Chaque 6 août, les Nations Unies consacrent une journée à une catégorie de pays trop souvent absente des grands récits du développement : les pays en développement sans littoral (PDSL). Trente-deux États répartis sur quatre continents, plus de 600 millions d’habitants, et un handicap commun qui n’a rien de conjoncturel — l’absence d’accès territorial à la mer. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 juillet 2025 par la résolution A/RES/79/320, cette Journée internationale a été célébrée pour la première fois le 6 août 2025, en pleine troisième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral, à Awaza (Turkménistan).

L’idée directrice tient en une formule reprise par le Secrétaire général de l’ONU comme par la Haute-Représentante Rabab Fatima : la géographie ne devrait pas déterminer le destin. Or, aujourd’hui, elle le détermine encore largement.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale de sensibilisation aux besoins et enjeux de développement propres aux pays en développement sans littoral |
| Date | 6 août (date fixe) |
| Instaurée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution | A/RES/79/320, adoptée le 25 juillet 2025 (projet A/79/L.108) |
| Initiateur du texte | État plurinational de Bolivie |
| Première célébration | 6 août 2025, à Awaza (Turkménistan) |
| Pays concernés | 32 pays en développement sans littoral |
| Population concernée | Plus de 600 millions de personnes |
| Organisme référent | Bureau de la Haute-Représentante pour les PMA, les PDSL et les PEID (OHRLLS) |
| Cadre stratégique | Programme d’action d’Awaza 2024-2034 |
| Thème annuel | Aucun thème annuel officiel |
C’est quoi un pays en développement sans littoral ?
Un pays en développement sans littoral est un État en développement qui ne dispose d’aucun accès territorial direct à la mer. Pour exporter ou importer, il doit obligatoirement traverser le territoire d’un ou plusieurs pays voisins, dits pays de transit. Cette dépendance n’est pas une simple contrainte logistique : elle structure toute l’économie du pays.
La catégorie « PDSL » est une catégorie officielle des Nations Unies, distincte des deux autres groupes de pays vulnérables reconnus par l’Organisation : les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID). Les trois groupes sont suivis par un même bureau, l’OHRLLS, qui plaide pour 92 pays et environ 1,1 milliard d’habitants.
Attention à ne pas confondre : tous les pays enclavés ne sont pas des PDSL. La Suisse, l’Autriche ou le Luxembourg n’ont pas non plus d’accès à la mer, mais leur niveau de développement, la densité de leurs infrastructures et la qualité de leurs relations de transit neutralisent le handicap géographique. Le statut de PDSL combine donc trois éléments : l’enclavement, le statut de pays en développement, et la reconnaissance par les Nations Unies.
Les trois handicaps structurels
- L’éloignement des marchés mondiaux : la distance moyenne entre un PDSL et le point d’accès à la mer le plus proche est de 1 370 km. Le Kazakhstan détient le record avec 3 750 km ; l’Afghanistan, le Tchad, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe dépassent tous les 2 000 km.
- La multiplication des frontières : chaque passage frontalier ajoute formalités administratives, contrôles, attentes et frais. Le coût s’additionne à chaque étape du corridor.
- La dépendance à un tiers : quand le pays de transit est lui-même une économie en développement — ce qui est très souvent le cas — ou traverse une crise politique, le PDSL subit directement le choc sans disposer d’aucun levier.
Origine et histoire de la Journée internationale des pays en développement sans littoral
Une reconnaissance juridique ancienne, une journée toute récente
Le droit international s’est saisi de la question de l’enclavement bien avant que l’ONU ne lui consacre une journée. Dès 1921, la Convention et le Statut de Barcelone posent le principe de la liberté du transit. La Convention de New York du 8 juillet 1965 est ensuite spécifiquement consacrée au commerce de transit des États sans littoral. Enfin, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 consacre, dans sa partie X (articles 124 à 132), le droit d’accès à la mer et depuis la mer des États sans littoral, ainsi que la liberté de transit.
