25 avril : Journée mondiale de lutte contre le paludisme

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Journée mondiale de lutte contre le paludisme — Moustiquaire blanche autour d’un lit dans une pièce claire, moyen de prévention de certaines maladies tropicales.

Chaque 25 avril, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme rappelle qu’une maladie évitable et curable tue encore plus d’un demi-million de personnes par an, dont une majorité d’enfants africains de moins de cinq ans. Instituée par les États Membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lors de la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2007, elle prolonge une initiative née sur le continent africain au tournant des années 2000.

Son objet est double : maintenir le paludisme à l’agenda politique international et rappeler que les outils de prévention et de traitement existent, mais qu’ils demeurent inégalement accessibles.

Élément Détail
Date 25 avril, chaque année (date fixe)
Nom officiel Journée mondiale de lutte contre le paludisme
Institution Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Texte fondateur Résolution WHA60.18, adoptée le 23 mai 2007
Antécédent Journée africaine du paludisme (2001-2007)
Portée Mondiale
Hashtag #EndMalaria

C’est quoi le paludisme ?

Le paludisme — appelé aussi malaria, de l’italien mala aria, « mauvais air » — est une maladie parasitaire potentiellement mortelle, transmise à l’être humain par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles femelles infectés. Elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre, sauf par transfusion sanguine ou aiguille contaminée.

Un parasite, cinq espèces

L’agent responsable est un protozoaire du genre Plasmodium. Cinq espèces infectent l’être humain :

  • Plasmodium falciparum : l’espèce la plus meurtrière, dominante en Afrique subsaharienne. Non traité, un accès à P. falciparum peut évoluer vers une forme grave, voire mortelle, en moins de 24 heures.
  • Plasmodium vivax : l’espèce la plus répandue hors d’Afrique subsaharienne, responsable de rechutes tardives dues à des formes dormantes dans le foie.
  • Plasmodium ovale et Plasmodium malariae : plus rares, généralement moins graves.
  • Plasmodium knowlesi : parasite zoonotique d’origine simienne, présent en Asie du Sud-Est, dont la létalité chez l’humain est estimée entre 1 et 2 %.

Symptômes et signes de gravité

Les premiers symptômes apparaissent en général 10 à 15 jours après la piqûre infectante : fièvre, maux de tête, frissons, courbatures. Peu spécifiques, ils sont facilement confondus avec un syndrome grippal — d’où l’importance d’un test rapide devant toute fièvre au retour d’une zone d’endémie.

Les signes d’accès grave imposent une prise en charge immédiate :

  • fatigue extrême, épuisement ;
  • troubles de la conscience ;
  • convulsions répétées ;
  • difficulté à respirer ;
  • urines foncées ou sang dans les urines ;
  • ictère (coloration jaune des yeux et de la peau) ;
  • saignements anormaux.

Les nourrissons, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les voyageurs non immunisés et les personnes vivant avec le VIH présentent le risque le plus élevé de forme grave. Chez la femme enceinte, l’infection expose en outre à l’accouchement prématuré et à l’insuffisance pondérale du nouveau-né.


Origine et histoire de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme

D’Abuja à Genève : la naissance d’une journée

L’origine directe de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme se situe en Afrique. Les 24 et 25 avril 2000, un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation de l’unité africaine réuni à Abuja (Nigeria) adopte une déclaration engageant les États du continent à intensifier la lutte antipaludique, dans le prolongement du partenariat « Faire reculer le paludisme » (Roll Back Malaria) lancé en 1998 par l’OMS, l’UNICEF, la Banque mondiale et le PNUD.

Dès 2001 est instaurée une Journée africaine du paludisme, célébrée le 25 avril en mémoire de ce sommet. La date n’a donc rien d’épidémiologique : elle est commémorative.

Six ans plus tard, la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé adopte, le 23 mai 2007, la résolution WHA60.18, qui décide que la Journée du paludisme sera célébrée chaque année le 25 avril — ou à une autre date laissée à l’appréciation de chaque État Membre — afin de faire connaître et comprendre cette maladie. La journée africaine devient ainsi mondiale, et l’Assemblée générale des Nations Unies s’en félicite la même année.

