21 mai : Journée internationale du thé

Écouter l’article ≈ 25 min
Initialisation du lecteur vocal…
Journée internationale du thé — Tasse de thé et feuilles sèches sur une table ensoleillée.

Chaque 21 mai, la Journée internationale du thé met à l’honneur la boisson la plus consommée au monde après l’eau — et surtout les millions de personnes qui la produisent. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 19 décembre 2019 (résolution A/RES/74/241), cette journée est pilotée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle rappelle que derrière chaque tasse se trouvent des plantations, des cueilleuses, des petits exploitants et une filière qui pèse plusieurs milliards de dollars, mais dont les revenus restent très inégalement répartis.

Journée internationale du thé — Mains récoltant de jeunes feuilles de théier près d’un panier.
Élément Information
Nom officiel Journée internationale du thé
Date 21 mai (date fixe)
Instituée par Assemblée générale des Nations unies
Résolution A/RES/74/241, adoptée le 19 décembre 2019
Organisme chef de file FAO
Première édition ONU 21 mai 2020
Antécédent Journée du 15 décembre, célébrée depuis 2005 à l’initiative de la société civile indienne
Objectifs Production et consommation durables, lutte contre la pauvreté rurale, valorisation du patrimoine culturel du thé

C’est quoi le thé ?

Le thé est la boisson obtenue par infusion des feuilles de Camellia sinensis, un arbuste de la famille des théacées cultivé dans une quarantaine de pays. Toutes les grandes familles de thé proviennent de cette même plante : ce sont les techniques de transformation — flétrissage, roulage, oxydation, torréfaction, fermentation — qui produisent la diversité des tasses.

Le thé et le café partagent des enjeux de culture, de commerce et de consommation ; la Journée internationale du café permet de découvrir cette autre filière.

Les six grandes familles reconnues sont :

  • Le thé vert : oxydation stoppée rapidement par la chaleur (vapeur au Japon, poêle en Chine).
  • Le thé noir : oxydation complète, dominante dans les habitudes occidentales, indiennes et turques.
  • Le thé blanc : bourgeons et jeunes feuilles à peine transformés.
  • Le thé oolong (ou « bleu-vert ») : oxydation partielle, aux profils aromatiques très étendus.
  • Le thé jaune : famille rare, propre à la Chine, avec une phase d’étouffage.
  • Le thé sombre (dont le pu-erh) : post-fermenté, il évolue avec le temps.

Attention à une confusion fréquente : les infusions et tisanes ne sont pas des thés. Verveine, camomille, tilleul, menthe ou rooibos proviennent d’autres plantes et ne contiennent en général pas de caféine. Le « thé rouge » vendu sous le nom de rooibos est ainsi une infusion sud-africaine issue d’Aspalathus linearis, sans lien botanique avec le théier.

L’étymologie raconte à elle seule l’histoire des routes commerciales : les langues ayant reçu le thé par voie maritime depuis les ports du Fujian disent tea, thé, tee ; celles l’ayant reçu par les routes terrestres disent cha, chai, tchaï.

Origine et histoire de la Journée internationale du thé

Une journée née des travailleurs du thé

L’histoire de cette journée commence loin des enceintes onusiennes. Le 15 décembre 2005, à New Delhi, le Centre pour l’éducation et la communication (CEC) réunit des syndicats et des organisations de petits producteurs venus d’une douzaine de pays d’Asie et d’Afrique. L’objectif est alors clairement revendicatif : alerter gouvernements et consommateurs sur les conditions de travail dans les plantations. Ce rassemblement adopte une Déclaration des droits des travailleurs du thé et des petits producteurs, portant sur les salaires, la protection sociale, la sécurité de l’emploi et la place des femmes dans les plantations.

Pendant une quinzaine d’années, cette Journée internationale du thé est donc célébrée le 15 décembre, principalement dans les pays producteurs : Inde, Sri Lanka, Bangladesh, Népal, Indonésie, Malaisie, Viêt Nam, Kenya, Ouganda.

