Chaque 22 avril, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la Terre nourricière, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2009. Derrière cette expression — « Terre nourricière », traduction française de Mother Earth — se cache une idée simple mais exigeante : la planète n’est pas un stock de ressources à exploiter, mais un système vivant dont l’être humain dépend entièrement.
Née de la rencontre entre une mobilisation citoyenne américaine des années 1970 et une initiative diplomatique portée par la Bolivie, cette journée est aujourd’hui l’un des rendez-vous environnementaux les plus suivis au monde. Elle interroge notre modèle de développement à l’heure où les trois années les plus chaudes jamais enregistrées sont les trois dernières, et où près de 50 000 espèces sont menacées d’extinction.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 22 avril (date fixe) |
| Intitulé officiel | Journée internationale de la Terre nourricière |
| Nom anglais | International Mother Earth Day |
| Résolution | A/RES/63/278 |
| Adoption | 22 avril 2009, sans vote, 80ᵉ séance plénière de la 63ᵉ session |
| Initiateur | État plurinational de Bolivie |
| Point de l’ordre du jour | 49 d) — Développement durable : sauvegarde du climat mondial |
| Organisme pilote | Nations Unies / initiative « Harmony with Nature » |
| Origine populaire | Earth Day, 22 avril 1970 (États-Unis) |
C’est quoi la « Terre nourricière » ?
L’expression « Terre nourricière » désigne la planète Terre considérée comme un organisme vivant qui abrite et nourrit l’ensemble des formes de vie. Employée dans de nombreuses cultures — Pachamama dans les Andes, Gaïa dans la tradition grecque, Mother Earth dans le monde anglo-saxon —, elle traduit une relation d’interdépendance plutôt qu’un rapport de propriété.
Les Nations Unies retiennent cette formulation précisément parce qu’elle illustre l’interdépendance entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète que tous partagent. Le choix du mot n’est pas anodin : il déplace le regard d’une logique de gestion des ressources vers une logique de coexistence.
Une notion aux racines autochtones
La reconnaissance onusienne du terme doit beaucoup aux peuples autochtones d’Amérique latine, pour lesquels la Terre-Mère est un sujet de droit et non un objet. C’est cette conception qui a été portée à New York par la Bolivie en 2009, dans le prolongement de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée deux ans plus tôt.
Trois idées structurantes
- L’interdépendance : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes forment un même ensemble.
- Les limites : la biosphère a une capacité de régénération finie, mesurable, aujourd’hui dépassée.
- La responsabilité intergénérationnelle : les décisions prises aujourd’hui engagent des générations qui n’ont pas voix au chapitre.
Origine et histoire de la Journée internationale de la Terre nourricière
Le Earth Day de 1970, une mobilisation citoyenne américaine
L’histoire commence en janvier 1969, lorsqu’une plateforme pétrolière se rompt au large de Santa Barbara, en Californie, provoquant l’une des pires marées noires de l’histoire des États-Unis. Bouleversé par ce qu’il découvre sur place, le sénateur démocrate du Wisconsin Gaylord Nelson conçoit l’idée d’une grande journée d’éducation à l’environnement sur les campus américains.
Il confie l’organisation à Denis Hayes, alors étudiant à la faculté de droit de Harvard. Le 22 avril 1970, environ 20 millions d’Américains — soit près de 10 % de la population du pays à l’époque — descendent dans les rues, les parcs et les auditoriums. La date avait été choisie pour des raisons pratiques : un jour de semaine situé entre les vacances de printemps et la période des examens, afin de maximiser la participation étudiante.
L’onde de choc est politique : l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) est créée quelques mois plus tard, suivie d’une série de lois fondatrices sur l’air et l’eau. En 1990, une seconde édition mondiale mobilise environ 200 millions de personnes dans plus de 140 pays — la France y participe pour la première fois.
La reconnaissance onusienne en 2009
Le 22 avril 2009, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte sans vote la résolution A/RES/63/278, qui désigne le 22 avril comme Journée internationale de la Terre nourricière et invite les États membres, les organisations du système des Nations Unies, la société civile et les parties prenantes à l’observer.