Repères chronologiques

Année Événement
1834 Le médecin militaire français François Maillot systématise le traitement par sulfate de quinine en Algérie
1880 Alphonse Laveran identifie le parasite du paludisme à Constantine, le 6 novembre
1897-1898 Ronald Ross puis Battista Grassi établissent le rôle vecteur des moustiques anophèles
1998 Lancement du partenariat « Faire reculer le paludisme »
2000 Sommet d’Abuja des 24-25 avril ; Déclaration d’Abuja
2001 Première Journée africaine du paludisme, le 25 avril
2002 Création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme
2007 Résolution WHA60.18 : la journée devient mondiale
2015 Adoption de la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030
2021 Recommandation par l’OMS du premier vaccin antipaludique, RTS,S/AS01
2023 Recommandation d’un second vaccin, R21/Matrix-M

Objectifs principaux

  • Sensibiliser : faire connaître une maladie évitable et guérissable, dont la charge reste massivement concentrée sur les populations les plus pauvres.
  • Maintenir l’engagement politique : rappeler aux États et aux bailleurs que tout relâchement se traduit rapidement par une résurgence des cas.
  • Mobiliser des ressources : combler l’écart entre les financements disponibles et les besoins estimés.
  • Promouvoir la prévention : moustiquaires imprégnées, chimioprévention saisonnière, vaccination infantile, lutte antivectorielle.
  • Soutenir l’élimination : accompagner les pays proches de l’interruption de la transmission et prévenir les réintroductions.

Importance et impact de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme

Une charge sanitaire toujours écrasante

Le dernier Rapport de l’OMS sur le paludisme dans le monde, publié en décembre 2025, dresse un tableau contrasté.

Indicateur (2024) Valeur
Cas estimés dans le monde 282 millions
Décès estimés 610 000
Pays d’endémie 80
Part de la Région africaine dans les cas 94 %
Part de la Région africaine dans les décès 95 %
Part des enfants de moins de 5 ans dans les décès en Afrique 75 %
Incidence mondiale 64 cas pour 1 000 personnes exposées
Taux de mortalité mondial 13,8 décès pour 100 000 personnes exposées

Le nombre de cas a augmenté d’environ 9 millions par rapport à 2023 (273 millions), une progression largement portée par trois pays : l’Éthiopie (+2,9 millions), Madagascar (+1,9 million) et le Yémen (+378 000). Cinq pays — République démocratique du Congo, Éthiopie, Mozambique, Nigeria, Ouganda — concentrent à eux seuls plus de la moitié des cas mondiaux. Côté mortalité, le Nigeria représente 31,9 % des décès, la RDC 11,7 % et le Niger 6,1 %.

Un bilan positif que l’on oublie souvent

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme sert aussi à rappeler ce qui a été gagné. Depuis 2000, les efforts de lutte ont permis d’éviter 2,3 milliards de cas et 14 millions de décès à l’échelle mondiale. Pour la seule année 2024, les nouveaux outils — moustiquaires à double principe actif, vaccins recommandés par l’OMS — ont évité environ 170 millions de cas et un million de décès.

Le taux de mortalité, lui, a fortement reculé : de 28,6 décès pour 100 000 personnes exposées en 2000 à 13,8 en 2024. Si le nombre absolu de décès augmente malgré tout, c’est en grande partie l’effet de la croissance démographique des zones à risque.

Un poids économique et social

Le paludisme frappe les régions les plus pauvres et contribue à les maintenir dans la pauvreté : absentéisme scolaire, journées de travail perdues, dépenses de santé des ménages, saturation des services de santé pendant les pics saisonniers. Il pèse également sur les systèmes de soins, dans des pays où le secteur privé informel assure une part importante de la prise en charge — plus de 60 % des enfants fébriles sont soignés par des prestataires privés au Bénin, au Cameroun, au Tchad, en RDC et au Gabon.


La diversité du paludisme à travers le monde

L’Afrique subsaharienne, épicentre de la maladie

La Région africaine de l’OMS supporte une part disproportionnée de la charge mondiale. Onze pays — Burkina Faso, Cameroun, RDC, Ghana, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Soudan, Ouganda et République-Unie de Tanzanie — représentent à eux seuls environ les deux tiers des cas et des décès mondiaux. Entre 2015 et 2024, la Région n’a enregistré qu’une baisse de 2 % de l’incidence, pour une réduction de 17 % du taux de mortalité.

Asie du Sud-Est : l’élimination à portée de main

La sous-région du Grand Mékong offre le contre-exemple. Entre 2015 et 2024, les cas autochtones à P. falciparum y ont diminué de près de 90 %, et le Cambodge, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam sont sur le point d’éliminer la maladie — alors même que cette région fut longtemps l’épicentre mondial de la résistance aux antipaludiques.