Mais reconnaître un droit ne suffit pas à le rendre effectif. C’est le constat qui a conduit les Nations Unies à bâtir, à partir des années 2000, une architecture politique dédiée, structurée autour de conférences décennales et de programmes d’action.
Création de la Journée internationale
La Journée internationale du 6 août est née dans le sillage direct de cette architecture. Après l’adoption du Programme d’action d’Awaza pour la décennie 2024-2034 en décembre 2024, l’Assemblée générale a adopté le 25 juillet 2025 la résolution 79/320, présentée par l’État plurinational de Bolivie, qui proclame la Journée internationale de sensibilisation aux besoins et enjeux de développement propres aux pays en développement sans littoral.
Le choix du 6 août n’est pas arbitraire : il correspond au calendrier de la troisième Conférence des Nations Unies sur les PDSL, tenue à Awaza du 5 au 8 août 2025. La première célébration a donc eu lieu au cœur même du sommet fondateur de la décennie, devant les chefs d’État et de gouvernement réunis sur les rives de la mer Caspienne.
Chronologie de la cause des pays sans littoral
| Année | Étape |
|---|---|
| 1921 | Convention et Statut de Barcelone sur la liberté du transit |
| 1958 | Convention de Genève sur la haute mer : droit d’accès à la mer des États sans littoral |
| 8 juillet 1965 | Convention de New York relative au commerce de transit des États sans littoral |
| 1982 | Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, partie X (art. 124 à 132) |
| 28-29 août 2003 | Conférence ministérielle d’Almaty (Kazakhstan) : adoption du Programme d’action d’Almaty |
| 3-5 novembre 2014 | 2ᵉ Conférence des Nations Unies sur les PDSL, Vienne : Programme d’action de Vienne 2014-2024 |
| 24 décembre 2024 | Résolution A/RES/79/233 : adoption du Programme d’action d’Awaza 2024-2034 |
| 11 avril 2025 | Résolution A/RES/79/279 : la 3ᵉ Conférence est fixée à Awaza, du 5 au 8 août 2025 |
| 25 juillet 2025 | Résolution A/RES/79/320 : proclamation de la Journée internationale du 6 août |
| 5-8 août 2025 | 3ᵉ Conférence des Nations Unies sur les PDSL (LLDC3) et Déclaration politique d’Awaza |
| 6 août 2025 | Première célébration de la Journée internationale |
Objectifs principaux de la Journée
- Rendre visible un handicap invisible : l’enclavement ne produit pas d’images spectaculaires, contrairement aux catastrophes climatiques ou aux conflits. Il agit lentement, par surcoûts et par retards.
- Mobiliser les partenaires de transit : aucun progrès n’est possible sans coopération avec les États côtiers voisins, qui détiennent les ports et les corridors.
- Ancrer le Programme d’action d’Awaza : la Journée sert de rendez-vous annuel de redevabilité sur les engagements pris pour la décennie 2024-2034.
- Défendre un financement adapté : les PDSL paient une prime sur le capital alors même que leurs coûts de développement sont parmi les plus élevés au monde.
- Rappeler l’objectif « ne laisser personne de côté » : aucun pays ne devrait être marginalisé au seul motif de sa position sur la carte.
Importance et impact mondial des pays en développement sans littoral
Le poids réel : 7 % de la population, environ 1 % du commerce
Le décalage est l’argument central de la Journée. Les pays en développement sans littoral abritent environ 7 % de la population mondiale, mais ne pèsent qu’environ 1 % des exportations mondiales de marchandises — une part qui stagne depuis une décennie. Pour les seuls 16 PDSL africains, la Commission économique pour l’Afrique évalue cette part à 0,25 %.
| Indicateur | Pays en développement sans littoral | Référence mondiale |
|---|---|---|
| Part de la population mondiale | Environ 7 % | — |
| Part des exportations mondiales de marchandises | Environ 1 % | — |
| Coûts commerciaux | +30 % à +45 % par rapport aux pays côtiers | Base 100 |
| Coûts de transport | Plus du double des États côtiers voisins | Base 100 |
| Accès à Internet | Environ 35 % de la population | Environ 66 % |
| Accès à Internet (PDSL africains) | Environ 26 % | Environ 66 % |
| Distance moyenne au port le plus proche | 1 370 km | — |
L’impact économique : le coût du kilomètre et le coût du jour
Deux mécanismes expliquent l’essentiel du retard.
