10 février : Journée internationale des légumineuses

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Journée internationale des légumineuses — Bols de lentilles, pois chiches et haricots secs.

Chaque 10 février, la Journée internationale des légumineuses met à l’honneur les graines sèches comestibles — lentilles, haricots, pois chiches, pois cassés, fèves — qui nourrissent l’humanité depuis le Néolithique. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies et pilotée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette journée n’est pas une simple célébration gastronomique : elle porte un enjeu agronomique, nutritionnel et climatique de premier plan. Les légumineuses fixent l’azote de l’air, se conservent des années, coûtent peu et concentrent deux fois plus de protéines que les céréales. Autant d’atouts qui expliquent pourquoi les Nations Unies ont voulu leur consacrer une date fixe dans le calendrier international.

Journée internationale des légumineuses — Lentilles vertes et corail avec des pois chiches dans des coupelles.
Élément Information
Date 10 février (date fixe, chaque année)
Nom officiel Journée internationale des légumineuses (World Pulses Day)
Résolution fondatrice A/RES/73/251, adoptée le 20 décembre 2018
Instance créatrice Assemblée générale des Nations Unies (73ᵉ session)
État à l’initiative Burkina Faso
Agence chef de file FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)
Première édition 10 février 2019
Antécédent Année internationale des légumineuses 2016 (résolution A/RES/68/231)
ODD concernés 1, 2, 3, 5, 8, 12, 13 et 15
Hashtags #JournéeInternationaleDesLégumineuses, #WorldPulsesDay, #AimezLesLégumineuses

Qu’est-ce qu’une légumineuse ?

Le mot « légumineuse » recouvre en français deux réalités qu’il faut distinguer, faute de quoi l’on se trompe de sujet.

Au sens botanique, une légumineuse est une plante de la famille des Fabacées (anciennement Légumineuses), dont le fruit est une gousse. Cette famille compte des milliers d’espèces : haricots, pois, lentilles, fèves, soja, arachide, luzerne, trèfle, mais aussi acacias et glycines.

Au sens de la FAO, le terme anglais pulses — traduit par « légumineuses » dans les textes onusiens, et par « légumes secs » dans le langage courant français — désigne uniquement les plantes récoltées pour leurs graines sèches. Cette définition, retenue par la résolution onusienne, exclut explicitement :

  • les cultures récoltées vertes pour l’alimentation (haricots verts, petits pois frais, pois mangetout), classées parmi les cultures légumières ;
  • les graines cultivées principalement pour l’extraction d’huile (soja et arachide), classées parmi les oléagineux ;
  • les légumineuses semées exclusivement à des fins fourragères ou de semis (luzerne, trèfle).

La FAO reconnaît onze catégories de légumineuses au sens strict : haricots secs, fèves sèches, pois secs, pois chiches, niébés (pois à vache), pois d’Angole (pois cajan), lentilles, haricots bambara, vesces, lupins, et une catégorie résiduelle « légumineuses non classées ailleurs ».

Légumineuse, légume sec, protéagineux : trois mots, trois périmètres

Terme Périmètre Exemples
Légumineuse (botanique) Toute plante de la famille des Fabacées Lentille, soja, luzerne, arachide, acacia
Légumineuse au sens FAO / légume sec Graines sèches récoltées pour l’alimentation humaine ou animale Lentille, haricot sec, pois chiche, pois cassé, fève, niébé
Protéagineux (usage agricole français) Légumineuses à graines destinées principalement à l’alimentation animale Pois protéagineux, féverole, lupin

C’est cette confusion terminologique qui explique que le soja soit régulièrement présenté à tort comme « la première légumineuse mondiale » : dans la nomenclature de la FAO, il relève des oléagineux et n’entre pas dans les statistiques de production de légumineuses.

Origine et histoire de la Journée internationale des légumineuses

De l’Année internationale 2016 à la journée annuelle

La Journée internationale des légumineuses est l’héritière directe d’une année thématique. Le 20 décembre 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/68/231 proclamant 2016 « Année internationale des légumineuses ». La célébration, conduite par la FAO, dépasse les attentes : elle installe durablement les légumes secs dans le débat sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable.