En parallèle, P. knowlesi pose un défi particulier : 2 164 cas ont été signalés dans le monde en 2024, dont 89 % en Malaisie.

Les pays certifiés exempts de paludisme

L’OMS délivre une certification lorsqu’un pays démontre l’interruption de la transmission autochtone pendant au moins trois années consécutives. 47 pays et un territoire ont été certifiés à ce jour.

Année de certification Pays
2015-2016 Maldives, Sri Lanka, Kirghizistan
2018 Paraguay, Ouzbékistan
2019 Argentine, Algérie
2021 Chine, El Salvador
2023 Azerbaïdjan, Tadjikistan, Belize
2024 Cabo Verde, Égypte
2025 Géorgie, Suriname, Timor-Leste

En 2024, 37 pays ont signalé moins de 1 000 cas autochtones, contre 13 en 2000.


Les défis actuels de la lutte contre le paludisme

La montée des résistances

C’est le thème central du dernier rapport de l’OMS. Trois résistances se conjuguent :

  • Résistance aux antipaludiques. Une résistance partielle à l’artémisinine, associée à des mutations du gène Kelch13, est confirmée en Érythrée, au Rwanda, en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie, et suspectée en Éthiopie, en Namibie, au Soudan et en Zambie. En Ouganda, plus de la moitié des parasites porteraient des mutations associées à cette résistance partielle.
  • Résistance aux insecticides. La résistance aux pyréthroïdes, insecticide historique des moustiquaires, a été confirmée dans 48 des 53 pays ayant signalé une résistance entre 2020 et 2024.
  • Échec du diagnostic. Des parasites porteurs de délétions du gène pfhrp2 échappent aux tests de diagnostic rapide les plus courants. Ils ont été signalés dans 42 pays d’endémie en 2024, avec une prévalence supérieure à 15 % au Brésil, à Djibouti, en Érythrée, en Éthiopie, au Nicaragua et au Pérou.

Anopheles stephensi et le risque de paludisme urbain

Originaire d’Asie du Sud et de la péninsule arabique, ce moustique invasif prospère en milieu urbain, tolère les fortes chaleurs et résiste à de nombreux insecticides. Il a été détecté à ce jour dans neuf pays africains, dont le Niger pour la première fois en 2024. Sa progression fait planer la menace d’une urbanisation du paludisme sur un continent où la population des villes croît rapidement.

Un financement très en deçà des besoins

C’est peut-être le défi le plus immédiat.

Financement de la lutte antipaludique Montant
Investissements mondiaux en 2024 ≈ 3,9 milliards de dollars
Objectif fixé pour 2025 par la Stratégie technique mondiale 9,3 milliards de dollars
Taux de couverture des besoins 42 %
Déficit ≈ 5,4 milliards de dollars

L’aide publique au développement consacrée au paludisme a par ailleurs chuté de 21 % entre 2024 et 2025, principalement du fait de la réduction du soutien américain. En 2024, 56 % des fonds provenaient de sources internationales, les pays d’endémie portant 44 % de l’effort — une part en hausse.

Climat, conflits et crises humanitaires

Le changement climatique modifie l’aire de répartition des vecteurs et la saisonnalité de la transmission. Les conflits armés et les déplacements de population désorganisent les campagnes de distribution de moustiquaires, interrompent les traitements et affaiblissent la surveillance épidémiologique. Les résurgences observées ces dernières années dans plusieurs pays s’expliquent largement par ces facteurs.


Comment participer à la Journée mondiale de lutte contre le paludisme

Événements institutionnels

  • Publication du bilan annuel des programmes nationaux de lutte antipaludique.
  • Conférences et tables rondes organisées par l’OMS, ses bureaux régionaux et le partenariat RBM pour en finir avec le paludisme.
  • Lancements de campagnes nationales de distribution de moustiquaires ou de chimioprévention saisonnière, souvent calés sur cette date.
  • Cérémonies de remise de certification d’élimination aux pays nouvellement exempts.

Mobilisation communautaire

  • Séances de dépistage gratuit et de sensibilisation dans les dispensaires, les écoles et les marchés des zones d’endémie.
  • Opérations d’assainissement et de destruction des gîtes larvaires (eaux stagnantes, pneus usagés, récipients).
  • Actions des agents de santé communautaires, qui assurent une part croissante du diagnostic et du traitement en zone rurale.
  • Collectes de fonds organisées par les ONG de santé mondiale.

