Chaque 5 mars, les Nations Unies consacrent une journée entière à un objectif inhabituel : faire comprendre au grand public comment fonctionnent, et pourquoi échouent parfois, les mécanismes internationaux censés limiter les armes. La Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération a été proclamée par la résolution A/RES/77/51 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée sans vote le 7 décembre 2022. Elle est pilotée par le Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies (UNODA) et vise explicitement les jeunes. Contrairement à la plupart des journées internationales liées aux armements, elle ne commémore pas une catastrophe : elle mise sur la connaissance.

Désarmement, non-prolifération, maîtrise des armements : trois notions distinctes
Le 5 mars met en avant deux termes que le langage courant confond régulièrement, et un troisième que l’on oublie souvent. La distinction n’est pas académique : elle détermine quels traités s’appliquent, à qui, et avec quels moyens de contrôle.
Ce que recouvre le désarmement
Le désarmement consiste à réduire, voire à détruire, des catégories d’armes déjà détenues par un État. Il s’agit d’une action rétrospective, portant sur des stocks existants. La destruction des armes chimiques déclarées, achevée en 2023 sous supervision internationale, en constitue l’exemple le plus abouti. Le démantèlement d’installations de production entre également dans cette catégorie.
Ce que recouvre la non-prolifération
La non-prolifération vise au contraire à empêcher la diffusion de certaines armes vers de nouveaux États ou de nouvelles entités. Elle concerne prioritairement les armes de destruction massive : nucléaires, chimiques, biologiques et radiologiques. Son instrument central est le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, entré en vigueur en 1970 et qui rassemble 191 États parties.
La maîtrise des armements, troisième notion, désigne les accords qui plafonnent les arsenaux sans les supprimer, généralement assortis de mécanismes de vérification mutuelle. Le traité New START, expiré en 2026, relevait de cette catégorie.
Les catégories d’armes concernées
| Catégorie | Exemples | Statut juridique international |
|---|---|---|
| Armes nucléaires | Ogives stratégiques et tactiques | Non-prolifération encadrée (TNP), interdiction partielle (TIAN) |
| Armes chimiques | Agents neurotoxiques, vésicants | Interdiction totale, vérification par l’OIAC |
| Armes biologiques | Agents pathogènes, toxines | Interdiction totale, sans mécanisme de vérification |
| Armes classiques lourdes | Chars, aéronefs de combat, navires | Transferts encadrés par le TCA |
| Armes légères et de petit calibre | Fusils d’assaut, pistolets, mitrailleuses | Programme d’action de l’ONU, instruments non contraignants |
| Armes à effet indiscriminé | Mines antipersonnel, armes à sous-munitions | Interdictions par conventions spécifiques |
| Systèmes émergents | Armes autonomes létales | Négociations en cours, aucun cadre contraignant |
Origine de la Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération
La date du 5 mars a été retenue par l’Assemblée générale à l’issue d’un processus diplomatique relativement rapide, ouvert en 2021 et conclu fin 2022.
Une initiative venue d’Asie centrale
L’initiative revient au Kirghizistan. Son ministre des Affaires étrangères Rouslan Kazakbaïev l’a présentée en septembre 2021, en marge de la soixante-seizième session de l’Assemblée générale et de la douzième Conférence sur la facilitation de l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.
Le projet de résolution A/C.1/77/L.14 a été déposé le 4 octobre 2022 devant la Première Commission par six États : le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Nicaragua, les États-Unis d’Amérique, l’Ouzbékistan et le Venezuela. Il a été approuvé sans vote en commission, puis adopté sans vote par l’Assemblée générale le 7 décembre 2022, lors de sa 46ᵉ séance plénière. La première édition de la Journée s’est donc tenue le 5 mars 2023.
Cette origine centrasiatique n’est pas anecdotique. Trois des six coauteurs appartiennent à la zone exempte d’armes nucléaires d’Asie centrale, créée par le traité de Semipalatinsk de 2006. Le Kazakhstan avait fermé en 1991 le polygone d’essais nucléaires de Semipalatinsk, où plus de quatre cents essais avaient été conduits. La région porte donc une expérience directe des conséquences sanitaires et environnementales des armes nucléaires.