En juillet 2017, la Conférence de la FAO, réunie pour sa quarantième session, adopte la résolution 10/2017 — texte explicitement rappelé dans le préambule de la future résolution onusienne. Le Burkina Faso, pays sahélien où le niébé occupe une place centrale dans l’alimentation, propose alors l’instauration d’une journée internationale.

Le projet de résolution est déposé le 5 novembre 2018 devant la Deuxième Commission (questions économiques et financières) sous la cote A/C.2/73/L.3/Rev.1. Il est coparrainé par une vingtaine d’États de tous les continents : Bangladesh, Burkina Faso, Canada, Chine, Colombie, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Cuba, Équateur, El Salvador, Guinée, Honduras, Mexique, Maroc, Niger, Nigéria, Pakistan, Panama, Singapour et Venezuela.

Chronologie de la Journée internationale des légumineuses

Date Étape
20 décembre 2013 Résolution A/RES/68/231 : 2016 proclamée Année internationale des légumineuses
2016 Année internationale des légumineuses, mise en œuvre par la FAO
7 juillet 2017 Résolution 10/2017 de la Conférence de la FAO (40ᵉ session)
5 novembre 2018 Dépôt du projet de résolution A/C.2/73/L.3/Rev.1, à l’initiative du Burkina Faso
20 décembre 2018 Adoption de la résolution A/RES/73/251 par l’Assemblée générale
15 janvier 2019 Publication et distribution générale du texte de la résolution
10 février 2019 Première édition de la Journée internationale des légumineuses

Précision factuelle importante. De nombreuses sources francophones — et la page de contexte de l’ONU elle-même, dans sa formulation abrégée — indiquent que la journée a été « proclamée en 2019 ». Le texte officiel de la résolution porte pourtant la mention « Résolution adoptée par l’Assemblée générale le 20 décembre 2018 ». L’année 2019 correspond à la publication du document et à la première célébration, non à l’acte de proclamation. Les deux dates sont donc justes, mais ne désignent pas la même chose.

Objectifs de la Journée internationale des légumineuses

La résolution A/RES/73/251 et les documents de mise en œuvre de la FAO assignent à la journée plusieurs objectifs :

  • Sensibiliser le grand public aux qualités nutritionnelles des légumineuses et à leur place dans une alimentation saine et équilibrée.
  • Promouvoir des systèmes agroalimentaires durables, plus efficaces, plus inclusifs et plus résilients.
  • Encourager la production, notamment chez les petits producteurs, en valorisant les légumineuses comme culture à la fois vivrière et commercialisable.
  • Faire connaître les services écosystémiques rendus par ces cultures : fixation de l’azote atmosphérique, amélioration de la fertilité des sols, diversification des rotations.
  • Contribuer aux Objectifs de développement durable 1 (pauvreté), 2 (faim), 3 (santé), 5 (égalité des sexes), 8 (croissance économique), 12 (consommation responsable), 13 (climat) et 15 (biodiversité).

Importance et impact des légumineuses

Une densité nutritionnelle rare

Les légumineuses cumulent une teneur élevée en protéines, une richesse en fibres, une très faible teneur en lipides et un index glycémique bas. Elles apportent également fer non héminique, magnésium, potassium, zinc et vitamines du groupe B.

Aliment (100 g) Énergie Protéines Fibres Lipides
Lentille, sèche 316 kcal 25,4 g 7,6 g 1,3 g
Haricot blanc, sec 268 kcal 19,1 g 16,8 g 1,8 g
Pois chiche, cuit à l’eau 131 kcal 8,3 g 8,2 g 3,0 g

Source : table de composition nutritionnelle Ciqual (ANSES). Les valeurs « sèches » se rapportent à la graine avant trempage et cuisson : une portion de 60 g de graines sèches donne environ 180 g de produit cuit.

