Le 21 septembre, la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, souvent appelée Journée mondiale Alzheimer, rappelle que 57 millions de personnes vivent avec une démence dans le monde et que la maladie d’Alzheimer en est la cause la plus fréquente, à l’origine de 60 à 70 % des cas selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette journée a été lancée le 21 septembre 1994 à Édimbourg par Alzheimer’s Disease International (ADI), une fédération internationale d’associations fondée en 1984 et forte aujourd’hui de plus de 100 membres. C’est une initiative associative, coordonnée chaque année par ADI, et non une journée issue d’une résolution de l’ONU ou de l’UNESCO. Elle constitue le point culminant du Mois mondial Alzheimer, organisé chaque mois de septembre. Chaque édition met en avant un thème. En 2026, ADI place le diagnostic au centre de sa campagne : plus on sait tôt, plus on peut agir. Cet article fait le point sur la maladie, l’histoire de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, les chiffres à jour, les nouveaux traitements et les façons de se mobiliser. La Journée mondiale Alzheimer en bref
| Repère | Détail |
|---|---|
| Date | 21 septembre, chaque année |
| Création | 21 septembre 1994, Édimbourg (Écosse) |
| Organisateur | Alzheimer’s Disease International (ADI), fondée en 1984 |
| Statut | Journée de sensibilisation associative, sans résolution de l’ONU ni de l’UNESCO |
| Campagne associée | Mois mondial Alzheimer (septembre) |
| Thème 2026 | Le diagnostic précoce (« The Earlier You Know, The More You Can Do: A Dementia Diagnosis Matters ») |
| Chiffre clé mondial | 57 millions de personnes vivant avec une démence (OMS, 2021) |
| Chiffre clé France | 1,4 million de personnes avec Alzheimer ou une maladie apparentée (estimation 2025) |
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?
Chaque 21 septembre, la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer commence par une mise au point médicale : la maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative, c’est-à-dire une atteinte progressive du cerveau qui conduit à la disparition des neurones.
Elle se manifeste d’abord par des troubles de la mémoire, puis par des difficultés de langage, d’orientation et de raisonnement qui réduisent peu à peu l’autonomie. Deux types de lésions caractérisent le cerveau touché : les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire.
Elle n’est pas une conséquence normale du vieillissement, même si l’âge reste le premier facteur de risque.
Après un diagnostic posé à 65 ans ou plus, la survie moyenne est de 4 à 8 ans, mais certaines personnes vivent jusqu’à 20 ans avec la maladie (Alzheimer’s Association, États-Unis).
Alzheimer, démence, maladies apparentées : quelles différences ?
Le 21 septembre, associations et soignants rappellent que le mot « démence » désigne un syndrome et non une maladie unique, alors que la maladie d’Alzheimer en est la cause principale.
| Terme | Définition | Repère |
|---|---|---|
| Démence (trouble neurocognitif majeur) | Déclin des fonctions cognitives qui perturbe la vie quotidienne | 57 millions de personnes dans le monde (OMS, 2021) |
| Maladie d’Alzheimer | Maladie neurodégénérative, cause la plus fréquente de démence | 60 à 70 % des cas de démence |
| Démence vasculaire | Liée à des troubles de la circulation sanguine dans le cerveau, par exemple après un AVC | Autre forme citée par l’OMS |
| Démence à corps de Lewy | Dépôts anormaux de protéines à l’intérieur des neurones | Autre forme citée par l’OMS |
| Dégénérescences fronto-temporales | Groupe de maladies qui touchent notamment le lobe frontal du cerveau | Autre forme citée par l’OMS |
Les frontières entre ces formes ne sont pas toujours nettes et les formes mixtes sont fréquentes. Les maladies autrefois regroupées sous le terme de « maladies apparentées » à Alzheimer sont aujourd’hui plutôt désignées comme des maladies neurocognitives à part entière.
Les premiers signes à repérer
À l’approche du 21 septembre, les spécialistes rappellent les signes d’alerte qui doivent conduire à consulter :
- Oublis répétés d’événements récents : c’est le symptôme le plus fréquent au début de la maladie.
- Difficultés à accomplir des gestes familiers : ne plus savoir se servir de son téléphone ou préparer une recette connue est très évocateur, selon l’Inserm.
- Troubles du langage : les mots manquent, les phrases se raréfient.
- Désorientation : se perdre dans un lieu connu, perdre la notion du temps.
- Changements d’humeur et perte de motivation : apathie, repli, irritabilité.
