La Journée mondiale des premiers secours se tient chaque année le deuxième samedi de septembre, à l’initiative de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). Née en 2000, elle rappelle une réalité simple : dans la majorité des accidents, ce n’est pas un professionnel qui intervient en premier, mais un témoin. Chaque année, la FICR et ses Sociétés nationales touchent plus de 50 millions de personnes avec des actions de sensibilisation menées autour de cette date.
En France, l’enjeu est chiffré : entre 40 000 et 50 000 personnes meurent chaque année d’un arrêt cardiaque, et le taux de survie plafonne sous les 10 %, l’un des plus faibles d’Europe occidentale. Une poignée de gestes, appris en quelques heures, suffirait à faire basculer ces statistiques.
C’est quoi les premiers secours ?
Les premiers secours, mis à l’honneur chaque deuxième samedi de septembre, désignent l’ensemble des gestes pratiqués par un témoin auprès d’une victime, avant l’arrivée des services de secours. Ils ne remplacent pas la médecine d’urgence : ils gagnent du temps sur elle.
Trois actions structurent la réponse citoyenne face à un arrêt cardiaque :
- Protéger et reconnaître : sécuriser les lieux, constater que la victime ne répond pas et ne respire pas normalement.
- Alerter : appeler le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen), et rester en ligne.
- Masser et défibriller : pratiquer des compressions thoraciques sans interruption, poser un défibrillateurs automatiques externes (DAE). dès qu’il est disponible.
Le reste du champ couvre les hémorragies, l’étouffement, les brûlures, les malaises, la perte de connaissance et la position latérale de sécurité. Cette logique en maillons successifs porte un nom : la chaîne de survie. Sa moitié dépend uniquement du public.
Origine et histoire de la Journée mondiale des premiers secours
Création de la Journée mondiale des premiers secours
La Journée mondiale des premiers secours, fixée au deuxième samedi de septembre, a été lancée par la Société de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en 2000. La même année, la Croix-Rouge française portait une initiative parallèle, la Journée européenne des premiers secours, dont la logique a rapidement fusionné avec l’échelle mondiale. Dès 2004, plus de 100 Sociétés nationales s’associaient à l’événement.
Le choix d’un samedi n’est pas anodin : il permet d’installer des ateliers de démonstration sur les marchés, dans les gares et les centres commerciaux, là où le grand public circule, plutôt que dans des salles institutionnelles en semaine.
Cette journée n’est pas une journée internationale instituée par les Nations unies. Elle relève du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ce qui explique qu’elle n’apparaisse pas dans la liste officielle des journées onusiennes.
Objectifs principaux
- Démocratiser les gestes qui sauvent : montrer qu’une compétence vitale s’acquiert en quelques heures, sans bagage médical.
- Réduire l’inaction des témoins : lever la peur de mal faire, principal frein à l’intervention.
- Renforcer la résilience des communautés : préparer les populations aux urgences quotidiennes comme aux catastrophes.
- Porter la Vision 2030 de la FICR : au moins une personne formée dans chaque foyer, chaque école et chaque lieu de travail.
Importance et impact des premiers secours
Un enjeu vital mesurable
Le deuxième samedi de septembre met en lumière des chiffres que le grand public connaît mal. En France, environ 7 arrêts cardiaques sur 10 surviennent devant témoin, mais moins de 40 % de ces témoins engagent les gestes de premiers secours. Chaque minute écoulée sans massage cardiaque ni défibrillation réduit les chances de survie d’environ 10 %.