Le profil en acides aminés des légumineuses présente un facteur limitant, la méthionine, tandis que les céréales sont pauvres en lysine. L’association légumineuse + céréale — riz-lentilles, semoule-pois chiches, maïs-haricots — reconstitue un apport protéique complet. Cette complémentarité, découverte empiriquement, structure les cuisines traditionnelles de tous les continents.

Un levier agronomique majeur

C’est sans doute l’atout le plus sous-estimé du grand public. Les légumineuses vivent en symbiose avec des bactéries du sol (rhizobiums) logées dans les nodosités de leurs racines, capables de fixer l’azote de l’atmosphère. Elles se cultivent donc sans engrais azoté de synthèse.

Espèce Part de l’azote issue de la fixation symbiotique (%Ndfa)
Haricot ~40 %
Pois chiche, lentille, pois 55 à 75 %
Féverole, lupin, soja 65 à 90 %
Luzerne, trèfle jusqu’à 90 %

Source : Terres Inovia, d’après références INRA-ESA-Terres Inovia.

Les conséquences climatiques sont directes. Selon les essais menés par Terres Inovia, Arvalis, l’INRAE et l’ADAS, les cultures de légumineuses émettent 70 à 80 % de gaz à effet de serre en moins que les cultures à fort intrant azoté (blé, maïs, colza), avec une empreinte carbone moyenne inférieure à 1 000 kg éq. CO₂/ha pour le pois, la féverole et le soja. L’effet se prolonge sur la culture suivante : un blé implanté après un pois économise environ 230 kg éq. CO₂/ha grâce à la réduction des apports d’engrais.

Les légumineuses jouent aussi un rôle de rupture dans les rotations : elles cassent les cycles de bioagresseurs, améliorent la structure du sol et diversifient l’agroécosystème.

Un enjeu de sécurité alimentaire et un marché en croissance

  • 96 millions de tonnes de légumineuses produites dans le monde en 2022, selon la FAO.
  • 7 kg par habitant et par an en moyenne mondiale pour la consommation.
  • 125 millions de tonnes et 8,6 kg par habitant projetés à l’horizon 2032.

Trois caractéristiques rendent les légumineuses stratégiques pour les pays à faible revenu : elles se conservent des mois voire des années sans perte nutritionnelle notable dans un emballage étanche, ce qui limite les pertes après récolte ; elles sont à la fois autoconsommables et commercialisables, ce qui sécurise le revenu des exploitations familiales ; elles offrent une source de protéines abordable là où la viande et les produits laitiers sont difficilement accessibles.

Les légumineuses à travers le monde

Les grands bassins de production

La production mondiale est très concentrée. L’Inde domine largement, à la fois premier producteur et premier consommateur.

Pays Position Repères
Inde 1ᵉʳ producteur mondial Environ un quart à un tiers du volume mondial ; pois chiche (chana), pois d’Angole (tur), lentilles
Myanmar 2ᵉ Forte orientation exportatrice, notamment vers l’Inde
Canada 3ᵉ (2024) Records en 2025 : 3,9 Mt de pois secs, 3,4 Mt de lentilles, 481 589 t de pois chiches
Chine Suivant Production stabilisée autour de 4 à 5 Mt
Nigéria, Niger Suivants Leaders mondiaux du niébé
Brésil, Australie, Éthiopie Suivants Haricots secs (Brésil), pois chiches et lentilles (Australie), fèves et pois chiches (Éthiopie)

Arbitrage des sources : les classements varient sensiblement selon l’année et l’organisme. Les repères ci-dessus retiennent les données de la FAO et de Statistique Canada, à l’exclusion des estimations d’instituts privés dont les périmètres ne sont pas explicités.

Une géographie culinaire

Chaque grande culture alimentaire a domestiqué ses légumineuses et bâti autour d’elles un répertoire de plats.