La reconnaissance par les Nations unies

Le processus institutionnel s’enclenche au sein du Groupe intergouvernemental de la FAO sur le thé, enceinte technique où se rencontrent les États producteurs et consommateurs. La proposition mûrit, portée notamment par les pays producteurs asiatiques. En juin 2019, la Conférence de la FAO, réunie pour sa 41ᵉ session, adopte la résolution 12/2019 qui appuie la création d’une journée internationale.

Le 19 décembre 2019, lors de sa 52ᵉ séance plénière, l’Assemblée générale des Nations unies adopte par consensus la résolution A/RES/74/241, sur rapport de la Deuxième Commission. Le texte décide de désigner le 21 mai comme Journée internationale du thé et invite la FAO à en faciliter la célébration. Il précise que le coût des activités doit être couvert par des contributions volontaires. La première édition onusienne a lieu le 21 mai 2020.

Chronologie de la Journée internationale du thé

Date Étape
15 décembre 2005 Première Journée internationale du thé à New Delhi, à l’initiative du CEC et de syndicats de la filière
2005-2019 Célébrations annuelles le 15 décembre dans les pays producteurs
Mai 2016 La création d’une journée internationale est discutée au sein du Groupe intergouvernemental de la FAO sur le thé
28 juin 2019 Résolution 12/2019 de la Conférence de la FAO (41ᵉ session)
19 décembre 2019 Adoption de la résolution A/RES/74/241 par l’Assemblée générale des Nations unies
21 mai 2020 Première Journée internationale du thé célébrée sous l’égide de l’ONU
2022 Inscription de deux dossiers liés au thé au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Pourquoi le 21 mai ?

La résolution onusienne ne motive pas explicitement le choix de cette date. Les acteurs de la filière et la FAO l’associent au début de la saison de récolte dans plusieurs grands pays producteurs de l’hémisphère Nord, période où l’activité des jardins de thé bat son plein. Le déplacement du 15 décembre au 21 mai a aussi permis de sortir la journée d’un calendrier de fin d’année déjà très encombré.

Les objectifs de la Journée internationale du thé

  • Promouvoir une production et une consommation durables : améliorer la chaîne de valeur « du champ à la tasse » et réduire l’empreinte environnementale de la filière.
  • Lutter contre la pauvreté rurale et la faim : le thé est l’une des principales cultures de rente dans plusieurs pays parmi les moins avancés.
  • Soutenir les petits exploitants : renforcer leur modèle économique et leur pouvoir de négociation face aux acheteurs.
  • Favoriser l’autonomisation des femmes, très majoritaires dans la cueillette mais peu présentes aux postes de décision.
  • Élargir la demande, en particulier dans les pays producteurs où la consommation par habitant reste faible.
  • Valoriser le patrimoine culturel et les savoir-faire associés au thé.

Importance et impact de la Journée internationale du thé

Un poids économique considérable

Le thé n’est pas seulement une boisson : c’est une filière d’exportation vitale pour plusieurs économies. Les recettes tirées du thé contribuent directement à financer les importations alimentaires de grands pays producteurs.

Les revenus des petits producteurs et leur accès à une alimentation suffisante relient aussi ce sujet aux enjeux de la Journée mondiale de l’alimentation.

Indicateur Ordre de grandeur (source FAO)
Production mondiale annuelle Environ 7,3 millions de tonnes
Valeur de la production mondiale Environ 19,5 milliards de dollars par an
Valeur du commerce mondial de thé Environ 9,4 milliards de dollars par an
Importations mondiales Environ 2 millions de tonnes
Personnes dont les moyens d’existence dépendent du thé Plus de 13 millions
Part des petits exploitants dans la production mondiale 60 %
Croissance de la consommation par habitant Environ +2,1 % par an sur la dernière décennie

Un chiffre résume l’asymétrie du secteur : environ trois quarts du thé produit sont consommés dans le pays d’origine. Le commerce international ne porte donc que sur une fraction de la production, ce qui rend les prix particulièrement sensibles aux aléas de récolte.