| Indicateur (France) | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Décès par arrêt cardiaque et par an | 40 000 à 50 000 | Fédération française de cardiologie |
| Taux de survie à un arrêt cardiaque extrahospitalier | 4,9 % à 7 % selon les registres | Registres européens de réanimation |
| Arrêts cardiaques survenant devant témoin | environ 70 % | FFC |
| Témoins qui réalisent les gestes | moins de 40 % | FFC |
| Population formée aux premiers secours | environ 40 % | Croix-Rouge française, 2022 |
| Citoyens formés en 2023 | 1 034 500 (277 700 GQS et 756 800 PSC) | Ministère de l’intérieur, remontées des préfectures |
Un retard français documenté
La proportion de Français formés aux gestes qui sauvent était estimée à environ 40 % par la Croix-Rouge en 2022, contre plus de 80 % en Norvège, en Allemagne et en Autriche. Un sondage de la même année indiquait que 34 % seulement de la population avait suivi au moins une formation certifiante. L’objectif de former 80 % de la population, affiché en 2017, reste hors d’atteinte : il supposerait de former plusieurs millions de personnes par an, contre environ un million aujourd’hui.
Une dimension citoyenne et juridique
Former la population ne relève pas seulement de la santé publique. La loi française a fait du témoin un acteur reconnu, protégé et attendu, avec un statut dédié depuis 2020. C’est l’un des rares domaines où un citoyen ordinaire dispose d’un pouvoir de vie ou de mort dans les cinq premières minutes.
Les premiers secours à travers le monde
Des écarts de formation considérables
À l’échelle internationale, la Journée mondiale des premiers secours révèle des modèles nationaux très inégaux. Les pays nordiques ont bâti depuis les années 1990 une culture du secourisme adossée à l’école et au permis de conduire, avec des taux de survie extrahospitalière qui dépassent largement la moyenne européenne. L’Allemagne et l’Autriche conditionnent l’obtention du permis de conduire à une formation aux premiers secours, ce qui explique une large part de leur avance.
Un réseau mondial de formation
La FICR et ses 191 Sociétés nationales constituent le premier formateur au secourisme de la planète : plus de 12,4 millions de personnes formées en 2022, et plus de 165 000 formateurs actifs. Dans les pays où l’accès aux soins est limité, la formation aux premiers secours n’est pas un complément au système de santé, elle en est parfois le premier échelon réel.
Des gestes adaptés aux contextes locaux
Les référentiels internationaux de la FICR sont déclinés selon les risques dominants : noyade dans les zones côtières, morsures de serpent et déshydratation dans certaines régions rurales, vagues de chaleur et inondations dans les zones exposées au dérèglement climatique. Le socle reste identique, la hiérarchie des situations change.
Défis et enjeux contemporains
La peur de mal faire
Le principal obstacle n’est pas technique, il est psychologique. La crainte d’aggraver l’état de la victime ou d’être poursuivi paralyse une majorité de témoins, alors même que le droit français protège explicitement celui qui intervient de bonne foi.
Le maintien des compétences
Une formation suivie une fois dans sa vie s’érode vite. Les recommandations plaident pour des formations courtes et répétées, tout au long de la scolarité puis de la vie professionnelle, plutôt qu’une session unique jamais réactualisée.
L’équipement et son usage réel
Le parc de défibrillateurs automatisés externes a fortement progressé en France depuis l’obligation d’équipement des établissements recevant du public et la création d’une base nationale de recensement. Le problème s’est déplacé : signalétique insuffisante, appareils mal référencés, témoins qui ignorent qu’un DAE se trouve à quelques dizaines de mètres.
Comment participer à la Journée mondiale des premiers secours
Se former, en 2 heures ou en 7 heures
Deux portes d’entrée existent en France pour le grand public :
- Les gestes qui sauvent (GQS) : module de sensibilisation de 2 heures, centré sur l’alerte, l’hémorragie et l’arrêt cardiaque.
- Le PSC, Premiers secours citoyen : la formation de référence, d’une durée de 7 heures, sanctionnée par un certificat. Elle s’appelait PSC1 jusqu’à l’arrêté du 15 juin 2024, publié au Journal officiel le 10 juillet 2024, qui a substitué les termes « premiers secours citoyen » et « PSC » à « prévention et secours civiques de niveau 1 » et « PSC1 » dans tous les textes réglementaires.
Les formations sont dispensées par les associations agréées de sécurité civile et les organismes habilités : Croix-Rouge française, Protection civile, fédérations de secourisme, services d’incendie et de secours, Ordre de Malte.
