Chaque 4 avril, les Nations Unies consacrent une journée aux victimes des mines terrestres, des restes explosifs de guerre et des engins explosifs improvisés. Son nom officiel complet est « Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines ». Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2005, elle rappelle une réalité que les accords de paix ne suffisent jamais à effacer : longtemps après le silence des armes, des engins enfouis continuent de tuer et de mutiler des civils, en majorité des enfants et des agriculteurs.
Cette journée n’est pas une commémoration abstraite. Elle intervient alors que le nombre de victimes recensées augmente, que plusieurs États européens ont quitté le traité d’interdiction des mines antipersonnel et que les financements consacrés à l’assistance aux survivants reculent.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines |
| Date | 4 avril (date fixe) |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution fondatrice | A/RES/60/97, adoptée le 8 décembre 2005 |
| Première édition | 4 avril 2006 |
| Coordination | Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), créé en 1997 |
| Cadre juridique de référence | Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (Ottawa, 1997) |
| Portée | Mondiale |
C’est quoi une mine antipersonnel ?
Une mine antipersonnel est un engin explosif conçu pour être placé sur le sol ou enfoui, et pour se déclencher par la présence, la proximité ou le contact d’une personne. C’est cette caractéristique — l’activation par la victime elle-même — qui la rend juridiquement et moralement singulière : l’arme ne choisit pas sa cible. Elle ne distingue pas un combattant d’un enfant qui ramasse du bois.
Mines, restes explosifs de guerre et engins improvisés
Le vocabulaire de la lutte antimines recouvre plusieurs réalités distinctes :
- Les mines antipersonnel manufacturées : produites industriellement, elles sont interdites par la Convention d’Ottawa de 1997.
- Les mines antivéhicule (ou antichar) : conçues pour détruire des blindés, elles ne sont pas couvertes par l’interdiction d’Ottawa, ce qui constitue l’une des limites du traité.
- Les mines improvisées à déclenchement par la victime : fabriquées artisanalement par des groupes armés, elles sont juridiquement assimilées à des mines antipersonnel dès lors qu’elles s’activent au contact de la victime. Elles causent aujourd’hui le plus grand nombre de victimes.
- Les restes explosifs de guerre (REG) : obus, roquettes, bombes ou sous-munitions tirés mais non explosés, auxquels s’ajoutent les munitions abandonnées.
Une arme qui survit à la guerre
Une mine reste active pendant des décennies. Elle ne se périme pas, ne rouille pas assez vite, ne signale pas sa présence. Elle interdit l’accès aux champs, aux points d’eau, aux routes et aux écoles ; elle bloque le retour des déplacés et la reconstruction. Le coût humain se double ainsi d’un coût économique durable pour des communautés déjà appauvries par le conflit.
Les populations les plus exposées sont celles dont la subsistance impose de circuler : agriculteurs, éleveurs, bergers, ramasseurs de ferraille, personnes déplacées et rapatriées.
Origine et histoire de la Journée internationale de sensibilisation aux mines
Création de la journée
Le 8 décembre 2005, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/60/97 relative à l’assistance à la lutte antimines et proclame le 4 avril « Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines ». La première édition se tient donc le 4 avril 2006.
Cette proclamation s’inscrit dans une séquence diplomatique plus longue. En 1996, le Canada lance ce qui deviendra le « processus d’Ottawa », une négociation menée hors des enceintes traditionnelles du désarmement, avec une place inédite accordée aux organisations non gouvernementales. Le texte de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction est adopté à Oslo le 18 septembre 1997, puis ouvert à la signature à Ottawa le 3 décembre 1997. Il entre en vigueur le 1er mars 1999.
La même année 1997, la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres (ICBL) et sa coordinatrice Jody Williams reçoivent le prix Nobel de la paix, et les Nations Unies créent le Service de la lutte antimines (UNMAS).
