Chaque année, le 12 septembre, les Nations Unies célèbrent la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud. Cette journée met en lumière une réalité longtemps restée dans l’ombre des grands récits de l’aide au développement : les pays du Sud coopèrent massivement entre eux, s’échangent des savoir-faire, des technologies et des financements, et pèsent désormais d’un poids déterminant dans l’économie mondiale.
Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2003, d’abord fixée au 19 décembre, la célébration a été déplacée au 12 septembre à partir de 2012 pour commémorer l’adoption, en 1978, du Plan d’action de Buenos Aires — texte fondateur de la coopération technique entre pays en développement. Derrière une date de calendrier onusien se cache donc un basculement historique : celui de pays qui, plutôt que d’attendre des solutions venues du Nord, ont choisi de construire les leurs et de se les transmettre. 🌍
C’est quoi la coopération Sud-Sud ?
La coopération Sud-Sud désigne l’ensemble des échanges de connaissances, de compétences, de technologies, de ressources et d’expertises entre pays en développement, dans une logique de partenariat horizontal plutôt que de relation donateur-bénéficiaire.
Elle se distingue des modèles classiques d’aide sur plusieurs points essentiels :
- Horizontalité : il ne s’agit pas d’un pays qui donne et d’un pays qui reçoit, mais de partenaires qui résolvent ensemble des problèmes communs.
- Caractère volontaire : les États s’engagent librement, sans obligation de participation.
- Absence de conditionnalité : la coopération n’est assortie ni de conditions politiques ni de contreparties économiques imposées.
- Appropriation nationale : les priorités sont définies par les pays concernés eux-mêmes.
- Complémentarité : elle ne remplace pas la coopération Nord-Sud, elle la complète.
La coopération triangulaire, une variante clé
La coopération triangulaire ajoute un troisième acteur au dispositif : un pays développé ou une organisation internationale finance et facilite un échange technique entre deux partenaires du Sud. Concrètement, un bailleur du Nord apporte les ressources financières, un pays du Sud apporte l’expertise éprouvée, un autre pays du Sud reçoit et adapte la solution. Ce montage permet de conjuguer la pertinence contextuelle des solutions du Sud et la capacité de financement du Nord.
Qui participe ?
La coopération Sud-Sud n’est pas l’affaire des seuls gouvernements. Elle mobilise :
- les États et leurs agences de coopération ;
- les groupements régionaux (Union africaine, ASEAN, CELAC, CARICOM…) ;
- les organismes du système des Nations Unies ;
- les universités et centres de recherche ;
- la société civile et les organisations non gouvernementales ;
- le secteur privé et les institutions financières de développement.
Origine et histoire de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud
Une histoire qui commence bien avant la journée elle-même
L’histoire institutionnelle de la coopération Sud-Sud aux Nations Unies remonte à 1949, avec le premier programme d’assistance technique mis en place par le Conseil économique et social (ECOSOC). La création du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en 1965 lui donne une structure permanente.
Le tournant décisif intervient en 1978. Du 30 août au 12 septembre, la Conférence des Nations Unies sur la coopération technique entre pays en développement se réunit à Buenos Aires. Le 12 septembre, 138 États membres adoptent le Plan d’action de Buenos Aires (PABA), qui établit les principes fondateurs de cette coopération : égalité, non-ingérence, bénéfice mutuel, autonomie collective. Le texte formule 38 recommandations, dont 31 adressées directement aux pays en développement. L’Assemblée générale le fait sien le 19 décembre 1978 par sa résolution 33/134.
La création de la journée
En 2003, l’Assemblée générale adopte la résolution A/RES/58/220 du 23 décembre, qui institue une Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud fixée au 19 décembre, en écho à l’entérinement du PABA par l’Assemblée. C’est également cette résolution qui consacre le passage de la terminologie « coopération technique entre pays en développement » (CTPD) à celle de « coopération Sud-Sud ».
Huit ans plus tard, par sa décision 66/550 du 22 décembre 2011, l’Assemblée générale décide qu’à compter de 2012 la journée sera célébrée le 12 septembre, date anniversaire de l’adoption même du Plan d’action par la Conférence de Buenos Aires. Ce déplacement présente aussi un avantage pratique : il place la commémoration à la veille de l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée générale, moment de forte visibilité diplomatique.
