Chaque 10 mars, la Journée internationale des femmes juges met en lumière celles qui rendent la justice, à tous les degrés de juridiction et dans tous les pays. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2021 à l’initiative du Qatar, cette journée officielle des Nations unies poursuit un objectif précis : promouvoir la participation pleine et égale des femmes à tous les niveaux du système judiciaire, saluer les progrès accomplis et rappeler les obstacles qui subsistent.

Le constat qui a motivé sa création est simple. Malgré l’engagement croissant des femmes dans la vie publique, elles restent nettement sous-représentées dans les postes de décision — et les fonctions judiciaires ne font pas exception, en particulier au sommet de la hiérarchie. Dans un pays comme la France, où les femmes représentent aujourd’hui près de trois magistrats sur quatre, la question s’est même déplacée : la féminisation du corps ne se traduit pas automatiquement par l’égalité d’accès aux plus hautes responsabilités.
Qu’est-ce qu’une femme juge ? Le vocabulaire de la magistrature
Le mot « juge » recouvre des réalités différentes selon les systèmes juridiques, ce qui explique la prudence du vocabulaire onusien.
Juge, magistrate, procureure : les distinctions françaises
En France, le terme générique est magistrat. Le corps judiciaire se divise en deux branches :
- La magistrature du siège : les juges à proprement parler, qui tranchent les litiges et prononcent les décisions. Ils sont inamovibles.
- La magistrature du parquet : les procureures et procureurs de la République, substituts et avocats généraux, qui exercent l’action publique et requièrent au nom de la société.
S’y ajoutent les juges administratifs (tribunaux administratifs, cours administratives d’appel, Conseil d’État), les juges financiers (Cour des comptes) et les juges non professionnels : conseillers prud’homaux, juges consulaires des tribunaux de commerce, assesseurs. Le nom de métier « magistrate » est aujourd’hui entré dans l’usage courant, ce qui était encore inconcevable il y a un siècle.
Une profession longtemps interdite aux femmes
Jusqu’au milieu du XXe siècle, l’accès à la magistrature était fermé aux femmes en France, alors même qu’elles pouvaient exercer la médecine depuis 1881 et plaider comme avocates depuis 1900. L’argument avancé relevait de la représentation sociale : la justice était perçue comme un domaine d’autorité et de pouvoir, associé à des valeurs dites masculines, contrairement au soin.
Origine de la Journée internationale des femmes juges
Une initiative née à Doha
Le point de départ se situe en 2020, lors de la deuxième réunion de haut niveau du Réseau mondial pour l’intégrité de la justice, un dispositif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), organisée à Doha. L’idée d’une journée internationale y est portée conjointement par l’Association internationale des femmes juges (AIFJ / IAWJ), alors présidée par la juge américaine Vanessa Ruiz, et par les autorités judiciaires qatariennes.
Le Réseau mondial pour l’intégrité de la justice avait déjà, par ses échanges entre pairs et son dialogue mondial, documenté l’importance d’une meilleure représentation des femmes dans les systèmes judiciaires. C’est cette dynamique, relayée par plusieurs États membres, qui a conduit à la création de la Journée.
La résolution 75/274 de l’Assemblée générale
L’État du Qatar rédige et porte le projet de résolution à New York, en réunissant un large soutien international. Le texte est adopté sans vote — c’est-à-dire par consensus — le 28 avril 2021, lors de la 62e séance plénière de la 75e session de l’Assemblée générale.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Référence de la résolution | A/RES/75/274 |
| Date d’adoption | 28 avril 2021 |
| Mode d’adoption | Sans vote (consensus), 62e séance plénière |
| État porteur | Qatar |
| Date proclamée | 10 mars, chaque année |
| Première édition | 10 mars 2022 |
La résolution salue expressément le travail du Réseau mondial pour l’intégrité de la justice de l’ONUDC visant à intégrer la question de la représentation des femmes dans les systèmes judiciaires. Elle invite l’ensemble des États membres, les entités du système des Nations unies, les organisations internationales et la société civile à célébrer la Journée par des activités de sensibilisation.
La toute première édition, le 10 mars 2022, a été marquée par l’ONUDC à Vienne et accompagnée du lancement de l’initiative « Women in Justice, Women for Justice ».
Les objectifs de la Journée internationale des femmes juges
- Promouvoir la participation égale : obtenir une présence des femmes à tous les niveaux du système judiciaire, et pas seulement dans les juridictions de première instance.
- Célébrer les avancées : rendre visibles les parcours de magistrates et les progrès réalisés depuis un demi-siècle.
- Sensibiliser aux obstacles : documenter le plafond de verre, les stéréotypes de genre et les freins structurels à la promotion.