La résolution est parrainée par l’État plurinational de Bolivie, dont le président Evo Morales s’est déplacé à New York pour l’occasion. Une cinquantaine d’États membres se portent coauteurs du texte. Devant l’Assemblée, Evo Morales plaide pour la reconnaissance de quatre droits de la Terre nourricière : le droit à la vie humaine, animale et végétale ; le droit à la régénération de la nature ; le droit à une vie sans pollution ; le droit à la coexistence harmonieuse entre espèces.
Le président de l’Assemblée générale, Miguel d’Escoto Brockmann, souligne alors que l’expression « Terre nourricière » illustre l’interdépendance entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète commune.
Une journée inscrite dans une longue histoire diplomatique
| Année | Étape |
|---|---|
| 1970 | Premier Earth Day aux États-Unis, 20 millions de participants |
| 1972 | Conférence de Stockholm : création du PNUE et de la Journée mondiale de l’environnement (5 juin) |
| 1990 | Le Earth Day devient mondial : environ 200 millions de participants |
| 1992 | Sommet de la Terre de Rio : plus de 178 gouvernements adoptent Action 21 et la Déclaration de Rio |
| 1994 | Entrée en vigueur de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques |
| 2002 | Sommet de Johannesburg sur le développement durable |
| 2008 | Année internationale de la planète Terre |
| 2009 | Résolution A/RES/63/278 : proclamation de la Journée internationale de la Terre nourricière |
| 2015 | Accord de Paris et adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 |
| 2022 | Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal |
Les objectifs principaux de la Journée internationale de la Terre nourricière
- Sensibiliser : faire connaître au plus grand nombre l’état réel des écosystèmes et les pressions qu’ils subissent.
- Promouvoir l’harmonie avec la nature : c’est l’objet de l’initiative onusienne Harmony with Nature, qui organise chaque année un dialogue interactif à l’occasion du 22 avril.
- Encourager la restauration des écosystèmes : des écosystèmes en bonne santé conditionnent la lutte contre la pauvreté, l’adaptation au changement climatique et la prévention d’une extinction de masse.
- Faire évoluer le droit : porter l’idée que la nature puisse être reconnue comme sujet de droit et non comme simple ressource.
- Mobiliser tous les acteurs : États, collectivités, entreprises, ONG, établissements scolaires et citoyens.
Pourquoi la Journée internationale de la Terre nourricière est-elle importante ?
Un climat qui bat des records
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui consolide huit jeux de données internationaux, la température moyenne à la surface du globe en 2025 a dépassé de 1,44 °C (± 0,13 °C) la moyenne de la période préindustrielle 1850-1900. Les années 2023, 2024 et 2025 constituent le trio de tête des années les plus chaudes jamais enregistrées en 176 ans d’observation, et la moyenne des trois années atteint +1,48 °C.
| Indicateur climatique | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Écart de température 2025 / 1850-1900 | +1,44 °C (± 0,13 °C) | OMM |
| Moyenne triennale 2023-2025 | +1,48 °C | OMM |
| Années les plus chaudes jamais mesurées | Les 11 dernières (2015-2025) | OMM |
| Température moyenne mondiale 2025 | environ 15 °C | OMM |
| Rang de 2025 | 2ᵉ ou 3ᵉ selon les jeux de données | OMM |
L’année 2025 a par ailleurs été marquée par un épisode La Niña, généralement associé à un léger refroidissement — ce qui n’a pas suffi à contrebalancer le réchauffement d’origine humaine.
Une biodiversité en recul rapide
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie l’inventaire mondial de référence sur l’état de conservation des espèces. Dans la dernière édition de la Liste rouge mondiale, sur 175 909 espèces étudiées, 49 505 sont classées menacées.
| Groupe | Part d’espèces menacées d’extinction |
|---|---|
| Amphibiens | 41 % |
| Coraux constructeurs de récifs | 44 % |
| Requins et raies | 38 % |
| Arbres | 38 % |
| Mammifères | 26 % |
| Oiseaux | 11 % |
À l’échelle des écosystèmes, les Nations Unies rappellent trois ordres de grandeur : la planète perd environ 10 millions d’hectares de forêts par an — une superficie supérieure à celle de l’Islande ; environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction ; et un écosystème en bonne santé constitue une barrière naturelle à la propagation des agents pathogènes.