Repères chronologiques
| Année | Événement |
|---|---|
| 1949 | Premier programme d’assistance technique des Nations Unies (ECOSOC) |
| 1965 | Création du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) |
| 1974 | L’Assemblée générale approuve la création d’une unité spéciale au sein du PNUD pour promouvoir la coopération technique entre pays en développement |
| 1978 | Conférence de Buenos Aires (30 août – 12 septembre) ; adoption du Plan d’action de Buenos Aires le 12 septembre par 138 États ; entérinement par l’Assemblée générale le 19 décembre (résolution 33/134) |
| 2001 | Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (Bruxelles) |
| 2002 | Conférence internationale sur le financement du développement (Monterrey) : promotion explicite de la coopération triangulaire |
| 2003 | Résolution A/RES/58/220 : création de la Journée, fixée au 19 décembre |
| 2009 | Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud (Nairobi) |
| 2011 | Décision 66/550 : la Journée est déplacée au 12 septembre à compter de 2012 |
| 2015 | Adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba |
| 2019 | Deuxième Conférence de haut niveau (BAPA+40), Buenos Aires, 20-22 mars ; lancement de la plateforme South-South Galaxy |
| 2026 | Lancement de l’Alliance mondiale pour la coopération Sud-Sud et triangulaire |
Les objectifs de la journée
L’Assemblée générale assigne à cette célébration plusieurs finalités :
- Sensibiliser l’opinion publique aux activités menées par les Nations Unies en matière de coopération technique entre pays en développement.
- Renforcer l’autonomie nationale et collective des pays du Sud, en leur donnant les moyens d’élaborer des solutions adaptées à leurs propres valeurs et besoins.
- Améliorer les capacités technologiques : mieux utiliser, absorber et adapter les technologies disponibles.
- Donner la priorité aux plus vulnérables : pays les moins avancés (PMA), pays en développement sans littoral (PDSL), petits États insulaires en développement (PEID) et pays touchés par des crises.
- Accroître la participation des pays en développement à l’activité économique mondiale.
Importance et impact de la coopération Sud-Sud
Un basculement du centre de gravité économique
Le Sud global rassemble aujourd’hui 134 pays abritant environ 80 % de la population mondiale. Son poids économique a changé de nature au cours des trois dernières décennies.
| Indicateur | Valeur | Période |
|---|---|---|
| Part du Sud global dans la production économique mondiale | plus de 40 % | données récentes |
| Part du Sud global dans le commerce mondial de marchandises | près de la moitié | données récentes |
| Part du Sud global dans les entrées mondiales d’investissement | plus de la moitié | données récentes |
| Volume du commerce Sud-Sud | 6 800 milliards de dollars | 2025 |
| Part des exportations des pays en développement destinées à d’autres pays en développement | plus de 50 % (contre 38 % trente ans plus tôt) | données récentes |
| Part des IDE Sud-Sud dans les IDE mondiaux | 32 % (contre 9 % dans les années 1990) | 2020-2023 |
| Exportations de haute technologie des pays en développement échangées avec d’autres pays en développement | près de 60 % | 2021 |
Sources : Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC), CNUCED.
Ces chiffres racontent une transformation structurelle : les échanges entre pays en développement ne constituent plus un appoint marginal au commerce Nord-Sud, mais un axe central de l’économie mondiale.
Une dimension sociale et humaine concrète
Au-delà des agrégats macroéconomiques, la coopération Sud-Sud se traduit par des transferts de compétences qui sauvent des vies et modifient des conditions d’existence. Quelques exemples emblématiques :
- Santé : le déploiement de brigades médicales cubaines lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a illustré la capacité d’un pays du Sud à projeter une expertise sanitaire de haut niveau.
- Sécurité alimentaire : les experts colombiens ont partagé avec d’autres pays leurs stratégies de lutte contre la faim, éprouvées dans leur propre contexte.