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 1980 | Convention sur certaines armes classiques : le Protocole II encadre l’emploi des mines sans l’interdire |
| 1992 | Fondation de la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres (ICBL) |
| 1996 | Lancement du processus d’Ottawa à l’initiative du Canada |
| 1997 | Adoption du texte à Oslo (18 septembre), signature à Ottawa (3 décembre), prix Nobel de la paix à l’ICBL, création de l’UNMAS |
| 1999 | Entrée en vigueur de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (1er mars) |
| 2005 | Proclamation de la Journée internationale par la résolution A/RES/60/97 (8 décembre) |
| 2006 | Première édition de la Journée (4 avril) ; entrée en vigueur du Protocole V sur les restes explosifs de guerre (12 novembre) |
| 2008 | Adoption de la Convention d’Oslo sur les armes à sous-munitions ; entrée en vigueur le 1er août 2010 |
| 2014 | Conférence d’examen de Maputo : objectif d’un monde sans mines à l’horizon 2025 |
| 2024 | Cinquième Conférence d’examen à Siem Reap (Cambodge) : adoption du plan d’action Siem Reap–Angkor |
| 2025-2026 | Retrait effectif de cinq États européens de la Convention d’Ottawa |
Objectifs principaux de la journée
- Alerter l’opinion : rappeler que les mines et restes explosifs continuent de faire des victimes dans des dizaines de pays, y compris dans des zones officiellement en paix.
- Soutenir les survivants : promouvoir les conditions législatives, sociales et économiques permettant aux rescapés d’exercer leurs droits et de retrouver une place active dans la société, conformément à l’article 6 de la Convention d’Ottawa.
- Encourager l’universalisation des traités : inciter les États à ratifier les instruments de désarmement, de droit humanitaire et de droits humains relatifs aux mines et aux restes explosifs.
- Mobiliser des financements : sécuriser les ressources du déminage, de l’éducation aux risques et de la réadaptation.
- Valoriser le travail de terrain : rendre visible l’action des démineurs, des éducateurs aux risques et des équipes de réadaptation.
L’impact mondial des mines en chiffres
Les données de référence proviennent du rapport annuel de l’Observatoire des mines (Landmine Monitor), publié par l’ICBL. L’édition 2025 porte sur l’année civile 2024.
Les victimes recensées
| Indicateur (2024) | Valeur |
|---|---|
| Victimes recensées (mines et REG) | Au moins 6 279 |
| Personnes tuées | 1 945 |
| Personnes blessées | 4 325 |
| Pays et territoires concernés | 52 |
| Part de civils parmi les victimes au statut connu | 90 % (5 385) |
| Part d’enfants parmi les victimes civiles dont l’âge est connu | 46 % (1 701) |
Ce total constitue le chiffre annuel le plus élevé depuis 2020. Quatre pays concentrent l’essentiel du bilan.
| Pays | Victimes recensées en 2024 |
|---|---|
| Myanmar (État non partie) | 2 029 |
| Syrie | 1 015 |
| Afghanistan | 624 |
| Ukraine | 293 |
Deux tendances méritent l’attention. Les mines improvisées à déclenchement par la victime restent la première cause de dommages, avec 2 077 victimes en 2024. Et les victimes de mines antipersonnel manufacturées ont triplé entre 2020 et 2024, atteignant 1 540 — le niveau annuel le plus élevé depuis 2011.
Contamination et déminage
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| États et territoires contaminés par des mines antipersonnel | Au moins 57 |
| Dont États parties soumis à une échéance de dépollution | 32 |
| Terres libérées par les États parties en 2024 | 1 114,82 km² |
| Mines antipersonnel détruites lors de ces opérations (2024) | Au moins 105 640 |
| Mines antipersonnel détruites depuis 1999 (stocks) | Plus de 55 millions |
| États parties ayant achevé la destruction de leurs stocks | 94 |
Les pays les plus lourdement contaminés sont l’Afghanistan, le Cambodge, l’Irak et l’Ukraine ; l’Angola, la Bosnie-Herzégovine, la Turquie, la Syrie et le Yémen figurent également parmi les plus touchés. L’objectif d’un monde sans mines fixé en 2014 pour 2025 n’a pas été atteint : depuis cette date, seuls cinq États parties ont achevé leurs obligations de dépollution, et vingt-six des trente-deux pays encore soumis à une échéance y travaillent depuis vingt ans ou plus.