Un dépassement écologique mesurable
Le Jour du dépassement de la Terre matérialise chaque année la date à laquelle la demande de l’humanité excède ce que les écosystèmes peuvent régénérer en douze mois. En 2026, cette date est tombée le 30 juillet : selon le Global Footprint Network, l’humanité consomme les ressources naturelles environ 73 % plus vite que la biosphère ne les régénère, soit l’équivalent de 1,73 planète.
Ce calcul se décline par pays, et l’écart est vertigineux : si tous les habitants de la planète vivaient comme au Qatar, le budget annuel serait épuisé dès le 4 février ; comme aux États-Unis, dès le 14 mars ; comme en France, dès le 24 avril — soit deux jours seulement après la Journée internationale de la Terre nourricière. À l’inverse, l’Indonésie ne « dépasserait » que le 18 octobre.
La Terre nourricière à travers le monde
Amérique latine : les droits de la nature
C’est en Amérique latine que la notion a la portée juridique la plus avancée. L’Équateur a inscrit en 2008 les droits de la nature dans sa Constitution ; la Bolivie a adopté en 2010 une loi sur les droits de la Terre-Mère et a organisé la même année la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère, à Cochabamba, après l’échec de la conférence de Copenhague. Le 22 avril y est autant une célébration culturelle qu’un marqueur politique.
Amérique du Nord : une tradition militante et éducative
Aux États-Unis et au Canada, le 22 avril reste avant tout le Earth Day, coordonné par l’organisation EarthDay.org, avec une forte dimension de mobilisation associative, de nettoyage de sites naturels et d’action éducative en milieu scolaire. Chaque édition y est structurée autour d’un thème annuel.
Europe : une entrée par les politiques publiques
En Europe, la journée s’articule davantage avec les calendriers institutionnels : Pacte vert européen, stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, semaines du développement durable. Les célébrations passent par les collectivités, les établissements scolaires et les associations naturalistes plus que par de grands rassemblements.
Asie et Afrique : reboisement et gestion de l’eau
Dans de nombreux pays d’Asie et d’Afrique, le 22 avril s’accompagne d’opérations concrètes : campagnes de plantation, restauration de mangroves, sensibilisation à la gestion de l’eau et à la désertification. Ces actions s’inscrivent souvent dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030).
Les défis contemporains
La triple crise planétaire
Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) parle de triple crise planétaire pour désigner trois dynamiques qui se renforcent mutuellement :
- La crise climatique : accumulation des gaz à effet de serre, hausse des températures, multiplication des phénomènes extrêmes.
- La crise de la nature et de la biodiversité : déforestation, changement d’affectation des terres, agriculture et élevage intensifs, commerce illégal d’espèces sauvages.
- La crise de la pollution et des déchets : plastiques dans les océans, acidification marine, pollution des sols et de l’air.
L’écart entre engagements et trajectoires
Le principal défi n’est plus l’absence de cadre — Accord de Paris, Agenda 2030, Cadre de Kunming-Montréal existent — mais l’écart entre les objectifs affichés et les trajectoires réelles. La stabilité apparente de la date du Jour du dépassement depuis une quinzaine d’années masque ainsi des révisions méthodologiques, et non une amélioration de fond.
La question de la justice environnementale
Les responsabilités et les impacts sont très inégalement répartis. Les pays et les ménages les plus émetteurs ne sont pas ceux qui subissent les effets les plus violents du dérèglement climatique. En France même, l’ADEME a documenté un écart considérable entre l’empreinte carbone des ménages les plus modestes et celle des plus aisés — ce qui déplace le débat du seul terrain des gestes individuels vers celui des politiques publiques et de la redistribution.
Comment participer à la Journée internationale de la Terre nourricière
Agir à l’échelle individuelle
- Réduire son empreinte alimentaire : limiter le gaspillage, diversifier les sources de protéines, privilégier les produits de saison et de proximité.
- Repenser ses déplacements : marche, vélo, transports collectifs, covoiturage ; l’avion reste le poste le plus lourd du budget carbone individuel.
- Améliorer son logement : isolation, réglage du chauffage, sobriété des équipements électriques.
- Allonger la durée de vie des objets : réparation, seconde main, location, mutualisation.
- Rejoindre la campagne « Agissons » (ActNow) des Nations Unies, qui recense des gestes quotidiens et propose des guides thématiques sur l’énergie, les déplacements et l’alimentation.
