Chaque 28 janvier, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la coexistence pacifique, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette journée invite à considérer la paix non comme une simple absence de guerre, mais comme la capacité concrète de vivre ensemble malgré les différences de sexe, de race, de langue, de religion ou de culture, tout en défendant la justice et les droits humains qui rendent cette cohabitation possible.
C’est l’une des plus récentes journées internationales inscrites au calendrier onusien. Elle s’ajoute à un ensemble d’observances déjà consacrées à la paix et au dialogue, dont elle se distingue par son ancrage explicite dans la diversité religieuse et culturelle.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | 28 janvier, chaque année |
| Nom officiel | Journée internationale de la coexistence pacifique |
| Résolution fondatrice | A/RES/79/269 |
| Date d’adoption | 4 mars 2025 (58ᵉ séance plénière, 79ᵉ session) |
| Texte à l’origine | Projet A/79/L.53, présenté par le Royaume de Bahreïn |
| Vote | 162 pour, 3 contre, 2 abstentions |
| Première célébration | 28 janvier 2026 |
| Organisme porteur | Assemblée générale des Nations Unies |
| Thématiques | Tolérance, diversité religieuse et culturelle, dialogue interculturel, éducation à la paix |
🕊️ Qu’est-ce que la coexistence pacifique ?
La coexistence pacifique désigne la capacité de personnes, de communautés et d’États aux identités, croyances ou intérêts différents à vivre côte à côte sans recourir à la violence, en réglant leurs différends par des moyens pacifiques. Elle ne suppose ni l’uniformité, ni l’effacement des désaccords : elle suppose que ces désaccords soient traités par le droit, le dialogue et la négociation plutôt que par la force.
Une notion à double dimension
Le concept opère à deux échelles distinctes, souvent confondues :
- Dimension interétatique : c’est le sens historique et diplomatique du terme. Il renvoie aux principes inscrits dans la Charte des Nations Unies — égalité souveraine des États, règlement pacifique des différends, interdiction du recours à la menace ou à l’emploi de la force, promotion de relations amicales entre les nations.
- Dimension intrasociétale : c’est le sens que privilégie la Journée du 28 janvier. Il désigne la cohabitation, au sein d’une même société, de groupes religieux, ethniques, linguistiques ou culturels différents, dans le respect mutuel et l’égalité des droits.
Ce que la coexistence pacifique n’est pas
Trois confusions courantes méritent d’être écartées :
- Ce n’est pas la tolérance passive. La simple indifférence mutuelle peut cohabiter avec de fortes inégalités de droits. La coexistence pacifique implique la reconnaissance active de la dignité de l’autre.
- Ce n’est pas l’assimilation. Elle ne demande pas aux minorités d’abandonner leur identité pour être acceptées.
- Ce n’est pas la paix négative. L’absence temporaire de combats dans une société profondément fracturée n’est pas une coexistence pacifique durable.
Le socle juridique et normatif
Plusieurs textes fondateurs constituent la charpente normative de cette notion :
| Texte | Année | Apport à la coexistence pacifique |
|---|---|---|
| Charte des Nations Unies | 1945 | Égalité souveraine, règlement pacifique des différends, interdiction du recours à la force |
| Déclaration universelle des droits de l’homme | 1948 | Dignité, égalité et non-discrimination indépendamment de la race, de la religion ou de la culture |
| Déclaration sur le progrès et le développement dans le domaine social | 1969 | Lien entre justice sociale et paix durable |
| Déclaration et Programme d’action sur une culture de la paix (A/RES/53/243) | 1999 | Cadre opérationnel : non-violence, tolérance, dialogue, éducation, gouvernance participative |
| Programme de développement durable à l’horizon 2030 (A/RES/70/1) | 2015 | La paix érigée en cinquième pilier, aux côtés des personnes, de la planète, de la prospérité et des partenariats |
📜 Origine et histoire de la Journée internationale de la coexistence pacifique
Une racine intellectuelle : la « culture de la paix »
La Journée du 28 janvier s’inscrit dans la filiation directe du concept de culture de la paix, dont la généalogie est bien documentée.
L’idée naît d’une initiative éducative péruvienne, Cultura de Paz, lancée en 1986. La même année, la Déclaration de Séville sur la violence, adoptée par un groupe de scientifiques internationaux, affirme que la guerre n’est pas une fatalité inscrite dans la biologie humaine mais une invention sociale — et que « l’espèce qui a inventé la guerre est capable d’inventer la paix ».
