Chaque 29 novembre, les Nations unies observent la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Instituée par l’Assemblée générale en 1977, elle appelle l’attention de la communauté internationale sur le fait que la question de Palestine n’est toujours pas réglée et que le peuple palestinien reste privé des droits que l’ONU lui a reconnus. La date n’a rien d’arbitraire : le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale adoptait la résolution 181 (II), qui prévoyait le partage de la Palestine mandataire en deux États. C’est l’une des journées internationales les plus anciennes et les plus politiquement chargées du calendrier onusien.

| Repère | Donnée |
|---|---|
| Date | 29 novembre, chaque année |
| Nom officiel | Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien |
| Créée par | Assemblée générale des Nations unies |
| Texte fondateur | Résolution 32/40 B du 2 décembre 1977 |
| Première observance | 1978 |
| Origine de la date | Adoption de la résolution 181 (II) le 29 novembre 1947 |
| Organisateurs | Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP) et Division des droits des Palestiniens |
| Lieu principal | Siège de l’ONU, New York (également Genève et Vienne) |
| Hashtag officiel | #PalestineDay |
Qu’est-ce que la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien ?
Il s’agit d’une journée internationale officielle inscrite au calendrier des Nations unies, et non d’une initiative associative ou nationale. Son objet est précis : rappeler chaque année que la « question de Palestine », portée devant l’Assemblée générale dès avril 1947, n’a jamais reçu de règlement définitif.
L’ONU y rattache trois droits qu’elle qualifie d’inaliénables, énoncés dans la résolution 3236 (XXIX) du 22 novembre 1974 :
- le droit à l’autodétermination sans ingérence extérieure ;
- le droit à l’indépendance et à la souveraineté nationales ;
- le droit au retour dans les foyers et vers les biens dont les Palestiniens ont été déplacés.
La Journée n’est donc pas une commémoration festive, mais un rendez-vous diplomatique et de plaidoyer. Elle est portée institutionnellement par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP), organe subsidiaire de l’Assemblée générale, et par la Division des droits des Palestiniens, service du Secrétariat qui en assure le secrétariat.
Origine et histoire de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien
Pourquoi le 29 novembre ?
Le choix de la date renvoie directement au vote du 29 novembre 1947. Ce jour-là, réunie en sa 128ᵉ séance plénière, l’Assemblée générale adopte la résolution 181 (II), dite « plan de partage avec union économique ». Le texte prévoit la fin du mandat britannique, la création d’un État juif et d’un État arabe, et un statut international pour la zone de Jérusalem.
| Résultat du vote du 29 novembre 1947 (résolution 181 II) | |
|---|---|
| Pour | 33 |
| Contre | 13 |
| Abstentions | 10 |
| Absent | 1 |
| Total des membres votants | 57 |
La France a voté pour, aux côtés notamment des États-Unis et de l’URSS ; le Royaume-Uni, puissance mandataire, s’est abstenu ; les États arabes ont voté contre. Le plan n’a jamais été appliqué : il a été rejeté par les dirigeants arabes, et la guerre qui a suivi a redessiné entièrement la carte prévue par l’ONU.
La création de la Journée en 1977
L’ONU réinscrit la question de Palestine à son ordre du jour comme question nationale à partir de 1974. La séquence institutionnelle s’enchaîne rapidement.
| Année | Étape |
|---|---|
| 22 novembre 1974 | Résolution 3236 (XXIX) : l’Assemblée générale énonce les droits inaliénables du peuple palestinien |
| 10 novembre 1975 | Résolution 3376 (XXX) : création du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien |
| 2 décembre 1977 | Résolution 32/40 B : institution de la Journée annuelle de solidarité, fixée au 29 novembre |
| 2005 | Résolution 60/37 : exposition ou manifestation culturelle annuelle associée à la Journée |
| 29 novembre 2012 | La Palestine devient État observateur non membre de l’ONU (138 voix pour, 9 contre, 41 abstentions) |
Par la résolution 32/40 B, l’Assemblée générale prie le Secrétaire général d’organiser chaque année cette journée, en consultation avec le CEIRPP. La première observance a donc lieu en 1978.
