Chaque année, le 1er août ouvre la Semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM), célébrée jusqu’au 7 août dans plus de 120 pays. Lancée en 1992 par l’Alliance mondiale pour l’allaitement maternel (WABA) avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF, cette semaine commémore la Déclaration d’Innocenti, adoptée à Florence le 1er août 1990. Son objectif : protéger, encourager et soutenir l’allaitement maternel, présenté par l’OMS comme l’une des interventions de santé publique les plus efficaces qui soient pour la survie et le développement de l’enfant.

Derrière un geste intime se joue en réalité un enjeu mondial : moins d’un nourrisson sur deux est aujourd’hui allaité conformément aux recommandations internationales, alors que les bénéfices sanitaires, économiques et environnementaux de l’allaitement sont documentés depuis des décennies.
L’essentiel sur la Semaine mondiale de l’allaitement maternel
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM) / World Breastfeeding Week (WBW) |
| Dates | Du 1er au 7 août (dates variables selon les pays) |
| Première édition | 1992 |
| Organisateur | WABA (World Alliance for Breastfeeding Action), créée en février 1991 |
| Soutiens institutionnels | OMS, UNICEF, ministères de la santé, sociétés savantes |
| Événement commémoré | Déclaration d’Innocenti (Florence, 1er août 1990) |
| Portée | Plus de 120 pays |
| Relais en France | CoFAM (Coordination française pour l’allaitement maternel), en octobre |
| Thème | Renouvelé chaque année par WABA |
C’est quoi l’allaitement maternel ?
L’allaitement maternel désigne l’alimentation du nourrisson avec le lait produit par sa mère. L’OMS en distingue plusieurs modalités, dont la terminologie précise conditionne l’interprétation de toutes les statistiques du domaine.
Les modalités définies par l’OMS
- Allaitement exclusif : le nourrisson ne reçoit que du lait maternel, à l’exclusion de tout autre aliment ou boisson, y compris l’eau (les solutions de réhydratation, vitamines et médicaments restant autorisés).
- Allaitement prédominant : le lait maternel constitue la source principale d’alimentation, complétée par de l’eau ou des liquides à base d’eau.
- Allaitement mixte (ou partiel) : le lait maternel est associé à des préparations pour nourrissons.
- Poursuite de l’allaitement : maintien de l’allaitement après l’introduction des aliments de complément.
Les recommandations internationales
L’OMS et l’UNICEF recommandent :
- La mise au sein dans l’heure qui suit la naissance ;
- L’allaitement exclusif pendant les six premiers mois, à la demande, jour et nuit ;
- L’introduction, à partir de six mois, d’aliments de complément sûrs et adaptés, tout en poursuivant l’allaitement jusqu’à deux ans ou au-delà.
Un aliment vivant et évolutif
Le lait maternel n’a pas de composition fixe. Il évolue au fil des jours (colostrum, lait de transition, lait mature), au cours d’une même tétée et selon les besoins de l’enfant. Il apporte non seulement des nutriments, mais aussi des anticorps, des cellules immunitaires, des enzymes, des hormones et des oligosaccharides qui participent à la maturation du microbiote intestinal. C’est à ce titre que l’OMS le décrit comme la première forme d’immunisation reçue par l’enfant.
Origine et histoire de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel
Une réaction à l’effondrement des taux d’allaitement
Dans les années 1960-1970, la diffusion massive des préparations pour nourrissons, y compris dans des pays où l’eau potable faisait défaut, entraîne un recul rapide de l’allaitement et une hausse de la mortalité infantile. Le scandale de la commercialisation agressive des laits infantiles dans les pays du Sud provoque une mobilisation internationale, dont le boycott lancé en 1977 contre l’un des principaux industriels du secteur.
La réponse institutionnelle prend forme avec l’adoption, en mai 1981 par l’Assemblée mondiale de la Santé, du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, texte de référence qui encadre la publicité et la promotion de ces produits.
