Chaque 10 février, la Journée internationale du léopard d’Arabie attire l’attention du monde sur l’un des grands félins les plus rares de la planète. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution A/RES/77/295, adoptée sans vote le 12 juin 2023, cette journée est consacrée à une sous-espèce dont il ne subsiste qu’une centaine d’individus à l’état sauvage, cantonnés à quelques massifs isolés du sud de la péninsule Arabique. Derrière ce félin discret se joue le sort de tout un écosystème désertique et montagnard, et d’un patrimoine culturel vieux de plusieurs milliers d’années.

| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 10 février (date fixe) |
| Nom officiel | Journée internationale du léopard d’Arabie |
| Espèce concernée | Panthera pardus nimr |
| Résolution fondatrice | A/RES/77/295, adoptée le 12 juin 2023 (78ᵉ séance plénière), sans vote |
| Organisme | Assemblée générale des Nations unies |
| Première célébration onusienne | 2024, au Siège de l’ONU à New York |
| Antécédent national | Journée du léopard d’Arabie instaurée par l’Arabie saoudite en 2022 |
| Statut UICN de l’espèce | En danger critique d’extinction (CR) |
| Population sauvage estimée | 100 à 120 individus, dont 70 à 84 matures |
C’est quoi le léopard d’Arabie ?
Le léopard d’Arabie (Panthera pardus nimr) est l’une des neuf sous-espèces de léopard reconnues par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). C’est la plus petite d’entre elles, et l’une des plus menacées : elle partage avec le léopard de Java le triste privilège d’être la sous-espèce la plus proche de l’extinction.
Adapté aux milieux arides, il fréquente les hautes montagnes et les wadis profonds, ces vallées encaissées où subsistent de l’eau douce permanente, des abris rocheux et des proies. Son pelage, plus pâle que celui des léopards africains, va du jaune sable au fauve doré, marqué de rosettes petites et resserrées — une livrée qui le rend quasi invisible sur les pierriers ocre du Dhofar ou du Hedjaz.
Fiche d’identité du léopard d’Arabie
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Panthera pardus nimr (Hemprich & Ehrenberg, 1830) |
| Famille | Félidés |
| Poids du mâle | 24 à 34 kg |
| Poids de la femelle | 18 à 23,5 kg |
| Longueur totale, mâle | 1,80 à 2 m (queue comprise) |
| Longueur totale, femelle | 1,60 à 1,90 m |
| Habitat | Montagnes arides, wadis, escarpements rocheux |
| Proies principales | Bouquetin de Nubie, gazelle d’Arabie, damans, lièvres, oiseaux |
| Portée | 2 à 4 petits, après environ trois mois de gestation |
| Aire actuelle | Environ 2 % de l’aire de répartition historique |
Le mot arabe nimr, qui désigne le léopard, a laissé sa trace dans la toponymie de toute la péninsule : des dizaines de wadis, de montagnes et de villages portent encore un nom formé sur cette racine, témoignage d’une présence autrefois banale. Les pétroglyphes néolithiques de Choumaïsi, dans la région de Haïl, et ceux d’AlUla représentent des léopards à l’affût aux côtés de lions et de guépards, deux espèces aujourd’hui totalement disparues d’Arabie. Le léopard est donc le dernier grand prédateur survivant de ce bestiaire.
Origine et histoire de la Journée internationale du léopard d’Arabie
La création de la journée
L’histoire de cette journée commence à l’échelle nationale. En 2022, l’Arabie saoudite instaure une Journée du léopard d’Arabie fixée au 10 février, portée par la Commission royale pour AlUla (RCU). La première édition, le 10 février 2022, se traduit par une campagne d’illuminations : l’image du félin est projetée sur la King’s Road Tower à Djeddah, sur le Burj Khalifa à Dubaï et sur l’Elephant Rock d’AlUla.