En France, par exemple, des campagnes comme « Adoptons les gestes qui sauvent » sont régulièrement mises en place pour encourager les citoyens à se former. D’autres pays, comme le Japon et l’Allemagne, ont des taux d’éducation aux premiers secours très élevés, prouvant l’impact positif de ces initiatives à long terme.
Participer aux actions de terrain
Le deuxième samedi de septembre, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge organisent des ateliers d’initiation gratuits, des démonstrations de massage cardiaque sur mannequin et des parcours de sensibilisation ouverts aux familles. Les unités locales publient leur programme sur leurs pages dédiées quelques semaines avant la date.
Agir en ligne et en amont
- Localiser les défibrillateurs de son quartier et de son lieu de travail.
- S’inscrire comme volontaire sur une application d’alerte de proximité des citoyens sauveteurs.
- Réviser la conduite à tenir face à un arrêt cardiaque avec les modules en ligne gratuits de la FICR.
- Relayer les campagnes du jour avec le hashtag #JourneeMondialeDesPremiersSecours.
Le citoyen sauveteur, un statut protégé par la loi française
La loi n° 2020-840 du 3 juillet 2020 a créé un cadre juridique spécifique pour le témoin qui porte assistance, cadre que la Journée mondiale des premiers secours permet de faire connaître chaque deuxième samedi de septembre. Elle complète l’article L. 721-1 du code de la sécurité intérieure.
| Disposition | Contenu | Texte d’application |
|---|---|---|
| Statut de citoyen sauveteur | Quiconque porte assistance bénévolement à une personne en péril grave et imminent devient collaborateur occasionnel du service public, exonéré de responsabilité civile sauf faute lourde ou intentionnelle | Loi du 3 juillet 2020, art. 1 |
| Élèves | Sensibilisation à la lutte contre l’arrêt cardiaque dès l’entrée dans le second degré | Loi du 3 juillet 2020, art. 2 |
| Salariés | Sensibilisation obligatoire avant le départ à la retraite | Décret n° 2021-469 du 19 avril 2021, applicable depuis janvier 2023 |
| Arbitres et juges sportifs | Sensibilisation intégrée à leur formation | Décret n° 2021-758 du 11 juin 2021 |
| Défibrillateurs | Peines renforcées en cas de vol ou de dégradation | Loi du 3 juillet 2020, art. 8 |
| Suivi | Rapport annuel au Parlement sur les arrêts cardiaques, les DAE et les personnes formées | Loi du 3 juillet 2020, art. 9 |
La même loi institue également une journée nationale de lutte contre l’arrêt cardiaque, distincte de la journée mondiale de septembre. Son contenu et sa date devaient être fixés par décret, décret qui n’apparaît pas publié à ce jour dans le suivi d’application de la loi.
Foire aux questions
Quand a lieu la Journée mondiale des premiers secours ?
La Journée mondiale des premiers secours a lieu chaque année le deuxième samedi de septembre. La date change donc d’une année sur l’autre : 12 septembre en 2026, 11 septembre en 2027, 9 septembre en 2028.
Qui a créé la Journée mondiale des premiers secours ?
La Journée mondiale des premiers secours a été créée en 2000 par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), qui fédère aujourd’hui 191 Sociétés nationales. Elle n’a pas été instituée par les Nations unies.
Le PSC1 existe-t-il encore ?
Le PSC1 n’existe plus sous ce nom : l’arrêté du 15 juin 2024 a remplacé « prévention et secours civiques de niveau 1 » (PSC1) par « premiers secours citoyen » (PSC) dans tous les textes réglementaires. Le contenu et la durée de 7 heures restent inchangés, seule l’appellation a évolué.
Peut-on être poursuivi si l’on porte secours et que l’on blesse la victime ?
Non, on ne peut pas être poursuivi civilement pour avoir porté secours, sauf faute lourde ou intentionnelle. Depuis la loi du 3 juillet 2020, celui qui aide bénévolement une personne en péril grave et imminent est un citoyen sauveteur, assimilé à un collaborateur occasionnel du service public, et exonéré de responsabilité civile pour les dommages causés par son intervention.