  • Sous-continent indien : le dal, préparation de lentilles ou de pois cassés, constitue le socle protéique quotidien ; le pois chiche donne le chana masala et la farine de besan.
  • Proche-Orient et Méditerranée orientale : houmous et falafels à base de pois chiches, ful medames de fèves en Égypte, soupes de lentilles en Turquie et au Levant.
  • Amérique latine : le haricot noir de la feijoada brésilienne, les frijoles mexicains, le gallo pinto d’Amérique centrale, toujours associés au riz ou au maïs.
  • Afrique de l’Ouest : le niébé, base des beignets akara et de nombreux ragoûts, culture clé de la sécurité alimentaire sahélienne.
  • Corne de l’Afrique : le shiro, purée de pois chiches ou de fèves, pilier de la cuisine éthiopienne et érythréenne.
  • Europe : le cassoulet et la garbure en France, le cocido et la fabada en Espagne, la pasta e fagioli et la ribollita en Italie, la soupe de pois cassés dans les pays nordiques et néerlandophones.
  • Asie de l’Est : le haricot azuki, transformé en pâte sucrée (anko), occupe une place inhabituelle dans la pâtisserie japonaise et chinoise.

Défis et enjeux contemporains

Un décrochage de la consommation dans les pays riches

Le paradoxe est net : alors que les légumineuses cochent toutes les cases de l’alimentation durable, leur consommation s’est effondrée dans les pays occidentaux au cours du XXᵉ siècle. En France, la consommation de légumes secs est passée de 7,2 kg par personne et par an dans les années 1920 à moins de 2 kg aujourd’hui, selon le ministère de l’Agriculture. Selon l’INRAE, elle aurait encore été divisée par quatre en vingt ans.

Les freins identifiés sont convergents : image d’« aliment du pauvre » héritée des périodes de pénurie, temps de trempage et de cuisson perçus comme incompatibles avec les rythmes contemporains, méconnaissance des modes de préparation, et inconfort digestif ressenti par une partie des consommateurs.

Une production insuffisante à l’échelle européenne

L’Union européenne reste massivement dépendante des importations de protéines végétales, en particulier de soja, pour l’alimentation animale. Le développement des légumineuses à graines se heurte à plusieurs obstacles : rendements plus irréguliers que ceux des céréales, sensibilité aux stress hydriques et thermiques, pression des bioagresseurs (aphanomyces, sitones, bruches), et absence de filières structurées de collecte et de transformation dans certains bassins.

Le changement climatique

Les légumineuses à graines de printemps sont particulièrement exposées aux vagues de chaleur pendant la floraison et le remplissage des graines. En France, les épisodes caniculaires estivaux ont à plusieurs reprises pénalisé les rendements et les calibres du pois chiche et de la lentille. La recherche variétale et l’adaptation des dates de semis constituent les principaux leviers d’adaptation.

La volatilité des marchés

Le marché mondial des légumineuses est étroit et fortement dépendant de la politique commerciale indienne : les décisions de New Delhi en matière de droits de douane et de quotas d’importation modifient les cours mondiaux du jour au lendemain, avec des répercussions immédiates sur les revenus des producteurs canadiens, australiens et birmans.

Journée internationale des légumineuses — Ragoût de pois chiches et de légumes dans une casserole.

Comment participer à la Journée internationale des légumineuses

Dans les institutions et les organisations

La FAO coordonne chaque année une célébration officielle accueillie par un État membre, accompagnée de conférences, d’expositions et de publications techniques. L’organisation met à disposition un guide de participation et une bibliothèque d’outils de communication téléchargeables librement.

Les collectivités, établissements scolaires et structures de restauration collective peuvent s’associer par des menus dédiés, des ateliers pédagogiques ou des dégustations.

Dans les exploitations et les filières

  • Tester l’introduction d’une légumineuse dans la rotation ou en culture associée.
  • Participer aux réseaux de fermes de démonstration animés par les instituts techniques.
  • Valoriser les productions locales auprès des circuits courts et de la restauration hors domicile.

Actions numériques

Les hashtags officiels #JournéeInternationaleDesLégumineuses, #WorldPulsesDay et #AimezLesLégumineuses rassemblent les publications de la journée. La FAO anime également un tableau collaboratif recensant les initiatives à travers le monde.