Le 29 novembre 2012 ajoute une couche symbolique : c’est à cette date, choisie délibérément, que la Palestine accède au statut d’État observateur non membre des Nations unies.
Les objectifs de la Journée
- Maintenir la question à l’agenda international : éviter que le dossier ne disparaisse des priorités diplomatiques.
- Rappeler les droits reconnus par l’ONU : autodétermination, souveraineté, retour.
- Mobiliser les États membres : la résolution 60/37 les encourage explicitement à soutenir les activités organisées ce jour-là.
- Donner la parole à la société civile : les ONG accréditées auprès du Comité participent à la séance annuelle.
- Informer le grand public : expositions, publications, projections de films, documentation diffusée par les centres d’information de l’ONU.
Importance et impact de la Journée internationale de solidarité
Une dimension démographique et humanitaire
Les chiffres donnent la mesure de ce que recouvre l’expression « peuple palestinien ».
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Palestiniens dans le monde (fin 2025) | ≈ 15,5 millions | Bureau central palestinien des statistiques (PCBS) |
| Résidant dans l’État de Palestine | ≈ 5,56 millions | PCBS |
| Résidant dans les territoires de 1948 | ≈ 1,86 million | PCBS |
| Diaspora | ≈ 8,82 millions, dont 6,82 millions dans les pays arabes | PCBS |
| Réfugiés enregistrés auprès de l’UNRWA | ≈ 5,9 millions | UNRWA |
| Camps de réfugiés gérés par l’UNRWA | 58 | UNRWA |
| Palestiniens déplacés en 1947-1948 | plus de 700 000 | UNRWA |
L’UNRWA, créé par l’Assemblée générale en 1949 et opérationnel depuis le 1ᵉʳ mai 1950, décrit la situation des réfugiés palestiniens comme la plus longue crise de réfugiés non résolue au monde. Ses services — éducation, santé primaire, aide sociale — constituent, pour des millions de personnes, l’équivalent d’un service public.
Une dimension juridique
La Journée s’adosse à un corpus de résolutions accumulé sur près de cinquante ans. Le Comité rend compte chaque année à l’Assemblée générale, qui reconduit son mandat. Cette continuité fait de la question palestinienne l’un des rares dossiers dotés, au sein du Secrétariat, d’une division permanente qui lui est exclusivement consacrée.
Une dimension diplomatique
La reconnaissance de l’État de Palestine par les États membres est l’indicateur le plus visible de l’évolution du rapport de force. Après une première vague en 1988, à la suite de la proclamation d’indépendance faite à Alger le 15 novembre 1988 — l’Algérie ayant été le premier pays à reconnaître l’État de Palestine —, une seconde vague s’est produite à l’automne 2025.
| Étape | Date | Effet |
|---|---|---|
| Proclamation d’indépendance à Alger | 15 novembre 1988 | 75 États reconnaissent la Palestine dans les jours qui suivent |
| Adhésion à l’UNESCO | 2011 | Première admission dans une agence onusienne |
| Statut d’État observateur non membre | 29 novembre 2012 | 138 voix pour, 9 contre, 41 abstentions |
| Reconnaissances européennes | 2024 | Norvège, Espagne, Irlande, Slovénie |
| Vague de septembre 2025 | 21-22 septembre 2025 | Royaume-Uni, Canada, Australie, Portugal, puis France, Belgique, Luxembourg, Malte, Andorre, Monaco |
À l’issue de cette séquence, le nombre d’États membres de l’ONU reconnaissant l’État de Palestine se situe autour de 157 à 158 sur 193, selon les décomptes.