Pourquoi la date du 5 mars
Le choix du 5 mars renvoie à l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, le 5 mars 1970. Signé le 1er juillet 1968, ce traité constitue le socle du régime international de non-prolifération. Les Nations Unies elles-mêmes rattachent explicitement les deux dates : l’édition 2025 de la Journée a été présentée comme coïncidant avec le cinquante-cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du TNP.
Les objectifs de la Journée
La résolution A/RES/77/51 invite les États Membres, les organismes du système des Nations Unies, la société civile, le monde académique, les médias et les particuliers à commémorer la Journée par des activités éducatives. Les finalités affichées sont les suivantes :
- Améliorer la compréhension du public sur la façon dont les efforts de désarmement renforcent la paix et la sécurité
- Montrer le lien entre limitation des armements, prévention des conflits armés et réduction des souffrances humaines
- Toucher prioritairement les jeunes générations, appelées à hériter des arsenaux existants
- Encourager l’intégration des questions de désarmement dans les programmes scolaires et universitaires
Une journée héritière de vingt ans de travaux sur l’éducation au désarmement
La Journée du 5 mars ne surgit pas de nulle part : elle couronne une démarche entamée au tournant des années 2000, restée largement invisible du grand public.
En octobre 2000, le Mexique dépose un projet de résolution sur l’éducation au désarmement. Le mois suivant, l’Assemblée générale adopte la résolution 55/33 E du 20 novembre 2000, qui demande au Secrétaire général de préparer une étude avec l’appui d’un groupe d’experts gouvernementaux. Après deux ans de travaux, l’Étude des Nations Unies sur l’éducation en matière de désarmement et de non-prolifération, référencée A/57/124, est présentée à la Première Commission le 9 octobre 2002.
Son constat est sans détour : l’éducation constitue un outil essentiel mais sous-utilisé au service de la paix. L’étude formule 34 recommandations pratiques destinées aux gouvernements, aux organisations régionales et internationales, ainsi qu’aux responsables municipaux et religieux. Depuis, le Secrétaire général présente des rapports biennaux sur leur mise en œuvre, dont le plus récent porte la cote A/79/114 et date de juillet 2024.
Fait révélateur, l’Assemblée générale a adopté le même jour, le 7 décembre 2022, la résolution 77/51 créant la Journée et la résolution 77/52 consacrée à cette même étude sur l’éducation. Les deux textes forment un ensemble cohérent, la Journée servant de vitrine annuelle à un chantier permanent.
L’architecture mondiale du désarmement en chiffres
Le 5 mars offre l’occasion de dresser un état des lieux des instruments juridiques existants. Le tableau ci-dessous rassemble les principaux traités multilatéraux, avec leur statut.
| Traité | Adoption | Entrée en vigueur | États parties | Vérification |
|---|---|---|---|---|
| TNP (non-prolifération nucléaire) | 1968 | 5 mars 1970 | 191 | Garanties de l’AIEA |
| CIABT (armes biologiques) | 1972 | 26 mars 1975 | 189 | Aucun mécanisme |
| CIAC (armes chimiques) | 1993 | 29 avril 1997 | 193 | OIAC, inspections |
| TICE (essais nucléaires) | 1996 | Non entré en vigueur | 178 ratifications | Système de surveillance en place |
| Convention d’Ottawa (mines antipersonnel) | 1997 | 1ᵉʳ mars 1999 | Voir ci-dessous | Rapports annuels |
| Convention d’Oslo (armes à sous-munitions) | 2008 | 1ᵉʳ août 2010 | Plus de 110 | Rapports annuels |
| TCA (commerce des armes) | 2 avril 2013 | 24 décembre 2014 | 117 | Rapports nationaux |
| TIAN (interdiction des armes nucléaires) | 7 juillet 2017 | 22 janvier 2021 | 74 à 75 | Prévue, non activée |
Les régimes qui fonctionnent
La Convention sur l’interdiction des armes chimiques fait figure de référence. Avec 193 États parties, elle couvre environ 98 % de la population mondiale. Le 7 juillet 2023, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a certifié la destruction des dernières des 72 304 tonnes de stocks déclarés en 1997. Un système d’inspections sur site, appliqué de manière identique à tous les États parties, en assure le contrôle.