Un signe isolé ne suffit pas à poser un diagnostic. En cas de doute persistant, la première étape est une consultation chez le médecin traitant, qui peut orienter vers une consultation mémoire.
Origine de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer
Le 21 septembre 1994, à Édimbourg, la première Journée mondiale Alzheimer ouvrait la conférence annuelle d’ADI, au moment où la fédération fêtait ses dix ans.
Création de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer
La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer est née à l’ouverture de la conférence annuelle d’Alzheimer’s Disease International, le 21 septembre 1994, pour célébrer le dixième anniversaire de la fédération. ADI avait été fondée en 1984 par des représentants d’associations des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Australie et du Canada, rejoints par des observateurs de Belgique, de France et d’Allemagne. Elle est en relations officielles avec l’OMS depuis 1992. La date correspond donc à celle de la conférence de 1994 et à l’anniversaire d’ADI. ADI ne rattache pas ce jour à un événement de la vie d’Alois Alzheimer. Pour laisser aux associations davantage de temps pour leurs campagnes, ADI a ensuite étendu l’action à tout le mois de septembre. Testé en 2010 dans 12 pays, le Mois mondial Alzheimer a pris une dimension mondiale en 2012 (certaines pages d’ADI datent son lancement de 2011). Le 21 septembre reste le temps fort du mois, souvent choisi par ADI pour publier son rapport mondial annuel.
Repères chronologiques de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer
Le 21 septembre s’inscrit dans une histoire de plus de quarante ans, de la naissance d’ADI à la prolongation du plan mondial de l’OMS sur la démence.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1984 | Fondation d’Alzheimer’s Disease International (ADI) |
| 1985 | Première conférence d’ADI, à Bruxelles |
| 1992 | ADI entre en relations officielles avec l’OMS |
| 1994 | Première Journée mondiale Alzheimer, à Édimbourg |
| 2010 | Campagne pilote d’un mois dans 12 pays |
| 2012 | Lancement du Mois mondial Alzheimer à l’échelle mondiale |
| 2017 | Adoption par 194 États du plan d’action mondial de l’OMS sur la démence (29 mai) |
| 2025 | Prolongation du plan mondial jusqu’en 2031 par l’Assemblée mondiale de la santé |
Objectifs principaux
La Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre poursuit cinq objectifs :
- Informer le grand public : faire connaître la maladie, ses signes et les ressources disponibles pour les familles.
- Lutter contre la stigmatisation : combattre les préjugés et les discriminations qui entourent encore la maladie.
- Peser sur les politiques publiques : pousser les gouvernements à adopter des plans nationaux et à financer le soin et la recherche.
- Soutenir les personnes concernées : donner de la visibilité aux personnes vivant avec la maladie et à leurs proches aidants.
- Encourager la recherche et le diagnostic précoce : accélérer les avancées sur la prévention, le repérage et les traitements.
Importance et impact de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer
Le 21 septembre donne chaque année un visage à des chiffres qui ne cessent de progresser, tant sur le plan de la santé publique que sur ceux de l’économie et de la vie des familles.
Un enjeu de santé publique mondial
Chaque 21 septembre, les chiffres de l’OMS rappellent l’ampleur de la démence, dont la maladie d’Alzheimer est la première cause.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Personnes vivant avec une démence dans le monde (2021) | 57 millions | OMS |
| Part vivant dans un pays à revenu faible ou intermédiaire | Plus de 60 % | OMS |
| Nouveaux cas chaque année | Près de 10 millions | OMS |
| Part de la maladie d’Alzheimer dans les démences | 60 à 70 % | OMS |
| Rang de la démence parmi les causes de décès dans le monde | 7e | OMS |
| Projection pour 2050 | 139 millions de personnes | ADI, d’après le rapport mondial de l’OMS de 2021 |
Un poids économique et familial considérable
Le 21 septembre met aussi en lumière le coût de la démence, supporté en grande partie par les familles. En 2019, la démence a coûté 1 300 milliards de dollars américains à l’économie mondiale, dont environ la moitié correspond aux soins dispensés par des proches, à raison de 5 heures de soins et de surveillance par jour en moyenne (OMS).
En France, la Fondation Médéric Alzheimer, d’après le rapport 2025 d’Alzheimer Europe, estime à 32 milliards d’euros par an le coût global de la prise en charge des démences, dont 5 milliards d’euros de coûts médicaux et paramédicaux et 14 milliards d’euros d’aide non rémunérée apportée par les proches.