Une filière à forte intensité de main-d’œuvre

La cueillette du thé de qualité reste manuelle. Dans les quatre principaux pays producteurs — Chine, Inde, Kenya, Sri Lanka — on estime à environ 9 millions le nombre de cultivateurs de thé qui sont de petits exploitants. Cette intensité en main-d’œuvre est à double tranchant : elle fait du thé un pourvoyeur d’emplois majeur dans des zones rurales isolées et économiquement défavorisées, mais elle expose la filière à des tensions salariales chroniques.

Les femmes occupent une place centrale dans la cueillette et la transformation. La FAO souligne que la filière constitue pour elles un levier d’inclusion économique, tout en reconnaissant que leur accès à la propriété foncière, au crédit et aux fonctions dirigeantes demeure limité.

Une dimension culturelle reconnue par l’UNESCO

En 2022, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a inscrit sur la Liste représentative :

  • Les techniques traditionnelles de transformation du thé et les pratiques sociales associées en Chine, qui recensent plus de 2 000 produits différents à base de thé ;
  • La culture du çay (thé), symbole d’identité, d’hospitalité et d’interaction sociale, dossier conjoint de la Türkiye et de l’Azerbaïdjan.

La FAO a par ailleurs classé plusieurs paysages de thé parmi les Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM), dont plusieurs en Chine et un au Japon.

Un enjeu de santé publique

La consommation de thé est associée dans la littérature scientifique à des effets favorables liés à sa teneur en polyphénols et en catéchines. La résolution onusienne mentionne d’ailleurs les bienfaits potentiels du thé pour la santé et le bien-être. Ces effets doivent toutefois être replacés dans le cadre d’une alimentation équilibrée : le thé contient de la caféine (théine), et son infusion peut réduire l’absorption du fer non héminique lorsqu’elle accompagne directement les repas.

La diversité du thé à travers le monde

Asie orientale : le thé comme art de vivre

En Chine, berceau du théier, le thé se décline en six familles et des milliers de crus. Le gongfu cha privilégie des infusions courtes et répétées dans de petits récipients, permettant de suivre l’évolution aromatique d’une même feuille.

Au Japon, le chanoyu — la cérémonie du thé — codifie depuis le XVIᵉ siècle la préparation du matcha, thé vert réduit en poudre et fouetté. Le pays privilégie les thés verts étuvés : sencha, gyokuro, bancha, hojicha.

Asie du Sud : le chai

En Inde, deuxième producteur mondial, le masala chai mêle thé noir, lait, sucre et épices (cardamome, gingembre, cannelle, clou de girofle). Assam, Darjeeling et Nilgiri constituent les trois grands terroirs indiens, chacun avec ses cycles de récolte — les flushes de Darjeeling faisant l’objet d’une attente comparable à celle d’un millésime viticole.

Moyen-Orient et Maghreb : le thé de l’hospitalité

En Türkiye, le çay se boit du matin au soir dans de petits verres en forme de tulipe, préparé dans un çaydanlık, théière à deux niveaux. Au Maghreb, le thé vert à la menthe, versé de haut pour le faire mousser, est un rituel d’accueil incontournable — un usage largement diffusé en France par les diasporas.

Europe : deux traditions

Le Royaume-Uni a bâti autour du thé noir en sachet, souvent additionné de lait, une culture nationale et un rituel de l’afternoon tea. La Russie a développé la tradition du samovar, avec un concentré de thé (zavarka) allongé d’eau chaude.

Les principaux pays producteurs

Pays Position Spécialité dominante
Chine 1er producteur mondial Thés verts, oolongs, thés sombres
Inde 2ᵉ producteur mondial Thés noirs (Assam, Darjeeling, Nilgiri)
Kenya Premier exportateur mondial de thé noir Thé noir CTC, culture entre 1 000 et 2 000 m
Sri Lanka Grand producteur de thé noir Thé de Ceylan
Türkiye Production concentrée sur la mer Noire Thé noir de Rize
Viêt Nam Producteur en croissance Thés verts et noirs

Défis et enjeux contemporains de la filière thé

Le changement climatique

Le théier n’est cultivable que dans des conditions agroécologiques étroites : pluviométrie régulière, températures modérées, sols acides, altitude souvent élevée. La FAO alerte sur la vulnérabilité de ces zones à la variabilité climatique. Sécheresses, pluies erratiques, hausse des températures et déplacement des ceintures de culture menacent des terroirs entiers, alors que la reconversion d’une plantation est un processus lent — un théier met plusieurs années à entrer en production.