Le premier est le coût du kilomètre. Les liaisons routières et ferroviaires insuffisantes peuvent faire grimper les coûts de transport jusqu’à 60 %. En Afrique, les coûts de transport des PDSL peuvent dépasser de 40 % ceux des États côtiers. Résultat : un producteur enclavé arrive sur le marché mondial avec un prix de revient structurellement dégradé, quelle que soit sa productivité.
Le second est le coût du jour. Chaque journée supplémentaire passée par une marchandise en transit réduit les échanges commerciaux d’environ 1 %. Pour un PDSL, ces retards ne sont pas accidentels : ils sont inscrits dans la géographie et dans le fonctionnement des postes-frontières. Le surcoût logistique se transforme alors en piège de spécialisation : les produits périssables ou à forte valeur ajoutée deviennent difficiles à exporter, et les PDSL restent cantonnés aux matières premières, qui représentent l’essentiel de leurs ventes internationales.
L’impact social et alimentaire
Le retard commercial se traduit très concrètement dans les assiettes. Le nombre de personnes sous-alimentées dans les PDSL est plus de deux fois supérieur à ce qu’il est dans le reste du monde. Plus de la moitié de ces pays connaissent de graves crises alimentaires, alors même que plus de la moitié d’entre eux sont situés en zone aride, exposée à la désertification et à la sécheresse.
La superposition des vulnérabilités est frappante : 16 des 32 PDSL sont également des pays les moins avancés (PMA), cumulant enclavement et faiblesse structurelle de l’économie.
La diversité des pays en développement sans littoral à travers le monde
Parler des PDSL comme d’un bloc homogène serait une erreur d’analyse. Un pays pétrolier d’Asie centrale et un micro-État himalayen ne partagent qu’un handicap géographique.
| Région | Nombre de PDSL | Pays |
|---|---|---|
| Afrique | 16 | Botswana, Burkina Faso, Burundi, Eswatini, Éthiopie, Lesotho, Malawi, Mali, Niger, Ouganda, République centrafricaine, Rwanda, Soudan du Sud, Tchad, Zambie, Zimbabwe |
| Asie | 10 | Afghanistan, Bhoutan, Kazakhstan, Kirghizistan, Mongolie, Népal, Ouzbékistan, République démocratique populaire lao, Tadjikistan, Turkménistan |
| Europe | 4 | Arménie, Azerbaïdjan, Macédoine du Nord, République de Moldova |
| Amérique latine | 2 | État plurinational de Bolivie, Paraguay |
L’Afrique : la moitié du groupe, la moitié du problème
Avec 16 pays et plus de 350 millions d’habitants, l’Afrique concentre la moitié des PDSL et la quasi-totalité des situations les plus critiques : sur ces 16 pays, la grande majorité figure aussi parmi les pays les moins avancés. Les corridors sahéliens — reliant Bamako, Ouagadougou ou Niamey aux ports du golfe de Guinée — sont à la fois vitaux et exposés à l’insécurité. En Afrique australe et orientale, l’enjeu se déplace vers la modernisation des corridors ferroviaires et miniers.
L’Asie centrale : l’enclavement au carré
Le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan cumulent une particularité rare : plusieurs de leurs voisins sont eux-mêmes enclavés. L’Ouzbékistan est même doublement enclavé — il faut franchir au moins deux frontières pour atteindre la mer. En contrepartie, la région bénéficie de sa position sur les corridors eurasiatiques et de ressources énergétiques et minières considérables.
L’Himalaya et l’Asie du Sud-Est : la contrainte du relief
Le Bhoutan, le Népal et la République démocratique populaire lao ajoutent à l’enclavement une topographie montagneuse qui renchérit chaque kilomètre d’infrastructure. Le Bhoutan est le moins peuplé des PDSL, avec moins d’un million d’habitants — à l’autre extrême, l’Éthiopie en compte plus de 115 millions.
L’Europe et l’Amérique latine : des trajectoires singulières
Les quatre PDSL européens présentent des niveaux de développement sensiblement supérieurs à la moyenne du groupe et bénéficient de la proximité des marchés européens. En Amérique latine, la Bolivie et le Paraguay illustrent deux stratégies contrastées : la voie fluviale par le bassin Paraná-Paraguay pour l’un, la revendication historique d’un accès souverain à l’océan Pacifique pour l’autre — un contentieux qui structure la politique étrangère bolivienne depuis plus d’un siècle et explique que ce soit précisément La Paz qui ait porté la résolution créant la Journée.
Les défis contemporains des pays en développement sans littoral
Le déficit d’infrastructures
C’est le défi matriciel. Routes non revêtues, réseaux ferroviaires vétustes ou inexistants, postes-frontières engorgés, capacités de stockage insuffisantes : la faiblesse des liaisons peut à elle seule faire grimper les coûts de transport jusqu’à 60 %. Le Programme d’action d’Awaza fait de l’investissement dans les corridors une priorité — non comme une option de modernisation, mais comme une condition de survie économique.
Le choc climatique amplifié
Une inondation qui emporte un pont ou une route de corridor ne coupe pas seulement une liaison locale : elle peut isoler un pays entier de ses approvisionnements. Les PDSL cumulent ici les expositions — zones arides pour plus de la moitié d’entre eux, massifs montagneux soumis à la fonte des glaciers et aux pénuries d’eau pour d’autres — sans disposer des marges budgétaires nécessaires à l’adaptation. La résilience climatique n’y est pas un objectif de confort, mais une garantie de continuité.
La fracture numérique
Le commerce électronique et les services numériques offrent une échappatoire théorique à la contrainte géographique : un service exporté en ligne ne passe pas de poste-frontière. Encore faut-il la connectivité. Avec environ 35 % de la population connectée dans les PDSL — et environ 26 % dans les PDSL africains — contre environ 66 % au niveau mondial, le risque est réel de voir la fracture numérique se convertir en fracture de développement supplémentaire.
La dépendance politique aux corridors
Un corridor n’est jamais purement technique. Les fermetures de frontières, les crises politiques dans les pays de transit, les conflits armés le long des routes commerciales ou les tensions régionales peuvent paralyser en quelques jours l’approvisionnement d’un pays entier. Cette vulnérabilité, difficile à assurer et à financer, décourage l’investissement direct étranger et alimente une prime de risque durable sur le coût du capital.
Le financement
C’est le nœud du Programme d’action d’Awaza. Les PDSL supportent des coûts de développement parmi les plus élevés du monde tout en payant leur financement plus cher que d’autres économies comparables. Sortir de ce cercle suppose des mécanismes dédiés — parmi les initiatives phares annoncées à Awaza figurent notamment un mécanisme mondial d’investissement dans les infrastructures et un programme de travail spécifique de l’Organisation mondiale du commerce sur le commerce des pays enclavés.

Comment célébrer et participer à la Journée internationale du 6 août
Événements institutionnels
Le 6 août donne lieu à un message officiel de la Secrétaire générale adjointe et Haute-Représentante pour les PMA, les PDSL et les PEID, ainsi qu’à des manifestations organisées par l’OHRLLS, les commissions économiques régionales des Nations Unies et les missions permanentes des PDSL auprès des Nations Unies. Les tables rondes portent généralement sur les corridors de transit, la facilitation des échanges et le financement des infrastructures.
Mobilisation dans les pays concernés
Dans les 32 PDSL, la Journée est l’occasion pour les ministères des transports, du commerce et des affaires étrangères de rendre compte de l’avancement des engagements d’Awaza, et pour les organisations professionnelles — transporteurs, transitaires, chambres de commerce — de porter leurs revendications sur les délais de passage frontalier.
Actions numériques et sensibilisation
- Relayer les publications de l’OHRLLS et des agences onusiennes, qui diffusent chaque année des visuels et données actualisées sur les PDSL.
- Partager les chiffres clés : 32 pays, plus de 600 millions d’habitants, 7 % de la population mondiale pour environ 1 % des exportations mondiales.
- Utiliser les mots-clés de la campagne autour des sigles PDSL et LLDC, et de la formule qui structure le message onusien : la géographie ne devrait pas déterminer le destin.
S’informer utilement
- Consulter la liste officielle des 32 PDSL publiée par l’OHRLLS et les profils commerciaux tenus par l’Organisation mondiale du commerce et la CNUCED.
- Lire le Programme d’action d’Awaza 2024-2034 et la Déclaration politique d’Awaza, qui constituent la feuille de route de la décennie.
- Dans un cadre pédagogique, faire tracer à des élèves le trajet réel d’un conteneur entre Ouagadougou et le port de Lomé, ou entre Oulan-Bator et Tianjin : le nombre de frontières et de kilomètres parle mieux que n’importe quel graphique.
La France et les pays en développement sans littoral
La France n’est pas un pays enclavé, et cette Journée internationale n’y donne lieu à aucune célébration nationale. Elle n’est pas pour autant sans écho dans la politique extérieure française.
Un lien linguistique et historique fort
Sept des seize PDSL africains ont le français comme langue officielle ou co-officielle : Burkina Faso, Burundi, Mali, Niger, République centrafricaine, Rwanda et Tchad. La République démocratique populaire lao, l’Arménie, la Macédoine du Nord et la République de Moldova entretiennent également des liens anciens avec l’espace francophone. Ces liens ont toutefois été redessinés : le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont notifié en mars 2025 leur retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie, dans un contexte plus large de rupture diplomatique avec Paris.
L’aide publique au développement française
L’Agence française de développement est intervenue de longue date dans plusieurs PDSL sahéliens, avec un accent sur les infrastructures, le développement rural et l’accès aux services essentiels. Cette présence s’est fortement contractée : la France a suspendu son aide publique au développement au Mali (novembre 2022), au Burkina Faso (août 2023) et au Niger (juillet 2023). L’AFD reste en revanche engagée dans d’autres PDSL, notamment au Tchad, où son portefeuille actif représentait en 2024 une trentaine de projets pour plus de 300 millions d’euros d’engagements cumulés.
Le levier européen
L’essentiel de l’action française passe désormais par le canal européen. L’Union européenne, premier bailleur mondial d’aide publique au développement, a apporté son soutien au Programme d’action d’Awaza et finance, via sa stratégie de connectivité, plusieurs corridors qui desservent directement des PDSL — au premier rang desquels les corridors ferroviaires d’Afrique australe reliant les zones minières zambiennes aux ports atlantiques.
Un enjeu de compréhension pour le lecteur français
Pour un public habitué à un territoire doté de plusieurs façades maritimes et de ports à quelques heures de route, l’enclavement est une notion abstraite. L’ordre de grandeur aide : un exportateur de Ouagadougou est à environ 1 000 kilomètres du port le plus proche, sur une route qu’il ne contrôle pas, avec des formalités douanières à chaque frontière. C’est cette réalité que la Journée du 6 août cherche à rendre tangible.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 6 août.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale du développement rural, La Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.
Foire aux questions sur la Journée internationale des pays en développement sans littoral
Quand a lieu la Journée internationale des pays en développement sans littoral ?
La Journée internationale de sensibilisation aux besoins et enjeux de développement propres aux pays en développement sans littoral a lieu chaque année le 6 août. Il s’agit d’une date fixe, sans variation d’une année sur l’autre. La première célébration s’est tenue le 6 août 2025, pendant la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral à Awaza, au Turkménistan.
Combien y a-t-il de pays en développement sans littoral dans le monde ?
Il existe 32 pays en développement sans littoral reconnus comme tels par les Nations Unies. Ils se répartissent en 16 pays en Afrique, 10 en Asie, 4 en Europe et 2 en Amérique latine, et abritent ensemble plus de 600 millions d’habitants. Seize de ces 32 pays figurent également sur la liste des pays les moins avancés.
Quelle est la différence entre un pays enclavé et un pays en développement sans littoral ?
La différence entre un pays enclavé et un pays en développement sans littoral tient au niveau de développement. Un pays enclavé est simplement un État sans accès territorial à la mer : la Suisse et l’Autriche en font partie. Un pays en développement sans littoral est une catégorie officielle des Nations Unies qui combine l’enclavement et le statut de pays en développement. Un pays riche et bien connecté ne subit pas les mêmes surcoûts qu’un pays dépendant de corridors dégradés traversant des États eux-mêmes fragiles.
Pourquoi les pays en développement sans littoral coûtent-ils plus cher au commerce ?
Les pays en développement sans littoral supportent des coûts commerciaux supérieurs de 30 % à 45 % à ceux des pays côtiers pour deux raisons cumulatives. D’abord, la distance : 1 370 km en moyenne jusqu’au point d’accès à la mer le plus proche, sur des liaisons routières et ferroviaires souvent insuffisantes, ce qui peut renchérir le transport jusqu’à 60 %. Ensuite, le temps : chaque jour supplémentaire de transit réduit les échanges d’environ 1 %, et les retards aux frontières y sont structurels et non ponctuels.
Qu’est-ce que le Programme d’action d’Awaza pour les pays en développement sans littoral ?
Le Programme d’action d’Awaza est la feuille de route des Nations Unies en faveur des pays en développement sans littoral pour la décennie 2024-2034. Adopté par l’Assemblée générale le 24 décembre 2024 par la résolution A/RES/79/233, il succède au Programme d’action de Vienne (2014-2024) et à celui d’Almaty (2003). Il fixe cinq priorités : transformation structurelle, infrastructures et connectivité, facilitation des échanges, intégration régionale et résilience. Sa mise en œuvre a été confirmée par la Déclaration politique adoptée à Awaza en août 2025.
Quel est le thème de la Journée internationale des pays en développement sans littoral ?
La Journée internationale de sensibilisation aux besoins et enjeux de développement propres aux pays en développement sans littoral ne comporte pas de thème annuel officiel, contrairement à de nombreuses autres journées onusiennes. Le fil conducteur des communications des Nations Unies reste constant d’une année sur l’autre : la géographie ne devrait pas déterminer le destin d’un pays, et l’enclavement ne doit pas signifier la privation d’opportunités.
Une frontière de plus, un jour de transit de plus, un pont emporté par une crue : pour 600 millions de personnes, ces détails logistiques décident chaque jour du prix du pain, du sort d’une récolte et de la viabilité d’une entreprise. Le 6 août ne demande pas de compassion, mais de l’attention à ces mécanismes discrets qui font qu’un pays exporte ou n’exporte pas. Les corridors, les postes-frontières et les câbles numériques ne sont pas des sujets spectaculaires — ce sont pourtant eux qui décideront si les trente-deux pays en développement sans littoral resteront à la marge du commerce mondial ou en deviendront enfin des acteurs à part entière. Transformer les barrières géographiques en ponts d’opportunités : voilà l’ambition d’une journée encore jeune, mais qui touche à l’un des déterminants les plus tenaces de l’inégalité entre nations.