Selon France Alzheimer, plus de 3,5 millions de personnes sont concernées dans le pays, malades et proches aidants confondus.
La prévention : 14 facteurs de risque modifiables
La Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre est aussi l’occasion de rappeler que la prévention est possible. La commission du Lancet sur la démence a estimé en 2024 qu’environ 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés si 14 facteurs de risque étaient éliminés. Cette estimation est théorique, mais elle indique où agir.
| Période de la vie | Facteurs de risque |
|---|---|
| Enfance et jeunesse | Faible niveau d’éducation |
| Âge adulte | Perte auditive, hypertension, diabète, obésité, excès d’alcool, tabagisme, dépression, sédentarité, traumatismes crâniens, cholestérol LDL élevé (nouveau en 2024, environ 7 % des cas) |
| Après 65 ans | Isolement social, pollution de l’air, perte de vision non traitée (nouveau en 2024, environ 2 % des cas) |
Parmi les mesures recommandées figurent l’accès de tous à une éducation de qualité, la limitation de l’exposition à la pollution de l’air, l’accès aux aides auditives et aux examens de la vue, le traitement de la dépression, de l’hypertension, du cholestérol, de l’obésité et du diabète, l’arrêt du tabac, la réduction de l’alcool et l’activité physique.
La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer à travers le monde
Le 21 septembre est célébré dans le monde entier par les associations membres d’ADI, mais chaque pays adapte la mobilisation à son contexte et à ses priorités.
Un Mois mondial Alzheimer coordonné par ADI
Autour du 21 septembre, ADI coordonne le Mois mondial Alzheimer en fournissant à ses membres des outils de campagne : cartes pour les réseaux sociaux, affiches, infographies, disponibles gratuitement en anglais, en français et en espagnol. En 2022, les associations ont organisé des marches pour la mémoire, des projections de films et des illuminations de bâtiments et de monuments dans de nombreux pays. Chaque année, ADI choisit un thème, dont voici les principaux (traductions libres) :
| Année | Thème de la campagne | Axe principal |
|---|---|---|
| 2018 | Toutes les 3 secondes (« Every 3 Seconds ») | Un nouveau cas de démence toutes les 3 secondes |
| 2019 et 2020 | Parlons de la démence (« Let’s Talk About Dementia ») | Le dialogue contre la stigmatisation |
| 2021 et 2022 | Connaître la démence, connaître Alzheimer (« Know Dementia, Know Alzheimer’s ») | Diagnostic à temps, signes d’alerte, soutien après le diagnostic |
| 2023 | Jamais trop tôt, jamais trop tard (#NeverTooEarly, #NeverTooLate) | Les facteurs de risque modifiables |
| 2024 | Il est temps d’agir sur la démence, sur Alzheimer (« Time to act on dementia, Time to act on Alzheimer’s ») | Attitudes et stigmatisation |
| 2025 | Posez vos questions sur la démence (#AskAboutDementia, #AskAboutAlzheimers) | Normaliser les questions et l’information |
| 2026 | Plus tôt on sait, plus on peut agir : un diagnostic de démence est important (« The Earlier You Know, The More You Can Do: A Dementia Diagnosis Matters ») | Le diagnostic précoce |
Le thème 2026 vise à réduire la méconnaissance, la stigmatisation et la discrimination qui retardent encore le diagnostic. Le 21 septembre 2026 tombe un lundi.
En France : chiffres, acteurs et éditions
En France, la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer du 21 septembre s’appuie sur un réseau d’associations et de fondations. Les chiffres circulant sur la maladie varient toutefois d’une source à l’autre, ce qui rend utile un tableau de repères. Combien de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer en France ?