La France et la question palestinienne
La France occupe une position singulière : elle a voté le plan de partage en 1947, et elle a été la première grande puissance occidentale membre du G7 et du Conseil de sécurité à reconnaître l’État de Palestine.
| Date | Étape française |
|---|---|
| 29 novembre 1947 | La France vote en faveur de la résolution 181 (II) |
| 2011 | Vote favorable à l’admission de la Palestine à l’UNESCO |
| Novembre 2012 | Vote favorable au statut d’État observateur non membre |
| 2 décembre 2014 | L’Assemblée nationale adopte une résolution invitant le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine (339 voix pour, 151 contre, 16 abstentions, 68 non-votants) — texte non contraignant |
| 29 juillet 2025 | La France signe l’« Appel de New York » avec 14 autres États |
| 22 septembre 2025 | Emmanuel Macron officialise la reconnaissance de l’État de Palestine à la tribune de l’Assemblée générale, lors d’une conférence coprésidée par la France et l’Arabie saoudite |
La résolution parlementaire de 2014 constatait « l’échec des tentatives de relance du processus de paix engagées depuis 1991 » et jugeait le statu quo « intenable et dangereux ». Il aura fallu onze années supplémentaires pour que la reconnaissance soit actée par l’exécutif.
En France, le 29 novembre donne lieu chaque année à des initiatives associatives, notamment de l’Association France Palestine Solidarité et de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : conférences, projections, expositions, rassemblements.
Une date à double lecture
Il faut le dire clairement : le 29 novembre n’a pas le même sens partout, et c’est précisément ce qui rend cette journée singulière parmi les observances onusiennes.
- Pour les Nations unies et les Palestiniens, la date marque le moment où la communauté internationale a reconnu le principe de deux États — un engagement dont l’un des deux volets n’a jamais été réalisé. Le vote de 1947 est aussi lu comme le point de départ de l’exode de 1947-1948, la Nakba (« catastrophe »), commémorée pour sa part le 15 mai.
- Pour Israël et une partie du monde juif, le 29 novembre 1947 est la date à laquelle l’organisation internationale a reconnu le droit du peuple juif à un État. La déclaration d’indépendance lue par David Ben Gourion le 14 mai 1948 s’y réfère explicitement. L’indépendance israélienne est toutefois célébrée à une autre date, Yom Ha’atzmaout, le 5 iyar du calendrier hébraïque.
Un même vote, deux récits nationaux : c’est l’une des clés pour comprendre pourquoi cette journée fait débat, y compris au sein des Nations unies.
Défis et enjeux contemporains
La situation humanitaire
Depuis octobre 2023, la bande de Gaza connaît une crise humanitaire d’une ampleur inédite. Selon le PCBS, la population de Gaza a diminué d’environ 10,6 % par rapport aux estimations d’avant octobre 2023, sous l’effet conjugué des décès, des départs et de la baisse de la natalité. Le Bureau fait état de plus de 198 000 bâtiments endommagés, dont plus de 102 000 totalement détruits.
Le financement de l’aide
L’UNRWA fait face depuis 2024 à des restrictions opérationnelles et à des difficultés budgétaires majeures. Son avenir conditionne l’accès à l’éducation et aux soins de millions de personnes réfugiées enregistrées en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.
L’impasse politique
La solution à deux États demeure le cadre de référence de l’ONU et de l’Union européenne, mais elle est contestée dans les faits comme dans les discours. Les positions des États membres restent profondément divisées : au sein de l’Union européenne, 16 des 27 États reconnaissent l’État de Palestine, l’Allemagne et l’Italie estimant notamment que la reconnaissance doit intervenir à l’issue d’un processus négocié et non en amont.

Comment est célébrée la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien ?
Au siège des Nations unies
- Une séance extraordinaire du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, généralement organisée à New York à une date proche du 29 novembre.
- Des prises de parole du Secrétaire général, du Président de l’Assemblée générale, du Président du Conseil de sécurité et de représentants d’organisations intergouvernementales.
- La lecture d’un message du Président du Comité exécutif de l’OLP et Président de l’Autorité palestinienne.
- Une intervention d’un porte-parole des ONG accréditées auprès du Comité.
- Une exposition ou une manifestation culturelle annuelle, prévue par la résolution 60/37, en coopération avec la Mission d’observation permanente de la Palestine.
- Des réunions parallèles aux Offices des Nations unies de Genève et de Vienne.