L’initiative est ensuite portée devant les Nations unies. Le 12 juin 2023, lors de la 78ᵉ séance plénière de sa 77ᵉ session, l’Assemblée générale adopte sans vote la résolution A/RES/77/295, qui proclame le 10 février Journée internationale du léopard d’Arabie. Le texte reconnaît l’importance vitale de l’espèce pour l’écosystème arabique et salue les initiatives régionales de coopération transfrontalière, en citant notamment le partenariat entre Panthera et l’Arabie saoudite, mais aussi d’autres mécanismes consacrés aux grands félins : programme mondial pour la panthère des neiges, déclaration de Bichkek de 2017, International Big Cat Alliance, feuille de route Jaguar 2030. La journée s’inscrit ainsi dans un ensemble plus large de dispositifs de protection des grands prédateurs.
La première célébration onusienne a lieu en 2024 au Siège de l’ONU à New York.
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 1976 | Oman interdit la chasse et la capture du léopard par décision ministérielle |
| 1985 | Premiers léopards d’Arabie capturés au Jabal Samhan pour l’élevage conservatoire |
| 1996 | Classement en « en danger critique d’extinction » sur la Liste rouge de l’UICN |
| 1997 | Création de la réserve naturelle du Jabal Samhan et de l’Arabian Leopard Program à Oman |
| 1999 | Le studbook régional est coordonné depuis le centre de Charjah (Émirats arabes unis) |
| 2003 | Oman renforce la protection par le décret royal 6/2003 |
| 2008 | Le Yémen fait du léopard d’Arabie son animal national |
| 2009 | Le studbook devient international ; création de la fondation yéménite de protection de l’espèce |
| 2017 | Création de la Commission royale pour AlUla (RCU) |
| 2019 | Partenariat RCU–Panthera, doté de 20 millions de dollars sur dix ans |
| 2022 | Première Journée du léopard d’Arabie, à l’échelle nationale saoudienne |
| 12 juin 2023 | Adoption de la résolution A/RES/77/295 par l’Assemblée générale de l’ONU |
| 2024 | Première célébration de la journée au Siège des Nations unies |
Les objectifs de la journée
- Alerter sur un risque d’extinction imminent : avec moins d’une centaine d’adultes reproducteurs, la sous-espèce peut disparaître en une génération.
- Faire du léopard une espèce phare : sa protection entraîne mécaniquement celle de ses proies, de ses habitats et de tout le cortège d’espèces arides associées.
- Encourager la coopération transfrontalière entre les États de l’aire de répartition, dont les populations résiduelles ignorent les frontières.
- Mobiliser des financements pour la recherche, la surveillance par pièges photographiques et l’élevage conservatoire.
- Réduire les conflits entre l’homme et le prédateur, principale cause directe de mortalité.
Pourquoi le léopard d’Arabie est si important
Un rôle écologique de prédateur au sommet
Le léopard d’Arabie est le plus grand félin encore vivant de la péninsule Arabique. En régulant les populations de bouquetins, de gazelles et de damans, il limite le surpâturage des versants montagneux et maintient une végétation déjà fragile dans des zones recevant parfois moins de 100 mm de pluie par an. Sa disparition d’un massif entraîne des effets en cascade documentés partout où les grands prédateurs s’effacent : explosion des herbivores, érosion des sols, appauvrissement floristique.
Un enjeu de biodiversité régionale
La résolution onusienne replace le léopard aux côtés d’autres espèces emblématiques inscrites sur la Liste rouge dans la région : tortue imbriquée, requin-baleine, oryx d’Arabie, gazelle à goitre. L’oryx d’Arabie offre d’ailleurs le précédent le plus encourageant : déclaré éteint à l’état sauvage en 1972, il a été réintroduit avec succès à partir de populations captives. C’est exactement le scénario que visent aujourd’hui les programmes consacrés au léopard.
Une valeur patrimoniale et culturelle
Le félin appartient au récit identitaire de la péninsule. Les gravures rupestres de Choumaïsi, où il est plus fréquemment représenté que dans tout autre ensemble régional, comptent parmi les plus riches complexes d’art rupestre du Royaume, avec près de 10 000 ans d’histoire humaine. Au Yémen, l’animal a été élevé au rang d’animal national en 2008. En Arabie saoudite, il est devenu le symbole du programme de régénération d’AlUla.
Un levier économique
La conservation du léopard structure désormais une économie touristique. Plus de la moitié du territoire d’AlUla est classée en zone protégée, et le retour annoncé du prédateur constitue l’argument central d’un écotourisme haut de gamme. Le partenariat RCU–Panthera représente à lui seul 20 millions de dollars d’engagement sur dix ans, auxquels s’ajoutent les subventions de recherche du Fonds pour le léopard d’Arabie.