| Donnée | Chiffre | Précision |
|---|---|---|
| Personnes avec Alzheimer ou une maladie apparentée (2025) | 1,4 million | Estimation de France Alzheimer, fondée sur les travaux d’Alzheimer Europe |
| Ancien chiffre très repris | 1,2 million | Jugé sous-estimé par France Alzheimer en 2025 |
| Nouveaux cas diagnostiqués chaque année | Environ 225 000 | Estimation reprise par l’Inserm et les fondations |
| Projection pour 2050 | Environ 2,2 millions | 3,31 % de la population, contre 1,83 % en 2018 |
| Maladies neurodégénératives au sens large | Plus de 1,6 million | Comprend aussi Parkinson et la sclérose en plaques, à ne pas confondre avec Alzheimer |
France Alzheimer regrette l’absence de données épidémiologiques consolidées produites par les agences nationales et demande la mise en place d’une véritable surveillance. Les principaux acteurs en France
| Organisation | Rôle |
|---|---|
| France Alzheimer et maladies apparentées | Union nationale d’associations de familles, reconnue d’utilité publique. Cafés-mémoire, formation des aidants, soutien à la recherche depuis 1987. Service d’appel gratuit : 01 42 97 52 41 |
| Fondation Vaincre Alzheimer | Fondation reconnue d’utilité publique, créée en 2005. Finance la recherche, forme les professionnels de santé et informe le public |
| Fondation Alzheimer | Campagnes de sensibilisation et soutien à la recherche française |
| Fondation Médéric Alzheimer | Publie des chiffres clés sur la maladie, ses coûts et son évolution |
Quelques éditions récentes en France
| Année | Mobilisation |
|---|---|
| 2021 | Solidarité et lien entre les générations, avec des rassemblements autour d’un arbre dans 127 collectivités |
| 2022 | Thème de la danse : bals, villages d’information, conférences, concerts et expositions |
| 2023 | Bienfaits de l’activité physique adaptée pour les personnes malades et leurs aidants |
| 2024 | Activité physique adaptée dans le prolongement des Jeux olympiques et paralympiques, avec la deuxième édition de la course solidaire Memorun au bois de Vincennes, à Paris |
| 2026 | La Fondation Vaincre Alzheimer met en avant les autres maladies neurocognitives, souvent confondues avec Alzheimer |
Défis et enjeux contemporains de la lutte contre Alzheimer
Le 21 septembre, la Journée mondiale Alzheimer rappelle aussi que la maladie reste incurable et que trois défis majeurs se dressent : le diagnostic, les traitements et l’action publique.
Un diagnostic encore trop tardif, voire absent
La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer du 21 septembre met en avant un constat : la maladie est largement sous-diagnostiquée. Selon ADI, dans des données citées par la Fondation Médéric Alzheimer, 75 % des cas de démence dans le monde ne sont potentiellement pas diagnostiqués, soit environ 41 millions de personnes. En France, l’étude PAQUID, citée par la Fondation Vaincre Alzheimer, indique qu’une démence sur deux seulement est diagnostiquée, et qu’aux stades légers un cas sur trois seulement est connu de la personne ou de son médecin. Les outils biologiques évoluent :
| Examen | Principe | Limites |
|---|---|---|
| Ponction lombaire | Dosage de biomarqueurs dans le liquide céphalorachidien | Perçue comme invasive, parfois refusée |
| TEP amyloïde | Imagerie des plaques amyloïdes, en seconde intention | Coûteuse, accessible dans certains centres seulement |
| Prise de sang p-tau217 | Dosage sanguin d’une protéine tau phosphorylée | Prescrite par un spécialiste, ce n’est pas un test de dépistage |
L’agence américaine FDA a validé en mai 2025 un premier test sanguin fondé sur la p-tau217. En France, ce dosage est désormais proposé par certains laboratoires et centres mémoire, avec plus de 90 % de sensibilité et de spécificité selon l’équipe du CHU de Montpellier, mais il est réservé aux personnes qui présentent déjà des troubles cognitifs.
Des traitements qui ralentissent sans guérir
Le 21 septembre 2026, la France n’a toujours pas accès aux nouvelles immunothérapies anti-amyloïdes, alors qu’elles sont autorisées en Europe. Le lécanémab (Leqembi) et le donanémab (Kisunla) sont destinés aux personnes à un stade débutant de la maladie, avec une pathologie amyloïde confirmée, non porteuses ou porteuses d’une seule copie du gène ApoE ε4. Ils ralentissent le déclin cognitif, sans l’arrêter, de l’ordre de 22 à 30 % sur 18 mois selon les organisations (la Fondation Vaincre Alzheimer cite 22 %, France Alzheimer environ 30 %). Ils peuvent provoquer des œdèmes ou des hémorragies cérébrales (anomalies dites ARIA).
| Traitement | Autorisation européenne | Situation en France |
|---|---|---|
| Leqembi (lécanémab) | Commission européenne, 15 avril 2025 | Accès précoce refusé par la HAS, puis avis défavorable au remboursement en 2025 |
| Kisunla (donanémab) | Commission européenne, 25 septembre 2025 | Accès précoce refusé en mars 2026, avis défavorable de la Commission de la transparence le 26 mai 2026 |
L’Allemagne et l’Autriche ont été les premiers pays de l’Union européenne à commercialiser le Leqembi, à la fin de l’été 2025. La France, elle, ne rembourse plus depuis 2018 les traitements symptomatiques (donépézil, galantamine, rivastigmine), qui restent pourtant prescrits.