Chez soi : sept gestes simples

  • Cuisiner un plat de légumes secs le 10 février et le partager en ligne.
  • Faire tremper la veille : douze heures pour les pois chiches, haricots secs et fèves ; les lentilles s’en dispensent.
  • Jeter l’eau de trempage et cuire dans une eau neuve, ce qui améliore la digestibilité.
  • Saler en fin de cuisson pour éviter que les peaux n’éclatent.
  • Utiliser les conserves ou les bocaux, rincés, comme solution de dépannage sans perte nutritionnelle majeure.
  • Associer systématiquement une céréale pour un apport protéique complet.
  • Introduire les légumineuses ailleurs qu’au plat principal : houmous à l’apéritif, farine de pois chiche en pâtisserie, purée de haricots blancs en tartinade.

Les légumineuses en France

Une production en reconstruction

La France a longtemps délaissé les légumes secs au profit des céréales et des oléagineux. La tendance s’inverse depuis une dizaine d’années, portée par la demande alimentaire et par l’intérêt agronomique des rotations diversifiées. Les surfaces françaises consacrées aux légumineuses à graines et protéagineux se situaient autour de 320 000 hectares en 2024 selon Eurostat, en repli par rapport aux 392 000 hectares du pic de 2021.

Le taux d’auto-approvisionnement fait l’objet d’appréciations divergentes : le ministère de l’Agriculture avance que la France ne produit que 20 % des légumes secs consommés sur son territoire, tandis que la Fédération nationale des légumes secs estimait ce taux autour de 70 %. L’écart s’explique probablement par des périmètres différents (légumes secs bruts seuls ou produits transformés inclus) et par des millésimes distincts ; aucune des deux sources ne détaille sa méthode, et nous les mentionnons donc toutes deux.

Des produits sous signe de qualité

La France dispose d’un patrimoine de légumes secs sous appellation particulièrement dense pour un pays à faible consommation.

Produit Signe Repère
Lentille verte du Puy AOC 1996, AOP européenne 2008 Premier légume français à obtenir une AOC ; reconnaissance d’appellation d’origine dès 1935
Coco de Paimpol AOP Haricot demi-sec, écossage manuel
Haricot tarbais IGP Culture traditionnelle sur tuteur de maïs
Lentilles vertes du Berry IGP Bassin historique de la lentille en Centre-Val de Loire
Lingot du Nord IGP Haricot blanc de la vallée de la Lys
Mogette de Vendée IGP Haricot blanc lingot, consommé sec ou demi-sec

Une consommation très en deçà des recommandations

Le Programme national nutrition santé recommande de consommer des légumes secs au moins deux fois par semaine. La réalité est tout autre. L’enquête Nutrimétrie 2024, réalisée par le cabinet C-ways auprès de 2 200 adultes pour le compte de treize interprofessions, établit que :

  • 13 % des Français ont consommé des légumineuses au moins une fois au cours des trois jours de suivi ;
  • la fréquence moyenne s’établit à une fois toutes les deux semaines, soit très loin du repère de deux fois par semaine ;
  • la consommation moyenne atteint 1,6 kg par an et par personne, contre environ 5 kg nécessaires pour respecter la recommandation (sur la base de portions de 50 g) ;
  • la lentille est la légumineuse la plus consommée, devant le pois chiche ;
  • les conserves représentent près de la moitié des quantités consommées (environ 0,7 kg/an), devant les plats préparés et les légumineuses sèches (0,2 kg/an chacun).

En restauration hors domicile, la dynamique est plus favorable : les légumes secs appertisés ont progressé de 3 % en volume entre 2023 et 2024 et de 22 % par rapport à 2019, pour atteindre environ 18 000 tonnes, portés notamment par l’obligation de menu végétarien hebdomadaire dans la restauration scolaire.

Une politique publique dédiée

Présentée le 1ᵉʳ décembre 2020 dans le cadre du plan France Relance, la stratégie nationale en faveur du développement des protéines végétales poursuit deux objectifs chiffrés : augmenter de 40 % les surfaces semées en espèces riches en protéines en trois ans (soit 400 000 hectares supplémentaires), puis atteindre 2 millions d’hectares en 2030, correspondant à 8 % de la surface agricole utile. Dotée initialement de 100 millions d’euros, elle avait mobilisé environ 150 millions d’euros d’engagements fin 2023 selon l’évaluation de France Stratégie, répartis entre structuration des filières, agroéquipements et recherche.