Le léopard d’Arabie à travers la péninsule
État de l’espèce par pays
| Pays / territoire | Statut actuel | Éléments clés |
|---|---|---|
| Oman | Présent | Plus importante sous-population connue, dans le Dhofar ; réserve du Jabal Samhan |
| Yémen | Présent | Gouvernorats de Hajjah et d’Al Mahrah ; suivi entravé par le conflit armé |
| Arabie saoudite | Possiblement éteint à l’état sauvage | Dernière observation confirmée en 2014 ; pièges photographiques négatifs depuis |
| Émirats arabes unis | Éteint | Derniers indices dans le Wadi Wurayah à la fin des années 1990 |
| Jordanie, Égypte (Sinaï) | Éteint | Aucune preuve depuis la fin du XXᵉ siècle |
| Israël / Palestine | Éteint | Populations du Néguev et des monts de Judée disparues |
Oman : le dernier bastion
Le Dhofar abrite la plus grande sous-population connue. Le pays protège l’espèce depuis 1976, protection consolidée par le décret royal 6/2003, et a créé dès 1997 la réserve naturelle du Jabal Samhan. Une donnée récente y nourrit un optimisme prudent : des campagnes de pièges photographiques menées entre 2014 et 2021 dans la région du Nejd, au nord des montagnes du Dhofar, ont produit 18 détections indépendantes d’au moins huit individus différents, dont une femelle accompagnée d’un jeune. Les léopards y sont donc non seulement présents mais reproducteurs, ce qui étend leur aire connue d’environ 40 kilomètres vers le nord, dans un secteur où on les croyait éliminés.
Yémen : une population sous les bombes
Le Yémen abrite la seconde sous-population, dans les gouvernorats de Hajjah et d’Al Mahrah. Le pays a fait du léopard son animal national en 2008 et une fondation dédiée y a été créée l’année suivante. Mais la guerre civile a désorganisé toute surveillance de terrain, et les estimations locales reposent désormais largement sur le dire d’experts. Des cas de léopards tués ou capturés vivants pour alimenter des collections privées, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, continuent d’être signalés.
Arabie saoudite : la reconquête
L’UICN considère l’espèce comme possiblement éteinte à l’état sauvage dans le Royaume, la dernière observation confirmée remontant à 2014, et des campagnes intensives de pièges photographiques menées sur une douzaine de sites n’ayant rien donné. C’est précisément ce constat qui a déclenché l’effort le plus massif jamais consenti pour la sous-espèce : centre de conservation et d’élevage de Taïf, repris en gestion par la RCU en 2020, réintroduction préalable de proies (oryx d’Arabie, gazelles, bouquetins de Nubie) dans les réserves, restauration de la végétation, puis relâchers programmés.
Les résultats de l’élevage conservatoire sont mesurables :
| Année | Naissances au centre géré par la RCU |
|---|---|
| 2022 | 3 léopardeaux |
| 2023 | 7 léopardeaux |
| 2024 | 5 léopardeaux, dont une rare portée de triplés |
| 2025 | 6 léopardeaux |
Le centre de Taïf a obtenu début 2025 l’accréditation de l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA), une première pour un établissement saoudien. En mai 2025, un accord de coopération et de prêt a été signé avec le zoo national du Smithsonian, à Washington, afin de constituer une population de sécurité hors de la région. Un centre de réensauvagement dédié doit par ailleurs voir le jour dans le parc national de Sharaan, à AlUla, où sont attendus les premiers relâchers.
Les défis actuels
Une démographie à la limite de la viabilité
Le chiffre le plus souvent repris — « moins de 200 individus » — provient d’estimations anciennes. L’évaluation de la Liste rouge publiée en 2023 est plus sévère : 100 à 120 individus au total, dont seulement 70 à 84 matures, répartis en sous-populations dont aucune n’atteint 50 adultes. À ces effectifs, la consanguinité et la perte de diversité génétique deviennent des menaces d’extinction à part entière, indépendamment des pressions extérieures.