Le concept reçoit sa formulation officielle lors du Congrès international sur la paix dans l’esprit des hommes, organisé en Côte d’Ivoire en 1989 sous l’égide de l’UNESCO. Dix ans plus tard, l’Assemblée générale adopte la Déclaration et le Programme d’action sur une culture de la paix (A/RES/53/243, 1999), qui reste le cadre de référence.
La création de la Journée : chronologie
| Date | Étape |
|---|---|
| 1986 | Initiative éducative Cultura de Paz au Pérou ; Déclaration de Séville sur la violence |
| 1989 | Congrès international sur la paix dans l’esprit des hommes (Côte d’Ivoire) : définition formelle de la « culture de la paix » |
| 1999 | Déclaration et Programme d’action sur une culture de la paix (A/RES/53/243) |
| 2018 | Création à Bahreïn du King Hamad Global Centre for Peaceful Coexistence and Tolerance (KHGC) |
| Mars 2023 | 146ᵉ Assemblée de l’Union interparlementaire à Bahreïn : adoption de la Déclaration de Manama, « Promouvoir la coexistence pacifique et les sociétés inclusives : combattre l’intolérance » |
| 4 mars 2025 | Adoption de la résolution A/RES/79/269 proclamant le 28 janvier Journée internationale de la coexistence pacifique |
| 28 janvier 2026 | Première célébration mondiale |
L’initiative bahreïnienne et le vote de l’Assemblée générale
Le projet de résolution A/79/L.53 a été présenté par le Royaume de Bahreïn, porté par le King Hamad Global Centre for Peaceful Coexistence and Tolerance, centre créé en 2018 et actif dans la diplomatie interreligieuse. Le texte a été introduit devant l’Assemblée par le ministre bahreïnien des Transports et des Télécommunications, Kamal Bin Ahmed Mohammed.
Le 4 mars 2025, lors de la 58ᵉ séance plénière de la 79ᵉ session, l’Assemblée générale a adopté le texte par un vote enregistré de 162 voix pour, 3 contre et 2 abstentions. Les trois votes contre étaient ceux de l’Argentine, des États-Unis et d’Israël ; le Paraguay et le Pérou se sont abstenus.
Cette précision mérite d’être relevée : contrairement à ce que laissent entendre plusieurs sites francophones, cette journée n’a pas été adoptée par consensus ni à l’unanimité. Le vote enregistré et sa répartition figurent noir sur blanc dans la couverture officielle de la séance publiée par les Nations Unies.
Pourquoi le 28 janvier ?
La résolution A/RES/79/269 n’énonce aucune justification explicite du choix de la date — un cas fréquent pour les journées internationales proposées par un État membre.
Il est en revanche établi que le 28 janvier correspond à la date de naissance du roi Hamad ben Issa Al Khalifa, souverain de Bahreïn, né le 28 janvier 1950. Cette coïncidence, relevée par plusieurs analystes des politiques publiques du Golfe, n’est ni confirmée ni infirmée comme motif officiel par les documents onusiens. Elle est mentionnée ici à titre factuel, sans en tirer de conclusion sur les intentions des rédacteurs du texte.
Les objectifs de la Journée
La résolution assigne à cette observance plusieurs finalités :
- Promouvoir la tolérance et le respect de la diversité religieuse et culturelle ;
- Rappeler le rôle des États membres et des parties prenantes dans la protection des droits humains ;
- Mettre en avant l’éducation comme levier principal de transmission des valeurs de coexistence ;
- Inviter les pays, les organisations internationales, la société civile et les médias à organiser des activités favorisant une culture de paix, d’inclusion, de compréhension et de solidarité ;
- Réaffirmer l’engagement envers les buts et principes fondateurs des Nations Unies.