Des politiques publiques encore insuffisantes
Chaque 21 septembre, associations et chercheurs demandent que la maladie soit traitée comme une priorité de santé publique. En 2017, les 194 États membres de l’OMS ont adopté un plan d’action mondial sur la démence, avec l’objectif que 146 pays (75 %) disposent d’un plan national en 2025. Huit ans plus tard, seuls 45 plans nationaux existaient, selon ADI. L’Assemblée mondiale de la santé a donc prolongé ce plan jusqu’en 2031 en mai 2025. En France, le gouvernement a lancé le 4 septembre 2025 la Stratégie nationale maladies neurodégénératives 2025-2030, structurée en 6 axes et 37 mesures. France Alzheimer a publié le 3 septembre 2026 une prise de position pour alerter sur le risque d’une politique publique sans moyens suffisants.
Participer à la Journée mondiale Alzheimer : événements et initiatives
Le 21 septembre, chacun peut se mobiliser, à son échelle, aux côtés des associations qui organisent des événements partout en France et dans le monde.
Événements officiels et institutionnels
À l’occasion du 21 septembre, ADI pilote la campagne mondiale et publie régulièrement son rapport annuel sur la démence à cette date. Les associations nationales, comme France Alzheimer, organisent conférences, villages d’information et rencontres avec les chercheurs, souvent en lien avec les collectivités locales.
Activités communautaires
Autour du 21 septembre, les initiatives locales sont très variées :
- Cafés-mémoire : des rencontres conviviales pour les personnes malades et leurs proches.
- Marches et courses solidaires : par exemple Memorun, à Paris, dont les frais d’inscription sont reversés à France Alzheimer.
- Bals, concerts et expositions : des moments de partage intergénérationnels.
- Illuminations et rassemblements : monuments éclairés et actions collectives dans les villes engagées.
Actions numériques et campagnes de sensibilisation
La Journée mondiale Alzheimer se vit aussi en ligne. ADI met à disposition gratuitement cartes, affiches et infographies pour la campagne du mois de septembre, en français notamment. Les hashtags de campagne changent chaque année : #AskAboutDementia et #AskAboutAlzheimers en 2025, #NeverTooEarly et #NeverTooLate en 2023.
Comment agir concrètement le 21 septembre
Le 21 septembre est un bon moment pour passer à l’action :
- S’informer sur les signes d’alerte et sur les ressources locales.
- Consulter son médecin en cas de troubles persistants de la mémoire chez soi ou chez un proche.
- Soutenir un proche aidant : proposer un temps de répit, un service, une écoute.
- Faire un don ou devenir bénévole auprès d’une association ou d’une fondation engagée dans la recherche ou l’accompagnement.
- Adopter les gestes de prévention : activité physique, lien social, contrôle de la tension, de la vue et de l’audition.
- Appeler France Alzheimer au 01 42 97 52 41 (service d’appel gratuit) pour être orienté vers une association locale.
Alois Alzheimer, aidantes et curiosités autour du 21 septembre
Le 21 septembre est aussi l’occasion de revenir sur l’histoire de la maladie, sur celles qui l’affrontent au quotidien et sur quelques faits marquants.
Alois Alzheimer et Auguste D. : l’origine du nom
La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer rend indirectement hommage au psychiatre allemand Alois Alzheimer, né en 1864 en Bavière. Le 25 novembre 1901, une patiente de 51 ans, Auguste Deter, est admise à l’asile de Francfort-sur-le-Main, où il l’examine. Elle est décédée en avril 1906. Alois Alzheimer étudie alors son cerveau et observe les plaques et les lésions neurofibrillaires qui caractérisent la maladie. Le 3 novembre 1906, il présente le cas à Tübingen lors de la 37e conférence des psychiatres allemands du Sud-Ouest. L’accueil est resté discret. C’est son mentor Emil Kraepelin qui donne le nom de « maladie d’Alzheimer » à cette affection dans son traité de psychiatrie de 1910. Alois Alzheimer est mort en 1915, à 51 ans, peu après avoir obtenu la chaire de psychiatrie de Breslau.