À l’inverse, la Convention sur l’interdiction des armes biologiques, premier traité multilatéral à bannir une catégorie entière d’armes de destruction massive, ne dispose d’aucun mécanisme de vérification. Le respect de l’interdiction repose sur la bonne foi des 189 États parties et sur des consultations diplomatiques. La comparaison entre les deux textes illustre une leçon centrale du désarmement : interdire une arme et construire l’infrastructure qui rend l’interdiction vérifiable sont deux opérations différentes.
Les régimes bloqués
Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires n’est jamais entré en vigueur, trente ans après son ouverture à la signature en 1996. Au 1ᵉʳ janvier 2026, il comptait 187 États signataires et 178 États parties. Son entrée en vigueur exige la ratification des 44 États listés à son annexe 2, ceux qui disposaient de réacteurs nucléaires lors de la négociation. Neuf d’entre eux manquent encore à l’appel. Le paradoxe est que son système international de surveillance, financé et opérationnel, détecte déjà les essais nucléaires, comme l’ont montré les tirs nord-coréens.
Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, entré en vigueur le 22 janvier 2021, souffre d’une limite structurelle : aucun des neuf États détenteurs d’armes nucléaires n’y adhère, pas plus que les membres de l’OTAN.
Le désarmement à travers le monde
La Journée internationale du 5 mars révèle des approches régionales très contrastées, allant de l’interdiction totale à la modernisation accélérée.
Les zones exemptes d’armes nucléaires
Cinq traités régionaux ont créé des zones où les armes nucléaires sont proscrites, couvrant l’hémisphère Sud dans sa quasi-totalité :
- Traité de Tlatelolco, 1967 : Amérique latine et Caraïbes
- Traité de Rarotonga, 1985 : Pacifique Sud
- Traité de Bangkok, 1995 : Asie du Sud-Est
- Traité de Pelindaba, 1996 : Afrique
- Traité de Semipalatinsk, 2006 : Asie centrale
La Mongolie bénéficie par ailleurs d’un statut national d’État exempt d’armes nucléaires reconnu internationalement. L’Antarctique, l’espace extra-atmosphérique et les fonds marins font l’objet d’interdictions distinctes.
La position et le bilan de la France
La France occupe une place singulière : État doté de l’arme nucléaire au sens du TNP, elle revendique parallèlement un bilan de désarmement unilatéral sans équivalent parmi les cinq puissances reconnues.
Selon les estimations du SIPRI, son arsenal s’établissait à environ 290 ogives en 2025, auxquelles s’ajoutent jusqu’à 80 têtes TN 75 retirées du service et en attente de démantèlement. Parmi les mesures prises :
- Arrêt de la production de plutonium militaire en 1992, puis d’uranium hautement enrichi en 1996
- Annonce le 20 janvier 1996 de l’arrêt définitif des essais nucléaires, après un moratoire décidé en 1992
- Fermeture et démantèlement des installations de production de matières fissiles militaires de Pierrelatte et Marcoule, décidés en 1996
- Fermeture et démantèlement du Centre d’expérimentations du Pacifique
- Démantèlement des missiles sol-sol du plateau d’Albion et des missiles préstratégiques Hadès, dont le dernier a été détruit en 1997
- Ratification du TICE, parmi les premiers États dotés
- Ouverture des anciennes installations de Pierrelatte et Marcoule à des visites d’États membres de la Conférence du désarmement, d’experts non gouvernementaux et de journalistes
- Accueil de 16 stations du système de surveillance du TICE sur le territoire national
La France n’est en revanche pas partie au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, dont elle conteste l’approche avec les autres États dotés. Cette double position, désarmement unilatéral revendiqué d’un côté, refus de l’interdiction juridique de l’autre, structure le débat français sur la dissuasion.