La persécution directe et la raréfaction des proies
La cause immédiate de mortalité reste l’homme. Les éleveurs abattent ou empoisonnent les léopards en représailles de pertes de bétail, réelles ou supposées. Or ces attaques sur le bétail sont largement la conséquence d’un problème antérieur : la chasse non régulée du bouquetin et de la gazelle a vidé les montagnes des proies sauvages du prédateur. Restaurer la base alimentaire naturelle est donc un préalable à toute réduction durable du conflit.
Le commerce illégal
La capture de jeunes destinés à des collections privées persiste, en particulier au Yémen, où l’effondrement de l’État rend tout contrôle illusoire. Chaque animal prélevé représente une perte génétique irréversible pour une population déjà réduite à quelques dizaines de reproducteurs.
La fragmentation de l’habitat
L’espèce n’occupe plus qu’environ 2 % de son aire historique. Urbanisation, routes, agriculture et surpâturage ont morcelé les massifs en îlots trop petits et trop éloignés pour permettre les échanges d’individus entre noyaux — condition pourtant indispensable au maintien de la diversité génétique.
Le pari de la réintroduction
Relâcher des animaux nés en captivité n’est pas une opération anodine : il faut des proies en nombre suffisant, des territoires assez vastes, des communautés locales acquises à la démarche, et des individus capables de chasser. Chacune de ces conditions fait l’objet de programmes distincts, et l’échec d’une seule compromet l’ensemble.

Comment participer à la Journée internationale du léopard d’Arabie
Les temps forts institutionnels
- Illuminations de monuments dans les pays de l’aire de répartition et au-delà, l’image du léopard étant projetée sur des bâtiments emblématiques.
- Événements onusiens au Siège de New York depuis 2024, associant États membres, PNUE et organisations de conservation.
- Colloques scientifiques et sommets de conservation, réunissant zoos, chercheurs et bailleurs.
S’informer et faire connaître
- Consulter la page officielle de la journée sur le site des Nations unies et la fiche de la Liste rouge de l’UICN, seules sources qui fassent autorité sur les effectifs.
- Diffuser des chiffres exacts plutôt que les estimations obsolètes qui circulent largement : la différence entre « moins de 200 » et « 70 à 84 adultes » n’est pas cosmétique.
- Relayer les publications de Panthera, de l’UICN Cat Specialist Group et de la Commission royale pour AlUla.
Agir concrètement
- Soutenir la recherche : les fonds dédiés financent des campagnes de pièges photographiques et des analyses génétiques, sans lesquelles aucune stratégie n’est possible.
- Refuser toute forme de commerce d’animaux sauvages, y compris les contenus en ligne valorisant la détention de félins.
- Sensibiliser en milieu scolaire : la journée du 10 février se prête bien à un travail sur la notion d’espèce parapluie et sur la chaîne alimentaire en milieu aride.
- Marcher pour les grands félins : la campagne CatWalk, initiée par l’organisation Catmosphere, propose des marches de 7 kilomètres, une pour chacun des sept grands félins.
Et en France ?
Le léopard d’Arabie n’a jamais vécu en France, et le pays n’accueille aucun établissement enregistré au studbook international de la sous-espèce, coordonné depuis Charjah : les institutions participantes se trouvent en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, à Oman et au Yémen, le zoo national du Smithsonian étant depuis 2025 le premier partenaire situé hors de la région.
La France n’en est pas moins liée au dossier, par deux voies distinctes.
Par le cadre juridique. Le léopard, toutes sous-espèces confondues, figure à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages : la détention et le commerce sont interdits sur le territoire français, sauf dérogations strictement encadrées. Les services douaniers et l’Office français de la biodiversité sont compétents pour les saisies de spécimens ou de produits dérivés.
Par la coopération avec AlUla. Un accord intergouvernemental franco-saoudien a été signé le 10 avril 2018 à l’Élysée, portant sur le développement culturel, patrimonial, naturel et touristique de la région d’AlUla. Il a donné naissance, en juillet 2018, à l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), basée à Paris, dont les domaines d’intervention incluent l’environnement, l’agriculture, la botanique et la gestion durable des ressources naturelles. AlUla étant le territoire même où la réintroduction du léopard est programmée, l’expertise française en matière de restauration écologique et d’aménagement de réserves se trouve associée, indirectement mais réellement, à l’avenir de l’espèce.