Les financements
| Poste (2024) | Montant |
|---|---|
| Financement mondial total de la lutte antimines | 1,07 milliard USD (+4 % sur un an) |
| Dont financement international des bailleurs | 761 millions USD (−5 % sur un an) |
| Dont financements nationaux (26 États affectés) | 306,3 millions USD |
| Part consacrée au déminage | 571,3 millions USD (75 % de l’aide internationale) |
| Part consacrée à l’assistance aux victimes | 36,4 millions USD (5 %, −23 % sur un an) |
| Premier pays bénéficiaire | Ukraine, 252,4 millions USD (33 % du total) |
Le contraste est net : le financement global progresse, porté par les budgets nationaux, tandis que l’aide internationale recule et que l’assistance aux victimes — déjà la portion la plus faible — se contracte fortement.
La diversité des situations à travers le monde
Asie : héritages de guerres anciennes et conflits actifs
Le Cambodge illustre la persistance du problème : miné pendant les bombardements de la guerre du Vietnam puis par trois décennies de conflit interne, il reste l’un des pays les plus contaminés au monde, tout en étant l’un des premiers en volume de terres dépolluées. À l’inverse, le Myanmar connaît une contamination active : l’usage de mines antipersonnel par les forces gouvernementales s’y est intensifié, et le pays enregistre le bilan humain le plus lourd de la planète.
Moyen-Orient : le danger du retour
En Syrie, la fin du régime de Bachar el-Assad a déclenché des mouvements massifs de retour de populations vers des zones truffées de mines et de munitions non explosées, faisant bondir le nombre de victimes. L’Irak et le Yémen cumulent quant à eux les strates de plusieurs conflits successifs.
Afrique : entre dépollution ancienne et menace nouvelle
L’Angola, le Tchad ou le Zimbabwe poursuivent la dépollution d’héritages datant de guerres civiles ou de guerres d’indépendance. Dans le Sahel et le golfe de Guinée, la menace prend une forme différente : des groupes armés non étatiques emploient des engins improvisés à déclenchement par la victime au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Nigeria, au Bénin, au Cameroun et au Togo, entre autres.
Europe : le retour d’une arme que l’on croyait bannie
L’invasion russe a fait de l’Ukraine l’un des territoires les plus minés du monde et le premier bénéficiaire de l’aide internationale au déminage. Les Balkans occidentaux, trente ans après les guerres de l’ex-Yougoslavie, poursuivent une dépollution méthodique. Et l’Europe du Nord-Est est devenue, depuis 2025, le théâtre d’un retour assumé de la mine antipersonnel dans les doctrines de défense.
Amériques : l’exception colombienne
La Colombie demeure le principal pays contaminé du continent, du fait des engins improvisés posés durant le conflit interne, avec une contamination diffuse et difficile à cartographier.
Les défis contemporains de la lutte antimines
L’érosion d’une norme internationale
C’est le fait marquant de la période récente. Cinq États européens ont quitté la Convention d’Ottawa en invoquant la dégradation de leur environnement sécuritaire face à la Russie.
| État | Prise d’effet du retrait |
|---|---|
| Estonie | 27 décembre 2025 |
| Lettonie | 27 décembre 2025 |
| Lituanie | 27 décembre 2025 |
| Finlande | 10 janvier 2026 |
| Pologne | 20 février 2026 |
L’Ukraine, quant à elle, a notifié au dépositaire en juillet 2025 sa décision de « suspendre l’application » de la Convention — une possibilité que le texte ne prévoit pas, et que l’article 20 exclut de fait pour un État engagé dans un conflit armé international.
Ces départs sont sans précédent pour un traité d’interdiction d’une catégorie entière d’armes ; la Lituanie avait déjà ouvert la voie en quittant la Convention d’Oslo sur les armes à sous-munitions, retrait effectif le 6 mars 2025. Plusieurs de ces États ont annoncé leur intention de reprendre la production de mines antipersonnel. Les organisations humanitaires soulignent que les États sortants restent tenus par les principes coutumiers du droit international humanitaire — distinction, proportionnalité, précaution —, mais que la portée dissuasive de l’interdiction s’en trouve affaiblie.
