Saint Vincent de Paul : fête du 27 septembre, histoire, charité et œuvres fondées

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Saint Vincent de Paul offrant du pain, dans une scène évocatrice de son œuvre de charité

Saint Vincent de Paul se fête le 27 septembre. Plusieurs œuvres portent son héritage, mais il n’a pas fondé personnellement toutes les institutions qui utilisent son nom.

Quel saint Vincent fête-t-on le 27 septembre ?

Il s’agit de Vincent de Paul, le prêtre français du XVIIe siècle, et non du diacre martyr Vincent de Saragosse ou du prédicateur Vincent Ferrier.

La date du 27 septembre correspond à sa mort à Paris en 1660. Les calendriers anciens peuvent encore mentionner pour lui le 19 juillet, date de sa fête avant la réforme du calendrier romain.

Le prénom Vincent possède donc plusieurs saints de référence. L’expression Vincent de Paul permet d’identifier celui que notre calendrier honore à la fin de septembre.

Pour replacer cette fête parmi les événements et les autres célébrations du jour, consultez l’éphéméride du 27 septembre et le calendrier des fêtes et des prénoms.

Où saint Vincent de Paul est-il né et comment devient-il prêtre ?

Les Filles de la Charité situent sa naissance le 24 avril 1581 à Pouy, près de Dax, dans les Landes. Sa famille appartient au monde paysan.

Il étudie et reçoit l’ordination sacerdotale en 1600 à Château-l’Évêque, en Dordogne. Il est alors encore très jeune.

Les Filles de la Charité de la province Belgique-France-Suisse rappellent qu’il cherche d’abord une situation capable de le mettre, avec sa famille, à l’abri du besoin. La vocation au service des pauvres se précise progressivement.

Cette évolution donne de l’épaisseur à son parcours : Monsieur Vincent ne commence pas sa vie avec toutes ses institutions déjà conçues. Ses responsabilités, ses rencontres et l’expérience des détresses lui font découvrir une direction.

Que faut-il penser du récit de captivité de saint Vincent de Paul ?

Une lettre de 1607 raconte une capture par des corsaires, une vente comme esclave à Tunis et un retour en France après une évasion. Cet épisode a longtemps occupé une grande place dans les biographies populaires.

Les archives et collections spéciales de l’université DePaul présentent les difficultés de ce récit et les doutes de nombreux historiens vincentiens. L’existence de la lettre ne résout pas toutes les questions sur les événements racontés.

Le biographe Bernard Pujo défend au contraire la vraisemblance d’une captivité tout en reconnaissant les zones d’ombre. Il existe donc un débat historique, qu’une biographie sérieuse doit rendre visible.

La captivité ne peut pas être racontée dans tous ses détails comme un épisode unanimement établi. Le service des galériens, mieux documenté, doit être étudié pour lui-même.

Pourquoi 1617 est-elle une année décisive pour saint Vincent de Paul ?

Après une responsabilité paroissiale à Clichy et un service auprès de la famille de Gondi, Vincent rencontre en Picardie un paysan mourant qui désire se confesser.

L’université DePaul rappelle le sermon prononcé le 25 janvier 1617 à Folleville. La réponse des habitants fait apparaître les besoins spirituels de populations rurales parfois mal accompagnées.

Plus tard dans la même année, à Châtillon-les-Dombes, aujourd’hui Châtillon-sur-Chalaronne, il est confronté à une famille où les malades n’ont personne pour les assister.

Ces deux événements sont devenus des repères de la mémoire vincentienne : annoncer l’Évangile et répondre à la détresse matérielle se rejoignent dans une même vocation.

Quelle anecdote montre le sens pratique de saint Vincent de Paul ?

Le diocèse de Paris raconte l’élan provoqué par son appel pour une famille démunie de Châtillon : de nombreuses femmes se mobilisent immédiatement.

Vincent comprend qu’une accumulation de secours le même jour ne garantit pas une assistance durable. La générosité doit s’organiser pour que les personnes malades soient aidées dans la durée.

La confrérie de la Charité prend forme en 1617. Les archives de la Congrégation de la Mission signalent notamment des copies du règlement de Châtillon daté du 8 décembre.