Quels gestes de premiers secours faut-il connaître en priorité ?
Les gestes de premiers secours à connaître en priorité sont l’appel des secours au 15, 18 ou 112, la compression d’une hémorragie, le massage cardiaque, l’utilisation d’un défibrillateur automatisé externe et la position latérale de sécurité. Ces cinq gestes couvrent la majorité des situations où un témoin peut réellement changer l’issue.
Combien de Français sont formés aux premiers secours ?
Environ 40 % des Français sont formés aux premiers secours selon une estimation de la Croix-Rouge de 2022, contre plus de 80 % en Norvège, en Allemagne et en Autriche. Un peu plus d’un million de citoyens suivent une formation ou une sensibilisation chaque année.
Sept heures qui peuvent tout changer
Il existe peu de compétences dont l’utilité se mesure en minutes et en vies. Le deuxième samedi de septembre n’a pas vocation à transformer chacun en secouriste : il rappelle qu’entre l’appel au 15 et l’arrivée des secours, quelqu’un doit agir, et que ce quelqu’un sera très probablement une personne ordinaire, ce jour-là, à cet endroit. Une session de sept heures, une fois, suffit à ne plus être celui qui regarde.
Les dates de la Journée mondiale des premiers secours, année par année
Parce qu’elle est calée sur le deuxième samedi de septembre et non sur un quantième fixe, la Journée mondiale des premiers secours se déplace chaque année entre le 8 et le 14 septembre. Sept dates seulement sont possibles, et elles reviennent selon un cycle irrégulier lié aux années bissextiles : le 14 septembre en 2019, 2024 et 2030, mais le 9 septembre en 2017, 2023, 2028 et 2034.
Cette mobilité explique une erreur récurrente sur le web francophone : des pages recopient la date de l’année précédente sans la recalculer. En 2026, l’événement tombe le samedi 12 septembre, soit exactement la même date qu’en 2020.
Les éditions récentes
| Année | Date | Éphéméride du jour |
|---|---|---|
| 2016 | Samedi 10 septembre | Ce qui s’est passé un 10 septembre |
| 2017 | Samedi 9 septembre | Ce qui s’est passé un 9 septembre |
| 2018 | Samedi 8 septembre | Ce qui s’est passé un 8 septembre |
| 2019 | Samedi 14 septembre | Ce qui s’est passé un 14 septembre |
| 2020 | Samedi 12 septembre | Ce qui s’est passé un 12 septembre |
| 2021 | Samedi 11 septembre | Ce qui s’est passé un 11 septembre |
| 2022 | Samedi 10 septembre | Ce qui s’est passé un 10 septembre |
| 2023 | Samedi 9 septembre | Ce qui s’est passé un 9 septembre |
| 2024 | Samedi 14 septembre | Ce qui s’est passé un 14 septembre |
| 2025 | Samedi 13 septembre | Ce qui s’est passé un 13 septembre |
Les prochaines éditions
| Année | Date | Éphéméride du jour |
|---|---|---|
| 2026 | Samedi 12 septembre | Ce qui s’est passé un 12 septembre |
| 2027 | Samedi 11 septembre | Ce qui s’est passé un 11 septembre |
| 2028 | Samedi 9 septembre | Ce qui s’est passé un 9 septembre |
| 2029 | Samedi 8 septembre | Ce qui s’est passé un 8 septembre |
| 2030 | Samedi 14 septembre | Ce qui s’est passé un 14 septembre |
| 2031 | Samedi 13 septembre | Ce qui s’est passé un 13 septembre |
| 2032 | Samedi 11 septembre | Ce qui s’est passé un 11 septembre |
| 2033 | Samedi 10 septembre | Ce qui s’est passé un 10 septembre |
| 2034 | Samedi 9 septembre | Ce qui s’est passé un 9 septembre |
| 2035 | Samedi 8 septembre | Ce qui s’est passé un 8 septembre |