La crise du financement
Le gel de l’aide extérieure décidé par les États-Unis, premier bailleur mondial, au premier trimestre 2025, a entraîné l’arrêt ou la suspension de programmes de déminage humanitaire dans plusieurs pays. Le recul de l’aide internationale et l’effondrement des crédits d’assistance aux victimes fragilisent des dispositifs qui reposent, dans de nombreux pays affectés, sur un financement extérieur quasi exclusif.
L’évolution des menaces
Les engins improvisés à déclenchement par la victime, désormais première cause de dommages, échappent aux logiques classiques de cartographie : ils sont posés sans plan, sans registre, souvent en zone habitée. À cela s’ajoutent des modes de dispersion nouveaux, notamment des indices d’engins largués par drones observés dans le conflit ukrainien.
Comment participer à la Journée internationale de sensibilisation aux mines
Événements institutionnels
Le Siège des Nations Unies à New York et les bureaux de l’UNMAS organisent conférences, expositions et rencontres avec des survivants. Le Centre international de déminage humanitaire de Genève accueille des réunions techniques réunissant opérateurs, bailleurs et États affectés.
Mobilisation associative
Les grandes organisations du secteur — Handicap International / Humanity & Inclusion, le Mines Advisory Group, le HALO Trust, l’ICBL, le Comité international de la Croix-Rouge — profitent de la date pour publier données, campagnes de plaidoyer et témoignages de rescapés. Les associations locales organisent des collectes, des conférences en milieu scolaire et des expositions photographiques.
Sensibilisation en ligne
Les Nations Unies mettent à disposition des ressources graphiques réutilisables et relaient les contenus publiés sous le mot-clé #MineAwarenessDay. Partager les chiffres de l’Observatoire des mines, relayer un témoignage de survivant ou expliquer ce qu’est une mine improvisée constituent des contributions utiles.
Participer à titre individuel
- S’informer avec des sources primaires : rapports de l’Observatoire des mines, publications de l’UNMAS, dossiers du CICR.
- Soutenir financièrement une organisation de déminage humanitaire ou de réadaptation.
- Relayer la parole des survivants plutôt que les seules images spectaculaires d’explosions.
- Interpeller les élus sur la position de son pays vis-à-vis des traités d’interdiction.
- En France, signaler immédiatement à la gendarmerie ou à la police toute munition découverte, sans jamais la déplacer.
La France et la lutte antimines
Un territoire encore truffé de munitions
La France reste concernée à double titre. Sur son sol, l’héritage des deux guerres mondiales est loin d’être résorbé. Le service du déminage, créé par une ordonnance du 21 février 1945 et dirigé à ses débuts par le résistant Raymond Aubrac, a neutralisé dans l’immédiat après-guerre 13 millions de mines et 16 millions d’obus et engins divers.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Création du service du déminage | 21 février 1945 |
| Effectifs du Groupement d’intervention du déminage | Environ 370 agents, dont 340 démineurs |
| Munitions collectées et détruites chaque année | Plus de 450 tonnes |
| Démineurs morts en service depuis 1945 | 621 |
Ces engins ne sont pas des mines antipersonnel au sens de la Convention d’Ottawa, mais des restes explosifs de guerre. Ils tuent pourtant selon la même logique : celle du hasard, longtemps après la fin des combats. La devise du service — « Réussir ou périr » — dit la nature du métier.
Une position diplomatique sous surveillance
La France est partie à la Convention d’Ottawa comme à la Convention d’Oslo, et a rempli ses obligations de destruction des stocks et de dépollution des terrains sous sa juridiction. Sa contribution au déminage humanitaire transite principalement par les canaux de l’Union européenne et des Nations Unies.