Défis et enjeux contemporains de la Journée du 5 mars
La Journée consacrée au désarmement et à la non-prolifération intervient dans un contexte de dégradation générale des instruments de contrôle, documenté par plusieurs institutions de recherche.
La fin du contrôle bilatéral des armements
Le traité New START, signé le 8 avril 2010 à Prague et entré en vigueur le 5 février 2011, a expiré le 5 février 2026 sans successeur. Il plafonnait pour chaque partie les arsenaux stratégiques à 1 550 ogives déployées, 700 vecteurs déployés et 800 lanceurs, et prévoyait échanges de données, notifications et inspections sur site. Les inspections avaient été suspendues dès 2020, puis la Russie avait suspendu sa participation en février 2023. Pour la première fois depuis des décennies, aucun accord bilatéral juridiquement contraignant n’encadre les deux principaux arsenaux mondiaux.
Les données du SIPRI publiées le 8 juin 2026 dressent le tableau suivant pour janvier 2026 : sur un inventaire mondial estimé à 12 187 ogives nucléaires, environ 9 745 étaient conservées dans des stocks militaires en vue d’une utilisation possible. Parmi elles, 4 012 étaient déployées sur des missiles ou des aéronefs, et 2 100 à 2 200 maintenues en état d’alerte opérationnelle maximale sur des missiles balistiques. Les neuf États dotés modernisent simultanément leurs arsenaux, situation inédite. La Russie et les États-Unis détiennent à eux seuls environ 83 % des ogives stockées.
Un effort militaire mondial en hausse continue
Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, en hausse de 2,9 % en termes réels selon le SIPRI. C’est la onzième année consécutive de progression, portant la charge militaire mondiale à 2,5 % du produit intérieur brut planétaire, son niveau le plus élevé depuis 2009. Les dépenses européennes ont progressé de 14 %, à 864 milliards de dollars.
Le retour d’armes que le droit avait bannies
L’année 2025 a marqué une rupture pour la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Cinq États européens ont engagé leur retrait en invoquant des impératifs de sécurité : l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont déposé leurs instruments le 27 juin 2025, la Finlande le 10 juillet 2025 avec effet au 10 janvier 2026, la Pologne le 20 août 2025 avec effet au 20 février 2026. Jusqu’alors, les vingt-sept États membres de l’Union européenne étaient tous parties à la Convention. Ces États demeurent liés par le droit international humanitaire coutumier, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, ainsi que par le Protocole II à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques.
Les armes légères, angle mort du débat public
Selon un rapport du Secrétaire général des Nations Unies présenté en novembre 2025, environ un milliard d’armes à feu circulent dans le monde. Le Small Arms Survey estimait déjà en 2017 que 85 % d’entre elles se trouvaient entre les mains de civils. En 2024, les armes légères ont été responsables de près d’un tiers des morts civiles dans les conflits, et 88 % des cas documentés de violences sexuelles liées aux guerres impliquaient une arme à feu. Ces armes ne font pas les gros titres, mais leur bilan quotidien dépasse celui des systèmes lourds.
Intelligence artificielle et systèmes autonomes
Les systèmes d’armes autonomes létales ne relèvent à ce jour d’aucun cadre juridique contraignant. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les chaînes de commandement nucléaire est identifiée par les organisations spécialisées comme un facteur aggravant du risque d’emploi accidentel. Ce dossier constitue l’un des principaux chantiers ouverts pour la génération à laquelle la Journée s’adresse.

Comment participer à la Journée du 5 mars
La Journée de sensibilisation au désarmement se distingue par sa nature strictement éducative : la résolution fondatrice ne prévoit ni cérémonie ni obligation protocolaire, mais des activités de transmission.