- Encourager les stratégies nationales : inciter les États à concevoir et mettre en œuvre des plans concrets en faveur de l’accès des femmes aux postes de direction et d’encadrement judiciaires.
- Renforcer l’intégrité judiciaire : lier la diversité des juridictions à la lutte contre la corruption et la collusion.
Les femmes juges dans le monde : un état des lieux chiffré
Les Nations unies publient une répartition par région de la proportion de femmes parmi les juges. Les écarts sont considérables d’un continent à l’autre.
| Région | Part des femmes parmi les juges |
|---|---|
| Europe | 54 % |
| Amériques | 51 % |
| Océanie | 31 % |
| Afrique | 30 % |
| Asie | 29 % |
Ces moyennes régionales masquent toutefois un phénomène plus significatif que le volume global : le nombre de femmes occupant des postes d’encadrement ou de direction diminue fortement à mesure que l’on monte dans la hiérarchie judiciaire. La tendance est observée au niveau mondial, y compris dans les régions où la parité numérique semble atteinte.
Autrement dit, la parité de base et la parité de pouvoir sont deux réalités distinctes. Une juridiction peut compter une majorité de magistrates tout en étant dirigée très majoritairement par des hommes.
Pourquoi la Journée internationale des femmes juges est-elle importante ?
Une question de légitimité des tribunaux
La représentation des femmes dans le système judiciaire conditionne la capacité des tribunaux à représenter leurs citoyens, à répondre à leurs préoccupations et à rendre des jugements éclairés. Par leur seule présence, les femmes juges renforcent la légitimité des juridictions : elles envoient le signal que celles-ci sont ouvertes et accessibles à toutes les personnes qui cherchent à obtenir justice.
L’entrée des femmes dans des espaces dont elles avaient été historiquement exclues constitue une étape vers un système judiciaire perçu comme plus transparent, plus inclusif et plus représentatif de celles et ceux dont il affecte la vie.
Un levier contre la corruption
L’argument est central dans l’approche de l’ONUDC : les femmes exerçant des responsabilités contribuent à perturber les réseaux de collusion préexistants et, par ce biais, à réduire la corruption. La diversification des profils décisionnaires rend les arrangements informels plus difficiles à maintenir. C’est précisément parce que la Journée est née du Réseau mondial pour l’intégrité de la justice qu’elle articule égalité de genre et intégrité judiciaire.
Une réponse judiciaire centrée sur les victimes
Une plus forte représentation des femmes dans les forces de l’ordre et les institutions judiciaires a permis d’apporter une réponse plus efficace et davantage centrée sur les victimes en matière de criminalité — un enjeu déterminant pour les infractions sexuelles et les violences intrafamiliales, où la qualité de l’accueil conditionne le dépôt de plainte.
Un effet d’entraînement
La présence de magistrates constitue un modèle d’identification pour les générations suivantes. À l’inverse, l’absence de figures féminines aux postes de direction alimente l’autocensure : il est difficile de se projeter dans une fonction lorsque tous les titulaires antérieurs sont des hommes.
La France : de l’interdiction totale à 72 % de magistrates
La trajectoire française est l’une des plus spectaculaires au monde et mérite d’être détaillée à l’occasion de la Journée internationale des femmes juges.
La loi du 11 avril 1946
La loi du 11 avril 1946 ouvre officiellement la magistrature aux femmes. Elle est obtenue par la ténacité des intéressées, l’appui de quelques hommes et surtout le précédent des avocates, entrées au barreau dès 1900.
L’effet immédiat reste symbolique : en 1946, la France compte une seule femme magistrate. Elles sont 20 en 1953. Il faut attendre les années 1980 pour observer un effet de masse, rendu possible par deux réformes : la loi de 1958 instaurant un concours d’accès — donc davantage d’égalité formelle — et l’ouverture de l’École nationale de la magistrature (ENM) en 1972, véritable accélérateur.
Quatre-vingts ans de féminisation
| Année | Part des femmes dans la magistrature française |
|---|---|
| 1946 | 0 % (1 seule magistrate) |
| 1980 | 28 % |
| 2002 | 50 % (bascule vers la parité) |
| 2010 | 60 % |
| 2015 | 63 % |
| 2026 | 72 % |
Source : ministère de la Justice.
Tous grades et fonctions confondus, la part des femmes dans la magistrature française atteint donc aujourd’hui près de 72 %. Une inversion de tendance qui suscite des commentaires — alors que l’exclusivité masculine, plusieurs siècles durant, n’en suscitait aucun.
Les pionnières de la magistrature française
- Charlotte Béquignon-Lagarde : première femme magistrate, installée à la Cour de cassation en 1946.
- Suzanne Régnault-Gousset : première femme lauréate de l’examen d’entrée dans la magistrature, en 1946.