Cette histoire explique une caractéristique de son action : transformer une émotion collective en engagement régulier, avec des responsabilités et une attention aux besoins réels.

Quelles institutions saint Vincent de Paul a-t-il fondées ?

La Congrégation de la Mission est fondée à Paris en 1625. Le référentiel de l’Institut de recherche et d’histoire des textes la répertorie aussi sous les noms de Lazaristes ou de prêtres de la Mission.

Elle associe l’évangélisation, en particulier dans les campagnes, à la formation du clergé. Le nom de Lazaristes est lié à l’installation au prieuré Saint-Lazare.

En 1633, Vincent fonde avec Louise de Marillac la Compagnie des Filles de la Charité. Son identité ne se confond pas avec celle de la congrégation masculine.

Les confréries de la Charité, la Mission et les Filles de la Charité forment ainsi des réponses différentes à des besoins complémentaires. Leur histoire n’est pas celle d’une seule association créée en une fois.

Quel rôle Louise de Marillac joue-t-elle auprès de saint Vincent de Paul ?

Louise est une cofondatrice, pas une simple présence secondaire dans le récit. L’organisation des services et la formation des sœurs appartiennent au développement commun de l’œuvre.

Les Filles de la Charité insistent sur l’attention portée à la personne dans ses besoins matériels et spirituels. Le soin à domicile et la proximité avec les plus pauvres donnent à leur engagement une forme concrète.

Les femmes laïques des premières confréries participent elles aussi à cette histoire. L’action de Vincent repose sur des réseaux de soutien et sur la responsabilité prise par d’autres.

Cette dimension collective aide à comprendre l’ampleur de l’héritage vincentien : une intuition se transmet parce que des personnes la mettent en œuvre et l’adaptent.

Comment saint Vincent de Paul agit-il face aux détresses de son temps ?

La chronologie des Filles de la Charité rappelle ses responsabilités auprès des galères à partir de 1619 et le développement de l’aide aux enfants trouvés en 1638.

Elle mentionne aussi les secours en Lorraine ravagée par la guerre et les collectes destinées ensuite à la Picardie, à la Champagne et à l’Île-de-France.

Le Dicastère des causes des saints souligne parallèlement son engagement pour la formation des prêtres et les rencontres connues comme les conférences du mardi.

L’œuvre relève donc à la fois de l’assistance, de l’éducation religieuse, de l’organisation et de la réforme pastorale. La limiter à l’image d’un homme portant un enfant laisserait de côté une grande partie de son activité.

Pourquoi saint Vincent de Paul est-il patron des œuvres de charité ?

Béatifié en 1729, il est canonisé par Clément XII en 1737. Ces étapes sont postérieures à sa mort et reconnaissent dans l’Église catholique la sainteté de sa vie.

La Congrégation de la Mission rappelle que Léon XIII le proclame patron des associations de charité du monde catholique le 12 mai 1885. Cette date est également indiquée dans les constitutions des Filles de la Charité.

Il s’agit d’un patronage ecclésial documenté, lié à son exemple et au rayonnement de ses institutions. Le présenter comme patron de toutes les associations contemporaines, quelles que soient leur nature et leur histoire, irait au-delà de la formulation citée.

Son titre d’apôtre de la charité résume la manière dont sa mémoire associe foi et service des personnes pauvres.

Son engagement auprès des personnes démunies offre un prolongement vers la Journée internationale de la charité et les pratiques actuelles de solidarité.

Vincent de Paul : trois institutions, plusieurs générations

Trois repères de fondation
Repère Comment le comprendre
1625 : la Congrégation de la Mission Une institution liée à l’activité de Monsieur Vincent.
1633 : les Filles de la Charité Une fondation menée avec Louise de Marillac, dont le rôle doit être nommé.
1833 : la Société de Saint-Vincent-de-Paul Une initiative bien postérieure, associée à Frédéric Ozanam et ses compagnons.
Porter le nom de Vincent signifie-t-il qu’une œuvre existait déjà de son vivant ?