Un bulletin spécial rassemblant les allocutions et messages reçus est publié chaque année par la Division des droits des Palestiniens.
Dans les États membres et la société civile
Gouvernements, collectivités et associations organisent conférences, projections de films, expositions photographiques et publications. Les centres et services d’information des Nations unies fournissent sur demande documentation et éléments d’information aux organisateurs.
En ligne
Les principaux débats sont retransmis sur la Web TV des Nations unies. La mobilisation numérique s’articule autour du hashtag officiel #PalestineDay.
Comment participer ?
- Suivre la retransmission de la séance spéciale sur UN Web TV.
- Consulter les ressources documentaires du portail UNISPAL (« La question de Palestine »), disponible en français.
- Assister à un événement local organisé par une association ou une collectivité.
- S’informer sur l’histoire du dossier via les archives et cartes publiées par l’ONU.
- Soutenir une organisation humanitaire active auprès des populations concernées.
Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 29 novembre.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de la paix, Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix.
Foire aux questions
Pourquoi la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est-elle célébrée le 29 novembre ? La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est célébrée le 29 novembre parce que c’est à cette date, en 1947, que l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 181 (II) prévoyant le partage de la Palestine mandataire en deux États, l’un juif, l’autre arabe, avec un statut international pour Jérusalem. L’ONU précise que cette date a été retenue « en raison de sa signification particulière pour le peuple palestinien ».
Qui a créé la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien ? La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, dans sa résolution 32/40 B du 2 décembre 1977. Ce texte prie le Secrétaire général d’organiser chaque année cette journée en consultation avec le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, créé deux ans plus tôt par la résolution 3376 (XXX) du 10 novembre 1975.
Que prévoyait la résolution 181 de l’ONU du 29 novembre 1947 ? La résolution 181 (II) du 29 novembre 1947 prévoyait la fin du mandat britannique sur la Palestine, la création de deux États indépendants — l’un juif, l’autre arabe — liés par une union économique, et le placement de la zone de Jérusalem et Bethléem sous administration internationale. Elle a été adoptée par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions, la France votant en faveur du texte. Elle n’a jamais été appliquée.
Combien de pays reconnaissent l’État de Palestine ? Le nombre de pays reconnaissant l’État de Palestine se situe autour de 157 à 158 États membres de l’ONU sur 193, selon les décomptes, auxquels s’ajoute le Saint-Siège. L’Algérie fut le premier pays à reconnaître l’État de Palestine, le 15 novembre 1988. Une vague de reconnaissances a eu lieu les 21 et 22 septembre 2025, incluant le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Portugal, la France, la Belgique, le Luxembourg, Malte, Andorre et Monaco.
Quand la France a-t-elle reconnu l’État de Palestine ? La France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre 2025, lorsqu’Emmanuel Macron l’a annoncé depuis la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, lors d’une conférence coprésidée par la France et l’Arabie saoudite. La France est devenue le premier membre du G7 disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité à franchir ce pas. L’Assemblée nationale avait déjà adopté en ce sens une résolution non contraignante le 2 décembre 2014, par 339 voix contre 151.
Quels sont les droits inaliénables du peuple palestinien selon l’ONU ? Les droits inaliénables du peuple palestinien selon l’ONU, énoncés dans la résolution 3236 (XXIX) du 22 novembre 1974, sont au nombre de trois : le droit à l’autodétermination sans ingérence extérieure, le droit à l’indépendance et à la souveraineté nationales, et le droit de retourner dans ses foyers et de récupérer ses biens. Ce sont ces trois droits que la Journée du 29 novembre entend rappeler chaque année.
Près de cinquante ans après son institution, la Journée du 29 novembre continue de poser la même question aux Nations unies : comment mettre en œuvre une décision prise en 1947 dont la moitié seulement s’est réalisée. Entre le vote de la résolution 181 et les reconnaissances de septembre 2025, ce sont trois générations qui ont grandi dans l’attente d’un règlement. Comprendre cette date, c’est comprendre pourquoi un simple calendrier peut porter, dans une même case, deux mémoires irréconciliables et un même appel à la paix.