La loi n° 98-564 du 8 juillet 1998 avait créé la Commission nationale pour l’élimination des mines antipersonnel (CNEMA), unique instance nationale de suivi de la Convention et lieu de dialogue entre l’État, le Parlement et les ONG. Cette commission a été supprimée par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, qui abroge l’article L. 2345-1 du code de la défense. Le gouvernement a justifié cette suppression par des critères de redondance et d’activité effective, en indiquant que les financements du déminage seraient maintenus ; plusieurs ONG et parlementaires ont contesté le calendrier de cette décision, intervenue au moment même où cinq États européens quittaient le traité.
Handicap International, une histoire française
Fondée à Lyon en 1982 dans les camps de réfugiés cambodgiens, Handicap International (Humanity & Inclusion) est l’une des six organisations fondatrices de l’ICBL, colauréate du prix Nobel de la paix 1997. L’association appareille des survivants, mène des programmes d’éducation aux risques et publie chaque année des analyses de l’Observatoire des mines en français — ce qui en fait, pour le public francophone, l’une des sources les plus accessibles sur le sujet.
Foire aux questions
Quand a lieu la Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte antimines ?
La Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte antimines a lieu le 4 avril de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, sans variation annuelle. Elle a été célébrée pour la première fois le 4 avril 2006.
Pourquoi la Journée internationale de sensibilisation aux mines a-t-elle été créée ?
La Journée internationale de sensibilisation aux mines a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui l’a proclamée le 8 décembre 2005 par la résolution A/RES/60/97. Elle vise à attirer l’attention sur les besoins des victimes des mines et des restes explosifs de guerre, à encourager les États à ratifier les instruments d’interdiction, et à soutenir les programmes de déminage, d’éducation aux risques et d’assistance aux survivants.
Combien de victimes les mines font-elles chaque année ?
Les mines et les restes explosifs de guerre ont fait au moins 6 279 victimes en 2024, dont 1 945 personnes tuées et 4 325 blessées, dans 52 pays et territoires, selon l’Observatoire des mines. Les civils représentent 90 % des victimes dont le statut est connu, et les enfants 46 % des victimes civiles dont l’âge a été enregistré.
Quels pays sont les plus contaminés par les mines antipersonnel ?
Les pays les plus contaminés par les mines antipersonnel sont l’Afghanistan, le Cambodge, l’Irak et l’Ukraine, devant l’Angola, la Bosnie-Herzégovine, la Syrie, la Turquie et le Yémen. Au total, au moins 57 États et territoires restent contaminés par des mines antipersonnel.
Quelle est la différence entre la Convention d’Ottawa et la Convention d’Oslo ?
La différence entre la Convention d’Ottawa et la Convention d’Oslo tient à l’arme visée. La Convention d’Ottawa, adoptée en 1997 et entrée en vigueur en 1999, interdit l’emploi, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel. La Convention d’Oslo, adoptée en 2008 et entrée en vigueur en 2010, applique une interdiction comparable aux armes à sous-munitions et compte 112 États parties. Ni l’une ni l’autre ne couvre les mines antivéhicule.
Quels pays se sont retirés du traité d’Ottawa ?
Cinq pays se sont retirés du traité d’Ottawa : l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie le 27 décembre 2025, la Finlande le 10 janvier 2026 et la Pologne le 20 février 2026. Tous ont invoqué la menace russe. L’Ukraine, État partie engagé dans un conflit armé, a pour sa part notifié une suspension de l’application du traité en juillet 2025, mesure que la Convention ne prévoit pas.
Un rappel qui ne devrait plus être nécessaire
Il aura fallu vingt-cinq ans pour construire une interdiction quasi universelle, détruire plus de 55 millions de mines stockées et rendre à la vie civile des milliers de kilomètres carrés de terres. Il aura suffi de quelques mois pour rouvrir la question. Le 4 avril ne sert donc plus seulement à se souvenir des victimes : il sert à rappeler que le nombre de victimes de demain dépend de décisions qui se prennent aujourd’hui, dans des parlements et des ministères. Une mine posée cette année tuera encore dans trente ans, et ce sera un civil.
Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 4 avril.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération, Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus.