La Déclaration d’Innocenti et la naissance de la SMAM
Du 30 juillet au 1er août 1990, une réunion internationale organisée à l’hôpital des Innocents (Spedale degli Innocenti) de Florence rassemble les représentants d’une trentaine de gouvernements, des agences des Nations unies et des ONG. Elle débouche sur la Déclaration d’Innocenti sur la protection, la promotion et le soutien de l’allaitement maternel, qui fixe des objectifs opérationnels aux États.
En février 1991, les organisations engagées sur ce terrain se fédèrent en un réseau mondial, la WABA, avec l’appui de l’UNICEF. Sa mission : faire appliquer la Déclaration d’Innocenti. Dès 1992, WABA organise la première Semaine mondiale de l’allaitement maternel, fixée du 1er au 7 août en référence à la date de la Déclaration.
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 1981 | Adoption du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (Assemblée mondiale de la Santé) |
| 1989 | Déclaration conjointe OMS/UNICEF énonçant les « Dix conditions pour le succès de l’allaitement maternel » |
| 1990 | Déclaration d’Innocenti (Florence, 1er août) |
| 1991 | Création de WABA (février) et lancement de l’Initiative Hôpital Ami des Bébés par l’OMS et l’UNICEF |
| 1992 | Première Semaine mondiale de l’allaitement maternel |
| 2002 | Adoption de la Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (OMS/UNICEF) |
| 2016 | Première série d’articles du Lancet consacrée à l’allaitement |
| 2018 | Révision des recommandations OMS/UNICEF pour les établissements de santé |
| 2023 | Seconde série du Lancet, centrée sur le marketing des préparations pour nourrissons |
Les objectifs de la SMAM
- Informer : diffuser des données fiables sur les bénéfices de l’allaitement et sur les pratiques recommandées.
- Ancrer : faire de l’allaitement une composante reconnue des politiques de santé publique et de nutrition.
- Mobiliser : engager les gouvernements, les employeurs, les professionnels de santé et les communautés.
- Soutenir : améliorer concrètement l’accompagnement des mères, à la maternité, à domicile et au travail.
- Protéger : faire respecter le Code international de 1981 face aux stratégies commerciales.
Importance et impact mondial de l’allaitement maternel
Un impact majeur sur la santé de l’enfant et de la mère
L’allaitement réduit la fréquence et la gravité des infections respiratoires, des diarrhées et des otites du nourrisson. Il diminue le risque de mort inattendue du nourrisson et, à plus long terme, celui d’obésité et de diabète de type 2. Chez la mère, il est associé à une réduction du risque de cancer du sein, de cancer de l’ovaire et de diabète de type 2.
La série du Lancet publiée en 2016 estimait qu’une généralisation des pratiques d’allaitement recommandées permettrait d’éviter chaque année plusieurs centaines de milliers de décès d’enfants de moins de cinq ans et plusieurs dizaines de milliers de décès maternels par cancer du sein.
Des taux mondiaux encore en deçà des cibles
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Nourrissons de moins de 6 mois allaités exclusivement (monde) | environ 48 % |
| Progression sur la dernière décennie | + 10 points de pourcentage |
| Cible de l’Assemblée mondiale de la Santé pour 2025 | au moins 50 % |
| Cible de l’Assemblée mondiale de la Santé pour 2030 | 70 % |
Sources : OMS et UNICEF, déclarations conjointes publiées à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel.
Ces chiffres masquent de fortes disparités : certains pays dépassent largement les 60 % d’allaitement exclusif à six mois quand d’autres, dont plusieurs pays européens à revenu élevé, restent nettement en dessous de la moyenne mondiale.
Un poids économique considérable
L’allaitement est une ressource alimentaire produite en dehors de toute comptabilité nationale. Les travaux associés à la série 2023 du Lancet ont estimé la valeur monétaire mondiale de la production de lait maternel à environ 3 600 milliards de dollars pour l’année 2020 — une richesse invisible dans les indicateurs économiques classiques.
En regard, le marché des préparations pour nourrissons et laits de croissance représente environ 55 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel selon la même série d’articles.
Un enjeu environnemental
Contrairement aux laits industriels, l’allaitement ne mobilise ni élevage laitier, ni transformation industrielle, ni emballage, ni transport, ni eau de reconstitution, ni énergie de stérilisation. Cette dimension écologique a fait l’objet de plusieurs éditions thématiques de la SMAM et occupe une place croissante dans le plaidoyer international.