- Agriculture : dans le cadre du programme de coopération Sud-Sud FAO-Chine, des agriculteurs de Cabo Verde ont bénéficié de méthodes de gestion des sols mises au point par des paysans chinois confrontés à des problématiques d’érosion comparables.
- Riziculture : la FAO a soutenu, via des mécanismes Sud-Sud et triangulaires, les principaux pays africains producteurs de riz.
Une dimension politique : le multilatéralisme réinventé
La coopération Sud-Sud porte une dimension politique explicite. Née dans le sillage du mouvement des non-alignés et des revendications d’un nouvel ordre économique international, elle exprime la volonté des pays du Sud de définir eux-mêmes leurs trajectoires de développement. Le Plan d’action de Buenos Aires parlait déjà d’« autonomie collective » — une formule qui garde toute sa charge politique.
Dans un monde devenu multipolaire, cette dimension prend un relief nouveau. Le système des Nations Unies y voit un levier de crédibilité : le PNUD indique avoir facilité plus de 700 initiatives de coopération Sud-Sud et triangulaire en 2023 et 2024.
La diversité de la coopération Sud-Sud à travers le monde
Afrique : intégration régionale et mutualisation
Le continent africain combine coopération intra-africaine et partenariats interrégionaux. Les communautés économiques régionales servent de cadres à la mise en commun d’infrastructures, de formations et de dispositifs de gestion des crises. Les pays africains sont à la fois destinataires de solutions venues d’Asie et d’Amérique latine, et pourvoyeurs d’expertises propres — notamment en matière de riposte épidémique, de finance mobile et d’agriculture pluviale.
Amérique latine et Caraïbes : une tradition institutionnalisée
La région dispose des agences de coopération les plus anciennement structurées du Sud. Le Brésil, le Mexique, l’Argentine, le Chili, la Colombie et Cuba disposent de programmes de coopération technique établis de longue date. La CELAC organise régulièrement des échanges intrarégionaux sur la gestion même de la coopération Sud-Sud et triangulaire.
Asie : échelle et transfert technologique
L’Asie concentre les volumes les plus élevés. La Chine et l’Inde y jouent un rôle structurant, à travers des programmes bilatéraux et des fonds fiduciaires logés dans le système des Nations Unies. Les partenariats asiatiques se distinguent par leur dimension d’infrastructure et de transfert technologique, mais aussi par des mécanismes triangulaires impliquant le Japon ou la République de Corée.
États arabes et petits États insulaires
Les fonds arabes de développement financent des projets Sud-Sud dans l’ensemble du monde en développement. Les petits États insulaires en développement (PEID), quant à eux, ont fait de la coopération horizontale une nécessité vitale : partage de données océaniques, gestion des risques cycloniques, plaidoyer climatique commun.
Des mécanismes de financement dédiés
Plusieurs instruments financiers structurent cette coopération au sein du système onusien, parmi lesquels le Fonds des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, le Fonds d’affectation spéciale Pérez-Guerrero pour la coopération économique et technique entre pays en développement, le Fonds IBSA (Inde-Brésil-Afrique du Sud) et le Fonds Inde-ONU pour le partenariat de développement.
Défis et enjeux contemporains de la coopération Sud-Sud
Le mur de la dette
Le premier obstacle est financier. En 2024, les pays en développement ont consacré un montant record de 921 milliards de dollars au service de leur dette extérieure. La CNUCED estime que 3,4 milliards de personnes vivent désormais dans des pays qui dépensent davantage en paiements d’intérêts qu’en santé ou en éducation. Dans ces conditions, dégager des marges budgétaires pour financer la coopération avec des pairs relève de l’arbitrage douloureux.
Les États du Sud réclament pour cette raison des financements plus stables et de long terme, ainsi que des instruments plus sophistiqués : financement mixte, échanges de dette contre développement, garanties.
La pauvreté et les fractures persistantes
Plus de 650 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté. Le fossé numérique continue de se creuser, l’insécurité alimentaire progresse dans plusieurs régions, et les effets du changement climatique frappent en priorité les pays les moins responsables des émissions historiques.