🌍 L’importance de la coexistence pacifique : ce que disent les chiffres
Un contexte mondial de dégradation
La Journée internationale de la coexistence pacifique intervient dans une période documentée de recul de la paix mondiale. Les données de référence convergent.
| Indicateur | Valeur | Source / période |
|---|---|---|
| Impact économique mondial de la violence | 21 810 milliards de dollars, soit 10,5 % du PIB mondial | Global Peace Index 2026 (données 2025) |
| Pays impliqués dans au moins un conflit extérieur sur cinq ans | 103, contre 59 en 2008 | Global Peace Index 2026 |
| Progression des conflits intraétatiques internationalisés | + 175 % depuis 2010 | Global Peace Index 2026 |
| Décès liés aux conflits internes | Environ 29 000 en 2008 → plus de 181 000 sur la dernière année mesurée (pic à plus de 309 000 en 2023) | Global Peace Index 2026 |
| Dépenses militaires mondiales | 2 887 milliards de dollars en 2025, 11ᵉ hausse annuelle consécutive | SIPRI, avril 2026 |
| Part du PIB mondial consacrée au militaire | 2,5 %, niveau le plus élevé depuis 2009 | SIPRI, avril 2026 |
| Personnes déplacées de force dans le monde | 117,8 millions fin 2025, dont 68,7 millions de déplacés internes et 41,6 millions de réfugiés | HCR, Tendances mondiales, juin 2026 |
Ces chiffres décrivent un monde où la coexistence pacifique est mise à l’épreuve non pas dans l’abstrait, mais dans des situations concrètes : conflits prolongés, déplacements massifs de population, militarisation croissante.
Le coût de la non-coexistence
L’estimation du Global Peace Index — plus de 21 800 milliards de dollars, soit environ un dixième de la richesse produite chaque année sur la planète — recouvre les dépenses militaires, les pertes économiques liées aux conflits, les coûts de la criminalité violente et ceux des systèmes de sécurité intérieure. C’est l’argument économique le plus direct en faveur de la prévention : chaque euro consacré au dialogue, à la médiation et à l’éducation à la paix s’oppose à un coût de la violence d’un ordre de grandeur incomparable.
Une note d’espoir mesurée
Toutes les courbes ne sont pas orientées à la hausse. Le HCR a enregistré fin 2025 la première baisse des déplacements forcés en dix ans, portée par des retours dans plusieurs pays. L’agence souligne toutefois que cette inflexion ne traduit pas une disparition des causes profondes : sept réfugiés sur dix restent en situation de déplacement de longue durée.
La dimension éducative
La résolution insiste sur le rôle de l’éducation, et ce n’est pas un ornement rhétorique. La Déclaration et le Programme d’action sur une culture de la paix de 1999 en avaient déjà fait le premier de ses huit domaines d’action. L’argument est simple : les représentations hostiles de l’autre — religieuses, ethniques, nationales — se transmettent principalement par la socialisation, les manuels scolaires, les récits familiaux et les médias. Elles se déconstruisent donc par les mêmes canaux.
🌐 La coexistence pacifique à travers le monde
Une notion aux traductions culturelles multiples
Le vocabulaire employé pour désigner la coexistence pacifique varie fortement selon les aires culturelles, et ces variations ne sont pas neutres.
| Aire / tradition | Notion mobilisée | Accent principal |
|---|---|---|
| Monde arabe et Golfe | Ta’ayush (coexistence), tasamuh (tolérance) | Cohabitation interconfessionnelle, dialogue islamo-chrétien |
| Afrique australe | Ubuntu | Interdépendance : « je suis parce que nous sommes » |
| Afrique de l’Ouest | Palabre, systèmes de parenté à plaisanterie | Résolution communautaire des différends, désamorçage rituel des tensions |
| Asie du Sud-Est | Pancasila (Indonésie), gotong royong | Pluralisme religieux institutionnalisé, entraide |
| Europe occidentale | Laïcité, pluralisme, État de droit | Neutralité des institutions, égalité juridique |
| Amérique latine | Buen vivir, justice restaurative | Réconciliation post-conflit, droits des peuples autochtones |
Trois modèles institutionnels distincts
Les États organisent la cohabitation des groupes selon des logiques très différentes :
- Le modèle consociatif (Liban, Bosnie-Herzégovine, Irlande du Nord) répartit formellement le pouvoir entre communautés reconnues. Il garantit la représentation mais fige les identités et rend les réformes difficiles.
- Le modèle assimilationniste-républicain (France) ne reconnaît pas de groupes intermédiaires entre l’individu et l’État. Il vise l’égalité par l’indifférenciation juridique mais est régulièrement critiqué pour sa difficulté à mesurer et corriger les discriminations.