Non. Un patronage ou une inspiration peut être choisi après la mort du saint. Il faut vérifier la fondation et ses acteurs avant de lui attribuer une institution du XIXe siècle.

Pour approfondir : Société de Saint-Vincent-de-Paul : histoire de la fondation.

Comment reconnaître saint Vincent de Paul dans l’art ?

Le prêtre est souvent représenté en vêtement noir, avec un livre, un enfant ou des personnes secourues. L’iconographie privilégie le service et la proximité plutôt qu’un signe de pouvoir.

Une notice du ministère de la Culture décrit à Saint-Étienne-du-Mont, à Paris, un portrait où il tient une barrette et un livre. Elle le rapproche du modèle de Simon François.

Cette même notice avertit que l’inscription attribuant la peinture à Bourdon en 1649 se trouve sur une partie ajoutée et n’est pas authentique. L’attribution ancienne ne doit donc pas être répétée sans réserve.

Le détail est révélateur : même pour un saint de l’époque moderne, une image accompagnée d’un nom et d’une date demande une lecture critique.

Saint Vincent de Paul : Portrait de Vincent de Paul en soutane noire, le visage tourné vers le spectateur.
Portrait de Vincent de Paul en soutane noire, le visage tourné vers le spectateur. Auteur/crédit : Simon François de Tours (1606-1671). Date indiquée par la source : 17 th century. Wikimedia Commons, Public domain. Notice du fichier et crédits — Public domain.

Où découvrir les lieux liés à saint Vincent de Paul ?

À Paris, la chapelle des Lazaristes, au 95 rue de Sèvres, conserve ses reliques dans une châsse placée au-dessus du maître-autel.

La Commission diocésaine d’art sacré rappelle que la chapelle a été construite sous la Restauration pour les accueillir, avec un transfert en 1830. Ce n’est donc pas l’édifice dans lequel Vincent a vécu au XVIIe siècle.

Vitraux et décors y retracent sa vie et la mémoire de la congrégation. L’emblème d’un cœur enflammé habité par le Christ en croix exprime le lien entre charité et foi.

Folleville et Châtillon-sur-Chalaronne offrent d’autres étapes de découverte, centrées sur les événements de 1617 plutôt que sur sa sépulture.

Le documentaire de Manuel de Teffé suit l’héritage de Vincent à la Maison mère de la Congrégation de la Mission. Tourné rue de Sèvres, il relie l’histoire du fondateur à la vocation actuelle de sa communauté. Au Cœur de Paris, Congrégation de la Mission, présenté par Famvin (2026).

Comment Monsieur Vincent a-t-il marqué la culture populaire ?

Le film Monsieur Vincent, réalisé par Maurice Cloche en 1947 avec Pierre Fresnay, a donné une image particulièrement connue du saint. La Bibliothèque nationale de France conserve notamment une affiche d’Henri Faivre publiée cette année-là.

Cette œuvre appartient à l’histoire du cinéma et de la représentation de la charité. Ses dialogues et ses scènes ne peuvent pas être utilisés comme des paroles attestées de Vincent.

Pour retrouver sa pensée, les lettres, conférences et règlements constituent des sources plus directes. Leur transmission explique aussi pourquoi une citation célèbre doit être rapportée à un texte identifiable avant d’être attribuée au saint.

Questions fréquentes sur saint Vincent de Paul

Quand fête-t-on Vincent de Paul ? Le 27 septembre, date de sa mort en 1660.

Qui a fondé les Filles de la Charité ? Vincent de Paul et Louise de Marillac en 1633.

Pourquoi l’appelle-t-on Monsieur Vincent ? C’est une appellation familière attachée à sa mémoire et largement diffusée.

Quel est son patronage ? Léon XIII l’a proclamé patron des associations de charité du monde catholique en 1885.

A-t-il fondé la Société de Saint-Vincent-de-Paul ? Non : elle a été créée en 1833 autour d’Ozanam et de ses compagnons, sous son patronage.

Sources et méthode de cette fiche

La comparaison distingue fondateur, cofondatrice et inspiration posthume, sans réduire les secours à l’action d’un seul homme.

Repères documentaires réorganisés le .

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.