Agir collectivement
- Participer à une opération de nettoyage de rivière, de littoral ou de forêt.
- Prendre part à un chantier de restauration écologique : plantation de haies, renaturation de zones humides, création de mares.
- Contribuer à un programme de sciences participatives — comptages d’oiseaux, suivi des pollinisateurs, observation phénologique.
- Soutenir une association naturaliste locale, par l’adhésion ou le bénévolat.
Dans les établissements scolaires et les entreprises
- Organiser une fresque du climat ou de la biodiversité, un débat, une projection-débat.
- Réaliser un bilan carbone de l’établissement ou du service, et le rendre public.
- Mettre en place un jardin pédagogique, un composteur, un point de réparation.
- Faire intervenir un chercheur, un agriculteur ou un gestionnaire d’espace naturel.
Focus France : où en est la Terre nourricière ?
Un cadre juridique adossé à la Constitution
La France dispose d’un arsenal juridique environnemental parmi les plus étoffés d’Europe :
| Texte | Date | Portée |
|---|---|---|
| Charte de l’environnement | Loi constitutionnelle du 1ᵉʳ mars 2005 | Adossée à la Constitution : consacre le droit de vivre dans un environnement équilibré, les principes de prévention et de précaution |
| Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages | 8 août 2016 | Consacre le préjudice écologique, crée l’Agence française pour la biodiversité |
| Création de l’Office français de la biodiversité (OFB) | 1ᵉʳ janvier 2020 | Opérateur national unique pour la biodiversité |
| Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP 2030) | Annoncée le 11 janvier 2021 | 30 % du territoire en aires protégées, dont 10 % en protection forte |
| Stratégie nationale biodiversité 2030 (SNB) | Adoptée en 2023 | Stopper puis inverser l’érosion de la biodiversité d’ici 2030 |
La SNB 2030, qui traduit l’engagement français au titre du Cadre mondial de Kunming-Montréal, fixe notamment quatre cibles : restaurer 30 % des écosystèmes dégradés, protéger 30 % du territoire terrestre et marin, réduire de moitié l’établissement d’espèces exotiques envahissantes et stopper l’extinction des espèces d’origine anthropique d’ici 2050.
Les chiffres français
| Indicateur | Valeur | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Émissions territoriales de GES (hors puits de carbone) | 369 Mt CO₂e | 2024 | Citepa |
| Émissions territoriales par habitant | 5,4 t CO₂e | 2024 | Citepa |
| Empreinte carbone (importations incluses) | 563 Mt CO₂e | 2024 | SDES / Insee |
| Empreinte carbone par habitant | 8,2 t CO₂e | 2024 | SDES / Insee |
| Part importée de l’empreinte carbone | 50 % | 2024 | SDES / Insee |
| Baisse de l’empreinte carbone par habitant depuis 1990 | −32 % | 1990-2024 | SDES / Insee |
| Espèces menacées en France (Liste rouge nationale) | 2 903, soit 16,7 % des espèces évaluées | — | UICN France / MNHN |
| Espèces disparues du territoire | 189 | — | UICN France / MNHN |
Deux enseignements ressortent de ces données. D’une part, la moitié de l’empreinte carbone française est invisible sur le territoire national : elle correspond aux émissions générées à l’étranger pour produire ce que nous consommons. D’autre part, le rythme de baisse ralentit nettement : après −6,8 % en 2023 et −1,8 % en 2024, les estimations pour 2025 tournent autour de −2 %, alors que la trajectoire vers 2030 supposerait une réduction d’environ 5 % par an.
Un pays parmi les plus riches — et les plus exposés
Grâce à ses territoires ultramarins, la France est présente dans cinq des grands points chauds de biodiversité mondiaux. Ce statut a une contrepartie : elle figure parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées, avec 2 565 espèces concernées sur son territoire, métropole et outre-mer confondus.
Des figures françaises de la conscience écologique
- Jacques-Yves Cousteau (1910-1997) : par ses films et ses campagnes, il a rendu l’océan visible au grand public et milité pour la protection de l’Antarctique.
- Théodore Monod (1902-2000) : naturaliste et explorateur du Sahara, figure d’une écologie humaniste et austère.