- Le modèle multiculturaliste (Canada, Royaume-Uni, Australie) reconnaît les groupes culturels et adapte les politiques publiques en conséquence. Il facilite l’expression des identités mais alimente le débat sur la cohésion nationale.
Aucun de ces modèles n’a démontré une supériorité universelle. Chacun produit ses propres angles morts, ce qui explique la prudence du langage onusien, qui ne prescrit pas de modèle mais des principes.
Le rôle des acteurs non étatiques
La diplomatie interreligieuse constitue un vecteur croissant de coexistence. L’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC), créée en 2005, travaille depuis deux décennies à transformer le dialogue interculturel en actions collectives. Les parlements jouent également un rôle : l’Union interparlementaire, qui regroupe 183 parlements membres, a fait de la lutte contre les discours de haine et la désinformation un axe explicite de son action, dans la ligne de la Déclaration de Manama de 2023.
⚠️ Les défis contemporains de la coexistence pacifique
La polarisation et les discours de haine en ligne
Les technologies de communication n’ont pas créé la haine, mais elles en ont changé l’échelle et la vitesse de propagation. Les Nations Unies ont fait de la lutte contre les discours de haine un axe transversal, notamment via la campagne #NonÀLaHaine. Le mécanisme est documenté : l’amplification algorithmique favorise les contenus qui suscitent des réactions fortes, or l’indignation et l’hostilité identitaire sont parmi les émotions les plus engageantes.
La fragmentation géopolitique
Le Global Peace Index 2026 décrit une « grande fragmentation » : montée en puissance des puissances moyennes, affaiblissement relatif des acteurs traditionnels, conflits de plus en plus interconnectés et difficiles à résoudre. Dans ce contexte, les mécanismes multilatéraux de règlement pacifique des différends — la pierre angulaire de la coexistence entre États — perdent en efficacité relative.
L’automatisation de la guerre
Un défi entièrement nouveau émerge : pour la première fois, des systèmes automatisés prennent des décisions de vie ou de mort sur le champ de bataille plus rapidement qu’un opérateur humain ne peut les examiner, alors que les cadres juridiques internationaux censés les encadrer restent embryonnaires. Cette asymétrie entre l’accélération technologique et la lenteur du droit international constitue l’un des enjeux structurants de la décennie.
La difficulté du temps long
La coexistence pacifique n’est pas un état atteint une fois pour toutes. Elle exige une attention constante, une vigilance et une participation active. Les sociétés apparemment stables peuvent basculer rapidement lorsque des tensions latentes rencontrent un choc économique, démographique ou politique. C’est précisément la fonction d’une journée internationale : maintenir l’attention sur un objectif dont la nature même est d’être toujours inachevé.
🤝 Comment participer à la Journée internationale de la coexistence pacifique
Actions institutionnelles et officielles
La résolution invite explicitement les États, les organisations internationales, la société civile et les médias à organiser des activités. Les formats les plus courants sont :
- Rencontres interconfessionnelles réunissant responsables religieux, diplomates et société civile ;
- Conférences et tables rondes sur le dialogue interculturel, souvent en partenariat avec l’UNESCO ou l’UNAOC ;
- Déclarations parlementaires et débats en séance sur la lutte contre l’intolérance ;
- Cérémonies symboliques dans les enceintes onusiennes et les représentations diplomatiques.
Dans le milieu éducatif
L’école étant identifiée comme le levier principal, plusieurs formats se prêtent particulièrement bien à cette journée :
- Ateliers de débat régulé apprenant à formuler un désaccord sans agression ;
- Travaux sur les stéréotypes et les biais à partir de supports médiatiques ;
- Rencontres avec des médiateurs, juristes ou humanitaires ;
- Projets de correspondance interculturelle entre établissements de pays différents ;
- Étude de cas historiques de réconciliation réussie (franco-allemande, sud-africaine, nord-irlandaise).
Au niveau associatif et local
- Organisation de repas partagés interculturels ou de fêtes de quartier ;
- Portes ouvertes de lieux de culte et de centres culturels ;
- Ateliers de médiation et de résolution non violente des conflits ;
- Projections-débats de documentaires sur des situations de coexistence.