L’allaitement maternel à travers le monde
Des dates de célébration variables
Si la SMAM est fixée du 1er au 7 août par WABA, plusieurs pays l’ont décalée pour des raisons pratiques, notamment pour éviter la période des congés d’été.
| Territoire | Période de célébration |
|---|---|
| Majorité des pays | 1er au 7 août |
| Amérique du Nord et Belgique francophone | 1er au 7 octobre |
| France | 42e semaine de l’année (depuis 2008) |
En France, la SMAM était initialement organisée pendant la 40e semaine de l’année — clin d’œil à la durée d’une grossesse — avant d’être reportée à la 42e semaine de l’année pour laisser davantage de temps d’organisation aux associations et aux professionnels.
Des pratiques culturellement contrastées
Les durées d’allaitement varient fortement d’une région à l’autre. Les taux les plus élevés d’allaitement exclusif se rencontrent généralement en Asie du Sud, en Afrique de l’Est et australe, tandis que plusieurs pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord figurent parmi les moins performants. Les pays nordiques font exception : la Norvège et la Suède affichent des taux d’initiation proches de la quasi-totalité des naissances, résultat conjoint de congés parentaux longs et d’une généralisation du label Hôpital Ami des Bébés.
Les représentations culturelles jouent également : l’allaitement en public est banal dans certaines sociétés, contesté ou tabou dans d’autres, et la durée socialement « acceptable » de l’allaitement varie considérablement.
Les défis contemporains de l’allaitement maternel
Le marketing des substituts du lait maternel
Malgré le Code international de 1981, sa transposition en droit national reste partielle dans de nombreux pays et son application inégale. La série 2023 du Lancet a documenté des stratégies de marketing qui présentent comme pathologiques des comportements normaux du nourrisson — pleurs, agitation, réveils nocturnes — pour justifier le recours aux préparations industrielles. Le marketing numérique, ciblé et difficile à contrôler, constitue un front nouveau.
La conciliation avec le travail
Le retour à l’emploi est l’une des premières causes d’arrêt de l’allaitement. La convention n° 183 de l’Organisation internationale du travail fixe un congé de maternité minimal de quatorze semaines, une norme que de nombreux pays n’atteignent toujours pas. L’absence de local dédié, de pauses d’allaitement effectives ou de possibilité de tirer son lait sur le lieu de travail pèse directement sur les durées d’allaitement.
Les inégalités sociales et l’accompagnement
Les durées d’allaitement sont plus courtes chez les mères jeunes, isolées, ou ayant un niveau d’études plus faible. À cela s’ajoutent une formation initiale souvent limitée des professionnels de santé sur la lactation, un accompagnement inégal après la sortie de maternité, et des difficultés fréquentes (douleurs, crevasses, doutes sur la production de lait) qui, faute de soutien rapide, conduisent à des arrêts précoces non désirés.
Le respect du choix des mères
La promotion de l’allaitement se heurte à un équilibre délicat : soutenir sans culpabiliser. Certaines femmes ne peuvent pas allaiter, d’autres choisissent de ne pas le faire. Les auteurs de la série du Lancet soulignent que la pression ressentie peut nuire à la santé mentale maternelle et qu’un système de soutien digne de ce nom doit accompagner toutes les mères, quel que soit leur choix.
Les situations de crise
En contexte de conflit, de déplacement de population ou de catastrophe, l’allaitement devient une protection vitale : il ne dépend ni de l’accès à l’eau potable, ni à l’électricité, ni à une chaîne d’approvisionnement. Les distributions non contrôlées de laits infantiles dans ces situations sont explicitement déconseillées par les organisations humanitaires.

Comment participer à la Semaine mondiale de l’allaitement maternel
Du côté des institutions et des professionnels
- Organisation de conférences, journées de formation et colloques par les maternités, réseaux de périnatalité et sociétés savantes.
- Ateliers d’information prénatale et permanences d’accompagnement à la lactation.