La préservation des sols, de l’eau et des cultures rejoint les questions abordées lors de la Journée mondiale de l’environnement.

La rémunération des producteurs

C’est le nœud du problème, et la raison même pour laquelle la journée a été créée en 2005. La chaîne de valeur du thé est fortement concentrée à l’aval : quelques grands acheteurs et marques captent l’essentiel de la valeur ajoutée, tandis que les petits producteurs subissent la volatilité des prix aux enchères. La faiblesse structurelle des revenus se répercute sur les salaires des ouvriers agricoles, souvent logés sur les plantations et donc dans une situation de forte dépendance.

Les pratiques culturales

L’intensification a favorisé l’usage d’engrais et de produits phytosanitaires, avec des conséquences sur les sols, la biodiversité et les cours d’eau — et des enjeux sanitaires pour les travailleurs exposés. Les certifications (agriculture biologique, commerce équitable, Rainforest Alliance) progressent, mais leur pénétration reste limitée et leur efficacité fait débat au sein même de la filière.

Une équation de marché difficile

La production mondiale progresse plus vite que la demande solvable dans les marchés à forte valeur. La consommation par habitant reste faible dans les pays producteurs eux-mêmes et stagne, voire décline, dans certains pays importateurs traditionnels. La résolution onusienne appelle explicitement à élargir la demande dans les deux configurations.

L’empreinte environnementale

La FAO a publié des travaux méthodologiques sur l’empreinte carbone de la filière, du champ à la tasse. Transformation, séchage, emballage et transport pèsent lourd dans le bilan, tout comme l’usage de l’eau chaude au moment de la consommation.

Journée internationale du thé — Trois bols unis présentent différentes feuilles de thé.

Comment célébrer la Journée internationale du thé

Événements officiels

La FAO organise chaque 21 mai une célébration à son siège de Rome, associant démonstrations culturelles, dégustations et sessions consacrées aux traditions des pays participants. Les États membres, les organisations professionnelles et les ONG organisent en parallèle conférences, webinaires et tables rondes sur la durabilité de la filière.

Initiatives locales et associatives

  • Dégustations commentées et ateliers d’initiation dans les maisons de thé et salons de thé.
  • Concours de préparation valorisant les gestes traditionnels.
  • Visites de jardins botaniques abritant des théiers.
  • Interventions pédagogiques en milieu scolaire sur l’histoire et la géographie du thé.
  • Rencontres avec des importateurs pratiquant l’achat direct auprès des producteurs.

Actions numériques

Les campagnes s’appuient sur les mots-clés officiels #JournéeInternationaleDuThé, #JournéeDuThé et #CultivéAvecSoin, relayés par la FAO et ses partenaires.

Comment participer à votre échelle

  • Goûter un thé que vous ne connaissez pas : un oolong de Taïwan, un thé jaune de Chine, un thé blanc du Yunnan.
  • Lire l’étiquette : origine, jardin, date de récolte, mode de culture. Un thé traçable est rarement un hasard.
  • Privilégier le vrac : moins d’emballage, feuilles souvent entières, meilleur rapport qualité-prix.
  • Réinfuser vos feuilles : la plupart des thés de qualité supportent plusieurs infusions, à rebours de l’habitude française du sachet unique.
  • Soigner l’infusion : température de l’eau adaptée à la famille de thé (autour de 70-80 °C pour les thés verts, 90-95 °C pour les thés noirs) et durée maîtrisée.
  • Organiser une dégustation à l’aveugle entre amis pour comparer deux thés verts ou deux thés noirs d’origines différentes.