La question de la mesure
Un enjeu technique lourd de conséquences politiques : la coopération Sud-Sud reste mal quantifiée. Contrairement à l’aide publique au développement (APD), qui dispose de définitions harmonisées et d’un système de notification, les flux Sud-Sud ne font l’objet d’aucune comptabilité universellement acceptée. Les pays du Sud refusent d’ailleurs souvent d’être assimilés à des « donateurs », préférant la notion de partenaires. Cette absence de métrique commune rend difficiles l’évaluation d’impact et la comparaison entre initiatives.
Fragmentation et duplication
La multiplication des plateformes, fonds, réseaux et mécanismes crée un risque de dispersion. L’un des enjeux affichés par le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud consiste précisément à mettre en cohérence ces dispositifs plutôt qu’à en ajouter de nouveaux.
Le contexte géopolitique
Enfin, la coopération Sud-Sud évolue dans un environnement international marqué par la fragmentation, les tensions commerciales et la contraction des budgets d’aide traditionnels. Ce contexte constitue à la fois une menace — moins de ressources disponibles — et une opportunité — une incitation renforcée à la solidarité horizontale.
Célébration et initiatives de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud
L’événement de haut niveau au siège de l’ONU
Le cœur de la célébration se tient au siège des Nations Unies à New York, généralement sous la forme d’un événement de haut niveau réunissant le Secrétaire général, le Président de l’Assemblée générale, la direction du PNUD et du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC), ainsi que des délégations d’États membres, des institutions financières et des représentants de la société civile.
En 2025, la commémoration s’était tenue le 12 septembre au siège de l’ONU sur le thème « Nouvelles opportunités et innovation grâce à la coopération Sud-Sud et à la coopération triangulaire ». Pour 2026, l’UNOSSC annonce un événement le 11 septembre dans la salle de conférence 1 du siège new-yorkais, sous le thème « Solidarity Rising: Global Alliance for Inclusive and Innovative Development » — que l’on peut rendre en français par « La solidarité s’élève : une alliance mondiale pour un développement inclusif et innovant ».
Le lancement de l’Alliance mondiale
L’édition 2026 revêt une portée particulière : elle marque le lancement de l’Alliance mondiale pour la coopération Sud-Sud et triangulaire, une plateforme destinée à mettre en relation les pays qui cherchent des solutions et les partenaires capables d’apporter expertise, expérience et appui catalytique. Adossée à South-South Galaxy+, l’Alliance vise à réunir gouvernements, entités des Nations Unies, partenaires de développement, institutions financières, universités, société civile et secteur privé.
Les célébrations à travers le monde
La journée donne lieu à des manifestations décentralisées de nature variée :
- Événements gouvernementaux : les agences nationales de coopération organisent séminaires, remises de prix et présentations de bilans.
- Webinaires interinstitutions : les agences onusiennes basées à Rome (FAO, FIDA, PAM) tiennent traditionnellement un événement conjoint sur la coopération Sud-Sud appliquée à la sécurité alimentaire.
- Cérémonies de projets : remises d’installations, inaugurations et transferts de dispositifs financés par des mécanismes triangulaires.
- Rencontres régionales : réunions intrarégionales sur la gestion et l’innovation en matière de coopération Sud-Sud et triangulaire.
Comment participer
- Consulter le Rapport mondial sur la coopération Sud-Sud et triangulaire publié par l’UNOSSC.
- Suivre les retransmissions de l’événement de haut niveau sur la webtélévision des Nations Unies.
- Relayer les contenus sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse #SouthSouthCooperation.
- Explorer la plateforme South-South Galaxy, qui recense solutions, bonnes pratiques et publications.
- Pour les institutions : soumettre une bonne pratique ou une expression d’intérêt auprès de l’Alliance mondiale.