- Michèle Giannotti : première femme nommée présidente d’un tribunal, en 1970.
- Suzanne Challe : première femme nommée première présidente de cour d’appel, en 1978, à Nîmes.
- Nicole Pradain : première femme nommée procureure générale, en 1981, à la cour d’appel de Riom.
- Simone Rozès : première femme nommée première présidente de la Cour de cassation, en 1984.
- Noëlle Lenoir : première femme nommée membre du Conseil constitutionnel, en 1992.
- Nathalie Roret : première femme directrice de l’École nationale de la magistrature, nommée en 2020.
Le plafond de verre subsiste
Quatre-vingts ans après la loi du 11 avril 1946, les inégalités persistent dans l’accès aux plus hautes responsabilités : les femmes occupent 43 % des postes de chefs de juridiction. La proportion progresse, mais nettement moins vite que la féminisation du corps judiciaire lui-même — un écart de près de trente points avec la part des femmes parmi les magistrats.
Les causes identifiées par le ministère de la Justice sont convergentes : rareté des modèles d’identification aux postes de direction, persistance du schéma traditionnel plaçant la femme au centre de la vie familiale, et biais inconscients dans le recrutement et la promotion.
Les femmes dans les juridictions internationales
La Journée internationale des femmes juges concerne aussi les juridictions supranationales, longtemps exclusivement masculines.
Des « premières » tardives
| Juridiction | Première femme juge | Année |
|---|---|---|
| Cour européenne des droits de l’homme | Helga Pedersen (Danemark) | 1971 |
| Cour internationale de justice | Rosalyn Higgins (Royaume-Uni) | 1995 |
La Cour internationale de justice, principal organe judiciaire des Nations unies, créée en 1945, n’a donc compté aucune femme parmi ses juges pendant un demi-siècle. Rosalyn Higgins en est également devenue la première présidente en 2006. À la Cour européenne des droits de l’homme, il a fallu attendre 2022 pour qu’une femme, Síofra O’Leary, soit élue à la présidence de la Cour.
Le précédent du Statut de Rome
La Cour pénale internationale constitue une exception notable : son statut fondateur, le Statut de Rome adopté en 1998, impose aux États parties de tenir compte, dans la sélection des juges, de la nécessité d’assurer une représentation équitable des femmes et des hommes. C’est l’une des rares juridictions internationales dont le texte constitutif comporte une exigence explicite en la matière.
Le rôle de l’Association internationale des femmes juges
Créée en 1991 à la suite d’une rencontre organisée pour le dixième anniversaire de l’association américaine des femmes juges, l’AIFJ fédère aujourd’hui environ 6 500 magistrates dans plus de 100 pays. Elle intervient sur les violences fondées sur le genre, la traite des êtres humains, les mariages précoces et forcés, la corruption et les discriminations. C’est elle qui est à l’origine de la Journée internationale des femmes juges.
Les défis contemporains
Le plafond de verre judiciaire
C’est le défi le plus universel : la sous-représentation des femmes s’accentue à chaque échelon supérieur. La parité en première instance ne préjuge en rien de la composition des cours suprêmes ni des postes de chef de juridiction.
Les stéréotypes de genre
L’idée selon laquelle la fonction judiciaire reposerait sur des qualités « masculines » — l’autorité, la rationalité — reste diffuse. Elle conduit à orienter davantage les magistrates vers certains contentieux et à les juger implicitement moins légitimes pour occuper des fonctions d’autorité. Les écoles de formation, en France comme ailleurs, intègrent désormais des modules consacrés aux biais cognitifs et aux stéréotypes de genre.
Les femmes juges en danger
Dans plusieurs contextes, exercer la fonction de juge expose les femmes à des menaces directes. Le cas afghan en est l’illustration la plus dramatique : avant 2021, les femmes représentaient entre 8 % et 10 % de la magistrature afghane. Après le changement de régime, la plupart ont été démises de leurs fonctions et contraintes de se cacher ou de s’exiler. L’Association internationale des femmes juges a coordonné un effort international d’évacuation et de réinstallation, action pour laquelle elle a reçu le prix Bolch pour l’État de droit.
La conciliation des temps de vie
L’accès aux responsabilités suppose une mobilité géographique et une disponibilité qui pèsent différemment selon la répartition des charges familiales. C’est l’un des axes des politiques d’égalité professionnelle menées dans les ministères de la Justice, aux côtés de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Comment célébrer la Journée internationale des femmes juges
Événements institutionnels
- Conférences et webinaires internationaux organisés par l’ONUDC, le PNUD, ONU Femmes et l’Association internationale des femmes juges, souvent traduits en plusieurs langues.
- Événements en juridiction : tables rondes dans les cours et tribunaux, rencontres entre magistrates de différentes générations.