Les femmes, premières touchées et premières aidantes
Le 21 septembre rappelle aussi une inégalité : selon l’OMS, les femmes sont touchées de manière disproportionnée par la démence, avec davantage d’années de vie en bonne santé perdues et une mortalité plus élevée, et elles assurent 70 % des heures de soins apportés aux personnes qui en sont atteintes. La Fondation Médéric Alzheimer indique qu’elles représentaient environ 65 % des décès par démence dans le monde en 2019.
Le saviez-vous ?
- Une première depuis 2002 : l’autorisation européenne du Leqembi, le 15 avril 2025, est la première pour un médicament spécifiquement dirigé contre la maladie d’Alzheimer depuis le 15 mai 2002, selon France Alzheimer.
- Un appel du pape François : lors de la Journée mondiale Alzheimer 2016, il a lancé un appel place Saint-Pierre pour ne pas oublier les personnes vivant avec une démence et leurs familles.
- Des archives retrouvées : le dossier clinique d’Auguste D. et quatre photographies ont été retrouvés en 1995, et les lames histologiques de son cerveau en 1997, dans les sous-sols de l’Institut de neuropathologie de Munich.
- Une date partagée : le 21 septembre est aussi la Journée internationale de la paix de l’ONU, fixée à cette date par la résolution 55/282 de l’Assemblée générale en 2001.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale Alzheimer
Pourquoi la Journée mondiale Alzheimer a-t-elle lieu le 21 septembre ?
La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer a lieu le 21 septembre parce que c’est le jour où Alzheimer’s Disease International (ADI) l’a lancée en 1994, à l’ouverture de sa conférence annuelle à Édimbourg, pour fêter les dix ans de la fédération. La date n’est pas rattachée à un événement de la vie d’Alois Alzheimer.
Quel est le thème de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer 2026 ?
Le thème de la Journée mondiale Alzheimer 2026, défini par ADI pour tout le Mois mondial Alzheimer, est « The Earlier You Know, The More You Can Do: A Dementia Diagnosis Matters », soit en français « Plus tôt on sait, plus on peut agir : un diagnostic de démence est important ». La campagne se concentre sur le diagnostic précoce et sur la lutte contre la stigmatisation. En 2026, le 21 septembre tombe un lundi.
Combien de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer en France ?
En France, environ 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée selon l’estimation 2025 de France Alzheimer, fondée sur les travaux d’Alzheimer Europe. Environ 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et le nombre de personnes concernées pourrait atteindre 2,2 millions en 2050. Ces chiffres sont des estimations, faute de surveillance épidémiologique nationale consolidée.
Quelle est la différence entre la maladie d’Alzheimer et la démence ?
La différence entre la maladie d’Alzheimer et la démence tient à leur nature : la démence est un syndrome, un déclin cognitif qui perturbe la vie quotidienne, tandis que la maladie d’Alzheimer est l’une de ses causes, la plus fréquente, avec 60 à 70 % des cas selon l’OMS. Les autres causes sont notamment les démences vasculaires, à corps de Lewy et fronto-temporales.
Quels sont les premiers signes de la maladie d’Alzheimer ?
Les premiers signes de la maladie d’Alzheimer sont le plus souvent des oublis d’événements récents, puis des difficultés à accomplir des gestes familiers comme utiliser son téléphone ou préparer une recette connue, des troubles du langage, une désorientation et des changements d’humeur. Un signe isolé ne suffit pas : en cas de doute persistant, il faut consulter son médecin traitant.
Peut-on guérir de la maladie d’Alzheimer ?
On ne peut pas guérir de la maladie d’Alzheimer aujourd’hui. Deux anticorps anti-amyloïdes, le lécanémab (Leqembi) et le donanémab (Kisunla), autorisés en Europe en 2025, ralentissent le déclin cognitif à un stade débutant sans l’arrêter. En France, la Haute Autorité de santé a rendu des avis défavorables à leur remboursement : à la date de rédaction de cet article, ils ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie.
Le 21 septembre, en parler pour agir plus tôt
Le 21 septembre, la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer nous rappelle que derrière 57 millions de personnes vivant avec une démence, il y a autant de familles, de proches aidants et de soignants mobilisés au quotidien. Elle rappelle aussi que l’on peut agir : reconnaître les signes, consulter sans attendre, réduire les facteurs de risque, soutenir les associations et les chercheurs, et faire évoluer le regard porté sur la maladie. Cette année, le message d’ADI est simple : plus on sait tôt, plus on peut agir. Que vous soyez concerné de près ou de loin, le 21 septembre est un bon moment pour en parler autour de vous, et pour transformer ce rendez-vous annuel en engagements durables.
