prévention et la guérison des violences sexuelles visant les enfants est-elle célébrée le 18 novembre ? La Journée mondiale est célébrée le 18 novembre parce que cette date était déjà, depuis 2015, celle de la Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, instituée par le Conseil de l’Europe à l’issue de sa campagne « UN sur CINQ ». En proclamant le 18 novembre en 2022, les Nations unies ont donné une portée mondiale à une journée européenne existante, ce qui permet aux deux mobilisations de converger sous le mot-dièse #EndChildSexualAbuseDay.

Qui a créé cette Journée mondiale et par quelle résolution ? Cette Journée mondiale a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, qui a adopté par consensus la résolution A/RES/77/8 le 7 novembre 2022. La résolution a été présentée par la Sierra Leone, par la voix de sa Première Dame Fatima Maada Bio, et coparrainée par plus de 120 États. La première édition a eu lieu le 18 novembre 2023.

Pourquoi la journée parle-t-elle de « guérison » et pas seulement de prévention ? La journée parle de guérison parce que la résolution fondatrice place sur le même plan la prévention des violences et la reconstruction des personnes qui les ont subies. Les Nations unies rappellent que beaucoup de victimes ne révèlent jamais les faits par honte, et que les traumatismes de l’enfance ont des conséquences sanitaires qui peuvent durer toute la vie. Reconnaître la guérison comme un objectif signifie garantir l’accès aux soins du psychotraumatisme, lever la stigmatisation et affirmer la dignité des personnes survivantes.

Combien d’enfants sont victimes de violences sexuelles en France chaque année ? En France, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année selon l’estimation de la CIIVISE publiée en novembre 2023, soit un enfant victime d’un viol ou d’une agression sexuelle toutes les trois minutes. La commission estime par ailleurs que 5,4 millions d’adultes ont subi de telles violences durant leur enfance, et que seules 19 % des victimes portent plainte, une proportion qui tombe à 12 % en cas d’inceste.

Que faire si l’on soupçonne qu’un enfant subit des violences sexuelles ? Si l’on soupçonne qu’un enfant subit des violences sexuelles, il faut appeler le 119, numéro national Allô Enfance en danger, joignable gratuitement 24 heures sur 24 : le doute suffit, il n’est pas nécessaire d’avoir des preuves. En cas de danger immédiat, il faut composer le 17. Pour des faits survenus en ligne, le 3018 accompagne les mineurs et leurs familles, et la plateforme PHAROS permet de signaler les contenus illicites. L’essentiel est de croire l’enfant, de ne pas l’interroger en détail et de transmettre l’information aux professionnels compétents.

Que dit la loi française sur l’âge du consentement et la prescription ? La loi française du 21 avril 2021 fixe à 15 ans le seuil en dessous duquel un mineur ne peut pas consentir à un acte sexuel avec un adulte : toute relation sexuelle entre un majeur et un enfant de moins de 15 ans est qualifiée de viol, et ce seuil est porté à 18 ans en cas d’inceste. Le délai de prescription des crimes sexuels sur mineurs est de 30 ans à compter de la majorité de la victime, soit jusqu’à ses 48 ans, avec un mécanisme de prescription glissante en cas de victimes multiples. Un projet de loi instaurant l’imprescriptibilité de ces crimes a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 21 juillet 2026 et poursuit son parcours parlementaire.

Le 18 novembre ne demande ni cérémonie ni symbole spectaculaire. Il demande une chose plus difficile : regarder en face une réalité qui se déroule, pour l’essentiel, à l’intérieur des maisons et des cercles de confiance. Chaque adulte qui apprend à écouter un enfant sans le mettre en doute, chaque professionnel qui pose la question au lieu de l’éviter, chaque signalement passé au 119 déplace une part de cette réalité hors du silence. C’est là que se joue la prévention — et c’est aussi là que commence la guérison. #EndChildSexualAbuseDay

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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