Dans les établissements scolaires et universitaires
- Organiser une séance sur la distinction entre désarmement, non-prolifération et maîtrise des armements
- Étudier un traité en particulier, sa négociation, ses mécanismes de vérification et ses limites
- Travailler sur des données chiffrées récentes plutôt que sur des récits généraux
- Mettre en place des simulations de négociation multilatérale, format éprouvé pour comprendre les blocages diplomatiques
- Recueillir et diffuser des témoignages, notamment ceux des survivants des bombardements atomiques et des essais nucléaires
Ressources et programmes des Nations Unies
Le Bureau des affaires de désarmement met à disposition un site de ressources pédagogiques, des fiches thématiques par catégorie d’armes, un tableau de bord sur l’éducation au désarmement, ainsi qu’une série de vidéos explicatives. L’initiative #Youth4Disarmament s’adresse spécifiquement aux jeunes et propose des programmes de formation et de bourses. Le Programme de bourses des Nations Unies pour le désarmement forme chaque année des diplomates de plusieurs dizaines de pays.
Actions individuelles et numériques
- Consulter les données primaires plutôt que leurs reprises journalistiques : annuaire du SIPRI, rapports du Secrétaire général, publications de l’UNIDIR
- Vérifier le statut réel d’un traité avant de le citer, entrée en vigueur et nombre de parties étant deux informations distinctes
- Relayer les ressources officielles sur les réseaux sociaux
- Distinguer, dans le débat public, les positions relevant du droit et celles relevant de la doctrine stratégique
Foire aux questions sur la Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération
Quand a lieu la Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération ?
La Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération a lieu le 5 mars de chaque année. Cette date fixe a été retenue en référence à l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, le 5 mars 1970. La première édition s’est tenue le 5 mars 2023.
Qui a créé la Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération ?
La Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, par sa résolution A/RES/77/51 adoptée sans vote le 7 décembre 2022. Le projet de résolution avait été déposé le 4 octobre 2022 par le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Nicaragua, les États-Unis, l’Ouzbékistan et le Venezuela, sur une initiative kirghize présentée en septembre 2021.
Quelle est la différence entre désarmement et non-prolifération ?
La différence entre désarmement et non-prolifération tient à leur objet. Le désarmement porte sur la réduction ou la destruction d’armes déjà détenues par un État, comme la destruction des stocks chimiques déclarés. La non-prolifération vise à empêcher la diffusion de certaines armes, en particulier les armes de destruction massive, vers de nouveaux États ou de nouvelles entités.
Combien d’armes nucléaires existent dans le monde ?
Le nombre d’armes nucléaires dans le monde était estimé à 12 187 ogives en janvier 2026 par le SIPRI, réparties entre neuf États. Environ 9 745 d’entre elles figuraient dans des stocks militaires utilisables, dont 4 012 déployées sur des vecteurs. La Russie et les États-Unis détiennent environ 83 % des ogives stockées.
La France participe-t-elle au désarmement nucléaire ?
La France participe au désarmement nucléaire par une série de mesures unilatérales : arrêt de la production de matières fissiles militaires en 1992 et 1996, arrêt définitif des essais nucléaires annoncé en 1996, démantèlement des installations de Pierrelatte et Marcoule, du Centre d’expérimentations du Pacifique et des composantes terrestres de sa dissuasion. Elle conserve toutefois un arsenal estimé à environ 290 ogives et n’est pas partie au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.
Comment participer à la Journée du 5 mars ?
Pour participer à la Journée du 5 mars, la résolution fondatrice invite à mener des activités éducatives : cours, conférences, simulations de négociation, diffusion de témoignages, exploitation des ressources pédagogiques du Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies. Aucun format n’est imposé, l’objectif étant la transmission de connaissances, en particulier auprès des jeunes.
Une journée qui parie sur la connaissance
Le 5 mars ne propose ni marche, ni minute de silence, ni ruban à porter. La Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération repose sur un pari plus exigeant : que des citoyens informés du fonctionnement réel des traités, de leurs mécanismes de vérification et de leurs points de rupture pèsent davantage que des citoyens simplement inquiets. À l’heure où le dernier accord bilatéral limitant les deux plus grands arsenaux du monde a expiré sans remplaçant, où des États reviennent sur des interdictions qu’ils avaient ratifiées, et où un milliard d’armes à feu circulent hors de tout regard, ce pari n’a rien d’abstrait. Comprendre ces mécanismes est la première condition pour exiger qu’ils fonctionnent.
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