Pour le public français, la journée du 10 février est enfin l’occasion de faire un parallèle instructif : la France a connu, avec le loup, l’ours brun et le lynx boréal, les mêmes mécanismes d’éradication — persécution par les éleveurs, raréfaction des proies, morcellement des massifs — et les mêmes controverses sur la réintroduction. Le lynx boréal des Vosges, avec une population estimée à quelques dizaines d’individus, illustre à quel point une population de grand félin peut rester fragile longtemps après le retour de la protection légale.
Foire aux questions sur la Journée internationale du léopard d’Arabie
Quand a lieu la Journée internationale du léopard d’Arabie ?
La Journée internationale du léopard d’Arabie a lieu chaque année le 10 février. C’est une date fixe, qui ne varie pas d’une année à l’autre, fixée par la résolution A/RES/77/295 de l’Assemblée générale des Nations unies adoptée le 12 juin 2023.
Pourquoi le 10 février a-t-il été retenu ?
Le 10 février a été retenu parce qu’il reprend la date de la Journée du léopard d’Arabie créée en 2022 par l’Arabie saoudite, à l’initiative de la Commission royale pour AlUla. En proclamant la journée internationale, l’Assemblée générale a repris cette date déjà installée dans la région plutôt que d’en choisir une nouvelle. Aucune justification symbolique liée à un événement historique précis n’a été publiée par l’ONU.
Combien reste-t-il de léopards d’Arabie dans le monde ?
Il reste, selon l’évaluation de la Liste rouge de l’UICN publiée en 2023, entre 100 et 120 léopards d’Arabie à l’état sauvage, dont seulement 70 à 84 individus matures, et la tendance est à la baisse. L’estimation de « moins de 200 individus », encore très répandue, correspond à des évaluations plus anciennes. À ces effectifs sauvages s’ajoute une population captive de quelques dizaines d’animaux, gérée dans le cadre d’un studbook international.
Où vit encore le léopard d’Arabie ?
Le léopard d’Arabie ne vit plus que dans deux pays : à Oman, dans le gouvernorat du Dhofar, où se trouve la plus grande sous-population connue, et au Yémen, dans les gouvernorats de Hajjah et d’Al Mahrah. Il est considéré comme possiblement éteint en Arabie saoudite et définitivement éteint aux Émirats arabes unis, en Jordanie, dans le Sinaï égyptien ainsi qu’en Israël et en Palestine. Au total, il n’occupe plus qu’environ 2 % de son aire de répartition historique.
Le léopard d’Arabie a-t-il vraiment disparu d’Arabie saoudite ?
L’UICN classe le léopard d’Arabie comme « possiblement éteint » en Arabie saoudite : la dernière observation confirmée dans le Royaume remonte à 2014 et les campagnes intensives de pièges photographiques menées depuis n’ont produit aucune image. Les autorités saoudiennes évoquent pour leur part la survie éventuelle de quelques dizaines d’adultes sur le territoire. En l’absence de preuve photographique ou génétique récente, la prudence de l’UICN reste la position la mieux étayée.
Comment agir en faveur du léopard d’Arabie depuis la France ?
Depuis la France, on peut agir en faveur du léopard d’Arabie en soutenant financièrement les organisations qui financent la recherche de terrain et l’élevage conservatoire, en relayant des données exactes sur les effectifs plutôt que les chiffres obsolètes, en refusant tout achat ou toute valorisation de produits issus de félins sauvages, et en signalant aux douanes ou à l’Office français de la biodiversité tout spécimen suspect, l’espèce étant inscrite à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A du règlement européen.
Un félin de trente kilos, invisible depuis plus de dix ans dans le pays qui en a fait son emblème, réduit à moins de cent adultes répartis entre deux massifs séparés par une frontière et une guerre : le léopard d’Arabie est devenu la mesure de ce que la conservation peut encore rattraper. Les naissances successives des centres d’élevage, l’extension inattendue de l’aire connue dans le Nejd omanais et les réserves en cours de restauration à AlUla dessinent une trajectoire possible, sans garantie. Le 10 février ne célèbre donc pas une victoire, mais un sursis que chaque année de mobilisation prolonge un peu.
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