Focus France : une nation du thé qui s’ignore

Quatre siècles d’histoire

Le thé arrive en France sous Louis XIII, en même temps que le café et le chocolat, par l’intermédiaire des marchands néerlandais et des missionnaires jésuites. Il gagne la cour avec Mazarin, à qui les médecins prêtent une guérison de la goutte par le thé. C’est d’ailleurs à la cour de France que naît, dit-on, l’usage d’ajouter quelques gouttes de lait froid dans la tasse : non par goût, mais pour éviter le choc thermique sur la porcelaine.

Le retour du navire L’Amphitrite de Chine en 1700 marque le début des importations directes. Discrédité à la Révolution comme produit de luxe aristocratique, le thé retrouve un élan sous le Second Empire avec l’anglomanie : l’impératrice Eugénie ouvre un salon de thé privé où se croisent Flaubert, Dumas, Gautier, Doré ou Pasteur, tandis que les premiers salons de thé publics parisiens, dont Ladurée, offrent aux femmes de la bourgeoisie un lieu de sociabilité alternatif aux cafés.

La fin du XIXᵉ siècle et le japonisme donnent un nouveau souffle au thé dans les milieux artistiques. Puis viennent les années 1980, tournant décisif : Mariage Frères construit une image de luxe à la française, le Palais des thés mise sur le voyage et la découverte, et les investissements publicitaires des années 1990 démocratisent la boisson.

Les Français et le thé aujourd’hui

Indicateur Ordre de grandeur
Consommation moyenne Environ 250 g par habitant et par an
Part de la population consommatrice Environ deux Français sur trois
Volume importé De l’ordre de 15 000 tonnes par an
Marché du thé Estimé autour de 500 millions d’euros
Comparaison Environ 3 kg par habitant au Royaume-Uni et en Irlande

La consommation française a doublé entre 1995 et 2005 puis triplé entre 1995 et 2015 — une progression spectaculaire, à partir d’un niveau de départ très bas. Le thé noir a dominé jusque dans les années 1970, les thés parfumés ont pris le relais, et le thé vert progresse depuis le début du XXIᵉ siècle, porté par une image de naturalité.

Point souvent ignoré : la majorité du thé importé en France ne vient pas directement des pays producteurs mais transite par l’Allemagne, et notamment par le port de Hambourg, où des sociétés spécialisées assurent le mélange et l’aromatisation avant revente.

Un savoir-faire français exporté

La France n’est pas un grand pays producteur, mais elle est devenue un pays de transformation et d’assemblage. Les maisons françaises — Mariage Frères, Dammann Frères, Kusmi Tea, Palais des thés, Compagnie coloniale, Betjeman & Barton, Les Jardins de Gaïa — se sont spécialisées dans l’aromatisation et la création de mélanges, souvent copiés ensuite par les marques britanniques. Ce « thé à la française », associé à l’univers de la parfumerie et du luxe, s’exporte jusqu’au Japon et au Royaume-Uni.

Le vocabulaire français de la dégustation emprunte massivement à l’œnologie : terroir, robe, astringence, millésime. Une transposition culturelle qui en dit long sur la manière dont la France s’est approprié la boisson.

Il faut aussi mentionner Scop-TI, coopérative fondée par les anciens salariés de l’usine Fralib de Gémenos après 1 336 jours de conflit social — la marque « 1336 » en porte le nom.

Le thé cultivé en France

La production française existe, à l’état de curiosité. La Réunion a compté jusqu’à environ 350 hectares de théiers dans les années 1960, avant l’abandon de la filière en 1972 ; une reprise s’est amorcée au début du XXIᵉ siècle à Grand Coude, sur un plateau volcanique à 1 100 mètres d’altitude, avec des thés verts, blancs et aromatisés. En métropole, des essais existent en Bretagne, à Nantes (une centaine de théiers issus d’un jumelage avec Suncheon, en Corée du Sud), dans le Gard au parc floral de la Prairie et dans les Pyrénées. Les volumes restent anecdotiques, mais ils témoignent d’un intérêt croissant.