La France et l’espace francophone face à la coopération Sud-Sud
Pays du Nord, la France n’est pas partie prenante de la coopération Sud-Sud au sens strict, mais elle intervient comme facilitateur dans des dispositifs triangulaires. Le groupe Agence française de développement (AFD), avec ses filiales Expertise France pour la coopération technique et Proparco pour le secteur privé, finance des échanges d’expertise entre pays partenaires. Des organismes de recherche comme le Cirad et l’IRD structurent, de leur côté, des dispositifs de recherche en partenariat associant des institutions de plusieurs pays du Sud.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) constitue un autre cadre pertinent : rassemblant des États d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, de l’océan Indien et du Pacifique, elle offre un espace linguistique commun propice au partage d’expériences entre pays du Sud francophones — un atout dans un domaine où la barrière de la langue freine souvent les transferts de savoir-faire.
Pour le lecteur francophone, la coopération Sud-Sud éclaire aussi une évolution du débat sur l’aide au développement : la question n’est plus seulement « combien donner ? », mais « qui détient les solutions ? ». De plus en plus souvent, la réponse se trouve au Sud.
Foire aux questions sur la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud
Quand a lieu la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud ?
La Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud a lieu chaque année le 12 septembre. Elle était initialement célébrée le 19 décembre depuis sa création en 2003, avant d’être déplacée au 12 septembre à compter de 2012 par une décision de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Pourquoi la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud est-elle célébrée le 12 septembre ?
La Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud est célébrée le 12 septembre parce que c’est à cette date, en 1978, que la Conférence des Nations Unies sur la coopération technique entre pays en développement, réunie à Buenos Aires, a adopté le Plan d’action de Buenos Aires. Ce texte, approuvé par 138 États membres, constitue l’acte fondateur de la coopération Sud-Sud moderne.
Qu’est-ce que la coopération Sud-Sud ?
La coopération Sud-Sud est une approche collaborative entre pays en développement fondée sur le respect mutuel, des objectifs partagés et la solidarité. Contrairement aux modèles d’aide traditionnels, elle ne repose pas sur une relation entre un donateur et un bénéficiaire, mais sur un échange horizontal de connaissances, de compétences et de technologies. Elle est volontaire, guidée par les priorités des pays concernés et exempte de conditionnalités.
Quelle est la différence entre coopération Sud-Sud et coopération triangulaire ?
La différence entre coopération Sud-Sud et coopération triangulaire tient au nombre d’acteurs impliqués. La coopération Sud-Sud met en relation deux ou plusieurs pays en développement. La coopération triangulaire y ajoute un troisième partenaire — un pays développé ou une organisation internationale — qui apporte le financement ou l’appui logistique permettant l’échange technique entre les deux partenaires du Sud.
Qu’est-ce que le Plan d’action de Buenos Aires ?
Le Plan d’action de Buenos Aires est le document adopté le 12 septembre 1978 lors de la Conférence des Nations Unies sur la coopération technique entre pays en développement, tenue à Buenos Aires du 30 août au 12 septembre. Il établit les principes de la coopération Sud-Sud — égalité, non-ingérence, bénéfice mutuel, autonomie collective — et formule 38 recommandations, dont 31 destinées aux pays en développement eux-mêmes. L’Assemblée générale l’a entériné le 19 décembre 1978 par sa résolution 33/134.
Quel est le thème de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud en 2026 ?
Le thème de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud en 2026 est « Solidarity Rising: Global Alliance for Inclusive and Innovative Development », soit « La solidarité s’élève : une alliance mondiale pour un développement inclusif et innovant ». L’édition 2026 est marquée par le lancement de l’Alliance mondiale pour la coopération Sud-Sud et triangulaire, une plateforme destinée à connecter demandes et offres de solutions de développement.
Le 12 septembre ne célèbre pas une abstraction diplomatique. Derrière la formule un peu austère de « coopération Sud-Sud » se cachent un agriculteur cap-verdien qui apprend d’un paysan chinois à retenir son sol, une équipe médicale cubaine dans un centre de traitement d’Ebola, un ingénieur brésilien qui transmet une technique d’assainissement à un homologue angolais. Ces échanges, longtemps invisibles dans les statistiques de l’aide, dessinent aujourd’hui l’une des architectures les plus vivantes du développement international. En prendre la mesure, une fois par an, c’est reconnaître que les solutions ne circulent plus seulement du Nord vers le Sud — et qu’un monde plus juste se construit aussi horizontalement.