Foire aux questions sur la Journée internationale des légumineuses

Quand a lieu la Journée internationale des légumineuses ?

La Journée internationale des légumineuses a lieu le 10 février de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre : elle tombe donc chaque année un jour différent de la semaine. La première édition s’est tenue le 10 février 2019.

Quelle résolution a créé la Journée internationale des légumineuses ?

La Journée internationale des légumineuses a été créée par la résolution A/RES/73/251 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 20 décembre 2018 lors de la 73ᵉ session, sur la base du rapport de la Deuxième Commission (A/73/544). Le texte a été publié en distribution générale le 15 janvier 2019, ce qui explique que certaines sources datent à tort la proclamation de 2019.

Pourquoi la Journée internationale des légumineuses est-elle célébrée le 10 février ?

Aucun document officiel des Nations Unies ni de la FAO ne motive le choix du 10 février. Ni la résolution A/RES/73/251, ni le projet de résolution déposé par le Burkina Faso ne comportent de justification de la date. Les explications avancées par certains sites — lien avec un calendrier agricole ou une saison de récolte — ne reposent sur aucune source primaire vérifiable, et nous ne les reprenons donc pas.

Quelle est la différence entre une légumineuse, un légume sec et un protéagineux ?

La différence entre légumineuse, légume sec et protéagineux tient au périmètre de chaque terme. « Légumineuse » désigne au sens botanique toute plante de la famille des Fabacées, y compris le soja, l’arachide ou la luzerne. « Légume sec » — équivalent français du terme pulses utilisé par la FAO et par la résolution onusienne — ne recouvre que les graines sèches récoltées pour l’alimentation : lentilles, haricots secs, pois chiches, pois cassés, fèves, niébés. « Protéagineux » relève de l’usage agricole français et désigne les légumineuses à graines destinées principalement à l’alimentation animale, comme le pois protéagineux, la féverole et le lupin.

Quels sont les bienfaits des légumineuses pour la santé ?

Les bienfaits des légumineuses pour la santé tiennent à une combinaison rare : une teneur élevée en protéines végétales (jusqu’à 25 g pour 100 g de lentilles sèches), une richesse en fibres, une très faible teneur en lipides, un index glycémique bas, et des apports significatifs en fer, magnésium, potassium, zinc et vitamines du groupe B. Leur profil en acides aminés étant limitant en méthionine, il est recommandé de les associer à une céréale — riz, semoule, pain, maïs — pour obtenir un apport protéique complet. Le Programme national nutrition santé recommande d’en consommer au moins deux fois par semaine.

Combien de légumineuses les Français consomment-ils ?

Les Français consomment en moyenne 1,6 kg de légumineuses par personne et par an selon l’enquête Nutrimétrie 2024, soit une fréquence d’environ une fois toutes les deux semaines. C’est trois fois moins que les 5 kg annuels qui permettraient de respecter la recommandation du Programme national nutrition santé de deux portions hebdomadaires. À titre de comparaison, la consommation française atteignait 7,2 kg par personne et par an dans les années 1920.


Une poignée de lentilles dans une casserole, c’est peu de choses. C’est pourtant une culture qui n’a pas eu besoin d’engrais azoté, qui a laissé le sol plus riche qu’elle ne l’a trouvé, qui se conserve des années sans électricité et qui coûte quelques centimes la portion. Le 10 février ne célèbre pas une mode alimentaire : il rappelle que les solutions les plus robustes aux défis agricoles et nutritionnels du siècle sont parfois déjà dans nos placards, depuis dix mille ans. Reste à les y remettre plus souvent.

Pour prolonger la lecture, découvrez la Journée mondiale de l’alimentation, l’éducation environnementale.

Retrouvez les événements, anniversaires et fêtes de cette date dans l’éphéméride du 10 février.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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