Sensibilisation en ligne

  • Relais des campagnes de l’OMS avec les mots-clés #EndMalaria et #ZeroPalu.
  • Partage des chiffres du Rapport sur le paludisme dans le monde.
  • Témoignages de soignants, de chercheurs et de personnes touchées.

Pour les voyageurs : la prévention avant tout

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme est aussi l’occasion de rappeler les règles de protection en zone d’endémie :

  • Consulter un médecin plusieurs semaines avant le départ : la chimioprophylaxie dépend de la destination, et certains traitements doivent être débutés deux à trois semaines avant le voyage.
  • Poursuivre la prophylaxie après le retour, pendant quatre semaines après la dernière exposition possible selon le protocole prescrit.
  • Dormir sous moustiquaire imprégnée d’insecticide.
  • Utiliser un répulsif cutané contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine, après le crépuscule.
  • Porter des vêtements couvrants le soir et la nuit.
  • Consulter en urgence devant toute fièvre survenant pendant le séjour ou dans les mois qui suivent le retour, en signalant systématiquement le voyage.

La France et le paludisme

Une découverte française : Alphonse Laveran

Le 6 novembre 1880, à l’hôpital militaire de Constantine, en Algérie, le médecin militaire français Alphonse Laveran observe au microscope, dans le sang d’un soldat fiévreux, le parasite responsable du paludisme. C’est la première fois qu’un protozoaire est identifié comme agent d’une maladie infectieuse, à une époque où la recherche se concentrait exclusivement sur les bactéries — et où la théorie des miasmes tenait encore le « mauvais air » des marais pour responsable.

Sa découverte est accueillie avec scepticisme par l’Académie de médecine : il lui faudra une douzaine d’années et trois ouvrages pour convaincre ses pairs. Laveran rejoint l’Institut Pasteur en 1897 comme chercheur bénévole et reçoit en 1907 le prix Nobel de physiologie ou médecine, devenant le premier lauréat français dans cette discipline. Il avait été précédé, en 1834, par un autre médecin militaire français, François Maillot, qui avait établi l’efficacité du sulfate de quinine.

Le paludisme en France aujourd’hui

La France hexagonale est indemne de transmission autochtone, mais elle occupe le premier rang des pays occidentaux pour le nombre de cas importés notifiés, conséquence de ses liens avec l’Afrique subsaharienne.

Paludisme d’importation en France hexagonale (2024) Donnée
Cas déclarés au CNR du Paludisme 3 007
Évolution par rapport à 2023 Stable (3 012 cas)
Provenance d’Afrique subsaharienne 87,7 %
Plasmodium falciparum 87,4 % des cas
Plasmodium ovale 5,4 %
Plasmodium malariae 2,9 %
Plasmodium vivax 2,3 %
Accès graves 495 cas (16,7 %)
Décès 9

Un fait marquant en 2024 : les cas en provenance des Comores ont plus que doublé, passant de 91 à 222, reflet d’une recrudescence dans la zone de l’océan Indien.

La surveillance repose sur le Centre national de référence (CNR) du Paludisme, organisé en quatre laboratoires, et sur Santé publique France.

Guyane, Mayotte, La Réunion

  • Guyane : seul département français où subsiste une transmission active, sur un mode endémo-épidémique. 425 accès palustres y ont été recensés en 2024, contre 340 en 2023, soit une incidence de 1,5 pour 1 000 habitants. P. vivax représente 97 % des cas ; tous les cas à P. falciparum étaient importés.
  • Mayotte : en phase d’élimination depuis 2014. Le territoire a enregistré 119 cas en 2024 contre 38 en 2023 (+213 %), quasi exclusivement importés de Madagascar et des Comores — un record depuis 2010.
  • La Réunion : paludisme autochtone éliminé à la fin des années 1970 ; seuls des cas importés sont déclarés chaque année, principalement au retour de Madagascar et des Comores.

En France continentale, la transmission autochtone s’est éteinte au milieu du XXe siècle ; la Corse, dernier foyer métropolitain, a vu sa transmission interrompue à partir des années 1950 après les campagnes de pulvérisation d’insecticide et d’assainissement, avec une brève résurgence localisée en 1970-1971. Le paludisme a été déclaré éradiqué d’Europe en 1975. Des anophèles compétents subsistent néanmoins sur le territoire, ce qui justifie le maintien d’une surveillance entomologique.