À l’échelle individuelle
Les Nations Unies proposent quelques gestes simples : prendre la parole contre l’injustice, apprendre sur les cultures et croyances différentes de la sienne, pratiquer le respect dans les échanges quotidiens, et refuser de relayer les contenus haineux en ligne. Le hashtag #NonÀLaHaine (#NoToHate en anglais) est associé à la campagne onusienne.
À ne pas confondre : trois journées voisines
Une source récurrente de confusion sur les sites francophones mérite d’être clarifiée. Trois observances distinctes portent sur des thèmes proches :
| Journée | Date | Résolution | Adoption | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Journée internationale de la coexistence pacifique | 28 janvier | A/RES/79/269 | 4 mars 2025 (vote : 162-3-2) | Initiative du Bahreïn |
| Journée internationale du vivre-ensemble en paix | 16 mai | A/RES/72/130 | 8 décembre 2017 (consensus, 193 États) | Initiative de l’Algérie, portée par AISA ONG Internationale |
| Journée internationale de la paix | 21 septembre | A/RES/36/67 puis A/RES/55/282 | 1981, date fixée au 21 septembre en 2001 | Initiative onusienne |
Ces trois journées ne sont ni redondantes ni interchangeables : la première insiste sur la diversité religieuse et culturelle, la deuxième sur l’acceptation des différences dans la vie quotidienne, la troisième sur la cessation des hostilités et le désarmement.
🇫🇷 La coexistence pacifique en France
Un modèle républicain sous tension
La France applique un modèle qui ne reconnaît pas de communautés intermédiaires entre le citoyen et l’État, et qui organise la neutralité des institutions publiques à l’égard des religions par la loi de 1905. Ce cadre a longtemps été présenté comme une réponse française à la question de la coexistence : l’égalité par l’universalité de la règle plutôt que par la reconnaissance des différences.
Ce modèle est aujourd’hui interrogé de deux côtés : par ceux qui estiment qu’il ne permet pas de mesurer ni de corriger les discriminations réelles, et par ceux qui jugent qu’il est insuffisamment appliqué.
Les données françaises
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie chaque année un bilan des atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux.
| Indicateur | Valeur 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Total des infractions enregistrées | plus de 16 400 | — |
| Crimes et délits | 9 700 | + 5 % |
| Contraventions | 6 700 | − 6 % |
| Victimes de crimes ou délits | 10 100 | + 4 % |
| Personnes mises en cause | environ 5 100 | — |
| Taux national | 1,4 crime ou délit pour 10 000 habitants | — |
Deux précisions importantes pour lire ces chiffres correctement :
- La nature des faits : 59 % des crimes et délits et la quasi-totalité des contraventions relèvent d’injures, provocations ou diffamations. Les injures publiques représentent à elles seules 50 % des crimes et délits, les menaces 19 %. Les atteintes à la vie, les violences et les atteintes aux biens représentent chacune 6 % de l’ensemble.
- Le champ couvert : il s’agit des faits enregistrés par la police et la gendarmerie. La sous-déclaration est massive dans ce domaine, comme le rappellent régulièrement la CNCDH et les enquêtes de victimation de l’Insee. Ces données mesurent donc autant l’activité de signalement que le phénomène lui-même.
La hausse de 5 % des crimes et délits en 2025 reste inférieure à celle enregistrée entre 2023 et 2024 (+ 10 %).
Un positionnement international
Le Global Peace Index 2026 classe la France au 99ᵉ rang sur 163 pays, un positionnement nettement en retrait de celui de ses voisins européens. L’indice relève une dégradation de 2 % du domaine « sûreté et sécurité », attribuée à une hausse de la criminalité violente et à une perception accrue de l’insécurité. Ce type de classement composite doit être manié avec prudence : il agrège 23 indicateurs hétérogènes, dont les exportations d’armes et le déploiement de forces à l’étranger, qui pèsent lourdement dans le cas français.
Les acteurs de terrain
Plusieurs structures françaises portent des actions relevant directement de la coexistence pacifique : la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+) au niveau interministériel, la CNCDH comme institution nationale des droits de l’homme, ainsi qu’un tissu associatif dense — associations de médiation de quartier, structures de dialogue interreligieux, réseaux d’éducation populaire.
❓ Foire aux questions sur la Journée internationale de la coexistence pacifique
Quand a lieu la Journée internationale de la coexistence pacifique ?