- René Dumont (1904-2001) : agronome, premier candidat écologiste à une élection présidentielle française, en 1974.
- Jean Dorst (1924-2001) : ornithologue, auteur en 1965 de Avant que nature meure, l’un des premiers grands plaidoyers écologistes français.
Foire aux questions sur la Journée internationale de la Terre nourricière
Quelle est la date de la Journée internationale de la Terre nourricière ?
La date de la Journée internationale de la Terre nourricière est le 22 avril, chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années. Elle a été retenue par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2009 en référence au premier Earth Day, organisé aux États-Unis le 22 avril 1970.
Pourquoi parle-t-on de « Terre nourricière » et non de « Journée de la Terre » ?
On parle de « Terre nourricière » parce que c’est la traduction française retenue par les Nations Unies pour l’expression Mother Earth, employée dans de nombreuses cultures pour désigner la planète. Ce choix de vocabulaire souligne l’interdépendance entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète, là où « Journée de la Terre » — usage courant hérité du Earth Day américain — reste plus neutre. Les deux appellations désignent bien la même date du 22 avril.
Qui a créé la Journée internationale de la Terre nourricière ?
La Journée internationale de la Terre nourricière a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, par la résolution A/RES/63/278 adoptée sans vote le 22 avril 2009. Le texte a été parrainé par l’État plurinational de Bolivie, dont le président Evo Morales s’était déplacé à New York, et coparrainé par une cinquantaine d’États membres. La journée trouve toutefois son origine populaire dans le Earth Day de 1970, lancé par le sénateur américain Gaylord Nelson et organisé par Denis Hayes.
Quelle est la différence entre la Journée internationale de la Terre nourricière et la Journée mondiale de l’environnement ?
La différence entre la Journée internationale de la Terre nourricière et la Journée mondiale de l’environnement tient à leur date, à leur origine et à leur objet. La première, le 22 avril, est issue d’une mobilisation citoyenne américaine de 1970 reconnue par l’ONU en 2009 ; elle met l’accent sur la relation d’interdépendance entre l’humanité et la planète. La seconde, le 5 juin, découle de la Conférence de Stockholm de 1972 et est pilotée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ; elle est davantage centrée sur des thématiques environnementales annuelles et sur l’action des États.
Pourquoi le 22 avril a-t-il été choisi ?
Le 22 avril a été choisi pour des raisons d’abord pratiques : en 1970, les organisateurs américains cherchaient un jour de semaine situé après les vacances de printemps et avant la période des examens, afin de maximiser la participation des étudiants sur les campus. Le succès de cette première édition — environ 20 millions de participants — a durablement installé la date, que les Nations Unies ont reprise en 2009 en proclamant la Journée internationale de la Terre nourricière.
Comment participer à la Journée internationale de la Terre nourricière ?
Participer à la Journée internationale de la Terre nourricière peut prendre des formes très différentes selon les moyens et le temps disponibles : rejoindre une opération de nettoyage ou un chantier de restauration écologique, contribuer à un programme de sciences participatives, organiser une fresque du climat dans son école ou son entreprise, ou simplement s’engager dans la campagne « Agissons » (ActNow) des Nations Unies, qui propose des gestes concrets sur l’alimentation, l’énergie et les déplacements.
Une planète, pas une ressource
En 2009, Evo Morales affirmait devant l’Assemblée générale que le XXIᵉ siècle devait être celui de la reconnaissance des droits de la Terre nourricière, comme le XXᵉ avait été celui des droits de l’homme. Dix-sept ans plus tard, la formule garde toute sa charge : le vocabulaire a changé, les cadres juridiques se sont multipliés, mais l’écart entre les engagements et les trajectoires réelles reste béant.
Le 22 avril ne prétend pas résoudre cet écart. Il propose autre chose : une journée pour regarder la planète non comme un décor ou un stock, mais comme ce dont nous dépendons intégralement. Nettoyer une berge, compter des oiseaux, isoler un mur, réparer plutôt que remplacer, voter en connaissance de cause — chacun de ces gestes est dérisoire pris isolément, et déterminant additionné. La Terre nourricière n’a pas besoin d’être sauvée : elle nous survivra. C’est notre place en son sein qui se joue.
Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 22 avril.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale des forêts, Journée mondiale de l’eau, Journée internationale du zéro déchet.