L’engagement français dans la lutte mondiale

La France a joué un rôle central dans la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (2002) et en a longtemps été le deuxième contributeur après les États-Unis, avec 1,596 milliard d’euros annoncés pour le cycle 2023-2025. Sa contribution pour la période suivante a été fortement réduite, dans un contexte de baisse générale de l’aide publique au développement des principaux bailleurs. La recherche française reste par ailleurs active à travers l’Institut Pasteur, l’IRD et le Service de santé des armées.


Foire aux questions sur la Journée mondiale de lutte contre le paludisme

Quand a lieu la Journée mondiale de lutte contre le paludisme ?

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme a lieu le 25 avril de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre.

Pourquoi la Journée mondiale de lutte contre le paludisme est-elle célébrée le 25 avril ?

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme est célébrée le 25 avril en référence au sommet extraordinaire des chefs d’État africains tenu à Abuja, au Nigeria, les 24 et 25 avril 2000. Ce sommet donna naissance à la Journée africaine du paludisme, célébrée dès 2001, que l’Assemblée mondiale de la Santé transforma en journée mondiale par la résolution WHA60.18 du 23 mai 2007. Le choix de la date est donc commémoratif et non épidémiologique.

Qui a créé la Journée mondiale de lutte contre le paludisme ?

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme a été créée par les États Membres de l’Organisation mondiale de la Santé réunis en Soixantième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2007. Elle succède à la Journée africaine du paludisme instaurée en 2001 dans le cadre du partenariat « Faire reculer le paludisme », lancé en 1998 par l’OMS, l’UNICEF, la Banque mondiale et le PNUD.

Combien de personnes meurent du paludisme chaque année ?

Selon les dernières estimations de l’OMS, le paludisme a causé 610 000 décès en 2024, pour 282 millions de cas dans 80 pays. La Région africaine concentre environ 95 % de ces décès, et les enfants de moins de cinq ans en représentent près de 75 % sur ce continent.

Existe-t-il un vaccin contre le paludisme ?

Oui. Deux vaccins antipaludiques sont recommandés par l’OMS : le RTS,S/AS01, recommandé depuis octobre 2021, et le R21/Matrix-M, recommandé depuis octobre 2023. Ils sont destinés aux enfants vivant dans les zones de transmission modérée à forte de P. falciparum et déployés dans les programmes de vaccination systématique de plus de vingt pays africains. Le RTS,S a réduit de 22 % les hospitalisations pour paludisme grave chez les enfants en âge d’être vaccinés. Ces vaccins complètent, sans les remplacer, les moustiquaires imprégnées et la chimioprévention.

Y a-t-il encore du paludisme en France ?

Il n’y a plus de transmission autochtone du paludisme en France hexagonale depuis le milieu du XXe siècle, mais la France déclare chaque année environ 3 000 cas importés, le chiffre le plus élevé des pays occidentaux. Deux territoires français restent concernés : la Guyane, seul département où le parasite circule encore localement, et Mayotte, en phase d’élimination depuis 2014.


Une maladie évitable ne devrait plus tuer

Le paludisme n’a rien d’une fatalité : c’est une maladie que l’on sait prévenir, diagnostiquer et guérir. Deux milliards trois cents millions de cas évités depuis 2000 le prouvent. Ce qui manque n’est ni la science ni les outils, mais la constance — des financements, de la surveillance, de l’engagement politique. Chaque relâchement se paie en vies, et l’histoire de cette maladie enseigne qu’elle revient toujours plus vite qu’elle n’a reculé.

Le 25 avril, en parler, s’informer, soutenir une organisation ou simplement rappeler autour de soi les règles de prévention avant un voyage, c’est déjà participer.


Sources

  • Organisation mondiale de la Santé, Rapport 2025 sur le paludisme dans le monde (résumé, décembre 2025)
  • Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire « Paludisme » (4 décembre 2025)
  • Organisation mondiale de la Santé, page campagne « Journée mondiale de lutte contre le paludisme »
  • Résolution WHA60.18 (23 mai 2007) ; document A/62/L.39 de l’Assemblée générale des Nations Unies
  • Centre national de référence du Paludisme, rapport d’activité 2024
  • Santé publique France : données paludisme, bulletins Guyane, Mayotte et La Réunion
  • Institut Pasteur, notice « Alphonse Laveran, prix Nobel 1907 »
  • Académie nationale de médecine, travaux sur la découverte de Laveran

Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 25 avril.

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Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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