La Journée internationale de la coexistence pacifique a lieu le 28 janvier de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre. La première édition a été célébrée le 28 janvier 2026, moins d’un an après l’adoption de la résolution fondatrice.
Qui a créé la Journée internationale de la coexistence pacifique ?
La Journée internationale de la coexistence pacifique a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies par la résolution A/RES/79/269, adoptée le 4 mars 2025. Le projet de texte (A/79/L.53) a été présenté par le Royaume de Bahreïn, avec le soutien du King Hamad Global Centre for Peaceful Coexistence and Tolerance. Il a été introduit en séance par le ministre bahreïnien des Transports et des Télécommunications, Kamal Bin Ahmed Mohammed. Le vote a réuni 162 voix pour, 3 contre (Argentine, États-Unis, Israël) et 2 abstentions (Paraguay, Pérou).
Quelle est la différence entre la Journée de la coexistence pacifique et la Journée du vivre-ensemble en paix ?
La différence entre la Journée de la coexistence pacifique et la Journée du vivre-ensemble en paix tient à leur date, à leur origine et à leur accent thématique. La Journée internationale de la coexistence pacifique se tient le 28 janvier, découle de la résolution A/RES/79/269 adoptée en 2025 sur initiative du Bahreïn, et met l’accent sur la diversité religieuse et culturelle. La Journée internationale du vivre-ensemble en paix se tient le 16 mai, découle de la résolution A/RES/72/130 adoptée par consensus en décembre 2017 sur initiative de l’Algérie, et met l’accent sur l’acceptation des différences dans la vie quotidienne. Ce sont deux observances distinctes qui coexistent au calendrier onusien.
Pourquoi la Journée internationale de la coexistence pacifique est-elle célébrée le 28 janvier ?
La résolution qui proclame la Journée internationale de la coexistence pacifique le 28 janvier n’explicite pas les raisons du choix de cette date, ce qui est fréquent pour les observances proposées par un État membre. On sait par ailleurs que le 28 janvier est la date de naissance du roi Hamad ben Issa Al Khalifa, souverain de Bahreïn, l’État à l’origine de la résolution. Cette coïncidence est documentée, mais elle n’est pas présentée comme motif officiel dans les textes onusiens.
Comment célébrer la Journée internationale de la coexistence pacifique ?
Pour célébrer la Journée internationale de la coexistence pacifique, la résolution invite les États, les organisations internationales, la société civile et les médias à organiser des activités favorisant une culture de paix et d’inclusion. Concrètement, cela prend la forme de rencontres interconfessionnelles, de conférences sur le dialogue interculturel, d’ateliers scolaires sur les stéréotypes et la médiation, de portes ouvertes de lieux de culte, de repas partagés interculturels ou de projections-débats. À titre individuel, il est possible de s’informer sur des cultures différentes de la sienne, de refuser de relayer les contenus haineux et de relayer la campagne onusienne #NonÀLaHaine.
Que dit la résolution A/RES/79/269 sur la coexistence pacifique ?
La résolution A/RES/79/269 sur la coexistence pacifique proclame le 28 janvier Journée internationale et souligne le rôle des États membres et des parties prenantes dans la promotion de la tolérance, du respect de la diversité religieuse et culturelle et des droits humains. Elle invite l’ensemble des pays, des organisations internationales, de la société civile et des médias à marquer cette journée par des activités significatives favorisant une culture de paix, d’inclusion, de compréhension et de solidarité. Elle s’inscrit dans la continuité de la Charte des Nations Unies, de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Déclaration sur une culture de la paix de 1999.
Albert Einstein l’avait résumé d’une formule que les Nations Unies reprennent en tête de cette journée : la paix ne peut être maintenue par la force, elle ne peut être obtenue que par la compréhension. Le 28 janvier ne changera pas à lui seul la trajectoire d’un monde qui consacre chaque année près de 2 900 milliards de dollars à ses armées et compte 117,8 millions de personnes arrachées à leur foyer. Mais il rappelle une chose que les statistiques ne disent pas : la coexistence pacifique n’est jamais un héritage, toujours un choix renouvelé. Elle se joue dans une salle de classe, dans un conseil de quartier, dans une conversation en ligne où l’on décide de ne pas ajouter à la haine. Chacun de ces gestes est minuscule ; leur somme est ce qui tient une société debout.