- Colloques universitaires dans les facultés de droit et les instituts d’études judiciaires.
Le calendrier n’est pas neutre : le 10 mars précède immédiatement les travaux de la Commission de la condition de la femme, principal forum annuel des Nations unies consacré à l’égalité de genre, ce qui donne à la Journée une caisse de résonance diplomatique.
Actions associatives et mentorat
- Programmes de mentorat et de coaching destinés aux jeunes magistrates, pour lever l’autocensure devant les postes à responsabilité.
- Ateliers de développement professionnel et réseaux d’entraide.
- Travaux de redécouverte historique : plusieurs magistrates ont exhumé les parcours de pionnières comme Charlotte Béquignon-Lagarde, longtemps absentes du récit institutionnel.
Sensibilisation en ligne
- Relais des campagnes des Nations unies sur les réseaux sociaux, notamment autour du mot-clé #WomenJudges et de l’acronyme anglais IDWJ (International Day of Women Judges).
- Portraits de magistrates publiés par les juridictions et les écoles de formation.
- Diffusion de données actualisées sur la représentation des femmes dans les systèmes judiciaires nationaux.
Et à titre individuel ?
- Découvrir le parcours d’une pionnière de la magistrature de votre pays.
- Assister à une audience publique : la justice est rendue publiquement, et l’accès aux salles est libre sauf huis clos.
- Faire connaître la profession auprès des lycéennes et étudiantes : le message porté par l’ENM est que ni le genre, ni l’origine, ni le parcours ne doivent brider les ambitions.
Questions fréquentes sur la Journée internationale des femmes juges
Quand a lieu la Journée internationale des femmes juges ?
La Journée internationale des femmes juges a lieu le 10 mars de chaque année. Cette date fixe a été proclamée par la résolution A/RES/75/274 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 28 avril 2021. La première édition a été célébrée le 10 mars 2022.
Qui a créé la Journée internationale des femmes juges ?
La Journée internationale des femmes juges a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies, sur une initiative portée par l’État du Qatar. Le projet est né en 2020 lors d’une réunion du Réseau mondial pour l’intégrité de la justice de l’ONUDC à Doha, à la demande conjointe de l’Association internationale des femmes juges et des autorités judiciaires qatariennes. La résolution a été adoptée sans vote le 28 avril 2021.
Quel est le pourcentage de femmes juges en France ?
Le pourcentage de femmes dans la magistrature française atteint près de 72 %, tous grades et fonctions confondus, selon le ministère de la Justice. La bascule vers la parité s’est produite en 2002. En revanche, les femmes n’occupent que 43 % des postes de chefs de juridiction, ce qui traduit la persistance d’un plafond de verre.
Qui a été la première femme magistrate en France ?
La première femme magistrate en France est Charlotte Béquignon-Lagarde, installée à la Cour de cassation en 1946, l’année même où la loi du 11 avril ouvre la magistrature aux femmes. La même année, Suzanne Régnault-Gousset devient la première lauréate de l’examen d’entrée dans la magistrature.
Pourquoi la Journée internationale des femmes juges a-t-elle été créée ?
La Journée internationale des femmes juges a été créée parce que les femmes demeurent nettement sous-représentées dans les postes de décision judiciaire, en particulier dans la haute magistrature. Elle vise à promouvoir leur participation pleine et égale à tous les niveaux du système judiciaire, à célébrer les progrès accomplis et à sensibiliser aux défis restants — la représentation des femmes conditionnant la légitimité, la transparence et l’intégrité des tribunaux.
Quelle est la différence entre une femme juge et une magistrate ?
Une magistrate est une professionnelle du corps judiciaire ; le terme englobe deux fonctions distinctes. La juge appartient à la magistrature du siège : elle tranche les litiges et rend les décisions. La procureure relève de la magistrature du parquet : elle exerce l’action publique et requiert au nom de la société. Toute juge est donc magistrate, mais toute magistrate n’est pas juge.
Une justice qui ressemble à celles qu’elle juge
Le 10 mars ne célèbre pas une manière féminine de juger : la robe portée à l’audience est unisexe, et magistrates et magistrats exercent les mêmes missions et les mêmes responsabilités. Ce que la Journée internationale des femmes juges met en cause, c’est l’idée qu’un tribunal puisse rendre une justice pleinement légitime tout en excluant durablement la moitié de la société des lieux où elle se décide.
Quatre-vingts ans après la loi qui ouvrit la magistrature française aux femmes, la France est passée d’une magistrate à près de trois sur quatre — sans avoir encore atteint l’égalité aux postes de direction. Ailleurs dans le monde, des femmes juges ont dû fuir leur pays pour avoir simplement exercé leur métier. C’est à elles toutes que le 10 mars est consacré.
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