- Engagement des établissements dans une démarche de labellisation Hôpital Ami des Bébés.
- Campagnes de sensibilisation au don de lait maternel auprès des lactariums.
Du côté des associations et des communautés
- Réunions de soutien entre parents animées par des associations spécialisées.
- Rencontres publiques, « grandes tétées » et rassemblements festifs.
- Stands d’information sur les marchés, dans les médiathèques et les centres sociaux.
- Permanences téléphoniques et lignes d’écoute renforcées pendant la semaine.
Du côté des employeurs
- Mise à disposition d’un espace propre et privatif permettant de tirer son lait.
- Aménagement effectif des pauses d’allaitement prévues par la réglementation.
- Souplesse sur les horaires lors de la reprise du travail.
Du côté du grand public
- Relayer les messages officiels de l’OMS, de l’UNICEF et des associations locales.
- Se former, en tant que futur parent ou entourage, avant la naissance plutôt qu’après.
- Soutenir concrètement une mère qui allaite : prendre en charge les repas, l’aîné, l’intendance.
- Envisager le don de lait auprès d’un lactarium en cas de production excédentaire.
L’allaitement maternel en France
Des taux en progression mais toujours modestes
L’enquête Epifane, menée par Santé publique France, constitue la référence nationale. Sa deuxième édition, réalisée en 2021 et publiée en 2024, met en évidence une amélioration réelle sur dix ans.
| Indicateur | 2012 | 2021 |
|---|---|---|
| Enfants allaités à la maternité | 74 % | 77 % |
| Durée médiane de l’allaitement (exclusif + mixte) | 15 semaines | 20 semaines |
| Enfants encore allaités à 6 mois | moins d’un quart | plus d’un tiers |
Source : Santé publique France, enquête Epifane.
L’objectif de 75 % d’enfants allaités à la naissance fixé par le 4e Programme national nutrition santé est donc atteint. La France reste toutefois en retrait par rapport à la plupart de ses voisins européens, et l’allaitement exclusif demeure minoritaire dès les premières semaines : dès la maternité, la moitié des nourrissons a déjà reçu des préparations pour nourrissons.
Les motifs d’arrêt les plus cités par les mères sont la commodité perçue du biberon — notamment pour associer le second parent —, le sentiment d’une production de lait insuffisante, les difficultés de mise au sein et les contraintes d’organisation.
Le cadre juridique français
- Congé de maternité : seize semaines pour un premier ou deuxième enfant (six semaines prénatales, dix postnatales), vingt-six semaines à partir du troisième.
- Pauses d’allaitement : l’article L. 1225-30 du Code du travail prévoit qu’une salariée qui allaite dispose d’une heure par jour pendant les heures de travail, durant l’année qui suit la naissance.
- Local dédié : le Code du travail impose la mise à disposition d’un local dédié à l’allaitement dans les entreprises d’une certaine taille.
L’Initiative Hôpital Ami des Bébés
Le label IHAB, placé sous l’égide de l’OMS et de l’UNICEF, distingue les maternités et services de néonatologie dont les pratiques respectent les recommandations internationales. En France, il est décerné par l’association IHAB France. Le réseau s’est nettement étoffé ces dernières années : selon IHAB France, une quatre-vingtaine d’établissements étaient labellisés en 2026, représentant de l’ordre de 17 % des naissances nationales. La première maternité française avait été labellisée en 2000. Des travaux publiés en 2024 ont confirmé que les taux d’allaitement exclusif y sont significativement plus élevés que dans les établissements non labellisés.
Les lactariums et le don de lait
La France dispose d’un réseau de lactariums, banques de lait maternel qui collectent, pasteurisent et délivrent du lait de don, principalement destiné aux grands prématurés. Le premier a été créé à Paris en 1947. Fédérés par l’Association des lactariums de France (créée en 1981), ils produisent chaque année de l’ordre de 70 000 litres, un volume très inférieur aux besoins estimés. Le don est gratuit, anonyme ou personnalisé, et fait l’objet d’un encadrement sanitaire strict.