Le thé dans la culture française

Impossible d’évoquer le thé en France sans la scène la plus célèbre de la littérature française : dans Du côté de chez Swann, le narrateur de Proust voit surgir tout Combray d’une madeleine trempée dans une tasse de thé. Un passage qui a donné à la langue l’expression « madeleine de Proust » — et qui a durablement associé, dans l’imaginaire français, le thé aux milieux bourgeois et aristocratiques.

Foire aux questions sur la Journée internationale du thé

Quand a lieu la Journée internationale du thé ? La Journée internationale du thé a lieu chaque année le 21 mai. C’est une date fixe, qui ne varie pas d’une année sur l’autre. Elle a été fixée par la résolution A/RES/74/241 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 19 décembre 2019, et la première édition onusienne s’est tenue le 21 mai 2020.

Pourquoi la Journée internationale du thé est-elle célébrée le 21 mai ? Si la Journée internationale du thé est célébrée le 21 mai, c’est parce que cette période correspond au début de la saison de récolte dans plusieurs grands pays producteurs. La résolution onusienne ne motive pas explicitement ce choix, mais la FAO et les acteurs de la filière retiennent cette explication. Le 21 mai a remplacé le 15 décembre, date à laquelle la journée était célébrée depuis 2005.

Qui a créé la Journée internationale du thé ? La Journée internationale du thé a été créée en deux temps. En 2005, le Centre pour l’éducation et la communication, à New Delhi, réunit des syndicats et de petits producteurs d’une douzaine de pays et lance une première journée le 15 décembre, centrée sur les droits des travailleurs. En 2019, l’Assemblée générale des Nations unies officialise la journée au 21 mai et confie à la FAO le soin d’en faciliter la célébration.

Quelle est la différence entre le thé et une infusion ? La différence entre le thé et une infusion tient à la plante utilisée. Le thé provient exclusivement des feuilles de Camellia sinensis, le théier, et contient de la caféine. Les infusions ou tisanes — verveine, camomille, tilleul, menthe, rooibos — sont préparées à partir d’autres plantes, fleurs, racines ou fruits, et sont généralement dépourvues de caféine. Le rooibos, parfois appelé « thé rouge », n’est donc pas un thé.

Quel pays produit le plus de thé au monde ? Le pays qui produit le plus de thé au monde est la Chine, loin devant l’Inde, deuxième producteur mondial. Suivent le Kenya, qui est le premier exportateur mondial de thé noir, puis le Sri Lanka, la Türkiye et le Viêt Nam. La production mondiale avoisine 7,3 millions de tonnes par an selon la FAO, et une quarantaine de pays cultivent le théier.

Combien de thé les Français consomment-ils par an ? Les Français consomment en moyenne environ 250 grammes de thé par habitant et par an, soit près de dix fois moins qu’au Royaume-Uni ou en Irlande, où la consommation avoisine 3 kilos. Environ deux Français sur trois boivent du thé, contre un sur deux à la fin des années 1990. La France importe de l’ordre de 15 000 tonnes de thé par an, pour un marché estimé autour de 500 millions d’euros.

Une tasse, une filière, treize millions de vies

Le geste est banal : une eau que l’on chauffe, des feuilles que l’on laisse infuser, quelques minutes d’attente. Derrière lui se tient pourtant l’une des filières agricoles les plus anciennes et les plus fragiles au monde — plus de 13 millions de personnes dont les moyens d’existence dépendent d’un arbuste sensible au moindre dérèglement du climat, et dont 60 % de la production repose sur de petites exploitations familiales.

Le 21 mai n’est pas seulement une invitation à boire du thé. C’est une invitation à savoir d’où il vient. Choisir un thé traçable, s’intéresser à son jardin d’origine, accepter de payer le juste prix d’une cueillette manuelle : ce sont des gestes modestes, mais ils font partie de la chaîne. La prochaine tasse est la bonne occasion.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *