Chaque 22 août, les Nations unies invitent le monde à honorer la mémoire des personnes tuées, blessées, emprisonnées ou déplacées en raison de ce qu’elles croient – ou de ce qu’elles refusent de croire. Instituée en 2019 par l’Assemblée générale des Nations unies, cette Journée internationale de commémoration des victimes de violences fondées sur la religion ou la conviction rappelle que la liberté de religion ou de conviction, inscrite à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, reste bafouée dans la quasi-totalité des pays du monde. Elle ne distingue aucune confession : chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, hindous, adeptes de religions traditionnelles, athées et agnostiques figurent tous parmi les victimes recensées.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou convictions |
| Date | 22 août (date fixe) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/73/296 |
| Date d’adoption | 28 mai 2019, par consensus |
| Initiateur | Pologne, avec le Brésil, le Canada, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Nigeria, le Pakistan et les États-Unis |
| Première édition | 22 août 2019 |
| Journée liée | Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme (21 août) |
Qu’est-ce qu’une violence fondée sur la religion ou la conviction ?
Une notion adossée au droit international
La liberté de religion ou de conviction est un droit fondamental protégé par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) et par l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966). Elle couvre trois libertés indissociables : celle d’avoir une religion ou une conviction de son choix, celle d’en changer, et celle de la manifester publiquement ou en privé.
Le terme « conviction » est essentiel : il englobe les croyances non religieuses. Un athée persécuté pour son incroyance, un agnostique poursuivi pour blasphème ou un humaniste menacé pour ses écrits relèvent du même champ de protection qu’un fidèle attaqué à la sortie d’un lieu de culte.
En 1981, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par consensus la Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction (résolution 36/55). Ce texte, sans force contraignante, demeure le premier instrument international consacré exclusivement à cette liberté. En 1986, la Commission des droits de l’homme des Nations unies a créé un poste de rapporteur spécial, chargé d’examiner les violations signalées partout dans le monde.
Les formes concrètes de la violence
La résolution A/RES/73/296 déplore explicitement non seulement les actes visant les personnes, mais aussi ceux dirigés contre leurs domiciles, leurs entreprises, leurs biens, leurs écoles, leurs centres culturels et leurs lieux de culte, ainsi que toute attaque contre des sites et sanctuaires religieux en violation du droit international.
Les principales manifestations recensées par les organisations internationales sont les suivantes :
- Attaques meurtrières : attentats visant des lieux de culte, assassinats ciblés, massacres communautaires.
- Agressions physiques : coups, mutilations, châtiments corporels judiciaires ou extrajudiciaires.
- Détentions et enlèvements : disparitions forcées, arrestations pour blasphème ou apostasie, kidnappings, conversions forcées.
- Déplacements forcés : expulsions, exils, fuite face aux persécutions.
- Atteintes aux biens : profanations de cimetières, incendies et dégradations d’édifices religieux, spoliations non restituées.
- Harcèlement verbal et numérique : discours de haine, propagande hostile, cyberharcèlement confessionnel.
Origine et histoire de la Journée internationale du 22 août
Une réponse à une série d’attentats
La Journée internationale de commémoration des victimes de violences fondées sur la religion ou la conviction naît dans un contexte précis. Entre l’automne 2018 et le printemps 2019, plusieurs attaques de masse frappent des communautés religieuses sur trois continents : la fusillade de la synagogue Tree of Life à Pittsburgh (27 octobre 2018, 11 morts), les attaques contre deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (15 mars 2019, 51 morts), puis les attentats du dimanche de Pâques au Sri Lanka visant trois églises et trois hôtels (21 avril 2019, plus de 250 morts).
C’est la Pologne qui porte le projet de résolution devant l’Assemblée générale, au nom d’un groupe d’États délibérément transrégional et pluriconfessionnel : Brésil, Canada, Égypte, Irak, Jordanie, Nigeria, Pakistan et États-Unis. En présentant le texte le 28 mai 2019, le ministre polonais des Affaires étrangères invoque explicitement Christchurch et le Sri Lanka, et cite des estimations d’organisations de la société civile selon lesquelles un tiers de la population mondiale subirait une forme ou une autre de persécution religieuse. La résolution est adoptée par consensus par les 193 États membres.
Pourquoi le 22 août ?
Le choix de la date n’a pas de signification historique propre : il découle d’une logique de continuité. Le 22 août suit immédiatement la Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme, célébrée le 21 août depuis la résolution 72/165 de 2017. Ce texte reconnaissait déjà la nécessité de renforcer les relations interreligieuses et interculturelles pour lutter contre l’intolérance et la violence visant les personnes en raison de leur religion ou de leurs convictions. Les deux journées forment ainsi un diptyque commémoratif, dont l’enchaînement souligne le lien entre terrorisme et haine confessionnelle, sans les confondre.
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 1948 | Article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : liberté de pensée, de conscience et de religion |
| 1966 | Article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques |
| 1981 | Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction (résolution 36/55) |
| 1986 | Création du poste de rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction |
| 2017 | Résolution 72/165 : Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme (21 août) |
| 2019 | Résolution A/RES/73/296 du 28 mai : proclamation du 22 août |
| 2019 | Première commémoration mondiale, le 22 août |
| 2019 | Lancement du Plan d’action des Nations unies pour la sauvegarde des sites religieux et de la Stratégie sur les discours de haine |
| 2020 | Constitution, à l’initiative de la Pologne, d’un Groupe des amis des victimes d’actes de violence fondés sur la religion ou la conviction à l’Assemblée générale |
Les objectifs de la Journée
- Commémorer : honorer la mémoire des victimes et des survivants, souvent oubliés une fois l’émotion médiatique retombée.
- Rappeler la responsabilité des États : la résolution insiste sur l’obligation première des États de promouvoir et protéger les droits de l’homme, y compris ceux des personnes appartenant à des minorités religieuses.
- Soutenir les victimes : garantir aux personnes touchées et à leurs familles un appui et une assistance appropriés.
- Dissocier terrorisme et religion : le texte réaffirme que le terrorisme et l’extrémisme violent ne peuvent être associés à aucune religion, nationalité, civilisation ou groupe ethnique.
- Prévenir au niveau local : encourager une action préventive globale associant la société civile et les communautés religieuses elles-mêmes.
L’ampleur mondiale des violences fondées sur la religion ou la conviction
Les données les plus complètes proviennent de l’étude annuelle du Pew Research Center, qui note 198 pays et territoires selon deux indices : les restrictions gouvernementales (GRI) et les hostilités sociales impliquant la religion (SHI). Les chiffres ci-dessous portent sur l’année 2023, dernier exercice disponible à la date de rédaction.
Un phénomène quasi universel
| Indicateur (2023) | Nombre de pays | Part des 198 pays étudiés |
|---|---|---|
| Harcèlement de groupes religieux (gouvernements et/ou acteurs privés) | 192 | 97 % |
| Harcèlement par les gouvernements | 185 | 93 % |
| Ingérence gouvernementale dans le culte | 175 | 88 % |
| Harcèlement par des acteurs privés | 175 | 88 % |
| Restrictions gouvernementales élevées ou très élevées | 58 | 29 % |
| Hostilités sociales élevées ou très élevées | 55 | 28 % |
Le harcèlement de groupes religieux concernait 152 pays en 2007 ; il en concerne 192 aujourd’hui. L’ingérence dans le culte a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis le début de l’étude. Environ 78 % de la population des pays étudiés vit dans un État connaissant des restrictions gouvernementales et/ou des hostilités sociales élevées – un chiffre qui s’explique par le poids démographique de quelques pays très peuplés.
Les formes de violences physiques
| Type de violence physique (2023) | Nombre de pays | Part |
|---|---|---|
| Atteintes aux biens | 120 | 61 % |
| Agressions physiques | 96 | 48 % |
| Détentions (arrestations, enlèvements) | 89 | 45 % |
| Déplacements forcés | 58 | 29 % |
| Homicides liés à la religion | 48 | 24 % |
| Au moins une forme de violence physique | 151 | 76 % |
Les groupes visés
Le tableau ci-dessous indique le nombre de pays où au moins un incident de harcèlement a été recensé. Il ne mesure ni l’intensité ni la gravité des faits, et ne permet donc pas d’établir un classement des persécutions.
| Groupe (2023) | Nombre de pays concernés |
|---|---|
| Chrétiens | 165 |
| Musulmans | 143 |
| Juifs | 98 |
| Autres religions (sikhs, bahá’ís, zoroastriens…) | 64 |
| Religions traditionnelles | 50 |
| Hindous | 32 |
| Bouddhistes | 22 |
| Personnes sans affiliation religieuse | 31 |
Deux enseignements ressortent. D’abord, l’universalité du phénomène : aucune confession n’est épargnée, et les personnes sans religion figurent elles aussi parmi les cibles. Ensuite, la disproportion frappante concernant les juifs, qui représentent moins de 1 % de la population mondiale mais sont visés dans près de la moitié des pays étudiés – une progression liée notamment à la vague de propos antisémites survenue après les attaques du 7 octobre 2023 en Israël et l’offensive israélienne à Gaza.
La diversité des situations à travers le monde
Moyen-Orient et Afrique du Nord
C’est la région où la proportion de pays touchés est la plus forte : 95 % des vingt pays et territoires y ont connu au moins une forme de violence physique liée à la religion en 2023, et 85 % des détentions religieuses. Les guerres y aggravent mécaniquement les atteintes : au Soudan, le conflit entre l’armée et les forces paramilitaires a détruit de nombreux sites religieux et fait des centaines de victimes parmi les fidèles.
Asie et Pacifique
La région combine restrictions étatiques massives et violences communautaires. La Chine, l’Iran, l’Afghanistan, l’Indonésie et l’Ouzbékistan figurent parmi les pays aux restrictions gouvernementales très élevées. En Inde, les violences intercommunautaires de l’État du Manipur ont provoqué en 2023 la destruction de plus de 250 églises, plus de 200 morts et plus de 60 000 déplacés. En Birmanie, les déplacements de longue durée touchent aussi bien les musulmans rohingyas que les chrétiens karennis.
Afrique subsaharienne
Le Nigeria concentre à lui seul une part importante des homicides à motivation religieuse recensés dans le monde, avec des attaques visant alternativement mosquées et églises, souvent imbriquées dans des conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs. Les accusations de sorcellerie, qui donnent lieu à des lynchages dans plusieurs pays de la région, sont également comptabilisées comme violences fondées sur la conviction.
Europe et Amériques
Longtemps considérées comme moins exposées, ces régions connaissent une dégradation notable. L’Europe est le continent où les atteintes aux biens religieux sont les plus fréquemment signalées : 78 % des 45 pays européens en ont enregistré en 2023. La guerre en Ukraine a entraîné la destruction de centaines de sites religieux, tandis que les autodafés du Coran au Danemark, en Norvège, en Suède et en Russie ont alimenté les tensions. Dans les Amériques, le Nicaragua s’est distingué par la détention de dizaines de prêtres catholiques et la déchéance de nationalité prononcée contre plusieurs d’entre eux.
Les défis contemporains
Les lois sur le blasphème et l’apostasie
Selon le Pew Research Center, 79 pays et territoires sur 198 (40 %) disposaient en 2019 de lois ou de politiques réprimant le blasphème, et 22 pays (11 %) réprimaient l’apostasie. Ces législations sont concentrées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où 90 % des pays criminalisent le blasphème et 65 % l’apostasie. Les peines vont de l’amende à la peine capitale. Ces lois posent une difficulté juridique de fond : le droit international protège les personnes, non les religions en tant que telles, et n’interdit pas la critique des croyances.
La haine en ligne
Les plateformes numériques ont démultiplié la portée des discours hostiles et raccourci le délai entre un événement international et ses répercussions locales. Les observateurs constatent une corrélation nette entre les grands événements médiatiques – attentats, conflits armés – et les pics de harcèlement confessionnel signalés dans des pays éloignés du théâtre des faits.
Une dimension de genre souvent invisible
Les femmes et les filles appartenant à des minorités religieuses cumulent les vulnérabilités : enlèvements suivis de conversions et de mariages forcés, violences sexuelles utilisées comme arme de persécution communautaire, contrôle vestimentaire imposé par l’État ou par des groupes armés. Cette dimension reste sous-documentée dans les statistiques globales, qui recensent des incidents sans en ventiler systématiquement les effets selon le genre.
La protection des lieux de culte
Le Plan d’action des Nations unies pour la sauvegarde des sites religieux, lancé en 2019, répond à une constatation simple : l’atteinte aux biens est la forme de violence religieuse la plus répandue au monde. Protéger un édifice suppose de concilier sécurité et accessibilité, un équilibre coûteux que peu de communautés minoritaires peuvent financer seules.
Comment commémorer la Journée internationale du 22 août
Initiatives institutionnelles
- Cérémonies commémoratives organisées par les États membres, les missions permanentes auprès de l’ONU et les organisations régionales.
- Déclarations officielles rappelant les engagements pris au titre du droit international.
- Travaux du Groupe des amis des victimes d’actes de violence fondés sur la religion ou la conviction, constitué à l’Assemblée générale en 2020 à l’initiative de la Pologne, qui réunit une trentaine d’États et l’Union européenne comme observateur.
Société civile et dialogue interreligieux
- Rencontres interconfessionnelles réunissant responsables religieux et représentants d’organisations humanistes.
- Publication de rapports de terrain par les ONG spécialisées dans la liberté de religion ou de conviction.
- Recueil et diffusion de témoignages de survivants, souvent seuls contre-poids à l’oubli.
- Visites de lieux de culte de confessions autres que la sienne, pratique simple et documentée comme efficace pour réduire les préjugés.
Participer à titre individuel
- S’informer auprès de sources primaires : rapports du rapporteur spécial des Nations unies, études du Pew Research Center, bilans nationaux officiels.
- Relayer les commémorations sans hiérarchiser les victimes selon leur confession – l’esprit même de la résolution étant de refuser cette hiérarchisation.
- Signaler les contenus haineux à caractère religieux sur les plateformes en ligne.
- Soutenir les associations d’aide aux personnes exilées pour motif religieux.
La France face aux violences fondées sur la religion ou la conviction
Le recensement national
Le ministère de l’Intérieur publie un bilan des actes antireligieux commis sur le territoire national. Ces données ne constituent pas une statistique institutionnelle mais permettent d’établir une tendance générale. Le tableau ci-dessous présente les chiffres de l’année 2025, les plus récents disponibles à la date de rédaction.
| Type d’actes (2025) | Nombre | Part du total | Évolution sur un an |
|---|---|---|---|
| Actes antisémites | 1 320 | 53 % | – 16 % |
| Actes antichrétiens | 843 | 34 % | + 9 % |
| Actes antimusulmans | 326 | 13 % | + 88 % |
| Total | 2 489 | 100 % | Stable |
La physionomie de ces actes diffère fortement selon les cultes visés. Les agressions physiques, verbales ou la haine en ligne représentent 67 % des actes antisémites et 64 % des actes antimusulmans, alors que 87 % des actes antichrétiens sont des atteintes aux biens – dégradations, vols et profanations d’édifices. La sous-déclaration est un biais reconnu : de nombreuses victimes ne portent pas plainte, ce qui minore mécaniquement les chiffres.
Le cadre juridique français
La loi du 9 décembre 1905 garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public. Il en résulte qu’aucune autorisation administrative n’est requise pour ouvrir un lieu de culte, et donc qu’aucun registre officiel des édifices cultuels n’existe en France.
Sur le plan pénal, l’article 132-76 du code pénal, issu de la loi du 3 février 2003, institue une circonstance aggravante générale lorsqu’une infraction est commise à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. Cette aggravation peut porter la peine encourue jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité pour un meurtre. L’article 225-1 réprime par ailleurs les discriminations fondées sur la religion.
La protection des lieux de culte
Depuis 2015, l’État finance un programme de sécurisation des sites cultuels – vidéoprotection, verrous, portes blindées – auquel près de 48 millions d’euros ont été consacrés en dix ans. Le ministère de l’Intérieur réunit trimestriellement les forces de sécurité et les représentants des cultes pour évaluer la menace, et a lancé en 2025 un module de sensibilisation destiné aux responsables religieux.
Le patrimoine à protéger est considérable et inégalement réparti : le ministère de l’Intérieur recense environ 45 000 édifices du culte catholique, dont 40 000 appartiennent aux communes et 5 000 aux diocèses. Les estimations disponibles pour les autres cultes – quelques milliers de lieux de culte protestants, environ 2 500 à 2 600 lieux de culte musulmans, quelques centaines de synagogues, de temples bouddhistes et d’églises orthodoxes – varient sensiblement d’une source à l’autre, précisément parce qu’aucun recensement officiel n’existe.
Foire aux questions
Quelle est la date de la Journée internationale de commémoration des victimes de violences fondées sur la religion ou la conviction ?
La Journée internationale de commémoration des victimes de violences fondées sur la religion ou la conviction a lieu chaque année le 22 août. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre.
Qui a créé la Journée internationale du 22 août ?
La Journée internationale du 22 août a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, qui l’a proclamée par la résolution A/RES/73/296 adoptée par consensus le 28 mai 2019. Le projet a été présenté par la Pologne, avec le Brésil, le Canada, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Nigeria, le Pakistan et les États-Unis.
Pourquoi la Journée internationale de commémoration des victimes de violences fondées sur la religion ou la conviction a-t-elle lieu le 22 août ?
La Journée internationale de commémoration des victimes de violences fondées sur la religion ou la conviction a lieu le 22 août parce qu’elle suit immédiatement la Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme, observée le 21 août. Ce calendrier souligne le lien entre terrorisme et haine confessionnelle, sans les assimiler.
Quelle différence entre le 21 et le 22 août aux Nations unies ?
La différence entre le 21 et le 22 août tient au motif de la violence commémorée. Le 21 août honore toutes les victimes du terrorisme, quelles qu’en soient les motivations. Le 22 août honore les victimes de violences fondées spécifiquement sur la religion ou la conviction, qu’elles résultent ou non d’un acte terroriste – y compris les persécutions d’État, les détentions arbitraires et les déplacements forcés.
Quelles religions sont concernées par la Journée internationale du 22 août ?
Toutes. La Journée internationale du 22 août ne vise aucune confession en particulier : les données internationales recensent des faits de harcèlement visant chrétiens, musulmans, juifs, hindous, bouddhistes, adeptes de religions traditionnelles, membres de confessions minoritaires, ainsi que les personnes sans religion, athées et agnostiques.
Combien de pays sont touchés par des violences fondées sur la religion ou la conviction ?
Selon la dernière étude disponible du Pew Research Center, des groupes religieux ont subi un harcèlement de la part des gouvernements et/ou d’acteurs privés dans 192 des 198 pays et territoires étudiés. Au moins une forme de violence physique liée à la religion – atteinte aux biens, agression, détention, déplacement forcé ou homicide – a été recensée dans 151 pays.
Se souvenir, mais surtout regarder
Commémorer le 22 août n’a de sens que si le regard porté sur les victimes ne se ferme pas le 23. Les chiffres rassemblés par les organisations internationales disent une chose simple et dérangeante : la violence fondée sur la religion ou la conviction n’est pas un phénomène lointain réservé à quelques États autoritaires, mais un continuum qui va du graffiti sur un mur de cimetière jusqu’au massacre de fidèles en prière. Aucune tradition religieuse n’en détient le monopole, ni comme victime ni comme prétexte. C’est précisément ce que rappelle la résolution fondatrice en refusant d’associer le terrorisme à une religion, à une nationalité ou à un groupe ethnique. La meilleure façon d’honorer cette journée reste peut-être la plus modeste : franchir le seuil d’un lieu de culte que l’on ne connaît pas, et écouter.