Les relais associatifs
La CoFAM (Coordination française pour l’allaitement maternel) coordonne la SMAM en France, décalée à la 42e semaine de l’année. Plusieurs associations assurent un soutien de proximité toute l’année, par des réunions entre parents, des permanences téléphoniques et des formations destinées aux professionnels. L’allaitement figure par ailleurs parmi les axes du programme national des 1 000 premiers jours.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 1er août.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale des parents, Journée internationale des familles.
Foire aux questions sur la Semaine mondiale de l’allaitement maternel
Quand a lieu la Semaine mondiale de l’allaitement maternel ?
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel a lieu du 1er au 7 août dans la majorité des pays du monde, conformément à la date fixée par WABA en référence à la Déclaration d’Innocenti du 1er août 1990. Certains pays ont toutefois retenu d’autres dates : elle se déroule du 1er au 7 octobre en Amérique du Nord et en Belgique francophone, et pendant la 42e semaine de l’année en France depuis 2008.
Qui organise la Semaine mondiale de l’allaitement maternel ?
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel est organisée par WABA, l’Alliance mondiale pour l’allaitement maternel, un réseau international créé en février 1991. Elle bénéficie du soutien de l’Organisation mondiale de la santé, de l’UNICEF, de nombreux ministères de la santé et d’organisations de la société civile. En France, elle est relayée par la CoFAM, qui fédère associations et professionnels de la périnatalité.
Pourquoi la Semaine mondiale de l’allaitement maternel commence-t-elle le 1er août ?
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel commence le 1er août parce que cette date correspond à l’adoption de la Déclaration d’Innocenti, signée le 1er août 1990 à Florence à l’issue d’une réunion internationale réunissant gouvernements, agences des Nations unies et ONG. Ce texte fondateur engage les États à protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel ; la SMAM en est la traduction annuelle et militante.
Combien de temps l’OMS recommande-t-elle d’allaiter ?
L’OMS recommande un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie, c’est-à-dire sans aucun autre aliment ni boisson, pas même de l’eau. À partir de six mois, des aliments de complément adaptés doivent être introduits, tout en poursuivant l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans ou au-delà. L’OMS recommande également la mise au sein dans l’heure qui suit la naissance.
Quel est le taux d’allaitement maternel en France ?
Le taux d’allaitement en France s’établit à 77 % des enfants allaités à la maternité selon l’enquête Epifane 2021 de Santé publique France, contre 74 % en 2012. La durée médiane de l’allaitement, exclusif et mixte confondus, est passée de 15 à 20 semaines sur la même période, et plus d’un tiers des enfants étaient encore allaités à six mois en 2021. La France demeure néanmoins en retrait par rapport à la moyenne européenne, en particulier sur la durée.
Comment participer à la Semaine mondiale de l’allaitement maternel ?
Participer à la Semaine mondiale de l’allaitement maternel peut prendre des formes très diverses : assister à une réunion d’information ou à une conférence organisée par une maternité ou une association, relayer les messages de sensibilisation, se former avant une naissance, soutenir concrètement une mère qui allaite dans son entourage, ou encore envisager un don de lait auprès d’un lactarium. Les employeurs peuvent en profiter pour mettre en place un espace dédié et appliquer effectivement les pauses d’allaitement prévues par la loi.
Un geste intime, une responsabilité collective
Allaiter n’est pas seulement l’affaire d’une mère et de son enfant. C’est aussi celle d’un conjoint qui prend le relais sur tout le reste, d’une sage-femme disponible à la bonne heure, d’un employeur qui aménage un local, d’un législateur qui allonge un congé, d’un pays qui fait respecter un code de commercialisation adopté il y a plus de quarante ans. La Semaine mondiale de l’allaitement maternel rappelle chaque 1er août que les taux d’allaitement ne dépendent pas de la volonté individuelle des femmes, mais de la solidité du filet qu’on tend autour d’elles. Reste, au bout du compte, une évidence que résume bien l’ensemble de la littérature scientifique : soutenir celles qui souhaitent allaiter, respecter celles qui ne le souhaitent ou ne le peuvent pas, et cesser de laisser le marché décider à leur place.
